GitHub a désactivé 73 dépôts appartenant à Microsoft en l'espace de 105 secondes, le temps de couper la propagation d'un ver baptisé Miasma.
Un ver, vous le savez, c'est ce genre de logiciel malveillant qui se recopie tout seul d'un projet à l'autre, sans la moindre intervention humaine. Celui-là s'attaque directement aux développeurs, et plus précisément à leurs outils.
Tout est parti du dépôt Azure/durabletask. Un compte de contributeur compromis y a poussé un commit piégé, qui déposait au passage quelques fichiers de configuration. Anodin, en apparence.
Sauf que ces fichiers déclenchaient une exécution de code à distance, autrement dit l'attaquant faisait tourner son propre code sur votre machine, dès l'instant où vous ouvriez le dépôt dans un éditeur. Et pas n'importe lesquels : les assistants de codage dopés à l'IA étaient explicitement visés, Claude Code, Gemini CLI et Cursor en tête. Objectif, siphonner les secrets d'accès au cloud et les configurations des outils de développement, surtout sous Linux.
La purge a frappé quatre organisations GitHub de Microsoft d'un coup : toute l'org Azure Functions, l'ensemble de la famille Durable Task, et une série d'applications-exemples destinées à l'IA.
Problème, parmi les dépôts désactivés se trouvait Azure/functions-action, une brique que des milliers de projets appellent dans leurs chaînes d'automatisation, celles qui compilent et déploient le code sans intervention manuelle. Du coup, dès que functions-action@v1 a cessé de répondre, des pipelines entiers se sont effondrés en cascade, bien au-delà des serveurs de Microsoft.
Ce n'est pas la première sortie de Miasma. Le 19 mai, le ver visait déjà le paquet durabletask sur PyPI, le dépôt public où les développeurs Python piochent leurs briques de code : trois versions vérolées y ont été publiées en 35 minutes. Le 3 juin, c'est plus de 50 paquets npm, l'équivalent côté JavaScript, qui passaient à la moulinette.
Le retour sur durabletask interroge. Pour Ashish Kurmi, directeur technique de la société de sécurité StepSecurity, les jetons d'accès du compte développeur déjà compromis lors de l'attaque sur PyPI n'avaient visiblement pas tous été révoqués. La même porte est restée grande ouverte.
Côté filiation, l'éditeur de sécurité Snyk décrit Miasma comme un descendant de Mini Shai Hulud, un ver revendiqué par le groupe cybercriminel TeamPCP, qui a ensuite gentiment publié son code en open source. Microsoft, de son côté, n'a pas répondu aux sollicitations de la presse.
Bref, un seul commit, et c'est tout un pan de l'infrastructure des développeurs qui tremble.
Un groupe de cybercriminels a mené une série d'attaques coordonnées contre la chaîne d'approvisionnement logicielle, compromettant des dizaines de paquets et de dépôts de développement. Au coeur de leur campagne ? Un malware nommé Miasma qui injecte sa charge utile dans les outils que les développeurs utilisent chaque jour.
À l'occasion de sa conférence Xbox Games Showcase 2026, diffusée l'année des 25 ans de sa marque gaming, Microsoft a dévoilé une nouvelle Xbox Series X. Il s'agit d'un modèle collector, avec une finition verte translucide, hommage à la toute première Xbox.
Microsoft a dévoilé une Xbox X25 Edition Limitée pour célébrer les 25 ans de la marque Xbox. Cette version collector mise sur un boîtier vert translucide.
Microsoft a dévoilé une nouvelle bande-annonce pour Fable, RPG qui a été repoussé à février 2027. On y découvre notamment la méchante du jeu, dont le visage sera familier pour les fans du Marvel Cinematic Universe.
Gears of War: E-Day, peut-être le jeu le plus important pour Xbox en 2026, a ouvert et clôturé la conférence estivale de Microsoft. On connaît même sa date de sortie, calée au 6 octobre 2026, sur les consoles Xbox et sur PC.
Impossible d’imaginer une conférence Xbox sans Halo. La franchise emblématique de Microsoft a signé son grand retour avec le remake Halo: Campaign Evolved. Une refonte totale du premier épisode de la saga, qui ne vient pas sans quelques nouveautés.
Après Sony et la conférence d'ouverture du Summer Game Fest, ce fut au tour de Microsoft de prendre la parole pour parler de l'avenir de la marque Xbox. Le tout, à un horaire clément.
Microsoft vient d'annoncer lors de son événement Build 2026 l'arrivée de sa Surface RTX Spark Dev Box, un petit boîtier qui se pose sur le bureau et qui fait tourner des modèles IA de 120 milliards de paramètres en local, sans rien envoyer dans le cloud.
Et bien sûr derrière le badge Surface, c'est NVIDIA qui se tape tout le boulot.
Dans cette boîte noire, vous avez donc la puce NVIDIA RTX Spark, qui rassemble un GPU Blackwell et un processeur Grace pour sortir environ 1 pétaflop de puissance IA et 128 Go de mémoire unifiée.
De quoi donc faire tourner un gros modèle avec une fenêtre de contexte d'un million de tokens, ou carrément affiner (fine-tuner) un modèle sans louer des GPU dans le cloud. Le tout dans un châssis en aluminium pensé pour servir de dissipateur, donc refroidi passivement. Et un malheur n'arrivant jamais seul (je plaisante ^^), Windows 11 Pro arrive préconfiguré dessus pour les devs, avec tous les outils qui vont bien déjà installés.
D'après le site de Microsoft, ce petit joujou sera donc dispo fin 2026, aux États-Unis d'abord.
Détails du châssis
Maintenant, le truc à bien capter, c'est que cette puce RTX Spark, c'est exactement la même famille que
la DGX Spark
, le mini-PC que NVIDIA vend depuis octobre dernier. Même architecture Grace Blackwell, même pétaflop, mêmes 128 Go unifiés.
Eh oui, Microsoft n'a pas conçu de puce maison pour cette box (ses puces Maia, c'est pour ses datacenters), mais a juste pris la plateforme d'NVIDIA et l'a habillée en Surface avec une image Windows maison. Ce qui n'est pas grave, hein, mais autant le savoir avant de croire à une révolution Microsoft.
Côté tarif, pas de chiffre officiel encore mais les estimations tournent autour de 3500 dollars. Pour vous donner une idée, la DGX Spark d'NVIDIA, sa cousine sous Linux, est passée de 3999 à 4699 dollars récemment, la faute à la flambée des prix de la mémoire. Donc, ce ne sera pas donné, mais vous vous en fichez parce que vous êtes probablement pété de thunes ^^.
Cela dit, même si c'est cher, l'idée de faire tourner un modèle costaud entièrement chez soi, ça reste sacrément séduisant. Vos données ne sortent jamais de la machine, y'a zéro facture d'API qui gonfle à chaque requête, et vous pouvez bidouiller un fine-tuning maison tranquillement. C'est une tendance qu'on voit monter depuis un petit moment maintenant avec par exemple des gens qui
glissent un GPU de datacenter dans leur PC gaming
juste pour s'affranchir du cloud ^^.
Après, vous n'avez pas besoin d'attendre cette box pour faire de l'IA locale. La DGX Spark existe déjà, un Mac avec assez de mémoire unifiée encaisse de gros modèles aussi, sans oublier qu'il y'a carrément moyen de
remplacer l'API d'OpenAI par votre propre Mac
. Sans parler des PC AMD Strix Halo...
Non, le vrai plus de Microsoft ici, c'est le combo refroidissement passif et image Windows dev clé en main, taillé pour le futur "Windows agentique" qu'ils nous préparent, et grâce auquel les agents IA tourneront en permanence sur nos machines pour taffer à notre place.
Bref, rien de dingue, c'est certain mais ça peut clairement dépanner ceux qui veulent un PC IA local sans avoir à bricoler. J'ai hâte de connaître le prix en tout cas !
Vous connaissez ce refrain qu'on entend partout dans la presse, comme quoi ChatGPT ou Claude "comprendrait vraiment" ce que vous racontez, qu'il aurait une "morale", une
"intention"
, voire bientôt
une conscience
?
Bah Adrian de Wynter, chercheur principal chez Microsoft, vient d'y répondre de la plus belle des manières en prouvant que si c'est le cas, alors Age of Empires II a lui aussi des attributs très humains.
Et c'est on ne peut plus sérieux (enfin... presque).
En effet, dans son
papier de recherche
il explique qu'il s'est monté un petit réseau de neurones à l'intérieur du bon vieux AoE2, et nous explique tranquillement que n'importe quel système posé sur un "substrat" assez puissant (comprenez : le "moteur" sur lequel ça tourne, peu importe lequel) peut afficher ce genre de propriétés. Ça marche donc avec le jeu de Microsoft, mais aussi les LEGO, ou carrément l'agglomération de Boston.
Son raisonnement c'est que quand un fanboy IA (ou un employé d'Anthropic, loool) affirme qu'un LLM "a" une morale ou
"comprend" le langage
sans dire précisément comment il le mesure, il ne décrit pas vraiment la machine mais projette tout simplement ses attentes sur elle. Car les expériences ont beau rester les mêmes d'un substrat à l'autre, leur interprétation, elle, change selon ce qui les produit. Du coup, déclarer que ces attributs humains existent dans l'absolu, sans critère mesurable, mène soit à un raisonnement circulaire, soit à une conclusion qui ne dit rien de très probant.
Mais attention, je vous vois venir les Anti-IA Bro ! Il ne dit pas que les LLM sont nuls... Non, non, il dit juste qu'on les mesure mal.
À la place, de Wynter propose donc de travailler à partir d'une "hypothèse nulle", qui est un grand classique de la démarche scientifique consistant à ne plus partir du principe que l'IA pense, mais au contraire, partir de l'inverse. De se dire en fait qu'elle n'a rien d'unique, et c'est ensuite à l'expérience de prouver le contraire avec des mesures explicites. C'est d'après lui précisément ce qui manque à la tonne de papiers qui crient à l'"émergence" dès qu'un modèle fait un truc inattendu.
Et le bonhomme sait de quoi il parle puisque c'est déjà lui qui avait fait
jouer GPT-4 à Doom
en 2024, en s'inquiétant au passage de la facilité avec laquelle on pouvait lui faire tirer sur tout ce qui bouge. C'est aussi lui qui a épluché plus de 2000 publications sur les LLM pour montrer le manque de rigueur du domaine. Et en bonus de tout cela, il a démontré également que
Age of Empires II
était
Turing-complet
, donc capable en théorie de faire tourner n'importe quel calcul. Des gens "codaient" déjà dans le jeu depuis des lustres, mais en avoir une preuve formelle aujourd'hui, c'est cool !
Mais bon après derrière la vanne, y'a surtout un vrai sujet qui est que de prêter des intentions humaines à une IA, ça pousse surtout les gens à trop faire confiance à un chatbot, à lui confier des trucs intimes, parfois à s'y attacher pour de bon. Alors mettre un réseau de neurones dernier cri et une bonne vieille partie d'AoE2 sur le même plan, c'est sûr que c'est vexant pour l'ego de l'IA et de ses ingénieurs, mais carrément plus sain pour le nôtre !
Bref, la prochaine fois qu'on vous vend une IA "qui comprend" ou que vous penserez que seul ChatGPT vous comprend vraiment, repensez aux petits paysans qui coupent du bois dans Age of Empires qui sont tout aussi conscients que votre IA préférée.
À sa conférence Build 2026, le 2 juin, l'éditeur a lancé Coreutils for Windows, un paquet qui amène directement dans Windows les commandes de base bien connues des utilisateurs de Linux.
On parle des classiques du terminal, ls pour lister des fichiers, cp pour copier, mv pour déplacer, grep pour chercher du texte, ou encore cat, find et rm. Au total, près de 75 petites commandes que tout bidouilleur tape machinalement sans même y penser.
Au passage, une petite précision historique s'impose (et merci à MG pour le rappel) : si on les appelle par habitude des « commandes Linux », ces classiques sont en réalité bien plus vieux que ça. ls, cp, cat et compagnie viennent d'Unix, le système né au tout début des années 70 dans les labos de Bell, soit une bonne vingtaine d'années avant que Linux ne débarque en 1991. On les retrouve d'ailleurs dans à peu près toutes les versions d'Unix, de Solaris aux BSD jusqu'à macOS, et Linux n'a fait qu'hériter de ce patrimoine. Donc « commandes Unix » serait techniquement plus juste, mais bon, on se comprend.
Le but affiché est simple. Les développeurs jonglent en permanence entre Windows, macOS et Linux, et s'agacent quand une commande qui marche d'un côté refuse obstinément de fonctionner de l'autre. L'idée, ici, c'est de pouvoir réutiliser les mêmes commandes et les mêmes scripts partout, sans rien réécrire.
Le plus intéressant, c'est ce qu'il y a sous le capot. Et là, surprise. Coreutils for Windows ne réinvente rien, puisqu'il s'appuie sur uutils, un projet communautaire qui réécrit les fameux coreutils de GNU en Rust, un langage réputé pour éviter toute une famille de bugs mémoire.
Autrement dit, Microsoft reprend un travail open source mené par la communauté, l'empaquette proprement et le maintient sous son nom. Le tout s'installe en une seule ligne via WinGet, le gestionnaire de paquets maison de Windows, avec un simple winget install Microsoft.Coreutils.
Côté technique, l'astuce est plutôt élégante. Plutôt que de livrer un exécutable par commande, Microsoft fournit un unique programme, coreutils.exe, et crée à l'installation une série de raccourcis (ls.exe, cp.exe, grep.exe et les autres) qui pointent tous vers lui. Selon le nom que vous tapez, ce programme sait quelle casquette enfiler. Malin.
Tout n'a pas fait le voyage, cela dit. Des commandes comme chmod, chown ou kill restent sur le carreau, faute d'équivalent propre sous Windows, qui ne gère pas les permissions de fichiers à la manière d'Unix.
Ce n'est d'ailleurs pas un geste isolé. Depuis des années, Microsoft a glissé un vrai noyau Linux dans Windows avec WSL, ouvert le code de pans entiers de ses outils et multiplié les passerelles avec l'écosystème open source. Coreutils for Windows s'inscrit dans cette continuité, et confirme que l'éditeur a définitivement enterré la hache de guerre.
Reste que pour quiconque vit dans un terminal et passe ses journées entre WSL, la couche Linux intégrée à Windows, et l'invite de commandes classique, c'est un vrai confort au quotidien. Et voir Microsoft s'appuyer ouvertement sur du logiciel libre écrit en Rust, on n'aurait pas forcément parié là-dessus il y a dix ans.
Bref, le Microsoft qui détestait Linux est bel et bien mort, et c'est tant mieux pour ceux qui codent les deux pieds dans le terminal.
À la conférence Build 2026, Satya Nadella a frappé fort en affirmant que ses futurs data centers IA ne consommeraient pas plus d'eau à l'année qu'un simple restaurant de quartier. Une promesse de circuit fermé qui cherche à rassurer face à la « soif » de l'IA générative.