La Linux Foundation a annoncé son intention de lancer la Tokenomics Foundation, une nouvelle fondation dédiée à l'établissement de normes ouvertes pour l'économie de l'infrastructure IA.
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Dans un article paru le 3 juin 2026, le site américain 404 Media révèle comment des entreprises exploitent Reddit pour manipuler les réponses de ChatGPT et de la recherche IA de Google.
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[Deal du jour] Le Lego Minas Tirith est sûrement l'un des plus beaux sets basés sur Le Seigneur des Anneaux. Mauvaise nouvelle : il s'est vendu comme des petits pains et est déjà introuvable. Bonne nouvelle : vous pouvez réserver son réassort.
À sa conférence Build 2026, le 2 juin, l'éditeur a lancé Coreutils for Windows, un paquet qui amène directement dans Windows les commandes de base bien connues des utilisateurs de Linux.
On parle des classiques du terminal, ls pour lister des fichiers, cp pour copier, mv pour déplacer, grep pour chercher du texte, ou encore cat, find et rm. Au total, près de 75 petites commandes que tout bidouilleur tape machinalement sans même y penser.
Au passage, une petite précision historique s'impose (et merci à MG pour le rappel) : si on les appelle par habitude des « commandes Linux », ces classiques sont en réalité bien plus vieux que ça. ls, cp, cat et compagnie viennent d'Unix, le système né au tout début des années 70 dans les labos de Bell, soit une bonne vingtaine d'années avant que Linux ne débarque en 1991. On les retrouve d'ailleurs dans à peu près toutes les versions d'Unix, de Solaris aux BSD jusqu'à macOS, et Linux n'a fait qu'hériter de ce patrimoine. Donc « commandes Unix » serait techniquement plus juste, mais bon, on se comprend.
Le but affiché est simple. Les développeurs jonglent en permanence entre Windows, macOS et Linux, et s'agacent quand une commande qui marche d'un côté refuse obstinément de fonctionner de l'autre. L'idée, ici, c'est de pouvoir réutiliser les mêmes commandes et les mêmes scripts partout, sans rien réécrire.
Le plus intéressant, c'est ce qu'il y a sous le capot. Et là, surprise. Coreutils for Windows ne réinvente rien, puisqu'il s'appuie sur uutils, un projet communautaire qui réécrit les fameux coreutils de GNU en Rust, un langage réputé pour éviter toute une famille de bugs mémoire.
Autrement dit, Microsoft reprend un travail open source mené par la communauté, l'empaquette proprement et le maintient sous son nom. Le tout s'installe en une seule ligne via WinGet, le gestionnaire de paquets maison de Windows, avec un simple winget install Microsoft.Coreutils.
Côté technique, l'astuce est plutôt élégante. Plutôt que de livrer un exécutable par commande, Microsoft fournit un unique programme, coreutils.exe, et crée à l'installation une série de raccourcis (ls.exe, cp.exe, grep.exe et les autres) qui pointent tous vers lui. Selon le nom que vous tapez, ce programme sait quelle casquette enfiler. Malin.
Tout n'a pas fait le voyage, cela dit. Des commandes comme chmod, chown ou kill restent sur le carreau, faute d'équivalent propre sous Windows, qui ne gère pas les permissions de fichiers à la manière d'Unix.
Ce n'est d'ailleurs pas un geste isolé. Depuis des années, Microsoft a glissé un vrai noyau Linux dans Windows avec WSL, ouvert le code de pans entiers de ses outils et multiplié les passerelles avec l'écosystème open source. Coreutils for Windows s'inscrit dans cette continuité, et confirme que l'éditeur a définitivement enterré la hache de guerre.
Reste que pour quiconque vit dans un terminal et passe ses journées entre WSL, la couche Linux intégrée à Windows, et l'invite de commandes classique, c'est un vrai confort au quotidien. Et voir Microsoft s'appuyer ouvertement sur du logiciel libre écrit en Rust, on n'aurait pas forcément parié là-dessus il y a dix ans.
Bref, le Microsoft qui détestait Linux est bel et bien mort, et c'est tant mieux pour ceux qui codent les deux pieds dans le terminal.
Si vous avez un Zenbook récent avec cet écran miniature encastré dans le couvercle, vous étiez jusqu'ici coincé sous Windows pour l'allumer. Un développeur vient de débloquer la situation.
Olivier Magnier a fait fonctionner le ZenVision d'ASUS sous Linux, en rétro-concevant de A à Z le protocole de communication que le constructeur n'avait jamais documenté publiquement.
Le ZenVision, pour situer, c'est un petit écran OLED monochrome de 3,5 pouces logé dans la coque supérieure de certains Zenbook, dont l'édition Space. Il affiche l'heure, la date, le niveau de batterie, des animations maison ou un message que vous y collez vous-même.
La définition est minuscule. 256 pixels sur 64, de quoi montrer un logo, une horloge ou un QR code, mais certainement pas une vidéo.
Le souci, c'est que tout passait par MyASUS, l'application du constructeur qui n'existe que sous Windows. Sur Linux, l'écran restait éteint alors que le matériel, lui, était bel et bien présent dans la machine.
Pour contourner ça, Magnier a ouvert le logiciel officiel d'ASUS dans Ghidra, un outil de rétro-ingénierie qui décompile un programme pour comprendre son fonctionnement interne, puis il a observé précisément quelles commandes l'application envoyait à l'écran via le port USB.
En clair, il a écouté la conversation entre l'ordinateur et la dalle pour en reconstituer le langage. Une fois ce protocole compris et documenté, le plus dur était fait.
Du coup, il a écrit un pilote (le bout de logiciel qui fait le lien entre le système et le matériel) en Python,
publié sous licence MIT
, donc librement réutilisable et modifiable par qui veut. À côté, il propose
ZenVision-Studio
, une application pour charger ses propres animations et même des applets en direct, ces mini-programmes qui affichent des informations animées.
Et comme tout tourne en espace utilisateur, l'adoption devient bien plus simple : pas besoin de toucher au noyau Linux ni de recompiler quoi que ce soit, ça fonctionne par-dessus le système comme un programme classique.
C'est typiquement le genre de bidouille qui rend Linux vivable sur du matériel pensé pour Windows, et qui fait souvent pencher la balance entre garder un double démarrage et basculer pour de bon.
Bref, un gadget purement cosmétique, mais récupéré proprement et offert à tout le monde en open source. C'est chouette.
Un développeur a réussi à contrôler un ordinateur sous Linux sans clavier, sans souris et sans écran, uniquement en tapant du morse sur un bouton et en lisant les réponses clignotées par une petite diode lumineuse.
La machine, c'est la LuckFox Lyra, un ordinateur monocarte vendu autour de 15 dollars, avec 128 Mo de mémoire et un gabarit grand comme une clé USB un peu épaisse, qui fait pourtant tourner un vrai système Linux complet.
L'idée de départ tenait en une contrainte que s'est imposée Gabriel Broussard Korr, son créateur, à savoir piloter cette carte sans jamais y brancher le moindre périphérique, ni clavier, ni dalle, ni rien.
Ce qui a tout déclenché, c'est sa simplicité matérielle. La carte n'a qu'un bouton, celui de démarrage, et une diode pilotable par logiciel. De quoi faire entrer et sortir de l'information, sans rien ajouter.
Côté saisie, vous tapotez vos commandes en morse sur l'unique bouton. Une pression brève pour un point, une pression longue pour un trait, et un script traduit tout ça en commandes pour le shell, l'invite en ligne de commande de Linux.
Pour les réponses, la diode reprend la main. Elle vous renvoie le résultat en clignotant, toujours en morse. Un dialogue complet avec la machine qui passe par une seule LED, dans les deux sens.
Le tout tient dans un script baptisé
Morstdio
, écrit pour rester compatible avec à peu près n'importe quel système de la famille Unix. Rien de plus.
Sauf que le morse classique ne suffisait pas. L'alphabet d'origine gère les lettres et les chiffres, pas tous les symboles dont un terminal a besoin, comme les barres obliques ou les parenthèses. Korr a donc inventé son "morse pour programmeurs", avec des traits très longs pour marquer les espaces et trois durées différentes à distinguer afin d'éviter toute ambiguïté.
Il a même soigné le confort d'usage, ce qui est franchement inattendu vu le concept. On retrouve des commandes inspirées de l'éditeur de texte vim, une pour exécuter une ligne, une autre pour effacer la saisie, et un re-clignotement qui vous laisse relire ce que vous venez d'entrer avant de valider.
Le plus dingue arrive à la fin. Il a fait tourner llama.cpp, le logiciel qui exécute un modèle d'IA en local, avec un petit modèle Qwen directement sur la carte. Il obtient ce qu'il présente comme le plus petit chatbot autonome du monde, capable de vous répondre en morse à la diode, au rythme d'environ un mot par minute.
Autant dire qu'à cette vitesse, échanger trois phrases avec l'engin relève déjà de l'exploit de patience.
Neuf failles de sécurité viennent d'être corrigées d'un coup sur le serveur X.Org, le vieux logiciel qui dessine les fenêtres, gère la souris et le clavier sur une grande partie des machines Linux. Et le plus marquant, c'est qui les a trouvées.
Huit des neuf ont été repérées par une intelligence artificielle. Plus précisément par TrendAI, l'outil maison du programme de chasse aux bugs de l'éditeur de sécurité Trend Micro, la Zero Day Initiative, qui rémunère depuis des années la découverte de failles. La neuvième, elle, a été dénichée à l'ancienne par Peter Hutterer, un développeur de Red Hat qui travaille sur la gestion clavier et souris de X.Org depuis bien longtemps.
Dans le lot, on retrouve surtout deux familles de problèmes bien connues. Des dépassements de mémoire tampon d'abord, où le programme écrit plus de données que prévu dans une case mémoire et le surplus déborde sur le code voisin. Et des "use-after-free" ensuite.
Ce dernier type est vicieux : le logiciel continue d'utiliser un bout de mémoire qu'il a pourtant déjà rendu au système, ce qui permet à un attaquant de glisser son propre code à la place. Trois des neuf failles tombent dans cette catégorie, planquées dans le composant qui synchronise l'affichage.
Le reste touche un peu partout : la gestion du clavier, les alias de polices, la couche graphique 3D, l'économiseur d'écran et le sous-système qui parle directement à la carte graphique, autant de morceaux qu'un programme malveillant déjà présent sur la machine pourrait détourner pour s'octroyer plus de droits que prévu ou aller lire de la mémoire qui ne le regarde pas.
Les correctifs sont déjà là. X.Org a sorti du coup les versions 21.1.23 du serveur et 24.1.12 de XWayland, la passerelle qui fait tourner les vieilles applications X.Org sur les bureaux Wayland modernes. Si vous êtes sur Linux, la mise à jour s'impose.
Côté historique, ça fait plus de dix ans que la sécurité de X.Org traîne une sale réputation. Un chercheur avait résumé l'affaire d'une formule restée célèbre : c'est pire que ça en a l'air. Le code est vieux, tentaculaire, et personne n'a vraiment envie de le réécrire.
Ce qui change cette fois, c'est la méthode. Lâcher une IA sur une base de code aussi ancienne, c'est un peu comme passer un détecteur de métaux sur une plage que personne n'a jamais ratissée : elle remonte des objets que plus personne n'avait le courage d'aller chercher à la main. Et X.Org n'est pas un cas isolé, le noyau Linux voit lui aussi défiler les failles à bon rythme.
Bref, si les IA se mettent à éplucher tout le vieux code de l'open-source, on n'a pas fini d'en voir passer cet été. Tant mieux qu'elles soient dans notre camp.
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