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Tromper les caméras de surveillance avec une veste

7 juillet 2026 à 14:25

Nicole Scheller a passé toutes ses études de mode à bosser sur un sujet qui compte pour elle : la contre-surveillance. Tout ceci a fini par devenir un vrai métier : depuis septembre 2023, sa marque Urban Privacy, montée à Leipzig avec le designer Daniel PreuB, habille ceux qui n'ont pas envie d'être reconnus par la première caméra intelligente venue.

Leur veste phare ne paie pas de mine telle qu'elle, sauf que son imprimé cache un piège : des formes qui évoquent vaguement des visages humains, disséminées sur tout le tissu. Les algorithmes de détection, dressés à trouver deux yeux et une bouche dans n'importe quelle bouillie de pixels, mordent à l'hameçon, verrouillent sur ces faux visages et perdent le vôtre en route.

La coupe fait le reste. Ample, asymétrique, elle embrouille aussi les logiciels qui prétendent deviner votre genre au premier coup d'œil, une manie dont ces systèmes ont du mal à se défaire.

Alors bien sûr, personne ne devient invisible là-dedans, et la marque ne le promet même pas : le vêtement rend simplement l'identification plus complexe, pas impossible, et son côté voyant fait partie du plan, puisqu'il s'agit autant de protester que de se protéger.

La collection FACEPTION Reloaded, lancée au printemps, va du t-shirt à 35 euros au hoodie à 65 euros, avec un sweatshirt à 59 euros, le tout cousu dans des ateliers européens. Mais le produit qui se vend le mieux n'a rien à voir avec les motifs : c'est OFLAIN, une pochette de smartphone (facturée quand même 115 euros dans sa version 2 (l'ancienne coûtait 80 euros)), qui fait office de cage de Faraday. En gros, c'est une enveloppe métallique qui coupe tout, GPS, Wi-Fi, Bluetooth, jusqu'à la puce sans contact de votre carte bleue.

Il y a aussi un foulard à 65 euros, imprimé d'un QR code qui balance l'adresse  no-photos-pls.com  sur l'écran de quiconque vous photographie.

Les Italiens de Cap_able font la même chose depuis Turin avec des pulls tricotés dont les motifs, générés par IA, font prendre le porteur pour une girafe ou un zèbre, entre 60 et 90% du temps selon la marque. Sauf que voilà, les logiciels de détection se mettent à jour plus vite que votre garde-robe, et le motif qui marche aujourd'hui sera grillé l'an prochain. C'est une course sans fin.

Le sujet pose en fait beaucoup de questions outre-Rhin : Alexander Dobrindt, le ministre de l'Intérieur, veut désormais des caméras biométriques dans les gares, et l'ONG AlgorithmWatch alerte sur le pistage de masse. Bref, un simple vêtement, mais un vrai sujet.

Source : Euronews

Une veste qui fabrique de l'eau potable à partir de l'air, comme dans Dune

16 juin 2026 à 11:13

Des ingénieurs de l'université du Texas à Austin ont mis au point un vêtement qui tire de l'eau potable directement de l'air ambiant, sans réservoir à remplir ni source à proximité, simplement grâce au tissu dont il est fait. Le travail, mené par Guihua Yu et son équipe de la Cockrell School of Engineering, avec le chimiste Keith Johnston du département de génie chimique McKetta et l'auteur principal Weixin Guan, vient d'être publié dans la revue scientifique Science Advances.

Le secret tient dans la matière. Il s'agit d'un tissu en hydrogel, c'est-à-dire un gel ultra-absorbant ici fabriqué à partir de matières issues de la biomasse, donc d'origine végétale, qui capte les molécules d'eau présentes dans l'air sous forme de vapeur avant de les faire passer à l'état liquide sur la surface des fibres puis de les stocker en profondeur.

Toute la prouesse réside dans la vitesse à laquelle l'eau franchit ces étapes, l'équipe ayant conçu un chemin qui la fait circuler très rapidement de la vapeur vers le liquide puis vers le textile, ce qui lui vaut une efficacité de trois à dix fois supérieure aux matériaux de récupération atmosphérique habituels.

Une fois l'humidité captée, elle est dirigée vers de petits modules détachables que l'on retire pour les glisser dans un collecteur pliable, où la chaleur du soleil libère l'eau emprisonnée dans le gel, qui se condense alors et devient buvable.

Côté rendement, la veste produit entre 400 et 900 millilitres d'eau potable par jour, soit grosso modo une à deux petites bouteilles, selon le taux d'humidité de l'air. Une version posée au sol plutôt que portée grimpe, elle, jusqu'à 1,3 litre quotidien, et tient ce chiffre aussi bien dans un climat aride que dans une ambiance tropicale moite.

La comparaison avec Dune était écrite d'avance. Dans le roman de Frank Herbert porté à l'écran par Denis Villeneuve, les habitants de la planète désertique Arrakis enfilent des stillsuits, ces combinaisons qui recyclent la transpiration et l'urine de celui qui les porte pour ne gaspiller aucune goutte d'eau dans un monde où elle vaut plus cher que tout. Ici, c'est nettement plus ragoûtant, puisque la veste ne prélève rien sur le corps et se contente d'aspirer l'humidité de l'air.

Et le projet ne s'arrête pas à un simple blouson, l'équipe imaginant déjà glisser le même tissu dans des sacs à dos, des tentes ou des abris d'urgence, histoire de transformer du matériel qu'on transporte déjà partout en petite usine à eau qui ne réclame ni pile ni branchement électrique.

Bon, il reste des inconnues de taille, puisqu'on ignore le poids réel du vêtement, son prix éventuel et surtout sa tenue dans le temps une fois enchaînés les cycles d'absorption et de chauffe. Et 900 millilitres, c'est encore loin de couvrir les besoins d'un adulte qui marche toute la journée en plein cagnard.

N'empêche, pour un randonneur perdu ou une région privée d'eau, tirer un demi-litre du ciel sans la moindre nappe à proximité, ça peut tout changer.

Source : Techspot

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