Dans une semaine marquée par l'éclipse solaire et les vacances d'été, Google a été le seul géant à faire quelques annonces. Nouveaux Pixel 11, nouvelles Pixel Watch, nouveau modèle Gemini… Les autres grandes annonces tech concernent la France : Revolut a enfin obtenu sa licence bancaire et le passe Navigo annuel est disponible sur iPhone.
[Deal du jour] La chaleur revient par épisode, et avec elle la grande question : comment rafraîchir son logement sans transformer son salon en chantier ni supporter le bruit d'un moteur pendant toute la nuit ? La Midea PortaSplit 12K entend apporter une réponse.
Je m'intéresse à la sécurité mobile depuis un paquet d'années, et cette attaque-là, je ne l'avais jamais vue. Le point de départ n'est ni le réseau, ni un SMS piégé, ni une appli vérolée. C'est la carte SIM elle-même ! En effet, des
chercheurs
de l'université de Birmingham et de Fuzzware lui ont fait donner des ordres au modem qui l'héberge.
Le mécanisme s'appelle RUN AT et c'est une commande proactive puisque la carte ne se contente pas de répondre à l'appareil, mais elle lui demande aussi d'exécuter une commande AT. C'est
ce même langage
qui pilote les modems depuis le Hayes Smartmodem de 1981 donc autant dire qu'on a là, une vraie console générique dispo sur un bout de plastique.
Et sur une borne de recharge Autel, ça donne tout simplement une exécution de code. Le module Quectel qui l'équipe, fait passer le texte reçu dans un appel shell, avec une liste noire de caractères censée bloquer les échappements. Mais un simple retour à la ligne passe au travers... Et voilà comment 2 étapes plus loin, les chercheurs sont parvenus à faire tourner leur propre code, piloté depuis la SIM. Décidément, les
bornes de recharge collectionnent les mauvaises surprises
.
Autre exemple sur un smartphone OPPO Reno 14 F 5G, où une seule commande coince le téléphone en 2G... Son propriétaire ne peut alors plus revenir en arrière : ni le mode avion, ni la sélection manuelle du réseau, ni la désactivation de la SIM dans les réglages ne permet de restaurer de la 5G ou de la 4G. Or la 2G n'a pas d'authentification mutuelle, donc une
fausse antenne
redevient un facteur de risque sur ce genre de matos récent. Deux autres commandes éteignent même le téléphone ou tuent son modem.
Reste la condition d'entrée, et elle est lourde : la carte doit déjà être hostile. Cela passe au choix par un échange physique, un interposeur glissé sous la puce, un opérateur compromis, ou du sabotage en usine... Mais surtout, rien là-dedans n'exploite de bug exotique. En fait, cette capacité est écrite dans les spécifications cellulaires, ce qui fait dire au chercheur Marius Muench que ces attaques sont conformes au standard.
Maintenant sur votre téléphone perso, le scénario d'une telle attaque reste assez serré. Mais sur un boîtier 4G oublié dans un local technique, beaucoup moins. Sur 26 appareils testés, 9 exposent l'interface, dont 6 modems IoT sur 8, contre 3 téléphones sur 18. Par contre, ni iPhone ni Pixel ne sont faillibles et Qualcomm a préparé une configuration durcie qui la coupe par défaut. De son côté, Quectel travaille encore dessus...
Bref, si vous exploitez des équipements cellulaires sur le terrain, une seule question au fournisseur du module suffit : RUN AT est-il activé, et peut-on le couper ? Notez qu'aucune attaque de ce type n'a été signalée pour le moment.
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Avant d'acheter une ampoule connectée ou une serrure intelligente, vous aimeriez sans doute bien savoir si le truc vous oblige à créer un compte cloud et à prier pour que le serveur du fabricant reste allumé dans cinq ans, non ?
Hé bien l'Open Home Foundation, la fondation qui chapeaute Home Assistant, vient d'ouvrir en preview publique une Device Database qui répond pile à cette question. L'idée c'est de proposer un "Wikipedia de l'IoT".
Sauf que cette base n'est pas remplie à la main par une équipe marketing mais carbure à 100% grâce à de la télémétrie anonymisée remontée par des utilisateurs Home Assistant qui ont coché la case opt-in. Donc les données viennent du vrai monde, là où il y a des millions d'installations de Home Assistant et au moment où j'écris ces lignes, ça donne 19 237 appareils référencés et ça n'a de cesse d'augmenter.
La recherche fait remonter les appareils par marque, ici 209 résultats pour Aqara.
J'ai tapé "aqara" (lien affilié) dans la recherche pour tester, et j'ai obtenu 209 résultats. Je suis alors tombé sur la serrure
Smart Lock U200
(lien affilié) et ce qu'on apprend, c'est que cette serrure propose une connexion locale, une intégration possible via Matter, et un badge vert "Fonctionne sans cloud". La base précise même combien d'installations ont remonté l'info et depuis quand l'appareil est repéré.
Comme ça, vous voyez immédiatement si l'objet dépend d'un serveur distant ou s'il tourne peinard sur votre réseau local, avant de sortir la carte bleue.
La fiche de la serrure Aqara U200 : connexion locale, intégration Matter et données réelles d'usage.
Voilà, c'est juste ce que les données remontées disent et côté vie privée, la fondation insiste sur le fait que la télémétrie reste anonyme, sans compte ni traçage derrière. C'est donc parfaitement cohérent avec l'ADN de Home Assistant. Si vous bricolez déjà vos
capteurs ESP32 sans dépendre du cloud
, vous voyez très bien le tableau, et vous savez pourquoi virer un objet trop bavard vaut parfois de
jailbreaker un Echo Show
.
La collecte a démarré en février 2026, et l'Open Home Foundation prévient que le lancement complet arrivera plus tard dans l'année, avec la possibilité de contribuer directement aux fiches. Ils calment aussi les impatients en nous expliquant que c'est un marathon et pas un sprint, et préfèrent rendre ça public rapidement même si ce n'est pas encore parfait.
Donc je vous invite à être indulgents avec ce nouveau service et la prochaine fois qu'un objet connecté vous fait de l'œil, un tour par la Device Database vous évitera peut-être d'acheter un machin scotché uniquement au cloud du fabricant.
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Cet article a été réalisé en collaboration avec Reolink
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