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Aujourd’hui — 29 mai 2026Flux principal

Ils ont créé des villes gérées par IA

29 mai 2026 à 13:33

Une société de recherche baptisée Emergence AI a eu une idée à la fois ludique et un peu vertigineuse : bâtir des petites sociétés virtuelles entièrement gérées par des intelligences artificielles, puis les laisser vivre quinze jours pour voir ce qu'elles deviennent.

Le projet, appelé Emergence World, a placé une dizaine d'habitants synthétiques dans chaque ville, tous pilotés par un même modèle, et a confronté les résultats obtenus par cinq IA concurrentes, dont Claude, ChatGPT, Grok et Gemini.

Le terrain de jeu n'avait rien d'improvisé. Chaque ville comptait plus de quarante lieux, parmi lesquels un commissariat et une mairie, sa météo était synchronisée sur celle de New York, et ses habitants disposaient d'un accès à l'actualité réelle et à internet.

Tous obéissaient en théorie aux mêmes interdits : pas de vol, pas de destruction de biens, pas de mensonge. Le cadre étant rigoureusement identique, les écarts observés ne pouvaient venir que d'une seule variable, le modèle aux commandes.

Et ces écarts sont spectaculaires. La société dirigée par Claude, dans sa déclinaison Sonnet 4.6, a tenu pendant toute la durée comme une démocratie relativement apaisée, sans le moindre crime à déplorer.

À l'opposé, la ville gouvernée par Gemini 3 Flash a certes réussi l'exploit de garder ses dix habitants en vie jusqu'au bout, mais en laissant prospérer un désordre permanent : 683 délits enregistrés en deux semaines, avec une courbe qui continuait de grimper au moment précis où l'expérience a été stoppée.

Les deux autres scénarios ont viré au naufrage, chacun à sa manière. Sous la conduite de Grok, la cité a sombré dans la violence avec 183 infractions recensées avant de s'effondrer complètement au quatrième jour.

Sous celle de ChatGPT, le problème fut exactement inverse : les habitants se sont montrés incapables d'assurer les gestes élémentaires de leur survie, si bien que la population entière avait disparu en une semaine.

On peut sourire de ces villes de poche peuplées de personnages artificiels, mais l'enseignement est sérieux. À l'heure où l'on parle de déléguer à ces modèles des arbitrages bien réels, voir des consignes parfaitement identiques accoucher de sociétés aussi dissemblables a de quoi inciter à la plus grande prudence.

Source : Fortune.com

Hier — 28 mai 2026Flux principal

Un radioamateur décode le signal de la sonde chinoise Tianwen-2 en route vers un astéroïde

28 mai 2026 à 11:08

Daniel Estévez est ce qu'on appelle un radioamateur de haut vol. Spécialisé dans le décodage de signaux satellites et de sondes spatiales, l'Espagnol partage ses analyses techniques sur son blog depuis plusieurs années.

Cette fois, il s'est attaqué à un gros morceau : la télémétrie de Tianwen-2, la sonde chinoise actuellement en route vers l'astéroïde géocroiseur Kamo'oalewa.

Pour capter le signal, Estévez s'est appuyé sur le radiotélescope de Dwingeloo, aux Pays-Bas. Cette antenne historique, construite en 1956 par les radioastronomes néerlandais et longtemps abandonnée, a été remise en service par une association de passionnés qui l'utilise en particulier pour suivre les missions spatiales lointaines. La sonde émet en bande X (une plage de fréquences radio utilisée par la plupart des engins interplanétaires), autour de 8428,19 MHz, soit pratiquement la même fréquence que sa grande sœur Tianwen-1.

Là où ça devient intéressant techniquement, c'est sur l'encodage du signal. Tianwen-1 utilisait un encodage Reed-Solomon (une méthode classique de correction d'erreurs, indispensable quand le signal voyage sur des centaines de millions de kilomètres) avec une astuce un peu bricolée qui obligeait à zapper certains octets pour faire rentrer le tout dans la trame.

Tianwen-2, elle, utilise un encodage concaténé avec une longueur de trame mieux pensée. Du coup, les codewords Reed-Solomon rentrent pile-poil, sans bidouillage. C'est un détail qui peut sembler insignifiant, mais ça simplifie la vie de tout radioamateur qui veut suivre la mission depuis chez lui.

La sonde a été lancée le 28 mai 2025 et doit atteindre Kamo'oalewa en juin 2026. L'objectif est ambitieux : prélever un échantillon et le ramener sur Terre, comme l'avait fait la mission japonaise Hayabusa2 sur Ryugu en 2020.

Mais Tianwen-2 vise encore plus loin. Après Kamo'oalewa, la sonde poursuivra sa route vers la comète 311P/PANSTARRS pour une étude rapprochée, dans une mission double assez inédite. Si l'opération réussit, ce sera une nouvelle étape importante pour le programme spatial chinois, qui enchaîne les missions depuis plusieurs années.

Estévez documente tout publiquement, avec les paramètres exacts du signal, les outils utilisés (essentiellement GNU Radio, un framework open-source de traitement de signal), et les écueils techniques rencontrés. Pour les passionnés, c'est une mine d'or. Pour les autres, c'est surtout une démonstration que l'observation spatiale n'est plus l'apanage des agences gouvernementales.

Source : Hackaday

À partir d’avant-hierFlux principal

Documents OVNI déclassifiés - 161 fichiers et zéro preuve

Par : Korben ✨
10 mai 2026 à 20:45

J'sais pas si vous avez vu mais le Pentagone vient de balancer 161 documents OVNI déclassifiés sur ordre de ce bon vieux Trump ! Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense (ou à la Guerre, j'sais plus comment on dit) a donc mis en ligne 119 PDFs, 28 vidéos et 14 images couvrant les années de 1948 à 2026.

Et vous allez voir, c'est la déception scientifique du siècle !

J'ai été voir un peu de quoi il en retournait et c'est majoritairement flou et nul à chier. Les vidéos infrarouges montrent des points lumineux qui font des virages à 90 degrés au-dessus de la Grèce, sans qu'on sache quel appareil filme ni quand précisément et les images sont caviardées "pour protéger l'identité des témoins, l'emplacement des installations et des informations militaires sensibles".

Du coup, y'a des trucs intrigants qui font bosser les complotistes et autres Lone Gunmen en culottes courtes mais très peu de métadonnées techniques exploitables. Parce que en pratique, sans contexte radar, sans signature thermique, et sans plateforme de captation identifiée, c'est IMPOSSIBLE de trancher entre OVNI, drone furtif chinois, reflet dans les nuages ou simple missile expérimental. Alors à choisir entre une vidéo IR de neuf secondes dégueulasse et une vraie étude radar avec données brutes, perso j'aurais vraiment préféré la seconde.

Mais bon, c'est l'Amérique et on sait qu'ils adorent le folklore Roswell, donc ça alimente la machine à connerie mais absolument pas tout ce qui est recherche scientifique et je trouve ça dommage...

Le programme s'appelle PURSUE (Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters), parce qu'il fallait bien un acronyme trop super cool pour habiller la chose et la promesse de Hegseth est la suivante : "Ces documents, cachés derrière le secret-défense, ont longtemps alimenté des spéculations justifiées et il est temps que les Américains les voient de leurs propres yeux."

On se croirait dans une intro de X-Files. Bah voilà, là on a vu et c'est naze. En pratique, c'est comme si la NASA publiait des photos de Mars filmées avec une caméra Game Boy...

Et je vous ai pas encore tout dit car certains rapports frisent le grand n'importe quoi. Le plus beau c'est cet orbe décrit par des forces de l'ordre fédérales américaines comme "similaire à l'œil de Sauron du Seigneur des Anneaux, sans la pupille". Je vous jure, c'est la description officielle. Le vrai mystère de PURSUE je crois, c'est plutôt de savoir si ces rapports ont été écrits par des fédéraux US, ou des mecs bourrés en convention de Comic-Con.

Sauf que ça n'est pas le pire... Dans un rapport de 1966, on trouve un objet décrit comme un "rayon laser, ou rayon cobalt", "auto-enveloppant", "similaire à un cocon autour d'un ver à soie", capable d'enfermer le système nerveux entier d'une personne. Okéééé, vous pouvez développer ? Elle pousse où votre ganja les gars ? Et une fois encore, i want to believe hein, mais va falloir nous fournir autre chose que des rapports de militaires alcoolisés...

Les astronautes d'Apollo 11 auraient même observé un "objet de taille importante" près de la Lune avec une "source lumineuse assez brillante", décrite comme un "possible laser", Apollo 12 et 17 ont aussi vu des trucs et je ne vous parle pas des humanoïdes de quatre pieds (1m20, oh les tchô loulous) qui auraient été aperçus près d'engins non identifiés.

Sauf que RIEN n'est corroboré par des preuves matérielles.

Et là où ça devient carrément ouf, c'est que depuis 2 jours, y'a même un faux rapport qui circule sur les réseaux sociaux, comme s'il sortait de ces fichiers PURSUE officiels où il est question d'une femme-chat avec des oreilles pointues et une queue aperçue en 1994. Je vous rassure, ce rapport n'est PAS dans les docs officiels du Pentagone, mais je voulais aussi vous en parler parce qu'il y en a qui partagent ça en mode "voilà la preuve". Faut dire que le Pentagone a publié 161 docs si flous que même les pires hoax semblent plus sérieux au milieu de toutes ces conneries. C'est merveilleux !

Bref, ces "révélations" sont loin d'en être...

Dire que le cas que le Pentagone classe parmi "les plus convaincants" ce sont des "orbes qui lancent d'autres orbes". Ils ont été aperçus en 2023, dans l'ouest des États-Unis et c'est ça le TOP du TOP de ces preuves... donc imaginez le reste ! D'ailleurs, l'AARO (Anomaly Resolution Office) a déjà publié ses conclusions sur tout ce bordel : Aucun de ces phénomènes n'a d'origine extraterrestre confirmée.

Voilà, voilà... On verra ce qu'ils nous sortiront par la suite, mais ça risque d'être drôle. Rendez nous Jacques Pradel !!

Et dire qu'il y a 32 ans, deux ados qui cherchaient des fichiers OVNI dans les serveurs du Pentagone ont fait paniquer Washington au point de déclencher une alerte de sécurité nationale historique et aujourd'hui, le même type de fichiers sort officiellement et c'est de la bouillie pour les cerveaux crédules...

Bref, tout ça pour ça... J'suis déçu un peu quand même... Moi j'attendais une vraie photo ou vidéo nette, une vraie étude scientifique, un vrai document sérieux.

Mais à la place, on a des fédéraux qui décrivent des bidules en forme de boules de bowling sans rien de plus que leur parole... Breeef, passez votre chemin les amis !

Source

Photographier les vraies couleurs en stockant tout le spectre était déjà possible en... 1891

4 mai 2026 à 12:01

Hackaday vient de remettre en lumière (c'est le cas de le dire) une technique de photo couleur quasi oubliée et complètement folle : les plaques Lippmann. Au lieu de découper la lumière en trois canaux RGB comme un capteur moderne, elles enregistrent le spectre complet, longueur d'onde par longueur d'onde.

Le résultat est tellement précis qu'un spectromètre peut le relire sans problème. 

Le truc tient à un montage tout simple. Vous prenez une plaque de verre recouverte d'un gel photographique chargé en cristaux de halogénure d'argent extrêmement fins, et vous collez un miroir contre l'arrière.

Quand la lumière de la scène frappe la plaque puis se réfléchit sur le miroir, elle interfère avec elle-même et crée des ondes stationnaires. Ces ondes laissent dans le gel un motif d'argent métallique avec un espacement qui dépend directement de la longueur d'onde.

Du coup, après développement, la plaque ne contient pas une image RGB classique. C'est un empilement de réseaux de diffraction microscopiques, chacun calé sur sa propre longueur d'onde.

Quand vous éclairez le tout en lumière blanche, chaque réseau renvoie pile la couleur d'origine, sans approximation. Pour la première fois en 1891, Gabriel Lippmann avait littéralement enregistré la couleur "telle quelle", ce qui lui avait valu un prix Nobel de physique en 1908.

Le souci, c'est que la technique avait quasiment tous les défauts possibles côté usage. L'image n'apparaît correctement que sous un angle de vision très limité, l'exposition demandait des minutes voire des heures, les couleurs ressortaient parfois ternes selon l'éclairage, et il était impossible de tirer des copies.

Bref, intransportable, une photo unique, et compliqué à montrer. Forcément, ça n'a jamais décollé pour le grand public.

Reste que le principe lui-même n'est pas mort, il a juste muté en holographie. C'est exactement la même logique d'enregistrement par interférence d'ondes, sauf qu'on capture aussi la phase et pas seulement l'intensité spectrale.

Et à l'heure où les capteurs hyperspectraux deviennent abordables pour les bidouilleurs, l'idée de revisiter Lippmann avec du gel moderne et un éclairage cohérent commence à avoir du sens.

Source : Hackaday

Les archéologues de Pompéi utilisent l'IA pour reconstruire le visage d'une victime du Vésuve

28 avril 2026 à 16:29

Pour la première fois, l'équipe du Parc archéologique de Pompéi a utilisé une chaîne d'intelligence artificielle pour reconstruire numériquement le visage d'une victime de l'éruption du Vésuve en 79 après Jésus-Christ.

Le portrait, présenté hier, montre un homme âgé qui tentait de fuir la ville vers la côte au moment où la pluie de pierres ponces s'est abattue sur lui. La méthode pourrait être étendue à des centaines d'autres victimes du site dans les prochains mois.

Screenshot

La victime a été retrouvée près de la nécropole de la Porta Stabia, juste à l'extérieur des murs de la ville antique. Son squelette gardait dans ses mains un mortier en terre cuite, que les chercheurs interprètent comme une tentative improvisée de se protéger la tête des projectiles volcaniques. Un détail qui parle de la panique du moment, quand les habitants saisissaient ce qu'ils trouvaient pour se couvrir.

La reconstruction a été menée en collaboration avec l'Université de Padoue. Les chercheurs ont combiné des relevés ostéologiques classiques (forme du crâne, points d'attache des muscles, état de la dentition) avec des outils d'IA spécialisés dans l'estimation de tissus mous à partir de squelettes.

Le résultat est un visage qui ressemble plus à un portrait probabiliste qu'à une photo. Les paramètres comme la couleur des yeux ou la coiffure restent des hypothèses éducatives, basées sur des moyennes de la population romaine de l'époque.

L'apport de l'IA n'est pas dans le portrait final, qui aurait pu être réalisé à la main par un médecin légiste expérimenté. Il est dans l'industrialisation de la méthode. Le pipeline développé peut être appliqué à d'autres squelettes du site, et il y en a beaucoup.

Pompéi a livré plus d'un millier de victimes identifiées, dont une grande partie n'avait jamais été visualisée. Le portrait n'est pas une photo, ce n'est pas non plus la vérité historique de cet homme : c'est une représentation cohérente avec ses os et avec le contexte démographique connu.

Les chercheurs insistent sur ce point pour éviter que le portrait soit pris au pied de la lettre. À noter aussi qu'aucune analyse ADN n'a encore été réalisée pour affiner l'origine ethnique précise de la victime.

Dans cette histoire, l'IA donne aux archéologues un nouveau pinceau pour redonner un visage aux morts de Pompéi.

Source : AP

Pedro de Ayala - Sa lettre chiffrée de 1498 enfin décodée

Par : Korben ✨
27 avril 2026 à 18:44

Adrian William Jaime, Valeria Tapia Cruz et Mairi Cowan, 3 chercheurs de l'Université de Toronto, viennent de boucler le déchiffrement complet d'une lettre que personne n'avait jamais réussi à lire en entier depuis sa redécouverte en 1860. C'est Bruce Schneier qui relaye l'info sur son blog , et c'est pil poil une histoire qui prouve que l'infosec ne date pas d'hier.

La lettre fait 11 pages, elle a été écrite à Londres le 25 juillet 1498 par Pedro de Ayala, un noble de Tolède en mission diplomatique en Angleterre pour le compte de Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille.

Pour empêcher les rivaux de la lire si jamais elle se faisait intercepter en chemin, Ayala a alors chiffré une partie du texte avec un système de symboles maison où, vice ultime du gars, plusieurs symboles différents pouvaient représenter la même lettre.

Première page de la lettre

Par conséquent, la table de fréquences classique, celle qui marche sur les chiffres mono-alphabétiques basiques, ne donnait donc rien de propre. Voilà pourquoi la chose a tenu 165 ans face à des historiens qui s'y cassaient les dents les uns après les autres.

Mais notre petite équipe de Toronto a fini par reconstruire la clé entière, symbole par symbole, et a publié la transcription complète dans Renaissance Studies en libre accès.

Et faut dire qu'une fois le texte en clair, le contenu vaut largement le travail !

En effet, Pedro de Ayala fait à ses souverains un brief politique cash sur l'état de la Grande-Bretagne. Sur Jacques IV d'Écosse, il balance que le mec parle latin, français, allemand, flamand, italien, espagnol et probablement gaélique, qu'il décrit comme « une langue que les sauvages parlent dans une certaine partie de son royaume ». Charmant.

Sur les Écossaises, c'est encore mieux : « Les femmes sont très courtoises à l'extrême. Je dis cela parce qu'elles sont très audacieuses. Elles sont les gouvernantes absolues de leurs maisons. »

Et sur Henri VII d'Angleterre, l'envoyé espagnol ne mâche pas ses mots : « Il n'est pas aimé du tout, la reine en revanche est beaucoup aimée parce qu'elle peut faire peu. ». Avec ce qu'il balance, je comprends que ce diplomate ait bien bossé son chiffrement.

Pedro, à fond dans le chiffrement !

Le bonus historique, c'est que la lettre confirme aussi le voyage transatlantique de Jean Cabot l'année précédente, avec une remarque assez piquante adressée à Ferdinand et Isabelle : « ce qu'ils ont trouvé ou cherchent est ce que Vos Altesses possèdent. » Traduction polie : les Anglais sont en train de venir mettre les pieds dans votre pré carré américain.

La lettre originale, numérisée, est consultable directement dans les archives espagnoles si vous voulez voir à quoi ressemble du chiffrement diplomatique fait main au XVe siècle.

Le truc qui me fait marrer dans cette affaire, c'est de réaliser que les principes du chiffrement par homophones, le fait d'utiliser plusieurs symboles pour la même lettre afin d'aplatir la fréquence d'apparition, ce sont exactement les bases sur lesquelles ont été pensées plus tard les machines comme Enigma.

Pedro de Ayala, en 1498, faisait déjà sans le savoir un peu de cryptanalyse-resistant design. Et 5 siècles plus tard, il aura fallu trois universitaires et probablement des outils informatique que lui n'aurait jamais pu imaginer pour casser sa petite combine.

Trop fort Pedro !!

Source : Medievalists.net

Un amateur résout un problème d'Erdős vieux de 60 ans avec un seul prompt GPT-5.4

27 avril 2026 à 14:36

Liam Price, 23 ans, mathématicien amateur sans formation avancée, a résolu un problème d'Erdős resté ouvert depuis 60 ans en posant la question à GPT-5.4 Pro un lundi après-midi en avril.

Le modèle a tourné 80 minutes pour produire une preuve qui passe la validation du médaillé Fields Terence Tao. C'est ce que rapporte Joseph Howlett dans Scientific American.

Le problème en question, c'est l'Erdős #1196, posé par le mathématicien hongrois en 1965. L'IA n'a pas tout cassé en force brute. Elle a utilisé la fonction de von Mangoldt, un outil bien connu en théorie des nombres, mais que personne n'avait pensé à appliquer à ce type de question depuis 90 ans.

Tao parle d'une connexion jusqu'ici non décrite entre l'anatomie des entiers et la théorie des processus de Markov. En clair, l'IA a fait un pont entre deux branches mathématiques que les humains avaient laissé séparées.

La méthode est assez simple. Price a copié le problème dans une fenêtre ChatGPT, lancé GPT-5.4 Pro en mode raisonnement, et attendu. Pas de papier brouillon, pas d'allers-retours avec un professeur, pas de café à minuit avec des collègues. Un prompt, une réponse, et un objet mathématique sur lequel des experts du monde entier auront ensuite à se pencher pour valider chaque ligne.

Maintenant il faut savoir que la sortie brute de l'IA était plutôt confuse. Tao et Jared Lichtman, mathématicien à Oxford, ont dû relire, simplifier et reformuler la preuve pour qu'elle devienne lisible.

Sans expert humain pour décanter le résultat, le prompt seul n'aurait probablement pas convaincu une revue scientifique. L'IA a vu la bonne idée, mais pas vraiment su l'expliquer proprement.

Tao reste prudent. Il rappelle que le problème n'était pas le plus dur du livre des Erdős, et que l'IA a surtout gagné en vitesse, pas forcément en profondeur.

Lichtman, lui, parle du premier résultat IA au niveau du livre des Erdős, ce qui reste une marche assez impressionnante. Côté Liam Price, le jeune homme va probablement ajouter une ligne assez folle à son CV. Et le débat sur ce que ça veut dire pour la recherche en mathématiques pures, lui, est désormais lancé pour de bon.

Source : Scientific American

Project Deal, l'expérience où des agents Claude négocient des objets pour leurs collègues

25 avril 2026 à 09:17

Anthropic a partagé hier les résultats de Project Deal, une expérience interne menée en décembre 2025 où des agents Claude ont négocié, acheté et revendu des objets personnels pour le compte de 69 salariés volontaires de leur bureau de San Francisco. Le but : voir ce que ça donne quand des gens laissent leur IA faire les courses entre elles.

Pendant deux jours, chacun des 69 participants a confié un agent Claude à son téléphone, avec 100 dollars de budget virtuel et une liste d'objets à vendre ou à acheter. Les agents ont publié les annonces, échangé des messages, négocié les prix et conclu des accords.

186 transactions ont été closes sur plus de 500 objets listés, pour un volume total d'environ 4 000 dollars. Le prix médian d'un objet était de 12 dollars, le prix moyen autour de 20.

L'expérience était en fait un protocole de recherche déguisé. Anthropic a fait tourner quatre marchés en parallèle : un seul a donné lieu à de vrais échanges physiques, les trois autres servaient à l'analyse statistique.

Dans deux d'entre eux, tous les agents tournaient sur Claude Opus 4.5. Dans les deux autres, les utilisateurs avaient une chance sur deux de se retrouver avec un Claude Haiku 4.5, beaucoup moins capable, à leur insu.

Le résultat est assez clair. Les agents Opus ont vendu en moyenne 3,64 dollars de plus par objet que les agents Haiku, et concluaient deux deals supplémentaires sur la durée. Sur un même vélo cassé, Opus l'a revendu à 65 dollars, Haiku à 38 sur un profil acheteur équivalent. Mais la perception des participants ne reflétait pas ces écarts : sur l'équité ressentie, les utilisateurs des deux modèles ont noté l'expérience à 4,05 et 4,06 sur 7. Personne ne s'est senti lésé.

Quelques moments rigolos ressortent du rapport. Un participant a récupéré un snowboard que son propre agent lui avait déjà acheté plus tôt dans l'expérience, sans s'en rendre compte. Un autre s'est vu offrir par son agent ce que celui-ci a appelé "19 sphères parfaites de possibilité", soit en pratique un sachet de balles de ping-pong. Un troisième s'est retrouvé organisateur d'une vraie balade de chiens entre deux participants, négociée et programmée par leurs agents respectifs.

La conclusion d'Anthropic est plus politique que technique. Si demain tout le monde envoie son agent négocier à sa place, l'inégalité d'accès à un bon modèle se traduit directement par des écarts financiers, et personne ne s'en rend compte sur le moment.

46% des testeurs ont déclaré qu'ils paieraient pour ce genre de service. Du coup, mieux vaut commencer à regarder ça de près avant que ça déboule pour de bon partout dans notre quotidien.

Source : Anthropic ,

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