Le conflit entre l'Iran, les États-Unis et Israël ne menace pas seulement les marchés pétroliers. Il pourrait aussi fragiliser un maillon inattendu de la chaîne d'approvisionnement de l'intelligence artificielle : l'hélium, gaz rare et irremplaçable dans la fabrication des puces électroniques.
Le conflit entre l'Iran, les États-Unis et Israël ne menace pas seulement les marchés pétroliers. Il pourrait aussi fragiliser un maillon inattendu de la chaîne d'approvisionnement de l'intelligence artificielle : l'hélium, gaz rare et irremplaçable dans la fabrication des puces électroniques.
Face aux essaims de drones iraniens, les États-Unis et leurs alliés du Golfe dépensent sans compter pour se défendre. Y compris jusqu'à tirer pour 24 millions de dollars de missiles sur une seule et même cible. Une approche qui a stupéfié les experts ukrainiens.
Des centaines de navires apparaissent au-dessus d'aéroports ou de centrales nucléaires sur les écrans de navigation. L'Iran brouillerait massivement les signaux GPS dans le détroit d'Hormuz, et le trafic maritime commence sérieusement à en pâtir.
Des bateaux fantômes sur les radars
Les écrans radars affichent en effet un peu n'importe quoi dans cette zone désormais, comme par exemple un pétrolier de 300 mètres qui tourne en rond autour d'un aéroport, ou un porte-conteneurs qui traverse en toute décontraction une centrale nucléaire.
Depuis le début des hostilités, les signaux GPS sont complètement brouillés dans cette zone, et les positions transmises par les navires ne sont absolument plus les bonnes.
Windward, une société spécialisée dans le suivi maritime, a référencé plus de 1 100 navires touchés en seulement quelques heures, avec au moins 21 zones de brouillage différentes dans la région.
Les chercheurs appellent ça des "crop circles" : sur les cartes électroniques, les bateaux dessinent des cercles parfaits au-dessus de la terre ferme. Sauf que ce n'est pas un bug un peu rigolo, c'est un vrai problème pour les bateaux et les marins.
Un GPS vieux de 15 ans face à un brouilleur moderne
Le problème de fond, c'est que les navires commerciaux utilisent des récepteurs GPS qui ont facilement 15 ans d'âge. Ils captent les signaux d'une seule constellation satellite, sur une seule fréquence. Votre smartphone fait mieux : il jongle avec quatre constellations et plusieurs fréquences en même temps.
Todd Humphreys, professeur en ingénierie aérospatiale à l'Université du Texas, est assez catégorique sur l'origine du brouillage. Selon lui, l'Iran utilise des antennes installées sur des tours côtières ou des ballons captifs pour émettre de faux signaux qui se substituent aux vrais. Et ça marche très bien.
Le système AIS, qui permet aux navires de se localiser mutuellement, est lui aussi alimenté par le GPS. Du coup, quand le GPS est compromis, c'est toute la chaîne de navigation qui s'effondre. Un capitaine qui regarde son écran voit des centaines de bateaux tourner à des positions fictives, sans savoir où se trouvent réellement les autres navires ni à quelle vitesse ils avancent.
20 % du pétrole mondial dans le goulot
Le détroit d'Hormuz, c'est à peine 34 kilomètres de large au point le plus étroit, et pourtant 20 % du pétrole et du gaz mondiaux y transitent chaque jour. En temps normal, entre 130 et 150 navires y passent quotidiennement.
Certains pétroliers naviguent désormais avec leur transpondeur AIS éteint pour éviter d'être repérés, et plusieurs navires affiliés à des compagnies occidentales ont tout simplement fait demi-tour.
L'Union européenne, via son centre de sécurité maritime, recommande aux équipages de se fier au radar et à la navigation visuelle plutôt qu'aux instruments électroniques. Autant dire qu'on en revient aux méthodes d'il y a trente ans.
C'est quand même assez fou de constater que des navires de plusieurs centaines de milliers de tonnes naviguent avec des GPS moins performants qu'un téléphone à 200 euros.
Il va être urgent que les constructeurs de navires se décident à moderniser leurs équipements.
Un journaliste du journal The Times of Israel raconte que plusieurs parieurs de la plateforme Polymarket l'ont menacé de mort pour le forcer à modifier un article. Leur but : valider une mise de 14 millions de dollars sur une frappe israélienne en Iran.
Dans la nuit du 7 au 8 mars 2026, des frappes israéliennes ont touché plusieurs dépôts pétroliers à Téhéran, provoquant d’importants incendies ainsi qu’un gigantesque nuage de fumée noire au-dessus de la capitale iranienne. Pendant plusieurs heures, la ville a été plongée dans l’obscurité et certains habitants ont rapporté des difficultés respiratoires. Des pluies acides ont suivi, faisant craindre des conséquences sanitaires et environnementales graves.
Dans la nuit du 10 au 11 mars 2026, Stryker, géant américain du matériel médical, a subi une attaque destructrice qui a mis hors ligne des dizaines de milliers de systèmes dans le monde entier. Une opération menée en représailles à l'opération militaire menée par les États-Unis en Iran.
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Les internautes sont parfois facétieux. Alors que la guerre au Moyen-Orient se prolonge et que l'Iran pourrait miner le détroit d'Ormuz, un jeu en ligne a émergé. Son but ? Jouer au jeu Démineur, dans une aire de jeu rappelant justement le fameux détroit.
Retiré sans motif public après avoir attiré plusieurs centaines de milliers de dollars, un pari de Polymarket sur une possible explosion nucléaire remet en lumière la place croissante des marchés liés aux conflits armés sur la plateforme de paris en ligne.
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Les rôles s'inversent au Moyen-Orient. Pris de court par les essaims de drones iraniens, les États-Unis et leurs alliés sollicitent l'expertise unique de l'Ukraine. Kiev pourrait en proposer plusieurs milliers par mois, mais pas « gratuitement ».
Des chercheurs de la société Acronis ont décortiqué une campagne malveillante ciblant des civils israéliens via une version corrompue de Red Alert, l'application officielle d'avertissement en cas de tirs de roquettes.
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Semaine agitée sur le front de la tech avec la sortie d'un nouvel ordinateur portable chez Apple (MacBook Neo), la disparition du site de liens BitTorrent YggTorrent et un renversement stratégique entre les USA et l'Ukraine en raison des drones iraniens Shahed.
MuddyWater, un groupe de hackers rattaché aux services de renseignement iraniens, s'est infiltré dans les réseaux d'une banque, d'un aéroport et d'un éditeur de logiciels américains avec deux nouvelles portes dérobées. L'opération, repérée par Symantec, s'est intensifiée après les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran fin février.
Deux portes dérobées inédites
C'est l'équipe Threat Hunter de Symantec qui a levé le lièvre. Depuis début février 2026, le groupe MuddyWater (aussi connu sous le nom de Seedworm) a déployé deux malwares jusqu'ici inconnus. Le premier, Dindoor, utilise Deno, un environnement d'exécution JavaScript, et a été signé avec un certificat émis au nom d'une certaine "Amy Cherne".
Le second, Fakeset, est codé en Python et signé par un certain "Donald Gay", un nom déjà lié à d'anciens outils du groupe comme Stagecomp et Darkcomp. Dans les deux cas, les attaquants ont tenté d'exfiltrer des données vers le cloud Wasabi via Rclone, un outil de synchronisation bien connu des administrateurs système.
Des cibles sensibles, un lien avec Israël
Côté victimes, on retrouve une banque américaine, un aéroport, un éditeur de logiciels lié à la défense et à l'aérospatiale qui a des opérations en Israël, et des ONG aux Etats-Unis et au Canada. MuddyWater était déjà présent sur ces réseaux début février, mais l'activité a nettement augmenté après le 28 février et le lancement de l'opération Epic Fury, les frappes militaires coordonnées des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran.
Les frappes ont conduit à la mort du guide suprême Ali Khamenei le 1er mars, et les chercheurs notent que les opérations cyber iraniennes se sont accélérées dans la foulée.
Le FBI confirme le lien avec Téhéran
Le FBI, la CISA et le NCSC britannique considèrent que MuddyWater opère pour le compte du ministère iranien du Renseignement depuis 2018. Ce qui facilite le rattachement, c'est la réutilisation de certificats de signature entre les nouvelles portes dérobées et les outils plus anciens du groupe.
Google, Microsoft et Kaspersky ont d'ailleurs confirmé l'analyse de Symantec. Quant à l'objectif exact, les chercheurs restent prudents : espionnage, collecte de renseignements, ou préparation de futures actions de sabotage, difficile de trancher. Le groupe privilégie en général le phishing et l'exploitation de vulnérabilités dans des applications exposées sur Internet pour s'introduire dans les réseaux.
Le plus étonnant dans cette histoire, c'est la durée. Des semaines d'infiltration sans que personne ne bronche, sur des réseaux qui ne sont pas exactement anodins. Et avec le conflit actuel entre l'Iran, les Etats-Unis et Israël, on se doute bien que Symantec n'a gratté que la surface.
Bannie des agences fédérales fin février 2026, l'intelligence artificielle d'Anthropic s’avère décisive en pleine guerre contre l’Iran. Dario Amodei, le PDG de l’entreprise, tente donc de conclure un nouvel accord avec le Pentagone pour éviter l’exclusion durable.
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