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Moonshine - Et votre serveur Linux sans écran devient une console

Par : Korben ✨
20 juillet 2026 à 13:51

NVIDIA a débranché GameStream, son système maison pour envoyer les jeux de votre PC vers une Shield ou un laptop. Sauf que le protocole, lui, n'est pas mort : Moonlight , le client open source qui le réimplémente, tourne toujours sur Windows, macOS, Linux, Steam Link, Raspberry Pi 4, Apple TV et Xbox, et même sur des Switch et des Vita en homebrew.

Et surtout, Hans Gaiser bricole depuis début 2024 une pièce qui manquait côté serveur, Moonshine , qui commence à être sérieusement utilisable.

Moonlight n'étant qu'un client, il affiche l'image et renvoie votre clavier, votre souris et votre manette. Derrière, il faut donc forcément une machine qui capture le jeu et qui encode la vidéo en temps réel.

Bref, comme je vous le disais, depuis que NVIDIA a rangé GameStream au placard début 2023, ce rôle revient à des serveurs communautaires. Le seul que la FAQ Moonlight recommande, c'est Sunshine , du collectif LizardByte. C'est codé en C++ sous licence GPL-3 et ça tourne sous Windows, Linux, macOS et FreeBSD. Sauf que Sunshine capture une session de bureau existante ce qui veut dire que sur une machine sans écran, il faut composer avec ça, et c'est de là que vient toute la littérature sur les dongles HDMI factices et autres écrans virtuels...

Alors que Moonshine, lui, est codé en Rust et prend un autre chemin. En fait, chaque session de streaming tourne dans son propre environnement isolé, qui est totalement séparé de votre bureau. Du coup, vous n'avez plus besoin de session active du tout... Une simple tour sans écran fera parfaitement le boulot.

Voilà, si vous avez une machine Linux qui dort dans votre placard avec un GPU dedans, ça peut vous permettre de lancer Moonlight depuis votre canapé à distance, et c'est le serveur qui gérera la session rien que pour vous.

Après, c'est du Linux uniquement, testé sur Arch même si ça remonte que ça tourne aussi sur d'autres distribs, avec systemd obligatoire pour lancer et gérer tout ce qui est processus. Et du côté du GPU, il vous faudra de l'encodage vidéo Vulkan, donc, vous l'aurez compris, une Nvidia RTX ou une AMD RDNA2 ou plus récente, voire une Intel Arc pour les plus motivés.

Voilà, toutes vos vieilles GTX resteront sur le banc de touches... Sans oublier que vous aurez besoin du client Moonlight en version 6.0.0 minimum et que la compatibilité avec les portages non officiels n'est pas garantie.

Les codecs supportés, c'est du H.264, H.265 et AV1, avec du HDR en 10 bits. L'AV1 est marqué expérimental et Hans Gaiser prévient lui-même qu'il fait gonfler la taille des images au fil du temps sur les cartes NVIDIA. Sauf que c'est réglé depuis : NVIDIA a sorti le correctif dans son pilote Vulkan beta 595.44.3.0 et Hans Gaiser a confirmé début avril, mesures à l'appui, que la qualité était revenue à la normale. Son README, lui, n'a pas suivi et vous conseille encore de rester en H.264 ou H.265. Donc si l'AV1 vous tente, prévoyez le pilote Vulkan beta, pas celui de votre distrib.

Notez aussi que Moonshine n'est pas conçu pour être utilisé sur des réseaux publics puisque le protocole GameStream sous-jacent a des limites qui font que le trafic n'est pas entièrement chiffré au niveau applicatif. Donc, si vous vous y mettez, n'exposez jamais les ports de Moonshine directement sur internet. Préférez passer par Tailscale ou un WireGuard par exemple.

Bref, Moonlight, Sunshine, Moonshine... si comme moi, vous vous emmêlez dans les noms, c'est parfaitement normal. N'empêche que c'est un super truc, encore en dev, certes, mais ça promet pour le futur...

Source

Inky Bird Frame - Les piafs du jardin en planches naturalistes

Par : Korben ✨
13 juillet 2026 à 16:16

Vous vous souvenez de BirdNet-Pi ? Ce montage dont je vous avais parlé, qui collait un micro sur un Raspberry Pi pour reconnaître les piafs du jardin à l'oreille ? Et bien Henry Sowell, un maker qui signe sous le pseudo de veteranbv, vient de pousser le délire un cran plus loin avec Inky Bird Frame. Il s'agit d'un cadre e-ink accroché au mur qui affiche les oiseaux repérés autour de chez vous, façon planches naturalistes de carnet de terrain du 19e siècle.

Dans le cadre, un écran Pimoroni Inky Impression de 13,3 pouces, du e-paper 6 couleurs en 1600x1200, avec un Raspberry Pi Zero 2 W planqué derrière qui se contente d'afficher l'image. Mais le vrai boulot se fait ailleurs, sur un contrôleur (un Pi 4, ou n'importe quel Mac ou Linux qui traîne chez vous) qui surveille les observations publiques d'oiseaux dans un rayon configurable autour de votre maison.

Le cadre en situation, avec sa planche Eastern Bluebird ( Source )

Pour les données, vous prenez ce qui vous arrange. iNaturalist par défaut, eBird si vous préférez (avec un plafond à 50 km et 30 jours), ou même votre propre station BirdWeather si vous en avez déjà une qui écoute le jardin. Et grâce à àa, dès que vos micros captent une fauvette, hop, elle s'affiche sur votre mur.

C'est chouette hein ? (vous l'avez ?)

Aussi, quand une espèce jamais croisée dans votre coin pointe le bout de son bec, et que sa planche n'existe pas encore, hé bien le contrôleur la fabrique alors avec Codex, le CLI d'OpenAI, que le projet fait tourner via un simple abonnement ChatGPT, en s'appuyant sur des photos de référence sous licence et une fiche documentée sur l'oiseau.

Et pour éviter l'effet slop IA, chaque planche passe ensuite devant une seconde IA qui joue les contrôleuses qualité, en la comparant avec des photos de référence (plumage, proportions, forme du bec), en la vérifiant avec 2 sources d'autorité minimum et les noms scientifiques exacts.

Le catalogue commun compte déjà 71 espèces approuvées via des pull requests validées par la CI, c'est vraiment joli en plus, regardez :

Une planche du catalogue, générée puis validée par le pipeline ( Source )

Bon, maintenant le tarif. Comptez environ 360 dollars pour le cadre seul, dont 275 dollars juste pour l'écran (l'e-paper couleur en 13 pouces, ça douille !), et si vous ajoutez le Raspberry Pi 4, la facture montera à 350$.

Autre point qui pique un peu, le catalogue actuel est bourré d'oiseaux nord-américains, Eastern Bluebird, Northern Cardinal et toute la clique. Vos mésanges charbonnières et vos rouges-gorges, il faudra donc les générer vous-même, ce qui rend l'abonnement ChatGPT quasi obligatoire pour un utilisateur français.

Après pour le reste, j'ai l'impression que c'est assez complet. Ça fait une rotation des planches en séquentiel, aléatoire ou pondérée selon le nombre d'observations. Vous recevez des notifications pushover. Ça peut se brancher sur Discord, Slack ou Home Assistant via Apprise. Et toute l'intelligence reste bien sûr du côté du contrôleur.

Voilà, si ça peut vous intéresser, c'est sous licence MIT sur GitHub Avec le guide de montage, la liste des courses et bien sûr les photos de la construction.

Et si vous aimez les piafs, mais que monter d'oras péripi, c'est pas trop votre truc., Merlin Bird ID jetez un oeil aussi à ce projet qui est beaucoup plus simple d'accès puisqu'il tourne directement sur votre smartphone.

Voilà, je parle souvent de petits bricolages dans ce style, et c'est assez rare que j'ai envie de me lancer moi-même dedans, mais là, celui-là me plaît vraiment bien. Je ne sais pas si j'aurai le temps, mais je me dis que c'est un projet cool que je ferais bien un jour.

Il détourne un chien robot Unitree pour aider son père

Par : Korben ✨
11 juillet 2026 à 06:59

Prenez un chien robot d'Unitree, du genre qui patrouille dans les usines, ajoutez-y un siège baquet, un harnais et pas mal de code et vous obtiendrez un nouveau genre de jambes bioniques du futur ! Jake Laser a réalisé ça pour son père, en fauteuil roulant depuis une dizaine d'années à cause d'une sclérose en plaques et le résultat est bien délire.

La machine de départ est donc un quadrupède industriel Unitree à roues motorisées et pattes articulées qui sur sol lisse, roule comme un véhicule à roues mais qui sur terrain accidenté, peut déplier ses gambettes, grimper des escaliers, enjamber les obstacles et traverser des paysages rocheux sans broncher.

Rien à voir cela dit avec le Unitree Go2 grand public que vous connaissez qui est plus un jouet. Là c'est la version B2-W pour les entreprises vendue autour de 100 000 dollars, qui sert d'habitude à inspecter des entrepôts ou des sites dangereux. Pour info, Unitree, c'est la même boîte qui vend aussi un mecha à 500 000 dollars , histoire de vous situer le niveau de matériel.

Le transformer en engin sur lequel on peut monter, ça a demandé du vrai boulot d'ingénierie. Après avoir testé plusieurs positions d'assise, Jake a fixé un siège baquet de course directement sur la colonne du robot, les jambes du passager vers l'avant pour que les pattes robotisées puissent bouger librement en dessous.

Il a ajouté un harnais bien costaud et surtout, il a dû recalibrer tout le logiciel de balance du robot pour compenser le poids d'un humain qui se déplace en permanence. Un B2-W sait s'équilibrer avec une charge fixe, mais beaucoup moins avec quelqu'un qui bouge dessus, se penche et change le centre de gravité à chaque seconde.

Mais une fois le code ajusté, les capteurs et les moteurs gardent l'équilibre même en marchant sur un terrain pourri. Le pilotage passe ensuite par un joystick double sans fil qui gère tout : avancer, tourner, se déplacer en crabe, et ajuster la hauteur du robot pour monter et descendre plus facilement.

Et le plus fou, c'est qu'un B2-W ne devrait porter qu'une quarantaine de kilos quand il marche alors que là il trimballe un adulte plus son siège, soit largement le double. Vous l'aurez compris, c'est pas homologué hein ^^.

Capture : JLaservideo (YouTube)

Jake voulait aussi que son père soit fier de son engin alors il s'est inspiré des Bugatti des années 40 pour l'habiller avec une carrosserie galbée, de la fibre de carbone, des phares chromés + éclairage LED sous le châssis et enjoliveurs custom. On est à mi-chemin entre le robot de combat et la voiture de collection ^^.

Bien sûr, avant d'y installer son père, Jake a fait subir à son robot plein de tests d'efforts et de sécurité. Il lui a fait grimper des rebords super hauts, traverser des échelles, monter des tonnes d'escaliers bien tordus et franchir des lits de rivière rocheux, le tout sans jamais perdre l'équilibre. C'est seulement une fois la fiabilité prouvée que son père est monté à bord. Et après des années coincé dans un fauteuil classique, il a pu retourner sur des sentiers et dans des endroits qui étaient devenus, pour lui, des souvenirs lointains.

Bien sûr, c'est un exemplaire unique, et pas un dispositif médical que vous pourrez commander, mais je trouve que l'idée de détourner de la robotique industrielle pour redonner de l'autonomie à quelqu'un c'est vraiment chouette. On a déjà vu des robots japonais faire ça pour des personnes en situation de handicap , et ce genre de bidouille prouve que la techno existe déjà, et qu'il ne manque que des gens motivés pour la détourner dans le bon sens.

Bref, matez la vidéo, vous allez kiffer la partie où le père de Jake capte qu'il peut de nouveau aller où il veut (dans la limite de l'autonomie disponible)

Source : Yanko Design

Un ESP32 à quelques euros pour éviter le clavier Touch ID d'Apple

Par : Korben ✨
7 juillet 2026 à 10:51

Posez votre doigt sur un capteur et hop, votre session s'ouvre. Sur un Mac, ce petit confort passe par exemple par le Magic Keyboard avec Touch ID (lien affilié) parce qu'Apple réserve la biométrie à son propre matériel. Mais le bidouilleur Zimeng Xiong a trouvé ça un peu chéros, alors il a bricolé la même chose avec un ESP32-S3 à quelques euros .

Le tout tient dans un boîtier imprimé en 3D contenant un capteur d'empreinte ZW101 qui lit votre doigt, et une carte ESP32-S3 (une Seeed Studio XIAO - lien affilié) qui se fait passer pour un clavier USB. Ensuite, si l'empreinte correspond, elle tape votre mot de passe suivi d'Entrée. Vu de l'ordinateur, l'engin n'est qu'un clavier qui tape à votre place, et n'est donc liée à aucun système d'exploitation en particulier.

Le truc bien pensé je trouve, c'est que le mot de passe ne vit jamais sur l'ESP. La carte ne garde qu'une clé d'appairage de 32 octets et le mot de passe, lui, reste sur l'ordinateur, conservé par un petit service que vous installez.

Quand vous posez le doigt, l'ESP réclame ce mot de passe via un échange chiffré, avec une clé d'appairage partagée et un nonce aléatoire pour bloquer les rejeux, le déchiffre en mémoire vive le temps de le taper, puis efface tout en quelques millisecondes. Il compte aussi sur le Secure Boot et le Flash Encryption de l'ESP32-S3 pour qu'un dump de la puce ne livre aucune clé.

Après, histoire d'être transparent avec vous, sachez que le seul maillon faible de ce gadget se situe entre le capteur et l'ESP car la liaison série n'est pas protégée. Toute la vérification de l'empreinte se passe dans le capteur, pas dans le microcontrôleur, donc quelqu'un qui aurait accès à votre machine et au boîtier en même temps pourrait usurper le capteur et forcer l'envoi du mot de passe. La parade de Zimeng c'est donc de noyer toute l'électronique dans de l'epoxy noir.

Sous Windows, vous branchez un lecteur d'empreinte USB et Windows Hello fait le reste, c'est plutôt simple. Apple par contre verrouille un peu plus le truc, donc il faudra installer le logiciel compagnon. Et Zimeng Xiong ne compte pas s'arrêter là, puisqu'il annonce une version qui émule une carte à puce, pour se connecter sans jamais taper de mot de passe, comme le font déjà les passkeys . Là, on serait un cran au dessus en matière de sécurité.

Le code est public sur GitHub si vous voulez tenter le montage. Rien de prêt pour la production évidemment, mais une chouette démonstration qu'avec un ESP32 et un peu de crypto, on peut faire de jolies choses.

Source

oomwoo - Le robot aspirateur open source à monter soi-même

Par : Korben ✨
3 juillet 2026 à 10:28

La société Maker's Pet vient de lancer oomwoo , un robot aspirateur open source que vous construisez vous-même ! C'est fait à base de Raspberry Pi 5, LiDAR 2D, ROS 2, châssis imprimé en 3D, et le tout fonctionne en local.

Sauf qu'il y a un détail rigolo, pour l'instant il fait à peu près tout... sauf aspirer ^^.

Je m'explique... Votre Roborock ou votre iRobot, vous ne le savez pas mais vous ne le possédez pas vraiment. Il se balade partout, cartographie votre apart ou votre maison, envoie tout sur des serveurs distants et surtout, le jour où le fabricant ferme boutique, bah votre robot il termine à la casse.

Alors c'est vrai, des bidouilleurs libèrent déjà ces engins du cloud en leur greffant un firmware ouvert. Mais oomwoo prend le problème à l'envers, puisqu'au lieu de libérer un robot fermé, vous en montez un qui soit libre dès la première vis !

Côté matos, vous allez avoir besoin, comme je vous le disais, d'un Raspberry Pi 5 (ou d'un Pi 4), d'un petit LiDAR 2D, de quelques moteurs et d'un châssis que vous sortirez de votre imprimante 3D. Son cerveau, lui, tourne sous ROS 2 avec Nav2 pour la navigation, et vous pouvez tout tester virtuellement dans une simulation Gazebo avant même de visser quoi que ce soit.

Côté maison connectée, ça se branche direct sur Home Assistant et toutes les datas restent chez vous en local. Le LiDAR c'est vraiment le cœur du projet puisque c'est ce capteur qui donne la vue en relief aux petits robots . Avant ça coûtait une petite fortune, mais aujourd'hui, ça peut se trouver pour une trentaine d'euros comme ce LDS02RR qui équipe notamment les Roborock.

Et pour orchestrer toute cette joyeuse bande hardware, le projet utilise un micro-contrôleur à quelques euros qui gère toutes les entrées et les sorties, pendant que le RPi se tape le gros des calculs.

oomwoo en est à sa toute première version, en mode RFC (request for comments), autrement dit le truc se conçoit en public au grand jour et leur objectif premier, c'est donc d'avoir un robot qui cartographie votre appart au LiDAR et se balade tout seul avant même de penser à aspirer.

Alors oui, pour le moment, c'est uniquement de la simulation et aucun proto n'a été assemblé mais ça ne saurait tarder. Quoiqu'il en soit, vous pouvez suivre toutes les étapes du projet en live sur GitHub et intervenir si vous voulez aider .

Après, un aspi robot qui n'aspire pas, ça ne vous inspire peut-être pas (jeux de moooots) mais c'est surtout un projet en train de naitre, qui si vous l'attrapez en route, vous permettra d'apprendre de nouveaux concepts en robotique comme le SLAM, la navigation autonome ou ROS 2 sans avoir à lâcher un billet dans du matos hors de prix (ils visent 200 dollars de matos au max).

Bref, c'est moins un aspirateur qu'un cours de robotique déguisé mais ça vaut le coup d'oeil. Le code vous attend sur GitHub .

Un boîtier Wi-Fi qui détecte les gens à travers les murs

Par : Korben ✨
2 juillet 2026 à 23:05

Ce serait marrant de détecter quelqu'un dans une pièce voisine, sans utiliser de caméra ou de capteur infrarouge. En fait, c'est possible avec juste du Wifi et c'est ce que nous prouve Talking Sasquach qui vient de se bricoler un petit boitier capable de faire ça.

Je vous rassure, l'idée n'a rien de neuf. Notre corps est plein d'eau, et l'eau ça renvoie et ça absorbe les ondes radio. Du coup, dès que vous bougez un peu votre popotin, bah ça perturbe les signaux Wi-Fi qui traversent la pièce.

Et si vous êtes trop gros, PAF vous passez en zone blanche ! (et pas en sauce blanche !)

Non, ça je l'ai inventé, vous pouvez vous détendre. Mais pour le reste, j'en parlais déjà en 2009 , avec des chercheurs de l'Utah qui reconstituaient carrément une image des gens de l'autre côté du mur, ondes radio à l'appui.

Sauf que là, plus besoin d'un labo puisque tout tient dans la main. Le cœur de l'engin est un M5Stack Cardputer ADV (c'est un ESP32-S3 avec un mini-écran, un clavier et une batterie intégrés) auquel il a collé un second écran TFT dans un boîtier imprimé en 3D. Ça donne un petit look cyberdeck bi-écran à l'appareil et tout ça pour une cinquantaine de dollars!

Sur les 2 coeurs de l'ESP32, y'a un qui gère l'affichage animé du radar tandis que l'autre mouline en continu les données captées par le Wifi. En fait le boitier lit ce qui s'appelle le CSI (Channel State Information) qui est un genre de signature de la façon dont le signal wifi rebondit partout autour de vous. Il surveille alors les variations d'amplitude et de phase sur des dizaines de trames et quand ça dépasse, BOOM, un blip vient s'allumer sur l'écran du radar, comme dans "À la poursuite d'Octobre rouge" ^^.

Après, contrairement à d'autres projets fake que j'ai pu voir passer, vous ne verrez personne à poil avec ça. C'est juste une interférence qui est pointée et pas une silhouette qui est dessinée finement et encore moins une triangulation de votre position.

Le seul garde-fou que Talking Sasquach a mis en place sur son radar, c'est qu'il faut d'abord se connecter au réseau wifi pour capter des choses. Mais en réalité, il n'y était pas obligé et ça peut fonctionner sans avoir à demander un accès à une box internet.

Le code est dispo sur GitHub sous licence MIT, et c'est écrit avec le framework Arduino si vous voulez reproduire le bidule.

Source

NanoKVM-Go - Le KVM USB-C qui garde vos écrans en mémoire

Par : Korben ✨
2 juillet 2026 à 11:53

La société Sipeed vient d'annoncer la sortie d'un nouveau KVM USB-C qui je pense va vous intéresser. Il s'appelle le NanoKVM-GO, il fait la taille d'une grosse boite d'allumettes et permet de prendre le contrôle de n'importe quel appareil capable de cracher de la vidéo via son port USB-C.

Donc y'a juste besoin d'un câble, et pi c'est tout. Que ce soit un iPhone 15 ou supérieur, un MacBook, un Steam Deck, un mini PC Windows, un smartphone Android, no problemo, le boîtier s'intercale entre vous et la machine, capture l'écran en 4K, simule le clavier et la souris, et vous laisse piloter le tout depuis un simple navigateur, où que vous soyez.

Il existe également une version Go+ de la bestiole qui embarque ce que Sipeed appelle sobrement une "Ambient Screen Intelligence", comprenez une fonction à la Microsoft Recall où le boîtier photographie votre écran en continu, conserve jusqu'à 180 jours de captures en local, et vous laisse fouiller tout ça à la recherche textuelle. Bref, ce que Redmond avait proposé et qui avait fait hurler tout le monde, bah là c'est pareil mais en version hardware.

Donc comme je vous le disais, y'a plus qu'un seul câble USB-C vers la cible (DP Alt Mode pour la vidéo, HID pour le clavier et la souris, disque virtuel pour booter des ISO), et l'hôte se connecte au boîtier en WiFi. La latence annoncée est de 60 ms en 1080p, jusqu'à 100 ms en 4K. Le boîtier tire son jus du port USB-C de la cible (5 V), avec un second port pour la charge passthrough et le contrôle de petits FingerBot.

Ça permet ainsi de régler 2 des plus gros problèmes des outils de prise de contrôle à distance comme TeamViewer ou VNC :

  1. L'accès au BIOS qu'aucun logiciel ne peut jamais atteindre
  2. Le freeze de l'app ou de l'OS qui rend inopérant un TeamViewer par exemple

Avec un boitier KVM, vous rebootez comme vous voulez et vous avez toujours la main. En tout cas, je suis content de voir que l'usine à câble d'il y a 10 ans devient maintenant ultra minimaliste. Perso, j'adore !

Maintenant, la fonction "Recall", on aime ou pas mais déjà c'est optionnel et ensuite, tout reste en local. Alors c'est vrai, et c'est "déjà ça". Mais bon, ça conserve quand même 6 mois de data de tout ce qui est affiché sur vos écrans (mails, mots de passe tapés, conversations, documents), accessible à distance à qui a le mot de passe (et le bon Tailscale). C'est une surface d'attaque qu'il faut prendre en compte, surtout que c'est le même fabricant qui s'était déjà fait prendre avec un micro non documenté dans un de ses KVM . Pas de quoi paniquer cependant car c'est optionnel. Et pour de la bidouille perso / auto-hébergement, ça reste un super jouet. Après, en entreprise, faudra voir...

Sipeed expose aussi toutes les fonctions du KVM via un serveur MCP, le protocole d'Anthropic pour relier les LLM à des outils. Vous branchez votre agent IA préféré dessus, et il va vraiment pouvoir s'éclater en prenant physiquement la main (à 6 doigts forcément ^^) sur la souris et le clavier de la machine.

Sur un KVM IP , on sait depuis longtemps que la moindre faille ouvre la porte à tout et là, vous déléguez volontairement cette porte à un modèle, donc une fois encore, à vous de voir si le jeu en vaut la chandelle.

Le projet est sur Kickstarter, le GitHub et le wiki sont encore vides au moment où j'écris, car la campagne vient d'à peine démarrer. Notez que son concurrent direct, le GL.iNet Comet Q, a déjà rempli son objectif de financement en quelques minutes, lui, donc je pense que Sipeed a toutes ses chances en jouant cette carte de la compacité (45 × 40 × 15 mm), de la 4K et du stockage embarqué (16 Go sur le Go, 64 Go sur le Go+, assez donc pour trimballer des ISO bootables).

Le SoC n'est pas officiellement nommé mais c'est quasi certain qu'il s'agit d'un Axera AX630C avec un NPU à 3,2 TOPS (le même cœur que le NanoKVM Pro 4K quoi).

Les premiers prix Early Bird tournent autour de 59 dollars pour le Go, 79 dollars pour le Go+. MSRP annoncé à 89 et 129 dollars une fois la campagne terminée et côté expédition, Sipeed promet une livraison mondiale depuis Shenzhen, sans date ferme pour l'instant.

Bref, si vous voulez piloter n'importe quelle machine USB-C à distance et que l'idée d'un agent IA qui clique tout seul ne vous fait pas trop flipper, ça peut vous intéresser.

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Un Sony Cyber-shot transformé en Game Boy par retroHAI

Par : Korben ✨
1 juillet 2026 à 15:32

Un appareil photo Sony Cyber-shot d'un côté, une Game Boy Advance SP de l'autre, et au milieu un objet qui n'a aucun sens mais qui me plaît bien quand même ! C'est la signature de Hairo Satoh, un modder japonais installé à Yokohama que tout le monde connaît sous le pseudo retroHAI . Le gars se fait carrément appeler "Game Boy doctor", et vu ce qu'il sort de son atelier, son diplôme est largement mérité !

Son dernier objet volant non identifié, c'est donc la moitié basse d'une vraie GBA SP qu'il a greffée sur la coque et l'écran d'un appareil photo compact Sony Cyber-shot. Ce curieux mélange donne une console portable qui ressemble à un appareil photo des années 2000 et j'avoue que je trouve ça très joli.

La cartouche est même brandée "retroHAI" au dos mais le meilleur, ce sont les détails des boutons, issus de l'appareil photo d'origine. Quasiment rien n'a été racheté neuf, et tout est récupéré et détourné !

Après, je vais vous décevoir mais de ce que j'ai pu lire, jouer vraiment là-dessus, c'est une purge. Les boutons ne sont pas bien positionnés sous les doigts, et l'écran du vieux Cyber-shot n'a jamais été pensé pour Street Fighter.

C'est pourri pour les gamers mais beau pour les collectionneurs ! Y'a même des mecs sur Reddit qui lui ont proposé pas mal d'argent pour lui racheter.

retroHAI, lui, n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai. Son mashup le plus connu, c'est une vieille manette de PlayStation de 2001 qu'il a transformée en véritable console portable. Écran à la place du spinner, du microSD, de l'USB-C, deux haut-parleurs, et ça fait tourner des jeux PS1 en émulation comme Resident Evil 3 ou Contra...

Après comme ce sont des exemplaires plus ou moins uniques, faudra le contacter et prier pour qu'il accepte une commande. En attendant, vous pourrez toujours aller vous rincer les yeux en jetant un œil à cette Wii miniaturisée à l'extrême , à cette Game Bub open source , à cette manette taco qui transforme votre téléphone en Game Boy ou à la page Facebook de Game Boy Doctor qui ne fait QUE des trucs de dingue.

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Il a transformé quatre disques durs en enceintes pour rejouer une démo culte de 1993

30 juin 2026 à 11:53

Un développeur du nom de Niv Singer a eu l'idée improbable de brancher quatre vieux disques durs en guise d'enceintes, puis de leur faire cracher Second Reality, cette production que le groupe finlandais Future Crew a sortie en 1993 et qui reste, plus de trente ans après, l'une des plus vénérées de toute l'histoire du PC, avec une musique extraordinaire (que j'ai écoutée des millions de fois).

[Embed: https://hackaday.com/2026/06/29/hard-drive-speakers-crank-out-classic-demo/]

Pour ceux qui n'ont jamais croisé ce terme (ou pas dans le bon sens), une démo, dans ce milieu qu'on appelle la demoscene, c'est un programme conçu pour faire produire à une machine des effets graphiques et sonores qu'on la croyait pourtant incapable de sortir, le tout calé au millimètre sur la musique. Second Reality a remporté l'Assembly 1993, la grande compétition du genre, le 30 juillet de cette année-là, et a longtemps tenu lieu de démonstration ultime de ce qu'un PC de l'époque avait réellement dans le ventre.

Le principe que Niv Singer exploite ici est en réalité tout simple, presque bête. Dans un disque dur, une bobine déplace la tête de lecture au-dessus des plateaux qui tournent, exactement comme la bobine d'un haut-parleur fait bouger sa membrane pour brasser l'air. En envoyant un signal audio dans cette bobine plutôt que les commandes de positionnement habituelles, la tête se met à vibrer et produit donc du son.

Sauf que voilà, l'intéressé ne cache pas vraiment les limites de la chose. Le rendement est mauvais, le volume reste famélique et la réponse en fréquence, pour reprendre ses propres mots, est franchement catastrophique. Un disque dur n'a jamais été pensé pour faire de la musique, et ça s'entend.

D'où l'astuce, qui consiste à ne surtout pas se contenter d'un seul disque. Il en a empilé quatre, des Western Digital Caviar de 500 Go chacun, répartis à raison de deux par canal stéréo, la gauche et la droite. Sur chaque canal, un filtre répartiteur, ce fameux crossover qui découpe le son entre les différentes fréquences, confie les graves à un disque et les aigus à l'autre, histoire que chacun bosse dans la plage où il se débrouille le moins mal.

Et il ne s'arrête pas là, puisque les plateaux des disques se mettent en plus à tourner en rythme avec la musique. Pour obtenir ça, il pilote finement leur vitesse avec du PWM, une technique qui consiste à hacher l'alimentation électrique très vite pour doser pile l'énergie envoyée au moteur. Le résultat tient autant du concert bricolé que de l'installation lumineuse de salon.

Tout le projet, baptisé Spin Doctor, est posé sur GitHub, schémas et code compris, pour quiconque voudrait reproduire l'expérience avec ses propres rebuts informatiques.

Faire rejouer la démo la plus mythique du PC par le matériel qu'on balance d'habitude à la déchèterie, perso j'adore.

Source : Hackaday

Cet écran e-ink fait tourner la Game Boy à 60 FPS

Par : Korben ✨
30 juin 2026 à 07:30

Je vous parlais de ces écrans e-ink hier qui sont capables de se rafraichir beaucoup plus rapidement que les écrans tout pâle de nos liseuses. Et v'la ti pas que je tombe sur ce projet de Wenting Channel où le gars a décidé de faire tourner un Pokemon Bleu en 60 fps sur un écran e-ink.

Avant j'aurais pensé que c'était impossible mais avec un M5Stack PapierS3 qui est un petit kit de dev à base d'ESP32-S3 et d'un écran e-ink tactile de 4,7 pouces en 960×540, il est parvenu !

Maintenant, si vous voulez tester chez vous, le firmware est dispo directement via M5 Burner, l'outil de flashage de M5Stack. Vous flashez, vous chargez une ROM, et hop, vous avez une Game Boy dans la poche qui se lit même en plein cagnard.

Pour bien comprendre l'exploit, il faut comprendre comment fonctionne ce type d'écran à encre électronique. Les écrans e-ink sont lents par nature et chaque "pixel" qui le compose prend plusieurs centaines de millisecondes à se rafraichir grâce à des séquences de tensions (les waveforms) qui viennent modifier son état. Sauf que l'écran du PaperS3 dispose d'une interface parallèle ligne/colonne qui permet de piloter la dalle en contournant la méthode waveform classique

Wenting attaque donc les pixels directement, en pipeline, ce qui rend possible un rafraîchissement allant jusqu'à 60-70 FPS. Et surtout sur la GameBoy, il n'a pas besoin de traiter tout l'écran car c'est du 160×144 pixels, et il ne faut que trois pixels pour représenter les quatre nuances de gris d'origine. En triplant l'image tramée, il obtient alors un agrandissement pixel-perfect ×3 tout en ne calculant qu'une fraction de la dalle.

Pour l'émulation elle-même, il n'a pas réinventé la roue. Faire émuler une Game Boy par un microcontrôleur, ça a été fait mille fois. Il s'st contenté de tester les émulateurs PeanutGB, WanaCGB et Crankboy et a gardé ce dernier qui est le plus rapide. La Game Boy Color, par contre, on oublie puisque son CPU tourne deux fois plus vite et le PaperS3 n'a pas les reins pour ça.

Concernant le son, une Game Boy crache quatre canaux audio, deux ondes carrées, un canal d'échantillons et un canal de bruit. Le PaperS3, lui, n'a qu'un buzzer, capable de pondre une seule note à la fois. Game over ? Pas du tout. Wenting a simplement repris la même technique qu'on utilisait sur les vieux PC sans carte son grâce aux canaux de la carte pour simuler une polyphonie.

Ensuite, les contrôles c'est du joypad tactile à l'écran et il a même ajouté le support des manettes bluetooth (encore bien bien expérimental). Sans oublier la sauvegarde rapide qui fige l'état de la console à l'extinction, pour reprendre le jeu là où vous en étiez par la suite.

Notez aussi que le PaperS3 est déjà en fin de vie, remplacé par le PaperColor sorti en mai mais j'imagine que Wenting fera une upgrade à un moment... on verra bien.

Si le hacking de microcontrôleurs rétro vous parle, jetez un œil à cette mini-borne d'arcade qui tourne aussi sur ESP32 , ou à GB Recompiled qui traduit vos ROMs Game Boy en C natif .

Source : PC Gamer

Un bateau à ballon à imprimer en 3D

Par : Korben ✨
29 juin 2026 à 21:38

Alors cette imprimante 3D ? Vous en êtes content ?

Non, ne me mentez pas ! Je sais que comme 90% des gens qui en ont une, elle prend grave la poussière !! Mais voici que voilà de quoi la remettre au boulot pour les vacances !

En effet, le designer jp.studio a partagé sur MakerWorld un petit modèle gratuit baptisé Balloon Boat, un bateau-jouet qui se propulse tout seul avec, tout simplement, un ballon de baudruche.

Le modèle Balloon Boat de jp.studio en cours d'impression

On gonfle le ballon, on le fixe à l'arrière du bateau, et l'air qui s'échappe en se dégonflant pousse la coque sur l'eau. Oui c'est vieux comme le monde mais c'est trop rigolo ! Les enfants vont adorer !

Les gens d'Adafruit l'ont imprimé pour leur série hebdo #3DThursday, sur Bambu X1C avec du PLA PolyMaker, et il faut compter à peine deux heures et une quarantaine de grammes de filament.

Par contre, s'il vous plait faites moi plaisir : Ne laissez jamais le ballon finir sa vie dans un ruisseau, un étang ou la mer. Un ballon en latex ou un bout de plastique coloré qui flotte, c'est un appât mortel pour un poisson, un oiseau ou une tortue marine. Ce plastique mettra des dizaines d'années à disparaître donc récupérez moi tout ça, séchez-le et rangez-le, vous le réutiliserez la prochaine fois et tout le monde sera content !

Ce modèle est en téléchargement libre sur la page MakerWorld de jp.studio. Et si vous cherchez d'autres idées pour votre imprimante, j'ai un top des sites où trouver des modèles 3D à imprimer, ainsi qu'un outil pour ajouter de la texture à vos impressions .

SB-mini-II - Il reconstruit un Apple II Plus de zéro

Par : Korben ✨
29 juin 2026 à 19:21

L'Apple II, ce vieux bouzin de 1977, n'a jamais eu le moindre secret pour personne. C'est d'autant plus vrai qu'Apple livrait carrément les schémas électronique de sa machine dans le manuel d'origine et à l'époque, des bouquins entier décortiquant chaque circuit étaient vendus dans le commerce.

C'était fou et ça a bien changé depuis ! Mais surtout c'est grâce à ça que Simon Boak s'est dit qu'il pouvait en refaire un de zéro !

Son projet s'appelle le SB-mini-II , et c'est un clone maison de l'Apple II Plus assemblé avec des puces qu'on trouve encore aujourd'hui. Le 65C02 (la version CMOS du fameux 6502) tourne à 1,024 MHz, à un cheveu de l'original qui carburait à 1,023 MHz et au lieu de la DRAM capricieuse d'époque, il lui a collé de la SRAM statique (48 Ko sur une puce et demie de 32 Ko, le surplus part à la poubelle, tant pis).

Et pour atteindre les 64 Ko complets, il enfiche à l'intérieur une carte Saturn 128K dans le slot 0, comme ça c'est réglé.

Mais le plus gros morceau, ça a été la vidéo. Boak a viré toute la "circuiterie" composite de l'Apple II, un vrai sac de nœuds bien connu des anciens, pour la remplacer par une carte Apple II VGA (un projet open source de markadev).

Celui lui a permis d'obtenir une image VGA bien nette sur un écran moderne. Autrement, sans cette carte, y'aurait rien eu à l'écran, malheureusmeent.

Et le clavier suit le même mouvement grâce à un Raspberry Pi Pico qui lui sert d'interface entre un clavier USB et la machine, en générant les mêmes signaux parallèles que le clavier ASCII d'origine. Bonus, Control + Print Screen redémarre le CPU comme aux temps jadis ! Et comme le Pico crache du 3,3V, il cause directement avec la logique 74HC en CMOS, sans le moindre convertisseur de niveau.

Côté fabrication, c'est son premier PCB en 4 couches, avec des plans internes dédiés à l'alimentation. Une entrée 12V passe par un régulateur Pololu pour sortir du 5V, et le tout rentre dans un boîtier imprimé en 3D, vaguement inspiré du vieux disque dur ProFile d'Apple. Les fichiers (schémas, nomenclature, CAO) sont sur GitHub sous licence MIT, si jamais vous voulez vous lancer.

Et ça tourne pour de vrai !! Boak a même posté une capture d'un vrai logiciel Apple II qui démarre dessus.

Je suis nul en soudure, mais si je savais souder, ça me donnerait envie de m'y coller, je pense. D'ailleurs, si le rétro vous chatouille, allez voir aussi ce malade qui fait tourner MS-DOS sur un Apple IIe , ou ce Pico qui émule un Z80 .

Bref, le SB-mini-II, c'est par ici, et c'est entièrement libre.

Source

La fin de l'encoche ? Des chercheurs suisses ont créé un pixel qui voit et qui s'affiche

29 juin 2026 à 18:48

Depuis dix ans, toute l'industrie du smartphone se galère avec le même problème, à savoir caser la caméra frontale sans bouffer de la place sur l'écran, ce qui nous a valu la tristement célèbre encoche, puis le poinçon, puis ces capteurs cachés sous la dalle qui rendent les selfies un peu flous. Une équipe de l'ETH Zurich, la grande école polytechnique suisse, vient de proposer une sortie de route radicale en concevant un pixel unique qui sait à la fois émettre et capter la lumière.

L'écran lui-même deviendrait alors sa propre caméra, sans objectif rapporté, sans trou dans l'image.

Les travaux ont été publiés dans la revue Nature sous le titre "Fourier pixels for bidirectional light control", et ils sortent du laboratoire d'ingénierie des matériaux optiques dirigé par le professeur David Norris.

Le principe met un peu à mal une vieille évidence de l'électronique : jusqu'ici un pixel affichait et un capteur enregistrait, chacun sur son composant, sans jamais se mélanger.

L'astuce ici c'est le "pixel de Fourier", du nom de l'analyse mathématique qui décompose un signal en une somme d'ondes simples. Sur une mince couche de métal, la lumière entrante se mue en onde de surface, un plasmon, c'est-à-dire une vibration d'électrons qui court le long de la puce, avant d'être réémise sous forme lumineuse.

En jouant sur les interférences de ces ondes, un seul pixel parvient du coup à contrôler et à mesurer l'intensité, mais aussi la phase et la polarisation de la lumière, trois propriétés que nos écrans actuels ignorent.

Pour démontrer le truc, l'équipe de Yannik Glauser et Sander Vonk a gravé ses motifs à quelques nanomètres près et reconstitué un "E" d'environ un millimètre de haut, lu directement par le dispositif. Les chercheurs ont même façonné des faisceaux en forme de beignet, percés en leur centre, histoire de prouver leur maîtrise sur la forme de l'onde.

L'idée de fusionner émission et détection n'est pas tout à fait neuve en fait, des équipes américaines avaient déjà mis au point des nanobâtonnets capables d'afficher et de détecter, sauf qu'elles s'en tenaient à l'intensité. Là, c'est un pixel qui pilote le front d'onde entier, ce qui rend possibles des images bien plus fines qu'un simple capteur de luminosité.

Norris évoque déjà des écrans-caméras filmant et affichant en même temps, des hologrammes, de la communication par la lumière et jusqu'au calcul quantique. Vaste programme donc.

Sauf que bon attention quand même, on parle d'un unique pixel posé sur une paillasse, là où une dalle de smartphone en aligne plusieurs millions, et le chercheur reconnaît que l'étape suivante, les assembler en matrice, est loin d'être gagnée. Mais bon, au moins on avance !

Source : Nature , The Register

Modos Flow - L'écran e-ink open source qui pousse le refresh à fond

Par : Korben ✨
29 juin 2026 à 08:59

Wenting Zhang, le développeur derrière Modos Labs, s'est attaqué depuis des années à un truc qui faisait rire tout le monde, jusqu'à ce qu'il y parvienne. Son but dans la vie c'était de faire tourner un écran e-ink assez vite pour s'en servir comme écran de PC. Un vrai moniteur, branché en USB-C, sur lequel vous codez, écrivez et naviguez.

Son projet est open source, s'appelle Glider , et le produit grand public qui en découle, le Modos Flow, est actuellement en pleine campagne de crowdfunding avec la promesse folle de pousser le refresh rate de l'encre électronique bien au-delà du standard.

Le Glider, c'est un design matériel ouvert : PCB dessiné sous KiCad, un FPGA Xilinx Spartan-6 qui fait tourner Caster (le contrôleur e-ink maison, lui aussi open source), de la DDR3 pour le framebuffer, et des entrées USB-C DisplayPort Alt-Mode + DVI. Vous le branchez sur Mac, Windows ou Linux, et il affiche vos trucs comme un écran tout à fait normal.

Une latence de traitement annoncée sous les 20 microsecondes, du dithering matériel pour gratter des niveaux de gris, et un rail d'alim à ±15 V pour faire bouger les particules assez vite sur les grandes dalles.

Parce que le gros du travail, c'est bien de forcer l'e-ink à aller plus vite que ce pour quoi il est fait. Les écrans à encre électronique, c'est en général de l'ordre de 150 ms de temps de réponse contre 10 ms pour un LCD, et un contraste de 17:1 contre 1000:1. Mais côté Modos Flow, on est dans du 60 Hz, ce qui est déjà incroyable en soi.

Et le vrai intérêt de tout ça, c'est que pour la lecture, l'écriture, le code, vous n'avez pas besoin de 10 ms de réponse. Vous avez besoin d'un écran qui ne vous crève pas les yeux au bout de huit heures. Et sur ce terrain-là, l'e-ink reste imbattable : pas de rétroéclairage, ça ne scintille pas, c'est lisible en plein soleil... Bref, c'est que du bonheur. Le Modos Flow dispose même du tactile, d'un stylet, ainsi que d'un éclairage frontal, un support VESA, et différents modes d'affichage suivant ce que vous faites. Bref, c'est l'écran idéal pour celles et ceux qui, comme moi, passent leur vie dans du texte, à écrire, coder, dévorer des docs.

Côté tarif, le Modos Flow démarre à 619 $ sur Crowd Supply , et la campagne est déjà largement financée, plus de 540 000 $ récoltés pour 175 000 espérés, soit 308 %, avec une clôture prévue le 9 juillet 2026. Reste que c'est du crowdfunding, avec tout ce que ça implique de délais glissants et d'objectifs qui partent parfois en vrille. Mais si l'idée d'un écran reposant vous tente, c'est le moment de regarder ça de près.

En plus, le hardware, lui, reste ouvert alors c'est tout à fait possible de vous lancer de votre côté avec un FPGA et un fer à souder, et les plans du Glider dispos sur GitHub. C'est aussi ouvert que cette app de lecture libre dont je parlais il y a quelques jours.

On parlait déjà d' ebooks capables de lire de la vidéo il y a plus de dix ans, et l' e-ink couleur peine encore à percer mais là, j'avoue que Modos pousse le bouchon plus loin que personne. À voir maintenant si le Flow tient ses promesses à la livraison.

Merci à Maitretofu pour le lien.

GBCYouTube - YouTube en direct sur une Game Boy Color

Par : Korben ✨
28 juin 2026 à 08:04

Un bidouilleur du nom de Throaty Mumbo a décidé de s'attaquer à la Game Boy Color (sortie en 1998, ça ne nous rajeunit pas) pour y faire tourner YouTube ! Et du vrai YouTube hein, en streaming, sur 160x144 pixels. Ça s'appelle GBCYoutube et je vous explique tout en détail...

Ce qu'il a fait en fait, c'est se bricoler une cartouche maison avec dedans, un microcontrôleur RP2350B (le cerveau du Raspberry Pi Pico 2) qui fait tourner le lecteur, et une puce ESP32-C6 qui sert juste de pont WiFi. Vous tapez le titre d'une vidéo sur un clavier affiché à l'écran, la console balance l'info à votre PC, et là yt-dlp récupère la vidéo pendant que ffmpeg l'encode à la volée. Les images repartent ensuite par WiFi vers la cartouche qui les pousse à l'écran en flux continu, sans avoir besoin de stocker quoi que ce soit. Je vous laisse mater la vidéo, c'est impressionnant :

Côté rendu, vous avez le choix entre deux modes. Le premier c'est pour avoir du full screen (160x144 à 30 fps, c'est Las Vegas babyyy) et le second monte en couleurs mais tombe à 5 fps, donc forcément, ça ressemble plus à un diaporama qu'à une vidéo. Le son ne passe même pas par le haut-parleur d'origine. Throaty a glissé, pour cela, un petit haut-parleur dédié dans la cartouche, piloté par le RP2350B "pour libérer les cycles CPU de la Game Boy".

Puis comme le son est souvent désynchronisé avec l'image, c'est pas ouf non plus. Mais pour la beauté du geste, je salue !

Et c'est pas la première tentative, vous vous en doutez. Chromalock streamait déjà de la vidéo sur la même console, sauf que ça passait par le câble link, un goulot d'étranglement à 512 kHz qui plafonne vite. Alors que là, on passe au WiFi et à une vraie appli YouTube, avec recherche embarquée et tout le tralala.

Throaty Mumbo n'est pas un inconnu sur la scène, puisque c'est aussi le mec qui a porté Windows CE sur une Nintendo 64 et qui a fait lire des DVD à une Dreamcast . Un spécialiste des trucs aussi débiles qu'impressionnants, dans la lignée du LLM le plus lent du monde qui tourne sur une Game Boy Color ou de ces vraies Game Boy qu'on fait jouer en ligne .

Et surtout pas besoin de charcuter votre console pour reproduire le truc, puisque la cartouche passe par le port standard, donc un modèle d'origine suffit.

Le code est par ici si l'envie vous prend de vous lancer.

Source : Hackaday

Steam Controller - elle rampe toute seule vers son chargeur

Par : Korben ✨
28 juin 2026 à 07:55

Il y a des problèmes qui n'existent pas, et des gens qui les résolvent quand même... Ray Foss en fait partie. Ce dernier a fait en sorte que sa Steam Controller flambant neuve rampe toute seule jusqu'à son chargeur, sans qu'il ait à lever le petit doigt. Et pour cela, il a codé son Triton Auto-Charge Vision Tracker qui tourne entièrement dans le navigateur et qui est utilisable par tous !

Le principe est bien tordu... Vous collez une webcam au-dessus de votre bureau, vous ouvrez la page, et vous cliquez sur trois points à l'écran : le palet de charge, l'avant de la manette, l'arrière. À partir de là, la vision par ordinateur suit la manette en temps réel pendant que le code pilote ses deux petits moteurs de vibration internes.

Petit rappel si vous aviez hiberné, Valve a ressorti sa Steam Controller en mai dernier, des années après avoir lâché la première. Elle se recharge sur un palet magnétique, et c'est pile poil cette dernière étape que Foss a automatisée. La Steam Controller, c'est aussi la manette dans laquelle Valve a planqué un cri Wilhelm , et visiblement elle attire les bidouilleurs.

En pulsant ces moteurs de façon asymétrique, autour de 70 Hz, la page fait littéralement ramper la manette sur le bureau et la réoriente petit à petit vers le palet. C'est le principe de ces bristlebots faits avec une brosse à dents et un moteur vibreur de téléphone, sauf qu'ici les moteurs étaient prévus pour faire vibrer la manette dans vos jeux, et surement pas pour la balader sur le bureau...

Pas d'install, pas de pilote à régler non plus, c'est la page qui se connecte directement à la manette via WebHID, la même techno qui permet déjà de tester son matos gaming dans le navigateur , à condition d'être sur Chrome ou Edge parce que Firefox et Safari boudent toujours cette API.

L'interface de l'outil, avec les points de repère à placer sur la manette et le palet.

Au passage, elle lit la batterie de la manette et vous affiche le pourcentage et même le voltage de la cellule, histoire de confirmer que le contact magnétique se fait bien.

Foss a aussi prévu un mode approche en douceur qui réduit de moitié la fréquence des vibrations quand la manette arrive tout près du palet, pour qu'elle se pose dedans au lieu de le percuter. Enfin, en théorie, parce qu'il prévient lui-même que l'amarrage n'est pas garanti.

La vraie limite du truc, c'est que le calage des points de repère reste assez pénible à faire.

Ça ne sert strictement à rien, mais c'est marrant. Le projet est en open source sur GitHub si vous voulez tenter le coup chez vous.

Source

Beam Universe Splitter - Le hasard quantique fait maison

Par : Korben ✨
28 juin 2026 à 07:36

David Noel Ng, un chercheur installé à Munich, en avait marre du pile ou face et des tirages de dés truqués par les ordinateurs, alors il a construit une machine qui pose directement la question à l'univers. Son engin, le Beam Universe Splitter, fabrique alors du hasard pur en laissant une particule de lumière choisir à votre place. Et la réponse n'est pas 42 ! ^^

Le principe c'est qu'un photon, un simple grain de lumière, fonce vers un miroir semi-réfléchissant. Au moment où il y parvient, il a alors 2 possibilités : Soit il le traverse, soit il rebondit. Et dans l'état actuel de la science, absolument rien au monde ne permet d'anticiper ce qu'il fera. Un détecteur attend bien sûr de chaque côté... Si c'est le premier qui capte le photon, ça donnera un 0 et si c'est le second, ça donnera un 1. C'est la nature qui tranche, sans algorithme.

Pour rendre tout ça palpable, David a surtout branché sa machine sur une sorte de boule magique en ligne (les fameuses 8-ball). Vous tapez votre question existentielle du moment, l'appareil fait défiler ses bits quantiques en direct depuis sa cave bavaroise, et il vous sort LA réponse (non, c'est toujours pas 42).

Et comme l'expliquent certains experts de la physique quantique, chaque possibilité qui s'offre à vous, arrive forcément quelque part dans un univers parallèle, vous ne faites finalement que tomber sur le votre. Oui, je sais c'est barré.

L'Univers m'a dit que Patreon , c'était mal barré...

Pour repérer ses photons, il a fait de la récup et a chopé deux photomultiplicateurs Hamamatsu sur du vieux matériel de labo d'analyse de protéines parti à la benne. Ensuite, c'est piloté via une carte FPGA Red Pitaya qui a pour rôle de trier les signaux des millions de fois à la seconde. En ignorant au passage les affreux rayons cosmiques qui viendraient parasiter la mesure.

J'adore ces histoires de physique quantique. Puis ça bouge dans tous les sens en ce moment, entre l'informatique quantique qui passe en open source et les physiciens du CERN qui fabriquent un qubit avec de l'antimatière . Mais là, avec sa 8-ball directement branchée à l'univers, il n'a pas eu besoin d'un labo à plusieurs millions mais juste d'une LED, d'un miroir et de pas mal de débrouille.

Après pourquoi se donner tout ce mal alors que votre PC sait déjà cracher du hasard ?

Hé bien parce que le hasard de base de nos ordinateurs, celui du ALEA() d'Excel ou du random() de Python, c'est un peu de l'arnaque. C'est basé sur un algo (le fameux Mersenne Twister) qui imite très bien le chaos, mais qui reste prévisible si on connaît son point de départ. Alors je nuance quand même (merci Pierre-Louis pour la précision), parce que nos machines savent aussi produire du hasard bien plus sérieux : les générateurs cryptographiques comme le BCryptGenRandom de Windows ou le /dev/urandom de Linux sont imprévisibles, et ce sont eux qui protègent vos mots de passe et vos clés de chiffrement. La vraie différence avec la machine de David, c'est que même ces générateurs costauds restent au fond des algorithmes, alors que lui, c'est la physique elle-même qui tranche.

Tout le défi, comme le raconte David sur son blog , ça a été de prouver que ces bits sont du vrai hasard quantique et pas juste les ratés de son détecteur qui jouent les imposteurs. Mais bonne nouvelle, sa machine a passé tous les tests statistiques de référence du NIST sur 1 milliard de bits. Donc je pense qu'il est bon, y'a pas de schéma prédictible caché dans sa machine.

Après si vous voulez vous en faire une pour prendre toutes les décisions importantes de votre vie, sachez quand même que c'est lent de fou. On est à 2300 bits par seconde et comme ça tourne dans le labo de David, ça peut parfois se retrouver hors ligne.

Mais peu importe, c'est génial comme idée je trouve ! Bravo à lui !

Source

ANES - Il greffe une seconde puce graphique dans sa NES

Par : Korben ✨
26 juin 2026 à 11:15

Decrazyo vient de sortir ANES , un mod hardware qui transforme votre vieille NES en lui collant un deuxième PPU, la puce graphique de la console.

Résultat, plus de couleurs à l'écran, plus de sprites, et même du parallax scrolling, ces décors qui défilent sur plusieurs plans comme sur les bornes d'arcade. Que des trucs que la petite Nintendo de 1985 n'a jamais su faire, la miskine.

Le hic, c'est qu'il vous faut deux NES pour ça. Une qu'on garde, et une qu'on démonte pour lui piquer son PPU (le fameux RP2C02) pour ensuite le greffer sur la première via une carte maison bardée de logique. Ensuite (et attention, ça devient technique), un démultiplexeur 74LS139 aiguille le processeur vers l'un ou l'autre PPU selon l'adresse mémoire, un latch 74LS373 verrouille les signaux, et 8 Ko de RAM statique dédiée alimentent le second PPU.

En gros, le CPU jongle entre deux cartes graphiques au lieu d'une. C'est tout ce que vous devez savoir.

Pour comprendre pourquoi c'est énorme comme news, faut bien se rappeler les limites de la bestiole. La NES affiche 25 couleurs à l'écran maximum, piochées dans une palette de 64. Et elle ne dessine que 8 sprites par ligne horizontale, d'où le clignotement légendaire des persos quand ça se bouscule (les vétérans de Mega Man voient de quoi je parle). Alors qu'avec deux PPU qui bossent en parallèle, vous doublez le budget graphique d'un coup.

Decrazyo est le premier à reconnaître que personne ne va se lancer là-dedans parce que c'est bien relou à faire. Faut déjà sacrifier deux consoles, sortir le fer à souder, dessouder des puces et se taper du wire-wrap sur une carte prototype. On est dans de la bidouille de l'extrême, celle qu'on fait pour la beauté du geste .

Sauf que, bonne nouvelle les amis, vous allez pouvoir goûter au résultat sans flinguer la moindre console puisque decrazyo a forké l'émulateur Mesen2 pour simuler le double PPU. C'est dispo en build "Dual PPU Mesen 2.1.1" sur Windows, Linux et macOS, Intel comme Apple Silicon. Vous chargez la démo, et vous voyez de vos yeux ce que donnerait une NES dopée.

Ça me rappelle vraiment pourquoi j'adore toujours la scène homebrew NES , 40 ans après. Ces gens sans amis, ni famille (je plaisante, humour, humour, pas taper !) qui continuent de tordre ce hardware dans tous les sens juste pour voir jusqu'où il peut aller, c'est fou ! Les schémas KiCad et le code sont sur le GitHub de Decrazyo , sous licence GPL, si vous voulez fouiller.

Un disque ressuscite le CD+G, ce format graphique oublié des CD audio

26 juin 2026 à 10:28

Sur un disque audio classique, il restait depuis toujours quelques canaux de données inutilisés, glissés juste à côté des informations qui affichent le numéro de piste ou le temps écoulé, et c'est précisément dans ces recoins que Philips et Sony avaient logé en 1985 le CD+G, une extension capable d'afficher des images en 288 sur 192 pixels avec une maigre palette de 16 couleurs.

Vous l'avez forcément croisé sans le savoir, puisque ce format a surtout servi à faire défiler les paroles synchronisées sur les machines de karaoké pendant des décennies, avant de tomber dans l'oubli, à mesure que le CD physique déclinait.

Pour situer l'objet, le tout premier disque commercial à exploiter le CD+G remonte à 1985, avec l'album Eat or Be Eaten de la troupe américaine Firesign Theatre, et depuis, la feature n'a jamais vraiment dépassé le stade du gadget réservé aux bornes de karaoké et quelques rares appareils.

Sauf que voilà, deux artistes, Aizysse Baga et Adelaide, ont décidé de le déterrer pour de bon en pressant un mini-CD baptisé Divacore qui embarque de vraies illustrations à côté de la musique.

Et elles ne se sont pas contentées du strict minimum. Pour caser des visuels à peu près corrects dans seulement 16 couleurs, elles ont misé sur le tramage, cette vieille astuce qui mélange des points de teintes différentes pour donner l'illusion de couleurs qui n'existent pas vraiment dans la palette proposée.

Il faut dire que la marge de manœuvre était franchement limitée, avec à peine 28,8 kilobits par seconde réservés aux graphismes, de quoi peindre l'écran par petites tuiles de 6 sur 12 pixels et pas grand-chose d'autre.

Le plus intéressant dans l'histoire, c'est qu'elles ont poussé le délire jusqu'au CD+EG, une variante étendue qui grimpe à 256 couleurs tout en restant compatible avec les anciens lecteurs, un format tellement confidentiel à l'époque qu'il n'a quasiment jamais été gravé sur un disque commercial et que presque aucun appareil ne savait l'afficher.

Le tout a été fabriqué avec un encodeur maison écrit en Python, de quoi générer les deux versions des images et les glisser proprement dans les fameux sous-codes du disque.

Du coup, si vous lisez Divacore sur une Sega Saturn par exemple, ou sur les très obscurs lecteurs Victor VS-G2 et VS-G3, vous voyez les illustrations en 256 couleurs dans toute leur splendeur. Sur une simple machine de karaoké ou une Amiga CD32, vous récupérez la version en 16 couleurs, et c'est déjà pas mal

Bref, ressusciter un format que même son époque avait snobé, juste pour le plaisir de le voir tourner sur une Saturn. Inutile, et franchement cool non ?

Source : Hackaday

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