Ibou Explorer - L'anti-Google Discover français
Y'a un nouveau projet français qui débarque face à Google, et celui-là va vous plaire, j'en suis sûr !
Ça s'appelle Ibou Explorer, et c'est porté par Sylvain Peyronnet (oui, un des deux frères du SEO français bien connus dans le milieu) et Guillaume Pitel. Leur site vient d'ouvrir en beta publique et pour vous résumer ça rapidement, disons que c'est un équivalent direct de Google Discover, mais en mieux évidemment !! Et c'est surtout la première brique d'un ensemble plus large qui inclura à terme un vrai moteur de recherche conversationnel d'ici fin 2026.
Au capital, on retrouve Xavier Niel et Bpifrance et derrière le rideau, l'infrastructure indexe déjà 500 milliards de pages, donc y'a de quoi faire...
Sylvain Peyronnet et Guillaume Pitel, les deux cofondateurs derrière Babbar et Ibou ( crédit BDM )
Pour vous situer un peu ce qu'ils proposent, Ibou Explorer c'est un flux d'articles personnalisé, dans l'idée de Google Discover, mais bâti sur une philosophie inverse où la sélection se fait sur la valeur éditoriale plutôt que sur l'engagement. Les sources sont également très diversifiées, et le projet se veut "anti-bulle filtrante".
Une fois inscrit, vous récupérez un feed propre avec que des choses sérieuses et sans fake news, qui vous plairont. Ça nous change de Discover qui pousse du clickbait à longueur de journée... vous verrez, ça saute aux yeux direct !
Petit flashback quand même pour donner un peu de contexte... Sylvain Peyronnet, je l'ai croisé y'a plus de 10 ans maintenant je dirais, lors de l'une de leurs formations. Ex-Chief Science Officer de Qwant, ancien prof de fac, vingt ans d'algos de moteur de recherche dans les pattes et avec son frère Guillaume Peyronnet, ils forment le duo SEO qui tient le blog technique de référence en France et qui édite Yourtext.guru .
Mais attention à ne pas confondre côté Ibou puisque c'est Sylvain qui prend la casquette CEO, avec Guillaume Pitel (homonyme du frangin niveau prénom, mais aucun lien familial ^^) à la technique. Guillaume Pitel est un ingénieur EPITA, docteur en info, et fondateur d'eXenSa, qui a créé le crawler Barkrowler de Babbar il y a quelques années.
Et du coup ça a du sens car Babbar tourne depuis six ans, a crawlé 3 300 milliards de pages, leur graphe pèse 7 000 milliards de liens, et leurs deux crawlers actifs (Barkrowler et IbouBot) avalent 2 à 3 milliards de pages par jour. C'est à l'échelle de ce que font les géants du web.
Et c'est cette infra qui alimente déjà Explorer, et c'est aussi elle qui servira de socle au futur moteur de recherche conversationnel. Leur algo de ranking propriétaire s'appelle Mimesis et il est plutôt fin puisqu'il est capable de faire de la recherche hybride dense-sparse qui agrège une centaine de signaux par document, le tout entraîné et calibré via du LLM-as-a-Judge.
L'interface d'Ibou Explorer, la beta publique disponible
Côté philosophie, le manifeste Ibou tient en 4 engagements : respecter les éditeurs (crawl conforme aux directives, vitesses adaptées pour ne pas charger les serveurs), valoriser les créateurs (journalistes, blogueurs, photographes, devs), servir la curiosité plutôt que l'engagement, et défendre un web ouvert.
Que demande le peuple ?
Et côté concurrence, le contraste avec Google est très brutal je trouve. Avec son AI Overviews, Mountain View fait fondre les clics vers les sources, capture la valeur, garde l'audience, et laisse les créateurs avec les miettes. J'en parlais déjà l'an dernier en disant que le web tel qu'on le connaît allait disparaître et heureusement, Ibou vient prendre exactement le contre-pied de tout ça avec une attribution systématique des sources, un renvoi réel de trafic vers les éditeurs, et une totale transparence sur l'algorithme via leur Substack où ils détaillent les choix techniques.
Côté IA, leur position est nuancée et plutôt saine, je trouve. Les contenus travaillés avec l'aide de l'IA restent acceptables, mais ce qui est pénalisé c'est le « slop », c'est à dire ce contenu massivement généré sans valeur ajoutée qui inonde le web depuis deux ans. Ça rejoint d'ailleurs ce que je racontais sur le SEO à l'ère de l'IA y'a pas longtemps.
Bref, avec Ibou, ils veulent récompenser l'humain qui produit, et pas les fermes à contenu des référenceurs de caniveau.
Donc si ça vous dit de tester Explorer, allez sur explorer.ibou.io , validez votre mail, et choisissez quelques thématiques. Vous obtiendrez un flux personnalisé qui apprendra ensuite de vos clics. Le hic, c'est qu'un système qui apprend de vos clics peut quand même tendre vers un effet de bulle, donc on verra à l'usage si Ibou arrive vraiment à éviter ce phénomène.
Le vrai moteur de recherche conversationnel, lui, est annoncé comme je vous le disais pour fin 2026, avec une verticale images encore en cours de développement.
Et côté investisseurs, c'est du solide : Xavier Niel a rejoint le capital aux côtés de Go Capital, Bpifrance, Normandie Participations et AD Normandie (la boîte est basée en Normandie). Les outils SEO existants (Babbar, Yourtext.guru) financent encore la R&D, et la roadmap de monétisation parle de freemium, API, B2B selon ce qui prendra. On verra bien...
Maintenant le vrai défi reconnu par Sylvain lui-même, c'est la notoriété de son service face au "réflexe Google". Donc comme pour toutes les alternatives à Google , le combat se joue autant côté usage que côté tech.
Mais moi, je suis content de voir des gens s'attaquer enfin à ce mur-là avec une vraie infra derrière et pas juste un wrapper d'API à la con.
La beta Explorer est dispo dès maintenant en cliquant ici ! Ah et y'a aussi des applications pour Android et iOS !
