Windows 1.0, le System 6 d'Apple, NeXTSTEP, Multics... Tous ces OS que vous croyiez disparus, hé bien aujourd'hui vous pouvez les rebooter sans avoir à ressortir le moindre vieux matos de votre grenier !
Le bureau de NeXTSTEP 3.3, l'OS de NeXT, la boîte montée par Steve Jobs après Apple
Et ça c'est grâce à Andrew Warkentin qui a rassemblé plus de 1700 systèmes pré-installés, soit des centaines d'OS différents une fois comptées toutes leurs versions, dans son
Virtual OS Museum
. Ça remonte jusqu'au
Manchester Baby
de 1948 (avec l'ancêtre du premier OS), et se termine avec les bêtas de
Longhorn
côté Windows.
LisaDraw sur Apple Lisa Office System 3.1, une interface graphique de 1983
Pour découvrir tout ça, il vous faudra installer une grosse appli Linux qui sert de lanceur. Ensuite, vous cherchez un système, vous filtrez par catégorie, vous double-cliquez, et hop, le vieux bestiau démarre dans son émulateur, déjà configuré. Ça s'appuie sur QEMU, VirtualBox ou UTM, avec des snapshots pour pouvoir revenir en arrière sans rien perdre. Deux formats du musée virtuel sont proposés au choix : La version complète à environ 170 Go qui fonctionne hors-ligne (de quoi faire suer votre SSD ^^), ou la version lite à 20 Go qui pioche les images à la demande. Y'a pas de torrent, c'est que du téléchargement direct, donc à quelques Mo/s, prévoyez la nuit pour récupérer ça.
Mais surtout derrière ce projet d'Andrew Warkentin, y'a vingt ans de collecte. Andrew bricole des émulateurs et archive des images disque depuis le milieu des années 2000, et il voulait juste rendre tout ça accessible d'un coup. Son idée c'était de rendre accessible le plus possible de cette histoire des OS qui a été préservée un peu partout.
IRIX 6.5 de Silicon Graphics, le Unix des stations graphiques SGI
C'est du x86-64 pour l'instant (de l'ARM est prévu de ce que j'ai compris), et la licence ne couvre que le lanceur, les scripts et les métadonnées, en non-commercial uniquement.
Après, les vieux Windows ou Mac OS, eux, restent dans le flou juridique habituel de l'abandonware, que les archivistes pratiquent sans que ça vaille pour autant autorisation des ayants droit. Et non, tout n'est pas magique, puisque certains vieux systèmes réclament encore des réglages à la main.
Plan 9 des Bell Labs et son éditeur acme, l'OS pensé pour l'après-Unix
Mais perso, je trouve que ça vaut largement le détour. Maintenant, si les collections préconfigurées vous parlent, c'est la même philosophie que
Retro-eXo
côté jeux DOS et Windows, ou que ces
émulateurs DOS dans le navigateur
, version OS complets cette fois !
Bref, si fouiller dans presque 80 ans d'informatique vous tente, c'est sur
virtualosmuseum.org
.
Un développeur connu sous le pseudo
ThroatyMumbo
a réussi à porter Windows CE 2.11, un Windows allégé que Microsoft avait sorti à la fin des années 90 pour les petits assistants personnels et certains routeurs, sur une vraie console Nintendo 64
On ne parle pas d'un émulateur ici, mais bien d'une N64 qui démarre sur un vrai bureau Windows, avec sa barre des tâches, son explorateur de fichiers et la possibilité de lancer des programmes CE.
Pour bien comprendre le délire, il faut savoir que la N64 et Windows n'ont pas grand chose en commun. La console utilise un processeur MIPS et un système maison signé Nintendo. Windows CE, c'est l'inverse : un système Microsoft conçu pour tourner sur des appareils embarqués comme les assistants personnels.
Sauf que les deux mondes se croisent sur deux points clés. Windows CE tournait déjà sur des puces MIPS à l'époque, et il était conçu pour vivre avec à peine 1 Mo de RAM, ce qui correspond pile aux capacités de la N64. ThroatyMumbo s'est inspiré de l'IBM Workpad Z50, un ancien assistant qui tournait sous CE sur du MIPS, pour se dire que le portage était techniquement faisable.
Côté méthode, le kernel Windows CE d'origine n'est pas modifié. Tout le travail est dans la couche d'abstraction matérielle, la fameuse HAL, qui sert d'interface entre le système et le matériel. Le développeur a écrit la sienne de zéro pour la N64 : démarrage, gestion des interruptions, du timing, de l'affichage.
Le contrôleur N64 devient une souris (le bouton A pour clic gauche, le B pour clic droit, logique). L'EverDrive-64 X7, une cartouche qui fait office de lecteur SD, sert de disque dur. Et le son passe par la puce audio d'origine de la console.
Ce qui marche est franchement bluffant : déplacer les fenêtres, fermer une boîte de dialogue, naviguer dans les fichiers, lancer des exécutables CE tiers, et même afficher une démo 3D qui utilise la puce graphique de la console. Ce qui ne marche pas : pas de clavier physique, pas de réseau, et il faut le SDK Windows CE 2.11 de Microsoft, qui n'est plus commercialisé depuis longtemps.
Aucune utilité concrète, évidemment. Personne ne va remplacer Mario Kart 64 par Word pour Windows CE. Mais c'est rigolo, et permet de prouver qu'on peut faire un truc complètement absurde, juste parce que c'est techniquement intéressant.
En 1994, Creative Labs, le fabricant des fameuses cartes son Sound Blaster, a sorti un truc complètement fou : la 3DO Blaster, une carte ISA (le format d'extension standard des PC de l'époque) qui contenait littéralement une console 3DO entière, prête à être greffée dans un PC 386 ou 486.
Tous les composants graphiques et audio de la machine y étaient embarqués. Le PC servait juste d'écran et de boîtier. Le prix à l'époque : 399,95 dollars, soit exactement le tarif d'une vraie console 3DO chez Panasonic. L'idée commerciale était géniale.
The Retro Collective, un musée britannique dédié au matériel rétro, vient d'en recevoir une pour sa collection. Petit problème, la carte ne marchait que si on appuyait sur l'un de ses coins. C'est le genre de symptôme qui sent le faux contact, autrement dit des broches qui ne touchent plus le circuit imprimé. Un peu de fer à souder plus tard, plus quelques autres petites réparations, et la 3DO Blaster a retrouvé l'usage de la parole.
Pour rappel, la 3DO n'était pas exactement une console comme la PlayStation ou la Nintendo 64. C'était une spécification technique que les fabricants pouvaient utiliser pour construire leur propre machine.
Panasonic, Sanyo et Goldstar s'y sont collés. Sur le papier, le matériel tenait la route face à la première PlayStation. En pratique, le succès commercial n'a jamais suivi, faute de jeux marquants et avec un prix de lancement perché trop haut. La plateforme a végété puis disparu.
La Blaster avait en plus une bizarrerie qui n'a pas aidé à son adoption. Creative imposait un lecteur CD-ROM précis pour fonctionner, le CR-563, une variante maison d'un modèle Panasonic. Vous aviez la carte, le bon PC, mais le mauvais lecteur ? Tant pis. Mariage forcé pour qu'un produit déjà bancal trouve son public. Et comme il fallait aussi une Sound Blaster pour le son, la facture montait vite.
La carte est sortie aux États-Unis, au Royaume-Uni et en quelques marchés asiatiques, puis a quasiment disparu des radars. Aujourd'hui, en voir une en état de marche est rare.
Quand le musée fera tourner Shock Wave ou Gridders ce week-end devant les visiteurs, ce sera l'un des seuls endroits au monde où une 3DO Blaster sera de nouveau opérationnelle.
Bref, un produit absurde, un tarif absurde, un montage absurde. J'adore. D'ailleurs ça me donne envie de relancer des jeux 3DO sur ma Recalbox !
Wikipedia, vous connaissez ça par cœur j'imagine... Hé bien vous allez redécouvrir la plus connue des encyclopédies grâce à Sami Smith qui a lancé
explorer.samismith.com
, qui transforme quasiment toute l'encyclopédie en fenêtres d'explorateur de fichiers Windows XP. Les catégories sont présentées comme des dossiers, les articles s'ouvrent dans une fenêtre façon WordPad, et le menu Démarrer est là, fidèle à l'original.
Vous double-cliquez sur l'icône Wikipedia du bureau, et vous tombez sur les grandes catégories qui ont l'apparence des fameux petits dossiers jaunes : Art, Music, Sports, Academic disciplines, Economy...(oui c'est en anglais). Vous fouillez de dossier en dossier comme dans Mes Documents en 2003, et quand vous ouvrez un article, il s'affiche dans une fenêtre WordPad avec le petit lien "Open on Wikipedia" en bas. Tout Wikipedia est ainsi navigable de cette façon, sauf, d'après Sami, la centaine de pages qui n'ont encore aucune catégorie assignée.
Y'a aussi une icône Media, et là c'est Wikimedia Commons qui se transforme en explorateur d'images par catégorie. Vous voulez voir des bousiers ? Vous descendez dans commons/animals/insects_by_common_named_groups/dung_beetles et vous avez 47 objets, photos et vidéos comprises. Et un petit clic droit sur n'importe quelle image et vous pouvez la mettre en fond d'écran du faux bureau XP.
Et le projet ne s'arrête pas là puisqu'il y a aussi un Geofile Explorer, encore en chantier, pour explorer la Terre. Pour ce projet, Sami s'est inspiré des
Wiki Files de Neal.fun
, de
Depths of Wikipedia
, le
nested d'Orteil
, ou encore
XP.css
. Bref, c'est une déclaration d'amour pour le web chelou et les interfaces d'antan, comme je les aime !
Et si ce genre de capsule rétro vous parle, je vous avais aussi parlé des
émulateurs DOS dans le navigateur
... c'est la même came nostalgique.
Voilà, c'est gratuit, ça tourne dans le navigateur, et c'est aussi inutile qu'indispensable (bisou à Jérôme Bonaldi, le GOAT !!). À découvrir ici :
explorer.samismith.com
!
La bidouilleuse Maddie Dreese a réussi un sacré exploit les amis ! Elle a fait tourner un vrai modèle IA sur une Game Boy Color tout ce qu'il y a de plus basique.. Pas besoin de PC ni d'appels à un service tiers en ligne, mais simplement avec un peu de code qu'elle a mis sur une cartouche.
Le modèle qu'elle utilise s'appelle TinyStories-260K, et c'est un mini-LLM signé Andrej Karpathy (l'ex-Tesla et OpenAI), conçu à l'origine pour générer des petites histoires pour gamins.
Maddie n'a pas créé un modèle from scratch, mais elle a écrit le moteur (le transformer) qui fait tourner un modèle existant (TinyStories) sur la Game Boy. Le projet
est sur GitHub
et si vous voulez vous lancer, il vous faudra une Game Boy Color, un
EZ Flash Junior
(lien affilié) et une microSD pour flasher la ROM.
Côté bidouille, c'est assez velu. Je vous rappelle que le processeur de la Game Boy date de 1998 et ne sait pas faire de calculs avec des virgules. C'est pourquoi Maddie a dû reconvertir tout le modèle en nombres entiers pour qu'il puisse tourner. Et comme la mémoire de la console est ridicule, le contexte de la conversation est stocké directement dans la cartouche durant la génération.
Pour vous donner une idée des proportions, TinyStories-260K, c'est 260 000 paramètres. ChatGPT, lui, en a plusieurs centaines de milliards. Et comme le contexte est plafonné à 16 mots maximum, vous pouvez oublier les longues conversations. Bref, on est à des années-lumière de
ce que votre PC pourrait faire tourner
.
Et puis c'est lent. Genre vraiment trèèèès lent. Sans parler ce qui est produit comme texte en sortie, qui est souvent du charabia parce qu'à force de compresser la précision du modèle pour le faire rentrer dans la cartouche, il finit par perdre les pédales. Mais ça marche, et c'est tout ce qui compte !
Faut dire que pour une console qui faisait tourner Pokémon Or en 1999, c'est miraculeux ! Maddie de son côté, explique avoir pas mal utilisé Codex pour pondre le code, et le résultat est plutôt chouette.
Voilà, la Game Boy n'a jamais eu vocation à devenir un PC, à part peut-être avec le
WorkBoy
, le PDA fantôme dont je vous parlais y'a pas longtemps mais là, avec ce projet, elle s'en rapproche encore un peu plus...
UnDUNE II
, c'est Dune II qui tient en entier dans une
PICO-8
, cette fameuse "fantasy console" dont je vous ai déjà parlé.
Ça a donc pris près de trois ans de boulot pour Paul Nicholas (alias Liquidream) afin de faire tenir le RTS culte de Westwood Studios dans 128x128 pixels et 16 couleurs. 3 factions, 21 unités, 19 bâtiments, neuf missions, et oui, c'est jouable depuis le navigateur.
Et si vous préférez faire tourner le binaire en local, des versions Windows, macOS, Linux et même Raspberry Pi sont dispos sur la
page itch.io du projet
. Le tout est distribué en freeware et jouable avec la souris / clavier ou avec la manette.
Petit rappel pour les plus jeunes quand même, Dune II - The Building of a Dynasty (de Westwood, sorti en 1992), c'est le jeu fondateur du RTS moderne. Command & Conquer est son successeur direct chez Westwood, et tous les RTS qui ont suivi (Warcraft, StarCraft, Age of Empires) lui doivent quelque chose.
Il faut construire sa base, récolter l'Epice, envoyer des unités combattre, gérer le brouillard de guerre... etc.
Mais alors comment a-t-il fait pour que UnDUNE II tienne dans cette minuscule machine qu'est le PICO-8. Hé bien le projet est splitté en 12 cartouches qui se chargent à la volée et se passent l'état du jeu entre elles. Tout Dune II tient dans environ 384 Ko de ROM totale, soit carrément moins qu'une photo JPEG moderne.
Et côté contenu, c'est dingue de voir ce qu'il a réussi à y caser. C'est loin d'être une version light ou amputée puisque les 3 maisons sont jouables (Atreides, Harkonnen, Ordos) + les Sardaukar en bonus au niveau 4, et on retrouve les trois
Mentats
classiques avec leurs briefings, plus 9 missions par faction avec carte animée et intro entre chaque niveau. Les armes de palais sont également spécifiques à chaque faction, et bien sûr les vers des sables peuvent gober une unité entière. Même les
Carryalls
font le taxi !
Bref, tout y est !
Et les détails de gameplay sont là aussi comme la capture de bâtiments ennemis (y compris les moissonneuses), le radar à deux résolutions selon les structures construites, la sauvegarde automatique entre missions, plusieurs niveaux d'IA, des stats de fin de mission avec ranking.
Sans oublier la musique et les SFX qui ont été refaits from scratch dans le tracker PICO-8 par Chris Donnelly (Gruber_Music).
C'est donc exactement comme en 1992, mais en 128x128.
Notez aussi que le sous-titre "The Demaking of a Dynasty" de ce portage a été suggéré par Tom Hall lui-même. Oui, ce Tom Hall, designer de Commander Keen chez id Software !
Et y'a même
une communauté speedrun
qui s'est formée autour du projet et côté propreté du code, c'est aussi clean que
POOM
, l'autre demake fou de PICO-8 qui fait tourner un FPS façon Doom (6 niveaux originaux) en 128x128.
Bref, si ça vous dit d'essayer, c'est
par ici
, c'est gratuit. Par contre, méfiez-vous des vers de sable !!
Le Fisher Price Pixter, ce jouet éducatif à écran tactile que Mattel vendait entre 2000 et 2002, vient de se faire passer au scanner par
Dmitry Grinberg
.
Alors ce truc n'est pas le truc le plus répandu qui soit, surtout par chez nous, mais on en a trouvé quand même quelques uns à l'époque, et si ça se trouve vous en avez eu un.
C'est un appareil cartouches que les gosses utilisaient pour dessiner et écouter de la musique. Personne ne l'avait jamais documenté correctement. Aucune doc officielle, des cartouches un peu obscures, et un écosystème abandonné depuis 2007.
Et le plus drôle, c'est ce qu'il a trouvé dedans. La version Pixter Color, deuxième génération, embarque un SoC ARM Sharp LH75411. Pour un jouet destiné à un gamin de cinq ans, c'est franchement impressionnant. La version Classic, plus ancienne, tourne sur un 6502, le même processeur que le Commodore 64 ou la NES.
Sauf que par-dessus ce hardware, les ingénieurs avaient ajouté une couche logicielle qui faisait croire au programme qu'il tournait sur une machine totalement différente, en pratique une sorte de processeur virtuel 16 bits pour la Color, 8 bits pour la Classic. Probablement parce qu'à la base ils visaient une autre puce et qu'ils ont dû pivoter en cours de route.
Dmitry a tout passé au crible. Hardware, implémentation audio (qu'il qualifie lui-même de "sauvage"), dump des cartouches une par une, écriture d'émulateurs pour préserver le truc. Il a même rajouté le support du LH75411 dans uARM, son émulateur ARM maison. En quelques semaines. Et au passage, il a porté PalmOS 5 sur le Pixter Color, ce qui n'a strictement aucune utilité mais c'est quand même drôle.
Le pourquoi de tout ça, c'est de la conservation. Ces appareils disparaissent, leurs cartouches se fissurent, leurs piles fuient, et dans dix ans il ne restera plus rien à étudier. Sans des bricoleurs comme Dmitry, des pans entiers de la culture jouet électronique des années 2000 s'effacent doucement.
Plus de 4 000 commits, 5 ans de décompilation acharnée, et selon l'équipe
ZeldaRETle plus gros projet de reverse-engineering jamais bouclé sur un jeu Nintendo. Voilà tout ce qu'il a fallu à la team
Twilit Realm
pour livrer Dusk, leur portage natif de Zelda Twilight Princess sur Windows, macOS, Linux, iOS et même Android.
La sortie officielle a eu lieu samedi dernier, et le projet fait son petit effet dans la communauté retrogaming.
Link traverse les plateformes dans Dusk (capture du
site officiel
)
Pour faire fonctionner le jeu, vous devez récupérer le binaire Dusk sur
GitHub
, puis lui fournir votre propre dump du jeu GameCube car la team ne distribue aucun asset de Nintendo pour limiter le risque juridique... Après je vous fais confiance pour en trouver tombé du camion... ^^.
Et hop, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, vous vous retrouvez à jouer à Twilight Princess sur votre Steam Deck, votre iPhone, votre laptop M3, votre tour Linux ARM64, peu importe... Tout ça sans émulateur Dolphin puisque le code GameCube a été reverse-engineered au niveau machine puis recompilé pour le matériel moderne, ce qui donne un vrai portage natif avec les avantages habituels : framerate déverrouillé, résolutions HD, modding facilité, performances qui dépotent (sous réserve d'un GPU compatible D3D12, Vulkan ou Metal, les vieux iGPU Intel et certains Adreno galèrent encore).
Le moteur du jeu original tournait à 30 refresh par seconde (en anglais on dit "ticks", c'est le nombre de fois où le moteur rafraîchit / recalcule la 3D du jeu) , c'est-à-dire que la simulation du monde se mettait à jour 30 fois par seconde, point final. La team a gardé ce taux à l'identique pour préserver le comportement de simulation proche de l'original, ce qui rassure surtout les speedrunners.
Sauf que maintenant, le rendu visuel, lui, peut tourner à 144 Hz ou plus. Donc entre deux refresh, Dusk calcule où devraient se trouver les objets et interpole leur position pour produire une image fluide. Vous gardez ainsi la mécanique de 2006, mais l'affichage est de 2026, donc c'est spleennnndiiiiide ! C'est une approche comparable à celle de
Ship of Harkinian
sur Ocarina of Time.
Côté plateformes, c'est pour Windows x86-64, macOS Intel et Apple Silicon, Linux x86-64 et ARM64, iOS via AltStore et Android en APK direct. Pas de version Switch par contre, et n'ayez pas d'espoir car l'équipe a été claire sur le sujet. Pour des raisons techniques (et j'imagine juridiques) ils n'envisagent pas de port natif sur la console actuelle. Les versions Wii et les autres régions GameCube sont également en chantier, mais pour l'instant ce sont les versions GameCube USA et EUR qui sont supportées. Le projet vérifie même le hash SHA-1 de votre dump pour s'assurer qu'il correspond à une version compatible avant de lancer quoi que ce soit.
Link en wolf enchaîné dans le donjon initial (capture du
site officiel
)
L'ensemble est sous licence CC0, domaine public, zéro restriction, ce qui veut dire que vous pouvez forker, modifier, redistribuer le code sans contrainte. Le projet repose sur la décompilation
zeldaret/tp
, menée depuis août 2020 par une communauté internationale de speedrunners et de devs reverse-engineers.
C'est le même schéma juridique qui a permis à
Zelda 64 Recompilé
de prospérer. Les projets évitent de distribuer des assets Nintendo, mais ça ne supprime pas tout risque de notification DMCA puisque la légalité dépend aussi de votre juridiction et de la manière dont le dump a été obtenu (DMCA section 1201 aux US, qui interdit en principe le contournement de protection, donc la prudence reste de mise).
Maintenant, faut pas se voiler la face sur le destinataire d'une lettre recommandée potentielle puisque Nintendo a fait sauter
yuzu et son fork Suyu
en 2024 avec 2,4 millions de dollars de règlement à la clé, Ryujinx a mis la clé sous la porte en octobre dernier sous pression directe, Garry's Mod a dû purger 20 années de contenu Nintendo de son workshop, et la société attaque actuellement Palworld sur des brevets de gameplay déposés à la va-vite.
Donc même quand un projet respecte le droit à la lettre, la firme japonaise a les moyens de noyer une équipe bénévole sous des frais d'avocats jusqu'à épuisement total. Les ports type Ship of Harkinian tiennent depuis plusieurs années déjà sans procédure, mais rien ne garantit que Dusk passera entre les gouttes. Si vous voulez profiter du jeu sur PC, je vous conseille donc de cloner le repo en local et de mettre le binaire de côté quelque part, on ne sait jamais....
Link récupère un fragment de coeur (capture du
site officiel
)
Pour l'installation, vous filez sur le repo GitHub, vous chopez le binaire de votre plateforme, vous pointez le launcher vers votre dump GameCube (que vous avez fait vous-même depuis une Wii moddée en suivant le guide du wiki Dolphin, hein...), et c'est parti mon kiki.
En 1992, Eddie Gil de la boîte anglaise Source R&D et Frank Ballouz de Fabtek s'étaient mis en tête d'une chose : transformer la Game Boy en PDA. La console à pile AA de Nintendo avec son écran vert pissette devait, dans leurs rêves les plus fous, devenir l'agenda électronique des cadres dynamiques. Le projet s'appelait WorkBoy, et il a même été présenté au CES en 1992, puis... plus rien.
Évaporé durant 28 ans.
Jusqu'à ce qu'en 2020,
Liam Robertson, le mec derrière DidYouKnowGaming
, retrouve un prototype fonctionnel chez Frank Ballouz lui-même. Ballouz l'avait sur son étagère depuis trois décennies. Quand Robertson l'a contacté, il lui a lâché tranquillou : "Oh yeah, j'ai le WorkBoy derrière moi" et après 7 mois de relances, le proto est finalement arrivé dans les mains de Robertson pour être testé en vidéo :
Le WorkBoy, c'est un clavier QWERTY plus gros que la Game Boy elle-même, avec une cartouche dédiée qui se branche dans l'emplacement où d'ordinaire, on met les jeux. Et à l'intérieur du clavier, il y a une horloge, de la mémoire interne (la Game Boy n'en avait pas, c'était LE problème majeur de l'époque), ainsi que tout un OS de bureautique de poche.
Et au menu des fonctionnalités, on avait donc le droit à un calendrier, un répertoire téléphonique, un convertisseur d'unités (parce qu'en 1992 vous saviez jamais quand ce serait le moment de convertir des pieds en mètres en pleine réunion), une calculatrice, et même un traducteur multilingue.
Mais le clou du spectacle, c'est la carte du monde qui jouait... les hymnes nationaux en 8-bit ! Voilà, je crois que là, tout est dit ! Vous cliquez sur la France, et hop vous avez la Marseillaise version Tetris. Vous cliquez sur l'URSS, vous avez l'Internationale en mode bip-bip. C'était fou pour l'époque !!
Eddie Gil avait passé des années à peaufiner ce truc, et Ballouz utilisait son carnet d'adresses Nintendo (il avait été cadre chez Nintendo Of America du temps des bornes d'arcade) pour pousser le projet en interne. Le lancement était alors prévu pour décembre 1992... l'usine était prête et la certification quasi bouclée.
Et puis Nintendo a annoncé qu'ils allaient faire baisser le prix de la Game Boy !! C'était la cata car d'un coup, l'accessoire WorkBoy, à 90 dollars environ, devenait plus cher que la console qu'il était censé compléter !
Ballouz a refait ses calculs, a fait la grimace, et a annulé la production quelques mois avant le CES. Game over pour le projet. Et voilà comment pendant trois décennies, le seul souvenir tangible du projet, c'était quelques photos floues et une marque déposée.
Mais le truc cool suite à cette redécouverte, c'est que Robertson a aussi mis la main sur le code source du WorkBoy via le fameux
Nintendo Gigaleak
de 2020 (c'était une fuite massive des serveurs Nintendo qui a balancé pelle-mêle des ROMs prototypes, du code source, des trucs internes...).
Un anonyme sur Twitter lui a alors signalé qu'on pouvait choper la ROM en ligne. Robertson était mal à l'aise avec la source car c'était du code volé, mais bon, il a fini par graver le binaire sur une cartouche et réussi à faire tourner le proto.
Et là, surprise : le truc a fonctionné nickel. "C'est plus rapide que mon ancien smartphone", a balancé Robertson. Faut dire qu'en 1992, avoir une UI réactive sur un écran 160×144 pixels en 4 nuances de vert, c'était de l'orfèvrerie. À l'époque, les développeurs savaient optimiser leur code au cycle CPU près, et ça se voyait...
Par contre, le WorkBoy nécessitait obligatoirement le hardware physique pour fonctionner correctement car l'horloge et la mémoire interne sont dans le clavier et pas dans la cartouche. Du coup, l'émulation pure ne suffisait pas. C'est probablement pour ça qu'on n'en avait jamais entendu parler avant que Ballouz daigne sortir le sien du grenier.
Ce WorkBoy disparu était l'incarnation parfaite de cette ère charnière où on cherchait à entasser de la productivité dans tout ce qui avait un microprocesseur. Comme quoi, bien avant le PalmPilot (1996), dans la foulée du Psion 3 (sorti un an plus tôt), Nintendo et ses partenaires avaient donc déjà flairé le truc.
Voilà un projet qui sort un peu de l'ordinaire. Un développeur a passé huit mois à réimplémenter intégralement l'Apple Lisa, l'ordinateur lancé par Apple en 1983, à l'intérieur d'un FPGA. Le résultat tourne.
Il charge le système d'exploitation Lisa OS et fait fonctionner les logiciels de l'époque comme à la sortie de la machine, sans la moindre puce d'origine. Juste une description matérielle Verilog/VHDL synthétisée sur une carte FPGA moderne.
Pour ceux qui ne suivent pas le rétro-Apple, l'Apple Lisa, c'est l'ancêtre direct du Macintosh. Premier ordinateur grand public d'Apple à intégrer une interface graphique avec souris, prévu pour les pros, mais vendu à un prix faramineux à l'époque (autour de 10 000 dollars de 1983), ce qui l'a tué commercialement avant que le Mac plus accessible vienne reprendre le flambeau l'année suivante.
Aujourd'hui, les Lisa qui marchent encore sont des objets de collection rares, surtout que les disques Twiggy d'origine étaient une catastrophe en termes de fiabilité.
Recréer la machine en FPGA permet de la faire vivoter sans dépendre de pièces qui n'existent plus, et c'est aussi un bel exercice de reverse engineering. Il faut bien bien comprendre le bus, le contrôleur graphique, les puces custom, les timings exacts, et tout retranscrire dans un langage de description matérielle.
Le développeur a documenté chaque sous-système au fil de la construction... On parle là d'un travail de fond qui ferait passer une thèse pour un travail dominical.
Le projet est documenté en vidéo. Le créateur explique chaque étape du portage, les bugs rencontrés (le Lisa avait un système de gestion mémoire inhabituel pour l'époque), et démontre l'ordinateur en train de tourner sur sa carte FPGA finale. Les fichiers du projet (sources Verilog, schémas, images de ROM) sont a priori disponibles pour les amateurs qui veulent reproduire la chose à la maison.
C'est chouette comme projet ! Le rétro-computing à coup de FPGA, c'est probablement la seule façon de garder vivantes des machines comme la Lisa pour les décennies qui viennent.
Mackie Kannard-Smith vient de sortir
Kawaii
, une GameCube qui tient dans un porte-clés avec une vraie carte mère Nintendo dedans. Pas d'émulation ni de Raspberry Pi déguisé mais juste du silicium d'origine charcuté à mort pour rentrer dans 60 × 60 × 15,8 mm ! Pour vous donner une idée, c'est plus petit qu'une Game Boy Color et c'est le boîtier en alu bleu anodisé qui fait office de dissipateur thermique passif.
Le truc tourne en réalité sur une carte mère de Wii sévèrement modifiée. Mackie a choisi la Wii (sortie en 2006) plutôt que la GameCube d'origine, parce que la Wii partage la même architecture mais avec une finesse de gravure plus récente. Du coup, c'est plus facile à miniaturiser même si pour arriver à ses fins, il a dû appliquer une technique baptisée Omega Trim qui consiste à tronçonner la PCB multicouche au scalpel et à reconnecter chaque piste à la main avec du fil ultra-fin. Pas simple quand on a des gros doigts ^^.
L'encodeur AV est délocalisé, la NAND flash relogée ailleurs, et le processeur est sous-volté dynamiquement via un régulateur custom. Vous chargez alors les jeux sur une carte microSD qui est scellée à l'intérieur !
Alors pour changer de jeu, il n'y a pas d'autre choix que de littéralement désassembler la console. C'est pas top côté pratique mais comme c'est du prototype de l'extrême et pas une console destinée au grand public, je pense que ça passe ^^.
Et là où c'est bien fichu je trouve, c'est avec le dock magnétique composé de pogo-pins, de 4 ports manettes GameCube d'origine, d'un USB-C pour l'alim, et d'une sortie AV analogique. Comme ça vous posez simplement la console sur la base et vous vous retrouvez avec un setup de salon classique.
Côté température, sans ventilo externe, ça chauffe vite par contre. Le boîtier alu fait son boulot, mais y'a quand même des limites physiques qu'on ne peut pas changer... Donc impossible de l'utiliser trop longtemps sans y ajouter un refroidissement actif en plus (genre ventilo ou watercooling).
Après, vous le savez, j'adore ce genre d'exploit et ce n'est d'ailleurs pas le premier mod du genre que je vous présente. Je vous avais déjà parlé du
Short Stack
de loopj, qui réduisait une Wii au format d'un paquet de cartes. Et devinez quoi, loopj a aussi contribué à Kawaii !
En réalité, cette communauté de tarés du fer à souder se retrouve sur le forum
BitBuilt
, où ils s'échangent les techniques de découpe extrême depuis des années, alors si vous voulez vous lancer, c'est the place to be !
Les fichiers de conception de la console Kawaii
sont publiés sur GitHub
, mais Mackie prévient : y'a aucun guide de build, et la réplication est "extrêmement difficile". En clair, c'est pas un mod du dimanche.
Faut une station de soudage à l'air chaud, une loupe binoculaire, des nerfs en acier et une connaissance fine de l'architecture Wii. À vrai dire, c'est sûrement plus simple d'attendre qu'un mod commercial inspiré du projet sorte un jour (coucou la GameCube Mini qui sortira probablement un jour...). Maintenant, si vous voulez voir la bête en action, Macho Nacho Productions a sorti une review de 21 minutes qui fait bien le tour de la machine :
Bref, Kawaii ça sert à rien, c'est techniquement aberrant comme dirait l'autre, et c'est exactement pour ça que c'est classe !
DOOM, Fallout, Theme Hospital, Civilization... il y a sur le web des milliers de jeux DOS jouables directement dans votre navigateur, gratuitement, sans installer quoi que ce soit. Car oui mes amis, l'émulation DOS dans le browser a vraiment mûri, et il existe des dizaines de bons sites qui vous permettent de jouer à tout un tas de jeux disparus. Je vous propose donc une bonne dizaine d'entre eux classés par ordre alphabétique.
Mais avant, faut savoir que tous fonctionnent plus ou moins sur la même base. C'est du DOSBox compilé en WebAssembly pour tourner dans un onglet de votre navigateur et ensuite la différence entre tous ces sites se joue sur leur catalogue, la légalité du contenu qu'ils proposent, et quelques fonctionnalités bien pensées. (Si vous cherchez plutôt à faire tourner des vieux .exe Windows,
RetroTick
fait ça très bien aussi.)
On commence par Best DOS Games le petit nouveau sorti en 2023 qui compte déjà +900 jeux et 50 000 joueurs. Ce qui le démarque surtout ce sont ses fonctionnalités de sauvegarde cloud et de Hall of Fame communautaire si vous avez un compte. C'est un super site très agréable à utiliser au quotidien notamment grâce à son interface.
Best Old Games, lui, dépasse volontairement le cadre des jeux DOS : SNES, Commodore 64, arcade, ZX Spectrum, Master System... Il est ligne depuis 2004, couvre +600 titres sur 9 plateformes, et tous les jeux sont disponibles en téléchargement ou à jouer directement en ligne. L'angle abandonware est d'ailleurs totalement assumé, par contre, certains titres n'ont pas encore de version jouable en ligne. Ce sera donc uniquement du téléchargement pour cela. Hyper pratique donc si votre nostalgie du gaming ne s'arrête pas à MS-DOS, mais un peu fourre-tout.
DOS Games Archive pousse la philosophie de préservation depuis 1998, avec 1 641 jeux répartis dans 17 catégories. Le site dispose d'un blog et d'un forum toujours très actifs et il propose uniquement du contenu légal (shareware, freeware, domaine public). Le truc bien vu ce sont surtout ces liens directs vers GOG pour les titres dont vous voudriez acheter la version commerciale complète. Par contre, pas de sauvegardes cloud... chaque session repartira de zéro si vous quittez votre partie. Mais c'est la référence pour jouer "proprement".
DOS Zone est de loin le plus complet et le plus moderne du lot. Plus de 2 000 titres MS-DOS, sans pub, avec support mobile et mode hors-ligne. La techno derrière s'appelle js-dos, qui une implémentation DOSBox compilée en WebAssembly. Et tenez vous bien, le site vous propose également un Game Studio pour créer et publier vos propres jeux DOS directement depuis le navigateur. Y a de quoi y passer des heures !!
DOSGames.com c'est le vétéran de la scène ! Ce site est en ligne depuis janvier 1999, bien avant YouTube, Twitter ou Facebook ! Il a été fondé par Darren Hewer qui voulait sauvegarder tous ces titres DOS "devenus difficiles à trouver" à l'époque. Il propose plus de 2 300 jeux shareware et freeware légaux. L'interface a un peu vieilli (comme nous tous ^^) mais 25 ans de fidélité au poste, ça force le respect !
L'Internet Archive n'est pas à proprement parler un site de jeux puisque c'est le projet de préservation numérique le plus ambitieux de la planète. Mais je ne pouvais pas faire l'impasse dessus car leur collection MS-DOS regroupe aussi des milliers de titres jouables directement dans votre navigateur, gratuitement et sans pub. Après, je trouve que l'interface est moins bien taillée pour le gaming que d'autres sites. Par contre pour dénicher un titre introuvable ailleurs, c'est le top !
MyAbandonware c'est un autre site d'abandonware de référence mondiale avec +37 000 jeux couvrant DOS, Windows, Amiga, Mac, Atari et bien d'autres plateformes. Il y a donc beaucoup de titres DOS qui sont jouables directement dans le navigateur, mais le site reste avant tout une encyclopédie du jeu rétro avec des fiches complètes : screenshots, année, éditeur, manuel...etc. Y'a tout !!! Donc c'est super précieux si vous voulez comprendre l'histoire d'un vieux titre en plus de le faire tourner.
PlayDOSGames.com lui est plus modeste et propose 655 jeux réparti dans 18 catégories, avec, s'il vous plait, de la sauvegarde dans le cloud ! Vous commencez une partie ici, et hop, vous la continuez ensuite depuis votre téléphone ou un autre ordi. Créé en 2013, et dispo en 10 langues, ce n'est donc pas le plus gros catalogue, mais c'est le meilleur pour jouer en mode nomade.
RGB Classic Games est aussi plutôt modeste puisqu'il ne propose que 565 titres, mais chaque version de chaque jeu est archivée. Le site est en ligne depuis mars 2005, et couvre aussi BeOS, que OS/2, Win16 et d'autres systèmes d'exploitation plus en marge. La plupart des titres sont à télécharger et pas à jouer en ligne donc si c'est pour passer le temps au taf, dans le navigateur sans install, laissez tomber. Mais pour les puristes qui veulent une release bien précise, c'est là qu'il faut aller !
Et puis on a WePlayDOS qui organise son catalogue par saga : Oregon Trail, Civilization, Zork, DOOM, Warcraft... Je trouve que c'est une idée intelligente pour explorer une franchise plutôt que de chercher un titre précis à chaque fois. Après le catalogue est petit donc si votre jeu n'est pas dans une saga connue, y'a des chances que vous repartiez brocouille (vous l'avez ?). Mais pour de la découverte par série, carrément bien pensé.
Pour ma part, j'ai opté pour dos.zone et Best DOS Games car je trouve que ce sont les plus riches en fonctionnalités. Mais si vous voulez de l'archive sérieuse, DOSGames.com ou DOS Games Archive conviendra mieux ! Et si votre truc c'est le multi-écrans, PlayDOSGames fera très bien le job.
Hier soir Lilian, fidèle lecteur de Korben m'a envoyé une vidéo incroyable qui retrace 5h de combat sur Age of Empires 2 résumées en 34 minutes par TheGreatReview.
Faut savoir que je suis fan d'Age of Empires
depuis le premier épisode de 1997
. AoE 1, 2, Mythology, AoE 3... j'ai laissé un nombre indécent d'heures sur ces titres, donc forcément, voir ces longues heures de matchs condensées en chouette récit, ça ravive de vieux souvenirs !
Lors de cette partie, 2 joueurs avec un très très bon niveau s'affrontent ainsi durant des heures, quasiment sans ressources, en mettant au point toutes sortes de stratégies pour faire capituler leur adversaire. De l'AoE2 raconté à la voix posée, avec beaucoup de stratégie, d'imagination et surtout de patience ! Mais je ne vais pas vous en dire plus pour ne pas vous spoiler.
Gardez-vous ça pour la pause déj', ça ne dure que 34 minutes et franchement ça vaut le coup !
Flash à sa grande époque c'était quand même tout un truc, mais est-ce que vous vous souvenez de Shockwave ? Le grand frère de Flash (techniquement c'était une autre techno bâtie sur Director mais bref...), qui était capable de faire tourner des trucs bien plus complexes que les vieux .swf ?
Et ben l'équipe derrière
DirPlayer
s'est tapé tout le reverse-engineering du moteur Director from scratch pour le ressusciter grâce à Rust et le rendre à nouveau fonctionnel dans nos navigateurs modernes !
Faut savoir qu'Adobe a débranché Shockwave Player en avril 2019 et Flash un peu plus tard, et avec eux c'est un pan entier du web rétro qui s'est retrouvé inaccessible du jour au lendemain. Du genre tous ces jeux qui tournaient sur Shockwave.com ou les vieux portails de mini-jeux des années 2000, paf, d'un coup plus moyen d'y rejouer.
Alors heureusement, pour Flash, y'a déjà
Ruffle
qui fait tourner les bons vieux .swf. Hé bien ici c'est le même principe avec DirPlayer pour les .dcr Shockwave.
L'outil se décline sous 3 formes. D'abord une
extension Chrome
qui détecte automatiquement les balises Shockwave qui traînent encore sur les vieux sites web, ce qui peut être sympa pour redécouvrir des sites des années 2000.
Y'a aussi une version standalone construite avec Electron qui embarque carrément un debugger Lingo (le langage de scripting de Director, super pratique si vous voulez bidouiller du contenu existant). Et enfin un polyfill JS auto-contenu qui réécrit les et directement sur votre site web.
Perso, pour vous faire une idée, je vous invite surtout à jeter
un oeil à la démo web
pour tester rapidement parce qu'il n'y a rien à installer. Mais dès que vous voudrez analyser ou debugger un vieux jeu en profondeur, faudra plutôt opter pour la version standalone.
Notez que DirPlayer utilise Ruffle en submodule Git donc les 2 projets sont liés et bonus côté sécurité, le tout tourne en WebAssembly avec le sandboxing du navigateur, donc y'aura plus toutes ces failles qu'on pouvait retrouver à l'époque sur l'ancien plugin Shockwave Player.
Pour les sites qui hébergent encore des applis ou des jeux Shockwave (genre archive.org, avec des musées interactifs ou des jeux des années 2000), c'est une nouvelle corde à leur arc. Et si vous avez de vieux .dcr planqués sur un disque dur, la démo web devrait pouvoir les avaler aussi (faudra tester quoi...).
Bref, grâce à Ruffle pour Flash et DirPlayer pour Shockwave, le web des années 90-2000 n'est pas encore tout à fait mort ! Un peu comme moi finalement ^^
Hier soir, je suis tombé sur GameDate et ça m'a carrément fait remonter 20 ans en arrière, à cette époque bénie l'époque où on passait toutes nos nuits sur des jeux comme Wolfenstein: Enemy Territory ou Tribes 2 sans que personne ne nous juge bizarrement. Ce site pour le moins original permet d'organiser des sessions multijoueurs pour tous les jeux que tout le monde a oubliés.
D'abord vous arrivez sur le site, ensuite vous voyez les sessions programmées par d'autres joueurs, vous cliquez sur "interested" pour celles qui vous tentent, et le jour J vous lancez le jeu pour rejoindre les autres. Chaque session affiche 2 compteurs, le nombre d'intéressés et un "expected" pondéré, histoire d'avoir une vraie idée de la fréquentation au lieu d'arriver dans un serveur fantôme.
Et si rien ne vous convient, vous pouvez créer votre propre session en quelques clics sans avoir besoin de vous créer un compte. C'est très appréciable et en parcourant le catalogue, je suis tombé sur des pépites que je croyais définitivement enterrées.
Je pense à Halo 2, Phantasy Star Online, Tribes: Ascend, Rainbow Six: Raven Shield, Total Annihilation, Worms Armageddon, GoldenEye: Source, NEOTOKYO ou Sven Co-op...etc.
La liste tourne autour de 90 jeux et continue de grandir (qui a dit CMB ?). Y'a même du Mario Kart Wii et du Mario Party en netplay pour les nostalgiques de Nintendo, du F.E.A.R. Combat pour les fans de tir tactique et toute une section pour les mods Source comme Hidden: Source ou Eternal Silence.
Après, certaines sessions du catalogue affichent "no interest" parce que personne n'a cliqué dessus, donc n'oubliez pas de vérifier les compteurs avant de poser un RTT, sinon vous risquez de débarquer dans un serveur fantôme.
Côté vie privée, le site assure puisque votre IP est transformée en hash irréversible pour empêcher les abus de vote sans permettre de remonter à vous, et la protection anti-bot passe par Cloudflare Turnstile (donc pas de captcha pénible à résoudre). Aucun cookie de tracking mais juste un localStorage pour vos préférences. Et vous pouvez en option lier un compte Discord ou Steam pour recevoir des rappels avant vos sessions.
Un site qui vous fout la paix en somme...
Même l'interface tape carrément dans la nostalgie avec un look qui nous ramène pile aux menus Steam de l'époque Half-Life 2, grâce à
vgui.css
, un projet open source qui réplique l'esthétique des jeux Source.
Y'a six thèmes au choix dont un "Legacy" qui pue les années 2000 à plein nez (perso je suis resté dessus, forcément). Vous pouvez alors filtrer par région (NA, EU, OCE, SAM), par tags (PvP, co-op, casual, ranked, modded, newbie-friendly...) et trier par sessions qui démarrent bientôt ou par popularité.
Je trouve que GameDate est vraiment une bonne idée parce que ça participe à 100% à ce mouvement de préservation du jeu vidéo, totalement dans la lignée de projets comme
EmuOS
ou des trackers communautaires qui maintiennent les serveurs en vie depuis 15 ans. Je me dis que tant que des passionnés trouvent le moyen de se retrouver pour relancer un vieux serveur Tribes 2 ou autre, ces jeux ne sont jamais vraiment morts. Ils ont juste besoin qu'on les ressorte du placard de temps en temps...
199 $ pour passer vos consoles rétro en HDMI 1080p sans bouillie de pixels et sans latence visible ? C'est ce que promet le Morph 2K, le nouveau scaler analogique-numérique de PixelFX. Pré-commandes le 1er juin, livraisons huit à dix semaines plus tard.
L'idée est de prendre n'importe quel signal analogique des consoles rétro (composite, S-Video, SCART, component) et de le balancer en 1080p sur HDMI moderne, avec une couleur 4:4:4 propre et une sortie pouvant grimper à 60 Hz en VRR.
L'appareil est même pensé pour scaler les sources les plus crades en 240p sans empâter les pixels, ce qui est le grand intérêt de ce genre de boîtier face aux convertisseurs cheap qu'on trouve à 30 € sur AliExpress.
Côté connectique, tout y est. Composite, S-Video, SCART européen, component (les fameux Y-Pb-Pr) : pas besoin de racheter trois adaptateurs séparés. Seul le VGA demande un adaptateur supplémentaire vendu à part, ce qui exclut certaines Dreamcast modées ou les vieux PC rétro. Sinon vous avez la quasi-totalité des sorties analogiques couvertes nativement.
Le Morph 2K embarque aussi un mode simulation CRT optionnel pour ceux qui veulent retrouver les scanlines, le grain et le flou caractéristique des télés à tubes. Le boîtier est WiFi, mais pas pour le streaming des parties, simplement pour les mises à jour firmware et la configuration via une interface web depuis un navigateur. Pratique quand on veut bidouiller les profils par console sans se taper un menu OSD à la télécommande.
Par rapport au Morph 4K vendu autour de 400 $, on perd la sortie 4K (donc pas de pixel-double sur écran UHD), mais 1080p sur un écran moderne, ça reste largement assez pour profiter d'une N64 ou d'une Saturn dans des conditions correctes. La cible est claire : les retrogamers qui veulent de la qualité d'image sans passer aux 400 ou 600 $ d'un OSSC Pro ou d'un RetroTink 4K.
Les pré-commandes ouvrent le 1er juin et les premiers exemplaires devraient partir 8 à 10 semaines plus tard, soit fin août si tout se passe bien côté production. Aucune disponibilité officielle confirmée pour l'Europe au moment où j'écris ces lignes, mais PixelFX livre généralement à l'international via leurs revendeurs habituels.
À ce tarif, le Morph 2K devient intéressant face aux solutions FPGA hardcore qui demandent à la fois plus de budget et plus de bidouille pour être configurées correctement.
Plus d'infos par ici
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Hackaday a relayé un projet de modification matérielle qui transforme une manette Sega Master System de 1985 en périphérique USB-C compatible avec un PC moderne ou une console de retrogaming actuelle.
Le mod ne touche pas au boîtier d'origine et garde la sensation au pouce du gamepad d'époque, tout en remplaçant l'électronique interne par une petite carte qui parle HID standard.
Le câble noir vissé d'origine est remplacé par un câble USB-C, et une carte microcontrôleur traduit les signaux des contacts mécaniques de la manette en codes HID que n'importe quel système moderne reconnaît comme un pad de jeu.
Pas de driver. Pas de pile à changer. Côté soudure, c'est plutôt accessible si vous savez tenir un fer : quelques fils à dessouder du PCB d'origine, la nouvelle carte à mettre à la place du connecteur, et c'est plié.
Beaucoup d'émulateurs modernes reconnaissent les manettes USB génériques sans pinaillage, et avoir un pad Master System d'origine sur Steam ou sur RetroPie change vraiment le ressenti des jeux 8 bits. Le D-pad rond avec les deux boutons rectangulaires garde sa logique de design qui colle aux jeux d'arcade Sega de l'époque, là où une manette PS5 ou Xbox actuelle reste surdimensionnée pour un jeu de plateforme en 256x192 pixels.
La carte est documentée et peut être reproduite. Quelques composants, un microcontrôleur courant, un bout de PCB et vous avez la base. La communauté retrogaming, qui démonte ses Master System depuis 30 ans, a maintenant une interface propre pour les ressortir sur le matériel d'aujourd'hui sans passer par un adaptateur USB générique .
Quelques bémols. Le projet ne touche que la manette, pas la console : si vous voulez jouer à Wonder Boy sur votre Master System d'origine, vous restez sur du matériel non modifié. Et la moindre erreur de soudure peut tuer un PCB qui devient difficile à racheter, vu que les manettes de qualité commencent à se faire rares sur les sites d'occasion.
À noter aussi que le mode HID basique ne propose pas de mappings pour les pads à 4 ou 6 boutons des consoles ultérieures, donc le projet reste bien centré sur l'usage Master System.
J'sais pas si vous avez remarqué, mais aujourd'hui, TOUT LE MONDE "vibe code" : On balance des prompts à un LLM, on accepte le diff sans comprendre, on commit sans relire et tadaaaa, ça fait des chocapics !
Sauf pour zsKnight et Demo qui viennent de relâcher
Super ZSNES
, après 19 ans de silence, avec un message bien en évidence sur leur page d'accueil... "No Vibe Coding. Classic development style." C'est incroyable, les deux développeurs originaux de ZSNES se sont enfin retrouvés pour réécrire leur émulateur SNES légendaire intégralement, et cette fois c'est le GPU qui prend en charge le rendu vidéo !! Youpi !
Pour ceux qui n'ont pas connu parce que ce sont des bébés qui viennent de naître, sachez que ZSNES c'était l'émulateur Super Nintendo incontournable de la fin des années 90, écrit totalement en assembleur x86 par zsKnight, avec Demo en renfort sur le son et la 2D. À l'origine, la première version, sortie en octobre 1997 sur DOS, tournait à plein régime sur des Pentium MMX, ce qui était déjà assez ouf à l'époque. Et la dernière mise à jour officielle datait de janvier 2007 et après ça, plus RIEN.:-(( sniiif... Le projet était donc considéré comme mort et enterré malgré quelques forks communautaires qui ont essayé de garder le truc en vie.
Mais voilà, ils sont de retour et ce qui change avec ce Super ZSNES, c'est l'architecture. En gros, au lieu de tout faire faire au CPU comme à l'époque, le rendu vidéo et le pipeline graphique sont maintenant déportés sur le GPU.
Du coup le Mode 7 peut tourner en haute résolution, vous pouvez activer le widescreen quand le jeu le permet, overclocker ceux qui galéraient en framerate (coucou Gradius III), remplacer les samples audio compressés par des versions non compressées, et même balancer du 3D height-mapped sur les scènes en Mode 7 perspective.
Tout ça jeu par jeu, via leur Super Enhancement Engine qui supporte 7 jeux pour l'instant et qui s'enrichira au fil des releases. Après si vous préférez jouer sur vos vraies cartouches plutôt que sur des ROMs, jetez quand même un oeil à
SN Operator
que j'ai couvert récemment.
Les CPU et audio cores sont annoncés comme bien plus précis que ceux de l'original, qui était connu pour être rapide mais pas hyper fidèle. L'UI conserve la neige qui tombe en arrière-plan, parce que faut pas déconner avec les classiques, mais en HD cette fois. Save states, rewind, fast forward, cheat codes, save bookmarks, auto-save history, quick load, tout y est. C'est dispo sur Windows, Mac, Linux et Android (Google Play), avec une version iOS qui suivra bientôt.
Cela dit, le projet est en early build donc si vous comptez l'utiliser pour vos jeux fétiches, sachez que le DSP1 et SuperFX ne sont pas encore implémentés. Donc oubliez Star Fox et Super Mario Kart pour l'instant, et puis n'oubliez pas que des bugs d'émulation traînent encore, et que pas mal d'optimisation reste à faire.
Avec toutes les options activées en 4K, ça peut surtout mettre à genoux un Mac Studio M4 Max, donc voilà, ce Super Enhancement Engine, ça pompe sec. Côté qualité visuelle, certains rendus de textures laissent également à désirer d'après les premiers retours, sauf le bump mapping 3D sur F-Zero qui semble plaire à pas mal de monde.
Reste à voir si d'autres projets comme Nesticle et Genecyst vont suivre le mouvement, parce que la nostalgie 90s est à fond les manettes en ce moment. Et surtout, y'a encore pas mal de marge à côté des
solutions web pour jouer aux jeux rétro
qui se multiplient comme des petits pains.
Vous connaissez probablement Wild Gunman sur NES, ce petit jeu de tir au Zapper avec des cowboys pixellisés. Mais la version originale, c'est autre chose. En 1974, Nintendo sort une borne d'arcade imaginée par Gunpei Yokoi lui-même, avant qu'il ne devienne la légende derrière la Game Boy.
Au lieu de sprites, le jeu projette directement à l'écran du vrai film 16mm de cowboys qui dégainent. Le joueur sort un pistolet d'un étui physique au flash lumineux, et doit tirer avant l'adversaire. On est là sur un truc mi-électronique mi-mécanique, avec un projecteur pour assurer la diffusion de l'image.
Une seule borne originale survivrait encore aujourd'hui, entre les mains d'un collectionneur privé. Trop rare. Trop fragile. Donc quand un youtubeur américain, Callan Brown (alias 74XX Arcade Repair), tombe en juillet 2025 sur une enchère eBay un peu bizarre avec des bobines 16mm estampillées Nintendo, il flaire le bon coup.
Il mise, gagne, trouve un projecteur 16mm dans une école du coin, et découvre que ce sont bien les bobines de cowboys, probablement visionnées pour la première fois en quarante ans.
À partir de là, six mois d'obsession. Il fait scanner en haute définition les bobines, démonte les brevets de 1974 pour reconstituer le fonctionnement, et reconstruit une version moderne du jeu, pistolet, étui et tout le tralala.
On vous l'a dit, la version arcade de 1974 n'a quasi rien à voir avec le Wild Gunman que tout le monde connaît sur NES. La NES, c'est un jeu au Zapper qui tire sur des sprites. L'arcade, c'est une projection de film réel, un système de détection optique, et un vrai pistolet à ressort dans un étui en cuir. Deux jeux, deux générations, le même nom. Dans les deux cas, un pur bijou.
Bref, chapeau bas à Callan quand même. Sauver une pièce aussi rare du patrimoine vidéoludique en partant d'un lot douteux vendu sur eBay, c'est exactement pour ça qu'on aime ce genre de passionnés.