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Aujourd’hui — 29 mai 2026Flux principal

FROST - Quand un site web peut vous tracker grâce à votre SSD

Par : Korben ✨
29 mai 2026 à 07:23

FROST, c'est le nom d'une nouvelle attaque qui transforme votre SSD en mouchard. Des chercheurs de l'université de Graz, avec Daniel Gruss au générique (un des cerveaux derrière Spectre et Meltdown), ont montré qu'un simple site web peut deviner quels autres sites et applis vous avez ouverts et cela juste en mesurant les micro-ralentissements de votre disque. Oui, je sais c'est geudin !

Le principe ?

Quand vous ouvrez la page piégée, elle crée discrètement un gros fichier sur votre disque via une API du navigateur baptisée OPFS ( Origin Private File System ), présente aujourd'hui dans tous les navigateurs modernes. C'est ce fichier qui sert de sonde.

Le JavaScript passe son temps à lire dedans et chronomètre chaque lecture au poil de cul et dès qu'une autre appli ou un autre onglet sollicite le SSD, ça crée un embouteillage minuscule sur le disque... que le code peut repérer sous forme de ralentissement.

Sauf que des variations de timing, ça reste du bruit illisible pour un humain. Du coup les chercheurs ont balancé toutes ces mesures dans un réseau de neurones (un CNN, le même genre de bidule qui reconnaît des choses sur des photos).

Entraîné sur des tonnes de traces, le modèle apprend alors la signature de chaque appli et de chaque site web et voilà comment à partir de ça, il devine ce que vous avez ouvert !

Sur un Mac, dans les tests présentés cette semaine, le truc retrouve le bon site parmi un top 50 dans près de 9 cas sur 10, et grimpe à plus de 95% pour reconnaître les applications ouvertes. Le tout sans la moindre action de votre part, à part avoir cliqué sur le lien. C'est totalement invisible.

Mais avant de débrancher votre PC, renvoyer votre box internet et vous lancer à temps complet dans la culture de chanvre, faut relativiser, car cette attaque a plusieurs limites... Le hic numéro un, c'est que le fichier-sonde doit être énorme, genre 1 Go ou plus, et un site qui se met à bouffer autant de place sur votre disque, ça se remarque vite. Le hic numéro deux, c'est que ce fichier doit être sur le même SSD que le navigateur sinon l'attaque est aveugle.

Les chercheurs ont fait tourner l'attaque complète sur un Mac M2, et démontré que la brique de base fonctionne aussi sous Linux (sans dérouler la classification complète), mais n'ont pas testé Windows. Et surtout, personne n'a encore vu FROST exploité dans la nature.

Perso, je trouve que cette attaque est trop bancale / incertaine pour faire du tracking de masse, en tout cas aujourd'hui...

Pensez donc à fermer les onglets dont vous ne vous servez plus comme ça, y'a moins d'activité à mesurer et pour les plus paranoïaques, vous pouvez toujours vous mettre à surveiller les fichiers OPFS créés par des sites web inconnus. Après comme tout repose sur du JavaScript, bloquer le JS sur les sites pas nets (avec un NoScript ou équivalent) ça coupe aussi l'attaque à la racine.

Les chercheurs proposent aussi aux éditeurs de navigateurs de plafonner la taille de ces fichiers OPFS. Ce serait dans la lignée de ce que fait par exemple Firefox avec le pistage, qui a récemment musclé son anti-fingerprinting .

Bref, pas de panique, personne ne fouille votre SSD en douce mais la technique reste intéressante. Les détails techniques complets sont dans le papier de recherche , qui sera présenté à la conférence DIMVA en juillet. Bonne lecture !

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À partir d’avant-hierFlux principal

Submit This Form - Le jeu où le boss final est un formulaire web

Par : Korben ✨
27 mai 2026 à 10:37

Remplir un formulaire web, c'est sans doute l'activité la plus chiante qu'on puisse faire en ligne. C'est pourquoi Ben, un développeur qui me lit depuis 20 ans (merci !!!), a eu l'idée géniale d'en faire un jeu à part entière. Ça s'appelle Submit This Form, et c'est un puzzle game gratuit accessible via votre navigateur et dont le boss final est... le formulaire lui-même !

Votre objectif c'est donc de soumettre le formulaire. Facile non ? Bah pas tant que ça puisque ce formulaire fait absolument tout pour vous en empêcher. Chaque niveau ajoute une règle de validation plus absurde que la précédente, et c'est à vous de trouver la combine pour passer. J'vous jure, ça ma rappelé des vrais formulaires qui m'ont déjà rendu la vie dure.

Au début, on entre simplement son pseudo, puis les exigences du formulaires se font de plus en plus précises et relou...

Et c'est ça tout le sel du projet est là puisque Submit This Form, c'est une satire jouable de tout ce qu'on déteste dans le web moderne. Les CAPTCHA débiles, les champs qui refusent votre mot de passe parce qu'il manque une majuscule, les formulaires conçus pour vous épuiser jusqu'à l'abandon, et les vrais dark patterns manipulateurs comme les bandeaux cookies qui planquent le bouton refuser.

Ben a tout simplement repris toute cette UX hostile et il en a fait sa mécanique de jeu. D'ailleurs en passant, si les bandeaux cookies vous rendent dingue, un outil comme Consent-O-Matic vous permet de les refuser automatiquement.

Le jeu cache aussi une vraie histoire qui se dévoile au fil des niveaux, avec une difficulté qui grimpe en douceur, donc vous n'êtes pas largué dès le départ. Attention quand même, certains niveaux demandent une bonne dose de débrouille. C'est gratuit, ça tourne directement dans le navigateur et c'est par ici : Submit This Form . Après vous ne verrez plus jamais un champ de saisie de la même façon.

Merci Ben pour le partage !

Pax Historia - Le jeu IA qui vous laisse réécrire l'Histoire

Par : Korben ✨
27 mai 2026 à 09:25

C'est mon plus jeune fils qui m'a fait découvrir ça un soir, et comme j'ai trouvé ça top, bah je vous en parle. C'est un jeu web nommé Pax Historia et ça a été créé par deux colocataires de fac, Eli Bullock-Papa et Ryan Zhang, sur un coin de table durant un hackathon. Et ce n'est ni plus ni moins qu'un bac à sable d'histoire alternative où c'est une IA qui fait vivre le monde autour de vous, un peu comme à son époque, " Un monde meilleur " de FibreTigre.

Dans Pax Historia, vous choisissez un pays et un moment de l'Histoire, et vous réécrivez toute la suite... Et quand je dis réécrire, c'est pas cliquer dans des menus déroulants, non non, là vous tapez en langage naturel ce que vous voulez faire, vous proposez une alliance au pays d'à côté, vous menacez, vous négociez un protectorat, vous déclarez une guerre... et l'IA en face vous répond comme le ferait une vraie chancellerie. Le moteur du jeu est donc carrément un grand modèle de langage (LLM) qui génère chaque réaction à la volée, ce qui ouvre un champ des possibles bien plus large qu'un jeu de stratégie classique.

Dans ce jeu, quand vous annoncez quelque chose, le monde change car les autres nations réagissent, les frontières bougent sur la carte, et de nouveaux foyers de tension apparaissent. Et le truc que j'adore, c'est que le ton de vos messages compte énormément.

Si vous arrivez avec des arguments construits et un minimum de diplomatie, vous réussirez à tisser des relations. Par contre, si vous balancez des menaces creuses comme quand vous êtes sur Twitter, vous transformez vos voisins en ennemis en moins de 2 tours. On est exactement entre le RISK et une vraie partie de Diplomacy, sauf que l'adversaire improvise et qu'il ne vous laisse jamais rejouer le même coup deux fois.

Screenshot

Pour démarrer, vous pouvez partir sur les temps modernes, ou la Seconde Guerre mondiale, parfaits pour se faire la main, mais il y a surtout les 4000 et quelques scénarios créés par la communauté. Ces derniers sont rangés en plusieurs familles, Historical pour les vraies dates de notre Histoire, Alt-Historical pour les uchronies, Historical Fiction pour les récits romancés, et Fantasy ou Science-Fiction pour les mondes complètement inventés sans aucun lien avec le réel (Genre Starwars). Moi, vu que j'adore réimaginer l'Histoire, je me suis rué sur l'Alt-Historical sans hésiter mais si rien ne vous convient, y'a aussi l'option "Play as anything" qui vous laisse incarner à peu près n'importe quoi, une cité-État imaginaire, une faction, ce que vous voulez.

Et autre truc cool, vous pouvez aussi avancer dans le temps... Vous faites défiler les années et le monde évolue à partir de vos dernières actions et comme ça vous pouvez voir cet effet papillon que vous avez initié.

Vous pouvez même fabriquer votre propre monde puisque le mode Create embarque un éditeur de carte où vous dessinez des régions, vous les attribuez à des pays, vous posez le contexte historique et les relations diplomatiques de départ.

Et c'est un vrai jeu de stratègie, parce qu'il faut anticiper plusieurs coups à l'avance. Vous pouvez choisir un niveau de difficulté qui va de Very Easy à Impossible, le mode Normal étant calé pour rester réaliste. Vous choisissez aussi la qualité de l'IA, parce que derrière, le jeu fait tourner une trentaine de modèles différents via OpenRouter, des trucs d'OpenAI, d'Anthropic, de Google, et des modèles open source. Attention par contre, plus le modèle est costaud, plus il bouffe des tokens, donc sauf si vous aimez tomber en rade en plein milieu d'une guerre et être obligé de sortir la CB pour en racheter, démarrez avec les options les moins chères.

Et surtout, comme l'arme principale dans Pax Historia, c'est votre façon de formuler les choses, votre victoire dépend en grande partie de votre talent à argumenter. C'est du prompt engineering déguisé en grand jeu de stratégie, et je trouve que ça rejoint pas mal ce genre d'histoires où des modèles apprennent l'art de la persuasion . Le revers de la médaille, c'est que l'IA est encore beaucoup trop malléable du coup avec la bonne tournure de phrase, vous pouvez la convaincre de presque tout, un peu comme cette IA qu'on a baratinée pour lui faire lâcher 47 000 dollars .

Bref, si comme moi vous aimez triturer l'Histoire et réfléchir trois coups à l'avance, allez tester Pax Historia . C'est encore en alpha, mais j'ai trouvé l'idée brillante.

Web Serial débarque enfin dans Firefox !

Par : Korben ✨
22 mai 2026 à 08:43

On est vendredi, j'ai un mal de tête carabiné mais je me pose quand même devant l'ordi pour vous annoncer une bonne nouvelle ! Firefox 151 sur desktop vient enfin d'implémenter une fonctionnalité que Mozilla refusait catégoriquement de supporter depuis 6 ans : le support de l'API Web Serial.

Alors non, c'est pas un gros mot, hein, ça veut surtout dire qu'un site web ouvert avec Firefox peut maintenant lire et écrire directement sur du matériel que vous branchez en USB, genre un Arduino, un ESP32, une imprimante 3D, une clé crypto ou que sais-je encore, sans que vous ayez à installer le moindre logiciel ou pilote.

Le cas d'usage le plus parlant, c'est le flashage de microcontrôleurs. Avant, pour mettre un firmware sur un ESP32, il fallait installer esptool en Python, ou l'IDE Arduino, galérer avec les drivers série, choisir le bon port à la main. Maintenant des outils comme ESPHome ou Home Assistant font tout ça depuis un onglet, en quelques clics. Vous branchez la carte, le site demande l'autorisation d'accéder au port, et c'est réglé. Adafruit fait pareil pour installer CircuitPython sur ses cartes ESP32-S2.

Et pour comprendre pourquoi c'est une vraie bonne nouvelle, il faut se rappeler d'où on vient. Chrome propose quand même Web Serial depuis 2021 mais Mozilla a toujours considéré qu'un accès série accordait trop de contrôle sur un appareil, sans la moindre authentification. Et ils n'ont pas tord... D'ailleurs Apple, de son côté, campe toujours sur cette position et qualifie carrément la spec de dangereuse, notamment à cause des risques de fingerprinting .

Mais ce qui a fait bouger Mozilla, c'est un revirement progressif en interne. En 2022, Bobby Holley, le CTO de Firefox, a rouvert le dossier, puis en 2024, il a posé ses conditions, à savoir un mécanisme de contrôle par add-on et un consentement clairement formulé. Et le résultat, on peut le voir dans l'implémentation finale, puisque l'autorisation marche par site et par port. C'est bien puisqu'un site ne voit absolument rien tant que vous ne lui donnez pas la main, et ne récupère aucune liste des appareils branchés, ni aucune info de fingerprinting exploitable au-delà du port que vous sélectionnez vous-même.

J'étais le premier à pester contre Mozilla pour cette absence de support. Parfois je les trouve trop prudent, au delà du raisonnable, ce qui les mets en décalage avec ce que proposent les autres et ce qui fait leur fait perdre bêtement des parts de marché.

Mais c'est vrai aussi que la prudence sur ce genre d'API qui touche directement au hardware, c'est ce qu'on attend tous d'un navigateur qui mise tout sur le respect de la vie privée de ses utilisateurs. D'ailleurs, pour les parano ou les admins système (oui c'est pareil ^^), sachez qu'en environnement Firefox Enterprise, Web Serial est désactivé par défaut.

Au-delà du flashage de cartes, les usages réels sont déjà très nombreux. Un ingénieur de Mozilla, Florian Quèze, s'en sert par exemple pour lire la consommation d'un compteur USB d'énergie standard (du genre AVHzY C3 ou Joy-IT TC66C) et balancer les données directement dans le Firefox Profiler. Les imprimantes 3D, les briques LEGO programmables, les Raspberry Pi Pico, tout ce petit monde cause série et devient ainsi pilotable depuis une page web.

D'ailleurs je vous parlais récemment de CANviz, qui analyse le bus CAN de votre bagnole directement dans le navigateur, hé bien c'est typiquement le genre de truc que Web Serial rend possible sans app native.

Après la spec Web Serial traîne toujours au Web Incubator Community Group, donc rien n'est gravé dans le marbre mais cela dit, Mozilla pousse pour une vraie standardisation via le WHATWG, ce qui n'était pas gagné vu d'où on est parti.

Voilà, allez, je vous laisse, j'ai un dafalgan qui m'attend ^^

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Wikipedia File Explorer - L'encyclopédie en mode Windows XP

Par : Korben ✨
15 mai 2026 à 15:24

Wikipedia, vous connaissez ça par cœur j'imagine... Hé bien vous allez redécouvrir la plus connue des encyclopédies grâce à Sami Smith qui a lancé explorer.samismith.com , qui transforme quasiment toute l'encyclopédie en fenêtres d'explorateur de fichiers Windows XP. Les catégories sont présentées comme des dossiers, les articles s'ouvrent dans une fenêtre façon WordPad, et le menu Démarrer est là, fidèle à l'original.

Vous double-cliquez sur l'icône Wikipedia du bureau, et vous tombez sur les grandes catégories qui ont l'apparence des fameux petits dossiers jaunes : Art, Music, Sports, Academic disciplines, Economy...(oui c'est en anglais). Vous fouillez de dossier en dossier comme dans Mes Documents en 2003, et quand vous ouvrez un article, il s'affiche dans une fenêtre WordPad avec le petit lien "Open on Wikipedia" en bas. Tout Wikipedia est ainsi navigable de cette façon, sauf, d'après Sami, la centaine de pages qui n'ont encore aucune catégorie assignée.

Y'a aussi une icône Media, et là c'est Wikimedia Commons qui se transforme en explorateur d'images par catégorie. Vous voulez voir des bousiers ? Vous descendez dans commons/animals/insects_by_common_named_groups/dung_beetles et vous avez 47 objets, photos et vidéos comprises. Et un petit clic droit sur n'importe quelle image et vous pouvez la mettre en fond d'écran du faux bureau XP.

Et le projet ne s'arrête pas là puisqu'il y a aussi un Geofile Explorer, encore en chantier, pour explorer la Terre. Pour ce projet, Sami s'est inspiré des Wiki Files de Neal.fun , de Depths of Wikipedia , le nested d'Orteil , ou encore XP.css . Bref, c'est une déclaration d'amour pour le web chelou et les interfaces d'antan, comme je les aime !

Et si ce genre de capsule rétro vous parle, je vous avais aussi parlé des émulateurs DOS dans le navigateur ... c'est la même came nostalgique.

Voilà, c'est gratuit, ça tourne dans le navigateur, et c'est aussi inutile qu'indispensable (bisou à Jérôme Bonaldi, le GOAT !!). À découvrir ici : explorer.samismith.com !

UnDUNE II - Dune II en entier dans 12 cartouches PICO-8

Par : Korben ✨
13 mai 2026 à 07:57

UnDUNE II , c'est Dune II qui tient en entier dans une PICO-8 , cette fameuse "fantasy console" dont je vous ai déjà parlé.

Ça a donc pris près de trois ans de boulot pour Paul Nicholas (alias Liquidream) afin de faire tenir le RTS culte de Westwood Studios dans 128x128 pixels et 16 couleurs. 3 factions, 21 unités, 19 bâtiments, neuf missions, et oui, c'est jouable depuis le navigateur.

Et si vous préférez faire tourner le binaire en local, des versions Windows, macOS, Linux et même Raspberry Pi sont dispos sur la page itch.io du projet . Le tout est distribué en freeware et jouable avec la souris / clavier ou avec la manette.

Petit rappel pour les plus jeunes quand même, Dune II - The Building of a Dynasty (de Westwood, sorti en 1992), c'est le jeu fondateur du RTS moderne. Command & Conquer est son successeur direct chez Westwood, et tous les RTS qui ont suivi (Warcraft, StarCraft, Age of Empires) lui doivent quelque chose.

Il faut construire sa base, récolter l'Epice, envoyer des unités combattre, gérer le brouillard de guerre... etc.

Mais alors comment a-t-il fait pour que UnDUNE II tienne dans cette minuscule machine qu'est le PICO-8. Hé bien le projet est splitté en 12 cartouches qui se chargent à la volée et se passent l'état du jeu entre elles. Tout Dune II tient dans environ 384 Ko de ROM totale, soit carrément moins qu'une photo JPEG moderne.

Et côté contenu, c'est dingue de voir ce qu'il a réussi à y caser. C'est loin d'être une version light ou amputée puisque les 3 maisons sont jouables (Atreides, Harkonnen, Ordos) + les Sardaukar en bonus au niveau 4, et on retrouve les trois Mentats classiques avec leurs briefings, plus 9 missions par faction avec carte animée et intro entre chaque niveau. Les armes de palais sont également spécifiques à chaque faction, et bien sûr les vers des sables peuvent gober une unité entière. Même les Carryalls font le taxi !

Bref, tout y est !

Et les détails de gameplay sont là aussi comme la capture de bâtiments ennemis (y compris les moissonneuses), le radar à deux résolutions selon les structures construites, la sauvegarde automatique entre missions, plusieurs niveaux d'IA, des stats de fin de mission avec ranking.

Sans oublier la musique et les SFX qui ont été refaits from scratch dans le tracker PICO-8 par Chris Donnelly (Gruber_Music).

C'est donc exactement comme en 1992, mais en 128x128.

Notez aussi que le sous-titre "The Demaking of a Dynasty" de ce portage a été suggéré par Tom Hall lui-même. Oui, ce Tom Hall, designer de Commander Keen chez id Software !

Et y'a même une communauté speedrun qui s'est formée autour du projet et côté propreté du code, c'est aussi clean que POOM , l'autre demake fou de PICO-8 qui fait tourner un FPS façon Doom (6 niveaux originaux) en 128x128.

Bref, si ça vous dit d'essayer, c'est par ici , c'est gratuit. Par contre, méfiez-vous des vers de sable !!

Operation Epic Furious - Trump envahit l'Iran en pixel art

Par : Korben ✨
12 mai 2026 à 23:00

J'sais pas si vous avez vu passer ça, mais vous pouvez désormais déclencher la guerre Iran-USA directement depuis votre navigateur, tout ça en pixel art, en incarnant ce bon vieux Donald Trump. C'est gratuit, accessible sur epicfurious.com , et c'est signé The Secret Handshake , le collectif anonyme déjà responsable des statues Trump-Epstein qui poppent et disparaissent un peu partout.

Le jeu s'appelle Operation Epic Furious : Strait to Hell, et il a en fait deux vies. D'abord, une version jouable depuis n'importe quel navigateur et aussi dans 3 bornes d'arcade installées devant le War Memorial de Washington le 11 mai dernier.

Dans ce jeu, vous spawnez à la Maison-Blanche avec un choix initial : Diet Coke ou invasion de l'Iran ? Et ensuite, ça part en sucette !

Le moteur, c'est du RPG Maker MZ , l'outil japonais qui sert habituellement à pondre des JRPG indé sympas sur itch.io. Et The Secret Handshake l'a tout simplement utilisé pour faire ce qu'on appelle du culture jamming , et je trouve ça chouette. Comme ça plutôt que de monter un énième Wordpress tout nul avec un manifeste politique que personne ne lira, leur jeu se diffuse tout seul en faisant le buzz (la preuve j'en parle ici).

Le look pixel des années 90 crée un décalage immédiat avec ce sujet très actuel et la guerre y est vendue comme un produit joliment packagé, soit exactement le reproche que le collectif fait à l'administration Trump.

Et côté gameplay, ça part dans tous les sens ! Vous prenez un hélicoptère pour aller en Iran, vous combattez le Pape, des collégiennes et des wokes au passage, vous lootez du lubrifiant dans Téhéran en ruines, et vous croisez Pete Hegseth et Kash Patel en chemin... Ah, et si vous tentez de tenir la main de Melania, hop, Game Over instantané.

Et n'oubliez pas de commander 6 Diet Cokes... il va se passer un truc dont je vous laisse la surprise. Et pour finir, le jeu vous fera forcément perdre la guerre (désolé hein ^^), avec cette punchline : "You'll lose this war, too, but at least it'll only cost a quarter."

Faut dire que The Secret Handshake n'en est pas à son coup d'essai. En septembre 2025, comme je vous disais en intro, ils ont installé Best Friends Forever, une statue grandeur nature de Trump et Epstein main dans la main, sur le National Mall qui s'est faite démontée en moins de 24 heures par la police.

Ils ont remis ensuite ça quelques semaines plus tard, puis en mars 2026 avec King of the World, une variante en pose Titanic, et même une carte d'anniversaire géante reproduisant la lettre que Trump aurait envoyée à Epstein, sortie en janvier dernier.

Vous l'aurez compris, ce collectif de zinzins ce sont vraiment des spécialistes du détournement en mode guerilla qui ont même rendu leur statue téléchargeable en creative commons sur Printables pour que n'importe qui puisse l'imprimer en 3D.

Quant au message du nouveau jeu, il est explicite : "In Trump's America, war isn't just patriotic, it's gamified."

Ce que The Secret Handshake critique, ce sont donc également ces posts de réseaux sociaux qui font le buzz et où l'administration mélange images réelles de bombardements avec des séquences de Call of Duty ou GTA pour vendre la guerre comme un divertissement. C'est de la protestation par l'art et on dirait que ça fonctionne plutôt bien.

En tout cas, c'est plus efficace qu'un communiqué de presse d'ONG...

Bref, à jouer pour le geste autant que pour le gameplay, tant que c'est dispo.

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Termix - L'alternative open source et gratuite à Termius

Par : Korben ✨
12 mai 2026 à 10:24

Si vous cherchez une alternative à Termius qui ne vous coûte pas une petite couille, je crois que j'ai trouvé ce qu'il vous faut !

C'est vrai qu'il y a quelque chose de carrément agréable à pouvoir ouvrir un navigateur depuis n'importe quelle machine et retrouver tous ses serveurs, fichiers et tunnels au même endroit... Et Termius fait ça très bien, sauf que la fonctionnalité la plus utile, à savoir la synchro entre appareils, c'est payant !

Et c'est ça la raison d'être de Termix qui propose exactement ça mais en open source, en gratos et à héberger vous-même !

Termix, c'est donc une plateforme de gestion de serveurs accessible depuis le navigateur. On y retrouve un terminal SSH complet, de la gestion de fichiers distants, des tunnels SSH inversés, et depuis la v2.0 sortie en mars dernier, le support RDP, VNC et Telnet.

En clair, ça couvre à peu près tout ce dont on a besoin pour piloter une infra depuis un seul endroit. Petit détail à noter quand même, le RDP/VNC/Telnet n'est pas inclus par défaut, donc il faut ajouter un second conteneur guacd au compose. Rien de compliqué, mais à savoir avant de se lancer.

Le terminal SSH supporte jusqu'à 4 panels simultanés comme ça plutôt que de multiplier les sessions, vous regroupez au même endroit. Le gestionnaire de fichier est aussi très sympa avec du drag & drop dans les deux sens, la modification de fichiers distants directement dans le navigateur... Et y'a aussi une gestion des conteneurs Docker intégrée, un Network Graph pour visualiser les connexions entre hôtes, et un système de snippets de commandes pour éviter de retaper les mêmes commandes à longueur de journée.

Ce qui change par rapport aux autres alternatives web, c'est surtout sa dispo sur toutes les plateformes. L'accès web est évidemment central, mais il existe aussi des apps natives pour Windows, Linux, macOS (App Store, DMG ou Homebrew selon vos préférences), iOS/iPadOS et Android.

Tout se synchronise ensuite via le conteneur self-hosted comme ce que permet Termius, à la différence près que vous hébergez vous-même le système.

Côté sécurité et gestion d'équipe, Termix intègre du RBAC, de l'OIDC, du 2FA, et stocke les données dans une SQLite chiffrée.

Pour tester en local, le docker-compose de base ressemble à ça :

services:
 termix:
 image: ghcr.io/lukegus/termix:latest
 ports:
 - "8080:8080"
 volumes:
 - termix-data:/app/data

volumes:
 termix-data:

Attention à la config réseau avant tout puisque le port 8080 par défaut est souvent filtré ou déjà occupé donc changez ça dans le compose si besoin. Ajoutez ensuite le conteneur guacd si vous voulez le RDP/VNC/Telnet (je vous laisse aller lire la doc).

Après l'interface est fonctionnelle mais pas aussi léchée que Termius. Y'a pas de passkeys, et pas de support ed25519-sk pour les clés de sécurité hardware.

Pour une utilisation personnelle ou une petite équipe qui gère de l'infra linux, c'est largement suffisant, cela dit. Bref, si Termius c'est pas fait pour vous parce que c'est encore des sousous à sortir, sachez que Termix est là pour vous.

Merci Letsar pour le lien !

BrowserQuest - Le MMO HTML5 de Mozilla est de retour

Par : Korben ✨
3 mai 2026 à 16:21

BrowserQuest est de retour les amis ! Hé ouais, el famoso MMO HTML5 que Little Workshop avait pondu pour Mozilla en 2012 vient de ressurgir sur threej.in , alors que Mozilla avait officiellement archivé le repo GitHub en janvier 2024.

En allant sur ce lien, vous choisissez le nom de votre personnage, et hop, vous vous retrouvez comme y'a plus de 10 ans, dans un monde 2D en pixel art prêt à vous taper avec des rats et des squelettes direct dans le navigateur.

Petit rappel pour les endormis du fond à côté du radiateur, quand BrowserQuest est sorti en mars 2012, c'était un événement !! Mozilla voulait avec ce jeu, montrer au monde entier que le navigateur pouvait faire tourner un MMO temps réel sans Flash, sans aucun plugin, mais juste avec du HTML5 et des WebSockets. Le studio parisien Little Workshop (les frères Guillaume et Franck Lecollinet) avait alors livré une démo incroyable qui ressemblait à un Zelda 16 bits, avec des quêtes, de l'équipement, un chat intégré et même du combat coopératif. Comme je suis viiieux de fous, je vous en avais même parlé à l'époque .

Car techniquement, c'était du sérieux... Canvas pour le rendu 2D, Web Workers pour charger la map sans freezer la page, localStorage pour sauvegarder votre perso, CSS3 Media Queries pour s'adapter au mobile, et surtout WebSockets pour la communication bi-directionnelle avec le serveur Node.js.

Du coup le jeu pouvait encaisser des CENTAINES de joueurs simultanés, avec un pic réel enregistré à plus de 1 900 connexions en même temps. C'est ouf ! Faut dire que 2 ans plus tôt, Quake 2 tournait déjà en HTML5 et on commençait alors tous à comprendre que notre navigateur allait devenir une véritable plateforme gaming.

Sauf que voilà, Mozilla n'a jamais vraiment maintenu BrowserQuest après le buzz initial. Le serveur officiel browserquest.mozilla.org a fini par mourir, le repo GitHub a basculé en mode DEPRECATED, et en janvier 2024, la fondation a appuyé sur le bouton "Archive" pour de bon. Fin du game ! Sniiiif...

Sauf que le code est sous licence MPL 2.0 et le contenu en CC-BY-SA 3.0 donc en gros, n'importe qui peut reprendre le bousin, le réhéberger et le relancer !

Hé bien c'est exactement ce que threej.in a fait et ça fonctionne parfaitement, y compris l'aspect multijoueur. L'écran de crédit affiche même encore "Made for Mozilla by Little Workshop" comme si rien n'avait bougé.

Perso, je trouve ça cool qu'un projet open source archivé aussi culte puisse continuer à vivre grâce à un inconnu qui a pris la peine de le remettre en ligne. C'est aussi à ça que servent les licences libres finalement... prolonger la vie des programmes au-delà de la motivation de leurs créateurs. Chouette hein ?

À l'époque, encaisser 1900 joueurs en simultané sur un backend Node.js relevait de la prouesse technique, alors qu'aujourd'hui, tout semble beaucoup plus facile puisqu'on trouve des dizaines de jeux .io et autres qui tournent dans un onglet de browser sans que ça nous fasse lever un sourcil. La techno derrière BrowserQuest est devenue tellement banale qu'on a tous oublié à quel point elle était impressionnante à l'époque !

Bref, c'est gratuit, c'est dans le navigateur, et ça tient toujours debout !

À découvrir ici !

Pikimov - L'alternative française à After Effects et CapCut

Par : Korben ✨
29 avril 2026 à 09:08

Adobe vous fourgue du After Effects en abonnement Creative Cloud obligatoire, et CapCut appartient à ByteDance, avec tout ce que ça implique côté collecte de données et juridiction chinoise.

Et dire que pendant ce temps, Clément Cordier, dev solo basé en Normandie, vient de sortir la version 5 de Pikimov , son éditeur vidéo qui tourne directement dans le navigateur ! Ce serait vraiment con de passer à côté, non ? Surtout que c'est gratuit et que ça tient la route.

La grosse nouveauté de cette v5, c'est donc l'arrivée d'un 3eme éditeur. En effet, avant, Pikimov avait 2 modes : Un pour le compositing 2D et un pour le compositing 3D, ouvertement inspirés d'After Effects côté workflow et raccourcis. Sympa pour les motion designers donc mais beaucoup moins pour les YouTubeurs qui veulent juste cut un B-roll.

Mais rassurez-vous, il y a aussi un éditeur classique plus simple, qui se positionne face à CapCut pour tout ce qui est montage vidéo classique. Du coup, le même outil couvre à la fois le motion design lourd et les cut/transitions/sous-titres rapides.

Il est pas genre trop super fort, Clément ??

Côté pratique, vous allez donc sur pikimov.com avec Chrome, Edge ou Opera (Pas de Firefox, sniiif), vous lancez un projet, et vous importez vos médias. Images, vidéos, fichiers audio, et même des modèles 3D au format glb si vous bossez en compositing 3D.

Comme tout reste sur votre machine via le stockage local du navigateur, pensez juste à exporter régulièrement votre fichier projet si vous tenez à le garder en cas de nettoyage de cache impromptu. Ensuite, le traitement vidéo se fait en local, dans le navigateur, jusqu'à du 4K en entrée et avec un export en MP4 classique pour YouTube ou en WebM avec canal alpha quand vous avez besoin de transparence sur vos overlays.

L'application repose sur Three.js pour le rendu graphique (la partie compositing et 3D) et Ember.js pour l'interface, le tout couplé aux APIs vidéo modernes du navigateur, ce qui permet de faire tourner du compositing relativement musclé sans installer le moindre binaire.

Le système de keyframes ressemble à s'y méprendre à celui d'After Effects, avec un graph editor pour ajuster l'easing des courbes, et surtout, l'animation par expressions JavaScript reprend une bonne partie de la syntaxe des expressions After Effects. Donc si vous avez déjà tapé du wiggle(2,30) ou du time*100 dans AE, vous serez en terrain connu !

Niveau outils on retrouve donc du motion tracking, rotoscoping (manuel ou automatique), background remover sans écran vert, générateur de sous-titres, blend modes pour mélanger les calques, déformations type bend ou skew, correction colorimétrique, et effets de glitch pour les amateurs d'esthétique cassée.

Screenshot

La durée maximale d'un projet est plafonnée à 30 minutes, ce qui laisse largement de quoi sortir des intros YouTube, des reels, des bumpers ou même des effets visuels propres pour un court-métrage indé !

Avant Pikimov, Clément Cordier développait des logiciels de VJing pour des plateformes complètement WTF, genre Game Boy Advance, PlayStation 2 ou Raspberry Pi donc autant dire que le mec sait faire tourner du temps réel sur des machines ridicules. Alors faire tourner un éditeur vidéo complet dans Chrome, c'est presque un terrain de jeu facile pour lui.

Notez que Pikimov n'est pas non plus seul sur ce créneau, puisque j'avais déjà parlé de Cutia qui tente aussi le montage vidéo dans le navigateur, mais avec une approche plus orientée IA et open source.

Et pour ceux qui veulent une version offline, sans dépendance au navigateur (pratique dans le train avec son Wi-Fi pourri), Clément propose une app standalone Windows et macOS via son Patreon .

La version web, quant à elle, reste 100% gratuite et complète. A vous de tester maintenant !

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firefox vpn

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