Quelle chanson voudriez-vous écouter en vous réveillant pendant une mission spatiale ? Les astronautes d'Artémis II, eux, ont eu droit à une petite liste de lecture qui a accompagné leur voyage autour de la Lune.
Le designer suédois Love Hultén vient de dévoiler la NES-SY2.0, un synthétiseur fait main qui rend hommage à la NES tout en servant de véritable console de jeu. L'objet accepte les cartouches originales et produit de la musique chiptune.
Un objet entre console et instrument
La NES-SY2.0 reprend les codes visuels de la NES originale, avec son slot de cartouche et ses ports manette en façade, le tout habillé dans un boîtier en bois qui lui donne un côté objet d'art.
Le format s'inspire des ordinateurs portables des années 80 : l'appareil s'ouvre comme une valise et révèle un écran, un clavier MIDI Keystep et toute une rangée de boutons et molettes rouges pour manipuler le son en temps réel.
C'est la deuxième version de ce concept. La première, la NES SY37, datait de 2022. Love Hultén est connu pour ses créations artisanales qui mélangent technologie et design rétro, et la NES-SY2.0 est visiblement son projet le plus abouti.
Ce qu'il y a sous le capot
Le moteur sonore est un NES Poly, un synthétiseur polyphonique à 4 voix développé par Arcano Systems. Il émule les sons caractéristiques de la puce audio de la NES avec deux oscillateurs par voix, du vibrato, et la possibilité de basculer entre les formes d'onde en temps réel. Seize paramètres sont contrôlables via des messages MIDI CC.
L'ensemble intègre aussi un module d'effets FS22 avec delay et réverbération, et un visualiseur MIDI créé par l'artiste numérique p1xelfool. Et oui, on peut brancher une manette NES et lancer une cartouche pour jouer à ses classiques 8-bit directement dessus.
Pas de prix, mais beaucoup d'envie
Comme souvent avec les créations de Love Hultén, la NES-SY2.0 est une pièce artisanale en série très limitée. Aucun prix n'a été communiqué, ce qui laisse penser que c'est le genre d'objet qu'on ne trouve pas en rayon chez Fnac. Les précédentes créations du designer suédois se négociaient à plusieurs milliers d'euros.
C'est le genre d'objet qui fait rêver les fans de retrogaming et de musique électronique en même temps. Un synthé polyphonique qui crache du chiptune et qui en plus lit les cartouches NES originales, c'est quand même un sacré programme.
Et bien pourquoi pas ? Ce garçon a en effet réussi à produire de la musique, simplement en pointant un laser de 5 watts sur une feuille d'or. Pas de membrane, pas de bobine, pas d'aimant : le son est généré directement par l'air, chauffé et refroidi à grande vitesse par le faisceau lumineux.
Cet concept a un nom, c'est l'effet photoaoustique, et il a été découvert en 1880 par Alexander Graham Bell, l'inventeur de la cloche (non ça c'est une vanne, pardon).
Un effet vieux de 145 ans
L'effet photoacoustique a été découvert par Alexander Graham Bell en 1880 en observant que des objets éclairés par la lumière du soleil pouvaient émettre des sons. Quand une lumière intense frappe un matériau, elle le chauffe.
Ce matériau transfère sa chaleur à l'air environnant, qui se dilate. Si la source lumineuse est modulée rapidement, les cycles d'expansion et de contraction de l'air produisent des ondes sonores. Pas besoin de membrane ni de bobine. Juste de la lumière et de l'air.
De la feuille d'or au casque imprimé en 3D
Le maker SomethingAboutScience a testé plusieurs approches. Un laser de 5 watts dirigé sur une feuille d'or a produit de la musique reconnaissable, la feuille d'or absorbant bien la lumière bleue et étant assez fine pour transférer rapidement la chaleur à l'air.
Le même laser dirigé dans du dioxyde d'azote a donné un son plus propre. Il a même fabriqué un prototype d'écouteur imprimé en 3D, avec la feuille d'or tapissant l'intérieur de la cavité et la lumière acheminée par fibre optique.
Bon par contre, c'est peut-être un peu moyen de coller un laser de 5 watts à son tympan, je dis ça je dis rien.
Des pistes concrètes
L'application la plus directe concerne les casques audio pour IRM. Les écouteurs classiques à fils et aimants fonctionnent mal dans l'environnement magnétique d'un scanner, et la qualité sonore est souvent catastrophique.
Un système photoacoustique réglerait ce problème en supprimant tout composant métallique. Des chercheurs du MIT ont aussi montré qu'on pouvait envoyer un message audio à une personne située à 2,5 mètres en utilisant un laser et la vapeur d'eau présente dans l'air, à un volume de 60 décibels.
On parle d'une technologie découverte il y a 145 ans et qui reste au stade de la bidouille. Mais produire du son sans aucune pièce mécanique, juste avec de la lumière, ça a quand même de la gueule.