Lors d'un discours à Anvers, Emmanuel Macron a encouragé l'Europe à mieux financer ses pépites et à préférer les solutions européennes. Son exemple : Elon Musk, « un gars sursubventionné par les agences fédérales aux États-Unis ». Le milliardaire réfute cette déclaration : selon lui, c'est l'Europe qui sursubventionne les concurrents de ses entreprises.
La dernière série française de Netflix s'invite actuellement dans le top 10 de la plateforme de streaming. Si vous avez déjà englouti les 8 épisodes des Lionnes, voici 5 séries similaires qui devraient vous plaire.
En effet, Discord va bientôt demander à ses utilisateurs de prouver qu'ils ont bien 18 ans pour accéder au contenu NSFW. La plateforme prévoit de déployer la
vérification d'âge
à l'échelle mondiale dès le mois de mars 2026. Après des tests au Royaume-Uni depuis juillet dernier puis en Australie depuis décembre, c'est TOUT le monde qui y passe. Fini le simple clic sur "j'ai plus de 18 ans" !
Y'a donc 2 options au menu. Soit vous filmez votre tronche via le SDK de Yoti, un outil d'estimation d'âge qui tourne en local sur votre smartphone où faut ouvrir et fermer la bouche devant la caméra pour vérifier que c'est bien votre vrai visage. L'évaluation se fait en local et la vidéo ne quitte jamais votre appareil, ce qui évitera les soucis de confidentialité. Soit vous envoyez une copie de votre pièce d'identité au prestataire Persona.
Le selfie a donc l'air nettement plus safe...
Le précédent prestataire utilisé par Discord, 5CA, basé aux Pays-Bas s'est d'ailleurs fait pirater en octobre dernier par un groupe qui se fait appeler Scattered Lapsus$ Hunters. Environ 70 000 photos de pièces d'identité dans la nature. Sympa. Discord assure avoir changé de crémerie depuis, mais bon, une fois que vos données sont dehors, c'est trop tard. En tant que français, on ne le sait que trop bien puisque l’État comme les entreprises privées
adorent offrir nos données personnelles
aux cybercriminels de tout poils.
Attention quand même, si vous êtes sur un vieux téléphone sans bonne caméra frontale, ou si la luminosité est trop faible, l'estimation d'âge de Yoti risque de foirer et vous serez obligé de passer par la pièce d'identité. Du coup, le choix se fait un peu malgré vous.
Le déploiement au Royaume Uni avait d'ailleurs donné lieu à un contournement assez drôle. Des petits malins avaient utilisé le mode photo de Death Stranding (oui, le jeu de Kojima sur PS5/PC) pour tromper le système de
reconnaissance faciale
de k-ID. Le système demandait d'ouvrir et fermer la bouche... sauf que dans Death Stranding, vous pouvez contrôler les expressions faciales de Sam Porter via la barre "expression du personnage".
Heureusement, la nouvelle version corrige apparemment le tir, mais le piège c'est que d'autres jeux avec des modes photo réalistes pourraient très bien marcher aussi.
Par défaut, tous les comptes basculeront donc sur une expérience "adaptée aux ados" et les serveurs et canaux marqués NSFW deviendront inaccessibles tant que vous n'avez pas prouvé votre majorité. Du coup, même si vous avez +40 ans et que vous traînez sur Discord depuis la v1.0 de 2016, faudra repasser par la case vérification... Sauf si le modèle d'inférence vous a déjà identifié comme adulte. J'y reviens.
Car oui, Discord déploie un modèle d'inférence maison qui analyse vos métadonnées pour deviner votre tranche d'âge. Les jeux Steam auxquels vous jouez, vos horaires de connexion sur l'app mobile ou desktop, votre activité sur les serveurs publics... tout passe à la moulinette. Si le modèle vous catégorise comme mineur, vous êtes bon pour une restriction automatique, même sans vérification via Yoti ou Persona. Le hic c'est qu'on ne sait pas encore comment contester si l'algo se plante. En bon adulescent, si vous jouez à Fortnite sur votre Switch à 23h un mardi soir, bon courage pour prouver que vous n'êtes pas au collège...
L'entreprise lancera aussi bientôt un "Teen Council" composé de 10 à 12 ados entre 13 et 17 ans qui la conseilleront sur la sécurité (candidatures ouvertes jusqu'au 1er mai sur discord.com).
L'entreprise assume le fait que ces changements feront fuir certains utilisateurs, mais bon, c'est la vie... La protection des mineurs passe avant la croissance.
Sridhar Vembu, entrepreneur et ingénieur indien, cofondateur de Zoho, nous livre dans cette tribune exclusive sa vision de la géopolitique de la technologie en 2026. Alors qu'elle reposait sur un équilibre mondial relativement durable, la confiance s'effrite et les blocs renaissent. Pour le pire ? Pas forcément.
Car Bing a décidé de bloquer purement et simplement les 1,5 million de sites hébergés sur leur service. C'est le domaine ENTIER neocities.org qui a été viré de l'index du moteur de recherche de Microsoft et du coup, tous les sous-domaines des utilisateurs avec, en fait. D'ailleurs, c'est pas la première fois puisqu'un blocage similaire avait déjà eu lieu l'été dernier, soi-disant résolu après un contact avec Microsoft.
Kyle Drake, le fondateur, a vu son trafic Bing passer d'environ 500 000 visiteurs par jour à... zéro. Et en cherchant "Neocities" sur Bing, y'a juste un site copycat qui apparait en bonne place. D'ailleurs c'est possiblement du phishing donc gaffe à vous !
Après avoir découvert de ce qu'il se passe, Drake tente de contacter Microsoft pour régler ça. Il soumet alors une douzaine de tickets via les Bing Webmaster Tools. Sauf que derrière, y'a personne. Enfin si, y'a un chatbot IA qui répond en boucle sans rien résoudre. Le mec a même essayé d'acheter de la pub Bing juste pour avoir un être humain au bout du fil. QUE DALLE !
C'est quand Ars Technica a contacté Microsoft que ça a (un peu) bougé. En 24 heures, hop, la page d'accueil est réapparue dans les résultats de recherche. Sauf que les sous-domaines des utilisateurs, eux, sont toujours bloqués pour la plupart. Microsoft a juste dit que "certains sites violaient leurs règles", sans dire lesquels. Et bien sûr, ils refusent de discuter directement avec la plateforme...
Bing ne pèse que ~4,5% du marché mondial. Mais c'est le moteur par défaut de Windows, et surtout, plein d'autres moteurs (dont DuckDuckGo) s'appuient en bonne partie sur l'index Bing en coulisses. Du coup, c'est pas juste un problème Bing, c'est tout un pan du web qui perd l'accès à ces sites.
Le fondateur le dit lui-même
, c'est "un des derniers bastions du contenu humain" sur le web. Pas d'IA slop ni de contenu généré pour gratter du référencement. Neocities, ce sont juste des gens qui font des sites persos chelous, des fanpages, de l'art...etc bref c'est totalement le genre de truc qu'un moteur de recherche devrait mettre en avant à une époque où tout est noyé sous de la bouillie synthétique. Mais bon...
Heureusement que Google continue d'indexer les sites Neocities normalement... ^^
Quentin, fidèle lecteur de Korben, développe en solo depuis presque un an un outil qui va parler à tous ceux qui cherchent un appart ou une maison et qui en ont marre de jongler entre quinze onglets pour avoir une vision claire d'un quartier.
1dex.fr
c'est une plateforme qui agrège un paquet de données géographiques et immobilières sur n'importe quelle adresse en France. Prix de vente au m², transactions DVF, permis de construire, qualité de l'eau, pollution de l'air, travaux à proximité, écoles... Le tout sur une interface cartographique plutôt bien foutue.
Concrètement, vous entrez une adresse, vous cliquez sur "Analyser cette zone" et hop, la carte se remplit de données. On peut alors visualiser les parcelles alentours, voir les dernières ventes, repérer les chantiers en cours, et même afficher les immeubles avec syndic de copropriété. Y'a même un système de calques pour switcher entre fond de carte classique, vue satellite ou mode sombre.
Perso j'aime bien ce genre d'outil qui met la data à portée de main sans avoir besoin de fouiller data.gouv.fr pendant des heures.
Son modèle est freemium mais rassurez-vous, l'essentiel est gratuit avec une limite journalière d'analyses. Si vous dépassez, soit vous revenez le lendemain, soit vous passez à la caisse pour un accès intensif. Quentin bosse aussi sur une API pour les pros et une extension navigateur qui ajoutera les données 1dex directement sur les annonces immo. Pas mal pour éviter les mauvaises surprises avant même de visiter !
Voilà si vous êtes en recherche de logement ou juste curieux de savoir ce qui se passe autour de chez vous, ça vaut le coup d'œil ->
1dex.fr
Ford discuterait avec Geely d’un accord industriel, permettant d’assembler des voitures électriques chinoises dans les usines européennes du constructeur américain. Un scénario plus crédible que les rumeurs d'un partenariat avec Xiaomi.
GitHub vient peut-être de trouver une piste sérieuse pour sauver la santé mentale des mainteneurs de projets open source. Parce que je sais pas si vous le savez mais gérer un projet populaire sur GitHub, c'est un peu comme essayer de vider l'océan avec une petite cuillère, surtout avec la montée en puissance des contributions de faible qualité,
dont une bonne partie est désormais générée par IA
...
Le problème, c'est que la quantité ne veut pas dire la qualité... Entre les Pull Requests (PR) qui ne respectent pas les guidelines du "README.md" et celles qui sont abandonnées en cours de route, les mecs derrière les gros dépôts commencent à fatiguer. Du coup, un représentant de GitHub explique dans une
discussion avec la communauté
explorer très sérieusement plusieurs options, dont la possibilité de désactiver purement et simplement les Pull Requests sur un dépôt.
Si l'idée est validée, ce serait un vrai changement car actuellement, pour arrêter de recevoir des contributions, la solution la plus radicale reste de passer le repo en mode "archive", ce qui gèle tout le projet (lecture seule). Certains utilisent des automatisations via des fichiers .github/workflows/close-pr.yml, mais c'est du bricolage. L'idée ici, c'est donc d'avoir un bouton spécial pour dire "Ok les gars, on n'accepte plus les modifs pour le moment", sans pour autant couper les issues ou les discussions.
GitHub évalue aussi d'autres leviers, genre limiter les PR uniquement aux collaborateurs du projet ou permettre la suppression définitive d'une PR polluante directement depuis l'interface. Perso, j'aime bien cette idée de bouton car elle évite de bloquer tout le reste du projet inutilement. Le coût de revue d'une PR, même foireuse, reste un effort humain important, alors que la générer avec Copilot ou ChatGPT ne demande qu'un effort minime pour l'expéditeur.
D'ailleurs, si vous faites partie de ceux qui aiment
gérer vos PR depuis le terminal
, vous voyez bien le délire... quand la liste s'allonge de dizaines d'entrées inutiles, y'a de quoi avoir envie de tout balancer par la fenêtre !!
Bref, peu importe ce qui sera décidé mais c'est bien de voir GitHub à l'écoute. Et si ils valident ces changements, ça pourrait carrément faciliter la vie de pas mal de développeurs qui saturent face au tri permanent.
Comme le font remarquer plusieurs personnes sur les réseaux sociaux, Google, en tant qu'investisseur dans SpaceX, devient actionnaire de xAI grâce à la fusion des deux entreprises. Le créateur de Gemini étend sa domination sur l'IA : il détient des parts dans deux de ses rivaux.
Grosse sortie du mois de décembre 2025 sur Nintendo Switch et Nintendo Switch 2, Metroid Prime 4: Beyond est à peine mentionné dans le dernier bilan financier de la firme. Pire, il n'apparaît pas dans le classement des meilleures ventes de la Switch 2.
Pour 250 milliards de dollars, Elon Musk rachète xAI à Elon Musk. Le milliardaire vient d'opérer un des deals financiers les plus intéressants de la décennie : SpaceX (spatial + Starlink), xAI (Grok) et X (ex-Twitter) sont désormais réunis au sein d'un même groupe. La prochaine étape est l'introduction de cette valeur unique en bourse, qui pourrait générer des milliards de dollars en quelques heures.
Le 30 janvier 2026, le département de la Justice aux États-Unis a mis en ligne des millions de documents sur Jeffrey Epstein, accessibles depuis une simple barre de recherche. Les analyser sera long, d'autant plus qu'une grande majorité de ces documents sont des doublons ou des mentions sans intérêt, mais la publication de fichiers sur l'affaire qui fascine l'Amérique alimente logiquement de nombreux débats sur les réseaux sociaux. Jusqu'à donner une matière insoupçonnée aux amateurs de conspirations.
Apple met la main sur Q.ai, startup israélienne qui développe une IA capable d’interpréter les signaux non verbaux du visage. Le groupe entend renforcer ses technologies d’IA et d’interfaces, notamment pour ses casques et lunettes connectées.
Mauvaise nouvelle pour les amateurs de lecture japonaises qui avaient leurs petites habitudes sur Bato.to. Le site, véritable institution du scantrad manga, a été mis hors ligne et cette fois, c'est pas une simple maintenance qui a mal tourné ou un serveur qui a pris feu (quoi que, ça arrive plus souvent qu'on ne le pense ^^).
Non, c'est la CODA (Content Overseas Distribution Association), c'est à dire l'organisme japonais de lutte contre le piratage, qui en collaboration avec les autorités chinoises, ont fait arrêter l'opérateur du site fin novembre. Le gars a admis opérer non seulement Bato.to mais aussi une soixantaine de sites liés comme xbato.com ou mangapark.io.
Honnêtement, impossible de se connecter ce matin, c'est le désert total. Apparemment, la base de données a été saisie et les serveurs sont aux fraises.
Du coup, c'est tout un empire qui s'effondre. Pour vous donner une idée de l'ampleur du truc, Bato.to c'était 350 millions de visites cumulées sur l'ensemble du réseau rien que pour le mois de mai 2025. Et niveau thunes, ça brassait pas mal puisque les revenus publicitaires montaient jusqu'à 400 000 yuans par mois lors des pics d'audience, soit environ 57 000 dollars. Ça commence à faire une belle somme pour de la scanlation illégale, surtout quand on sait que la plupart des traducteurs font ça pour la gloire (ou pour le kiff).
Perso, je trouve ça super moche de voir disparaître des archives communautaires aussi énormes parce que même si c'était pas "légal" c'était quand même un peu le temple du scan manga où l'on trouvait des pépites introuvables ailleurs, même si la qualité variait selon les équipes. Mais bon, faut pas se leurrer, quand y'a autant d'oseille en jeu, c'était inévitable...
Si vous êtes en manque de lecture, sachez que l'offre légale a quand même méga bougé. Avant c'était la galère absolue, mais maintenant on a des trucs comme
Manga Plus
(qui appartient à la
Shueisha
, donc c'est la source directe) ou
Mangas.io
. C'est quand même plus propre pour soutenir les mangakas qui triment sur leurs planches, sauf si vous lisez des trucs hyper obscurs qui n'arriveront jamais chez nous, là c'est plus compliqué...
D'ailleurs, pour ceux qui galèrent avec les chapitres qui sortent uniquement en japonais, y'a des outils incroyables maintenant. J'avais testé
Manga Net sur Android
et plus récemment
Koharu, un traducteur de mangas par IA
codé en Rust et franchement, ça automatise une grande partie du boulot de nettoyage et de trad. C'est peut-être ça l'avenir du scantrad finalement... des outils persos pour lire ce qu'on veut localement sans dépendre de gros sites qui finissent par se faire chopper.
Bref, une page se tourne. L'opérateur a été libéré sous caution en attendant la suite de la procédure, mais ne comptez pas trop sur un retour du site de sitôt. Va falloir trouver une autre crémerie ou, folie suprême, commencer à acheter vos tomes préférés.
À quelques mois de la possible entrée en Bourse de SpaceX, qui pourrait atomiser tous les records à Wall Street, Elon Musk envisagerait de fusionner son entreprise spatiale avec xAI, qui détient notamment son intelligence artificielle Grok et le réseau social X. Une autre hypothèse sur la table est une fusion avec Tesla, déjà en Bourse. Le but : maximiser la valorisation de ses entités.
À peu près tous les cinq ans, l'iPhone entre dans un « super-cycle » qui s'explique par une plus grande envie des consommateurs de renouveler leurs appareils. La gamme iPhone 17, lancée en septembre 2025, semble la digne héritière des iPhone 12 : les ventes d'iPhone ont connu un impressionnant +22,3 % à Noël.
Tesla a publié ses résultats pour le quatrième trimestre et l'ensemble de l'exercice 2025. Si le géant de l'électrique fait face à un ralentissement de son cœur de métier automobile, ses activités d'énergie et ses avancées dans l'intelligence artificielle dessinent les contours d'une mutation profonde.
Bon, celle-là elle est gratinée. NVIDIA, le géant des GPU, a directement contacté Anna's Archive pour accéder à environ 500 To de livres piratés. Contacté, négocié, payé. Comme ça, tranquillou.
C'est une class action (dossier
n°1:26-cv-00002
au tribunal fédéral de New York, pour ceux qui veulent aller checker) qui a fait fuiter ces fameux emails internes. En gros, un membre de l'équipe "data strategy" de NVIDIA a négocié un accès haute vitesse aux collections piratées de la bibliothèque. Et le plus beau dans l'histoire c'est qu'Anna's Archive les a PRÉVENUS que les données étaient illégales. Genre, texto : "Vous avez une autorisation interne pour ça ?"
La réponse est arrivée en moins d'une semaine. Feu vert. Sauf que bon, quand on lit ça avec du recul, c'est quand même sacrément culotté.
Le contexte, c'était surtout la pression de livrer pour la GTC 2023 (la Developer Conference de NVIDIA). Fallait nourrir les modèles d'IA coûte que coûte, et le dataset Books3 (196 000 bouquins issus de Bibliotik), plus LibGen, Sci-Hub, Z-Library... ça faisait un buffet de 500 To et de leur côté Anna's Archive facturait des dizaines de milliers de dollars pour l'accès rapide.
Sérieux, j'aurais aimé voir la tête du service juridique de NVIDIA en lisant cet email...
En parallèle, Anna's Archive se prend un procès complètement délirant puisque Spotify, Universal Music, Warner et Sony réclament 13 000 milliards de dollars (13 TRILLIONS, soit à peu près le PIB de la Chine). C'est en lien avec
leur backup de 300 To de Spotify
dont je vous avais parlé ici. Le juge Rakoff a émis une injonction mondiale le 20 janvier, ce qui a fait
tomber plusieurs domaines du site
.
NVIDIA plaide le "fair use" évidemment. Mouais. On verra bien ce qu'en pensera le juge, mais quand les emails prouvent qu'on t'a prévenu que c'était illégal et que t'as quand même dit "go"... c'est pas ouf comme défense.
En attendant, entre le procès Spotify et ces emails, Anna's Archive est devenue l'ennemi public numéro un de toute l'industrie du contenu sur le web.
Tim Berners-Lee, le papa du Web,
tape du poing sur la table
. Dans cette interview accordée au Guardian aujourd'hui, il explique en gros qu'il est grand temps de "reprendre Internet" aux géants qui l'ont transformé en machine à fric.
Il était temps que ça sorte !
Parce lui parle carrément d'une "bataille pour l'âme du web". Rien que ça ! Selon lui, le web actuel est devenu un truc "optimisé pour la méchanceté" et la surveillance de masse. Je ne peux pas le contredire sur la méchanceté et en effet, la centralisation excessive et le modèle actuel ont largement perverti sa vision d'origine.
Sa solution, vous en avez peut-être déjà entendu parler, c'est le projet Solid (porté notamment par sa startup
Inrupt
) qui propose de stocker ses données dans des "pods" personnels. L'idée c'est de découpler les données des applications. Vous gardez vos infos dans votre pod (hébergé chez vous ou chez un fournisseur de confiance) et vous donnez accès aux apps au cas par cas. Comme ça on peut reprendre (un peu) le contrôle de notre vie en ligne.
Il s'inquiète aussi pour l'IA et réclame un "CERN de l'IA" pour éviter que la technologie ne nous échappe totalement. C'est mal barré ça je pense, même si je suis d'accord avec lui.
Perso en ce qui me concerne, j'ai jamais changé mon fusil d'épaule et vous le savez, puisque depuis toujours j'invite tout le monde dès que j'en ai l'occasion à créer son site, à créer son forum, à créer sa plateforme et à en finir avec ces conneries de plateformes centralisée.
Alors peut-être que ça ne marchera pas, ou peut-être que son appel sera entendu et que ça marchera. Mais en tout cas, si à un moment, vous voulez publier des trucs sur le web, essayez un tout petit peu d'héberger vos propres trucs vous-même. Attentio, je ne vous dis pas de monter un cluster Kubernetes dans votre salon (sauf si vous kiffez ça) ou de switcher en mode auto-hébergement pur et dur sur un Raspberry Pi (bien que ce soit très cool avec
Yunohost
)... Non, vous pouvez simplement prendre un hébergeur comme O2Switch par exemple. C'est pas très cher.
Je crois que quand on a une passion, on peut mettre un petit peu d'argent dedans pour se faire plaisir. Puis ça peut marcher dans l'autre sens aussi... À l'époque, moi je me souviens, il y avait un pote qui ouvrait son serveur pour qu'on puisse y mettre des pages web et ce genre de truc via un petit FTP. Donc ceux qui savent gérer des serveurs web, vous pouvez peut-être aussi envisager de créer un espace non pas accessible à la Terre entière, mais au moins accessible à vos amis, à des connaissances, gratuitement. Un truc un peu facile à utiliser, à l'ancienne...
Voilà, je trouverai ça vraiment cool que ça revienne un petit peu à la mode et que le web se repeuple. Qu'on sorte un peu des GAFAM et des algos toxiques...
Quelques pages statiques et c'est suffisant pour s'exprimer sans se prendre le chou avec la technique. J'en suis la preuve vivante ! Le site sur lequel vous êtes est 100% statique. On n'a pas besoin de monter une startup à chaque fois qu'on veut faire un site.
Je ne sais pas si les fournisseurs d'accès internet offrent toujours un petit bout d'espace web, mais si vous avez ça qui traîne, profitez-en aussi.
Bref, écoutez Papi Tim et Tonton Korben et ensemble, reprenons le contrôle, un serveur à la fois.