Que retenir de l'actualité tech de la semaine ? Un Français qui a résolu LE problème des climatiseurs mobiles ; le pari fou d'Elon Musk avec SpaceX en Bourse ; le bracelet Google Fitbit Air sauvé par l'application Bevel : ce sont les sujets que vous avez le plus lus sur Numerama.
La France vient de décrocher un titre plutôt inattendu, celui de championne du monde de l'IPv6, en détrônant l'Inde qui menait la danse depuis un bon moment.
L'IPv6, c'est la "nouvelle" version du système d'adresses qui identifie chaque appareil connecté à internet. Il remplace petit à petit l'IPv4, qui date des années 80 et dont le stock d'adresses, à peine plus de quatre milliards, est épuisé depuis longtemps.
Avec l'IPv6, on passe à un nombre d'adresses tellement gigantesque qu'on ne risque plus jamais d'en manquer, de quoi brancher tous les objets connectés de la planète sans jamais se poser la question.
Le plus amusant, c'est que l'IPv6 existe depuis la fin des années 90, mais son adoption a longtemps traîné, parce que les opérateurs ont préféré bricoler des rustines pour faire durer l'IPv4 plutôt que de tout basculer. Au niveau mondial, Google n'a mesuré que la moitié de son trafic en IPv6 courant 2026, alors autant dire que la France fait vraiment figure d'exception.
Et si elle caracole aujourd'hui en tête du classement, elle le doit en bonne partie à Free. L'opérateur a basculé tout son réseau mobile en IPv6 par défaut à partir de mars 2025, alors qu'avant ça, à peine 1% de ce réseau mobile était compatible.
Résultat, des millions d'abonnés Free Mobile sont passés à l'IPv6 presque sans s'en rendre compte, ce qui a fait bondir les statistiques françaises d'un coup.
Côté fixe, Free faisait déjà figure de bon élève, avec près de 99% de ses abonnés résidentiels activés en IPv6 et même 100% sur ses offres professionnelles, tout simplement le meilleur score du pays.
Dans les faits, la France tourne aujourd'hui autour de 73 à 79% d'adoption selon les différentes mesures, avec grosso modo 87% des clients fixes et 70% des clients mobiles qui sont déjà passés sur le nouveau protocole.
Il reste quand même un sacré angle mort. Seulement un tiers des sites web français sont réellement accessibles en IPv6, donc côté hébergeurs, le travail est loin d'être terminé.
Voir la France finir première sur une techno réseau aussi ingrate, c'est suffisamment rare pour être salué. Et pour une fois, on peut vraiment dire merci à Free.
Rakuten ferme son site en France d'ici à la fin 2026, seize ans après avoir racheté PriceMinister. Une sortie discrète pour un site qui fut, un temps, le troisième acteur du e-commerce français.
Malgré une première place symbolique, le démarrage au box-office américain de l’adaptation en prise de vues réelles de Vaiana (Moana) tourne au fiasco industriel. Avec des recettes bien en deçà des prévisions pour son premier week-end d'exploitation, le blockbuster interroge sérieusement la stratégie de Disney autour de ses remakes en live-action, produits à la chaîne.
En juin 2026, Elon Musk réalisait avec SpaceX la plus importante introduction en Bourse de l’histoire. Un mois plus tard, l’entreprise est presque revenue à son point de départ, après une envolée aussi spectaculaire qu’éphémère.
Excédé par le blocage politique de la Californie qui menace de faire capoter sa fusion à 110 milliards de dollars avec Warner Bros. Discovery, le patron de Paramount, David Ellison, s'apprête à hausser le ton. Ses conseillers le poussent ouvertement à délocaliser le siège social et à couper le robinet des investissements dans l'État : 30 milliards de dollars sont sur la table. Un coup de bluff ?
Quinze ans après avoir lancé le pari de la Zoé, Renault vient de franchir un cap plus que symbolique : celui du million de véhicules électriques produits en France. Et « ce n’est que le début », se réjouit François Provost.
Windows serait passé sous la barre des 60 % de parts de marché. C'est ce qu'on peut lire un peu partout dans la presse tech cette semaine. C'est
StatCounter
qui le dit avec précisément 56,61 % de Windows comptabilisé en juin 2026. Et juste en dessous, sur la ligne suivante du même tableau, il y a une case bien étrange qui s'appelle "Unknown" et qui est évaluée à 21,45 %. Presque 5 fois Linux ! Et ça, pas grand monde n'en parle...
StatCounter compte ce "Unknown" comme un OS, à côté de macOS, de Chrome OS, de Linux et même de la PlayStation, et si vous cliquez sur le petit bouton "Download" de la page Statcounter, le CSV que vous récupérez ne contient aucune case "Unknown". Le site recalcule tout sans elle et dans ce fichier, Windows remonte à 72 % de part de marché.
Du coup, je me suis demandé quelle était la bonne mesure pour connaître la part de Windows sur le desktop. Est-ce que c'est 56,61 % en comptant les visiteurs non identifiés comme un système d'exploitation, ou 72 % en ne les comptant pas. Si vous faites la division vous-même, 56,61 sur 78,55 (100 − 21,45 = 78,55) donne bien les 72 % du CSV.
Et là, si vous comparez avec l'an dernier, vous verrez qu'en juin 2025, Windows était à 70,13 % dans ce tableau, et "Unknown" à 9,17 %.
Et 12 mois plus tard, v'la ti pas que Windows perd un peu plus de 13 points et la case des non-identifiés en gagne 12. Étrange non ?
Mais la domination de Microsoft s'effrite quand même, car même sur la base ils sont passés de 77,22 % à ces 72 % en un an. Donc y'a bien une tendance, mais ça n'a rien de l'effondrement annoncé partout. Linux, lui, grimpe de 4,50 % à 5,59 % sur cette même base, et le gros gagnant de l'année, c'est Apple, qui passe de 16,90 % à 20,87 % !
Alors qu'est-ce qu'il y a dans cette case Unknown en réalité ? Et bien on ne le sait pas car StatCounter ne dit pas ce qu'il y a dedans. Mais sur
Hacker News
, les hypothèses tournent autour des scrapers d'IA qui n'envoient pas d'user-agent standard, des bots qui se déguisent en Windows, et des
navigateurs qui brouillent votre empreinte
.
Mais pour le moment, aucune n'est réellement prouvée. Ce qui est mesurable par contre, c'est que la case des inconnus gonfle... Nous sommes à peine en juillet 2026 et elle est déjà à 23,67 % de part de marché. Perso, ça m'intrigue plus que le podium Windows / Apple / Linux.
Après, le parseur de StatCounter s'est d'ailleurs déjà planté en beauté par le passé. En octobre 2025, il affichait Windows 7 à 9,61 % pour le mois de septembre, contre 0,88 % en juillet et suite à une résurrection / correction aussi miraculeuse que silencieuse, si vous allez regarder la même case aujourd'hui, vous y lirez 1,62 %.
Leur FAQ précise tout de même que les stats restent révisables durant 45 jours donc ces chiffres qu'on voit actuellement peuvent encore bouger jusqu'à la mi-août... On verra bien.
En tout cas, je suis content de voir que la poussée de Linux n'est pas une illusion.
La plupart des jeux Windows tournent maintenant sous Proton
, Windows 11 continue de
refuser les machines trop vieilles
, sans parler du fait que Windows 10 est mort et enterré depuis octobre 2025 (même si les rustines de sécurité de l'ESU tiennent encore la baraque jusqu'en octobre 2027...) donc vous avez tous de vraies raisons de bouger.
Bref, Windows baisse, Linux monte mais un cinquième du panel est devenu invisible, et ça c'est louche...
Duolingo pensait sans doute faire plaisir à ses apprenants en musclant ses cours, et c'est plutôt l'inverse qui se produit. Depuis la refonte de neuf de ses cours de langues, une partie de la communauté râle très fort.
L'idée de départ n'était pourtant pas mauvaise. En avril, l'application a annoncé étoffer neuf grosses langues, dont le français, l'espagnol, l'allemand, l'italien et le japonais, pour permettre d'atteindre un niveau B2, soit un bon niveau intermédiaire avancé sur l'échelle européenne.
Sauf que ça ne s'est pas passé comme prévu, en réorganisant l'intégralité du parcours, Duolingo a aussi pas mal mélangé la progression des gens. Des utilisateurs très avancés, certains niveau 50 en italien, se sont retrouvés renvoyés vers des leçons de grand débutant incapable de commander une pizza au resto.
Le résultat est franchement incohérent par endroits. Des unités marquées comme terminées contiennent des notions jamais croisées, pendant que des leçons ajoutées après coup sont considérées comme déjà maîtrisées.
Le nouveau système de cartes de révision n'arrange d'ailleurs pas grand chose, avec des critères tellement stricts qu'une bonne réponse peut se voir refusée, et la reconnaissance vocale en rajoute une couche en recalant à l'oral des phrases pourtant correctes.
En plus de tout ce bordel, Duolingo a mis en place un système d'énergie, une sorte de jauge de vies limitées comme dans un jeu mobile, qui rationne le nombre d'exercices gratuits et agace encore plus ceux qui voulaient juste réviser tranquillement.
Beaucoup de membres parlent carrément de résilier leur abonnement.
Ce n'est pas la première fois que la marque se fâche avec son public, puisque l'an dernier déjà, sa stratégie tout IA, quitte à remplacer des humains par des machines, avait provoqué un tollé qui l'avait forcée à rétropédaler.
Vouloir pousser ses élèves plus loin, c'est une bonne idée, mais renvoyer un joueur niveau 50 réapprendre à dire bonjour, c'est le meilleur moyen de le faire filer chez la concurrence.
La société Sipeed vient d'annoncer la sortie d'un nouveau KVM USB-C qui je pense va vous intéresser. Il s'appelle le NanoKVM-GO, il fait la taille d'une grosse boite d'allumettes et permet de prendre le contrôle de n'importe quel appareil capable de cracher de la vidéo via son port USB-C.
Donc y'a juste besoin d'un câble, et pi c'est tout. Que ce soit un iPhone 15 ou supérieur, un MacBook, un Steam Deck, un mini PC Windows, un smartphone Android, no problemo, le boîtier s'intercale entre vous et la machine, capture l'écran en 4K, simule le clavier et la souris, et vous laisse piloter le tout depuis un simple navigateur, où que vous soyez.
Il existe également une version Go+ de la bestiole qui embarque ce que Sipeed appelle sobrement une "Ambient Screen Intelligence", comprenez une fonction à la
Microsoft Recall
où le boîtier photographie votre écran en continu, conserve jusqu'à 180 jours de captures en local, et vous laisse fouiller tout ça à la recherche textuelle. Bref, ce que Redmond avait proposé et qui avait fait hurler tout le monde, bah là c'est pareil mais en version hardware.
Donc comme je vous le disais, y'a plus qu'un seul câble USB-C vers la cible (DP Alt Mode pour la vidéo, HID pour le clavier et la souris, disque virtuel pour booter des ISO), et l'hôte se connecte au boîtier en WiFi. La latence annoncée est de 60 ms en 1080p, jusqu'à 100 ms en 4K. Le boîtier tire son jus du port USB-C de la cible (5 V), avec un second port pour la charge passthrough et le contrôle de petits FingerBot.
Ça permet ainsi de régler 2 des plus gros problèmes des outils de prise de contrôle à distance comme TeamViewer ou VNC :
L'accès au BIOS qu'aucun logiciel ne peut jamais atteindre
Le freeze de l'app ou de l'OS qui rend inopérant un TeamViewer par exemple
Avec un boitier KVM, vous rebootez comme vous voulez et vous avez toujours la main. En tout cas, je suis content de voir que l'usine à câble d'il y a 10 ans devient maintenant ultra minimaliste. Perso, j'adore !
Maintenant, la fonction "Recall", on aime ou pas mais déjà c'est optionnel et ensuite, tout reste en local. Alors c'est vrai, et c'est "déjà ça". Mais bon, ça conserve quand même 6 mois de data de tout ce qui est affiché sur vos écrans (mails, mots de passe tapés, conversations, documents), accessible à distance à qui a le mot de passe (et le bon Tailscale). C'est une surface d'attaque qu'il faut prendre en compte, surtout que c'est le même fabricant qui s'était déjà fait prendre avec un
micro non documenté dans un de ses KVM
. Pas de quoi paniquer cependant car c'est optionnel. Et pour de la bidouille perso / auto-hébergement, ça reste un super jouet. Après, en entreprise, faudra voir...
Sipeed expose aussi toutes les fonctions du KVM via un serveur MCP, le protocole d'Anthropic pour relier les LLM à des outils. Vous branchez votre agent IA préféré dessus, et il va vraiment pouvoir s'éclater en prenant physiquement la main (à 6 doigts forcément ^^) sur la souris et le clavier de la machine.
Sur un
KVM IP
, on sait depuis longtemps que la moindre faille ouvre la porte à tout et là, vous déléguez volontairement cette porte à un modèle, donc une fois encore, à vous de voir si le jeu en vaut la chandelle.
Le projet est sur Kickstarter, le GitHub et le wiki sont encore vides au moment où j'écris, car
la campagne
vient d'à peine démarrer. Notez que son concurrent direct, le GL.iNet Comet Q, a déjà rempli son objectif de financement en quelques minutes, lui, donc je pense que Sipeed a toutes ses chances en jouant cette carte de la compacité (45 × 40 × 15 mm), de la 4K et du stockage embarqué (16 Go sur le Go, 64 Go sur le Go+, assez donc pour trimballer des ISO bootables).
Le SoC n'est pas officiellement nommé mais c'est quasi certain qu'il s'agit d'un Axera AX630C avec un NPU à 3,2 TOPS (le même cœur que le NanoKVM Pro 4K quoi).
Les premiers prix Early Bird tournent autour de 59 dollars pour le Go, 79 dollars pour le Go+. MSRP annoncé à 89 et 129 dollars une fois la campagne terminée et côté expédition, Sipeed promet une livraison mondiale depuis Shenzhen, sans date ferme pour l'instant.
Bref, si vous voulez piloter n'importe quelle machine USB-C à distance et que l'idée d'un agent IA qui clique tout seul ne vous fait pas trop flipper, ça peut vous intéresser.
D'après
le Wall Street Journal
, SpaceX bosserait sur un appareil IA qui serait plus fin qu'un iPhone.
Évidemment, ça hype tout le monde, alors je me suis un peu renseigné. Ce serait un petit boitier au look de smartphone que vous pourriez glisser dans votre poche, qui contiendrait une puce Qualcomm Snapdragon et un OS maison branché sur xAI (la boîte d'intelligence artificielle de Musk que SpaceX a rachetée en début d'année).
L'appareil qui aurait été aperçu serait un prototype montré à un petit comité d'investisseurs et serait loin d'être finalisé. Le design peut encore évoluer et ça ne pourrait très bien jamais voir le jour. Autant dire qu'on est loin du machin que vous allez pouvoir précommander ce soir.
Suite à ces "révélations", Elon Musk est monté au créneau sur X, en lâchant un "Utterly false". Suite à ça, tous les érotomusks se sont mis à accuser le WSJ de publier des fakes news pour faire du clic. Mais j'sais pas si vous connaissez le Wall Street Journal, ce n'est pas vraiment le genre de la maison...
Donc est ce que c'est faux ? Est ce que c'est vrai ? On n'en sait rien... Mais moi j'ai vu passer le
Rabbit R1
qui comme je l'avais prévu a fini par flopper (c'était juste une app Android connectée à ChatGPT) ou encore le Humane AI Pi à 700 balles + l'abo mensuel, et je me dis que ce genre d'appareil ne sert pas à grand chose quand on a déjà un smartphone. Même OpenAI, avec Jony Ive, l'ancien designer star d'Apple, n'a toujours rien sorti...
Je crois plus aux lunettes IA ou aux écouteurs type airpods IA qui seraient capables de se passer de smartphone mais qui pourraient tout traduire, tout expliquer, tout analyser.
Ceci dit, SpaceX n'est pas Humane... Musk a Starlink pour la connexion, Tesla pour produire en masse, et xAI pour faire tourner le cerveau de son IA. En théorie, y'a rien qui l'empêcherait de réaliser ce projet.
Bref, ça reste une rumeur démentie par le principal intéressé donc gardez votre carte bleue bien au chaud en attendant que ça devienne vrai ^^.
Y'a un truc dont on parle pas assez dans le milieu tech je trouve, et pourtant tout le monde le constate : Une grande partie des communautés autour du logiciel libre, de Linux, du dev...etc sont devenues des endroits franchement hostiles. Des clubs fermés, peuplés quasi exclusivement de mecs, qui passent leur temps à expliquer aux autres qu'ils sont de gros nuls, qu'ils posent des questions de noobs, ou encore qu'ils ne tapent pas sur leur clavier comme il faut et j'en passe... Oui je parle bien entre autres du fameux barbu Linux qui vous toise parce que vous utilisez Ubuntu et pas Arch que vous avez compilé à la main.
Et le pire, c'est que tout ça est documenté et chiffré, et même reconnu par les pontes du milieu eux-mêmes ! Vous allez voir...
Prenez Linus Torvalds par exemple. C'est le créateur de Linux et pendant des années, il a insulté publiquement des développeurs sur la mailing list du kernel, leur balançant que leur code était une honte et compagnie. En septembre 2018, il a toutefois fini par mettre les choses à plat dans un
mail d'excuses
où il écrit noir sur blanc que ses attaques étaient "non professionnelles et injustifiées", et qu'il voulait s'excuser auprès des gens que son comportement avait blessés et je cite, "possiblement complètement chassés du développement du kernel". Il a même pris une pause pour aller se faire aider à comprendre ses émotions. Si même le mec au sommet de la pyramide reconnaît qu'il a fait fuir des contributeurs à coups de mépris, vous imaginez un peu l'ambiance qui grouille en dessous...
D'ailleurs, trois ans plus tôt, en 2015, une développeuse majeure du kernel avait déjà claqué la porte. Sarah Sharp, celle qui maintenait le pilote USB 3.0, était pourtant loin d'être une débutante. Dans son billet
Closing a door
, elle explique notamment qu'elle n'arrive plus à contribuer à une communauté où elle était respectée pour ses compétences mais jamais respectée en tant que personne.
Violence verbale, blagues sexistes et homophobes, voilà tout ce qu'elle subissait. Et en 2015, malheureusement, elle criait vraiment dans le désert. Personne ne l'a écouté et il aura fallu attendre 2018 et les excuses de M. Torvalds pour capter qu'il y avait un sérieux problème.
Je vous ai dit aussi que j'avais des chiffres, alors les voilà... En 2017, une
étude publiée dans PeerJ
a analysé plus de 3 millions de pull requests sur GitHub et le résultat bien que fascinant m'a déprimé. Le code proposé par des femmes est accepté à un taux plus élevé que celui des hommes, environ 79% contre 75%. SAUF quand leur genre est identifiable. Cela veut dire que quand on sait que c'est une femme, on accepte moins son code, alors même qu'en moyenne il est meilleur. Affreux non ?
La même année, l'enquête
Open Source Survey de GitHub
plantait également le décor en annonçant qu'il y avait environ 95% d'hommes, 3% de femmes et 1% non binaire parmi les contributeurs (le 1% restant c'est l'arrondi, btw). Et tristement, les femmes rapportaient bien plus souvent du langage qui les mettait mal à l'aise, et des remarques stéréotypées ("Pas mal pour une femme !", "T'es blonde ou quoi ?", ce genre de saloperies sexistes).
Voilà où en est la belle méritocratie du logiciel libre !
Et du côté de l'entraide soi-disant légendaire, c'est pas plus glorieux. Stack Overflow, le site où des millions de devs vont chercher de l'aide tous les jours, a carrément publié en 2018 un
mea culpa officiel
. Leur responsable "culture" y écrit que trop de gens vivent Stack Overflow comme un endroit hostile ou élitiste, en particulier les codeurs débutants, les femmes et les personnes de couleur.
Le vrai problème, selon lui, ce n'est pas la communauté, c'est qu'on a appris aux utilisateurs à dire aux autres ce qu'ils font de travers sans jamais leur apprendre à le faire correctement. C'est ce bon vieux RTFM de connard balancé à la gueule des débutants qui après n'osent plus poser de question.
Et tout ça, ça coûte cher, figurez-vous. Oui, oui, la
Tech Leavers Study du Kapor Center
, en 2017, a chiffré à 16 milliards de dollars par an le coût du turnover provoqué par une culture de travail injuste dans la tech. Les femmes, les minorités, les gens qui ne rentrent pas dans le moule, bah ils se barrent. Une autre enquête,
Elephant in the Valley
, montrait même que 60% des femmes de la Silicon Valley qui avaient +10 ans d'expérience avaient subi des avances sexuelles non désirées.
Bon, maintenant je vais quand même vous parler de moi, parce que tout ça, je le constate aussi depuis vingt ans.
Pour ma part, si je me suis retiré des réseaux sociaux, et je parle même des réseaux plus barbus, les Mastodon et compagnie censés être plus sains, c'est à cause de ça. Cette hostilité permanente, ce besoin maladif de certains de vous expliquer pourquoi vous avez tort, pourquoi votre choix technique est nul, pourquoi vous n'êtes pas un "vrai". Et si j'ai fermé mes commentaires il y a des années, c'est exactement pour la même raison. Pas parce que je ne voulais plus discuter avec vous, mais parce que je ne voulais plus servir de défouloir à une poignée de types qui confondent intelligence et agressivité.
Sachez que sur cette planète, 100% des problèmes que j'ai eus (et que j'ai encore) dans ma vie perso comme dans ma vie pro, ont été causés par des hommes. Pas 90%. 100% ! Et à chaque fois que quelqu'un m'a défendu, m'a tendu la main, m'a aidé quand j'étais au sol, c'était dans 80% des cas des femmes. Alors je le dis tout simplement, merci à elles, vraiment, du fond du cœur.
Donc voilà, messieurs les toxiques de la tech, sachez-le, je vous évite du mieux que je peux, parce que vous n'êtes pas les personnes ouvertes et sympathiques que vous pensez être. J'ai toujours refusé de rentrer dans vos cases et je pense que pour votre bien et celui du Monde en général, ce serait chouette à un moment d'arrêter de vous comporter en boy's club de connards, et surtout arrêter de croire que la tech vous appartient et que tous ceux qui ne pensent pas comme vous méritent de se faire détruire en place publique.
Et aux femmes, aux noobs, aux curieux, et à tous ceux qui ne sont pas ces clones qui se marrent à chaque blague sexiste, sachez que la tech, elle est à tout le monde.
Elle l'a toujours été d'ailleurs.
Franchement, je vous le dis, moi je trouve ça triste parce que ce milieu, moi je l'aime, j'y suis depuis le tout début, probablement bien avant eux et le voir se transformer en cour de récré pour mecs aigris incapables de gérer leurs émotions, et voir surtout que ça empire d'année en année, bah ça me fout le cafard.
Ah et si mon article vous a donné la rage et que vous voulez me casser la gueule, c'est probablement parce que vous vous êtes bien bien reconnu en 4K UHD Dolby Atmos avec les sous-titres et que vous venez de comprendre que vous n'êtes pas ce gars altruiste que vous pensez être... Déso / pas déso 😘 hein.
Je viens d'apprendre que Cloudflare s'était associé à Chrome, Firefox et Edge pour régler un truc qui nous pourrit tous la vie sans que nous y pensions vraiment, à savoir prouver qu'on est des humains.
Leur projet s'appelle PACT pour Private Access Control Tokens, et l'idée c'est de remplacer les affreux CAPTCHA par un titi jeton cryptographique anonyme que votre browser baladera de sites en sites.
Alors comment ça fonctionne cette nouvelle connerie ?
Hé bien un site qui a déjà une bonne raison de vous croire humain, genre un service où vous avez un compte, émet un token anonyme. Votre navigateur le conserve, et quand vous débarquez ailleurs, il le présente comme une preuve que vous n'êtes ni un robot, ni un alien, ni un pervers narcissique manipulateur.
Comme vous avez passé le test une fois, vous n'avez donc plus à recliquer sur des feux tricolores et des passages piétons aux quatre coins du web... Et comme le token ne contient aucune donnée perso, le site qui le reçoit ne sait pas d'où il sort.
Derrière PACT, rien de sorcier niveau techno, c'est juste du Privacy Pass, l'architecture que l'IETF a posée noir sur blanc en 2024 avec les
RFC 9576à9578
. Apple fait déjà exactement ça depuis 2022 avec ses Private Access Tokens planqués dans iOS 16 et macOS Ventura, et Cloudflare est même l'un de leurs émetteurs en production. Mais PACT, c'est la version next-gen de ce truc. Au lieu d'attester juste "cet appareil est un vrai iPhone", on atteste "il y a un humain dans la boucle". Les signatures RSA aveugles font que l'attesteur ne sait pas quel site vous visitez, et que le site, lui, ne sait pas qui vous êtes.
C'est plutôt une bonne idée, je trouve. Sauf que cette histoire de "personne", ça inclut aussi les bots autorisés. Genre votre agent IA qui réserve un billet de train ou fait vos courses pendant que vous dormez. Cloudflare veut également leur filer des tokens à eux aussi, pour les démarquer des crawlers sauvages qui pompent le web à l'aspirateur de chantier.
Et ça tombe bien, parce qu'aujourd'hui plus de la moitié du trafic web mondial, c'est déjà des bots.
Maintenant, le truc qui me chiffonne avec PACT c'est que ça crée mécaniquement un web à deux vitesses. D'un côté le trafic on aura le trafic "de confiance" avec son joli token, de l'autre tout le reste, traité comme suspect par défaut. Donc si vous surfez avec Tor, un navigateur exotique ou une config un peu trop cheloue, et que personne ne veut vous émettre de jeton parce que vous êtes un haxxor intransigeant avec sa vie privée, vous devenez un citoyen de seconde zone du web. Sans compter que ce serait ENCORE Cloudflare, déjà videur d'une énorme part d'Internet, qui se retrouvera à arbitrer qui mérite son laissez-passer.
Et puis ça ne règle pas le pistage. Le fingerprinting, votre IP, les mille autres signaux que votre navigateur balance dans la nature restent en place. PACT vire juste le CAPTCHA, mais pas la surveillance. Mozilla jure sur la tête de sa mère que sa participation sert justement à garder ce système ouvert, et j'avoue que je suis content qu'ils soient dans la même pièce que les autres filous, qui pourraient en profiter pour réécrire la norme entre eux. Maintenant, si ce qui reste de votre vie privée déjà bien publique avec toutes nos données perso qui ont fuitée, vous tient encore à cœur, un petit navigateur blindé comme
LibreWolf
ou un CAPTCHA qui ne vend pas vos clics tel que
ALTCHA
restent des choix plus sérieux que d'attendre un jeton de bonne conduite.
Voilà... Pour l'instant PACT n'est qu'un projet, sans date de sortie ni même de lieu de standardisation confirmé, et même si l'idée de virer les CAPTCHA est hyper séduisante, reste encore à savoir qui tiendra les clés du laissez-passer...
D'habitude, une batterie domestique, c'est un gros bloc qu'on planque à la cave ou au garage. SAMDUO prend le contre-pied avec sa gamme Nex, présentée cette semaine à Amsterdam, et veut en faire un objet qu'on assume de laisser à la vue de tous.
Le modèle E6000 ressemble à un grand cadre fixé au mur, 11,9 cm d'épaisseur seulement, soit la plus fine du monde d'après la marque. Sa variante E6000H abandonne le mur pour un cube de la taille d'un micro-ondes, à glisser dans un coin. Même capacité. Deux façons de la ranger.
Derrière SAMDUO se cache un industriel chinois quasi inconnu il y a encore six mois, qui arrive en Europe avec de gros moyens. Les deux E6000 stockent 6 kWh et visent le tarif de 1999 euros, avec une sortie française au troisième trimestre.
Vient ensuite la question du branchement. Pas besoin de toucher à vos panneaux, la batterie se greffe sur le circuit électrique de la maison et récupère le surplus produit dans la journée. On appelle ça du couplage en courant alternatif, et le bon côté, c'est que ça fonctionne avec à peu près n'importe quelle installation déjà posée.
Côté France, le souci, c'est que la batterie doit savoir en temps réel ce que consomme la maison. SAMDUO a prévu un petit boîtier pour ça, mais il est pensé pour les compteurs néerlandais pour le moment. Chez nous, il faudra ajouter un module dans le tableau électrique.
Pour ceux qui partent de zéro, il y a aussi la P2800 Pro, plus petite avec ses 2,73 kWh extensibles jusqu'à 16,41 kWh, mais qui se relie directement aux panneaux par quatre entrées dédiées. Une approche plus classique, au tarif encore tenu secret.
On a pu jeter un œil à l'application, et c'est propre. Elle affiche en direct ce qui entre et ce qui sort, jongle avec les heures creuses chez 800 fournisseurs européens dont EDF, mais l'API ouverte n'est pas encore prête.
Si tout le monde se précipite sur ces batteries, c'est que revendre son électricité est de moins en moins rentable, même en France. Les Pays-Bas, eux, où nous étions pour le lancement de la marque avec l'ami Korben, suppriment leur système de revente avantageux dès 2027.
En tous cas le pari du design est réussi. À 2000 euros pièce, par contre, il faudra quelques années avant de le rentabiliser.
***Mise à jour : ***
Reste une donnée qui a son importance et qu'on aurait dû préciser : la puissance de sortie. En fonctionnement normal, branchée sur le réseau, la batterie ne restitue que 800 W, une limite imposée par la réglementation plug-and-play. C'est suffisant pour lisser une consommation de fond, beaucoup moins pour encaisser un gros appel de puissance ponctuel. Le chiffre de 2600 W qu'on voit passer correspond à la charge, pas à la décharge au quotidien. Seul le mode secours, en cas de coupure, débride la sortie jusqu'à 2600 VA pour alimenter l'essentiel de la maison.
Synology DSM 7.4 – What Is Included and Should You Upgrade? UPDATE – Synology has reached out to me to correct a presentation point regarding the supported devices for DSM 7.4 and one that I covered at 04:01 . DSM 7.4 will continue to support the 20-series models; it’s specifically the new Storage Efficiency feature […]
La Linux Foundation a annoncé son intention de lancer la Tokenomics Foundation, une nouvelle fondation dédiée à l'établissement de normes ouvertes pour l'économie de l'infrastructure IA.
Revolut a récemment montré de nouvelles cartes sur lesquelles il manque quelque chose d'essentiel : les numéros. C'est justement cette absence qui est censée tenir les fraudeurs à distance.