Quitter Gmail, c'est vrai, tout le monde y pense. Pour ma part, c'est fait depuis très longtemps, mais c'est vrai qu'abandonner des années et des années de mails, de factures, de photos, etc., tout ce qu'on a reçu, il n'y a personne qui est très motivé pour ça. Alors il y a bien sûr des possibilités de transférer, mais c'est toujours un peu la galère.
Toutefois, j'ai une bonne nouvelle pour vous. Il y a Tuta qui vient de dégainer
One-Click Migration
, un outil de migration automatique de votre ancienne boîte, pour l'instant en bêta fermée.
Si vous débarquez, Tuta c'est anciennement TutaNota et c'est une messagerie allemande qui chiffre tout de bout en bout par défaut. Et sa nouvelle fonction permet de lier votre ancienne boîte mail, donc ça peut être Gmail, Outlook, tout ce qui cause en IMAP. Et une fois que c'est fait, tout l'historique de vos e-mails se déverse dans Tutamail, avec même la structure des dossiers qui est répliquée à l'identique.
Et ce n'est pas juste un simple import puisque la synchro tourne ensuite en continu à sens unique. Ça veut dire qu'un nouveau mail qui arrive dans votre Gmail atterrira aussi dans votre nouvelle boîte tuta. Tant que vous n'avez pas coupé ce lien ou fermé l'ancien compte, les mails seront acheminés de manière tout à fait transparente. Et vous pourrez les ranger par exemple dans un dossier dédié type "Archives" si vous préférez repartir vraiment sur un compte propre.
Maintenant côté sécurité, c'est comme d'hab avec Tuta, c'est du solide. Le chiffrement se fait directement sur votre ordinateur avant même que vos vieux e-mails ne partent chez eux sur leur serveur. Donc comme ça, il n'y a rien qui se balade en clair sur les serveurs. Tout ce que vous faites chez TUTA est chiffré en respectant des principes de zéro knowledge.
Notez que Proton propose déjà son Easy Switch, avec le même type de connexion continue pour Gmail, mais comme Tuta supporte l'IMAP au complet, ils sont compatibles avec n'importe quel fournisseur. C'est d'ailleurs assez marrant quand on sait que Tuta ne propose pas d'IMAP, de POP3 et ce genre de choses nativement sur ses services... Il faut soit passer par une app dédiée, soit passer par le site web pour accéder à ses emails sur Tuta.
Voilà pour la bonne nouvelle, donc en attendant si l'envie de larguer Gmail comme une vieille chaussette vous démange, sachez que j'ai déjà fait le tour des
messageries sécurisées qui tiennent la route
. Et pour les impatients, la bonne vieille
migration IMAP à la main
fonctionne toujours. Ah et en même temps que cette annonce, Tuta en a aussi profité pour annoncer l'arrivée de son application native Tuta Drive sur iOS et Android, pour ceux qui veulent aussi déménager leurs fichiers.
Voilà, la dernière bonne excuse pour rester chez Google vient de sauter ! Je vais surveiller ça de près.
On reçoit tous des mails un peu bizarres avec des liens qu'on n'ose pas ouvrir, et pourtant on est curieux, on est tenté parfois... C'est difficile de résister mais heureusement l'équipe de
Linuxserver.io
a pondu un truc super pour ça.
Il s'agit tout simplement d'une instance de Firefox qui tourne dans un conteneur Docker et qui est totalement pilotable depuis votre navigateur habituel.
Comme ça, quand vous recevez un lien louche que vous voulez ouvrir, vous le mettez là-dedans, dans une session jetable qui est totalement coupée de votre vraie machine. Et comme ça, si ça part en couille, vous butez le conteneur et on n'en parle plus.
Voilà, ça se présente juste comme une page HTTPS avec un navigateur dedans. Et comme c'est LinuxServer qui maintient l'image, vous êtes tranquilles parce que c'est du sérieux.
L'avantage d'avoir ce truc, c'est qu'un Firefox en conteneur ne voit ni votre répertoire personnel, ni vos cookies, ni vos sessions Google, ni vos extensions, absolument rien, il est totalement isolé. Donc si un site tente un drive-by download ou un exploit navigateur, eh bien en principe les dégâts resteront coincés dans le conteneur. Et le simple fait de le redémarrer remettra tout à 0.
Attention quand même, un conteneur, ce n'est pas une machine virtuelle. Une vulnérabilité au niveau du noyau pourrait en théorie s'en échapper. Mais c'est pas le genre d'attaque qui se fait avec juste un clic douteux sur une page web.
Les chercheurs en sécu s'en servent pour ouvrir des pièces jointes chelou, les marketeux pour
jongler avec 12 comptes ad sans cookie cross-tracking
, et les paranos dans mon genre pour cliquer sur les liens des mecs bizarres de Discord sans rien flinguer chez eux..
Après y'a des petits inconvénients. Je pense aux perfs graphiques qui prennent une claque par rapport à un Firefox natif ou encore l'audio qui transite par le pipeline du navigateur, du coup ça crachote parfois sur les vidéos lourdes. Le copier-coller marche, mais en passant par la section presse-papiers de la barre latérale
Selkies
, pas en direct. Et la persistance ne tient que si vous mappez le volume /config comme il faut, sinon vos onglets et vos bookmarks gicleront dès que le conteneur sera recréé (à la première mise à jour d'image, typiquement).
Côté vie privée c'est plutôt une qualité mais pour un usage quotidien, ça peut devenir relou.
Installation en une commande
L'image officielle, c'est lscr.io/linuxserver/firefox:latest. Elle tourne sur Selkies depuis juin 2025 (avant c'était KasmVNC) et démarre en Wayland par défaut depuis mars 2026. Maintenant, si un site part en vrille à cause de ça, vous ajoutez le paramètre PIXELFLUX_WAYLAND=false à la commande Docker et vous serez de retour en X11.
Le --shm-size=1gb, c'est la
mémoire partagée de Docker
et vous n'y couperez pas, désolé. Si vous le zappez, YouTube comme les sites un peu lourds vous planteront le navigateur. Le port 3001, c'est l'accès HTTPS, avec un certificat auto-signé qui fera râler votre Firefox principal (c'est normal, faut l'accepter). Y'a aussi un port 3000, mais lui c'est du HTTP en clair, à réserver derrière un reverse proxy genre SWAG et rien d'autre.
Ensuite, direction https://localhost:3001/ et un joli Firefox vous attend. Notez que par défaut, il n'y a AUCUNE authentification. Personne ne vous demande rien, alors si vous voulez l'exposer sur votre réseau, définissez bien un CUSTOM_USER et PASSWORD pour activer le basic auth avant qu'un petit malin de votre réseau ne tombe dessus.
La version docker-compose, plus propre
Envie d'un setup versionnable, que vous pouvez reproduire ailleurs sans réfléchir ? Le compose fait ça mieux :
Ensuite, un docker compose up -d et roulez jeunesse. Le volume ./firefox-config conserve votre profil entre deux redémarrages avec bookmarks, extensions installées depuis le store Mozilla, tout reste en place.
Et si vous avez envie de repartir de zéro, on met le dossier à la poubelle, on relance, et voilà. Et pour glisser des outils tiers dans le conteneur (filezilla, un éditeur, ce genre de bidule), [proot-apps install](https://github.com/linuxserver/proot-apps) les posera dans $HOME, où ils survivront aux mises à jour de l'image.
Le hardening qu'il faut absolument activer
Maintenant, le piège que la doc évoque du bout des lèvres et qui mérite d'être écrit en gros c'est que l'interface web embarque un
terminal avec sudo passwordless
. Traduction : quiconque accède à votre Firefox conteneurisé devient root dans le conteneur en deux clics. Exposez ça sur votre réseau, ou pire sur Internet, sans durcir le machin, et vous ouvrez un boulevard.
La parade tient en une variable : **HARDEN_DESKTOP=true**, qui pose les principaux verrous d'un coup. Ça coupe sudo, ça vire les terminaux, et ça bloque xdg-open et exo-open, qui pourraient lancer des trucs hors conteneur. Vous pouvez empiler ça avec HARDEN_OPENBOX=true par-dessus, histoire de neutraliser les raccourcis clavier dangereux genre Alt+F4, de désactiver le clic droit et de masquer le bouton de fermeture. Firefox reste parfaitement utilisable, mais impossible de s'évader pour faire mumuse avec le système derrière.
Et pour une exposition sur Internet, le basic auth CUSTOM_USER/PASSWORD ne suffira pas car c'est trop léger. Moi ce que je vous recommande, c'est de coller le tout derrière un
reverse proxy SWAG
avec une vraie couche OAuth2 ou Authelia. Le basic auth, gardez-le pour le LAN entre potes ou collègues de confiance, mais pas au-delà.
SealSkin, le bonus qui change tout
SealSkin
, c'est la cerise sur le conteneur ^^. C'est une extension navigateur, dispo pour Chrome et Firefox, qui monte la garde sur votre navigateur principal et détourne ce qui sent mauvais vers le conteneur isolé. Un lien repéré comme suspect ? Hop, il s'ouvre direct dans le Firefox conteneurisé. Pareil pour les téléchargements, qui atterrissent dans le conteneur au lieu de finir sur votre machine.
Du coup,
l'isolation devient un réflexe permanent
au lieu d'un machin que vous activez à la main quand vous y pensez (c'est-à-dire jamais). Seule contrainte par contre, faudra héberger le serveur SealSkin vous-même, et installer l'extension dans votre vrai Firefox. Mais vous verrez, après quelques jours à ce régime, vous aurez du mal à faire autrement.
Et sur tablette ou mobile ?
J'imagine que vous comptiez sur l'ancien tag kasm pour le tactile ? Eh bien c'est raté, puisque LinuxServer l'a déprécié début juillet. En échange, la barre latérale Selkies embarque désormais un trackpad virtuel et un clavier à l'écran, donc de quoi rendre l'interface utilisable depuis un iPad ou un smartphone sans bidouille en plus. On reste loin, c'est vrai, du confort d'un vrai desktop, et taper Ctrl+Tab au doigt c'est toujours la misère, mais pour dépanner ça fait le job.
Et voilà, votre Firefox jetable vit désormais dans son petit conteneur, bien au chaud. Comme ça, le prochain lien douteux, vous l'ouvrirez sans trembler... pour tester des sites au calme, difficile de trouver mieux, je pense.
J'ai reçu en test
ce robot tondeuse
d'une gamme grand public accessible pour le tester en conditions réelles. J'ai moi-même un petit jardin, mais pour le tester, j'ai préféré apporter l'objet chez une personne de mon entourage qui avait un jardin plus grand, plus compliqué, meilleur terrain de test.
Sauf que voilà, le propriétaire du jardin ne voulait pas de cette machine, il me l'a dit assez clairement, et il a fallu exactement trois jours de tonte automatique pour qu'il révise complètement son jugement, ce qui en dit beaucoup sur ce que le
MOVA ViAX 500
fait réellement une fois posé sur une pelouse.
Aucun câble périphérique à enterrer, aucune antenne RTK à planter en vue dégagée du ciel, ce boîtier de correction satellite que la plupart des tondeuses dites sans fil imposent pourtant encore aujourd'hui. Vous branchez la station de charge près d'une prise, et c'est tout, ça fonctionne, dans le silence.
La cartographie de votre jardin se fait au téléphone, en pilotant le robot comme une voiture télécommandée pour lui faire faire le tour du terrain, pendant qu'il regarde et mémorise, ce qui a pris dans notre cas une petite vingtaine de minutes, et est franchement ludique.
Screenshot
MOVA a équipé son robot de ce que la marque appelle l'UltraEyes 2.0, un assemblage de deux caméras à haute plage dynamique et d'un LiDAR 360°, ce télémètre laser rotatif qui balaie les alentours en continu pour mesurer les distances, avec une reconnaissance annoncée de plus de 300 types d'obstacles.
Sur les 270 m² du jardin d'essai, en pente par endroits, encombrés de plusieurs voitures garées à l'arrache et des jouets qu'un brave toutou sème un peu partout, la machine n'a absolument rien écrasé ou percuté. Zéro accroc. Ni le chien, qui n'a même pas tiqué à la vue du robot, ni ses jouets.
Le disque de 20 cm et ses trois lames rasoir pivotantes coupent quelques millimètres à chaque passage et redéposent l'herbe broyée au sol, où elle se décompose en engrais. Du coup, aucun sac de tonte ne nécessite des aller-retours pénibles à la déchetterie. Le niveau sonore est quasi inaudible, le voisinage du dimanche ne s'en apercevra même pas si vous passez le robot à des heures "interdites".
C'est quand même une bascule philosophique, cette histoire : soit vous gardez la main sur votre gazon et sur sa pousse, soit vous déléguez tout ça à un robot. Le débat de l'aspirateur robot, transposé dehors. Si vous voulez mon avis, un transat et un bouquin valent mieux qu'un après-midi derrière une tondeuse thermique.
La hauteur de coupe se règle à la main sur la machine entre 2 et 6 cm, ce qui ne pose aucun problème, il suffit de le régler une fois pour toutes selon vos préférences. Après il faut être honnête, les 40% de pente annoncés sont un peu optimistes, deviennent plutôt 25 % quand on veut rouler serein. Pour le reste, tout est vraiment ok, ce qui est une bonne surprise pour un produit de cette gamme, quand même franchement accessible.
MOVA affiche 749 € en prix conseillé, mais le ViAX 500 se trouve régulièrement autour de 599 € sur Amazon. C'est vraiment un super produit si vous avez un jardin de taille raisonnable à entretenir, et que vous ne voulez pas vous prendre la tête avec ça.
Triste nouvelle, TV Time tire sa révérence le 15 juillet prochain, et je vous avoue que ça me fait un petit quelque chose. Cette appli, vous la connaissez peut-être sous son nom d'origine, TV Show Time, une petite pépite française dont
je vous parlais déjà en 2014
en l'appelant même le PopcornTime des séries parce qu'à l'époque, on pouvait même mater en streaming des séries dessus.
Mais bon, elle est vite rentrée dans le rang. À l'époque elle cochait vos épisodes, vous prévenait des nouvelles sorties et
rassemblait déjà 800 000 sériphiles
qui se balançaient des mèmes sur les épisodes dans l'app pour le fun. Rachetée depuis quelque temps par l'américain Whip Media, elle jette aujourd'hui l'éponge.
C'est assez triste comme nouvelle mais pas étonnant car maintenir le service gratuit n'était plus tenable, et il n'y a pas assez de monde prêt à payer pour une version premium. Du coup, rideau, on ferme !
Avant de verser votre petite larme, il y a quand même un truc à faire en urgence : Un BACKUP !! Parce qu'après le 15 juillet, toutes vos données personnelles seront supprimées !! Vos séries cochées, vos notes, votre historique, tout part à la benne
Donc filez récupérer votre historique via l'outil d'export RGPD de TV Time, à l'adresse
gdpr.tvtime.com
. Ce fichier vous permettra ensuite de basculer ailleurs sans repartir de zéro.
Et justement, par quoi remplacer TV Time ?
Eh bien je vous ai choisi les meilleurs services dont la particularité principale n'est pas une jolie interface mais surtout la capacité de réimporter tout votre historique.
Mon premier choix, c'est le plus connu et il s'appelle
Simkl
. C'est gratuit, dispo partout (web, iOS, Android, et même Kodi ou Plex), et surtout il dispose d'une
page d'import TV Time créée
pile pour l'occasion.
Vous balancez votre export, et hop, vos séries atterrissent chez lui ! En bonus il intègre
JustWatch
pour savoir sur quelle plateforme regarder, et un gestionnaire d'abonnements pour surveiller ce que vous crament chaque mois en streaming.
Par contre, face au succès du site avec tous les réfugiés de TV Time qui déboulent, ça rame un peu donc soyez patients, ça va se calmer.
L'autre gros morceau bien connu aussi, c'est
Trakt
. Lui c'est le vétéran du suivi de séries, une sorte de Goodreads de la télé, avec la plus grosse communauté du lot et des intégrations dans tous les sens. Chez lui, l'import depuis TV Time se fait aussi très bien. Par contre, si vous voulez des stats détaillées, des listes illimitées et virer la pub, il faudra passer VIP (5 balles par mois environ).
Et puisqu'on parle de tout ça, depuis la mise en ligne de ce billet, plusieurs éditeurs m'ont écrit pour me signaler que leur service avalait lui aussi l'export TV Time sans broncher. Ils ont raison, il y en a quelques-uns que je peux rajouter à la liste.
Le premier, c'est
next-episode.net
, un vétéran discret du suivi de séries et de films. Web, iOS, Android, et surtout une
page d'import dédiée
où vous balancez le fichier ZIP de l'export RGPD tel quel. Il récupère vos séries suivies, vos épisodes vus, vos films, et il met même en pause le suivi des séries que vous aviez lâchées en cours de route. Le tout gratuitement, sans coincer l'import derrière un abonnement premium.
Le second, c'est
Hobi
, et celui-là je l'aime bien pour une raison toute bête, il est développé par deux personnes en autofinancement, sans investisseur ni fonds derrière. Autrement dit l'exact inverse de ce qui vient d'arriver à TV Time, racheté puis débranché par un groupe américain. Ça tourne sur iOS, Android, Mac Apple Silicon et même Vision Pro, avec une synchro bidirectionnelle complète avec Trakt et aucune limite sur le nombre de séries ou de films suivis. Pour migrer depuis TV Time, ils vous tiennent la main jusqu'au couperet du 15 juillet.
Et si vous utilisez déjà JustWatch pour repérer sur quelle plateforme mater tel film, sachez qu'ils ont sorti leur propre
importeur TV Time
maison, qui reconstitue votre watchlist et votre historique à partir du même fichier ZIP. Pratique pour tout regrouper au même endroit que votre guide de streaming.
Maintenant, si vous êtes à fond dans l'écosystème Apple, jetez un œil à
Sofa Time
. Cette appli ne fonctionne que sur l'iPhone et l'iPad et a annoncé officiellement le support de l'import TV Time, avec une interface épurée et une synchro possible vers Trakt ou Simkl. Perso je trouve que son design est le plus soigné de la sélection.
Et si vous avez envie de repartir sur des bases neuves sans vous casser la tête,
Serializd
, c'est un peu le
Letterboxd
de la série. C'est joli, c'est gratuit et très orienté "journal perso" et découvertes entre membre. Par contre, vous l'aurez compris, avec lui, pas d'import possible. Donc soit vous vibe codez un truc vite fait, soit vous recochez tout à la main. Mais comme il est top, je voulais vraiment vous le caser ici parce que c'est à mon sens l'un des meilleurs en termes éditoriaux pour tous ceux qui aiment les critiques ciné.
Et pour les fans de terroir, il y a toujours ce bon vieux
SensCritique
, la plateforme française bien connue qui est certes géniale pour noter, critiquer et cataloguer films et séries dans une belle communauté, mais qui n'est pas un vrai tracker.
Bref, exportez vos données avant le 15 juillet, filez sur Simkl si vous voulez la migration la plus douce, et que la vie de sériphile continue dans la joie et l'allégresse.
Hubert, fidèle lecteur de Korben.info m'a envoyé un mail pour me dire qu'il avait reçu sa nouvelle carte d'identité. Vous savez celle en petit format avec la puce dedans qu'on peut scanner avec l'app France Identité. Et il en est bien content !
Voilà, l'histoire s'arrête là !
Mais non, je plaisante ! En fait, Hubert s'est posé LA question que personne ne se pose à l'heure de l'
identité numérique européenne
: Y'a quoi là dedans ?
Et plutôt que d'attendre qu'un employé de mairie expert en technologie ne lui explique (j'rigole, ça n'existe pas), il a passé son week-end à coder
cnie-python-tools
, un projet codé en python (vous aviez deviné je pense) capable de lire la puce de la CNI et de vous ressortir les infos y compris la photo d'identité.
Le tout sous Linux, évidemment, sans smartphone ni app officielle.
Pour l'utiliser, vous devez brancher un lecteur de carte à contact (un
ACR38U
, un
Omnikey
(liens affiliés), ce genre de bestiole compatible PC/SC), vous lancez uv run cnie-dump, et vous tapez le CAN, c'est-à-dire les 6 chiffres imprimés au recto de votre carte.
Photo envoyée par Hubert, je me suis permis d'enlever ses données personnelles #RGPD-way-of-life ^^
Y'a besoin de cette clé car c'est elle qui permet de déverrouiller la puce via un protocole qui s'appelle PACE. C'est ce mécanisme précis qu'utilise la carte France Identité quand elle lit votre carte en NFC sauf que là c'est direct sur votre PC. Son script permet alors de récupérer toutes les data dans des fichiers bruts + un summary.json qui liste tout ce que la carte a bien voulu cracher.
Et c'est qu'elle est bavarde cette coquine, puisqu'avec ce simple script, elle vous sort votre état civil complet (nom, prénoms, date et lieu de naissance, nationalité), votre adresse, votre taille, la MRZ (la fameuse bande de caractères qu'on retrouve aussi sur les passeports), mais aussi la photo qui est dessus au format JPEG 2000, un format parfois un peu pénible à ouvrir.
Bref, de quoi remplir un formulaire administratif sans avoir à tout retaper.
Maintenant rassurez-vous, il y a quand même des données qu'on ne peut pas extraire. Sur la CNIe française, la donnée biométrique sensible, ce sont vos deux empreintes digitales (DG3), et celles-là restent bouclées à double tour derrière l'EAC, une couche de sécurité réservée aux terminaux officiels de l'État. Quand le script tape à cette porte, la carte répond aussi sèchement qu'un agent assermenté sans clim, avec le code 6982, ce qui veut dire "security status not satisfied", cause toujours.
Si ça vous dit d'essayer bien sûr, c'est à utiliser uniquement avec votre propre carte. Et si le lecteur sur la photo ci-dessus vous parle, c'est normal. Plutôt que d'acheter un lecteur de carte tout neuf, Hubert a simplement réalisé ses tests avec le lecteur fourni par les TCL (le réseau de transport Lyonnais) qui visiblement est dans le tur-fu en ce qui concerne la recharge des abonnements de métro ^^.
Amis linuxiens, je viens vous quérir d'une charmante nouvelle qui va faire frisoter votre barbe. Anthropic vient de sortir son application Claude Desktop pour Linux, et cette fois c'est une beta officielle, qui plus est, installable directement depuis un dépôt apt maison. Vous y retrouvez donc les mêmes onglets Chat, Cowork et Code que sur macOS et Windows :
sessions parallèles
, revue visuelle des diffs, terminal et éditeur intégrés, et preview de l'app en direct.
C'est le même Claude Code que d'habitude, mais dans une vraie fenêtre de bureau au lieu de votre terminal.
Pour l'installer, il vous faudra Ubuntu 22.04 ou plus récent, ou Debian 12 ou plus, en x86_64 ou arm64. Vous ajoutez la clé de signature et le dépôt d'Anthropic, et vous laissez apt bosser :
L'intérêt de passer par le dépôt plutôt que par un fichier, c'est que les mises à jour arrivent avec vos apt upgrade habituels, sans rien re-télécharger à la main.
Y'a bien un .deb à récupérer sur
claude.com/download
si vous ne pouvez pas utiliser le dépôt, mais celui-là ne se mettra jamais à jour tout seul.
Alors cette news pourrait vous étonner mais jusqu'ici, pour avoir Claude Desktop sur Linux, fallait passer par des projets communautaires pas toujours très bien maintenus. Le plus costaud et le plus connu, c'était
aaddrick/claude-desktop-debian
qui pourtant n'était pas magique puisqu'il téléchargeait l'installeur Windows, en extrayait l'app Electron (le fameux app.asar), virait les modules natifs Windows-only pour les remplacer par des stubs Linux, recompilait node-pty, patchait les verrous de plateforme et repackageait tout ça en .deb.
Vous faisiez donc tourner le JavaScript prévu pour Windows, avec une bonne dose de bricolage et bizarrement ça marchait bien. Mais bon ça restait un repack par-dessus un binaire qui n'était pas conçu pour le manchot...
Toutefois, une beta restant une beta, le Computer Use (le contrôle de votre écran et de vos applis) n'est pas dispo ni la dictée vocale. Faudra passer par le CLI pour ça.
Et surtout, Anthropic ne couvre pour le moment que les distributions basées sur Debian. Pas de Fedora, RHEL, Arch ou Nix, alors que le projet communautaire balançait des .rpm, des AppImage, un paquet AUR et un flake Nix. Snif...
Donc oui, l'app officielle débarque, mais elle boite un peu. Maintenant, j'sais pas vous mais je préfère quand même largement le
CLI Claude Code
à cette app et elle a le mérite de très bien fonctionner sur bien plus de distributions.
En attendant, si vous êtes sur Debian ou Ubuntu, l'install prend deux minutes et la
doc complète est par ici
.
PS : Et au moment où je finalise cet article, je vois qu'
Anthropic a sorti Claude Science
qui promet d'accompagner la recherche scientifique... Je vous laisse aller voir ça, moi je crois que j'ai assez parlé d'eux pour auj. ^^
Alors oui, je sais, Cyberpunk 2077 vous montre déjà votre corps quand vous baissez les yeux en plein Night City, jambes comprises. C'est d'ailleurs suffisamment rare en vue FPS pour être souligné.
Sauf que cette caméra à la première personne reste raide comme un piquet. La tête de votre personnage ne tourne pas toute seule, les reflets sont absents, les armes passent à travers le décor et la moto ne se penche jamais dans les virages. Ce sont tous ces petits détails qui chiffonnaient DigitalVixen depuis des années, et après plusieurs réécritures complètes, ce moddeur vient enfin de sortir True First Person Camera 2.0 sur Nexus Mods pour rendre cette vue à la première personne beaucoup plus réaliste.
Le principe utilisé par son mod, c'est de reconstruire entièrement la caméra FPS du jeu. Vous réglez la hauteur et la profondeur de la vue pour la poser exactement où vous voulez, et si vous jouez avec le ray tracing ou le path tracing + les reflets de joueur activés, votre tête apparaît enfin dans les miroirs et les vitres, ce que le jeu de base ne fait pas. Et surtout le mod sait doser automatiquement quand vous dégainez une arme ou quand vous regardez trop vers le bas, histoire d'éviter ce clipping cauchemardesque où vous voyez l'intérieur de votre propre mâchoire.
Et ça ne s'arrête pas au corps. Il y a un mode head look qui laisse votre tête tourner toute seule pendant que vous marchez, un système IK qui replace correctement vos armes par rapport à la nouvelle position de caméra, une cam de rechargement qui incline légèrement la vue façon ciné, et une animation de première prise en main pour bien admirer vos Mantis Blades la première fois que vous les sortez. Et sur la moto, la caméra se penche dans les virages quand vous allez à fond, et en bagnole vous avez de l'inertie qui fait tanguer la vue au freinage.
Et ces profils de caméra sont réglables par véhicule et sauvegardés en JSON. Cela vous permet donc de peaufiner les sensations, caisse par caisse.
Et la grosse nouveauté de cette v2.0 c'est surtout la configuration in-game qui permet de paramétrer des raccourcis directement pendant le jeu. Suffit de mettre en pause et vous pouvez régler chaque valeur du mod comme bon vous semble. Plus besoin de quitter le jeu donc comme c'était le cas avant.
L'autre bonne idée de DigitalVixen, ça a été aussi d'exposer tous les effets de caméra (le shake, le battement de cœur quand vous êtes à l'agonie, la vue bourrée, le tremblement de froid) au travers de l'API que n'importe quel autre mod peut piloter.
Cela veut dire que si vous branchez une météo ou un mode drogue, vous pouvez faire trembler votre caméra, en réglant évidemment tous les curseurs d'intensité comme bon vous semble. C'est cool hein ?
Certains joueurs ont fait remarquer que pencher la tête fait aussi pencher tout l'horizon du jeu et que du coup, c'était un non-sens optique parce que dans la vraie vie, ça ne fait pas ça. Mais rassurez-vous, comme tout se paramètre, ça peut se régler.
Si ça vous dit de tester ce mod sur votre install de Cyberpunk, c'est
dispo sur Nexus Mods
. Vous devrez juste installer une palanquée de dépendances.
C'est quand même très cool de voir que + de 5 ans après sa sortie chaotique, Cyberpunk continue de vivre aussi grâce aux moddeurs. Et si vous voulez voir d'autres trucs nés autour du jeu, allez mater
la veste à écran de Cyberpunk
ou
le film monté par un fan
.
Si vous passez votre vie dans un terminal et que vous avez réussi un jour à quitter tout seul Vi / Vim, voici une application qui va vous intéresser. Il s'agit de
Tanko
, signé Alexandro Mendez, un outil en ligne de commande qui permet de lire et télécharger vos mangas préférés directement depuis un terminal. C'est, en gros, le même concept que youtube-dl mais pour les scans japonais.
Pour installer Tanko, ouvrez un terminal et entrez la commande suivante : pnpm install -g tanko (npm marche aussi). Une fois que c'est fait, y a plus qu'à lancer tanko. Plus besoin d'aller sur les sites en question, vous entrez vos critères de recherche et hop, vous lisez votre chapitre directement. Les chapitres que vous téléchargez en PDF atterrissent dans $HOME/tanko/downloads/.
Après, Tanko affiche les vraies pages en image, à condition d'utiliser un terminal moderne comme Kitty, Ghostty ou WezTerm qui gèrent les protocoles graphiques (Kitty graphics, Sixel). Mais surtout dans un terminal basique, genre le terminal intégré de VS Code ou le bon vieux CMD de Windows, Tanko basculera en mode ASCII Art.
J'suis sûr que vous voyez où je veux en venir... Votre boss passe derrière vous, voit des caractères bizarres défiler dans VS Code, et repart convaincu que vous compilez un truc alors que pendant ce temps-là vous suivez peinard le dernier chapitre de One Piece... niark niark niark.
Côté fonctions, vous avez l'historique de lecture, un menu de config, les notifications et le support de plusieurs sources de scans. Attention quand même, certaines sources scrappent les sites via un navigateur, donc il faudra installer Firefox avec npx playwright install firefox. Après c'est pas non plus obligatoire et vous pouvez vous contenter des sources qui n'en ont pas besoin.
L'outil est cool mais après en ce qui me concerne, lire un manga en ASCII Art c'est marrant 30 secondes, mais pour de la vraie lecture je vous conseille vraiment d'opter pour l'un des terminaux avec support des images que je vous ai cités plus haut.
Et si votre but c'est juste d'aspirer des tonnes de scans, le vieux
mangal
est plus complet, même s'il est archivé depuis avril 2025 et que plus personne ne le maintient... sniiif. Dans le même style, ça me rappelle aussi
Lue
qui vous lit vos ebooks en audio dans le terminal et si vous préférez un truc avec une vraie bibliothèque, jetez plutôt un œil à
Kavita
.
Et enfin, roulements de tambours, pour savoir où trouver vos scans sans finir en correctionnelle, j'avais fait un
guide sur le manga et le scantrad
.
Bref, c'est gratuit, mais à consommer avec modération pendant les heures de boulot, bande d'ennemis du capitalisme ^^ !!
Je ne me lasse jamais de tous ces projets qui ressuscitent des vieux jeux. Et celui dont je vais vous parler aujourd'hui, c'est à
neuviemeporte
qu'on le doit. Celui-ci s'est donné pour mission de reconstruire ligne de code par ligne de code, ce bon vieux F-15 Strike Eagle II, le simulateur de vol de combat sorti chez MicroProse en 1989. Et hier, le 20 juin dernier, le projet a passé un cap important puisque le portage est enfin jouable. Et son dev cherche maintenant des pilotes d'essai pour le mettre à l'épreuve.
Donc si ça vous chauffe, mes petits Maverick en herbe, faut récupérer les exécutables sur son dépôt, ensuite vous les balancez dans le dossier de votre copie du jeu à la place des originaux (faites un backup avant, hein) et vous décollez !! Et si ça plante, si un truc s'affiche de travers, si une touche ne répond plus, vous lui remontez le bug, tout simplement.
Je reconnais quand même que le boulot derrière, est dingue car ce n'est ni une émulation ni une recompilation à partir d'un code source volé. neuviemeporte a vraiment
désassemblé le binaire
de 1989, réécrit chaque morceau en C, et recompilé tout ça. Puis ensuite, il a comparé les instructions machine produites avec celles du jeu original et tant que les opcodes n'arrivent pas identiques au bit près, c'est que la reconstruction est faussée. Alors il recommence et ainsi de suite ! Je ne sais pas s'il utilise l'IA pour ça mais je lui conseille fortement afin d'automatiser au maximum tout ce travail de débugging. C'est exactement ce que je suis en train de faire avec mon recompilateur de Roms et à la main, ça me prendrait facile 10 ans, je crois...
Le plus fou, c'est qu'il a d'abord dû retrouver quel compilateur MicroProse utilisait à l'époque. Il a fait des recherches sur certaines chaînes de caractères présentes dans le code et il est tombé au fond de l'exécutable sur celle-ci : "MS Run-Time Library - Copyright (c) 1988, Microsoft Corp". Verdict, c'est du Microsoft C 5.1. Et sans ce détail, il n'avait aucune chance de générer exactement la même séquence d'instructions que le binaire d'origine.
Et puis il y a ce petit détail que j'adore... En fait, le mec fait une reconstruction "bug-for-bug". En gros, les bugs du jeu de 1989 doivent rester. Ainsi, si dans la version originale votre avion se met à tomber vers le ciel quand il est à l'envers et en panne de carburant, et bien il doit continuer à tomber vers le ciel... Même comportement, mêmes défauts, mêmes sensations qu'à l'époque.
Mais alors, d'où ça lui vient, cette obsession ?
Eh bien comme nous tous, de ses jeunes années de passion dévorante avec l'informatique, quand il était scotché à son premier 386 et qu'il a découvert là son premier monde ouvert sur son ordinateur. Et ce truc lui est resté... Développeur C/C++ le jour, dingue de MS-DOS et de reverse engineering la nuit, comme il le résume lui-même sur son site. Il a lancé ce projet de recompilation en 2022 et avoue que le rythme actuel le dépasse un peu aujourd'hui...
Mais c'est ce genre de "missions de vie" qui a déjà sauvé d'autres classiques. Je pense par exemple à Mario 64 qui a été décompilé au point de
tourner aujourd'hui dans un navigateur
, et plein de
vieux jeux DOS
ne survivent que parce que des passionnés s'en occupent un par un, un peu comme l'ont fait les ancêtres nés avant l'an 2000 (je me mets dans le lot, 1982 FTW! les gars !).
Un petit mot quand même pour les futurs testeurs, parce que ce n'est pas tout à fait du plug-and-play... La version reconstruite ne passe pas par l'écran de configuration d'origine car elle part du principe que vous êtes en affichage MCGA/VGA, sans son et sans joystick. Donc pas la peine de régler votre Roland MT-32 virtuel, ça démarre direct au manche. Et pour signaler un souci, une capture via Ctrl+F5 dans DOSBox + une description de ce qui se passait avant le plantage et c'est réglé.
Voilà, si une copie traîne dans vos archives, allez voir
son appel
et reprenez les commandes.
Une équipe issue de l'université de Berkeley vient de publier OpenCAL, une version libre et
documentée
d'une technique d'impression 3D qui ne ressemble à rien de ce qu'on connaît, et le projet est désormais reproductible chez soi avec des composants qu'on trouve dans le commerce.
Le principe porte un nom un peu barbare, la lithographie axiale calculée (Computed Axial Lithography, ou CAL), mais l'idée derrière est étonnamment simple.
Une imprimante 3D classique à résine fabrique un objet en empilant des centaines de tranches horizontales, l'une après l'autre, comme on poserait des feuilles de papier les unes sur les autres jusqu'à obtenir un volume. C'est lent, et chaque couche laisse une petite marque parfois visible.
La CAL fait l'inverse. Au lieu de découper l'objet en strates, elle projette de la lumière dans un petit récipient de résine liquide qui tourne lentement sur lui-même, et l'image projetée change en permanence selon l'angle de rotation.
Cette technique reprend en fait le fonctionnement d'un scanner médical, mais à l'envers. Un scanner prend une multitude de clichés d'un corps sous tous les angles pour reconstituer une image en volume. Ici, on part de l'objet en 3D et un logiciel calcule toutes les projections à renvoyer dans la résine pendant qu'elle tourne.
Là où la lumière s'accumule suffisamment, la résine durcit. Partout ailleurs, elle reste liquide. Et comme le calcul concentre l'énergie sur l'ensemble du volume en même temps, la pièce entière se solidifie d'un coup, en quelques dizaines de secondes parfois, là où une imprimante normale mettrait de longues minutes voire des heures.
Pas de couches, donc pas de stries, pas de film FEP à changer (cette membrane transparente au fond des bacs à résine qui s'use vite), et aucun de ces cycles d'arrêt et de redémarrage qui ralentissent les machines habituelles.
La technologie n'est pas nouvelle, elle est née vers 2019 d'une collaboration entre Berkeley et le laboratoire de Lawrence Livermore, mais elle restait cantonnée à la recherche, hors de portée du grand public. C'est tout l'intérêt d'OpenCAL.
Le projet propose désormais une documentation tout à fait complète, un dépôt
GitHub
avec tout le code source, les plans pour monter la machine et même la recette pour mélanger soi-même la résine adaptée. Le logiciel tourne sur un simple Raspberry Pi et la lumière vient d'un vidéoprojecteur grand public, en l'occurence ici un NexiGo Nova Mini.
Le tout est publié sous licence GPL3, libre pour un usage non commercial, recherche et éducation. L'équipe travaillait surtout sur un serveur Discord avant de tout formaliser proprement.
Une réserve quand même, et elle est importante. La résine maison repose sur des produits photochimiques toxiques, et la documentation ne s'en cache pas. Pour ceux qui préfèrent éviter de manipuler ça, un partenariat avec FormLabs propose une résine prête à l'emploi.
Côté qualité, la résolution reste comparable à celle de vieilles imprimantes à résine, rien de spectaculaire. Mais la vitesse, elle, n'a rien à voir.
Bref, voir une technologie de labo digne d'un réplicateur de Star Trek atterrir sur un Raspberry Pi et un projecteur à moins de 200 euros, c'est quand même bien sympa.
Google a planqué un vrai petit simulateur de vol dans Google Earth. Alors soyons honnêtes, ce n'est pas tout neuf : l'easter egg traîne dans la version desktop depuis 2007 (Google Earth 4.2, on le débloquait avec le raccourci Ctrl+Alt+A), c'est devenu une fonctionnalité officielle en 2008, et
j'en parlais déjà à l'époque
. Bref, ça fait presque vingt ans que ça existe. Ce qui change aujourd'hui, c'est que ça débarque enfin dans la version web, directement dans le navigateur. C'est tout en bas du menu Tools, une option "Flight simulator" estampillée "Experimental". Vous cliquez dessus, et hop, vous voilà aux commandes d'un avion au-dessus de n'importe quel coin de la planète.
Forcément, j'ai voulu survoler Paris. Grosse erreur !! C'est super sensible à piloter, alors le moindre coup de flèche un peu bourrin et l'avion part en vrille. Et une fois que c'est parti en cacahuètes, bon courage pour vous rattraper. Du coup, en une vingtaine de secondes, j'avais déjà planté mon zinc entre deux immeubles haussmanniens.
Voilà, voilà. Pilote de ligne, c'était pas pour moi j'crois...
Pour tester vous-même, ça se passe uniquement sur Google Earth dans le navigateur (
earth.google.com
, pas l'appli mobile). Vous ouvrez le menu Tools, vous choisissez Flight simulator, et pensez bien à basculer le fond de carte de "Map" à "Satellite", sinon vous volerez au-dessus d'une carte abstraite toute moche au lieu d'avoir des vrais bâtiments 3D photoréalistes.
Côté pilotage, par contre c'est rustique : Page Up et Page Down pour les gaz, les flèches du clavier pour le tangage et le roulis, et un clic dans la fenêtre pour passer en commandes à la souris. De plus, les bâtiments et l'imagerie haute résolution se chargent au fur et à mesure que vous avancez, donc si vous foncez comme un dingue ou que votre connexion rame, vous traverserez parfois du vide le temps que ça charge.
Voilà, on est donc très loin d'un vrai simulateur de vol et Google le dit lui-même... c'est conçu pour de la balade tranquille, pas pour de l'aérodynamique réaliste. Si vous voulez réellement piloter dans votre navigateur, le
Web Flight Simulator et son F-15
joue dans une autre cour.
Mais maintenant, imaginez deux secondes que Google pousse le truc un peu plus loin, avec un poil de gameplay, des objectifs, des avions différents, du trafic aérien...etc. Le potentiel serait énorme !
En attendant, allez vous crasher sur la tour Eiffel dans la joie et la bonne humeur ! C'est gratuit et légal (enfin, je crois...lol).