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Hier — 29 mai 2026Korben

Utiq - Le pistage pub de votre opérateur et comment l'éviter

Par : Korben ✨
29 mai 2026 à 14:29

Si vous avez cliqué un peu vite sur "J'accepte" ces derniers jours, vous avez peut-être activé Utiq sans le savoir. Si ça ne vous dit rien, c'est normal puisque c'est le nouvel identifiant publicitaire monté comme des grands par les opérateurs télécoms européens, dont Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica, et qui vous piste via votre connexion à Internet.

Plutôt qu'un cookie planqué dans votre navigateur, Utiq s'appuie tout simplement sur votre box ou votre forfait mobile avec un identifiant attribué à votre ligne fixe (fibre ou ADSL) ou mobile.

Par exemple, comme on peut le lire sur AuFeminin :

Et c'est là que ça pique fort car comme l'identifiant vient de la connexion et pas du navigateur, il se moque éperdument des protections habituelles. Vous videz le cache ? Il s'en balek ! Navigation privée ? Pareil. Vous changez de navigateur ou d'appareil ? Tant que c'est la même connexion, vous restez la même personne aux yeux des annonceurs.

Pour finir le travail, Utiq demande même aux sites un petit sous-domaine maison, du genre utiq.lamarque.fr, qui pointe vers ses propres serveurs. Cette technique de CNAME cloaking fait ainsi passer le mouchard pour le site lui-même, et hop, il passe alors sous le radar d'une bonne partie des bloqueurs de traceurs, votre uBlock compris !

Bon, après ce n'est pas non plus Big Brother (et non, votre smartphone ne vous écoute pas ) puisque l'activation passe obligatoirement par votre consentement, et un opérateur qui ferait n'importe quoi avec vos données de connexion risquerait très gros au regard de la directive ePrivacy.

Le vrai souci, que Next a bien pointé d'ailleurs, c'est que l'identifiant de base que livre l'opérateur, le fameux "Network Signal", est une boîte noire totale. À en croire Next, même la CNIL n'en connaît pas le contenu exact. Difficile donc de parler de "consentement éclairé" quand personne ne sait vraiment ce qu'on accepte...

Ce bidule intrusif a déjà une ampleur folle, avec 36 opérateurs partenaires, plus de 330 éditeurs et 75 millions d'identifiants créés, dont 40 millions rien qu'en France ! Renault a même été l'un des premiers annonceurs à dégainer cette techno.

Et le plus fou, c'est que c'est vendu comme l'alternative "éthique et européenne" aux GAFAM. En gros, vous troquez Google contre votre opérateur, ce qui en fonction de l'opérateur n'est pas très rassurant ^^.

Heureusement, sortir du game prend à peine 30 secondes. Foncez sur consenthub.utiq.com , et vous pourrez bloquer Utiq pour un an d'un coup. C'est aussi là que vous verrez si vous êtes déjà enrôlé. Après sur les sites web qui l'ont implémenté, cliquez sur Rejeter, ou refusez Utiq dans les détails des réglages du site.

Et si vous voulez la ceinture et les bretelles, un VPN changera l'adresse IP sur laquelle repose le système et brouillera sérieusement les pistes. D'ailleurs, je le rappelle, ici, vous ne croiserez ni Utiq, ni cookie publicitaire, ni tracker mais juste de gros liens vers mon Patreon pour le soutien ^^.

Voilà, donc rien d'apocalyptique sous le soleil mais quand même 2 ou 3 trucs à savoir pour ne pas se faire berner...

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Apocalypse Early Warning - Quand les riches fuiront

Par : Korben ✨
29 mai 2026 à 09:29

Le pari de Kyle McDonald, le site dont je vais vous parler aujourd'hui c'est que si une catastrophe se prépare, les milliardaires le sauront avant nous et fileront en jet privé. C'est pour ça que cet artiste-programmeur de Los Angeles a construit l' Apocalypse Early Warning System , un site qui surveille en temps réel l'activité des jets privés pour repérer le moment où les riches se barrent.

Son truc écoute un réseau de récepteurs radio répartis sur toute la planète, qui captent les signaux ADS-B des avions, à savoir leur position, leur altitude, leur direction et leur identifiant. McDonald filtre alors tout ça pour ne garder que les jets privés et d'affaires, soit plus de 35 000 appareils sur la carte, puis compare le nombre en vol à un instant donné avec ce qu'on devrait attendre normalement en cas de panique.

Et ce "normalement", ce sont des années de données historiques, avec les habitudes de chacun selon l'heure, le jour et les vacances genre Thanksgiving ou Noël. Et quand l'activité grimpe au-dessus de tout ce qu'on a vu sur un an, hop, le niveau d'alerte passe à 5 sur 5, soit bien plus de décollages que d'habitude.

Par contre, ce n'est pas sur du pistage individuel à la ElonJet, avion par avion, mais sur le compteur global de toute cette flottille privée. Difficile donc de dire si tel ou tel milliardaire précis a décollé, mais ça offre une tendance générale.

L'idée lui est venue après une menace de Trump sur l'Iran, du genre "une civilisation entière" pourrait disparaître. McDonald s'est alors demandé qui serait prévenu en premier, même si en réalité, l'activité des jets de milliardaires ne prédit pas vraiment l'apocalypse, et un pic n'annonce pas forcément une catastrophe.

Et le mec est productif puisque durant les manifestations George Floyd à Los Angeles, il a aidé à pister les hélicos de la police via le trafic aérien, et a découvert que le LAPD masquait l'identité de certains appareils. Puis il a aussi sorti ICESpy et FuckLAPD, deux projets de reconnaissance faciale pour identifier des agents des forces de l'ordre. Ça lui a même valu des menaces de mort.

Tout ça, vous l'aurez deviné, repose sur de l'OSINT, c'est à dire l'art d'exploiter des données déjà publiques que personne ne prend la peine de vraiment croiser, dans la lignée de ShadowBroker que je vous ai présenté y'a pas longtemps.

Son tracker de jets, lui, est gratuit sur le web et avec des alertes Telegram, ou si vous voulez recevoir un SMS, c'est 5 dollars par an. N'allez pas croire que ça n'intéresse personne puisque près de 2 500 personnes ont déjà payé. C'est fou !

Bref, on est un peu entre la blague et le malaise et on peut voir tout ça en direct sur son site .

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FROST - Quand un site web peut vous tracker grâce à votre SSD

Par : Korben ✨
29 mai 2026 à 07:23

FROST, c'est le nom d'une nouvelle attaque qui transforme votre SSD en mouchard. Des chercheurs de l'université de Graz, avec Daniel Gruss au générique (un des cerveaux derrière Spectre et Meltdown), ont montré qu'un simple site web peut deviner quels autres sites et applis vous avez ouverts et cela juste en mesurant les micro-ralentissements de votre disque. Oui, je sais c'est geudin !

Le principe ?

Quand vous ouvrez la page piégée, elle crée discrètement un gros fichier sur votre disque via une API du navigateur baptisée OPFS ( Origin Private File System ), présente aujourd'hui dans tous les navigateurs modernes. C'est ce fichier qui sert de sonde.

Le JavaScript passe son temps à lire dedans et chronomètre chaque lecture au poil de cul et dès qu'une autre appli ou un autre onglet sollicite le SSD, ça crée un embouteillage minuscule sur le disque... que le code peut repérer sous forme de ralentissement.

Sauf que des variations de timing, ça reste du bruit illisible pour un humain. Du coup les chercheurs ont balancé toutes ces mesures dans un réseau de neurones (un CNN, le même genre de bidule qui reconnaît des choses sur des photos).

Entraîné sur des tonnes de traces, le modèle apprend alors la signature de chaque appli et de chaque site web et voilà comment à partir de ça, il devine ce que vous avez ouvert !

Sur un Mac, dans les tests présentés cette semaine, le truc retrouve le bon site parmi un top 50 dans près de 9 cas sur 10, et grimpe à plus de 95% pour reconnaître les applications ouvertes. Le tout sans la moindre action de votre part, à part avoir cliqué sur le lien. C'est totalement invisible.

Mais avant de débrancher votre PC, renvoyer votre box internet et vous lancer à temps complet dans la culture de chanvre, faut relativiser, car cette attaque a plusieurs limites... Le hic numéro un, c'est que le fichier-sonde doit être énorme, genre 1 Go ou plus, et un site qui se met à bouffer autant de place sur votre disque, ça se remarque vite. Le hic numéro deux, c'est que ce fichier doit être sur le même SSD que le navigateur sinon l'attaque est aveugle.

Les chercheurs ont fait tourner l'attaque complète sur un Mac M2, et démontré que la brique de base fonctionne aussi sous Linux (sans dérouler la classification complète), mais n'ont pas testé Windows. Et surtout, personne n'a encore vu FROST exploité dans la nature.

Perso, je trouve que cette attaque est trop bancale / incertaine pour faire du tracking de masse, en tout cas aujourd'hui...

Pensez donc à fermer les onglets dont vous ne vous servez plus comme ça, y'a moins d'activité à mesurer et pour les plus paranoïaques, vous pouvez toujours vous mettre à surveiller les fichiers OPFS créés par des sites web inconnus. Après comme tout repose sur du JavaScript, bloquer le JS sur les sites pas nets (avec un NoScript ou équivalent) ça coupe aussi l'attaque à la racine.

Les chercheurs proposent aussi aux éditeurs de navigateurs de plafonner la taille de ces fichiers OPFS. Ce serait dans la lignée de ce que fait par exemple Firefox avec le pistage, qui a récemment musclé son anti-fingerprinting .

Bref, pas de panique, personne ne fouille votre SSD en douce mais la technique reste intéressante. Les détails techniques complets sont dans le papier de recherche , qui sera présenté à la conférence DIMVA en juillet. Bonne lecture !

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À partir d’avant-hierKorben

iOS 26 gèle vos appels FaceTime quand il détecte de la nudité, même entre adultes

28 mai 2026 à 15:58

Attention, votre iPhone vous surveille pendant vos appels FaceTime. Depuis iOS 26, Apple a glissé une fonction baptisée "Sensitive Content Warning" qui scanne en temps réel le flux vidéo et fige automatiquement la communication dès qu'elle détecte de la nudité.

Audio coupé, vidéo coupée, avec un message qui s'affiche : "Audio et vidéo sont en pause car vous montrez peut-être quelque chose de sensible". Sympa.

À la base, la fonctionnalité fait partie d'une suite plus large appelée "Communication Safety", destinée aux comptes enfants. L'idée est légitime : éviter que des mineurs ne tombent sur du contenu inapproprié, ou en envoient.

Sauf que voilà, dans iOS 26, la fonction est aussi accessible sur les comptes adultes. Elle est désactivée par défaut, mais on peut l'activer manuellement. Et plusieurs utilisateurs constatent que les faux positifs ne sont pas rares.

Le principe technique est plutôt rassurant côté vie privée. La détection se fait entièrement sur l'appareil grâce à du machine learning embarqué (les modèles de reconnaissance d'image tournent en local sur votre iPhone, sans envoyer la moindre image à Apple). Du coup, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, Apple n'a aucune idée de ce qui déclenche la détection sur votre téléphone. Le scan ne sort pas de l'appareil.

Le problème, c'est que ce genre de filtre se trompe souvent. Une consultation médicale en visio ? Bloquée. Une conversation entre adultes consentants ? Bloquée aussi. Et chaque interruption nécessite une action manuelle pour reprendre l'appel. Pour les usages légitimes qui ressemblent visuellement à de la "nudité" sans en être, c'est franchement pénible.

Au-delà du bug ou choix de design, la question de fond, c'est le précédent. Apple installe l'idée que votre flux vidéo, même dans un appel chiffré de bout en bout, peut être analysé en permanence par les filtres maison. Aujourd'hui c'est de la nudité. 

Demain, ça pourrait être des armes, des drogues, des contenus politiques selon les pays, ou tout ce que les gouvernements demanderont. La porte est ouverte, et c'est ce qui inquiète une partie des défenseurs de la vie privée. Apple a beau jurer que tout reste en local, l'infrastructure d'analyse est désormais en place sur des centaines de millions d'iPhone.

Vous pouvez désactiver la fonction en allant dans Réglages, puis FaceTime, puis « Avertissement de contenu sensible ». C'est en théorie OFF par défaut, mais autant vérifier. Et si vous l'aviez activée par curiosité, sachez qu'elle peut ruiner un appel important au pire moment.

Source : PC Mag

Fauxx - Pour noyer les trackers sous du faux trafic

Par : Korben ✨
21 mai 2026 à 07:43

Fauxx part d'une idée toute simple et un peu vicieuse qui est que plutôt que de cacher ce que vous faites en ligne avec votre smartphone Android, pourquoi ne pas générer en permanence des tas de fausses recherches, des faux trajets GPS et des fausses identités ? Cela permet ainsi de noyer vos vraies données dans un tas d'autres...

En tout cas, c'est l'objectif du dev qui veut, je cite, rendre votre signal réel « statistiquement indiscernable du bruit ». Comme ça pendant que votre téléphone vit sa meilleure vie dans votre poche, l'app Fauxx tape des requêtes bidon sur Google, Bing, DuckDuckGo et Yahoo, visite des sites au hasard dans des dizaines de catégories, clique sur quelques pubs, balade un faux GPS et change d'empreinte de navigateur. Oui, je vous raconte pas la gueule de la batterie après... En tout cas, c'est gratuit, open source, et sous licence AGPL

Le moteur qu'utilise Fauxx s'appelle le Demographic Distancing Engine, et il empile 4 couches de faux : du bruit pur, un profil démographique que vous pouvez bricoler vous-même, du scraping de profils publicitaires que Google et Facebook se font déjà de vous, et une nouvelle persona synthétique générée chaque semaine.

Et le timing de tout ça suit une loi de Poisson pour imiter une navigation humaine plausible plutôt qu'un bot qui montre sa tête pile toutes les dix minutes. L'outil jongle quand même avec plus de 250 empreintes de navigateur et arrose des milliers de sites classés par catégorie.

Ces techniques d'offuscation, ça me rappelle un peu TrackMeNot , une extension qui balançait de fausses requêtes dans votre moteur de recherche et dont je vous avais parlé. Et 8 ans plus tard, AdNauseam évidemment qui poussait le délire en cliquant automatiquement sur toutes les pubs pour pourrir les profils publicitaires.

Hé bien Fauxx, c'est la version 2026 de cette petite guérilla, en mode appli mobile Android.

Après faut pas être débile non plus, noyer les trackers sous du faux ne les tue pas. Google l'a d'ailleurs dit noir sur blanc, ils détectent et filtrent la grande majorité de cette fausse activité. AdNauseam et ses quelques dizaines de milliers d'utilisateurs, face à un marché de la donnée qui pèse plus de 300 milliards de dollars, c'est une goutte d'eau en fait...

Et puis Fauxx coupe lui-même sa protection avant d'atteindre le plafond imposé par Android 15, qui limite les services en arrière-plan à six heures cumulées par tranche de 24h. Vous avez alors une notif qui vous demande de relancer l'appli à la main. C'est moche, mais c'est une contrainte du système, et pas un bug de l'appli !

Après comme je vous le disais plus haut, du faux trafic en continu, ça bouffe de la batterie et de la donnée mobile. Faut voir Fauxx un peu comme du sable jeté dans les rouages de la machine à pomper vos données... C'est une forme de geste politique... C'est pas incroyable mais c'est mieux que de rester les bras croisés.

Après, le mieux, c'est encore de le combiner avec les vraies mesures comme faire virer vos infos des data brokers et bien sûr, garder en tête que vos données sont déjà en vente quelque part.

Voilà, Fauxx ne vous rendra pas invisible mais entre subir le pistage en silence et foutre un peu le bordel dans la machine... le choix est vite vu. C'est gratuit, l'appli est sur F-Droid et le code est sur GitHub .

Vos câbles fibre optique peuvent servir à vous espionner, et ça marche très bien

12 mai 2026 à 15:08

Une fibre optique de télécom standard, celle qui passe peut-être à quelques mètres de votre bureau en ce moment, peut être transformée en microphone à distance.

C'est ce qu'ont démontré des chercheurs à la conférence NDSS 2026, le rendez-vous annuel de la sécurité réseau qui s'est tenu à San Diego. Leur démo est carrément flippante. Pas de matériel posé sur place, pas de signal radio détectable, et une qualité audio largement suffisante pour transcrire ce qu'on dit dans une pièce.

Le principe repose sur une technique appelée DAS (Distributed Acoustic Sensing, en français "détection acoustique distribuée"), qui consiste à envoyer un laser dans la fibre depuis une extrémité et à analyser comment la lumière revient.

Quand des ondes sonores frappent le câble, elles le font vibrer de manière minuscule, ce qui modifie le trajet de la lumière. En mesurant ces modifications, on peut reconstituer le son d'origine, comme si la fibre devenait un long micro de plusieurs dizaines de mètres.

Pour booster la sensibilité, les chercheurs ont fabriqué un petit accessoire qu'ils appellent "Sensory Receptor", en gros un cylindre en plastique PET de 65 mm de diamètre autour duquel ils enroulent 15 mètres de fibre. Le cylindre concentre les vibrations et amplifie le signal capté.

Les résultats ? À deux mètres de la fibre, le taux d'erreur sur les mots (le WER, qui mesure combien de mots sont mal transcrits par un système de reconnaissance vocale) descend sous les 20 %. Dans un test grandeur nature mené dans un bureau, avec une cinquantaine de mètres de fibre séparant les deux pièces et le boîtier installé sous un meuble, ils tombent à 9 %.

Quasiment un transcript parfait donc. En bonus ils ont utilisé OpenAI Whisper et NVIDIA Parakeet, deux modèles d'IA de reconnaissance vocale grand public, donc rien d'exotique côté logiciel.

Et le truc qui change tout, c'est l'indétectabilité. Une fibre passive ne consomme pas d'électricité, n'émet aucune onde radio, et passe inaperçue aux détecteurs de mouchards classiques utilisés par les services de contre-espionnage. 

Les balayages TSCM (les outils déployés pour chercher des micros cachés dans une pièce sensible) passent à côté. Limite tout de même : il faut être à environ 5 mètres maximum de la fibre, et celle-ci ne doit pas être enterrée trop profondément. Mais dans n'importe quel immeuble de bureaux moderne, où la fibre court partout dans les faux plafonds, ça peut fonctionner !

Source : Hackaday

Les données de 120 000 adhérents LFI dans la nature

11 mai 2026 à 15:14

Un hacker au pseudo "fuzzeddffmepg" a balancé sur un forum cybercriminel le 7 mai une base de données présentée comme provenant d'Action Populaire, le réseau militant numérique de la France Insoumise.

Au programme : environ 120 000 adresses email uniques, 20 000 numéros de téléphone, et un paquet de données personnelles couvrant pratiquement neuf ans d'activité, de 2017 à 2026.

Le contenu de la fuite est franchement gênant pour les adhérents. On y trouve les noms et prénoms des utilisateurs, leurs adresses email et numéros de téléphone, leurs adresses postales liées à des paiements, leurs participations à des groupes et événements, mais aussi des messages privés et échanges internes, plus des données de paiement et d'abonnement.

La période couverte va de 2017 à 2026, soit pratiquement toute l'histoire d'Action Populaire en tant que plateforme militante. Le hacker affirme avoir exploité une faille sur une infrastructure décrite comme obsolète, et il menace de publier d'autres extractions, dont des serveurs de messagerie.

Côté LFI, aucune confirmation officielle pour le moment. Silence radio. Ce qui n'est pas franchement la meilleure stratégie quand vos propres adhérents lisent partout sur le web que leurs données traînent en libre service.

La situation a un goût particulièrement improbable parce que LFI venait justement de déposer une proposition de résolution pour créer une commission d'enquête parlementaire sur "l'accumulation et la fuite de données personnelles en France". Sauf que voilà, demander une enquête sur les fuites pendant qu'on se fait fuiter, c'est un peu tendu.

Au passage, ce hack n'est pas isolé. Depuis quelques mois, les fuites se multiplient en France, du public au privé : CPAM, Parcoursup, ANTS, et maintenant un parti politique. Le hacker a clairement expliqué viser une infrastructure obsolète, et c'est un peu le même refrain qu'on entend partout sur l'état général de la sécurité des plateformes hébergées en France.

Concrètement, les risques pour les adhérents exposés sont réels. L'appartenance politique étant une donnée sensible au sens du RGPD, ces 120 000 personnes peuvent désormais s'attendre à des campagnes de phishing très ciblées, du harcèlement téléphonique en règle, et possiblement de l'usurpation d'identité.

Pour les militants, c'est franchement pénible. La CNIL devrait normalement être saisie par le parti dans les 72 heures suivant la prise de connaissance de l'incident~~, mais sans communication officielle, impossible de savoir si cette obligation a été respectée~~. Mise à jour : la LFI a bien prévenu ses membres et adhérents !

Screenshot

Bref, une infrastructure à l'abandon finit toujours par parler. Et ça tombe pile quand LFI réclamait plus de protection des données. Joli timing.

Source : French Breaches

Google Discover - L'algorithme qui choisit vos actus à votre place

Par : Korben ✨
8 mai 2026 à 12:42

Vous le savez, il y a un algorithme dans votre téléphone qui décide ce que vous allez lire aujourd'hui et il s'appelle Google Discover.

Google Discover, c'est le flux d'articles qui apparaît quand vous ouvrez l'appli Google sur Android ou iOS, ou que vous swippez à gauche depuis la home de votre smartphone Android et Chrome mobile aussi. Et pas besoin d'avoir cherché quoi que ce soit puisque Google analyse votre historique, connaît vos centres d'intérêt, et vous sert ainsi des articles « adaptés » en continu.

Sauf que l'algo confond souvent « ce que vous voulez lire » avec « ce qui génère le plus de clics ». Et là, ça part en couille sévère...

Du coup vous vous retrouvez avec des articles qui expliquent que le cash va être interdit dans deux mois, que les conducteurs avec une moustache vont devoir repasser le permis, ou que l'Union Européenne s'apprête à requalifier la pizza comme « sandwich plat » pour l'assujettir à une nouvelle taxe.

Et pendant ce temps, les vraies actus tech que vous aimez tant, elles, se noient quelque part entre deux horoscopes et une pub déguisée en article. Et c'est d'ailleurs ça le gros défaut de tous les flux algorithmiques : ils optimisent l'engagement mais pas l'exactitude. On est tous humain, alors forcément un titre alarmiste battra toujours un article de qualité sobre et bien sourcé. L'algo se contrefout royalement de respecter les 3 neurones qui vous restent... ^^

Mais Discover a quand même un truc pas con ! En fait depuis fin de l'année dernière, Google permet de suivre directement des éditeurs sur le réseau, un peu comme un flux RSS mais sans lecteur à installer ni boîte mail à gérer. Suffit de cliquer sur un bouton et hop, les articles de vos sources préférées remontent en priorité dans votre feed Google Discover !

Par exemple, si vous voulez voir les articles de Korben.info apparaître dans votre flux (de la vraie tech, sourcée, sans moustaches ni taxes pizza), c'est par là, il suffit d'aller sur mon profil Google Discover et de cliquer sur le bouton "Suivre sur Google".

Et comme ça, une fois abonné, mes publications remonteront directement dans votre Discover. Perso, je trouve ça pas mal du tout comme système.

Bref, si vous ne voulez pas que votre téléphone vous apprenne demain que les chats seront bientôt recensés comme « animaux de surveillance passive » par un nouveau décret gouvernemental, pensez à bien choisir vos sources !

Et pour trouver les liens de vos médias préférés, vous pouvez passer par cet outil de Julien .

Au Royaume-Uni, les enfants contournent la vérification d'âge avec des fausses moustaches dessinées

7 mai 2026 à 10:39

Le Royaume-Uni a mis en place via l'Online Safety Act un système de vérification d'âge obligatoire sur les plateformes accessibles aux mineurs, avec contrôles biométriques à la clé pour estimer l'âge à partir d'un selfie.

Sur le papier, c'était la grande solution pour empêcher les ados d'accéder à TikTok, Instagram ou aux sites pour adultes. En pratique, c'est l'inverse : les enfants britanniques se passent les méthodes pour passer outre, et les méthodes en question sont parfois franchement drôles.

En fait, selon une étude d'Internet Matters, près de la moitié des enfants britanniques (46 %) considèrent les systèmes de vérification d'âge comme faciles à contourner, et un tiers reconnaissent l'avoir déjà fait.

Les méthodes documentées vont de la classique fausse date de naissance au VPN, mais aussi à des techniques plus créatives : envoyer une vidéo du visage de quelqu'un d'autre, voire d'un personnage de jeu vidéo, et le meilleur : se dessiner une moustache au feutre pour tromper l'estimation d'âge faciale. J'adore.

Côté plateformes, c'est du coup difficile à gérer. L'Online Safety Act prévoit des amendes importantes contre les services qui laisseraient passer ces contournements, mais le régulateur Ofcom rame pour qualifier la responsabilité quand le gosse a triché lui-même avec une astuce que la plateforme n'a pas su détecter.

Internet Matters relève d'ailleurs que les adultes profitent aussi de ces failles, ce qui complique encore le tableau quand un majeur peut piquer la session d'un mineur, ou inversement.

L'autre limite, c'est la captation des données biométriques. Pour vérifier qu'un gosse est bien un gosse, il faut analyser son visage, ce qui veut dire stocker (ou au moins traiter) une image biométrique d'un mineur.

Plusieurs experts ont déjà soulevé le paradoxe : pour protéger les enfants, on les oblige à transmettre leur visage à une plateforme étrangère. Et si la plateforme se fait pirater (spoiler : ça arrive régulièrement), on a une fuite de données très sensibles dans la nature.

Vous l'avez compris, une régulation qui se fait contourner par un coup de feutre sous le nez, c'est probablement le signe qu'il faut revoir la copie.

Source : Independent

Chrome installe en douce un modèle IA de 4 Go sur votre disque sans rien demander

6 mai 2026 à 12:09

Alexander Hanff, consultant, a remonté un truc pas net sur Chrome. La dernière version du navigateur télécharge en arrière-plan un modèle de langage local appelé Gemini Nano, qui pèse environ 4 Go, sans jamais demander la moindre permission à l'utilisateur.

Le fichier s'appelle weights.bin, il atterrit dans un dossier OptGuideOnDeviceModel quelque part dans votre profil Chrome, et il sert ensuite à des fonctions du genre "Help me write" ou détection de fraude.

Hanff a documenté l'opération via les logs système de son macOS. Le 24 avril 2026 vers 16h38, Chrome crée le dossier. Quelques minutes plus tard, il télécharge et décompresse les 4 Go (l'opération prend une quinzaine de minutes), puis il les déplace à l'emplacement final. Tout ça pendant que vous ne touchez rien à votre machine. Si vous supprimez le fichier à la main, il sera réinstallé silencieusement au prochain lancement du navigateur.

Hanff estime entre 100 millions et 1 milliard de machines concernées dans le monde. Multipliez 4 Go par 1 milliard et vous obtenez de quoi remplir une bonne partie d'un datacenter.

L'auteur calcule également l'impact carbone du déploiement, entre 6 000 et 60 000 tonnes de CO2e rien que pour le réseau, sans compter l'empreinte SSD. Pour un fichier que personne ne vous a demandé d'installer.

Sur le plan légal, Hanff parle d'une "violation directe" de l'article 5(3) de la directive ePrivacy européenne, qui interdit de stocker quoi que ce soit sur l'appareil d'un utilisateur sans consentement explicite. Il évoque aussi un manquement RGPD. Si la qualification tient, ça serait une amende salée pour Google, sachant que les Cnil européennes ont déjà sanctionné Meta et Microsoft pour des choses bien moins foireuses.

Pour s'en débarrasser, trois options : aller dans chrome://flags pour désactiver les fonctions IA, passer par les politiques d'entreprise si vous gérez un parc de machines, ou virer Chrome, tout simplement.

Bref, Google qui pousse 4 Go d'IA en silence sur des centaines de millions de machines, c'est un sale moche.

Source : That Privacy Guy

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