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WorkBoy - Le PDA fantôme de la Game Boy

Par : Korben ✨
6 mai 2026 à 13:47

En 1992, Eddie Gil de la boîte anglaise Source R&D et Frank Ballouz de Fabtek s'étaient mis en tête d'une chose : transformer la Game Boy en PDA. La console à pile AA de Nintendo avec son écran vert pissette devait, dans leurs rêves les plus fous, devenir l'agenda électronique des cadres dynamiques. Le projet s'appelait WorkBoy, et il a même été présenté au CES en 1992, puis... plus rien.

Évaporé durant 28 ans.

Jusqu'à ce qu'en 2020, Liam Robertson, le mec derrière DidYouKnowGaming , retrouve un prototype fonctionnel chez Frank Ballouz lui-même. Ballouz l'avait sur son étagère depuis trois décennies. Quand Robertson l'a contacté, il lui a lâché tranquillou : "Oh yeah, j'ai le WorkBoy derrière moi" et après 7 mois de relances, le proto est finalement arrivé dans les mains de Robertson pour être testé en vidéo :

Le WorkBoy, c'est un clavier QWERTY plus gros que la Game Boy elle-même, avec une cartouche dédiée qui se branche dans l'emplacement où d'ordinaire, on met les jeux. Et à l'intérieur du clavier, il y a une horloge, de la mémoire interne (la Game Boy n'en avait pas, c'était LE problème majeur de l'époque), ainsi que tout un OS de bureautique de poche.

Et au menu des fonctionnalités, on avait donc le droit à un calendrier, un répertoire téléphonique, un convertisseur d'unités (parce qu'en 1992 vous saviez jamais quand ce serait le moment de convertir des pieds en mètres en pleine réunion), une calculatrice, et même un traducteur multilingue.

Mais le clou du spectacle, c'est la carte du monde qui jouait... les hymnes nationaux en 8-bit ! Voilà, je crois que là, tout est dit ! Vous cliquez sur la France, et hop vous avez la Marseillaise version Tetris. Vous cliquez sur l'URSS, vous avez l'Internationale en mode bip-bip. C'était fou pour l'époque !!

Eddie Gil avait passé des années à peaufiner ce truc, et Ballouz utilisait son carnet d'adresses Nintendo (il avait été cadre chez Nintendo Of America du temps des bornes d'arcade) pour pousser le projet en interne. Le lancement était alors prévu pour décembre 1992... l'usine était prête et la certification quasi bouclée.

Et puis Nintendo a annoncé qu'ils allaient faire baisser le prix de la Game Boy !! C'était la cata car d'un coup, l'accessoire WorkBoy, à 90 dollars environ, devenait plus cher que la console qu'il était censé compléter !

Ballouz a refait ses calculs, a fait la grimace, et a annulé la production quelques mois avant le CES. Game over pour le projet. Et voilà comment pendant trois décennies, le seul souvenir tangible du projet, c'était quelques photos floues et une marque déposée.

Mais le truc cool suite à cette redécouverte, c'est que Robertson a aussi mis la main sur le code source du WorkBoy via le fameux Nintendo Gigaleak de 2020 (c'était une fuite massive des serveurs Nintendo qui a balancé pelle-mêle des ROMs prototypes, du code source, des trucs internes...).

Un anonyme sur Twitter lui a alors signalé qu'on pouvait choper la ROM en ligne. Robertson était mal à l'aise avec la source car c'était du code volé, mais bon, il a fini par graver le binaire sur une cartouche et réussi à faire tourner le proto.

Et là, surprise : le truc a fonctionné nickel. "C'est plus rapide que mon ancien smartphone", a balancé Robertson. Faut dire qu'en 1992, avoir une UI réactive sur un écran 160×144 pixels en 4 nuances de vert, c'était de l'orfèvrerie. À l'époque, les développeurs savaient optimiser leur code au cycle CPU près, et ça se voyait...

Par contre, le WorkBoy nécessitait obligatoirement le hardware physique pour fonctionner correctement car l'horloge et la mémoire interne sont dans le clavier et pas dans la cartouche. Du coup, l'émulation pure ne suffisait pas. C'est probablement pour ça qu'on n'en avait jamais entendu parler avant que Ballouz daigne sortir le sien du grenier.

Ce WorkBoy disparu était l'incarnation parfaite de cette ère charnière où on cherchait à entasser de la productivité dans tout ce qui avait un microprocesseur. Comme quoi, bien avant le PalmPilot (1996), dans la foulée du Psion 3 (sorti un an plus tôt), Nintendo et ses partenaires avaient donc déjà flairé le truc.

Source

Un passionné a recréé l'Apple Lisa de 1983 dans un FPGA

6 mai 2026 à 11:12

Voilà un projet qui sort un peu de l'ordinaire. Un développeur a passé huit mois à réimplémenter intégralement l'Apple Lisa, l'ordinateur lancé par Apple en 1983, à l'intérieur d'un FPGA. Le résultat tourne.

Il charge le système d'exploitation Lisa OS et fait fonctionner les logiciels de l'époque comme à la sortie de la machine, sans la moindre puce d'origine. Juste une description matérielle Verilog/VHDL synthétisée sur une carte FPGA moderne.

Pour ceux qui ne suivent pas le rétro-Apple, l'Apple Lisa, c'est l'ancêtre direct du Macintosh. Premier ordinateur grand public d'Apple à intégrer une interface graphique avec souris, prévu pour les pros, mais vendu à un prix faramineux à l'époque (autour de 10 000 dollars de 1983), ce qui l'a tué commercialement avant que le Mac plus accessible vienne reprendre le flambeau l'année suivante.

Aujourd'hui, les Lisa qui marchent encore sont des objets de collection rares, surtout que les disques Twiggy d'origine étaient une catastrophe en termes de fiabilité.

Recréer la machine en FPGA permet de la faire vivoter sans dépendre de pièces qui n'existent plus, et c'est aussi un bel exercice de reverse engineering. Il faut bien bien comprendre le bus, le contrôleur graphique, les puces custom, les timings exacts, et tout retranscrire dans un langage de description matérielle.

Le développeur a documenté chaque sous-système au fil de la construction... On parle là d'un travail de fond qui ferait passer une thèse pour un travail dominical.

Le projet est documenté en vidéo. Le créateur explique chaque étape du portage, les bugs rencontrés (le Lisa avait un système de gestion mémoire inhabituel pour l'époque), et démontre l'ordinateur en train de tourner sur sa carte FPGA finale. Les fichiers du projet (sources Verilog, schémas, images de ROM) sont a priori disponibles pour les amateurs qui veulent reproduire la chose à la maison.

C'est chouette comme projet ! Le rétro-computing à coup de FPGA, c'est probablement la seule façon de garder vivantes des machines comme la Lisa pour les décennies qui viennent.

Source : YouTube

Kawaii - La GameCube découpée au scalpel qui tient dans la poche

Par : Korben ✨
6 mai 2026 à 07:37

Mackie Kannard-Smith vient de sortir Kawaii , une GameCube qui tient dans un porte-clés avec une vraie carte mère Nintendo dedans. Pas d'émulation ni de Raspberry Pi déguisé mais juste du silicium d'origine charcuté à mort pour rentrer dans 60 × 60 × 15,8 mm ! Pour vous donner une idée, c'est plus petit qu'une Game Boy Color et c'est le boîtier en alu bleu anodisé qui fait office de dissipateur thermique passif.

Le truc tourne en réalité sur une carte mère de Wii sévèrement modifiée. Mackie a choisi la Wii (sortie en 2006) plutôt que la GameCube d'origine, parce que la Wii partage la même architecture mais avec une finesse de gravure plus récente. Du coup, c'est plus facile à miniaturiser même si pour arriver à ses fins, il a dû appliquer une technique baptisée Omega Trim qui consiste à tronçonner la PCB multicouche au scalpel et à reconnecter chaque piste à la main avec du fil ultra-fin. Pas simple quand on a des gros doigts ^^.

L'encodeur AV est délocalisé, la NAND flash relogée ailleurs, et le processeur est sous-volté dynamiquement via un régulateur custom. Vous chargez alors les jeux sur une carte microSD qui est scellée à l'intérieur !

Alors pour changer de jeu, il n'y a pas d'autre choix que de littéralement désassembler la console. C'est pas top côté pratique mais comme c'est du prototype de l'extrême et pas une console destinée au grand public, je pense que ça passe ^^.

Et là où c'est bien fichu je trouve, c'est avec le dock magnétique composé de pogo-pins, de 4 ports manettes GameCube d'origine, d'un USB-C pour l'alim, et d'une sortie AV analogique. Comme ça vous posez simplement la console sur la base et vous vous retrouvez avec un setup de salon classique.

Côté température, sans ventilo externe, ça chauffe vite par contre. Le boîtier alu fait son boulot, mais y'a quand même des limites physiques qu'on ne peut pas changer... Donc impossible de l'utiliser trop longtemps sans y ajouter un refroidissement actif en plus (genre ventilo ou watercooling).

Après, vous le savez, j'adore ce genre d'exploit et ce n'est d'ailleurs pas le premier mod du genre que je vous présente. Je vous avais déjà parlé du Short Stack de loopj, qui réduisait une Wii au format d'un paquet de cartes. Et devinez quoi, loopj a aussi contribué à Kawaii !

En réalité, cette communauté de tarés du fer à souder se retrouve sur le forum BitBuilt , où ils s'échangent les techniques de découpe extrême depuis des années, alors si vous voulez vous lancer, c'est the place to be !

Les fichiers de conception de la console Kawaii sont publiés sur GitHub , mais Mackie prévient : y'a aucun guide de build, et la réplication est "extrêmement difficile". En clair, c'est pas un mod du dimanche.

Faut une station de soudage à l'air chaud, une loupe binoculaire, des nerfs en acier et une connaissance fine de l'architecture Wii. À vrai dire, c'est sûrement plus simple d'attendre qu'un mod commercial inspiré du projet sorte un jour (coucou la GameCube Mini qui sortira probablement un jour...). Maintenant, si vous voulez voir la bête en action, Macho Nacho Productions a sorti une review de 21 minutes qui fait bien le tour de la machine :

Bref, Kawaii ça sert à rien, c'est techniquement aberrant comme dirait l'autre, et c'est exactement pour ça que c'est classe !

Source

10 sites pour jouer aux jeux DOS dans votre navigateur gratuitement

Par : Korben ✨
5 mai 2026 à 13:44

DOOM, Fallout, Theme Hospital, Civilization... il y a sur le web des milliers de jeux DOS jouables directement dans votre navigateur, gratuitement, sans installer quoi que ce soit. Car oui mes amis, l'émulation DOS dans le browser a vraiment mûri, et il existe des dizaines de bons sites qui vous permettent de jouer à tout un tas de jeux disparus. Je vous propose donc une bonne dizaine d'entre eux classés par ordre alphabétique.

Mais avant, faut savoir que tous fonctionnent plus ou moins sur la même base. C'est du DOSBox compilé en WebAssembly pour tourner dans un onglet de votre navigateur et ensuite la différence entre tous ces sites se joue sur leur catalogue, la légalité du contenu qu'ils proposent, et quelques fonctionnalités bien pensées. (Si vous cherchez plutôt à faire tourner des vieux .exe Windows, RetroTick fait ça très bien aussi.)

On commence par Best DOS Games le petit nouveau sorti en 2023 qui compte déjà +900 jeux et 50 000 joueurs. Ce qui le démarque surtout ce sont ses fonctionnalités de sauvegarde cloud et de Hall of Fame communautaire si vous avez un compte. C'est un super site très agréable à utiliser au quotidien notamment grâce à son interface.

Best Old Games , lui, dépasse volontairement le cadre des jeux DOS : SNES, Commodore 64, arcade, ZX Spectrum, Master System... Il est ligne depuis 2004, couvre +600 titres sur 9 plateformes, et tous les jeux sont disponibles en téléchargement ou à jouer directement en ligne. L'angle abandonware est d'ailleurs totalement assumé, par contre, certains titres n'ont pas encore de version jouable en ligne. Ce sera donc uniquement du téléchargement pour cela. Hyper pratique donc si votre nostalgie du gaming ne s'arrête pas à MS-DOS, mais un peu fourre-tout.

DOS Games Archive pousse la philosophie de préservation depuis 1998, avec 1 641 jeux répartis dans 17 catégories. Le site dispose d'un blog et d'un forum toujours très actifs et il propose uniquement du contenu légal (shareware, freeware, domaine public). Le truc bien vu ce sont surtout ces liens directs vers GOG pour les titres dont vous voudriez acheter la version commerciale complète. Par contre, pas de sauvegardes cloud... chaque session repartira de zéro si vous quittez votre partie. Mais c'est la référence pour jouer "proprement".

DOS Zone est de loin le plus complet et le plus moderne du lot. Plus de 2 000 titres MS-DOS, sans pub, avec support mobile et mode hors-ligne. La techno derrière s'appelle js-dos, qui une implémentation DOSBox compilée en WebAssembly. Et tenez vous bien, le site vous propose également un Game Studio pour créer et publier vos propres jeux DOS directement depuis le navigateur. Y a de quoi y passer des heures !!

DOSGames.com c'est le vétéran de la scène ! Ce site est en ligne depuis janvier 1999, bien avant YouTube, Twitter ou Facebook ! Il a été fondé par Darren Hewer qui voulait sauvegarder tous ces titres DOS "devenus difficiles à trouver" à l'époque. Il propose plus de 2 300 jeux shareware et freeware légaux. L'interface a un peu vieilli (comme nous tous ^^) mais 25 ans de fidélité au poste, ça force le respect !

L'Internet Archive n'est pas à proprement parler un site de jeux puisque c'est le projet de préservation numérique le plus ambitieux de la planète. Mais je ne pouvais pas faire l'impasse dessus car leur collection MS-DOS regroupe aussi des milliers de titres jouables directement dans votre navigateur, gratuitement et sans pub. Après, je trouve que l'interface est moins bien taillée pour le gaming que d'autres sites. Par contre pour dénicher un titre introuvable ailleurs, c'est le top !

MyAbandonware c'est un autre site d'abandonware de référence mondiale avec +37 000 jeux couvrant DOS, Windows, Amiga, Mac, Atari et bien d'autres plateformes. Il y a donc beaucoup de titres DOS qui sont jouables directement dans le navigateur, mais le site reste avant tout une encyclopédie du jeu rétro avec des fiches complètes : screenshots, année, éditeur, manuel...etc. Y'a tout !!! Donc c'est super précieux si vous voulez comprendre l'histoire d'un vieux titre en plus de le faire tourner.

PlayDOSGames.com lui est plus modeste et propose 655 jeux réparti dans 18 catégories, avec, s'il vous plait, de la sauvegarde dans le cloud ! Vous commencez une partie ici, et hop, vous la continuez ensuite depuis votre téléphone ou un autre ordi. Créé en 2013, et dispo en 10 langues, ce n'est donc pas le plus gros catalogue, mais c'est le meilleur pour jouer en mode nomade.

RGB Classic Games est aussi plutôt modeste puisqu'il ne propose que 565 titres, mais chaque version de chaque jeu est archivée. Le site est en ligne depuis mars 2005, et couvre aussi BeOS, que OS/2, Win16 et d'autres systèmes d'exploitation plus en marge. La plupart des titres sont à télécharger et pas à jouer en ligne donc si c'est pour passer le temps au taf, dans le navigateur sans install, laissez tomber. Mais pour les puristes qui veulent une release bien précise, c'est là qu'il faut aller !

Et puis on a WePlayDOS qui organise son catalogue par saga : Oregon Trail, Civilization, Zork, DOOM, Warcraft... Je trouve que c'est une idée intelligente pour explorer une franchise plutôt que de chercher un titre précis à chaque fois. Après le catalogue est petit donc si votre jeu n'est pas dans une saga connue, y'a des chances que vous repartiez brocouille (vous l'avez ?). Mais pour de la découverte par série, carrément bien pensé.

Voilà, j'ai fait le tour ! Et si vous préférez avoir les jeux en local plutôt que dans le navigateur, n'oubliez pas que Retro-eXo regroupe plus de 10 000 titres DOS et Windows prêts à tourner également !

Pour ma part, j'ai opté pour dos.zone et Best DOS Games car je trouve que ce sont les plus riches en fonctionnalités. Mais si vous voulez de l'archive sérieuse, DOSGames.com ou DOS Games Archive conviendra mieux ! Et si votre truc c'est le multi-écrans, PlayDOSGames fera très bien le job.

Jouez bien !

Coincés durant +5 heures sur Age of Empires 2

Par : Korben ✨
4 mai 2026 à 09:00

Hier soir Lilian, fidèle lecteur de Korben m'a envoyé une vidéo incroyable qui retrace 5h de combat sur Age of Empires 2 résumées en 34 minutes par TheGreatReview.

Faut savoir que je suis fan d'Age of Empires depuis le premier épisode de 1997 . AoE 1, 2, Mythology, AoE 3... j'ai laissé un nombre indécent d'heures sur ces titres, donc forcément, voir ces longues heures de matchs condensées en chouette récit, ça ravive de vieux souvenirs !

Lors de cette partie, 2 joueurs avec un très très bon niveau s'affrontent ainsi durant des heures, quasiment sans ressources, en mettant au point toutes sortes de stratégies pour faire capituler leur adversaire. De l'AoE2 raconté à la voix posée, avec beaucoup de stratégie, d'imagination et surtout de patience ! Mais je ne vais pas vous en dire plus pour ne pas vous spoiler.

Gardez-vous ça pour la pause déj', ça ne dure que 34 minutes et franchement ça vaut le coup !

Encore merci à Lilian pour le partage !

DirPlayer - L'émulateur qui ressuscite Shockwave

Par : Korben ✨
2 mai 2026 à 09:38

Flash à sa grande époque c'était quand même tout un truc, mais est-ce que vous vous souvenez de Shockwave ? Le grand frère de Flash (techniquement c'était une autre techno bâtie sur Director mais bref...), qui était capable de faire tourner des trucs bien plus complexes que les vieux .swf ?

Et ben l'équipe derrière DirPlayer s'est tapé tout le reverse-engineering du moteur Director from scratch pour le ressusciter grâce à Rust et le rendre à nouveau fonctionnel dans nos navigateurs modernes !

Faut savoir qu'Adobe a débranché Shockwave Player en avril 2019 et Flash un peu plus tard, et avec eux c'est un pan entier du web rétro qui s'est retrouvé inaccessible du jour au lendemain. Du genre tous ces jeux qui tournaient sur Shockwave.com ou les vieux portails de mini-jeux des années 2000, paf, d'un coup plus moyen d'y rejouer.

Alors heureusement, pour Flash, y'a déjà Ruffle qui fait tourner les bons vieux .swf. Hé bien ici c'est le même principe avec DirPlayer pour les .dcr Shockwave.

L'outil se décline sous 3 formes. D'abord une extension Chrome qui détecte automatiquement les balises Shockwave qui traînent encore sur les vieux sites web, ce qui peut être sympa pour redécouvrir des sites des années 2000.

Y'a aussi une version standalone construite avec Electron qui embarque carrément un debugger Lingo (le langage de scripting de Director, super pratique si vous voulez bidouiller du contenu existant). Et enfin un polyfill JS auto-contenu qui réécrit les et directement sur votre site web.

Perso, pour vous faire une idée, je vous invite surtout à jeter un oeil à la démo web pour tester rapidement parce qu'il n'y a rien à installer. Mais dès que vous voudrez analyser ou debugger un vieux jeu en profondeur, faudra plutôt opter pour la version standalone.

Notez que DirPlayer utilise Ruffle en submodule Git donc les 2 projets sont liés et bonus côté sécurité, le tout tourne en WebAssembly avec le sandboxing du navigateur, donc y'aura plus toutes ces failles qu'on pouvait retrouver à l'époque sur l'ancien plugin Shockwave Player.

Pour les sites qui hébergent encore des applis ou des jeux Shockwave (genre archive.org, avec des musées interactifs ou des jeux des années 2000), c'est une nouvelle corde à leur arc. Et si vous avez de vieux .dcr planqués sur un disque dur, la démo web devrait pouvoir les avaler aussi (faudra tester quoi...).

Bref, grâce à Ruffle pour Flash et DirPlayer pour Shockwave, le web des années 90-2000 n'est pas encore tout à fait mort ! Un peu comme moi finalement ^^

GameDate - Trouver des joueurs pour vos jeux morts et oubliés

Par : Korben ✨
30 avril 2026 à 14:06

Hier soir, je suis tombé sur GameDate et ça m'a carrément fait remonter 20 ans en arrière, à cette époque bénie l'époque où on passait toutes nos nuits sur des jeux comme Wolfenstein: Enemy Territory ou Tribes 2 sans que personne ne nous juge bizarrement. Ce site pour le moins original permet d'organiser des sessions multijoueurs pour tous les jeux que tout le monde a oubliés.

D'abord vous arrivez sur le site, ensuite vous voyez les sessions programmées par d'autres joueurs, vous cliquez sur "interested" pour celles qui vous tentent, et le jour J vous lancez le jeu pour rejoindre les autres. Chaque session affiche 2 compteurs, le nombre d'intéressés et un "expected" pondéré, histoire d'avoir une vraie idée de la fréquentation au lieu d'arriver dans un serveur fantôme.

Et si rien ne vous convient, vous pouvez créer votre propre session en quelques clics sans avoir besoin de vous créer un compte. C'est très appréciable et en parcourant le catalogue, je suis tombé sur des pépites que je croyais définitivement enterrées.

Je pense à Halo 2, Phantasy Star Online, Tribes: Ascend, Rainbow Six: Raven Shield, Total Annihilation, Worms Armageddon, GoldenEye: Source, NEOTOKYO ou Sven Co-op...etc.

La liste tourne autour de 90 jeux et continue de grandir (qui a dit CMB ?). Y'a même du Mario Kart Wii et du Mario Party en netplay pour les nostalgiques de Nintendo, du F.E.A.R. Combat pour les fans de tir tactique et toute une section pour les mods Source comme Hidden: Source ou Eternal Silence.

Après, certaines sessions du catalogue affichent "no interest" parce que personne n'a cliqué dessus, donc n'oubliez pas de vérifier les compteurs avant de poser un RTT, sinon vous risquez de débarquer dans un serveur fantôme.

Côté vie privée, le site assure puisque votre IP est transformée en hash irréversible pour empêcher les abus de vote sans permettre de remonter à vous, et la protection anti-bot passe par Cloudflare Turnstile (donc pas de captcha pénible à résoudre). Aucun cookie de tracking mais juste un localStorage pour vos préférences. Et vous pouvez en option lier un compte Discord ou Steam pour recevoir des rappels avant vos sessions.

Un site qui vous fout la paix en somme...

Même l'interface tape carrément dans la nostalgie avec un look qui nous ramène pile aux menus Steam de l'époque Half-Life 2, grâce à vgui.css , un projet open source qui réplique l'esthétique des jeux Source.

Y'a six thèmes au choix dont un "Legacy" qui pue les années 2000 à plein nez (perso je suis resté dessus, forcément). Vous pouvez alors filtrer par région (NA, EU, OCE, SAM), par tags (PvP, co-op, casual, ranked, modded, newbie-friendly...) et trier par sessions qui démarrent bientôt ou par popularité.

Je trouve que GameDate est vraiment une bonne idée parce que ça participe à 100% à ce mouvement de préservation du jeu vidéo, totalement dans la lignée de projets comme EmuOS ou des trackers communautaires qui maintiennent les serveurs en vie depuis 15 ans. Je me dis que tant que des passionnés trouvent le moyen de se retrouver pour relancer un vieux serveur Tribes 2 ou autre, ces jeux ne sont jamais vraiment morts. Ils ont juste besoin qu'on les ressorte du placard de temps en temps...

À tester donc sur gamedate.org !

PixelFX Morph 2K : un scaler 1080p pour consoles rétro à peu près accessible

30 avril 2026 à 11:08

199 $ pour passer vos consoles rétro en HDMI 1080p sans bouillie de pixels et sans latence visible ? C'est ce que promet le Morph 2K, le nouveau scaler analogique-numérique de PixelFX. Pré-commandes le 1er juin, livraisons huit à dix semaines plus tard.

L'idée est de prendre n'importe quel signal analogique des consoles rétro (composite, S-Video, SCART, component) et de le balancer en 1080p sur HDMI moderne, avec une couleur 4:4:4 propre et une sortie pouvant grimper à 60 Hz en VRR.

L'appareil est même pensé pour scaler les sources les plus crades en 240p sans empâter les pixels, ce qui est le grand intérêt de ce genre de boîtier face aux convertisseurs cheap qu'on trouve à 30 € sur AliExpress.

Côté connectique, tout y est. Composite, S-Video, SCART européen, component (les fameux Y-Pb-Pr) : pas besoin de racheter trois adaptateurs séparés. Seul le VGA demande un adaptateur supplémentaire vendu à part, ce qui exclut certaines Dreamcast modées ou les vieux PC rétro. Sinon vous avez la quasi-totalité des sorties analogiques couvertes nativement.

Le Morph 2K embarque aussi un mode simulation CRT optionnel pour ceux qui veulent retrouver les scanlines, le grain et le flou caractéristique des télés à tubes. Le boîtier est WiFi, mais pas pour le streaming des parties, simplement pour les mises à jour firmware et la configuration via une interface web depuis un navigateur. Pratique quand on veut bidouiller les profils par console sans se taper un menu OSD à la télécommande.

Par rapport au Morph 4K vendu autour de 400 $, on perd la sortie 4K (donc pas de pixel-double sur écran UHD), mais 1080p sur un écran moderne, ça reste largement assez pour profiter d'une N64 ou d'une Saturn dans des conditions correctes. La cible est claire : les retrogamers qui veulent de la qualité d'image sans passer aux 400 ou 600 $ d'un OSSC Pro ou d'un RetroTink 4K.

Les pré-commandes ouvrent le 1er juin et les premiers exemplaires devraient partir 8 à 10 semaines plus tard, soit fin août si tout se passe bien côté production. Aucune disponibilité officielle confirmée pour l'Europe au moment où j'écris ces lignes, mais PixelFX livre généralement à l'international via leurs revendeurs habituels.

À ce tarif, le Morph 2K devient intéressant face aux solutions FPGA hardcore qui demandent à la fois plus de budget et plus de bidouille pour être configurées correctement. Plus d'infos par ici .

Source : Time Extension

Une manette Sega Master System de 1985 modifiée pour fonctionner en USB-C

28 avril 2026 à 17:40

Hackaday a relayé un projet de modification matérielle qui transforme une manette Sega Master System de 1985 en périphérique USB-C compatible avec un PC moderne ou une console de retrogaming actuelle.

Le mod ne touche pas au boîtier d'origine et garde la sensation au pouce du gamepad d'époque, tout en remplaçant l'électronique interne par une petite carte qui parle HID standard.

Le câble noir vissé d'origine est remplacé par un câble USB-C, et une carte microcontrôleur traduit les signaux des contacts mécaniques de la manette en codes HID que n'importe quel système moderne reconnaît comme un pad de jeu.

Pas de driver. Pas de pile à changer. Côté soudure, c'est plutôt accessible si vous savez tenir un fer : quelques fils à dessouder du PCB d'origine, la nouvelle carte à mettre à la place du connecteur, et c'est plié.

Beaucoup d'émulateurs modernes reconnaissent les manettes USB génériques sans pinaillage, et avoir un pad Master System d'origine sur Steam ou sur RetroPie change vraiment le ressenti des jeux 8 bits. Le D-pad rond avec les deux boutons rectangulaires garde sa logique de design qui colle aux jeux d'arcade Sega de l'époque, là où une manette PS5 ou Xbox actuelle reste surdimensionnée pour un jeu de plateforme en 256x192 pixels.

La carte est documentée et peut être reproduite. Quelques composants, un microcontrôleur courant, un bout de PCB et vous avez la base. La communauté retrogaming, qui démonte ses Master System depuis 30 ans, a maintenant une interface propre pour les ressortir sur le matériel d'aujourd'hui sans passer par un adaptateur USB générique .

Quelques bémols. Le projet ne touche que la manette, pas la console : si vous voulez jouer à Wonder Boy sur votre Master System d'origine, vous restez sur du matériel non modifié. Et la moindre erreur de soudure peut tuer un PCB qui devient difficile à racheter, vu que les manettes de qualité commencent à se faire rares sur les sites d'occasion.

À noter aussi que le mode HID basique ne propose pas de mappings pour les pads à 4 ou 6 boutons des consoles ultérieures, donc le projet reste bien centré sur l'usage Master System.

Source : Hackaday

Super ZSNES - les devs originaux reviennent après 19 ans

Par : Korben ✨
28 avril 2026 à 11:20

J'sais pas si vous avez remarqué, mais aujourd'hui, TOUT LE MONDE "vibe code" : On balance des prompts à un LLM, on accepte le diff sans comprendre, on commit sans relire et tadaaaa, ça fait des chocapics !

Sauf pour zsKnight et Demo qui viennent de relâcher Super ZSNES , après 19 ans de silence, avec un message bien en évidence sur leur page d'accueil... "No Vibe Coding. Classic development style." C'est incroyable, les deux développeurs originaux de ZSNES se sont enfin retrouvés pour réécrire leur émulateur SNES légendaire intégralement, et cette fois c'est le GPU qui prend en charge le rendu vidéo !! Youpi !

Pour ceux qui n'ont pas connu parce que ce sont des bébés qui viennent de naître, sachez que ZSNES c'était l'émulateur Super Nintendo incontournable de la fin des années 90, écrit totalement en assembleur x86 par zsKnight, avec Demo en renfort sur le son et la 2D. À l'origine, la première version, sortie en octobre 1997 sur DOS, tournait à plein régime sur des Pentium MMX, ce qui était déjà assez ouf à l'époque. Et la dernière mise à jour officielle datait de janvier 2007 et après ça, plus RIEN.:-(( sniiif... Le projet était donc considéré comme mort et enterré malgré quelques forks communautaires qui ont essayé de garder le truc en vie.

Mais voilà, ils sont de retour et ce qui change avec ce Super ZSNES, c'est l'architecture. En gros, au lieu de tout faire faire au CPU comme à l'époque, le rendu vidéo et le pipeline graphique sont maintenant déportés sur le GPU.

Du coup le Mode 7 peut tourner en haute résolution, vous pouvez activer le widescreen quand le jeu le permet, overclocker ceux qui galéraient en framerate (coucou Gradius III), remplacer les samples audio compressés par des versions non compressées, et même balancer du 3D height-mapped sur les scènes en Mode 7 perspective.

Tout ça jeu par jeu, via leur Super Enhancement Engine qui supporte 7 jeux pour l'instant et qui s'enrichira au fil des releases. Après si vous préférez jouer sur vos vraies cartouches plutôt que sur des ROMs, jetez quand même un oeil à SN Operator que j'ai couvert récemment.

Les CPU et audio cores sont annoncés comme bien plus précis que ceux de l'original, qui était connu pour être rapide mais pas hyper fidèle. L'UI conserve la neige qui tombe en arrière-plan, parce que faut pas déconner avec les classiques, mais en HD cette fois. Save states, rewind, fast forward, cheat codes, save bookmarks, auto-save history, quick load, tout y est. C'est dispo sur Windows, Mac, Linux et Android (Google Play), avec une version iOS qui suivra bientôt.

Cela dit, le projet est en early build donc si vous comptez l'utiliser pour vos jeux fétiches, sachez que le DSP1 et SuperFX ne sont pas encore implémentés. Donc oubliez Star Fox et Super Mario Kart pour l'instant, et puis n'oubliez pas que des bugs d'émulation traînent encore, et que pas mal d'optimisation reste à faire.

Avec toutes les options activées en 4K, ça peut surtout mettre à genoux un Mac Studio M4 Max, donc voilà, ce Super Enhancement Engine, ça pompe sec. Côté qualité visuelle, certains rendus de textures laissent également à désirer d'après les premiers retours, sauf le bump mapping 3D sur F-Zero qui semble plaire à pas mal de monde.

Reste à voir si d'autres projets comme Nesticle et Genecyst vont suivre le mouvement, parce que la nostalgie 90s est à fond les manettes en ce moment. Et surtout, y'a encore pas mal de marge à côté des solutions web pour jouer aux jeux rétro qui se multiplient comme des petits pains.

A tester ici !

Cinquante ans plus tard, la toute première borne d'arcade Nintendo reprend vie

24 avril 2026 à 13:28

Vous connaissez probablement Wild Gunman sur NES, ce petit jeu de tir au Zapper avec des cowboys pixellisés. Mais la version originale, c'est autre chose. En 1974, Nintendo sort une borne d'arcade imaginée par Gunpei Yokoi lui-même, avant qu'il ne devienne la légende derrière la Game Boy.

Au lieu de sprites, le jeu projette directement à l'écran du vrai film 16mm de cowboys qui dégainent. Le joueur sort un pistolet d'un étui physique au flash lumineux, et doit tirer avant l'adversaire. On est là sur un truc mi-électronique mi-mécanique, avec un projecteur pour assurer la diffusion de l'image.

Une seule borne originale survivrait encore aujourd'hui, entre les mains d'un collectionneur privé. Trop rare. Trop fragile. Donc quand un youtubeur américain, Callan Brown (alias 74XX Arcade Repair), tombe en juillet 2025 sur une enchère eBay un peu bizarre avec des bobines 16mm estampillées Nintendo, il flaire le bon coup. 

Il mise, gagne, trouve un projecteur 16mm dans une école du coin, et découvre que ce sont bien les bobines de cowboys, probablement visionnées pour la première fois en quarante ans.

À partir de là, six mois d'obsession. Il fait scanner en haute définition les bobines, démonte les brevets de 1974 pour reconstituer le fonctionnement, et reconstruit une version moderne du jeu, pistolet, étui et tout le tralala.

On vous l'a dit, la version arcade de 1974 n'a quasi rien à voir avec le Wild Gunman que tout le monde connaît sur NES. La NES, c'est un jeu au Zapper qui tire sur des sprites. L'arcade, c'est une projection de film réel, un système de détection optique, et un vrai pistolet à ressort dans un étui en cuir. Deux jeux, deux générations, le même nom. Dans les deux cas, un pur bijou.

Bref, chapeau bas à Callan quand même. Sauver une pièce aussi rare du patrimoine vidéoludique en partant d'un lot douteux vendu sur eBay, c'est exactement pour ça qu'on aime ce genre de passionnés.

Source : Hackaday

C64UX - Un shell Unix-like pour Commodore 64

Par : Korben ✨
24 avril 2026 à 09:23

Je viens de tomber sur un projet qui va vous renvoyer direct dans les années 80 !! Ça vous dirait que votre vieux Commodore 64 puisse balancer un prompt façon Unix, avec login, éditeur de texte et 30 commandes ? Hé bien c'est exactement ce que propose C64UX , codé en assembleur pur, sans patch ROM ni rien.

L'auteur, Anthony Scarola a sorti sa dernière version en février 2026, avec une bannière de démarrage qui balance fièrement des [ OK ] à chaque étape de la séquence de boot, exactement comme un vrai système Linux un peu trop fier de lui !

En gros sur votre Commodore 64 , vous bootez normalement sous BASIC puis vous lancez le programme c64ux.prg (un simple LOAD et RUN), vous tapez votre username et votre mot de passe, et hop, vous atterrissez dans un shell qui propose 30 commandes :

LS, CAT, NANO, RM, CP, MV, SAVE, LOAD, THEME, UPTIME, DRIVE, STAT, WRITE, ECHO, SAVEREU, LOADREU, WIPEREU, PASSWD, MEM, DATE, TIME, PWD, RESET, UNAME, VERSION, WHOAMI, CLEAR, DOS, EXIT et HELP.

Et la commande EXIT vous ramène à BASIC.

La config initiale de C64UX : création du compte, date et heure, avant de tomber sur le prompt

Sous le capot de C64UX, c'est de l'assembleur 6502 brut de décoffrage. Et surtout, le projet n'utilise que les routines standard du C64, sans aucune ROM modifiée, ni aucune cartouche spéciale. Du coup ça tourne aussi bien sur un vrai C64 d'époque que sur un Ultimate 64 moderne ou dans l' émulateur VICE .

Mais le vrai morceau de bravoure dans ce projet c'est la persistence REU. Car votre shell avec ses fichiers, vous pouvez le dumper dans l'extension mémoire de l'époque via SAVEREU puis tout restaurer après coup avec LOADREU. Très pratique pour ne pas perdre vos précieux textes à chaque reset ! Par contre, sans extension REU branchée, tout s'efface au redémarrage, faudra donc penser à taper la commande SAVE à la main pour écrire sur disquette.

La sortie de la commande HELP, avec la liste des commandes disponibles

L'éditeur baptisé NANO (inspiré du vrai mais en mode super minimaliste) fait bien le taf aussi. Et les themes changent la couleur de bordure, le fond et le texte d'un coup, entre NORMAL (le bleu royal classique), DARK, ou GREEN pour se la jouer Matrix.

Création d'un fichier avec WRITE, lecture avec CAT, puis STAT et LS pour voir les métadonnées

Sur le forum Lemon64, Scarola balance une nouvelle version à peu près toutes les semaines et reconnaît lui-même être un petit nouveau en assembleur. Mais gros respect pour avoir déjà sorti 10 releases en un peu plus d'un mois quand même ! Notez que comme tout bon développeur qui sait vivre avec son temps (#troll), il s'aide d'un peu d'IA (Claude Code en l'occurrence) pour l'écriture du code.

Voilà, si vous avez un Commodore 64 qui traîne ou juste un émulateur VICE sous la main, foncez tester, c'est sympa !

Razor 1911 - Le groupe qui a survécu à tout

Par : Korben ✨
22 avril 2026 à 17:01
Cet article fait partie de ma série spéciale hackers . Bonne lecture !

Il y a quelques jours, lors de la demo party Revision 2026 , dans une salle plongée dans le noir à Sarrebruck, un public de sceners regarde défiler les crédits d'une demo victorieuse. Au milieu des pseudos des graphistes, un nom : Sector9.

Le même mec qui, quarante ans plus tôt, faisait partie des trois gamins norvégiens qui ont fondé Razor 1911.

Le logo historique de Razor 1911, signé JeD / ACiD (via Wikimedia Commons )

La demo s'appelle simplement "Razor 1911", elle dure dix minutes, et sans surprise, elle finit donc par gagner la compo PC et le prix du public. Et ce qu'elle raconte, plan par plan, c'est l'histoire d'un groupe que le Department of Justice américain a qualifié officiellement de "plus ancien groupe de cracking encore actif sur Internet".

Razor 1911 existe depuis que vous écoutez de la musique 8 bit sur cassette audio. Le groupe a traversé l'époque du Commodore 64, de l'Amiga, l'ère du PC, le passage au CD-ROM, au DVD, puis aux ISO torrents, sans oublier la répression fédérale et l'arrivée des protections Denuvo. Et au moment où j'écris ces lignes, leurs cracktros font partie du patrimoine culturel de tous ceux qui un jour ont téléchargé un jeu sur eMule.

Et voilà que, 40 ans plus tard, cette bande de joyeux lurons gagne un prix demoscene où elle se raconte elle-même...

Mais pour comprendre vraiment ce que ça veut dire, il faut que je vous emmène à Oslo lors de cette nuit d'octobre 1985.

Octobre 1985 : Oslo, la naissance de Razor 2992

Imaginez une chambre d'ado dans la banlieue d'Oslo. C'est l'automne norvégien, il fait nuit à 17h, et la seule lumière dans la pièce vient d'un écran CRT qui tire sur le vert. Un Commodore 64 chauffe doucement sur un bureau encombré et dans le lecteur de disquettes, une 5"1/4 tourne avec ce bruit caractéristique de crécelle électrique.

Les ordinateurs domestiques des années 80 qui ont vu naître la scene, Amiga 500 et Atari 520 ST (photo Sam Gamdschie, CC BY 3.0)

Doctor No, Insane TTM et Sector9, trois gamins, viennent de fonder un groupe de cracking. Leur premier nom, très éphémère, c'est Trøndelag Cracking Service, ou TCS. Sauf qu'un groupe anglais utilise déjà les mêmes initiales et ça crée la confusion. Un autre groupe norvégien de la scene, Hellmates, leur suggère alors un nouveau nom : Razor. On est encore à l'automne 1985 et ça s'appelle d'abord Razor 2992, puis en novembre, nouveau changement de nom pour adopter définitivement Razor 1911.

La raison de ce 1911 est géométrique. En hexadécimal, 1911 décimal équivaut à 0x777. Trois fois 7, un par fondateur, soit un joli clin d'œil numérologique qu'ils vont se traîner durant quarante ans. C'est aussi, selon certaines sources d'époque, une pique à tous les groupes de cracking qui abusaient du 666 pour leur côté satanique un peu too much. Razor 1911 choisit délibérément le chiffre opposé. Un détail qui en dit long sur l'esprit de la scene naissante à l'époque.

Leur premier crack, c'est Kik Start, un jeu de motocross sorti par Mastertronic en 1985 sur Commodore 64. Un classique des obstacles parcours sur deux roues que tout le monde avait chez soi. Et c'est précisément là dessus, ce petit jeu vendu pas cher en Angleterre, que nos trois gamins norvégiens vont poser leur première signature sur la scene européenne.

Kik Start (Mastertronic, 1985), le tout premier jeu cracké par Razor 1911 sur Commodore 64 (capture via Lemon64 )

La scene C64 européenne tourne à plein régime à ce moment-là. Les BBS échangent des disquettes par courrier postal, les cracktros fleurissent avec leur ASCII art et leur musique chiptune, les groupes s'affrontent pour la "first release" des jeux populaires. Razor 1911 grimpe alors très vite dans la hiérarchie, mais reste un groupe parmi d'autres. Les vraies légendes de l'époque, c'est FairLight en Suède, The Humble Guys aux US, et TRISTAR & Red Sector Inc côté Allemagne.

Ce qui distingue Razor 1911 à ce moment-là ? Pas grand-chose, en fait.

Enfin, si... une sacrée envie de durer ! Car quand la plupart des groupes de l'époque se dissolvent après deux ans, parce qu'un membre part à l'armée ou qu'un autre se fait piquer son Commodore par ses parents, eux continuent. Et continuent. Et continuent...

Et ils ne le savent pas encore, mais dans trois ans, ils vont devoir tout recommencer sur une nouvelle plateforme.

1987-1993 : du C64 au PC, la guerre des plateformes

Nous sommes maintenant en 1988. Un ado quelque part en Europe lance un jeu piraté sur son Amiga 500 flambant neuf. Avant que le jeu démarre, une intro 3D tourne en 50 fps pendant trois minutes. Des sphères qui tournent, un scrolltext qui envoie des greetings aux autres groupes de la scene, et une musique de tracker composée de huit canaux qu'il va siffler dans sa tête pendant des semaines. Et le logo à la fin ? Razor 1911 !

L'Amiga 500, la machine reine de la scene européenne à la fin des années 80 (photo Bill Bertram, CC BY-SA 2.5)

Entre 1987 et 1988, le C64 commence à fatiguer et Razor 1911 migre alors sur Amiga, la plateforme qui gagne toute la scene européenne. Ils font des demos, ils crackent des jeux, ils sortent des cracktros avec des effets graphiques qu'aucune autre plateforme ne permet. C'est l'âge d'or Amiga. On lance le jeu, on kiffe l'intro, et ensuite on joue.

Razor 1911 ne se contente d'ailleurs pas de cracker des jeux sur Amiga. Le groupe sort aussi des demos pures, des productions artistiques qui font la compét' avec les meilleurs sur la scene démo. En 1991, ils lâchent coup sur coup Yo! avec ses graphismes vectoriels fluides et ses transitions travaillées, puis Voyage, considérée comme leur chef d'œuvre Amiga avec un texture mapping 3D qui fait halluciner tout le monde à l'époque sur un simple Amiga 500. Leur musique trackée 4 canaux est même citée comme parmi les meilleures jamais produites sur la machine.

Voyage par Razor 1911 (1991), un chef d'œuvre avec texture mapping 3D sur Amiga 500 (capture via pouet.net )

Puis au début des années 90, nouveau virage. Le PC IBM prend la main, bon gré mal gré, et Razor 1911 suit le mouvement. Là, c'est une autre scene. Les rivaux changent, et The Humble Guys (THG) débarque en 1989 avec une idée qui transforme tout. Candyman et Fabulous Furlough, les fondateurs de THG, inventent le fichier NFO pour documenter leurs releases, et surtout ils établissent des relations avec les distributeurs pour obtenir les jeux avant leur sortie commerciale. Imaginez un jeu qui apparaît sur les BBS warez AVANT même d'arriver chez Babbage's. THG vient de redéfinir les règles du game.

Razor 1911 doit alors s'adapter, et vite. Ils perfectionnent leur méthode de cracking, recrutent des codeurs, signent leurs cracks avec des intros de plus en plus léchées. À ce stade, une cracktro Razor 1911 c'est un petit morceau d'art. Graphismes pixelisés travaillés pendant des nuits entières, musique, textes ASCII qui défilent, et timings précis pour impressionner un maximum de sceners avant que le jeu démarre. Comme ça, les gars gardent la cracktro pour la montrer aux potes et sans qu'ils ne le sachent, commencent à transmettre une nouvelle culture.

Sauf que les années 90 avancent, et un nouveau support va bientôt tout faire basculer.

1995-2001 : The Punisher et l'ère ISO

En 1995, quelque part en Amérique du Nord, un mec dont personne ne connaît le vrai nom se fait appeler The Punisher. Il passe ses nuits devant une tour beige de PC, ventilateur qui souffle fort, écran 14 pouces, et un clavier mécanique qu'on entendait depuis le salon. Devant lui, un graveur de CD, nouveauté de l'époque, qui met trois heures à "brûler" une rondelle de 600 Mo. Et c'est lui qui va sauver Razor 1911.

Parce qu'en 1995, tout bascule. Les disquettes disparaissent. Les jeux sortent sur CD-ROM, et 600 Mo, ça passe mal sur un modem 14.4k. Razor 1911 pourrait alors disparaître à ce moment-là, comme pas mal de groupes de l'époque qui n'arrivent pas à faire la transition.

Mais heureusement pour eux, The Punisher prend les choses en main et pilote le passage au CD-ripping, puis aux ISO quand ce format devient la norme. Les ISO, pour les plus jeunes, c'est une image binaire complète d'un CD ou d'un DVD, fidèle au bit près. Techniquement plus lourd que les cracks disquette, mais aussi plus propre. Razor 1911 se retrouve alors en tête du peloton et leurs releases circulent sur les topsites (les serveurs FTP ultra-privés de la scene, accessibles sur invitation uniquement), puis se diffusent sur les BBS, et ensuite sur les réseaux peer-to-peer naissants.

À la fin des années 90, le groupe devient l'une des références majeures de la scene, officiellement considéré comme l'un des plus prolifiques au monde. Ils sortent des ISO de jeux AAA quelques heures après la sortie commerciale, parfois même avant. Le palmarès est impressionnant : Quake, Warcraft II, Warcraft III, Red Alert, Terminal Velocity... Tous les hits du moment, tous disponibles sur les topsites Razor avant que les boîtes n'arrivent dans les rayons des Babbage's ou des CompUSA. Le Department of Justice citera explicitement ces titres dans son acte d'accusation, pour donner la mesure du phénomène.

La scene de l'époque pointe un autre leader que The Punisher : un certain The Renegade Chemist, souvent mentionné dans les fichiers NFO des releases. Quand l'opération Buccaneer va tomber, le FBI désignera Shane Pitman ("Pitbull") comme leader officiel, mais dans la scene, beaucoup disent que le vrai pilote au moment du raid, c'était The Renegade Chemist. Deux versions différentes de la même histoire, selon qu'on lise un rapport fédéral ou un NFO d'époque.

Et c'est là que ça devient dangereux.

Parce que quand vous êtes trop visibles, très rapides et très bons, il y a un moment où le FBI le remarque. Et en 2001, les fédéraux américains préparent quelque chose d'inédit dans l'histoire de la poursuite des groupes warez.

À Washington, dans un bureau de l'US Customs Service, un procureur imprime une liste. Dessus, des pseudos. Et surtout des adresses.

11 décembre 2001 : Operation Buccaneer

Conover, Caroline du Nord, ce matin-là. Shane Pitman, 31 ans, est au boulot quand son téléphone sonne. Au bout du fil, un agent du FBI et ce qu'il lui dit est glaçant : ils sont devant chez lui avec un mandat, alors il a intérêt à rentrer immédiatement ouvrir la porte, sinon ils rentrent eux-mêmes à coups de bélier.

Pitman quitte son bureau, monte dans sa voiture, et roule jusqu'à chez lui. Arrivé sur place, il trouve sept à huit véhicules du FBI et des douanes garés devant sa maison. À peine sorti de sa voiture, plusieurs agents en équipement d'assaut, gilets pare-balles et écussons "FBI" dans le dos, l'entourent, le plaquent sur le capot et le fouillent. Des années plus tard, dans une interview qu'il donnera sur un forum public, il racontera ce moment en expliquant que, je cite : "On aurait dit que j'étais Saddam Hussein ou quelque chose comme ça". Pour un mec qui distribuait des copies crackées de Warcraft, le dispositif était effectivement un peu surdimensionné.

Au même moment, à Richmond en Californie, Sean Michael Breen, 38 ans, se fait embarquer dans les mêmes conditions. Et à la même heure, dans cinq autres pays, Canada, Royaume-Uni, Australie, Finlande, Norvège, Suède, soixante autres personnes se font alpaguer simultanément.

C'est l'opération Buccaneer. 62 suspects visés, 70 mandats de perquisition, 150 ordinateurs saisis en une matinée et des pistes suivies dans 20 autres pays. C'est la plus grosse offensive coordonnée jamais menée contre la scene warez de l'histoire.

Reconstitution de l'opération Buccaneer - Image IA

Et les groupes visés ne sont pas que Razor 1911. Il y a aussi DrinkOrDie (DoD), RiSC, RequestToSend (RTS), ShadowRealm (SRM), WeLoveWarez (WLW), POPZ. Soit toute la tête de gondole de la scene cracker Internet de l'époque. Le FBI a passé 14 mois en investigation undercover, infiltré les serveurs, recoupé les pseudos, remonté les identités. Une opération patiente, méticuleuse, invisible. Certains membres sont alpagués à leur domicile, d'autres à leur travail, d'autres à la fac pendant qu'ils sont en cours.

Parmi les prises les plus symboliques, il y a aussi Christopher Tresco, 24 ans, connu sous le pseudo "BigRar". Pas un membre de Razor 1911 celui-là, mais de DrinkOrDie. Et accessoirement administrateur système du département d'Économie du MIT. Un boulot idéal pour héberger des topsites warez sur les serveurs d'une des plus prestigieuses universités américaines, ce qu'il faisait tranquillement jusqu'à ce matin du 11 décembre. Il prendra 33 mois de prison fédérale.

Le 6 juin 2003, Shane Pitman est condamné à 18 mois de prison fédérale pour conspiration de violation du copyright par le juge James Cacheris à Alexandria, Virginie. Le 10 février 2004, dans une cour d'Oakland, Sean Michael Breen prend 50 mois devant la juge Saundra Armstrong. C'est la peine la plus lourde de toute l'opération Buccaneer. Le chiffre qui sort lors du procès est vertigineux : Breen aurait distribué pour près d'un demi-million de dollars de jeux crackés sur une décennie. En plus de la prison, il doit donc verser 690 236,91 dollars de restitution au seul Cisco Systems. Au total, 22 personnes seront condamnées pour felony copyright infringement dans le cadre de Buccaneer.

Sur le papier, le groupe est décapité. Les leaders sont en taule ou en attente de jugement. Les membres restants se planquent, changent de pseudo, se disséminent. La communauté pense alors sincèrement que Razor 1911 est mort, tout comme DrinkOrDie qui ne se relèvera jamais.

Sauf que non.

22 juin 2006 : le retour, et la demoscene

Le 22 juin 2006, 5 ans et demi après Buccaneer, sur les topsites privés de la scene, une release apparaît silencieusement. Un vieux logo familier dans le fichier NFO, sans annonce triomphante. Juste un fichier qui commence à circuler. Les sceners qui le voient passer s'arrêtent une seconde. Puis sourient.

Razor 1911 est de retour.

Le groupe reprend le rythme, s'adapte aux nouvelles protections, signe ses cracks avec des cracktros modernisées. Au milieu des années 2010, ils sont de nouveau parmi les plus prolifiques du monde à cracker les nouveautés. Comme si Buccaneer n'avait jamais existé.

Puis arrive Denuvo, LA protection anti-copie hardware-assisted qui fait trembler toute la scene pendant des années. Razor 1911 y laisse des plumes, comme tout le monde. Les méthodes évoluent. Certains membres s'orientent alors vers la demoscene pure, tandis que d'autres continuent à cracker. Au bout du compte, les hyperviseurs finissent par contourner Denuvo en quelques heures . Le groupe mute, mais reste vivant.

Certaines sources affirment même que Razor 1911 se serait dissous vers 2012, ce qui est factuellement contredit par leurs releases récentes, notamment une cracktro pour Red Dead Redemption 2 sortie en mai 2024 et la demo de Revision 2026 dont on va parler juste après.

Entre temps, une autre histoire complètement dingue va éclater en 2023. Un joueur de GTA nommé Vadim M. remarque un truc bizarre en fouillant les fichiers des jeux Rockstar vendus sur Steam. Plusieurs titres, notamment Manhunt, Max Payne 2 et Midnight Club II, contiennent dans leurs exécutables des morceaux de code qui correspondent exactement aux cracks Razor 1911 de 2003. Rockstar Games, filiale de Take-Two, aurait tout simplement récupéré les versions crackées par Razor 1911 pour contourner ses propres DRM obsolètes et les revendre sur Steam.

Analyse du binaire de Midnight Club de Rockstar ( source )

Le comble, c'est que Rockstar a trifouillé le crack en question, ce qui a introduit des bugs sur Windows Vista et au-delà. Le message que ça donne c'est que même les studios qui chassent les reverse engineers en justice sont obligés, à un moment, d'utiliser leur travail pour faire tourner leurs propres jeux.

Et voilà... Tout ceci nous amène jusqu'à il y a quelques jours, quand lors de la Revision 2026 (la plus grosse demoparty mondiale, qui se tient tous les ans à Sarrebruck), Razor 1911 sort une demo PC de dix minutes titrée simplement "Razor 1911". Un voyage audiovisuel à travers les différentes époques du groupe. Windows 95, SoftICE, pixel art C64, effets Amiga et j'en passe... Le tout scripté avec des musiques signées brghtwhtlghtnng, zabutom et Ziphoid. Le concept est porté par Flopine, Anat, dubmood et goto80 et le code est signé rez, replay et blkpanther. C'est incroyable !

Et surtout dans les credits graphiques, un nom, celui de Sector9. Le même Sector9 qui, en octobre 1985, regardait une disquette tourner dans un C64 depuis sa chambre à Oslo. 40 ans plus tard, il est toujours à la table, toujours à faire du pixel art pour son groupe.

Je pense que vous comprenez maintenant pourquoi Razor 1911 n'est pas juste un groupe warez mais une vraie institution culturelle !

La longévité de ce groupe dépasse largement l'existence de la plupart des entreprises tech. Plus long que le leadership de Microsoft, plus long que l'histoire commerciale d'Apple sur le marché grand public, plus long que n'importe quelle plateforme de jeux vidéo encore active aujourd'hui. Razor 1911 a survécu au C64, à l'Amiga, à Windows 3.1, 95, XP, 7, 10, 11. Ils ont survécu aux BBS, à IRC, à eDonkey, à BitTorrent. Ils ont même survécu au FBI.

Et s'ils ont traversé les époques, c'est parce que la scene n'est pas un business. C'est une pratique culturelle qui se transmet de génération en génération, avec ses règles, son vocabulaire, ses rivalités, ses codes d'honneur bizarroïdes.

Des générations entières de développeurs et de chercheurs en sécurité sont passés par la scene avant de devenir des professionnels reconnus dans l'industrie. Je pense par exemple à Jonathan James ou Ehud Tenenbaum à l'époque. Razor 1911 illustre cette trajectoire fascinante où l'art, le crime et la passion se mélangent dans des proportions variables selon les décennies. Et le reverse engineering qui sert aujourd'hui à la recherche en sécurité, est exactement le même savoir-faire qu'avait celui qui crackait un jeu Amiga en 1990.

Bref, 40 ans après, la bande est toujours là, et rien que pour ça, chapeau bien bas !

Sources : Wikipedia | Wikipedia Operation Buccaneer | Waxy.org | DOJ Pitman | DOJ Breen | Interview Pitbull Defacto2 | MIT Technology Review | BleepingComputer Rockstar | Defacto2 | Les NFO de Razor1911

WSL9x - Un Linux qui tourne dans un Windows 95

Par : Korben ✨
22 avril 2026 à 11:53

Un Linux qui tourne dans un Windows 95, vous ne rêvez pas puisqu'un développeur solo du nom de Hailey Somerville, a sorti WSL9x, un "Windows 9x Subsystem for Linux" qui pousse encore plus loin la logique de Microsoft avec WSL.

Le truc marche avec une simple commande wsl tapée dans le terminal MS-DOS, ce qui ouvre un pseudo-terminal Linux au beau milieu de votre Windows 9x. Pour les couleurs ANSI, il faudra charger un driver comme nnansi.com (c'est pas un nom de domain hein...) avant mais une fois en place, vous avez un shell Linux qui tourne en coopératif à côté du système Microsoft. Pas besoin de redémarrer ni de vous lancer dans la mise en place d'un dual boot.

Sous le capot, c'est une bidouille assez rigolote. En fait, Hailey a patché le noyau Linux 6.19 dans sa variante user-mode, cross-compilé en i386 avec musl, puis intégré via Open Watcom v2 pour la partie Windows. Le code se compose à 63% de C et à 35% d'assembleur, ce qui donne une idée du niveau de bas-niveau qu'il faut pour faire tourner un kernel Linux en parallèle d'un Windows 95 ou 98.

Ensuite, tout ce qui est pagination, protection mémoire et ordonnancement préemptif tirent parti des capacités des deux OS en même temps. Linux gère ses processus invités, Windows arbitre en bas niveau, et les deux cohabitent sans se marcher sur les pieds. Ça permet comme ça de lancer vos outils Linux préférés sans jamais quitter votre session OuinOuin.

Pour reproduire ça chez vous, il vous faudra un cross-compilateur i386-linux-musl (musl-cross-make fait très bien le job), Open Watcom v2, et une image disque Windows 9x pré-installée. Vous configurez les variables WATCOM et LINUX via .envrc.example, puis vous buildez le kernel avec make defconfig ARCH=um SUBARCH=i386 KBUILD_DEFCONFIG=win9x suivi d'un make vmlinux.

Un dernier petit make à la racine du projet pour génèrer le hdd.img final, et en suite c'est tout prêt à booter dans un 86Box , PCem ou carrément une vraie bécane sous Windows 95.

Maintenant, ce projet est qualifié de "very messy" par son auteur car c'est encore un travail en cours, et pas du tout un WSL officiel prêt pour un usage stable. Le dépôt est sous GPL-3 donc forkable, mais la doc se résume au README, donc c'est encore un peu léger.

Par contre, si vous aimez les hacks rétro de l'extrême, WSL9x mérite un petit coup d'œil. Ça me rappelle ce sous-système Linux pour MS-DOS qu'un autre dev avait sorti il y a quelques années, qui était le même délire mais pour DOS pur. À côté, le WSL2 officiel de Microsoft fait hyper sérieux.

Donc si vous avez un vieux Pentium qui traîne dans un placard, c'est l'occasion parfaite de le dépoussiérer pour faire la chose la plus absurde du mois.

L'Internet Archive met 758 CD-ROM de démos PC Gamer à disposition du public

21 avril 2026 à 15:32

Si vous étiez abonné à un magazine de jeux PC dans les années 90 et 2000, vous vous souvenez forcément des CD fournis avec chaque numéro de votre petit journal.

Démos jouables de jeux en cours de dev, mods, patchs, bonus, cartes supplémentaires pour les Doom et autres Quake de l'époque : les cover discs étaient un peu la seule façon de tester un jeu avant achat quand le téléchargement à 56k ne permettait pas grand-chose.

L'Internet Archive vient d'intégrer à sa collection 758 des disques du magazine PC Gamer, soit environ 1,2 To de contenu. La préservation a été orchestrée par Jason Scott (déjà à l'origine de pas mal de sauvetages numériques sur le site) avec une flopée de contributeurs bénévoles.

Chaque CD est dispo en image complète, téléchargeable directement depuis archive.org, sans compte ni inscription. Vous pouvez aussi les lancer dans un émulateur DOS ou Windows vintage si vous voulez l'expérience d'époque.

Dans le lot, il y a quelques pépites. Le disque Quake-O-Rama d'octobre 1997 contient une pelletée de maps Quake et surtout le premier speedrun démo de Quake Done Quick, document historique pour qui s'intéresse à l'histoire du competitive gaming.

Un autre disque de mars 2008 contient un épisode complet de la série Sam & Max de Telltale et une bande-annonce de Duke Nukem Forever.

Au-delà du plaisir de nostalgie, cette collection a une vraie valeur archéologique. Pas mal de ces démos contiennent des versions de jeux qui n'ont jamais été finis, des builds beta qui n'ont pas circulé ailleurs, des mods dont les auteurs ont depuis longtemps laissé leurs sites web mourir.

Bref, de la matière qu'on ne retrouverait nulle part sans ce boulot de numérisation. Jason Scott fait ça depuis plus de vingt ans sur l'Internet Archive, et c'est exactement le genre de travail que personne d'autre ne fait.

Si vous voulez farfouiller, la collection est dispo sur  archive.org  sous le nom " PC Gamer Demo Disc Collection ". Prévoyez un peu d'espace disque. Et surtout du temps. 758 CD-ROM, ça fait un sacré paquet d'heures à redécouvrir.

Une piqûre de rappel bienvenue sur le fait que les magazines papier étaient, quand même, un sacré vecteur de diffusion culturelle.

Source et visuel : Techspot

Cataclysm: Dark Days Ahead - 13 ans de survie post-apo

Par : Korben ✨
21 avril 2026 à 14:05

Imaginez un jeu où vous pouvez crever de faim, de soif, d'hypothermie ou d'une simple coupure infectée... tout ça pendant la même partie. Bienvenue dans Cataclysm: Dark Days Ahead (CDDA pour les intimes. Oui, comme le logiciel pour ripper des CDs de quand on était jeune. ^^), un roguelike de survie post-apocalyptique open source qui assure depuis 13 ans et continue de s'étoffer à toute vitesse.

Pour vous resituer le truc, le Cataclysm original a été lancé initialement par un dev surnommé Whales, qui a fini par lâcher le projet vers 2012. Alors en 2013, une bande de passionnés a repris le flambeau sous le nom CleverRaven et ne l'a jamais reposé. La dernière release stable, la 0.H "Herbert" , date quand même un peu puisqu'elle est sortie le 23 novembre 2024.

Mais peu importe car c'est pas un petit roguelike tranquille à votre papi. CDDA, c'est de la simulation post-apo éprouvante. Y'a la faim, la soif, la température corporelle, le moral, les maladies, les mutations, les bioniques à implanter, les addictions à gérer. Bref, tout ce qui peut mal tourner va mal tourner, un peu comme dans votre vraie vie. Rien ne vous est épargné.

Le hic, c'est que dans ce jeu, la "permadeath" est absolue, donc la moindre bêtise vous ramène à la case zéro. Et attention, avec la config par défaut, les premiers jours d'une partie débutant finissent quasi tous dans le sang. La courbe d'apprentissage est raide comme un mur.

C'est volontairement brutal, un peu à la manière d'un Rimworld je trouve.

Le plus dément dans CDDA, c'est la profondeur du crafting. Il y a des milliers de recettes différentes, du sandwich au lance-flammes improvisé, sauf que chaque recette demande des outils précis et des capacités à faire évoluer pour réussir sans tout gâcher. Par exemple, avant de forger un couteau potable, faut d'abord trouver une enclume ou bricoler une forge de fortune avec ce qui traîne.

Et côté véhicules, vous les construisez plaque par plaque, en arrachant des moteurs dans les bagnoles abandonnées. Comme ça, si vous vous bricolez un char post-apo et vous partez labourer une horde de zombies (si vous y arrivez ^^).

Côté vie sociale dans l'apocalypse, les PNJs ne sont plus des objets du décor depuis quelques versions. Par contre, faut gagner leur confiance avant de pouvoir les embarquer avec vous. Vous pourrez alors les recruter, les former, les soigner, leur assigner des tâches dans votre base. C'est un petit Fallout turn-based sans la narration scriptée. Franchement, j'trouve ça dingue qu'un projet maintenu bénévolement ait ce niveau de détail ! Y a de quoi rester bouche bée.

Côté install, le jeu tourne sur Windows, Linux, macOS et Android (via Google Play). La 0.H stable et les builds expérimentaux quotidiens sont dispos sur le site officiel de Cataclysm: Dark Days Ahead . Pour les bidouilleurs, tout le code est sur le dépôt GitHub , principalement en C++. Licence Creative Commons Attribution Share-Alike 3.0, donc libre de chez libre. Bref, zéro excuse possible.

Pour des roguelikes moins punitifs, j'ai déjà parlé de Brotato côté action ou d' Untrusted pour les devs. Sauf que CDDA joue dans la catégorie des simulations ultra-profondes à la Dwarf Fortress.

À vrai dire, 13 ans plus tard, y'a toujours pas de vraie alternative dans le genre. Bref, allez crever dignement dans ce post-apo !

Iron Wolf - Wolfenstein 3D recréé en Rust et jouable en ligne

Par : Korben
15 avril 2026 à 09:23

Wolfenstein 3D, pour ceux qui n'étaient pas nés en 1992, c'est le FPS qui a tout lancé. Le jeu de Carmack et sa bande chez id Software, qui a directement mené à DOOM l'année suivante.

Eh bien un dev Rust vient de le recréer de zéro, et c'est 100% jouable dans le navigateur.

Iron Wolf , c'est donc le projet de Michael Bohn, un allemand, qui bosse sur ce truc depuis mai 2021, soit près de cinq ans. On n'est donc pas sur un portage vibe codé à l'arrache. C'est vraiment une réécriture complète.

La version web d'Iron Wolf tournant dans le navigateur

Le bonhomme a carrément créé ses propres crates Rust pour émuler la carte VGA et la puce sonore OPL. J'ai d'abord cru qu'il réutilisait une lib existante, mais non, il a tout écrit from scratch en Rust. Bah ouais, développer ses propres librairies d'émulation hardware juste pour un side-project, what else ?? Je trouve que ça force le respect !

Le truc cool, c'est que la version shareware du jeu est incluse directement dans le dossier testdata/ du repo. Du coup sur macOS, Linux ou Windows, un git clone + just run-sdl-shareware et hop, vous voilà dans les couloirs du château. Attention sur Ubuntu 22.04, faut avoir libsdl2-dev d'installé avec apt install libsdl2-dev, sinon la compilation plante avec une erreur cryptique. Par contre, si vous êtes sur la version Ubuntu 24.04, là ça passe direct. Et si vous avez les fichiers WAD du jeu complet qui traînent sur un vieux CD-ROM quelque part, ce sera encore mieux car la version web permet de les uploader pour jouer à l'intégrale.

Ça tourne donc en WebAssembly sur wolf.ironmule.dev , sans plugin, juste Chrome ou Firefox récent. Voilà, si vous vous demandiez si on peut encore jouer au classique en 2026... la réponse est carrément oui !

Pour les curieux, le raycasting, cette technique de rendu qu'utilisait Wolfenstein 3D, est réimplémenté très fidèlement puisque le moteur de Michael dessine les murs comme le code de Carmack le faisait à l'époque... sauf que là ça tourne dans un onglet de navigateur. Vos fichiers de jeu sont également stockés localement via IndexedDB et un service worker gère le mode hors-ligne ce qui est très pratique pour jouer en avion ou quand on est chez Free (je décoooonnnne, humour humour).

Le projet en est à sa version 0.9.0, sous licence GPL-3.0 et si les classiques d'id Software recréés par des passionnés vous branchent, sachez que DOOM aussi a ses portages bien sympas.

Bref, si la nostalgie du raycasting vous titille, allez faire un tour sur wolf.ironmule.dev.

Un développeur a réussi à faire tourner Mac OS X sur une Nintendo Wii

Par : Korben
9 avril 2026 à 15:14

Bryan Keller vient de publier le résultat d'un projet un peu fou : il a porté Mac OS X 10.0 Cheetah sur la Nintendo Wii. La console de 2006 démarre sur le bureau Aqua avec clavier et souris USB. C'est lent, c'est limité, mais ça marche.

Pourquoi c'est possible

La Wii utilise un processeur PowerPC 750CL, un descendant direct du PowerPC 750CXe qui équipait les iBook G3 et certains iMac G3 au début des années 2000. C'est la même famille de processeurs, ce qui rend le portage techniquement envisageable.

La Wii dispose de 88 Mo de RAM (24 Mo de SRAM rapide et 64 Mo de GDDR3), ce qui est juste suffisant pour Mac OS X 10.0, dont les exigences minimales étaient de 128 Mo. Il a fallu jongler un peu.

Le noyau de Mac OS X, XNU, est open source via le projet Darwin. C'est ce qui a rendu le portage possible : sans accès au code source du noyau et du modèle de drivers IOKit, le projet n'aurait pas pu aboutir.

Comment il a fait

Keller a écrit un bootloader sur mesure qui charge le noyau depuis une carte SD et crée un "device tree" qui décrit le matériel de la Wii au système. Il a aussi patché le noyau pour l'adapter au hardware spécifique de la console, avec des corrections sur la gestion de la mémoire et le framebuffer.

Côté drivers, il a développé un driver pour le SoC Hollywood de la Wii, un driver de carte SD (qui communique avec le coprocesseur ARM Starlet de la console), un driver d'affichage qui convertit le signal RGB en YUV pour la sortie vidéo, et un driver USB pour le clavier et la souris. Le projet, baptisé "wiiMac", est disponible sur GitHub.

Ce qui marche et ce qui ne marche pas

Mac OS X démarre jusqu'au bureau Aqua. On peut installer le système et l'utiliser avec un clavier et une souris USB. La carte SD est accessible. Par contre, il n'y a ni Wi-Fi, ni Bluetooth, et le GPU de la Wii n'est pas exploité.

Les performances sont très limitées. Le projet avait démarré en 2013, mais Keller l'a repris sérieusement en 2025 après avoir vu le portage de Windows NT sur Wii.

Mac OS X sur une Wii, ça n'a aucune utilité pratique. Mais c'est quand même un joli tour de force technique. 

Source : Bryan Keller

Un Pokémon piégé depuis 15 ans dans un Pokéwalker, et l’issue est terrible pour la pauvre bête

Par : Korben
7 avril 2026 à 17:04

Un passionné a tenté de récupérer son Pokémon coincé dans un Pokéwalker, ce petit podomètre vendu avec Pokémon HeartGold sur DS en 2009, après avoir perdu la cartouche de jeu.

Entre reverse engineering du protocole infrarouge et manipulation du générateur de nombres aléatoires, la tentative est bien technique. Et le résultat est plutôt cruel, pour une raison que personne n'avait anticipée…

Un Pokémon sans cartouche, un vrai problème

Le Pokéwalker, pour ceux qui ne s'en souviennent pas, c'était ce petit podomètre vendu avec Pokémon HeartGold et SoulSilver sur Nintendo DS en 2009. Le principe était simple : vous transfériez un Pokémon de votre partie vers cet accessoire, vous le glissiez dans votre poche, et chaque pas comptait pour gagner des points et débloquer des objets.

Le tout communiquait avec la cartouche DS par infrarouge. Sauf que voilà, si vous perdez la cartouche (ce qui arrive plus souvent qu'on ne le croit après 15 ans), votre Pokémon reste coincé dans le Pokéwalker. Pas de cartouche, pas de transfert retour. C'est exactement le problème auquel s'est retrouvé confronté Etchy, un créateur de contenu spécialisé dans Pokémon Gen 4.

Du reverse engineering à l'ancienne

Le travail de fond, c'est Dmitry qui l'avait fait il y a quelques années en décortiquant complètement le Pokéwalker. A l'intérieur : un microcontrôleur Renesas H8, une EEPROM de 64 Ko, un accéléromètre Bosch et un émetteur infrarouge générique. La communication entre la cartouche et le Pokéwalker passe par un protocole IR à 115 200 bauds, et chaque octet est simplement XOR avec 0xAA avant envoi.

Dmitry avait même réussi à exécuter du code arbitraire sur l'appareil en exploitant un débordement de buffer dans la décompression. Etchy s'est appuyé sur tout ce travail pour tenter sa mission de sauvetage. Son idée : créer une nouvelle sauvegarde avec les bons identifiants pour tromper le Pokéwalker.

Le dispositif ne vérifie que la version du jeu (HeartGold ou SoulSilver), la région et les identifiants du dresseur. En manipulant le générateur de nombres aléatoires du jeu, Etchy a réussi à générer une sauvegarde avec des IDs correspondants.

Le fantôme dans la machine

Et ça a marché. En partie. Le Pokéwalker a accepté la connexion et transféré les données du Pokémon. Sauf que le vrai identifiant unique du Pokémon, son PID, celui qui définit ses stats, sa nature, son apparence, n'existe que sur la cartouche d'origine.

Le Pokéwalker ne stocke qu'une version allégée des données : l'espèce, les attaques, l'objet tenu, le genre. Le PID, lui, restait sur la cartouche perdue. Du coup, le Pokémon récupéré n'est qu'une copie incomplète. Ca ressemble à votre Typhlosion, ça porte son nom, mais ce n'est pas vraiment lui. Comme le résume Etchy dans sa vidéo : il n'y a pas de moyen de sauver un Pokémon piégé dans un Pokéwalker.

C'est le genre d'histoire qui parle à tous ceux qui ont grandi avec une DS dans la poche. On a tous eu ce moment où un accessoire, une sauvegarde ou un périphérique finissait au fond d'un tiroir, avec des données qu'on pensait sans importance.

Etchy et Dmitry montrent qu'il y a une vraie communauté prête à passer des heures sur du reverse engineering pour trois octets de données. C'est beau et un peu absurde en même temps. Le plus cruel dans l'histoire, c'est que Nintendo n'avait visiblement pas prévu qu'on puisse perdre sa cartouche tout en gardant le Pokéwalker. Bref quinze ans plus tard, votre Typhlosion attend toujours dans son petit boîtier, et personne ne viendra le chercher.

Source : Hackaday

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