Dans une vidéo publiée sur X le 19 janvier 2026, le compte Retro Fighters a dévoilé le Battle Dock, une coque rétro dans laquelle vient se glisser le dock officiel de la Switch 2, afin de lui donner l’apparence iconique d’une GameCube.
– Article invité, rédigé par Vincent Lautier, contient des liens affiliés Amazon –
Vous le savez peut-être si vous me suivez sur les réseaux et ailleurs, j'ai publié il y a peu un article « prise en main » sur
Mac4Ever pour le SiWiQU S3 Max
, un dock très complet avec port Ethernet pour la Switch 2. C'était clairement un produit génial si vous avez une Switch 2, mais il y a une suite à cette histoire, q
ui m'a fait récupérer aussi ce modèle là…
Mon très cher neveu est passé par là, il a vu la bête et il m'a piqué le dock pour pouvoir trimballer sa Switch 2 chez ses potes. Et du coup bah c'est le drame : plus de dock pour moi, et un tonton trop gentil qui se retrouve sans son dock alternatif. Mon dock principal, encombrant, étant connecté à la TV de mon salon.
Sauf que voilà, j'avais un besoin très précis, à savoir installer un dock secondaire dans ma chambre, connecté à ma TV LG OLED 4K, principalement pour pouvoir jouer à Animal Crossing tard jusqu'au bout de la nuit bien au chaud sous ma couette.
Je n'ai clairement pas besoin de l'ethernet pour cet usage, j'ai donc recontacté la marque SiWiQU, je leur ai demandé s'ils pouvaient m'envoyer
leur autre modèle
, à savoir la version standard, sans port Ethernet, qui est aussi moins chère. Ils ont accepté. Et ben je peux vous dire que c'est là aussi un super choix.
Au déballage on retrouve la patte de la marque avec ce coloris Rouge et Bleu qui colle très bien avec les Joy-Con de la console. L'accessoire est minuscule et tient vraiment dans la poche. J'avais un peu peur pour la stabilité vu la taille de la Switch 2, mais comme sur le modèle précédent, c'est du solide. Il y a des patins en silicone antidérapants dessous, et surtout ce système ingénieux de connecteur USB-C sur ressorts qui évite de forcer sur le port de la console quand on la pose un peu vite.
L'autre truc bien pratique c'est la présence d'un bouton physique de bascule à l'arrière. C'est une fonctionnalité qui permet, d'une simple pression, de faire revenir l'image sur l'écran de la Switch tout en continuant de l'alimenter via le dock. C'est pratique si quelqu'un veut récupérer la télé pendant que vous finissez votre partie, ou si vous voulez simplement utiliser le dock comme un stand de charge posé sur la table de nuit, avec un angle de vision à 45 degrés.
Une fois connecté à ma LG OLED, l'image est parfaite, comme avec le dock d'origine. Le port HDMI 2.1 gère très bien la 4K l'image est parfaitement fluide, même en 120Hz. L'autre gros point fort par rapport au dock officiel de Nintendo c'est sa conception "ouverte". La Switch 2 n'est pas enfermée entre deux plaques de plastique et le dos reste à l'air libre, ça permet une bien meilleure dissipation de la chaleur.
Autre point important, ce dock n'est pas bridé ou bloqué par Nintendo, il fonctionne, tout simplement, mise à jour après mise à jour de la console.
Bref, si vous n'avez pas besoin de la connexion Ethernet filaire car le Wi-Fi de la Switch 2 vous suffit, cette version allégée du dock SiWiQU est sans doute le meilleur rapport qualité/prix du moment. Pour moins de 30 euros, vous récupérez un dock de voyage fiable, qui gère la charge rapide (
je vous recommande ce chargeur pour aller avec
) et qui ne chauffe pas. Mon neveu est ravi avec le modèle Ethernet, et moi j'ai tout ce qu'il faut pour dealer des navets dans mon lit.
Hello les amis, j'espère que vous êtes en grande forme !
Moi en ce moment c'est un peu la galère et j'ai pas mal de trucs à gérer du coup, voyant mon désarroi, mon pote Vincent m'a conseillé de jouer à Animal Crossing parce que ça aide à faire le vide, histoire de bien se détendre le bulbe après une dure journée de boulot.
Je vous avoue que le scepticisme m'a gagné au début... enfin bon vous savez comment je suis.. C'est impossible pour moi de ne pas fouiller un peu le sujet... Et résultat ce que j'ai découvert, c'est qu'il existe des tas d'études scientifiques qui confirment effectivement qu'Animal Crossing est bon pour la santé !
La vie paisible sur l'île dans Animal Crossing New Horizons
De mon côté, j'ai donc suivi le conseil de Vincent et je me suis lancé ! Je suis encore dans une tente (oui oui une tente jaune pipi), je ramasse coquillages plus des papillons, que je revends ensuite dans le dos des Douanes, pour rembourser mon prêt à Tom Nook, ce fdp requin de la finance insulaire.
Les mauvaises herbes en prennent aussi pour leur grade, ah et puis j'ai même acheté un banc LEGO pour décorer mon campement.
Après quelques recherches, j'ai donc appris que le truc
a été sérieusement étudié par des chercheurs d'Oxford
. 2 756 joueurs ont été analysés par l'équipe du professeur Przybylski en 2020. Encore un chercheur avec des problèmes de clavier ^^ mais ce qu'il a trouvé chez ces joueurs, c'est qu'un bonheur globalement supérieur était ressenti par ceux qui jouaient environ 4 heures par jour. Pas "un peu", hein mais vraiment plus heureux !
Le truc cool c'est que jamais avant ça, une recherche n'avait été menée avec des données réelles fournies par Nintendo (car d'habitude quand on demande directement aux joueurs, ils estiment n'importe comment leur temps de jeu).
Côté confinement les témoignages de 1053 joueurs ont également été épluchés par des chercheurs (étude
Frontiers in Virtual Reality 2021
) et ceux qui recevaient des visiteurs sur leur île se sentaient moins seuls. Bref se faire des potes virtuels ça marche vraiment pour le moral !
D'ailleurs si vous êtes du genre
tendu du string
comme moi, sachez que ces bienfaits sont expliqués par les psychologues via la Self-Determination Theory (la théorie de l'autodétermination).
Je vais bien, tout va bien - Merci à Lorenper pour le portrait ;)
En gros les 3 cases du bien-être psychologique sont cochées par le jeu de Nintendo : ✅ le lien social (visites d'amis échanges de navets à prix d'or le dimanche matin...), ✅ la compétence (satisfaction de voir son musée se remplir petit à petit c'est grisant) sans oublier ✅ l'autonomie (on fait ce qu'on veut sur son île et y'a pas de libristes en mousse, euh, y'a personne pour nous casser les pieds ^^).
Voilà, après avoir joué quelques heures, je comprends maintenant pourquoi j'ai été poussé par Vincent à essayer ce truc. C'est comme un "reset mental" où la tête se vide en se concentrant sur des trucs simples. Et c'est ainsi que la pression de la vie retombe.
C'est de la science pas de la magie les amis !
Alors j'avoue... J'ai peut-être déjà passé trop de temps à chasser les papillons mais cela dit au moins, j'ai une excuse scientifique maintenant ^^.
La mise à jour 3.0 d’Animal Crossing: New Horizons, déployée en avance le 14 janvier 2026, introduit un hôtel flambant neuf. Un lieu pensé pour accueillir des visiteurs de passage… dont certains risquent de vous rappeler des souvenirs que vous pensiez avoir laissés derrière vous.
Juste avant la mise à jour 3.0 du jeu, une île dans Animal Crossing: New Horizons a été supprimée. Sa particularité ? Elle visait clairement un public adulte avec un contenu très suggestif. Elle aura quand même existé plus de cinq ans.
La version 3.0 de Animal Crossing: New Horizons est désormais disponible. Elle permet d'accéder à de nouvelles fonctionnalités, mais aussi à de nouveaux objets. Ils sont déjà répertoriés sur un site, pour vous donner des idées de décoration.
La version Switch 2 de Animal Crossing: New Horizons est désormais disponible, en marge de la version 3.0 qui ajoute du contenu. Nintendo vante des améliorations techniques et visuelles. Les temps de chargement sont-ils plus courts ?
La mise à jour 3.0 d’Animal Crossing: New Horizons, sortie en avance le 14 janvier 2026 en France, permet de faire appel à Resetti, taupe bien connue des premiers opus, pour nettoyer tout ou partie de votre île. Voici comment procéder.
La mise à jour 3.0 d'Animal Crossing: New Horizons est disponible depuis le 14 janvier 2026 en France, soit un jour plus tôt que prévu : l'hôtel est bien accessible. Toutes les fonctionnalités attendues semblent être déployées.
La rétrospective Nintendo de 2025 est disponible depuis le 13 janvier 2026, a annoncé l'entreprise. Ce choix, à rebours des usages de l’industrie, permet d’inclure les données du mois de décembre.
Les dataminers ont découvert des traces de Nintendo dans le code de la dernière mise à jour du launcher de Call of Duty. Le retour de la saga, sans doute sur Switch 2, semble imminent.
Connu pour son arrogance extrême et sa communication agressive, dbrand a officialisé des stickers pour les Joy-Con 2. Ils visent à corriger le problème de la paire tout juste annoncée par Nintendo.
Vous avez vu ? Après un développement houleux et
grosso-modo 8 ans d'attente
, le fameux Metroid Prime 4 vient enfin de sortir !! Sous-titré Beyond, cet épisode est la suite tant désirée des 3 autres Metroid Prime, assurant la continuité d'un point de vue scénaristique mais aussi au niveau du gameplay, qui s'était quelque peu perdu en chemin avec Other M ou Dread (revenu sur un plan 2D).
Après une attente aussi démesurée, forcément, il y a des déçus, des débats, des "tout ça pour ça", à côté des gens qui sont aux anges et crient au génie, ou juste, le trouvent "très bien". Pourquoi le jeu divise-t-il autant ? Est-il fait pour vous, pour toi, pour moi ? Je vais tenter de répondre à la question. :)
Mais pour commencer, soyons clairs : même si je vais surtout parler des points qui posent problème, en aucun cas Metroid Prime 4: Beyond n'est un mauvais jeu. Certes, il est maladroit par endroit, certains choix sont... Questionnables. Cela n'enlève rien à ses qualités.
MP4 (le jeu, pas le format vidéo) est bien foutu : les graphismes sont au top de ce qui se fait sur la Switch, et sur la Switch 2 ça prend une nouvelle dimension. C'est une petite claque bien placée sur la joue. Parfaitement fluide, super bien animé, détaillé, c'est magnifique. Artistiquement, l'ambiance est géniale, l'atmosphère toujours aussi singulière, intrigante, magnifique... Et dangereuse. Les musiques sont, malheureusement, moins emblématiques qu'auparavant, un peu + "passe-partout" (sans Fort-Boyard).
Les contrôles sont calibrés au poil : à la manette comme Metroid Prime: Remastered, c'est parfait, ultra satisfaisant à jouer. À cela ils ont ajouté un mode "à la souris". En effet, sur Switch 2 vous pouvez pencher vos joy-con et jouer à la souris. Rien à dire, ça marche ultra bien, mais perso comme je joue affalé sur le canap, ça ne m'intéresse pas. 😅
Le scénario ? Bon alors là c'est pas fou-fou. Dans le fond, c'est un peu une redite du premier Prime... Ça ressemble presque à un soft-reboot. À cela s'ajoute des personnages, peu intéressants, assez caricaturaux et qui cassent le côté solitaire de l'aventure. Parce que c'est ça qu'on aime dans Metroid : être coincé seultou dans un environnement hostile, et s'en sortir petit à petit en résolvant des énigmes et en gagnant en puissance / capacité.
Bon et on va en arriver à ce qui divise, et qui je pense pourrait s'expliquer très simplement : Metroid Prime 4 ne porte pas bien son nom. Il aurait du s'appeler Metroid Beyond sans le Prime, car ce n'est pas vraiment une suite aux 3 jeux d'avant.
Si l'emballage est identique, le fond est très différent. Le cœur du jeu n'est plus de résoudre un gigantesque puzzle labyrinthique en progressant pas à pas. On se déplace pareil, on tire pareil, on scan pareil, mais cette fois, on avance en ligne droite et on résout les énigmes qui sont devant nous. Ce changement est fondamental.
Voilà pourquoi, pour celles et ceux qui adorent Metroid pour sa singularité, c'est une déception. Car ce n'est pas un MetroidVania. La plupart des éléments sont là, mais ils ont choisi d'aller dans une autre direction. Par exemple, dans le 1er MP, les boss - et même la plupart des petits ennemis - doivent être battus de manière intelligente, en analysant leur comportement, en trouvant la faille, en utilisant nos capacités à bon escient. Ici, non : on shoot, on esquive, on shoot. C'est de l'action pure.
Pareil pour la traversée des niveaux, car oui, là, on traverse des niveaux. Il faut analyser l'environnement avec attention, certes, mais il n'y a pas d'exploration à proprement parler. Le seul backtracking à faire est malheureusement un peu redondant et inutile : il s'agit de revenir à notre camp de base pour activer certaines nouvelles capacités trouvées en chemin. Pour cela, on passe par un désert absolument... Vide. La moto est cool mais elle sert juste à se déplacer d'un point A à un point B, tout droit dans un désert.
Donc voilà, en gros c'est ça qui déçoit certains fans : ce n'est pas la suite attendue. Et forcément, après 8 ans d'espoirs, ça peut faire mal. Pour les personnes qui ne connaissent pas du tout Metroid, je pense qu'ils kifferont tout à fait ! Ou les gens qui adorent l'univers et qui cherchent une expérience + cinématique et moins cérébrale. Je pense que le jeu a son public, mais ce n'est pas le public habituel de la série. Si on adooooore la cuisine Metroid, on sera déçu de voir la recette changée. C'est normal.
En conclusion, un bon jeu, voire très bon jeu selon vos critères, mais un Metroid assez moyen, trop différent du concept initial pour convaincre les amoureux de la licence. Et c'est pas l'ajout d'une super moto qui compensera. :D
Malgré tout, Samus reste la meilleure. Et là y a pas de débat !
Nintendo lève le voile sur les premières variantes de couleurs des Joy-Con de la Switch 2. Déclinées en vert clair et violet clair, elles seront lancées le 12 février, en même temps que Mario Tennis Fever.
Malgré un lancement record en milieu d’année, la nouvelle console de Nintendo a marqué le pas durant la période cruciale des fêtes de fin d’année 2025, affichant des volumes de ventes inférieurs à ceux de la première Switch lors de son premier Noël en 2017 sur plusieurs marchés clés.
De l'effondrement (temporaire) de la bourse au rachat historique de Warner Bros par Netflix : 2025 a été une année chargée pour l'actualité tech. Numerama revient sur les 15 événements qui ont définitivement redéfini notre futur numérique.
Vous avez des cartouches Super Nintendo qui prennent la poussière dans un carton au grenier et en même temps une vague culpabilité de jouer à ces mêmes jeux en ROM sur votre Steam Deck ? Alors on va remédier à cela grâce à Epilogue qui a la solution pour mettre votre conscience au repos tout en profitant de vos jeux légalement sur n'importe quel appareil.
Leur nouveau gadget s'appelle le SN Operator et c'est un dock USB-C dans lequel vous insérez vos cartouches SNES ou Super Famicom. Ensuite vous branchez ça à votre PC (ou Mac, ou Steam Deck, ou même un Raspberry Pi), et hop vous pouvez jouer à vos jeux originaux via leur émulateur maison
Playback
. Pas besoin de télécharger des ROMs douteuses sur des sites chelous, vos propres cartouches font le taf.
Le truc cool c'est que ça va au-delà de simplement "jouer" puisque l'appareil peut authentifier vos cartouches pour vérifier que le Chrono Trigger que vous avez chopé aux puces n'est pas une contrefaçon chinoise. Il peut aussi sauvegarder toutes vos données de jeu, y compris les sauvegardes de l'époque que vous aviez sur la cartouche. Du coup si votre pile de sauvegarde finit par lâcher (et ça arrive, ces trucs ont 30 ans quand même...), vous aurez une copie en sécurité.
Côté compatibilité, Epilogue annonce le support de toutes les puces d'amélioration : Super FX, SA-1, DSP, CX4... Donc vos Star Fox et autres Yoshi's Island devraient tourner sans problème. Y'a même le support du Super Scope et de la souris SNES pour les jeux qui les utilisaient, genre Mario Paint. Et cerise sur le gâteau, l'intégration RetroAchievements est de la partie pour ceux qui aiment débloquer des trophées rétro.
Les précommandes ouvrent demain 30 décembre à 18h
(heure de Paris) pour environ 60 dollars. C'est 10 balles de plus que leur GB Operator pour Game Boy, mais bon, les cartouches SNES sont plus grosses et le hardware plus costaud. La livraison est prévue pour avril 2026.
Perso je trouve que c'est une approche plutôt saine du rétrogaming. Vous possédez les cartouches, vous avez le droit d'y jouer et ça évite de devoir ressortir une vraie console SNES qui prend de la place, consomme plus, et dont les connecteurs commencent à fatiguer après des décennies d'utilisation.
Vous connaissez l'histoire de la NES ? Celle du petit robot R.O.B. qui a aidé à ressusciter l'industrie du jeu vidéo américaine en 1985 ? Hé bien la
Video Game History Foundation
vient de sortir un documentaire d'une heure qui raconte tout ce qu'on ne vous a jamais dit sur le lancement de cette console mythique. Et dedans, y'a des révélations qui font mal ^^.
Frank Cifaldi, le fondateur de la VGHF, a passé des années à fouiller cette histoire. Il a rencontré des gens qui étaient chez Nintendo à l'époque, il a déterré des documents que personne n'avait jamais vus, il a même manipulé des prototypes qui n'auraient jamais dû survivre. Et le résultat, c'est cette plongée incroyable dans les coulisses d'un des plus grands paris de l'histoire du gaming.
Alors remontons au printemps 1983... Nintendo négocie avec Atari, le géant de l'époque, pour leur refiler les droits de distribuer la Famicom dans le monde entier. Hé oui, en interne, Atari avait même donné un nom de code au projet : « 3600« . L'idée, c'était d'intégrer la technologie Nintendo dans un boîtier plastique Atari existant. Le deal était quasiment signé, et les deux boîtes s'étaient mises d'accord sur tout : Nintendo fabriquerait les composants, Atari les revendrait sous sa marque. Ils avaient même commencé à convertir des jeux arcade (Millipede, Joust et Stargate) pour le système.
Et puis tout s'est cassé la gueule au CES de 1983. Atari a vu Coleco montrer un prototype de Donkey Kong sur leur ordinateur Adam, et ils ont pété un câble. Ils pensaient que Nintendo les avait doublés en refilant les droits à un concurrent. En réalité, c'était juste un malentendu sur les licences
ColecoVision
, mais le mal était fait. Le président de Nintendo, Hiroshi Yamauchi, a tellement gueulé sur les représentants de Coleco sur le salon que tout le monde s'en souvient encore.
Ça a contribué à torpiller les négociations, et dans le contexte des turbulences internes chez Atari, le deal n'a jamais abouti. Atari, qui évaluait également le système MARIA de GCC en parallèle, s'est finalement concentré sur ce qui deviendra l'Atari 7800. Et Nintendo s'est retrouvé tout seul, obligé de se débrouiller.
Et c'est là que ça devient vraiment intéressant parce que Nintendo of America, c'était une petite boîte de rien du tout à l'époque. Quelques dizaines d'employés dont le boulot principal consistait à importer des bornes d'arcade japonaises. Ils n'avaient aucune idée de comment vendre une console de salon aux États-Unis.
Alors ils ont fait appel à Lance Barr, un designer industriel, pour revoir complètement la Famicom. Et le mec a créé un design qui ressemblait plus à une chaîne hi-fi haut de gamme qu'à une console de jeux. Le prototype s'appelait l'AVS (Advanced Video System). C'était un truc tout en finesse avec des manettes sans fil, un clavier, un magnétophone à cassettes, et une esthétique empilable façon chaîne hi-fi. Les photos de l'époque sont magnifiques, on croirait du design scandinave ^^.
Le prototype AVS de Nintendo, avec son design hi-fi et ses manettes sans fil (
Source
)
Sauf que personne n'en voulait. Nintendo a fait des tests consommateurs, et les gamins (et leurs parents) trouvaient le concept de programmation barbant. Ils aimaient bien l'idée des manettes sans fil et de l'empilement des boitiers, mais coder / modifier soi-même ses propres jeux en Basic ? Grosse flemme...
En plus, le marché américain était en plein crash. Les magasins croulaient sous les invendus de jeux Atari bradés, et personne ne voulait entendre parler d'une nouvelle console. Tous les détaillants que Nintendo rencontrait leur disaient la même chose : le jeu vidéo, c'est mort, c'était une mode passagère, passez votre chemin (tiens ça me rappelle quelque chose plus actuel... lol).
Alors Nintendo a tout viré. Plus de manettes sans fil, plus de clavier, plus de magnétophone. Ils ont gardé uniquement le robot R.O.B. comme cheval de Troie. L'idée, c'était de faire croire aux magasins de jouets qu'ils vendaient un robot high-tech, et pas une console de jeux.
Et ça a marché, les amis !!
Une armée de R.O.B., le robot qui a permis à Nintendo d'infiltrer les magasins de jouets (
Source
)
Puis en octobre 1985, Nintendo a lancé la NES dans la région de New York avec une garantie de rachat pour les détaillants : si ça ne se vendait pas, ils reprenaient tout. L'équipe a bossé comme des dingues depuis un entrepôt minable du New Jersey, infesté de rats et de serpents. Il y a même eu un ouragan pendant le lancement. Du grand n'importe quoi.
Le présentoir NES chez FAO Schwarz en 1986 (
Source
)
Mais le plus fou dans cette histoire, c'est le fameux chip CIC, le « lockout chip » qui empêchait de jouer à des jeux non autorisés par Nintendo. Et devinez d'où venait cette idée ? D'Atari eux-mêmes ! Lors des négociations de 1983, quelqu'un chez Atari avait demandé à Nintendo s'ils pouvaient créer un système technique pour bloquer les cartouches non officielles. Atari se plaignait des jeux pourris que n'importe qui pouvait sortir sur leurs consoles, et ils voulaient reprendre le contrôle.
Nintendo n'avait pas de solution à l'époque, mais ils ont retenu l'idée. Et selon les dépositions du procès Atari vs. Nintendo, le président Yamauchi aurait lui-même reconnu qu'après avoir entendu ce qu'Atari avait dit, Nintendo avait conclu qu'un système de sécurité devait être développé pour vendre des consoles aux États-Unis.
En gros, Atari aurait suggéré le concept qui allait se retourner contre eux. C'est le chip qui les empêchera plus tard de publier librement des jeux sur NES, conçu par Nintendo suite à leur demande initiale. Ironique non ? Et ce système de contrôle est ensuite devenu le modèle pour toutes les consoles qui ont suivi. Aujourd'hui, on trouve normal qu'on ne puisse pas sortir un jeu PlayStation sans l'accord de Sony, mais avant la NES, n'importe qui pouvait fabriquer des cartouches pour n'importe quelle console.
La VGHF a aussi récupéré les jeux qu'Atari avait commandés à Nintendo en 1983. Trois d'entre eux (Millipede, Joust et Stargate) sont d'ailleurs finalement sortis en 1987 via le HAL Laboratory avec un copyright « Atari 1983 » sur l'écran titre. Tant mieux, ça aurait été dommage de ne pas pouvoir y jouer...
Bref, si vous avez une heure devant vous pendant les fêtes, foncez regarder ce documentaire. C'est de la recherche historique de première main, pas du réchauffé de Wikipedia. Et si vous voulez aller plus loin, la VGHF a aussi mis en ligne
un panel avec trois anciens de Nintendo
qui ont vécu le lancement de 1985. Des témoignages de première main qu'on ne retrouvera probablement jamais ailleurs...