WinDiskWriter - Créez une clé USB Windows depuis macOS
Cas pratique du week-end : ma pote Alex m'a passé son PC familial tournant sous Windows 8, car son fils a changé le mot de passe du Windows et n'a pas la moindre idée de ce qu'il a tapé. Pour faire sauter ce mot de passe sans tout réinstaller, j'utilise depuis des années la bonne vieille astuce Sticky Keys, qui consiste à booter sur une clé USB Windows pour accéder au Terminal de récupération via MAJ+F10. Sauf que pour préparer cette clé, j'avais juste mon MacBook sous la main.
Et là, surprise !
Sur Windows, Rufus fait ça en deux clics depuis dix ans. Sur macOS, ça reste un sport de combat. Boot Camp Assistant est toujours dans le dossier Utilitaires mais inopérant sur les Mac Apple Silicon, le Media Creation Tool de Microsoft ne tourne pas sur Mac, et les tutos Terminal vous font formater en exFAT sans préciser que votre install.wim va dépasser les 4 Go de FAT32.
Mais heureusement, WinDiskWriter , signé TechUnRestricted, vient combler ce trou.
Vous téléchargez d'abord la build adaptée à votre Mac depuis les releases GitHub (Intel et Apple Silicon dispo) et ensuite vous glissez votre ISO Windows 10 ou 11, vous choisissez votre clé USB dans la liste, et vous cliquez Start. Voilà. Lui s'occupe du reste : partitionnement, formatage, copie des fichiers, et surtout le split automatique de l'install.wim en plusieurs install.swm dès que la taille dépasse les 4 Go.
Ce point vaut une explication, parce que c'est là où la plupart des tutos Mac plantent en silence. En fait, depuis certaines ISO de Windows 10, le fichier install.wim qui contient l'image disque compressée pèse plus de 4 Go. Or FAT32 plafonne chaque fichier à 4 Go (très précisément 4 GiB moins 1 octet), et la majorité des firmwares UEFI bootent par défaut sur du FAT32, sauf à charger un pilote tiers genre UEFI:NTFS.
Donc soit vous formatez en exFAT et vous priez pour que le PC cible accepte le boot, ce qui est loin d'être garanti sur les machines un peu anciennes comme c'est mon cas ici. Soit vous splittez le .wim en plusieurs morceaux que le bootloader Windows sait recombiner à l'install. WinDiskWriter effectue la deuxième option par défaut, comme ça vous n'avez rien à configurer.
Et côté création de clé USB pure, il propose des trucs que Boot Camp Assistant ne faisait pas. Le patch Windows 11 intégré contourne également les vérifications TPM, la RAM minimale et le Secure Boot. Bref, c'est super pratique pour réinstaller Win 11 sur un PC qui ne coche pas les cases officielles.
Le BIOS Legacy est géré pour les vieilles machines, et la liste des Windows supportés remonte jusqu'à Vista, en x64 comme en x32. À noter quand même que le projet ne fournit pas de build macOS 32-bit, donc ce sera inutilisable sur des Mac Intel pré-2010. Mais bon, ça ne concerne plus grand monde.
Notez par contre que WinDiskWriter ne bypasse PAS l'obligation de compte Microsoft online introduite avec Windows 11 22H2. Donc si vous comptez vraiment réinstaller, vous devrez toujours sortir cette bonne vieille astuce OOBEBYPASSNRO en ligne de commande pour créer un compte local.
Du coup, une fois la clé prête, j'ai pu dérouler la procédure Sticky Keys et Alex a récupéré l'accès à son PC. Et tant qu'à faire, j'en ai profité pour rafraîchir cette vieille machine. D'abord upgrade Windows 8 vers Windows 8.1 avec la mise à jour normale du Store Microsoft. Puis Windows 8.1 vers Windows 10 grâce à la clé USB préparée avec WinDiskWriter, en lançant setup.exe depuis Windows 8.1 actif pour conserver la licence. Et enfin Windows 10 vers Windows 11 avec Flyoobe , dont je vous ai parlé en détail dans un autre article.
Bref, trois upgrades en chaîne, données préservées, et le PC d'Alex qui repart sur du Windows 11 récent et à jour (même sans TPM) !
