Si vous avez déjà envoyé un lien à usage unique qui est arrivé mort chez votre collègue, c'est probablement la prévisualisation de la messagerie qui a ouvert le lien en premier et qui a cramé le secret accompagnant le lien.
La bonne nouvelle c'est que Oğuzhan Karacabay vient de publier une grosse mise à jour d'
OTI
, son service open source auto-hébergeable qui génère des liens de partage consultables une seule fois, avec chiffrement dans le navigateur.
Vous collez un mot de passe, une clé d'API ou un bout de config dans OTI, le navigateur chiffre, le serveur lui ne stocke que du charabia, et le destinataire reçoit une jolie URL qui ne fonctionnera bien qu'une fois.
Ce qui change, c'est que le lien ne meurt plus tout seul. En chargeant la page, votre destinataire voit un compte à rebours et un bouton "Decrypt Message", rien d'autre. Du coup, tant que personne ne clique, le message continue son roupillon.
Comme ça, un bot qui déroule les URLs pour fabriquer une jolie vignette repart bredouille. Après si c'est un vrai scanner de sécurité qui charge vraiment la page dans un navigateur automatisé, vous ne pourrez pas éviter le problème.
L'autre nouveauté dans OTI c'est à la création d'un nouveau lien. Le service vous génère en fait 2 liens. Il y a celui que vous envoyez et un second que vous gardez pour vous. Ce dernier vous permettra de consulter l'état du message sans jamais afficher son contenu.
Côté crypto, le contenu est chiffré en AES-256-GCM via WebCrypto, et cette clé AES est elle-même emballée dans une paire RSA-2048 générée dans votre navigateur. La clé privée voyage dans le fragment de l'URL, la partie après le #, que les navigateurs n'envoient jamais au serveur.
Le principe zero-knowledge utilisé par OTI est quasi le même que celui de
PrivateBin
ou d'
Enclosed
où la clé ne quitte jamais le navigateur.
Par contre, ça donne des liens obèses puisque le mien faisait 1825 caractères, dont 1728 rien que pour le fragment, et c'est déjà compressé en zlib. Bon courage donc pour le dicter au téléphone ^^ (il y a un QR code, heureusement !)
Le reste, c'est du confort... Fichiers .txt jusqu'à 100 Ko validés dans le navigateur avant chiffrement, mot de passe optionnel par-dessus, expiration au choix entre 5 minutes et 7 jours, limitation de débit via Redis et une tâche planifiée qui balaie les secrets périmés toutes les 30 minutes.
Pour l'héberger, c'est de l'AdonisJS 6 en TypeScript avec Dockerfile, docker-compose et migrations fournis, en licence MIT. Redis peut céder sa place au limiteur en mémoire si vous montez juste un petit truc perso.
Notez quand même que pour le moment, le projet n'a pas été audité et est maintenu par un gars tout seul, donc évitez de l'utiliser pour des secrets d'État.
Un import qui affiche "terminé" et qui a mangé une partie de vos mails au passage, c'est le genre de bug qu'on ne voit jamais venir... Hé bien
Open Archiver
vient d'en corriger quatre d'un coup.
Open Archiver c'est une plateforme d'archivage d'emails auto-hébergée développée par Weishest, dont la seule et unique mission est d'aspirer vos boîtes et de les stocker en .eml sur votre serveur.
Mais attention, le mot "archivage" a son importance, parce que ce n'est pas un backup. Je m'explique... l'idée c'est de garder un dépôt consultable et inaltérable de tout ce qui est passé par vos boîtes, ce qui intéresse surtout les structures ou les personnes comme moi qui doivent pouvoir retrouver un échange trois ans plus tard parce qu'on leur demande tout un tas de trucs tout le temps ^^.
Côté sources, il avale de l'IMAP, du Google Workspace, du Microsoft 365, des fichiers PST, des .eml zippés et du mbox. Ensuite, vos mails archivés finissent chez vous, sur votre disque ou dans un bucket S3, chacun accompagné de son empreinte SHA256 pour repérer une altération.
La grosse news de cette nouvelle release, c'est la recherche avancée. En effet, un panneau de filtres est apparu à côté du champ de mots-clés. Vous restreignez à une source d'ingestion, à une boîte précise, à une fenêtre de dates, aux mails qui ont une pièce jointe ou à ceux qui n'en ont pas et expéditeurs et destinataires s'excluent autant qu'ils s'incluent.
Le panneau de filtres de la recherche avancée, ajouté en v0.5.2
Le mot-clé, lui, peut viser une partie précise du message. Chercher "facture" dans les noms de pièces jointes ne remonte plus tous les mails qui prononcent le mot, juste ceux qui transportent un fichier facture.pdf. Et comme la recherche entière vit dans l'URL, une requête se met en favori et se rejoue à l'identique. L'API suit, avec un GET /v1/search qui accepte les mêmes paramètres que l'interface.
Attention quand même si vous faites la MAJ, faudra
relancer un reindex
. Et comme les mails existants sont marqués "déjà indexés" à la montée de version, c'est une reconstruction complète qu'il vous faut, pas le simple rattrapage des trous.
Puis surtout,
ces notes de version
annoncent que plusieurs correctifs "ferment des chemins où un import pouvait sauter ou dupliquer des messages tout en signalant un succès". Le cas le plus vicieux vient d'un composant qui découpe le fichier en messages et qui rendait la main trop tôt. Node recollait alors les morceaux et plusieurs mails arrivaient soudés et finissaient archivés comme un seul. Les imports PST, eux, fabriquaient des messages malformés que les lecteurs affichaient de travers, et une simple re-synchronisation ré-archivait le fichier entier en doublons.
Le plus spectaculaire reste quand même le nom de pièce jointe trop long. Au-delà de 255 octets, l'écriture sur le disque échouait et emportait l'email complet avec elle. Bref, beaucoup de soucis quoi...
Donc si vous tournez déjà dessus, la question à se poser, c'est de savoir si votre archive est déjà foireuse ou pas car un reindex ne la réparera pas. Comme il reconstruit l'index de recherche à partir de ce qui est sur le disque, un message jamais écrit ne réapparaîtra pas. Mais bon, voilà, le découpeur de mbox journalise maintenant son nombre de messages, ce qui rend l'écart visible entre le fichier source et l'archive. Pour le reste, il faudra réimporter ce qui manque
Pour le faire fonctionner, comptez 4 Go de RAM, ou 2 Go si vous branchez PostgreSQL, Valkey et Meilisearch en externe. Le cœur est en AGPL, ça se lance avec un docker compose up, et une
démo publique
tourne en ligne si vous voulez tâter le truc avant. Pour ma part, je pense que c'est intéressant en entreprise, mais clairement, une usine à gaz, si vous avez juste un compte Gmail à archiver. A la place, je vous avais déjà montré
Eonvelope
et
Bichon
, qui sont deux archiveurs autrement plus légers !
Et si c'est pour faire de la recherche, ce que je vous conseille, c'est de faire comme moi, c'est-à-dire un RAG qui indexe tous vos emails en local et qui vous permet de chercher dedans facilement avec n'importe quel LLM qui supporte les outils MCP.
Moi je fais ça avec LEANN et ça marche très bien
.
Gérer un serveur à la main, c'est nginx à configurer, les certificats à renouveler, les sauvegardes à planifier et les conteneurs à surveiller... C'est beaucoup de travail. Mais vous allez avoir de l'aide grâce à DockPanel, d'Ovidiu Drobotă, qui met tout ça derrière une jolie interface web tenant dans 19 Mo de RAM.
L'installation se colle en une ligne sur un VPS frais et vous récupérez un panneau d'admin sur le port 8443. Ubuntu, Debian, Rocky, Fedora ou Amazon Linux, en x86_64 comme en ARM64.
À partir de là vous créez des sites en PHP, Node ou Python, avec nginx configuré tout seul et les certificats Let's Encrypt qui se renouvellent sans y penser. Les bases MySQL et PostgreSQL vont avec, navigateur SQL intégré et restauration à un instant T via les journaux binaires.
Ensuite, c'est surtout le catalogue Docker qui fait le gros du travail. Environ 150 modèles en un clic répartis sur 14 catégories, WordPress, Postgres, Grafana, n8n ou Immich, et le reverse proxy, le SSL et le réseau se câblent automatiquement derrière. Les conteneurs inactifs peuvent même se mettre en veille tout seuls pour libérer la machine.
Côté déploiement, vous poussez votre code et ça part en production, avec bascule atomique par lien symbolique et retour arrière en un clic quand le déploiement du vendredi tourne mal. Nixpacks reconnaît plus de 30 langages, donc pas de Dockerfile à écrire, et chaque branche peut avoir son environnement de préversion.
Il y a aussi un serveur mail complet, Postfix, Dovecot et DKIM, avec Roundcube en webmail et Rspamd contre le spam. La partie DNS pilote Cloudflare et PowerDNS, avec vérification de propagation, DNSSEC et les tunnels Cloudflare. Un module CDN gère BunnyCDN et Cloudflare, purge du cache comprise.
Pour la surveillance, des sondes HTTP, TCP et ping, une gestion d'incidents avec chronologie et post-mortem, une page de statut publique à laquelle vos utilisateurs peuvent s'abonner, et des alertes qui partent sur Slack, Discord ou PagerDuty. Un point de collecte Prometheus est dispo, avec un tableau Grafana prêt à importer.
La sécurité est activée par défaut avec pare-feu applicatif ModSecurity par site, Fail2Ban, durcissement SSH en un clic, connexion par passkey ou 2FA, et chaque image Docker déployée peut être scannée à la recherche de CVE avec grype, avec refus de déploiement au-dessus du seuil que vous fixez. Les sauvegardes passent par Restic, chiffrées et dédupliquées, vers S3, SFTP, B2 ou GCS, avec vérification de restauration.
Le reste ensuite, c'est que du confort. Terminal web avec enregistrement de session, gestionnaire de fichiers, palette de commandes en Ctrl+K, 6 thèmes, boîte à secrets chiffrée, passerelle à webhooks et une ligne de commande. La configuration complète s'exporte en YAML pour être rejouée ailleurs. Si vous gérez plusieurs machines, un seul panneau les pilote toutes, avec des comptes revendeur en marque blanche pour ceux que ça intéresse.
Deux choses à savoir avant de lancer l'installation quand même... En mars, une injection de commande dans le formulaire de création de site a permis à un visiteur de passer root sur la machine de l'auteur. C'est corrigé depuis, mais l'agent tourne en root par conception puisque c'est lui qui touche à Docker, à nginx et aux certificats.
L'autre point, c'est la licence. DockPanel est en Business Source License 1.1, ce qui n'est pas de l'open source même si la page d'accueil le présente comme ça. L'usage est libre et gratuit sur vos propres serveurs, mais la revente en service hébergé est interdite. Une bascule en MIT est quand même programmée pour mars 2030.
Voilà, je me suis dit que ça pourrait vous intéresser.
Un site sans cookie de mesure d'audience et sans bandeau de consentement, c'est reposant je trouve... Sauf qu'à cause de ça, bah je ne savais plus trop combien de gens venaient me lire tous les jours. Relou hein ?
C'était ma situation depuis un moment déjà, vu que tout ce qui servait à mesurer l'audience a dégagé de korben.info il y a un bon bout de temps. Alors faute de mieux, je me suis rabattu sur AWStats, qui lit bêtement les logs Apache du serveur mais bon, c'est pas terrible, parce qu'avec le cache de Cloudflare, il y a une grosse partie de mon trafic qui n'est pas pris en compte.
En effet, quand Cloudflare possède une copie valide de la page dans son cache, il peut la renvoyer directement sans contacter le serveur d'origine. Vous êtes donc bien un visiteur réel, mais Apache ne voit aucune requête et AWStats ne vous comptabilise pas. Du coup, tous les outils fondés exclusivement sur les logs d'origine sous-estiment la part du trafic absorbée par le cache.
Après il y a bien le classique Google Analytics, mais bon même configuré en mode full RGPD, ça reste Google et ça appelle quand même un service tiers aux US... Vous connaissez aussi déjà des alternatives propres, puisque je vous ai parlé de Matomo,
Plausible
et de
Vince Analytics
, mais elles ajoutent toutes une mesure côté navigateur, avec un script, un pixel ou un stockage local (le localstorage) et moi, je ne voulais aucun outil d'audience de plus dans vos pages !
De son côté, Cloudflare lui, voit chaque requête HTTP qui atteint son réseau, y compris celles auxquelles son cache répond. Ses chiffres couvrent donc beaucoup mieux le trafic HTTP que mes logs d'origine. Le souci, c'est que son dashboard, je ne l'aime pas. Je le trouve incomplet, mal foutu, chiant à utiliser, et il ne montre pas ce que j'ai envie de voir.
Donc, histoire d'avoir ce que je voulais, j'ai fini par coder le mien. Enfin, entièrement vibe codé et ça tourne aussi bien sur un serveur qu'en local sur une machine de bureau.
Petite parenthèse pendant que j'y suis, vous ne le savez peut-être pas mais depuis que ChatGPT a débarqué dans nos vies fin 2022, tout ce que je développe moi-même sur ce site et l'ensemble de mes outils internes sont vibes codés avec des LLMs comme ceux d'OpenAI et d'Anthropic. C'était une purge au tout début et maintenant ça s'est tellement amélioré et je me suis tellement spécialisé là-dedans, que le code n'est devenu qu'une formalité. Ne hurlez pas, mon site est statique et j'envoie pas de fusée dans l'espace !
Mon collecteur s'exécute en local, cause à une API, et il n'envoie pas une seule ligne de mesure dans votre navigateur. Bref, que mon backend soit écrit avec un LLM, à la main ou en Brainfuck, vous chargez exactement la même chose de mon outil de stats, c'est-à-dire rien du tout. La garantie est donc architecturale et pas une question de talent.
Et surtout, mon outil de stats n'ajoute aucune mesure dans votre navigateur. Aucun JavaScript ni cookie supplémentaire n'est posé par mon outil. À la place, il lit l'API GraphQL Analytics de Cloudflare, en lecture seule et récupère des compteurs déjà agrégés par jour et par dimension. Cela veut dire par exemple, que quand je récupère le nombre "nombre d'IP distinctes par jour", je ne récupère pas les IPs en tant que telles mais juste un total que Cloudflare me communique et qu'il a déjà traité en amont.
Et vous n'êtes pas obligés de me croire sur parole, parce que c'est vérifiable en 10 secondes... Ouvrez l'inspecteur de votre navigateur, onglet Réseau, et rechargez cette page. Vous ne verrez aucun script de mesure d'audience, aucun appel vers un domaine tiers et aucune iframe. Même les vidéos YouTube ne se chargent qu'au moment où vous cliquez sur la vignette. Le seul truc qui bouge, c'est le compteur du footer qui télécharge un nombre, sans rien renvoyer derrière.
Attention, ce n'est pas à confondre avec Cloudflare Web Analytics et ses mesures RUM (Real User Monitoring) puisque cette fonctionnalité injecte un bout de JavaScript pour mesurer les performances ressenties dans le navigateur. Chez moi, c'est désactivé tout ça.
Maintenant soyons clairs sur un point, parce que c'est l'objection évidente et qu'elle est parfaitement légitime... Cloudflare, lui, voit bien votre adresse IP. Pas à cause de mon outil de stats, mais parce que c'est un reverse proxy et que c'est mécaniquement ce qui se passe dès qu'un site est derrière un CDN. Votre requête arrive chez eux avant d'arriver chez moi, sinon ils ne pourraient ni router, ni mettre en cache, ni bloquer une attaque. Mon outil ne change rien à ça, il se contente de lire des totaux déjà calculés et je ne récupère jamais la moindre IP. Tout est détaillé dans mes CGU, avec les bases légales, les durées et la liste des cookies de sécurité, si vous voulez le détail complet.
Mon outil et le compteur que vous pouvez retrouver dans le footer de mon site reposent sur les requêtes collectées côté serveur chez Cloudflare et sans l'analyse web, je ne peux juste pas suivre par exemple un parcours utilisateur, connaitre un taux de rebond ou évaluer les temps de chargement mesurés chez les lecteurs. Rien de grave donc...
Maintenant, il y a un souci chez Cloudflare, c'est que selon le jeu de données et le forfait que vous payez ou non, le détail ne reste interrogeable que durant une fenêtre limitée de temps. Mon outil doit donc passer chaque jour récupérer les agrégats encore disponibles et les stocker dans une base SQLite sur mon serveur ou en local, selon la façon dont on l'a déployé.
Ça me permet de garder mon propre historique agrégé. J'ai aussi activé le Super Bot Fight Mode de Cloudflare, qui réduit une large partie du trafic automatisé, mais attention, ça ne me donne pas pour autant des stats sans aucun bot. Les crawlers autorisés comme Googlebot et ceux qui passent entre les mailles du filet restent comptabilisés dans mes chiffres, exactement comme avec tous les autres outils de mesure web. Et je préfère le dire clairement plutôt que de vous vendre des chiffres "propres" qui ne le sont jamais totalement, vu qu'un filtre anti-bot ne peut retirer que les bots qu'il a détectés.
À côté de ça, j'ai aussi branché ma Google Search Console, et là non plus sans installer la moindre bibliothèque tierce... Je signe moi-même un JWT en RS256 avec le module crypto natif de Node, je l'échange contre un jeton d'accès chez Google, et le compte de service que j'utilise est restreint au scope lecture seule. Ça m'apporte des statistiques agrégées sur les impressions, les positions, les requêtes de recherche et surtout Discover !!
Si je devais résumer ça, je dirais que Cloudflare estime le volume de trafic et que Search Console montre quelles recherches produisent des impressions et des clics, même si sans aucun tracking en place, ça n'explique évidemment pas la motivation de chaque lecteur. Mais osef ! Et comme Cloudflare embarque aussi son pare-feu, j'en profite pour rapatrier des statistiques sur les événements de sécurité et les routes attaquées, comme ça, je peux tout voir au même endroit.
Maintenant, le vrai plaisir, c'est de pouvoir afficher ce que je veux dans mon propre dashboard. Par exemple, la répartition par langue, les navigateurs, d'où provient le trafic avec un joli petit camembert, les pays, l'état de mon cache, la bande passante, etc. Et quand j'ai un nouveau besoin qui me pête dans le cerveau, je peux ajouter une vue rapidement et je ne m'encombre pas de ce qui ne me sert pas.
Sans traceur placé chez vous, je ne connais donc pas les sessions, le taux de rebond, le parcours de lecture, les entonnoirs de conversion, donc impossible de savoir si vous êtes revenu hier, ni dans quel ordre vous avez lu 3 articles. Mais je m'en tape complètement puisque ces métriques ne m'ont jamais servi à rien.
Ce que je veux connaitre, c'est surtout l'ordre de grandeur de l'audience et le nombre de pages demandées. Le parcours individuel et les entonnoirs de conversion, c'est surtout un besoin de régie publicitaire ou de site e-commerce, et pas d'un site comme le mien. Quand on sait que les bandeaux de cookies nous coûtent
575 millions d'heures perdues
collectivement, et que
l'Europe réfléchit enfin à les alléger
, s'en passer n'est pas vraiment une punition.
Bref, mes stats sont maintenant plus digestes que celles d'AWStats, sans avoir à vous tracker ou vous faire charger quoi que ce soit. Ça me va donc très bien. Et si vous voulez un avant-goût de la technique derrière l'outil,
j'ai montré récemment comment vous faire un compteur de fréquentation gratuit
, donc n'hésitez pas à y jeter un œil...
NVIDIA a débranché GameStream, son système maison pour envoyer les jeux de votre PC vers une Shield ou un laptop. Sauf que le protocole, lui, n'est pas mort :
Moonlight
, le client open source qui le réimplémente, tourne toujours sur Windows, macOS, Linux, Steam Link, Raspberry Pi 4, Apple TV et Xbox, et même sur des Switch et des Vita en homebrew.
Et surtout, Hans Gaiser bricole depuis début 2024 une pièce qui manquait côté serveur,
Moonshine
, qui commence à être sérieusement utilisable.
Moonlight n'étant qu'un client, il affiche l'image et renvoie votre clavier, votre souris et votre manette. Derrière, il faut donc forcément une machine qui capture le jeu et qui encode la vidéo en temps réel.
Bref, comme je vous le disais, depuis que NVIDIA a rangé GameStream au placard début 2023, ce rôle revient à des serveurs communautaires. Le seul que la FAQ Moonlight recommande, c'est
Sunshine
, du collectif LizardByte. C'est codé en C++ sous licence GPL-3 et ça tourne sous Windows, Linux, macOS et FreeBSD. Sauf que Sunshine capture une session de bureau existante ce qui veut dire que sur une machine sans écran, il faut composer avec ça, et c'est de là que vient toute la littérature sur les dongles HDMI factices et autres écrans virtuels...
Alors que Moonshine, lui, est codé en Rust et prend un autre chemin. En fait, chaque session de streaming tourne dans son propre environnement isolé, qui est totalement séparé de votre bureau. Du coup, vous n'avez plus besoin de session active du tout... Une simple tour sans écran fera parfaitement le boulot.
Voilà, si vous avez une machine Linux qui dort dans votre placard avec un GPU dedans, ça peut vous permettre de lancer Moonlight depuis votre canapé à distance, et c'est le serveur qui gérera la session rien que pour vous.
Après, c'est du Linux uniquement, testé sur Arch même si ça remonte que ça tourne aussi sur d'autres distribs, avec systemd obligatoire pour lancer et gérer tout ce qui est processus. Et du côté du GPU, il vous faudra de l'encodage vidéo Vulkan, donc, vous l'aurez compris, une Nvidia RTX ou une AMD RDNA2 ou plus récente, voire une Intel Arc pour les plus motivés.
Voilà, toutes vos vieilles GTX resteront sur le banc de touches... Sans oublier que vous aurez besoin du client Moonlight en version 6.0.0 minimum et que la compatibilité avec les portages non officiels n'est pas garantie.
Les codecs supportés, c'est du H.264, H.265 et AV1, avec du HDR en 10 bits. L'AV1 est marqué expérimental et Hans Gaiser prévient lui-même qu'il fait gonfler la taille des images au fil du temps sur les cartes NVIDIA. Sauf que c'est réglé depuis : NVIDIA a sorti le correctif dans son pilote Vulkan beta 595.44.3.0 et Hans Gaiser a confirmé début avril, mesures à l'appui, que la qualité était revenue à la normale. Son README, lui, n'a pas suivi et vous conseille encore de rester en H.264 ou H.265. Donc si l'AV1 vous tente, prévoyez le pilote Vulkan beta, pas celui de votre distrib.
Notez aussi que Moonshine n'est pas conçu pour être utilisé sur des réseaux publics puisque le protocole GameStream sous-jacent a des limites qui font que le trafic n'est pas entièrement chiffré au niveau applicatif. Donc, si vous vous y mettez, n'exposez jamais les ports de Moonshine directement sur internet. Préférez passer par
Tailscale
ou un WireGuard par exemple.
Bref, Moonlight, Sunshine, Moonshine... si comme moi, vous vous emmêlez dans les noms, c'est parfaitement normal. N'empêche que c'est un super truc, encore en dev, certes, mais ça promet pour le futur...
Si vous avez déjà branché un stockage externe sur votre
Nextcloud
et regardé occ files:scan ramper en mode larve durant des plombes lors d'une indexation, vous connaissez le coupable.
C'est évidemment un dossier node_modules qui contient des dizaines de milliers de tout petits fichiers, qui se fait indexer dans la base de Nextcloud, faisant tout ramer jusqu'à l'infini (ou presque...).
Heureusement, Marc Palaus a repris le vieux plugin
files_excludedirs
(lancé à l'origine par Roeland Jago Douma, puis passé de fork en fork) et l'a remis d'aplomb pour Nextcloud 32 à 34. Le taf de ce plugin c'est tout simplement d'ordonner à Nextcloud d'ignorer purement et simplement les dossiers que vous lui indiquez.
Donc si vous lui donnez ce pattern, il esquivera tout ce qui correspond :
Un tableau JSON, un pattern par entrée, et vous pouvez glisser des wildcards comme cache/*/tmp pour taper plusieurs sous-dossiers d'un coup.
Ensuite, pour voir ce qui tourne, occ config:app:get files_excludedirs exclude. Ou si vous préférez cliquer, l'app propose aussi un menu Exclude Directories dans les réglages admin, avec un bouton Preview Changes pour voir ce que vous allez virer avant de valider.
Pour les fichiers qui n'ont pas encore été indexés, c'est nickel donc. Mais pour ceux qui sont déjà dans la base, cette exclusion les rendra inaccessibles mais ils seront toujours là à traîner dans les résultats de recherche.
Alors pour les dégager pour de bon, voici quelle ligne de commande vous devez lancer :
occ files_excludedirs:clean-cache --dry-run
J'ai mis un dry-run en paramètre, parce que ça permet de faire tourner ça à blanc sur quelques résultats, sans flinger la mauvaise arborescence. Mais une fois que vous êtes chaud patate et sûr de vous, vous devrez relancer la même commande sans le --dry-run.
Notez que si vous montez par exemple un partage genre "Shared/Holiday" directement à la racine d'un utilisateur, vos fichiers ont un chemin du style photo.jpg, et pas Shared/Holiday/photo.jpg. C'est le chemin complet qu'il faudra viser donc...
En tout cas, j'ai été surprise d'apprendre qu'exclure des dossiers du scan, c'est une demande qui traîne sur le tracker Nextcloud depuis l'
issue #6888
publiée en 2017... Ça existait pourtant côté ownCloud. Dommage quoi.
Pour installer ce plugin, vous récupérez l'archive sur la page Releases, vous décompressez dans nextcloud/apps, vous activez depuis l'admin. Ou alors un petit git clone + un composer install pour la version source et le tour est joué !
Et si la lourdeur de Nextcloud vous gonfle plus globalement, il y a des alternatives plus légères comme
OpenCloud
.