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Stop Killing Games dépasse le million - L'UE va devoir agir

Par : Korben
28 janvier 2026 à 23:55

Yop les amis ! Je ne sais pas si vous avez conserver de la grande époque vos jeux PC mais entre ceux qui ne s'installent plus et ceux dont les serveurs sont partis en fumée, y'a de quoi avoir les boules.

Mais tout n'est pas perdu encore parce qu'on vient de franchir un cap monumental pour l'avenir de notre patrimoine de gamer !

En effet, si vous suivez un peu l'actu, vous savez que l'initiative " Stop Killing Games ", lancée par le youtubeur Ross Scott , se bat pour empêcher les éditeurs de transformer nos jeux préférés en quelque chose de mort et inutile. Au début, quand Ross a lancé ça, je me demandais si ça allait vraiment prendre...

Hé bien, je suis un homme de peu de foi car figurez-vous que la pétition européenne a officiellement dépassé le million de signatures validées. Ce sont 1,29 million de citoyens qui ont dit "STOP" à cette pratique douteuse de l'obsolescence programmée logicielle .

C'est H-A-L-L-U-C-I-N-A-N-T !

Concrètement, ça veut dire que la Commission Européenne est maintenant obligée de se pencher sur le sujet. C'est pas comme la France avec ses pétitions en mousse anti-chasse qui disparaissent mystérieusement du site quand elles reçoivent trop de signatures hein ^^. La commission a donc 6 mois pour rencontrer Ross, écouter les arguments et décider s'ils vont pondre une nouvelle loi. Reste à voir s'ils vont pas essayer de noyer le poisson...

J'ai donc tenté de voir ce que les éditeurs en pensaient, et sans surprise, c'est le silence radio ou les excuses bidons. On a depuis longtemps perdu tout simplement le droit de posséder réellement nos jeux. Vous vous souvenez de The Crew d'Ubisoft par exemple ? Hop, serveurs coupés en 2024, jeu injouable. C'est comme si vous achetiez une bagnole et que le constructeur venait reprendre le moteur 3 ans plus tard. C'est n'importe quoi.

Ce qui est cool avec cette initiative je trouve, c'est qu'elle ne demande pas la lune. Elle ne force pas les boîtes à maintenir des serveurs ad vitam aeternam. Elle demande juste qu'en fin de vie, un patch soit fourni. C'est du bon sens technique, et franchement, pour des boîtes qui brassent des milliards, c'est pas la mer à boire. Sauf évidemment pour les jeux qui reposent sur des technos impossibles à libérer, mais à ma connaissance, ça reste des cas isolés.

Alors attention, c'est pas encore gagné, hein car le puissant lobby du jeu vidéo va sûrement sortir les griffes et expliquer que c'est "techniquement impossible" (même si je n'y crois pas une seconde). Mais avec un tel soutien populaire , l'UE ne pourra pas balayer ça d'un revers de main.

Bref, je vais suivre ça de très près, mais c'est déjà une victoire énoooOOOOooorme pour nous tous.

Amusez-vous bien !

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NVIDIA négociait avec Anna's Archive pour entraîner ses IA... et les emails ont fuité

Par : Korben
28 janvier 2026 à 23:21

Bon, celle-là elle est gratinée. NVIDIA, le géant des GPU, a directement contacté Anna's Archive pour accéder à environ 500 To de livres piratés. Contacté, négocié, payé. Comme ça, tranquillou.

C'est une class action (dossier n°1:26-cv-00002 au tribunal fédéral de New York, pour ceux qui veulent aller checker) qui a fait fuiter ces fameux emails internes. En gros, un membre de l'équipe "data strategy" de NVIDIA a négocié un accès haute vitesse aux collections piratées de la bibliothèque. Et le plus beau dans l'histoire c'est qu'Anna's Archive les a PRÉVENUS que les données étaient illégales. Genre, texto : "Vous avez une autorisation interne pour ça ?"

La réponse est arrivée en moins d'une semaine. Feu vert. Sauf que bon, quand on lit ça avec du recul, c'est quand même sacrément culotté.

Le contexte, c'était surtout la pression de livrer pour la GTC 2023 (la Developer Conference de NVIDIA). Fallait nourrir les modèles d'IA coûte que coûte, et le dataset Books3 (196 000 bouquins issus de Bibliotik), plus LibGen, Sci-Hub, Z-Library... ça faisait un buffet de 500 To et de leur côté Anna's Archive facturait des dizaines de milliers de dollars pour l'accès rapide.

Sérieux, j'aurais aimé voir la tête du service juridique de NVIDIA en lisant cet email...

En parallèle, Anna's Archive se prend un procès complètement délirant puisque Spotify, Universal Music, Warner et Sony réclament 13 000 milliards de dollars (13 TRILLIONS, soit à peu près le PIB de la Chine). C'est en lien avec leur backup de 300 To de Spotify dont je vous avais parlé ici. Le juge Rakoff a émis une injonction mondiale le 20 janvier, ce qui a fait tomber plusieurs domaines du site .

NVIDIA plaide le "fair use" évidemment. Mouais. On verra bien ce qu'en pensera le juge, mais quand les emails prouvent qu'on t'a prévenu que c'était illégal et que t'as quand même dit "go"... c'est pas ouf comme défense.

En attendant, entre le procès Spotify et ces emails, Anna's Archive est devenue l'ennemi public numéro un de toute l'industrie du contenu sur le web.

Affaire à suivre !

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EU Audit - Le scanner qui révèle la dépendance de votre site aux Etats-Unis

Par : Korben
27 janvier 2026 à 17:22

Vous savez combien de services américains vous utilisez sur votre site web utilise sans que vous ne le sachiez réellement ??? Aucun ? Bah et les Google Fonts pour la typo, Cloudflare pour le CDN, YouTube pour les vidéos embarquées, Google Analytics pour les stats et j'en passe des vertes et des pas mûres... ??? Faudrait pas les oublier !

Ainsi même si votre hébergement est chez O2Switch ou Scaleway en France, vos visiteurs peuvent envoyer des données aux USA sans que vous le réalisiez.

Et ça pose un vrai problème juridique car je sais pas si vous vous souvenez du Privacy Shield mais c'était ce fameux accord qui permettait de transférer légalement des données vers les États-Unis ? Hé bien il a été invalidé par la Cour de Justice européenne en 2020. Tout comme Safe Harbor avant lui en 2015 en fait. Et il y a maintenant le Data Privacy Framework, mais rien ne garantit qu'il tiendra plus longtemps que les précédents.

C'est là qu'intervient EU Audit , un scanner gratuit développé par un studio autrichien. Vous entrez l'URL de votre site et en quelques secondes, l'outil analyse vos principales dépendances : hébergement, polices, analytics, CDN, vidéos embarquées, widgets de chat, trackers sociaux et cartes. Chaque élément est vérifié pour déterminer s'il est hébergé dans l'UE ou pas et à la fin, vous obtenez un score de « souveraineté européenne » en pourcentage.

Perso, j'ai testé sur korben.info et je me suis pris une claque. Principalement à cause de Cloudflare et de mes embed de vidéos Youtube.

Pourtant, j'ai plus rien sur mon site à part ça, et mon hébergeur c'est o2Switch et c'est bien en France. Il me parle de "Social" mais j'ai rien du tout, à part des liens vers mes réseaux sociaux... J'sais pas peut être que ça suffit. En fait, suffirait que je vire Cloudflare pour repasser un dans le vert déjà mais je n'ai pas connaissance d'une solution équivalente et pas trop cher (parce que je fais plus de trafic que j'ai de moyens pour le financer, sniiif) qui assure du CDN, de la sécurité, des workers...etc. Ça existe peut-être mais dans ce cas, envoyez moi un mail pour que j'aille voir ça. Après pour l'embed YouTube, pareil, je vois pas trop quoi faire vu que je relaie surtout des vidéos YouTube parce que la Terre entière met ses vidéos là bas...

Bien sûr, j'ai trouvé l'idée de ce scanner pas mal du tout. Ça permet de visualiser rapidement où sont les fuites de données potentielles... Je ne les utilise pas mais y'a Google Fonts par exemple. C'est un classique... Chaque visiteur fait une requête vers les serveurs de Google, qui récupère son IP au passage. Pareil pour les vidéos YouTube embarquées, les maps Google, ou le sempiternel vieux pixel Facebook que certains laissent encore traîner sans même s'en rendre compte. D'ailleurs si vous voulez auditer votre propre hygiène numérique , j'avais fait un guide complet sur le sujet.

Bon après, l'outil ne détecte pas tout (les scripts inline ou les appels API cachés dans votre code, par exemple). Et pour un blog perso sans données sensibles, c'est peut-être un peu overkill. Mais si vous gérez des sites pour des entreprises ou des clients sensibles (administrations, santé, éducation...), y'a de quoi réfléchir ! Surtout que le passage à des alternatives européennes n'est pas toujours aussi compliqué qu'on le croit. Matomo au lieu de Google Analytics, des polices auto-hébergées, OpenStreetMap au lieu de Google Maps...

Si vous voulez soutenir un web indépendant et que je puisse continuer à dénicher ce genre d'outils, ça se passe sur mon Patreon .

Bref, si vous voulez faire le point sur la dépendance de votre site aux GAFAM, c'est gratuit et ça prend 30 secondes.

IA - La Corée du Sud choisit les muscles plutôt que la peur

Par : Korben
23 janvier 2026 à 15:24

Pendant qu’on s’écharpe en Europe sur comment réglementer l'IA, la Corée du Sud vient de siffler la fin de la récré chez elle. Nos amis Coréen viennent en effet de pondre leur première loi qui encadre l’intelligence artificielle (l’AI Act coréen, pour les intimes) et ce qu'on peut dire, c’est que leur approche est très très différente de la nôtre, vous allez voir.

En fait, chez nous, avec l’AI Act européen, on régule principalement par le "risque d’usage". Cela veut dire que si vous faites un outil pour du recrutement, de la santé ou du maintien de l’ordre, hop, vous tombez dans la catégorie "haut risque", et cela peu importe que votre IA tourne sur un Raspberry Pi ou un supercalculateur.

Alors oui l’UE a aussi ses seuils de calcul (les fameux 10^25 FLOPs ) pour identifier les modèles à "risque systémique", mais la base reste quand même l’usage. Les Coréens, eux, ont décidé de se simplifier la tâche en plaçant le curseur presque exclusivement sur ce qu’il y a sous le capot.

Leur critère magique c'est la puissance de calcul cumulée lors de l’entraînement. Et c'est cela qui leur permet de définir ce qu’ils appellent la "high-performance AI" (ou Frontier AI). Pour les devs, c’est un changement complet car si vous codez un petit outil IA bien foutu mais léger, vous aurez une paix royale. Vous esquiverez une paperasse infinie ou de la mise en conformité bloquante si votre projet ne dépasse pas les seuils techniques fixés par le MSIT (le ministère coréen de la science et des TIC).

Et c’est d’ailleurs ce qui rend leur approche très orientée innovation. Le gouvernement coréen a d'ailleurs été très clair : le but n’est pas de bloquer le développement mais de poser un cadre de confiance. Ils ont même prévu une période de grâce d’au moins un an sans aucune sanction administrative le temps que tout le monde s’adapte. Et même après ça, on est loin du climat carcéral car il n'y a pas de sanctions pénales prévues dans cette loi, mais juste des ordres de correction et des amendes plafonnées à 30 millions de won (environ 21 000 euros) si vous ignorez les injonctions.

J’avoue, j’ai dû relire trois fois le texte pour piger la subtilité, mais le diable se cache dans les FLOPS. Parce qu'au moment où j'écris cet article, il n'y a actuellement aucune entreprise en Corée qui dépasse les seuils de puissance de calcul qui rentrent dans le cadre de leur loi. Même Naver, leur géant de la Tech local est loin de ça . C’est dire si la marge est grande.

Après côté transparence, c’est plus classique mais efficace car tout contenu généré par IA qui pourrait être confondu avec la réalité (les deepfakes, pour faire court) doit être clairement indiqué. C’est le minimum syndical aujourd’hui, vous allez me dire, mais là encore, ils ont eu le nez creux en excluant les usages personnels ou non commerciaux du cadre réglementaire, histoire de ne pas fliquer le moindre mème rigolo.

Voilà... alors on va voir qui de la méthode "compteur de tours" ou "check-list de risques" gagne la course, mais bon j'ai ma petite idée. En Europe, on a tendance à vouloir tout border par secteur, alors qu’en Corée, visiblement, ils préfèrent économiser du temps et de l'énergie en surveillant uniquement les gros muscles et en laissant les petits grandir sans les emmerder.

Et même si je ne connais pas du tout l'écosystème tech coréen, force est de constater que leur vision a l'air sacrément plus pragmatique pour l’écosystème tech que la notre.

Source

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