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Un cafard cyborg en combinaison de plongée

Par : Korben ✨
3 juillet 2026 à 13:01

Un cafard qui plonge et reste sous l'eau trois heures d'affilée, ça n'existait pas jusqu'à la semaine dernière.

L'équipe d'Hirotaka Sato, à la NTU de Singapour, avec leurs collègues de l'université Waseda au Japon, viennent de parvenir avec leurs petits doigts, à sangler une combinaison de plongée miniature sur le dos d'un cafard siffleur de Madagascar.

À quoi ça sert me direz vous ? Et bien à pouvoir télécommander la bestiole à distance, sous l'eau, sans qu'elle se noie. Oui, tout le monde a le droit d'avoir des passions cheloues, ne jugez pas, ok ?

La combinaison de cafard-grenouille tient donc en trois morceaux. Un réservoir à oxygène imprimé en 3D dans une résine transparente de type PMMA, une coque souple étanche qui enveloppe l'insecte, et quatre petits tubes en silicone qui amènent l'air jusqu'à lui.

Mais le plus astucieux, c'est la chimie à l'intérieur du réservoir. Vous prenez une éponge imbibée de dioxyde de manganèse, vous injectez un peu de peroxyde d'hydrogène dilué (de l'eau oxygénée, quoi), et le manganèse joue les catalyseurs. En cassant le peroxyde, cela génère de l'eau et de l'oxygène. Mac Gyver serait jaloux de voir que ces gars ont inventé une bonbonne de plongée qui fabrique son air toute seule, sans compresseur.

"Notre combinaison fonctionne comme le réservoir d'oxygène d'un plongeur humain", résume Sato, qui bricole des insectes cyborg depuis plus de dix ans. Sauf qu'ici le plongeur mesure six centimètres et a six pattes ! Les quatre tubes se branchent directement sur les spiracles thoraciques du cafard, les orifices par lesquels il respire, et ils se retirent après coup sans le blesser ni lui faire mal. Si si, je vous jure, des cafards qui sont rentrés ensuite auprès de leur famille ont témoigné qu'ils n'avaient rien senti ^^.

Et là vous vous demandez sûrement à quoi ça sert toutes ces conneries. Bah oui, qu'est ce qu'on peut foutre d'un cafard sous-marin télécommandé ??

Hé bien la réponse c'est le sauvetage.

Imaginez... (musique ambiance film catastrophe activée dans ma tête) Un immeuble effondré après un séisme. Vous avez besoin de vous faire une idée de l'ampleur des dégâts et des risques que vous allez prendre en allant secourir les victimes.

Il y a des flaques, des tunnels remplis d'eau, des poches d'air irrespirable saturées de CO2. Essayez un peu de faire passer un robot classique là-dedans, bon courage. Alors qu'un cafard bien motivé avec son barda sur le dos, par contre, ça se faufile à l'aise ! Et c'est pas de la théorie de labo puisque l'équipe de Sato a déjà déployé ses insectes cyborg pendant l'opération Lionheart, après le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie le 28 mars 2025. Cette combinaison de plongée, c'était juste la brique qui lui manquait pour barboter en chemin.

Bon, des cafards trafiqués, on en a déjà croisé un paquet par ici. Il y avait eu les cafards cyborg lâchés dans les canalisations , sans oublier cette escouade de cafards espions montée en Allemagne , sauf que ceux-là, maintenant, ils nagent aussi bien que Léon Marchand les bordels. Et pour la suite, l'équipe a prévu de rendre la combinaison plus solide et d'y greffer des capteurs et un système de navigation, pour les vraies missions cette fois.

Bref, pensez-y la prochaine fois que vous écrabouillez un cafard dans votre cuisine ('tain c'est sale chez vous en fait), n'oubliez pas que l'un de ses cousins bosse peut-être pour la sécurité civile à sauver des vies avec ses petites papattes.

Source : NTU Singapore & TomsHardware

oomwoo - Le robot aspirateur open source à monter soi-même

Par : Korben ✨
3 juillet 2026 à 10:28

La société Maker's Pet vient de lancer oomwoo , un robot aspirateur open source que vous construisez vous-même ! C'est fait à base de Raspberry Pi 5, LiDAR 2D, ROS 2, châssis imprimé en 3D, et le tout fonctionne en local.

Sauf qu'il y a un détail rigolo, pour l'instant il fait à peu près tout... sauf aspirer ^^.

Je m'explique... Votre Roborock ou votre iRobot, vous ne le savez pas mais vous ne le possédez pas vraiment. Il se balade partout, cartographie votre apart ou votre maison, envoie tout sur des serveurs distants et surtout, le jour où le fabricant ferme boutique, bah votre robot il termine à la casse.

Alors c'est vrai, des bidouilleurs libèrent déjà ces engins du cloud en leur greffant un firmware ouvert. Mais oomwoo prend le problème à l'envers, puisqu'au lieu de libérer un robot fermé, vous en montez un qui soit libre dès la première vis !

Côté matos, vous allez avoir besoin, comme je vous le disais, d'un Raspberry Pi 5 (ou d'un Pi 4), d'un petit LiDAR 2D, de quelques moteurs et d'un châssis que vous sortirez de votre imprimante 3D. Son cerveau, lui, tourne sous ROS 2 avec Nav2 pour la navigation, et vous pouvez tout tester virtuellement dans une simulation Gazebo avant même de visser quoi que ce soit.

Côté maison connectée, ça se branche direct sur Home Assistant et toutes les datas restent chez vous en local. Le LiDAR c'est vraiment le cœur du projet puisque c'est ce capteur qui donne la vue en relief aux petits robots . Avant ça coûtait une petite fortune, mais aujourd'hui, ça peut se trouver pour une trentaine d'euros comme ce LDS02RR qui équipe notamment les Roborock.

Et pour orchestrer toute cette joyeuse bande hardware, le projet utilise un micro-contrôleur à quelques euros qui gère toutes les entrées et les sorties, pendant que le RPi se tape le gros des calculs.

oomwoo en est à sa toute première version, en mode RFC (request for comments), autrement dit le truc se conçoit en public au grand jour et leur objectif premier, c'est donc d'avoir un robot qui cartographie votre appart au LiDAR et se balade tout seul avant même de penser à aspirer.

Alors oui, pour le moment, c'est uniquement de la simulation et aucun proto n'a été assemblé mais ça ne saurait tarder. Quoiqu'il en soit, vous pouvez suivre toutes les étapes du projet en live sur GitHub et intervenir si vous voulez aider .

Après, un aspi robot qui n'aspire pas, ça ne vous inspire peut-être pas (jeux de moooots) mais c'est surtout un projet en train de naitre, qui si vous l'attrapez en route, vous permettra d'apprendre de nouveaux concepts en robotique comme le SLAM, la navigation autonome ou ROS 2 sans avoir à lâcher un billet dans du matos hors de prix (ils visent 200 dollars de matos au max).

Bref, c'est moins un aspirateur qu'un cours de robotique déguisé mais ça vaut le coup d'oeil. Le code vous attend sur GitHub .

Isaac 1 - Un Baymax à 8000$ qui plie votre linge

Par : Korben ✨
2 juillet 2026 à 23:21

Isaac 1, c'est le nouveau robot domestique de Weave Robotics , et sa spécialité c'est de plier le linge, faire les lits et ranger le bazar qui traîne chez vous. Il a l'air rigolo, il est mignon, il a des grands bras et me fait penser un peu à ce robot de dessin animé qui s'appelle Baymax.

La bête se déplace sur une base motorisée, se replie à 90cm pour se faire oublier dans un coin et se déploie jusqu'à 1,75 m quand il faut bosser, avec ses grands bras terminés par des pinces à 2 doigts.

Au programme chez vous : vos t-shirts pliés, votre lit fait, vos coussins redressés et le bazar du salon rangé à la demande.

La démo en vidéo vaut le coup d'œil !

Ranger le bazar, redresser les coussins, faire le lit : le programme d'Isaac 1

Toutefois, ce robot n'est pas encore 100% autonome. En effet, il peut nécessiter l'intervention d'un opérateur humain quand il galère sur un truc. Mais l'objectif à terme pour Weave Robotics, c'est clairement la full autonomie.

Replié à 90 cm, caméras physiquement coupées

La première version, Isaac 0 ressemblait à ça d'ailleurs :

Alors ça vous plait ?

Bah si vous en voulez un, faudra revendre la caravane et le chien parce que ça coûte 8000 $ ou 449 $ d'abonnement par mois (avec caution à 250$, faut pas déconner).

Les livraisons démarrent en Californie à l'automne, avant le reste des États-Unis, et pour l'Europe y'a aucune date pour le moment.

Après 8000$ c'est pas donné quand même pour un robot qui fait que ça.

Le pliage de linge, c'est de toute façon le cimetière des startups robotiques. Je suis désolé, mais Laundroid a coulé en 2019 avec environ 20 millions de dollars de dettes, FoldiMate a fermé en 2021 sans jamais rien livrer, et le Memo de Sunday Robotics est arrivé sur le même créneau l'an dernier.

Même les humanoïdes généralistes s'y mettent, comme Figure 02 avec sa lessive , et si vous voulez quand même comparer les tarifs du secteur, j'ai déjà fait le tour de ce que coûte un robot humanoïde chez soi .

Maintenant, il y a 2 types de personnes dans le monde : ceux qui ont ce genre de truc, et ceux qui comme moi s'habillent en allant chercher directement leurs fringues dans le tas de linge propre qui traîne par terre dans la chambre.

Allez, si ça vous tente, les précommandes sont ouvertes . Moi je vous laisse, j'ai du linge à ne surtout pas replier.

Source

Reflect v1.0 - Programmer un humanoïde en une phrase

Par : Korben ✨
1 juillet 2026 à 12:07

Un humanoïde qui traverse un immeuble, appelle l'ascenseur, ouvre un colis avec un outil et range les courses dans un tiroir, tout seul, et sur une seule consigne qui lui est donnée en langage naturel, ce n'est pas de la sorcellerie ! Non, c'est la démo qu'a sortie Flexion Robotics , une startup suisse, qui lance Reflect v1.0, son nouveau "cerveau" IA pour robots.

Car Flexion ne fabrique pas de robots. Cette spin-off zurichoise, fondée en 2024 par d'anciens chercheurs Nvidia, vend du logiciel, une couche d'intelligence qui se pose sur un humanoïde existant et le pilote de bout en bout.

Là où Alibaba donne un corps à son IA avec une suite logicielle complète, Flexion ne vise que le cerveau. Vous écrivez ce que vous voulez en langage naturel, et le robot part faire sa vie pour vous satisfaire au mieux. Vous pouvez même changer la consigne en plein vol, du genre "non, reviens par ici" et il abandonnera tout pour revenir dans vos bras.

En général, en robotique (comme avec les LLMs finalement...), l'autonomie longue sur les tâches, c'est l'enfer. Une mission de 16 étapes, des erreurs qui s'enchaînent et paf, tout s'écroule. Alors pour encaisser ça, ils ont entraîné leur propre modèle de vision-langage, un chef d'orchestre qui surveille, raisonne et replanifie en direct. Et ils ont misé sur l'apprentissage par renforcement à tous les étages, du mouvement fin jusqu'à la décision. Et voilà comment (en labo), ils passent de 38 % à 90 % de réussite sur ce genre de missions longues.

Ensuite côté capacités, c'est du costaud puisqu'on a un robot qui manipule des colis de 100 g à 3,5 kg, repositionne les cartons, appuie sur les boutons d'ascenseur au centimètre près, utilise des outils, enchaîne les escaliers et slalome entre les obstacles avec sa charge. Et quand il rate une prise, s'pas grââve, il retente ou replanifie sa route grâce à ses caméras.

En ce moment, les annonces d'humanoïdes pleuvent en Chine... On a eu par exemple Agibot qui affiche 99 % de succès sur une démo usine de six jours, ShengShu qui présente Motubrain , son cerveau unifié, et ça ne risque pas de s'arrêter, sans parler des robots chinois un peu plus bas de gamme, revendus en marque blanche qui commencent à pulluler comme les aspi robots ou les tondeuses autonomes...

À voir maintenant si l'un d'eux ira un peu trop loin en milieu ouvert... En attendant, Flexion est très honnête puisque la société explique que Reflect v1.0 reste limité à des tâches bien définies, et qu'ils ne sont pas encore prêts pour l'autonomie universelle... pour l'instant.

Source : Interesting Engineering

Robots humanoïdes - On attend vraiment qu'il y ait un mort ?

Par : Korben ✨
21 juin 2026 à 16:16

Je sais pas si vous vous intéressez un petit peu à la robotique, mais cette semaine il y a eu deux vidéos qui sont sorties et je voudrais réagir par rapport à ça.

La première, c'est lors d'une démonstration dans la rue d'un robot qui à un moment lève la jambe et éclate le ventre d'un enfant qui se trouvait à côté. Et la seconde c'est à Vivatech lors d'une chorégraphie débile où deux robots ont arraché des télés.

Et ça fait marrer tout le monde... Au passage, ces deux robots, c'est le même modèle : l'Unitree G1, le petit humanoïde chinois qu'on voit partout tellement il est dropshippé et rebrandé.

Et Unitree, ça devrait normalement vous parler, parce que je vous ai déjà raconté ici que n'importe qui pouvait en prendre le contrôle avec un smartphone , et qu'ils balançaient vos données vers un cloud chinois , référencée dans le MITRE depuis plus d'un an et toujours pas bouchée.

Et donc on lâche au milieu du public, gamins compris, ces machines douteuses qui effectuent toutes sortes de mouvements rapides. Et le problème, c'est que ces robots de service comme ce G1 ou d'autres équivalents humanoïdes débarquent partout... Robot serveur au resto, robot d'accueil dans les halls d'entreprises, robots livreurs qui se baladent sur le trottoir... etc. La France l'a même déjà testé sur un site nucléaire.

Alors pourquoi pas, mais en voyant ces "incidents" et tous les abrutis que ça fait marrer, je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle avec l'automobile. En effet, dans le secteur automobile, il existe différentes normes qui imposent des limites strictes dont une sur la rapidité avec laquelle un véhicule effectue une action. Il faut que ce soit lent pour que le conducteur ait le temps de percuter et de reprendre la main si la voiture fait une connerie. Ce sont notamment ces principes que Comma respecte pour ses boitiers .

La voiture n'a pas le droit de changer de trajectoire plus vite que ce que le conducteur peut encaisser, et lui doit toujours pouvoir reprendre la main d'un simple coup de frein. Le véhicule doit prendre 0,9 seconde minimum pour un déport d'un mètre. C'est plutôt sain comme réglementation, je trouve. Alors pourquoi une bagnole qui braque trop sec, c'est interdit alors qu'un robot qui balance un kick de ninja dans un gosse, ça passe crème ?

Évidemment, sur un robot à la con comme ceux qu'on voit sur les vidéos, "reprendre la main" c'est pas vraiment possible car il n'y a aucun intérêt à piloter un robot. Ce sont des appareils qui doivent pouvoir fonctionner sans qu'un humain les opère... Sinon, ce serait juste des jouets télécommandés.

Mais par contre, la vitesse à laquelle ils agissent, c'est un facteur qu'il serait bon de maitriser car à la place des télés, il y aurait pu avoir les visages de spectateurs par exemple.

En fait, le problème que j'ai avec ces démos, c'est la proximité entre le public et des robots qu'on laisse faire des gestes rapides, des danses de ninjas, des tas de mouvements qui pourraient infliger des blessures graves à des adultes comme à des enfants.

Dans les usines, les robots qui bossent au contact d'humains suivent des normes (ISO 10218 et ISO/TS 15066) avec deux principes tout bêtes. Un, la surveillance vitesse-distance est surveillée à l'aide d'un scanner qui repère l'humain qui entre dans la zone et qui ordonne au robot de ralentir ou de s'arrêter tout seul avant le contact. Deux, la limitation de force où même si ça touche, la machine ne tapera jamais assez fort pour blesser quelqu'un. Bref, le périmètre de sécurité et la douceur dont je parle, l'industrie les applique depuis des années mais ailleurs, notamment dans des événements avec du public à proximité, ces règles ne me semblent plus respectées.

Je pense que comme pour n'importe quelle machine, si celle-ci est amenée à effectuer des mouvements rapides sans contrôle humain, il faut absolument un périmètre de sécurité autour. Une zone suffisamment grande pour qu'un opérateur ou un système de sécurité puisse tout arrêter si le robot sort de cette zone.

Et si le robot doit évoluer dans un périmètre avec des humains, il doit être suffisamment "doux", suffisamment lent pour qu'on puisse esquiver un geste malencontreux ou que l'accrochage avec une personne n'ait pas de grandes conséquences.

Autrement, un jour il y aura un mort à cause de ça.

Chez Figure , un ancien responsable sécurité affirme notamment dans une plainte que la main de leur humanoïde frappe avec une force qui dépasse le double de ce qu'il faut pour fracturer un crâne. Et chez Unitree, on a aussi vu partir complètement en vrille leur robot H1 à côté d'un technicien qui a eu chaud. À chaque fois, on a eu de la chance mais un jour, on n'en aura pas.

Bref, une fois encore, le problème c'est pas la machine mais les débilos aux commandes...

Qwen-Robot Suite - Alibaba donne un corps à son IA

Par : Korben ✨
18 juin 2026 à 08:56

Voici une news concernant l'intelligence artificielle, qui je pense devrait vous plaire si vous vous intéressez à la robotique. Alibaba qu'on ne présente plus, vient de sortir sa Qwen-Robot Suite, 3 modèles IA signés Tongyi Lab (les gens derrière Qwen ) imaginé pour donner un corps à l'IA. Parce qu'une machine capable de décrire votre cuisine au millimètre près mais complétement infoutue d'y attraper une tasse, voilà un peu ce qu'on a en robotique en ce moment...

Car "comprendre" le monde, ça les modèles savent faire. Mais agir dedans, c'est une autre paire de manches. Cette Qwen-Robot Suite découpe donc ça en trois briques, RobotNav pour se déplacer, RobotManip pour saisir des objets, et RobotWorld qui joue les boules de cristal en prédisant ce qui va se passer avant même que le robot ne bouge. Et si vous voulez expérimenter tout ça tout de suite, sans mettre les mains dans le cambouis, y'a même une démo Chat2Robot , où vous tapez une instruction dans votre navigateur et un bras robotique l'exécute en direct !

Mais le plus parlant dans leurs démos, c'est ce chien-robot Unitree Go2 ( bourré de failles de sécu, qui balance toutes vos données en chine ) qui, une fois lâché chez vous avec sa seule petite caméra bas de gamme, peut se balader dans toute la maison pour vous rendre tout un tas de services. Sauf qu'ici il opère dans des lieux qu'il n'a jamais vus, en suivant vos consignes vocales de pièce en pièce, et il peut même refaire tout le trajet à l'envers sur commande. C'est en tout cas, assez cool de voir ces world models enfin capables d'apprendre à résoudre des problèmes auxquels il n'a encore jamais été confronté.

L'astuce, c'est d'entraîner un seul modèle sur les données de plein de robots différents d'un coup, au lieu de repartir de zéro pour chaque machine. Du coup un geste appris sur un bras X se transfère direct sur un autre bras Y, et chaque robot profite ainsi, en quelque sorte, de l'expérience accumulée par tous les congénères du lot. Et tout ça a été nourri avec plus de 38 000 heures de données, uniquement en l'open-source, dont des vidéos de gens filmés en train de faire des trucs, et adapté pour que la machine puisse apprendre en regardant faire des humains .

Et niveau perfs, ça tape fort apparemment !

Sur les benchmarks de manipulation, RobotManip passe devant π0.5, un modèle de Physical Intelligence dont je vous avais déjà parlé, avec quand même 7 points d'avance, sur un benchmark de manipulation standard. Il finit aussi premier sur RoboChallenge, le classement généraliste du secteur. Bon, ce sont des chiffres de labo bien sûr, mais le saut par rapport à la concurrence fait mal ^^.

Ce que Qwen veut faire surtout, c'est de tout passer par le langage naturel comme ça une commande de bras, un virage de voiture, un point de navigation et compagnie... tout devient une simple phrase. Cela permet aux modèles Qwen classiques d'appeler ces briques comme des outils, et de brancher l'intelligence artificielle classique (les LLMs) directement sur l'action physique (les World Model). La presse parle déjà d'un "moment Android" pour la robotique, autrement dit un cerveau logiciel que n'importe quel fabricant de bras ou de roues pourrait embarquer sans avoir à fabriquer la quincaillerie. Ce serait fou !

Après, Chat2Robot tourne sur 50 tâches seulement et n'est pas parfait. Le tout est en test pilote chez quelques clients d'Alibaba Cloud, donc c'est pas encore pour votre robot aspirateur... Mais si le concept de robot à la maison vous intéresse, c'est une approche intéressante je trouve. Entre Physical Intelligence, Gemini Robotics chez Google et GR00T chez NVIDIA, tout le monde semble chercher le même Graal, à savoir une IA généraliste capable de piloter n'importe quel corps mécanique. Bref, Alibaba ne vend pas de robot, mais le cerveau qui va dedans, et le fait que ce soit entièrement open-source et orienté langage me fait dire qu'on risque de voir plein de projets cools et surtout accessibles se monter autour de ça.

D'ailleurs, à force de voir ces robots de service débarquer partout, je me demande quand on va leur imposer un minimum de sécurité face au public.

Source

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