Vingt et un ans après sa création par Linus Torvalds, Git amorce pour de bon son changement de langage. La première version de test de Git 2.55, publiée hier, active par défaut le code Rust dans le gestionnaire de versions le plus utilisé au monde, celui qui héberge l'historique d'à peu près tous les projets logiciels de la planète.
Jusqu'ici, il fallait réclamer explicitement le Rust au moment de compiler le logiciel, c'est-à-dire de le fabriquer à partir de son code source, via une option baptisée WITH_RUST ou via le système de build Meson. Git 2.55 inverse la logique : le Rust est désormais supposé présent, et c'est pour s'en passer qu'il faut lever la main, avec une nouvelle option NO_RUST.
Pour situer, Rust est un langage de programmation conçu pour éliminer toute une famille de bugs mémoire, ceux-là mêmes qui font le bonheur des pirates depuis quarante ans. Git, lui, est écrit en C depuis 2005, un langage qui laisse au développeur l'entière responsabilité de ne pas se tirer une balle dans le pied.
Le chantier ne date pas d'hier. L'an dernier, Patrick Steinhardt, un des mainteneurs du projet, proposait d'introduire Rust dans le cœur de Git et d'en faire à terme une dépendance obligatoire pour fabriquer l'outil.
Git 2.52 avait franchi le premier pas fin 2025 en convertissant un petit module, varint.c, chargé de décoder des entiers à taille variable. Du code volontairement modeste : l'idée était de roder la chaîne de compilation, pas de réécrire Git.
Avec la 2.55, le rythme change. L'équipe prépare d'ailleurs le portage de xdiff, le moteur qui calcule les différences entre deux versions d'un fichier, autrement dit le cœur du métier de Git.
Et le calendrier est déjà là : à partir de Git 3.0, Rust sera obligatoire, sans aucune possibilité de le désactiver. Aucune échappatoire. L'option NO_RUST de la 2.55 n'est donc qu'un sursis.
Pour vous, rien ne change : les binaires fournis par votre distribution Linux, par Apple ou par GitHub arrivent déjà compilés. Ce sont les empaqueteurs et les plateformes un peu spéciales qui vont devoir installer la chaîne d'outils Rust.
Sauf que voilà, tout le monde n'a pas un compilateur Rust sous la main. La proposition de Steinhardt avait déclenché de longs débats autour des plateformes exotiques, comme les serveurs NonStop de HPE ou certains vieux Unix, où Rust ne tourne tout simplement pas aujourd'hui. Le projet compte sur les progrès de gccrs, le support Rust en cours d'intégration dans GCC, le compilateur historique du monde libre, pour boucher ces trous avant l'échéance.
Le reste de la version est plus classique, avec des optimisations, des corrections de bugs et de petites améliorations sur différentes sous-commandes, détaillées dans l'annonce de Junio Hamano, le mainteneur en chef du projet.
Voir Git, monument du C, basculer sur Rust par défaut, c'est le signe le plus clair que le vieux langage perd du terrain.
Détourer un sujet filmé sur un fond vert, c'est le cauchemar classique du compositing. Entre les cheveux rebelles, le flou de mouvement et cette satanée frange verte sur les bords, on y passe vite des heures. Faut dire que la plupart des outils de détourage automatiques actuels c'est de la merde, puisqu'ils se contentent d'extraire des masques binaires un peu brutaux qui massacrent les détails fins.
Et c'est là qu'intervient
CorridorKey
, un outil dont le code est disponible sur GitHub et développé par Niko Pueringer de l'équipe
Corridor Crew
. Au lieu de bêtement découper la silhouette, ce réseau de neurones fait un travail de dé-mélange de couleurs (unmixing) hyper précis. Cela lui permet de reconstruire la couleur d'origine de chaque pixel en retirant le fond vert, tout en générant un canal alpha linéaire très propre... et c'est dingue parce que ça change tout en terme de qualité de rendu !
L'interface de EZ-CorridorKey après traitement
Pour les pros du VFX qui bossent sur Nuke, Resolve ou Fusion, l'outil gère nativement le format EXR en 16 et 32-bit linéaire. Ça conserve également toute la dynamique des couleurs pour l'intégration finale. Du coup, ça vaut le coup d'oeil si vous voulez intégrer ça proprement. D'ailleurs au passage, si vous cherchez un éditeur libre plus classique, jetez un oeil à
Shotcut
, je l'avais testé y'a pas longtemps et c'est vraiment cool.
Maintenant, attention avec CorridorKey car si traiter des images pour vos projets commerciaux est autorisé, la revente, les API payantes ou l'intégration logicielle ne marchent pas sans accord écrit préalable. Pour les repères de détourage (les alpha hints), je préfère
BiRefNet
car c'est plus léger mais autrement, le système s'appuie sur des modèles comme Generative Video Matting (GVM) ou VideoMaMa qui sont super quand même.
Côté matériel, Niko a développé le projet avec une NVIDIA RTX Pro 6000 de 96 Go de VRAM (en gros, une machine de guerre). Mais heureusement, la communauté qui a moins de sous a optimisé tout ça. Du coup, la version actuelle tourne aujourd'hui sur des GPU de 6 à 8 Go de VRAM, mais n'oubliez pas qu'il faut CUDA 12.8 sous Windows pour faire tourner le bouzin.
Comparaison de qualité de détourage
Les utilisateurs de Mac ne sont pas oubliés non plus puisque le soft tourne aussi sur les puces Apple Silicon M1+ grâce à la mémoire unifiée. L'installation est facilitée également par l'usage du gestionnaire de paquets uv, qui s'occupe d'installer Python, de créer l'environnement virtuel et de récupérer les dépendances sans que vous ayez à lever le petit doigt.
Et si la ligne de commande vous donne des boutons, il existe un fork fort sympathique baptisé
EZ-CorridorKey
. Ça ajoute une interface graphique simple, ce qui rend l'outil accessible aux artistes qui préfèrent cliquer sur des boutons. Et si vous aimez les effets analogiques, vous pouvez aussi le coupler avec
ntsc-rs
pour donner un look rétro à vos vidéos.
Bref, CorridorKey est un excellent moyen de tester la puissance de l'IA appliquée au détourage VFX pro sans se ruiner en logiciels propriétaires.
Plus de 1 000 tokens par seconde sur une seule carte H100, l'accélérateur que Nvidia vend aux centres de données, et environ 700 sur une RTX 5090, sa carte gaming haut de gamme. C'est le débit que Google DeepMind annonce pour DiffusionGemma, son nouveau modèle d'IA ouvert, à peu près quatre fois ce que produisent les modèles Gemma classiques de taille comparable.
Toute la différence se joue dans la façon de générer le texte. Les modèles de langage habituels sont autorégressifs : ils écrivent de gauche à droite, un token à la fois, le token étant le petit morceau de mot que manipule une IA. DiffusionGemma fait tout autrement.
Il travaille comme les générateurs d'images, qui partent d'un nuage de bruit et le débruitent petit à petit jusqu'à la photo demandée. Le modèle pose un canevas de 256 tokens fictifs, repasse dessus plusieurs fois pour affiner ses estimations, puis finalise le bloc entier d'un coup.
Sous le capot, on a un Mixture of Experts de 26 milliards de paramètres, une architecture où seule une petite partie du modèle se réveille à chaque calcul, 3,8 milliards ici. Du coup le tout tient dans 18 Go de mémoire vidéo en version compressée, soit une grosse carte graphique grand public.
L'intérêt en local, c'est que cette approche déplace le goulot d'étranglement de la bande passante mémoire, la vitesse à laquelle la carte lit ses propres données, vers le calcul pur. Dans le cloud, les serveurs mutualisent les requêtes de milliers d'utilisateurs et leurs puces tournent en permanence, alors que votre GPU à la maison passe le plus clair de son temps à attendre les données. La diffusion occupe ces cycles perdus.
Et puis il y a les tâches non linéaires, où l'ordre d'écriture ne suit pas l'ordre de lecture. Google a même affiné une version sur le Sudoku, un casse-tête réputé impossible pour les modèles classiques puisque chaque case dépend de cases pas encore écrites. DiffusionGemma, qui corrige son canevas en continu, atteint 80% de réussite en faisant tomber les étapes de calcul de 48 à 12.
Tout n'est pas rose pour autant. Dans une image, un pixel raté passe inaperçu. Un token mal prédit, lui, peut rendre un paragraphe entier incohérent et forcer à tout recommencer. Et pour une réponse de cinq mots, dégrossir un canevas complet gaspille du calcul. C'est d'ailleurs pour ça que les gros Gemini du cloud n'y passent pas.
Le modèle est expérimental, mais il sort sous licence Apache 2.0, la même que le reste de la famille Gemma 4, donc utilisable commercialement sans restriction. Les poids se téléchargent dès maintenant sur Hugging Face, la plateforme de référence des modèles ouverts, avec une optimisation menée main dans la main avec Nvidia. MLX, l'outil d'Apple pour faire tourner l'IA en local, est aussi de la partie, les Mac sont donc servis.
Si vous voulez mon avis, c'est sur ces modèles locaux que Google est le plus intéressant en ce moment, bien plus que sur Gemini.
Si vous voulez mixer vos sources audio sous Windows sans y passer vos nuits en mode David Guetta, vous allez kiffer
SteelSeries Sonar
et enfin dire adieu à l'interface imbuvable de Voicemeeter et la configuration ultra-pénible d'Equalizer APO !
Ce logiciel de mixage virtuel, totalement gratuit, vient en effet se greffer directement sur le système Windows pour y créer des cartes son virtuelles indépendantes. Cela vous permet alors de piloter d'un coup de curseur le volume d'un jeu, de votre chat Discord, de vos musiques Spotify ou de votre navigateur. C'est super pratique pour baisser les copains qui hurlent sans couper le son du jeu lors de vos parties nocturnes.
Le système d'App Routing permet surtout d'assigner chaque application ouverte à un canal spécifique par un simple glisser-déposer. Plus besoin donc d'aller fouiller dans les paramètres enterrés de Windows que même Microsoft a oublié, pour dire que Spotify doit sortir sur le canal "média" et Discord sur le canal "chat". Tout se gère comme ça depuis l'interface centrale en quelques clics, c'est super agréable.
Et le truc cool, c'est que ça ne demande aucun matériel de la marque (et heureusement !). N'importe quel casque USB, jack ou Bluetooth fonctionne nickel. Avec un casque lambda, ça tourne impeccable, même si par contre, c'est packagé dans la suite SteelSeries GG, qui pèse son poids et vous obligera à vous créer un compte. Hé oui, "on ne peut pas tout avoir dans la vie" comme aime à vous le rappeler constamment votre mèèère.
En interne, l'égaliseur paramétrique 10 bandes est un modèle du genre. Ce n'est pas juste un égaliseur classique car on peut ajuster précisément chaque fréquence et créer des profils très pointus. D'ailleurs, si vous cherchez à améliorer le rendu sonore global de votre matériel, c'est un excellent complément à des projets comme
AutoEq
pour peaufiner vos courbes. Y'a d'ailleurs plus de 200 presets de jeux pros qui sont dispos si vous voulez vous amuser.
Pour le micro, la fonction ClearCast AI nettoie aussi le signal à la volée, ce qui permet d'éliminer le souffle de vos ventilateurs, de votre gros nez ou le tapotage infernal sur votre clavier mécanique de hipster en manque d'affection. Le traitement consomme bien sûr un peu plus de ressources CPU si on le pousse à fond, mais c'est redoutable pour éviter de casser les oreilles des autres. On y trouve aussi une spatialisation audio en 360 degrés avec réglage de la distance pour ceux qui aiment.
Bref, pour les joueurs et les créateurs qui veulent peaufiner leur
setup de streaming Twitch
sans investir dans des licences payantes ou du matériel physique coûteux, c'est une excellente surprise que nous offre la SteelSeries. C'est propre, bien complet et ça fait le taf !
Attention toutefois, le logiciel n'est disponible que pour Windows 10 et 11. Les utilisateurs sur macOS ou Linux devront passer leur chemin ou trouver d'autres alternatives. Vous pouvez télécharger l'application gratuitement en vous rendant sur le
site officiel
.
Vous connaissez le duo
Prometheus et Grafana
? C'est le grand classique pour surveiller ses serveurs, mais configurer tout ce bazar et le garder propre, c'est vite l'enfer. Alors pour ceux qui veulent juste garder un oeil sur leur homelab plutôt que de perdre le peu de cheveux qu'il leur reste à configurer Grafana durant des heures, j'ai trouvé pour vous
Beszel
.
Beszel est un outil de monitoring de serveurs ultra-léger et surtout super simple à mettre en place. Le projet est tout récent et développé en Go, ce qui permet d'avoir des binaires minuscules et une consommation de ressources ridicule
Donc si vous cherchez un outil de
monitoring Linux self-hosted
aussi simple à prendre en main que Kula dont je vous ai déjà parlé, ça vaut le coup d'aller jeter un oeil.
La mécanique de Beszel repose sur deux morceaux, à savoir le hub et l'agent. Le hub, c'est l'interface web construite au-dessus de PocketBase, qui sert de tableau de bord centralisé quant à l'agent, lui, il tourne discrètement sur chaque machine à surveiller et remonte les métriques au hub. "Discrètement", ça veut dire qu'il consomme à peine 10 à 15 Mo de RAM donc c'est parfait pour le faire tourner sur une vieille machine ou un tout petit Raspberry Pi sans que ça tousse-tousse !
Le truc vraiment cool aussi, c'est la gestion native des conteneurs Docker. Au lieu de simplement suivre l'état général comme avec un
outil de suivi des processus
classique (je pense à pstop par exemple), il liste chaque conteneur et affiche sa consommation individuelle en CPU, mémoire et réseau. Donc pour tous ceux qui auto-hébergent des dizaines de services, c'est un pur bonheur.
Côté métriques, y'a aussi tout ce qu'il faut pour ne rien louper. L'outil permet de suivre la consommation CPU, la mémoire (incluant le swap et le ZFS ARC), l'espace disque, les entrées/sorties réseau, la moyenne de charge et même la température des composants. En 15 secondes, tout s'affiche proprement.
Il gère aussi des trucs plus poussés comme la santé des disques via les données S.M.A.R.T., l'état de la batterie et même la consommation de vos cartes graphiques Nvidia, AMD ou Intel. Attention, pour le S.M.A.R.T. et le GPU par contre, il faudra que vous installiez les utilitaires système correspondants sur la machine hôte (smartmontools, nvidia-smi...) pour que l'agent puisse remonter les infos.
Et la configuration ? Hé bien c'est un simple fichier docker-compose.yml et voilà c'est plié !
Lors du premier lancement du hub, vous devrez vous créer un compte administrateur, puis cliquer sur "Ajouter un système", et l'interface vous génèrera une clé publique. Il suffira ensuite de filer cette clé à votre agent via sa variable d'environnement (dans son docker-compose.yml, par exemple) et les deux copains commenceront à causer. C'est pas plus compliqué que ça ! Même un notaire pourrait le faire ^^.
Le hub intègre également une gestion multi-utilisateur bien foutue puisque chaque utilisateur peut avoir accès à ses propres machines, tandis que l'administrateur peut décider de partager certains systèmes. Si vous voulez sécuriser le tout, l'outil supporte aussi de nombreux fournisseurs OAuth2 et OIDC comme Google, GitHub ou Keycloak, et vous pouvez même couper complètement la connexion par mot de passe.
Beszel s'occupe aussi des sauvegardes automatiques de vos données de surveillance, en local ou directement sur un stockage compatible S3. Et pour les alertes, pas de panique, car l'outil est compatible avec
Shoutrrr
. Cela vous permettra de configurer des notifications par Discord, Telegram, Teams ou mail si le CPU s'affole ou si un disque commence à saturer.
Par contre, si vous cherchez un outil d'analyse de logs complet ou de détection de bug réseau ultra-précis, laissez tomber car c'est pas la "mission de vie" de Beszel. Sauf si bien sûr, vous le couplez avec un autre outil. Après pour le reste, c'est parfait.
Vous pouvez tester la version v0.18.7 en vous rendant sur le
site officiel
.
Hé bien oui les amis, le célèbre mulet du P2P n'est pas encore mort de sa belle mort et en ce moment y'a un petit revival de cette bestiole du début des années 2000. C'est logique car les abonnements de streaming se fragmentent de plus en plus et coûtent un bras, les forums de torrents ferment les uns derrière les autres, alors c'est tout naturellement que certains dinosaures du partage de fichiers s'offrent un petit lifting.
Prenez aMule, le célèbre clone multiplateforme d'eMule. Hé bien le projet vient de sortir en version 3.0.0 après 5 ans de silence radio. Et c'est pas une petite mise à jour esthétique puisque les développeurs ont réécrit entre autres toute la gestion des entrées/sorties sur le disque pour sortir ça du thread principal. Résultat, sur un Mac Studio Apple Silicon, le débit de téléchargement P2P explose !
Côté Windows, le client d'origine bouge encore lui aussi, puisque la communauté maintient le navire avec des versions comme
eMule 0.70b
Community et prépare la suite avec la bêta 0.72a. Ces moutures corrigent la compatibilité avec Windows 11, intègrent TLS 1.3 pour l'interface d'administration et supportent l'architecture ARM64. J'ai testé, ça trace mais la vraie nouveauté qui va vous plaire les fans d'eMule, c'est
Mularr
.
Ce projet open-source qui s'installe via Docker permet de "supercharger" le mulet. Ça permet d'avoir une interface web responsive au look nostalgique très Windows XP (ou Windows 11 pour les p'tits jeunes), tout en proposant des APIs compatibles qBittorrent et des indexeurs Torznab. Du coup, vous pouvez connecter l'âne directement à vos outils d'automatisation comme Sonarr ou Radarr. Il gère même les notifications de fin de téléchargement via Telegram et s'intègre avec le VPN Gluetun. C'est la classe à Arras comme disent les ch'ti.
Je sens que j'ai touché votre corde sensible avec tout ça. Je vous rassure, à moi aussi parce j'ai commencé ce blog justement parce que j'étais à fond dans le milieu du P2P à l'époque.
Alors si vous voulez relancer la machine (les nostalgiques apprécieront également
macMule
), quelques règles de sécurité s'imposent.
Tout d'abord, les listes de serveurs par défaut sont souvent blindées de mouchards et de faux serveurs malveillants qui vous balancent des contenus bourrés de virus. Pensez donc à nettoyer tout ça et à récupérer un fichier de serveurs server.met propre chez
emule-security.org
ou
peerates.net
. Activez aussi Kademlia, le fameux réseau décentralisé Kad, pour vous passer de serveurs centralisés. Ah et puis gaffe à Hadopi hein...
lol, ça va, j'rigole !
Et même après tout ce temps, la règle d'or reste la même : ne lancez jamais un fichier suspect de 700 Mo qui prétend être un film mais se termine par une extension d'exécutable genre un bon vieux .exe ou .scr, hein ^^. Pensez aussi à configurer un IP filter (comme celui
d'emule-security
) pour bloquer les serveurs hostiles et tout ira bien.
Voilà, si vous cherchiez des fichiers rares introuvables sur Torrent, c'est le moment de relancer l'âne car au pire, vous choperez de vieux fichiers nostalgiques et au mieux, vous monterez une Seedbox de l'espace.
Amusez-vous bien et bon courage avec votre Low-ID ^^.
ReactOS, le système d'exploitation libre qui recopie Windows brique par brique, fait désormais tourner Half-Life (
et oui, décidément c'est la journée !
), le jeu de tir que Valve a sorti en 1998 et qui a propulsé toute une génération de joueurs dans les couloirs du complexe de Black Mesa. Et là, fini l'écran-titre figé qui narguait les développeurs depuis des années. La partie démarre. On y joue.
Pour mesurer l'exploit, il faut savoir ce qu'est ReactOS, parce que ce n'est ni Linux, ni un émulateur, ni une surcouche posée par-dessus un vrai Windows. C'est une réécriture intégrale de Windows, repartie de la page blanche, sans une seule ligne du code source de Microsoft, dans le seul but de faire avaler les programmes .exe et les pilotes pensés pour Windows comme s'ils tournaient sur l'original.
Le terme exact, c'est la compatibilité binaire. Vous prenez un logiciel conçu pour Windows, vous le lancez, il s'exécute, point final. Le premier commit remonte à 1996, à l'époque sous le nom de FreeWin95, et le projet vient tout juste de souffler ses trente bougies.
Half-Life qui s'initialise sur ReactOS, ce n'est pas tout à fait neuf. Dès 2018, une vidéo montrait déjà la séquence d'entraînement, le fameux Hazard Course, jouable sur la version 0.4.8, en rendu logiciel, c'est-à-dire avec chaque image calculée par le processeur faute de carte graphique reconnue pour s'en occuper à sa place.
Sauf que voilà. Jusqu'ici ça toussait, ça plantait, ça s'affichait trois secondes avant de rendre l'âme. Cette fois, les développeurs montrent une vraie partie qui tient la distance, sur la dernière mouture 0.4.15 publiée il y a peu.
Et c'est là que le bât blesse. Trente ans. Le projet en est toujours à une version 0.4, un numéro qui hurle "ce n'est pas fini", pour faire enfin tourner un jeu qui affiche lui-même vingt-huit ans au compteur.
Réécrire Windows à l'identique sans en avoir la recette, c'est un travail de dingue où la moindre application un peu gourmande réclame des centaines de fonctions système reproduites au détail près, et Half-Life, avec son moteur GoldSrc qui va fouiller jusque dans les entrailles de la machine, fait précisément partie de ces logiciels qui ne pardonnent pas la moindre approximation.
L'année a quand même été dense pour l'équipe. ReactOS gère maintenant les puces ARM64, a musclé l'accélération 2D et 3D sur les cartes NVIDIA GTX, et lorgne le support de l'UEFI et de machines plus récentes. Reste un détail qui calme l'enthousiasme : tout ça respire surtout à l'aise dans une machine virtuelle, beaucoup moins sur un vrai PC posé sur le bureau.
Bref, personne ne va troquer son Windows contre ReactOS pour bosser demain matin. La cible est ailleurs : ressusciter de vieux logiciels et de vieux jeux sur un socle libre, gratuit, débarrassé de la laisse tenue par Microsoft.
En tout cas, trente ans pour lancer Half-Life, c'est pas rapide. Mais un Windows entièrement libre qui exécute un vrai jeu culte, ça force le respect.
BitLocker, je le rappelle c'est quand même le truc censé protéger vos données en cas de vol de votre bécane. Sauf que voilà, la théorie et Redmond, ça fait parfois deux... Le chercheur en sécurité Chaotic Eclipse (déjà
à l'origine de BlueHammer
) vient de balancer une nouvelle vulnérabilité zero-day baptisée
GreatXML
, qui réduit cette promesse en miettes.
Le truc tourne autour de la façon dont Windows Recovery Environment (WinRE) traite les fichiers de configuration lors du démarrage. Plus précisément, la faille exploite des résidus laissés par l'outil d'analyse hors ligne de Microsoft Defender.
Cela signifie que si vous avez déjà lancé un scan Defender Offline, votre machine conserve des artefacts sur la partition de récupération. C'est là que le piège se referme car en manipulant des fichiers XML de configuration (notamment unattend.xml) sur la partition de récupération, un attaquant peut forcer le système à ouvrir un terminal avec les privilèges SYSTEM lors du passage en mode WinRE. Le tout sans avoir besoin de se connecter à la session, bien sûr...
Le résultat ?
Un accès complet et sans restriction au volume protégé par BitLocker. Pas besoin de fer à souder ou de bidouiller la carte mère avec un Raspberry Pi comme pour d'autres exploits TPM, là c'est une simple faiblesse logique logicielle qui permet de tout déverrouiller.
Alors oui, l'attaque nécessite un accès physique à la machine (ou un autre accès permettant de modifier la partition de récupération). Mais comme le rôle même de BitLocker est de protéger un appareil volé physiquement, c'est une sacrée épine dans le pied des administrateurs système ! D'autant plus qu'aucun correctif officiel n'a encore été publié par Microsoft.
Cette divulgation publique intervient dans un contexte tendu puisque Chaotic Eclipse multiplie les dumps de zero-days Windows suite à un différend avec le programme de bug bounty MSRC de Microsoft. On a déjà eu
le droit à YellowKey
et RoguePlanet ces dernières semaines et y'a peu de chances que ça s'arrête.
Bref, c'est la guerre ouverte !
Maintenant, même s'il n'y a pas encore de recommandations officielles de Microsoft pour cette faille spécifique, quelques mesures de bon sens permettent de limiter la casse. D'abord, configurer un mot de passe UEFI pour bloquer le boot externe. Ensuite, activer le mode TPM + PIN pour BitLocker car sans ce code pré-boot, la clé de déchiffrement n'est pas libérée, même si l'attaquant arrive à faire pop son shell.
Et si vous voulez couper court à toute exploitation de ce type, il reste l'option de désactiver complètement WinRE via la commande reagentc /disable.
Bref, en attendant que Microsoft sorte un patch, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Netgear vend son Orbi 970 à 1 999 euros le pack de trois (
en promotion, au lieu de 2400 euros ha ha
). Et le tarif a beau faire tousser, ce système maillé en WiFi 7 (la toute dernière norme sans fil, le 802.11be, qui pousse les débits à environ deux fois et demie ceux du WiFi 6) reste l'un des plus rapides que vous puissiez installer chez vous aujourd'hui.
Le plus gros intérêt du produit ? Netgear l'appelle le quad-band. En clair, le système fait tourner quatre bandes à la fois : une bande 2,4 GHz, deux bandes 5 GHz et une bande 6 GHz. Il en sacrifie d'ailleurs une entièrement à la conversation permanente entre le routeur et ses deux satellites. Ce fameux backhaul explique qu'un boîtier planté à l'autre bout du logement garde un débit intéressant au lieu de s'écrouler dès qu'on s'éloigne.
27 Gbps cumulés. C'est le sens du sigle BE27000, un chiffre que personne n'atteindra jamais en vrai puisqu'il additionne bêtement le débit théorique de toutes les bandes, mais qui plante quand même le décor : on parle d'une machine taillée pour avaler 200 appareils en même temps et couvrir jusqu'à 660 m², avec douze antennes et un processeur quadricœur par boîtier.
Chez moi, le module principal est branché sur ma Livebox 7. J'ai ensuite réparti les deux satellites aux endroits qui me servaient vraiment. Le premier dort dans ma chambre, relié en Ethernet, histoire de tirer le maximum de débit quand je lance une partie en streaming sur GeForce Now, le service de Nvidia qui exécute les jeux à distance sur ses propres serveurs et vous renvoie juste l'image à l'écran.
Le second, je l'ai posé sur mon bureau, une pièce pourtant éloignée de la box. Je l'ai relié à un adaptateur 10 Gb/s en Thunderbolt, lui-même accroché à mon dock
Thunderbolt 5 UGREEN
. Et là, je me retrouve avec un débit particulièrement solide dans la pièce qui ramait le plus jusqu'ici. Alors je ne vais pas entrer dans les détails des débits, c'est tellement fluctuant et différent selon votre logement et vos configurations, mais sur mon Mac, loin de ma box, branché en Thunderbolt 5 à l'adaptateur 10 Gb/s connecté au satellite du bureau, je tape dans les 3 000 Mb/s sans problème. Autant dire que c'est complètement surdimensionné.
Même chose dehors. J'ai du réseau partout dans mon jardin et mes extérieurs, là où mes anciens équipements abandonnaient au bout de quelques mètres, avec des débits stratosphériques.
Côté connectique, le routeur aligne un port 10 Gbps en entrée, un second en sortie et quatre ports 2,5 Gbps, alors que chaque satellite embarque son propre port 10 Gbps. Le tout est chapeauté par du WPA3, des mises à jour automatiques et la surveillance Netgear Armor signée Bitdefender, offerte pendant un an d'ailleurs.
Sauf que voilà. Ces ports 10 Gbps ne donnent leur pleine mesure que si le reste de votre installation suit derrière. Si votre NAS, votre fibre ou vos ordinateurs plafonnent à 1 Gb/s, vous vous offrez une autoroute à dix voies pour y rouler en scooter (ce qui est un peu mon cas). Mais ça reste un excellent produit, réservé à ceux qui ont les moyens et veulent le meilleur pour leur matériel.
Il est en promo en ce moment
, mais ce n'est pas donné pour autant !
Comme c'est un test, je ne sais pas encore si je vais les garder, mais je ne vous cache pas que c'est tentant, même si le prix pique un peu. Notez qu'il est possible de n'en prendre qu'un ou deux,
le pack de 2 est déjà moins hors de prix
.
Mauvaise surprise pour les utilisateurs d'Asahi Linux, le projet qui fait tourner Linux nativement sur les Mac équipés de puces Apple Silicon (les fameuses M1, M2 et suivantes). La première beta développeur de macOS 27, alias "Golden Gate", distribuée le 8 juin juste après la keynote de la WWDC (la grande conférence annuelle d'Apple), fait disparaître leur partition Linux du menu de démarrage.
Le coupable est un changement dans la façon dont le boot picker (l'écran qui permet de choisir sur quel système démarrer à l'allumage du Mac) et l'application Disque de démarrage détectent les volumes jugés valides. Avec macOS 27, la partition Asahi, c'est à dire la zone du disque où Linux est installé, n'est plus reconnue comme un système amorçable.
Elle est toujours là, intacte, avec toutes vos données. Sauf que voilà. Impossible de démarrer dessus.
L'équipe du projet a publié un avertissement très clair sur Mastodon : ne mettez PAS à jour vers macOS 27 si vous utilisez Asahi. Et pour éviter les accidents, l'installateur a été modifié pour refuser de s'exécuter sur une machine déjà passée sous la nouvelle beta. Ceux qui passent outre sont prévenus, il n'y aura pas de support.
Personne ne crie au complot pour autant. L'équipe Asahi penche pour une modification accidentelle plutôt que pour une volonté délibérée d'Apple de chasser Linux de ses machines, et un rapport de bug a été déposé sous la référence FB22994760.
D'autant que la régression dépasse le seul cas de Linux : des testeurs qui gardent une ancienne version de macOS sur une partition séparée se retrouvent avec le même sélecteur amnésique. C'est donc toute la mécanique du multi-boot qui semble cassée dans cette première beta, pas une attaque ciblée contre Linux.
Une parade existe d'ailleurs pour les plus téméraires. Si une copie de macOS 26 traîne sur un second volume, il suffit de la définir comme disque de démarrage par défaut : le sélecteur se lance alors depuis cette partition, où la logique de détection fonctionne encore, et Asahi réapparaît comme par magie.
Pour rappel, Asahi Linux est né d'un travail de rétro-ingénierie assez dingue. Apple ne documente ni la séquence de démarrage de ses machines, ni le fonctionnement de ses puces graphiques, et l'équipe a tout reconstruit à la main pour aboutir à Fedora Asahi Remix, la distribution de référence quand on veut du Linux sur un Mac récent. Le projet a traversé une année 2025 agitée, avec le départ de son fondateur Hector Martin, mais c'est toujours la meilleure option pour faire vivre Linux sur ces machines.
La version finale de macOS 27 n'arrivera qu'à l'automne, ce qui laisse plusieurs mois à Apple pour corriger le tir. Le bug est signalé, la balle est dans le camp de Cupertino.
Bref, dépendre d'un sélecteur de démarrage qu'Apple peut casser à chaque beta, c'est toute la fragilité du Linux sur Mac résumée en une mise à jour.
Un Nokia N95 qui fait tourner Half-Life à 30 images par seconde, avec la campagne solo complète, le son, les armes et même un clavier Bluetooth, voilà ce que montre la dernière démonstration de Dante Leoncini, un développeur argentin visiblement très patient.
Pour resituer, Half-Life, c'est le jeu de tir culte que Valve a sorti en 1998, celui qui a lancé Gordon Freeman et accessoirement donné naissance à Counter-Strike. À l'époque, il réclamait au minimum un Pentium à 133 MHz et 24 Mo de mémoire vive pour tourner sur PC.
Le N95, lui, c'était le téléphone star de Nokia juste avant l'arrivée de l'iPhone : un coulissant sous Symbian, le système maison de la marque, avec GPS, appareil photo de 5 mégapixels et une puce Texas Instruments OMAP 2420. Dedans, un processeur ARM11 à 332 MHz, une partie graphique PowerVR MBX et 128 Mo de mémoire sur la version 8 Go, le tout derrière un écran de 240 par 320 pixels.
Autant dire qu'on est très loin d'une console portable moderne. Et c'est justement ce qui rend l'exercice amusant : ce téléphone a bientôt vingt ans, et il encaisse un jeu de tir complet.
Pas d'émulation ici. Leoncini a recompilé le jeu en natif pour Symbian en s'appuyant sur Xash3D FWGS, un moteur open source qui réécrit celui de Half-Life pour le porter sur des plateformes que Valve n'avait jamais prévues. Le code cause donc directement à la puce ARM, et c'est quand même mieux qu'une émulation qui aurait transformé la traversée de Black Mesa en diaporama.
Ce moteur, la communauté du rétroportage s'en sert d'ailleurs depuis des années pour faire atterrir le jeu de Valve un peu partout, d'Android à la Switch en passant par la PS Vita. Par contre, du natif Symbian, un système que Nokia a laissé mourir au début des années 2010 et dont presque plus personne ne maîtrise les outils, ça ne s'était jamais fait.
Dans la vidéo mise en ligne au début du mois, on voit la campagne solo avancer sans broncher. Le compteur oscille autour des 30 images par seconde avec quelques creux, mais Leoncini affirme en avoir déjà trouvé la cause et bosse dessus.
Tout le chantier est documenté sur son site personnel, captures à l'appui. On y découvre au passage un clavier et une souris appairés en Bluetooth, de quoi jouer sur ce coulissant avec les mêmes contrôles que sur le PC d'origine, les touches du téléphone dépannant les plus courageux.
Il prévoit encore de corriger les bugs restants et d'améliorer le rendu. Un mode multijoueur en réseau local puis en ligne devrait suivre, de quoi imaginer des parties entre Nokia ressortis du tiroir.
Une bidouille parfaitement inutile, donc indispensable, et qui vaut si vous voulez mon avis tous les remasters du monde.
Vous avez pris une photo que vous aimez beaucoup... Bravo ! Sauf que tout est net du premier plan jusqu'au fond, et ça fait un peu photo de constat d'assurance. Vous avez vraiment du talent ^^
Alors comment faire quand on n'est pas un pro de la photo pour faire les meilleurs clichés ?
Et bien c'est simple, il suffit d'aller sur
DOF Simulator
, le terrain de jeu gratuit de Michał Bemowski, un développeur polonais et photographe amateur, et de bouger les sliders.
L'interface de DOF Simulator, austère mais redoutablement pédagogique.
Que vous soyez photographe averti ou simple amateur, il est toujours bien utile d'avoir un petit logiciel qui va vous aider à tirer le meilleur de vos images directement depuis le navigateur.
Le principe c'est d'isoler le sujet en avant plan et de régler ensuite plus ou moins de flou sur l'arrière-plan. Vous choisissez un boîtier (du petit compact au grand format), une focale, une ouverture, la distance de votre sujet et celle du fond, et hop, le rendu s'actualise instantanément sur le mannequin de démonstration. Et comme le flou s'applique au modèle lui-même, le nez et les oreilles sortent plus ou moins nets selon vos réglages. Rien de tordu, rassurez-vous.
Pour ceux qui débutent, la profondeur de champ, c'est la zone de netteté autour de votre mise au point. Le simulateur joue donc les profs particuliers, et il vous fait toucher du doigt le trio ouverture, focale, distance. Parce que non, ouvrir à f/1.8 (grande ouverture, chiffre bas) ne suffit pas.. Si votre sujet est collé au mur du fond, vous aurez beau ouvrir en grand, le flou ne viendra JAMAIS. Reculez le fond, rapprochez le sujet, allongez la focale, et bam, le portrait se détache !
Pour démarrer, prenez un 50mm à f/1.8, votre sujet à 1,5m, le fond à 5m... et regardez le flou monter, monter, monter....
Le rendu simulé : sujet net, fond crémeux
Le truc avec cet outil, c'est de s'en servir avant d'acheter un objectif.
Vous hésitez entre un 35mm et un 85mm pour vos portraits ? Bah simulez les 2 sur votre boîtier, à distance égale, et comparez... ça coûte moins cher qu'un achat-revente flash express sur leboncoin ! Vous pouvez même générer un lien de partage pour montrer vos réglages à un copain.
Les curieux iront bien sûr fouiller le mode avancé qui contient une hyperfocale calculée automatiquement (la distance de mise au point qui rend tout net jusqu'à l'horizon), une alerte diffraction quand vous fermez trop le diaphragme (au-delà, toute l'image redevient molle), et une simulation du bokeh qui reproduit le rendu gaussien... et même le donut des
objectifs catadioptrique
s (ouais, ça existe).
Même scène, autre bokeh... et le mannequin ne se plaint jamais ^^.
Notez que si votre appareil photo est un smartphone, ça vous concerne aussi. Sur les smartphones récents, le mode portrait permet d'appliquer un flou de profondeur assez facilement. En gros, ça floute légèrement l'arrière-plan de vos photos, pour donner le sentiment que cela a été pris avec un véritable appareil photo. Ça rend plutôt joli et tout le monde en raffole.
Après, le site ne paie pas de mine et son changelog s'arrête en 2020, et pourtant la base de boîtiers continue d'être mise à jour en douce... j'y ai même trouvé l'EOS R6 Mark III. Si le vôtre manque à l'appel, prenez un boîtier au même type de capteur (plein format, APS-C ou micro 4/3), car l'optique ne change pas.
Et bien sûr un mannequin dessiné ne reproduira jamais les aberrations d'un vrai objectif, mais ça peut faire illusion dans certains cas. En tout cas, pour apprendre, c'est largement suffisant.
Il existe aussi une app Android et une version à télécharger pour bosser hors ligne. Pour les bases du cadrage et de la lumière, j'avais partagé il y a un baaaail
des tutos vidéo spécial photos de vacances
qui complètent bien.
A vous de tester maintenant et n'oubliez pas quand même de lever un peu les yeux de l'écran de votre appareil et de regarder vraiment ce qui vous entoure, car notre premier appareil photographique, ce sont surtout nos yeux et notre cerveau.
La batterie Wattcycle LFP que Will Prowse avait démontée face caméra il y a quelques mois, avec ses barres de cuivre massif entre les cellules, ses câbles tressés sous gaine et son assemblage soigné digne de modèles deux fois plus chers, n'existe plus vraiment dans les cartons que reçoivent les clients.
Le fabricant a tout changé. Discrètement.
Prowse, dont la chaîne DIY Solar Power sert de boussole à toute la communauté du solaire en autoconstruction, a été alerté par des acheteurs, puis a fini par ouvrir deux exemplaires récents pour en avoir le cœur net : celui d'un client ordinaire, et un autre commandé de sa poche sur Amazon.
Le verdict pique. Les barres de cuivre ont laissé place à du câble standard. Les fils d'équilibrage ne sont plus protégés.
Le BMS, ce circuit électronique qui surveille et protège chaque cellule, n'est plus le même. Et d'un exemplaire à l'autre, on ne trouve même pas les mêmes cellules à l'intérieur, un grand classique des batteries premier prix.
LFP, pour lithium-fer-phosphate : cette chimie a envahi le solaire amateur, les camping-cars et les bateaux parce qu'elle ne s'enflamme pas facilement, encaisse des milliers de cycles de charge et coûte de moins en moins cher, Wattcycle écoulant par exemple ses modèles 12 volts 100 Ah autour de 155 dollars sur Amazon.
La différence se mesure, en plus. Au banc de test, la chute de tension du nouveau câblage dépasse nettement celle des câbles tressés d'origine. En clair, ça chauffe davantage et ça encaisse moins bien les grosses décharges.
Cette pratique a un nom, le golden sample : on expédie aux testeurs influents un exemplaire monté aux petits oignons, on engrange les bonnes notes et les liens d'affiliation, puis on rogne sur les composants une fois la machine commerciale lancée, en espérant que personne ne rouvrira jamais le boîtier.
Il faut dire qu'un avis positif de Prowse fait décoller les ventes d'une marque. Un démontage raté l'enterre.
Et personne n'est à l'abri, puisque le YouTubeur affirme que les fabricants modifient l'intérieur de leurs packs en permanence, sans prévenir qui que ce soit, et que Wattcycle est très loin d'être la seule marque concernée.
Du coup, il envisage de faire signer un engagement écrit aux entreprises qui lui envoient du matériel : interdiction de toucher à l'intérieur d'un produit testé sans l'annoncer publiquement.
Il défend aussi une parade toute bête, que quelques fabricants proposent déjà : le boîtier transparent. Quand on voit les cellules, le câblage et le BMS à travers la coque, tricher devient tout de suite plus compliqué.
Bref, un test YouTube ne garantit que l'exemplaire ouvert face caméra. Le vôtre, c'est la loterie. Et ça, c'est franchement pénible.
Si vous avez un homelab, il vous arrive peut-être parfois de vous retrouver en galère parce qu'en essayant de caser un énième serveur dans votre baie, vous réalisez, trop tard, qu'il vous manque deux unités ou que le switch est monté à la mauvaise profondeur. Heureusement, Gareth Evans, un dev qui devait galérer avec exactement le même souci, a sorti
Rackula
, un outil open source qui vous laisse dessiner le rack de votre homelab en glisser-déposer, avant de sortir la carte bleue.
Vous attrapez des équipements à la souris, vous les empilez dans votre rack virtuel, et vous voyez immédiatement ce qui rentre ou pas. Et c'est plutôt joli puisque les façades des machines qu'on peut voir dans l'outil ne sont pas des dessins génériques. Elles viennent de la
NetBox devicetype-library
, la grosse base communautaire qui référence les vraies façades avant de tout un tas de matos (Dell, Ubiquiti, Supermicro…). Grâce à ce truc, votre rack virtuel ressemblera donc à votre vrai rack, et pas à un schéma chelou fait en Lego.
Pour l'installer, rien de plus simple. Soit vous passez par la démo web, soit vous l'auto-hébergez en une commande Docker :
docker run -d -p 8080:8080 ghcr.io/rackulalives/rackula:latest
Votre designer de rack tournera alors sur le port 8080. Ce qu'il vous faut donc, c'est juste un endroit pour faire tourner
Docker
, genre un VPS, un
NAS Synology
, un Raspberry Pi ou une VM
Proxmox
... Bref ce que vous avez déjà sous la main.
Une fois votre baie dessinée, vous l'exportez en PNG, PDF ou SVG, ou vous partagez carrément un lien (ou un QR code) à vos potes. C'est pratique pour par exemple documenter une install ou frimer avec votre setup. Côté technique, c'est codé en Svelte et en TypeScript, et sous licence MIT, donc gratuit et bidouillable à volonté !!
Avant ça, je me souviens, pour documenter un rack ou un réseau, on se débrouillait avec Visio (qui se souvient ??), voire plus récemment avec un vieux template draw.io un peu cheap, ou pire, une photo floue prise au téléphone.
Avec Rackula, le boulot est propre !
Faut juste pas se tromper sur ce que c'est. Rackula. Pour être clair, c'est un outil de visualisation, et pas un
DCIM
complet. Donc si vous voulez gérer vos adresses IP, votre inventaire ou calculer la conso électrique et le refroidissement de votre baie, il faudra rester sur du NetBox ou du RackTables, un peu plus lourds à déployer. N'oubliez pas non plus que par défaut (tant que vous n'avez pas activé le mode API avec authentification quoi...), tous les schémas que vous créez restent dans le local storage de votre navigateur. Donc si vous videz votre cache, tout partira dans les limbes du grand vide cosmique numérique.
Ce projet est porté par un seul dev assisté de Claude, qui l'assume tranquillement dans ses commits, et y'a même déjà des tutos pour l'installer sur NAS Synology et UGREEN qui traînent sur le net.
Bref, Rackula, c'est l'outil idéal pour ceux qui aiment empiler du serveur et qui veulent un plan propre de leur baie sans se ruiner. Indispensable si vous vous auto-hébergez.
Il y a des gens qui voyagent avec une valise. D'autres seulement avec une tente et des chaussettes (si, j'en connais). D'autres encore avec un abonnement lié à leur pays d'origine. Et pour les fans de sport, c'est souvent la même galère : ils se retrouvent en déplacement au moment pile où leur compétition préférée démarre, avec des chaînes locales qui ne diffusent pas le match, des plateformes qui changent les droits selon le pays. Et ce petit moment de solitude où ils réalisent que le contenu qu'ils paient chez eux devient soudainement inaccessible dès qu'on franchit une frontière. Surfshark VPN répond précisément à ce problème, en gardant l'accès à vos contenus habituels de manière chiffrée et privée, sans transformer la soirée foot ou tennis en séance de bricolage réseau.
Avec l'été 2026 qui s'annonce saturé de rendez-vous sportifs, l'enjeu n'est pas anodin. La Coupe du monde de football (qui commence la semaine prochaine donc période de beaufs à klaxons à prévoir) va naturellement concentrer une énorme demande autour des accès aux diffuseurs nationaux, et Wimbledon va attirer la même énergie côté tennis. Dans les deux cas, l'idée n'est pas de "pirater" quoi que ce soit, mais de pouvoir regarder ses chaînes ou abonnements habituels lorsqu'on est temporairement hors de son pays. Et si possible en sécurisant sa connexion sur un Wi‑Fi d'hôtel, d'aéroport ou de location de vacances. Petit rappel : les VPN sont légaux dans la plupart des pays, mais l'utiliser pour accéder à un service en dehors de sa région sous licence peut violer les conditions de service de la plateforme. Au passage j'espère que vous aurez remarqué mon sacrifice pour vous rédiger cet article : j'ai fait des recherches sur des events sportifs. Du sport, chez tonton Korben ... pluie de crevettes bientôt !
Ce qui rend Surfshark pertinent pour cet usage, c'est d'abord sa base technique. Le service s'appuie sur plus de 4 500 serveurs répartis dans une centaine de pays. Avec des machines RAM-only qui ne conservent pas de données persistantes au redémarrage et des débits renforcés par les nouveaux serveurs 100 Gb/s déjà déployés sur certains emplacements. Pour le streaming, ce n'est pas un détail puisque plus le réseau est rapide et stable, moins on passe son temps à jongler entre le buffering et la résolution qui baisse au pire moment, c'est-à-dire juste avant le but ou le taille-brique (en vrai on dit tie-break je crois). À cela s'ajoutent les protocoles WireGuard, OpenVPN et IKEv2, un Kill Switch pour éviter la fuite de trafic si le tunnel saute, et des protections anti-fuites DNS, WebRTC et IPv6, qui évitent d'exposer sa vraie localisation au moment critique.
Surfshark a aussi peaufiné des fonctions très utiles pour les usages sportifs à l'étranger. Le mode Camouflage masque l'usage du VPN lui-même, ce qui peut être pratique sur des réseaux publics un peu tatillons, tandis que NoBorders aide à contourner certaines restrictions réseau dans les environnements les plus verrouillés. Le split tunneling, qui a été rebaptisé Bypasser, permet de choisir quelles applications passent par le tunnel et lesquelles restent en direct, ce qui évite de ralentir inutilement tout le reste de la machine quand seule l'appli de streaming doit être protégée. Et pour ceux qui veulent aller plus loin, le MultiHop envoie la connexion par deux serveurs successifs (au prix d'un peu plus de latence cela dit), mais avec une couche supplémentaire de discrétion quand le contexte réseau est un peu sensible.
Le vrai intérêt, pour les compétitions sportives, c'est la simplicité d'usage. Quand on est à l'étranger, on n'a pas envie de se lancer dans des configurations de routeurs, des profils réseau obscurs ou des manipulations à rallonge entre deux mi-temps. Surfshark permet de se connecter sur un serveur de son pays d'origine, puis de lancer la plateforme que l'on utilise déjà à la maison, qu'il s'agisse d'un diffuseur payant, d'une appli de chaîne sportive ou d'un service de streaming auquel on est abonné. La logique vaut pour le football, mais aussi pour le tennis, où beaucoup de spectateurs préfèrent suivre les commentaires et les équipes éditoriales de leur pays plutôt qu'un flux étranger mal synchronisé.
C'est là que les nouveautés récentes du service le poussent encore plus loin. Le Multi IP permet de disposer de plusieurs adresses IP sur un même emplacement, ce qui aide à mieux compartimenter ses usages et à éviter que des plateformes ou des services associent trop rapidement toute votre navigation à un profil unique. En parallèle, la rotation d'IP améliorée renforce encore cette idée de session plus discrète. Avec un renouvellement automatique de l'adresse qui limite la réutilisation d'une même empreinte sur la durée. Pour un utilisateur qui ouvre un flux sportif pendant plusieurs heures, cette capacité à rester stable sans rester figé est loin d'être inutile. Elle permet de conserver un accès propre et de réduire les risques d'interruption ou de blocage lié à une IP trop exposée.
Il faut aussi rappeler un point de bon sens : le
meilleur usage d'un VPN pour le sport
reste l'accès à des contenus auxquels on a déjà droit, mais depuis l'étranger. C'est particulièrement vrai pour les voyageurs, les expatriés temporaires, les vacanciers ou les professionnels en déplacement qui veulent retrouver leur abonnement, leur chaîne nationale ou leur offre payante habituelle sans exposer leur trafic sur le premier Wi‑Fi venu. Du coup le VPN devient moins un outil de contournement qu'un prolongement de l'abonnement que l'on possède déjà. On sécurise la connexion, on masque l'IP locale du réseau public, et on garde ses habitudes de visionnage intactes. Fingers in the nooooose.
Côté confort, Surfshark ne s'arrête pas au streaming pur.
CleanWeb
bloque pubs, trackers et tentatives de phishing, ce qui évite de se faire bombarder de fenêtres inutiles quand on cherche un match ou un programme sportif en ligne. L'application est disponible sur Windows, macOS, Linux, Android, iOS, navigateurs, téléviseurs connectés, consoles et routeurs, avec connexions simultanées illimitées, ce qui permet d'équiper toute la maison ou tout le groupe de voyage sans arbitrer entre les appareils. Si l'un des terminaux décroche, le Kill Switch prend le relais pour éviter de révéler sa vraie adresse au milieu d'un flux qui doit rester privé.
Le cas de la Coupe du monde illustre parfaitement l'intérêt de cet usage. Pendant plus d'un mois, des millions de dingues gens vont alterner hôtels, transports, déplacements pros et vacances, tout en voulant suivre les matchs comme s'ils étaient chez eux. Les restrictions de droits, elles, ne prennent pas de vacances. Un service qui marche en France peut être bloqué à l'autre bout de l'Europe, un abonnement local peut refuser un accès depuis une adresse IP étrangère et certains réseaux publics vont même compliquer la diffusion si la connexion n'est pas suffisamment propre. Surfshark n'efface pas ces règles, mais il remet une couche de continuité entre le domicile numérique et le reste du monde.
Même logique pour Wimbledon, où l'on veut souvent retrouver le diffuseur national qu'on utilise d'ordinaire, avec ses commentaires, ses horaires et ses repères habituels. Dans ce cas, le VPN ne sert pas seulement à "voir un match", mais à préserver une expérience de visionnage cohérente, sans devoir réapprendre un service différent à chaque voyage. C'est finalement ça, l'idée de Surfshark appliquée au sport. Garder son accès habituel, protéger sa connexion et éliminer l'improvisation technique au moment où l'on devrait juste profiter du jeu.
Surfshark VPN répond à un besoin très concret qui est de regarder ses contenus sportifs à l'étranger comme on le ferait chez soi, avec une connexion chiffrée, stable et discrète. Et pour un été 2026 qui s'annonce dense en compétitions, ce genre de continuité peut clairement faire la différence entre "je regarde le match" et "je cherche encore pourquoi ça ne marche pas". Envie de tester Surfshark sans vous prendre la tête ? L'offre du moment est plutôt convaincante : 2,40 €/mois (TTC) sur 24 mois, avec en plus 3 mois offerts et une garantie satisfait ou remboursé de 30 jours. En clair, vous avez un mois pour essayer, et si ça ne colle pas, vous êtes remboursé.
Une radio FM posée dans la cuisine, qui diffuse 24 heures sur 24 un programme fabriqué sur mesure, sans application, sans écran et sans abonnement : voilà le projet d'un bricoleur connu sous le pseudo Trwmato.
Tout tient sur un Raspberry Pi Zero, ce mini ordinateur de la taille d'une carte de crédit vendu une quinzaine d'euros, piloté par six scripts bash.
L'idée de départ relève presque de l'hygiène de vie numérique. Trwmato passait trop de temps sur son téléphone et voulait retrouver l'écoute passive de la bonne vieille radio, sauf que voilà, la programmation des stations classiques ne l'intéressait pas des masses. Du coup, il s'est fabriqué la sienne.
La recette matérielle tient en trois objets. Le fameux Raspberry Pi Zero, un petit émetteur FM Bluetooth en 12 volts à une dizaine d'euros, le même genre de gadget qu'on branche dans une voiture pour écouter son téléphone sur l'autoradio, et n'importe quel poste de radio FM du commerce pour recevoir le tout.
Côté logiciel, la colonne vertébrale s'appelle podget, un outil en ligne de commande qui télécharge automatiquement les podcasts et les bulletins d'info depuis leurs flux RSS, le format qui permet de s'abonner aux publications d'un site. Les scripts bash, des petits programmes qu'on écrit pour le terminal Linux, orchestrent ensuite la lecture avec VLC avant d'envoyer le son en Bluetooth vers l'émetteur.
C'est dans la fabrication de la playlist que le projet est vraiment bien pensé. Le script make_playlist.sh assemble des blocs configurables qui mélangent podcasts, infos, musique locale, jingles et petites surprises cachées, en privilégiant le contenu frais et en espaçant les rediffusions pour éviter la lassitude.
Les émissions quotidiennes et hebdomadaires ont d'ailleurs chacune leurs règles de conservation, avec des quotas d'épisodes par flux histoire que la carte SD ne déborde jamais.
Trwmato a même prévu un script de secours qui retélécharge avec curl les épisodes que podget n'arrive pas à récupérer, un souci qu'il rencontre apparemment avec certains flux de la BBC. L'ensemble démarre tout seul à l'allumage grâce à systemd, le gestionnaire de services de Linux, et s'organise dans une arborescence de douze sous-dossiers bien rangés.
Tout n'est pas parfait. La configuration du Bluetooth sur le Pi a été la partie la plus pénible du chantier de son propre aveu, et certains podcasts publient leurs fichiers sous des noms génériques du genre media.mp3, ce qui glisse quelques doublons dans la rotation.
Pas d'inquiétude côté légalité : l'émetteur utilisé porte à quelques mètres, comme ceux des voitures, on est donc très loin de la radio pirate qui arrose tout le quartier.
Le projet complet est publié sur
GitHub
sous le nom pi-fm-kitchen-radio, avec les six scripts, les fichiers de configuration et un guide d'installation qui liste les dépendances : podget, VLC, bluealsa pour l'audio Bluetooth et même Samba, qui permet de déposer sa musique depuis un autre ordinateur de la maison.
Bref, troquer le smartphone contre une radio de cuisine pilotée en bash, c'est complètement à contre-courant, et c'est exactement pour ça que ça donne envie.
La NASA a présenté les quatre astronautes d'Artemis III, la fameuse mission censée ramener des humains sur la Lune. Sauf que celle-là n'y posera pas le pied.
Cap sur l'été 2027 pour deux semaines en orbite autour de la Terre, et non autour de la Lune. L'idée, c'est une répétition générale : tester les atterrisseurs lunaires en conditions réelles avant d'y risquer un équipage pour de bon. L'alunissage, lui, est repoussé à la mission suivante, Artemis IV, visée pour 2028.
Aux commandes, du lourd. Randy Bresnik, pilote d'essai déjà passé deux fois par la Station spatiale internationale, prend le commandement. À ses côtés, et ça fait plaisir vu d'Europe, l'Italien Luca Parmitano de l'Agence spatiale européenne occupera le siège de pilote. Frank Rubio, qui détient le record américain du plus long vol d'affilée avec 371 jours en orbite, et Andre Douglas, qui n'a encore jamais volé, complètent l'équipage.
Le déroulé de la mission vaut le détour. Trois lancements, deux amarrages, zéro alunissage.
Blue Origin, la société spatiale de Jeff Bezos, enverra d'abord à vide son atterrisseur Blue Moon, capable de patienter jusqu'à 90 jours en orbite. Les astronautes décolleront ensuite à bord de la capsule Orion, propulsée par la fusée géante SLS de la NASA, pour aller s'amarrer à ce Blue Moon et tester ses systèmes de survie. Un troisième tir expédiera enfin un Starship de SpaceX, la société d'Elon Musk, auquel l'équipage s'arrimera sans même y entrer, faute de quoi y respirer.
Voilà pour le plan sur le papier. La réalité, elle, vient de lui asséner un sacré coup.
Le 28 mai, la fusée New Glenn de Blue Origin a explosé pendant un essai au sol sur le complexe 36 de Cap Canaveral, son unique pas de tir. Les dégâts se voient depuis l'espace, et le souffle a carrément couché une tour paratonnerre. Or c'est justement cette fusée qui doit lancer l'atterrisseur Blue Moon.
Blue Origin promet de revoler avant la fin de l'année. Les spécialistes interrogés par Ars Technica, eux, tablent plutôt sur 12 à 18 mois de reconstruction.
Jared Isaacman, le nouveau patron de la NASA qui a lui-même ajouté cette répétition au programme, se dit malgré tout "extrêmement" confiant pour un vol en 2027.
La crainte n'est pas neuve. Mais cette fois la démonstration existe : une équipe réunissant l'université de Toronto, le Vector Institute, l'université de Cambridge et la division recherche de ServiceNow a dévoilé un logiciel malveillant capable de raisonner et de s'adapter seul à mesure qu'il progresse dans un réseau, là où les attaques automatisées classiques se bornaient à dérouler un scénario écrit à l'avance.
Le mot choisi par les chercheurs est parlant. Un ver, en informatique, désigne un programme qui se recopie d'une machine à l'autre sans la moindre action de l'utilisateur, à la différence du virus traditionnel qui réclame l'ouverture d'un fichier piégé pour s'activer.
La nouveauté tient au cerveau de l'engin. Plutôt qu'une liste d'instructions figées, le prototype s'appuie sur un grand modèle de langage, la même famille d'intelligence artificielle que celle qui anime les assistants conversationnels grand public, pour examiner chaque machine rencontrée, en déduire les faiblesses et décider lui-même de la marche à suivre avant de se cloner sur la cible suivante.
Les chiffres communiqués donnent la mesure de l'expérience. Dans le réseau de test bâti pour l'occasion, le ver est parvenu à compromettre près de 75 % des machines et à se répliquer sur environ deux tiers d'entre elles, récoltant à chaque intrusion les identifiants et les points faibles qui lui ouvraient l'accès suivant.
Un détail mérite qu'on s'y arrête. Plusieurs des vulnérabilités exploitées n'avaient été rendues publiques qu'au cours de l'année 2026, donc après la date d'arrêt de l'apprentissage du modèle, et le programme a tout de même reconstruit des attaques fonctionnelles à partir des seules descriptions publiées. Il a raisonné, pas récité.
S'ajoute une caractéristique qui complique sérieusement la détection : l'intelligence artificielle s'exécute localement sur les machines déjà infectées, lesquelles lui prêtent la puissance de calcul nécessaire à son raisonnement, ce qui dispense le ver de contacter en permanence un serveur central et réduit d'autant les traces susceptibles d'alerter les équipes de sécurité.
Il faut toutefois remettre les choses à leur juste place. Le travail relève de la preuve de concept menée en laboratoire, dans un environnement fermé, par des universitaires dont l'objectif assumé est d'alerter la communauté de la sécurité avant que des acteurs réellement hostiles ne franchissent le même cap, et rien de tout cela ne circule aujourd'hui dans la nature.
Reste que le signal est difficile à ignorer. Ce qui bridait jusqu'ici la plupart des attaques automatisées tenait à leur rigidité, puisqu'elles échouaient dès que la cible s'écartait du scénario prévu, et c'est exactement cette limite qu'une intelligence artificielle capable de s'adapter fait tomber.
Du coup, les défenses qui reposent sur la reconnaissance de signatures déjà connues ou sur la lenteur habituelle des attaquants à exploiter une faille récente méritent d'être repensées, ce que les chercheurs assument en publiant leurs résultats pour offrir une longueur d'avance aux défenseurs.
Bref, l'IA ne se contente plus d'écrire du code, elle commence à conduire l'attaque elle-même.
La Commission européenne vient de couper l'herbe sous le pied d'Apple en affirmant que la décision de ne pas lancer le nouveau Siri dopé à l'intelligence artificielle dans l'Union est le choix d'Apple, et de personne d'autre.
La veille, Cupertino avait pourtant désigné un coupable tout trouvé, le DMA (Digital Markets Act, cette loi européenne qui force les géants du numérique à ouvrir leurs plateformes à la concurrence), en expliquant que cette réglementation l'empêchait de proposer son assistant repensé sur iPhone et iPad chez nous.
Bruxelles n'a pas du tout apprécié de servir de bouc émissaire.
Son porte-parole Thomas Regnier a renvoyé la balle d'une formule cinglante, en soutenant qu'Apple s'est tout bonnement révélée incapable de développer des solutions d'interopérabilité conformes aux exigences européennes de protection de la vie privée et de sécurité, et qu'au lieu de chercher une vraie solution, la marque a réclamé une exemption pure et simple de ses obligations, ce qui n'a jamais été envisageable.
En clair, la loi n'y est pour rien.
Il faut dire que la pilule est d'autant plus amère qu'il ne s'agit pas du premier accroc, le déploiement d'Apple Intelligence ayant déjà pris du retard sur le Vieux Continent, officiellement au nom de ce même règlement, si bien que les utilisateurs européens commencent à avoir une fâcheuse impression de déjà-vu à chaque grande nouveauté logicielle de Cupertino.
Apple, de son côté, dégaine Craig Federighi, son patron du logiciel, qui se dit profondément déçu et jure avoir vu chacune de ses propositions rejetée par les régulateurs, dont un mécanisme maison appelé Trusted System Agent qui aurait permis à des assistants vocaux concurrents d'accéder aux mêmes fonctions que Siri sur les appareils européens, le tout assorti d'un calendrier de déploiement étalé sur dix-huit mois que Bruxelles aurait balayé.
Pour la firme, l'Europe réclame ni plus ni moins un accès quasi illimité aux appareils, avec la capacité d'agir de façon autonome, sans que l'utilisateur garde la main. Une interprétation extrême, donc. La Commission, elle, balaie l'argument.
Et pendant que les deux camps se rejettent la faute, ce sont quelques centaines de millions d'Européens qui n'auront pas le nouveau Siri à la sortie d'iOS 27 et iPadOS 27, attendus plus tard cette année, sans la moindre date de rattrapage à l'horizon.
Maigre lot de consolation, l'assistant restera disponible sur macOS, visionOS et watchOS, ces plateformes échappant aux mêmes obligations du DMA. Allez comprendre.
Se faire contredire publiquement par le régulateur qu'on accuse, voilà qui fait quand même désordre quand on jure n'avoir rien à se reprocher.