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Hier — 15 juillet 2026Flux principal

La clim tue la planète ? Vous avez 30 ans de retard

Par : Korben ✨
15 juillet 2026 à 07:33

"Climatiser son appartement, c'est réchauffer celui du voisin." Vous l'avez forcément déjà entendue, cette bonne blague là... C'est comme ça que commence la dernière vidéo de Numerama, où durant 23 minutes, Julien Cadot démonte une par une les idées reçues sur la climatisation.

Et j'ai trouvé ça passionnant et d'utilité publique, donc je vous la partage. Le point de départ, c'est que la clim et la pompe à chaleur qu'on vous subventionne à coups de milliers d'euros, c'est rigoureusement le même objet. Même compresseur, même fluide, même physique. En France, on a quand même réussi le tour de force d'avoir une technologie qu'on subventionne l'hiver et qu'on diabolise l'été, comme il le dit dans la vidéo.

Je ne vais pas vous refaire la vidéo, elle se suffit largement à elle-même. L'îlot de chaleur urbain ? Les clims de TOUT Paris pèsent à peu près autant sur la température des rues que le trafic automobile dont personne ne parle jamais. Les fluides "1000 fois pires que le CO2" ? Un combat gagné il y a 30 ans, votre clim récente tourne au R32 voire au propane. On nous vend la peur d'un combat que la science a réglé depuis longtemps et je me demande bien pourquoi...

Et avec le kWh français ultra décarboné, si un pays sur Terre peut être climatisé proprement, c'est bien la France. Alors pourquoi s'en priver ??? La canicule de 2003 a tué 15 000 personnes. Celle de juin dernier compte déjà un bon millier de morts, à 85 % des plus de 65 ans, souvent chez eux dans des chambres à 35°C. Alors Julien pose la vraie question : faut-il continuer à sacrifier l'endroit où les gens vivent pour garder le trottoir un demi-degré plus frais ? Surtout que vu le climat qui attend nos villes dans 20 ans , les nuits fraîches ne reviendront pas.

Et moi, ce qui me sidère, c'est la réticence des gens. Je parle pas de ceux qui n'ont pas d'argent pour en faire poser une. Je parle de ceux qui ont la thune mais que ça embête de faire installer une clim, parce que "l'écologie" ou je ne sais quoi d'autre. Même des vieux qui souffrent dans leur maison, il faut vraiment insister pour les convaincre... Dur dur. Les anti-clim, pour moi, c'est comme les antivax. Ce sont des gens qui se reposent sur des trucs entendus il y a des années, qui se sont arrêtés là et qui se refilent des infos périmées entre eux. C'est dommage quand même de littéralement mourir de chaud juste par connerie.

Et l'administration n'aide pas, avec des PLU meurtriers qui nous interdisent les unités extérieures en façade. C'est dire le niveau de connerie institutionnelle dans ce pays.

Perso je déménage bientôt en location, et là il n'y a pas la clim, et en plus il y a une véranda... je pense que je vais devoir prendre une clim portable, alors que c'est le pire des 2 mondes, bruyant et énergivore, mais bon, c'est pas chez moi. J'essaierai quand même de convaincre la propriétaire d'en faire installer une vraie, quitte à en payer une petite partie. Je lui ferai regarder la vidéo, tiens.

Et si vous sautez le pas : comptez quelques milliers d'euros pour une clim fixe posée par un pro, prenez des modèles silencieux pour les chambres, et anticipez dès cet hiver parce que les installateurs sont débordés chaque été. L'article de Numerama détaille tout ça par écrit si vous voulez aller plus loin.

Voilà, vive la clim ! Et si un anti-clim vous ressort le coup des fluides qui trouent la couche d'ozone, offrez-lui un calendrier, parce que visiblement sa capacité à comprendre le monde s'est arrêtée en 1995.

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À partir d’avant-hierFlux principal

Fiber Memory - Stocker la mémoire d'une IA dans 1 000 km de fibre optique

Par : Korben ✨
10 juillet 2026 à 16:28

Accrochez-vous parce que celle-là, elle est bien barrée ! Des chercheurs de l'université d'Uppsala veulent stocker la mémoire d'une IA... dans de la lumière. Leur projet Fiber Memory fait tourner les données d'un LLM en boucle dans 1 000 km de fibre optique, et les puces se servent au passage !

Pour comprendre le délire, il faut voir comment ça marche aujourd'hui. Dans un gros data center IA, chacune des 10 000 puces de calcul (des accélérateurs, en gros des GPU) garde sa propre copie complète du modèle dans sa mémoire embarquée, la HBM . Un Llama 3 70B compressé pèse 70 Go, ce qui donne 700 To de mémoire hors de prix pour stocker 10 000 fois exactement la même chose.

Vous qui râlez déjà quand un modèle ne tient pas sur votre matériel , imaginez le même casse-tête multiplié par 10 000.

La solution d'Hannah Atmer et de son équipe, c'est le tapis roulant à sushis. Un serveur unique injecte 128 Go de données dans la boucle (les poids du modèle, plus un peu de marge), et tout ça défile en continu à 25,6 To/s. Chaque puce attrape alors les plats qui l'intéressent quand ils passent devant elle, et le tour complet prend 5 ms !

La topologie retenue : un seul serveur de poids alimente la boucle, les pods se servent au passage. Schéma tiré du papier d'Atmer, Voigt, Yao et Kaxiras.

Concrètement, chaque châssis prélève 1 % de la lumière qui circule et laisse filer le reste vers les copains d'après. Pas de requête, pas d'adresse mémoire, juste un péage optique qui pique sa part au passage.

Le prélèvement en détail : un splitter 99:1 détourne 1 % de la puissance optique vers le pod, le reste poursuit sa route et se fait ré-amplifier.

Et le plus dingue, c'est que cette idée de génie a 80 ans ! Les premiers ordinateurs des années 40 stockaient déjà leurs données sous forme d'ondes qui tournaient en rond dans des tubes de mercure, la fameuse mémoire à ligne de délai . On avait déjà croisé des mémoires franchement bizarres , mais celle-ci place la barre très haut.

Évidemment, y'a des conditions à respecter... Ça ne marche que pour des données qui ne changent jamais et que tout le monde se partage, comme les poids d'un modèle déjà entraîné (les calculs en cours restent dans une petite mémoire locale classique). Et si une puce rate son sushi, elle attend 5 ms que le tapis fasse un tour complet... une éternité pour un GPU.

Côté conso, leurs calculs annoncent 284,8 kW pour la livraison des poids, contre 1 024 kW avec la HBM classique. Presque 4 fois moins ! Bon, la comparaison avantage un peu leur bébé (le scénario fibre répartit les poids entre les 8 puces d'un châssis, quand la référence garde une copie entière par puce), mais l'ordre de grandeur reste violent.

Par contre, tout ça n'existe encore que sur le papier. Les briques sont là, entre les commutateurs Spectrum-X Photonics de NVIDIA qui causent déjà en lumière et la HBM3e de Micron qui dépasse 1,2 To/s par pile, mais personne n'a encore assemblé le puzzle. Et il faudrait quand même réussir à caser 280 amplificateurs sur la boucle, plus quelque 3 500 amplis et 1 750 régénérateurs autour des pods...

Reste à voir si le bilan énergétique survit à un vrai prototype !

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Votre prochaine barrette de RAM sera-t-elle un champignon ?

Par : Korben ✨
8 juillet 2026 à 12:18

Un champignon shiitake qui fait office de mémoire informatique genre RAM, c'est la trouvaille d'une équipe de l'Ohio State University. Et l'idée a l'air bien plus sérieuse qu'elle n'en a l'air...

John LaRocco et Qudsia Tahmina ont pris du mycélium de shiitake, l'ont cultivé sur des graines de farro, du germe de blé et du foin, puis l'ont déshydraté. Après une brève réhydratation, ils ont ensuite branché le tout à un oscilloscope et un microcontrôleur Arduino et là, le champignon s'est mis à fonctionner comme un memristor , c'est-à-dire un composant capable de se souvenir de son dernier état électrique.

Utilisé comme RAM, leur champignon magique a tenu jusqu'à 5 850 Hz avec une précision de 90 %, et ça grimpe à 95 % en basse fréquence. La performance chute donc quand on monte en fréquence, sauf que les chercheurs ont trouvé la parade. Il suffit en réalité de connecter plusieurs champignons ensemble sur le circuit, un peu comme des groupes de neurones qui bossent en équipe dans votre cerveau.

Alors vous allez me dire quel est l'intérêt de ce truc ?

Eh bien un memristor-champignon, c'est biodégradable, ça résiste aux radiations, ça encaisse la déshydratation, et ça coûte une misère à fabriquer et à alimenter. Et surtout, avoir des puces biologiques qui imitent l'activité neuronale réelle , ça veut dire qu'on n'a plus besoin d'une tonne d'énergie quand la machine tourne au ralenti ou ne sert pas. De quoi intéresser l'informatique embarquée, l'aérospatial, les wearables ou tout ce qui doit calculer des trucs sans grosse batterie. Détail rigolo, une partie des travaux est financée par le Honda Research Institute !

Maintenant, accrochez-vous, parce qu'un paquet de médias vous ont vendu ce champignon comme LA solution à la pénurie mondiale de RAM mais faut se calmer ! L'étude publiée dans PLOS ONE ne parle jamais de pénurie, et encore moins de Samsung, SK Hynix ou Micron et ce rapprochement n'a pas été fait par les chercheurs, mais par les journalistes.

Donc non, ce champignon n'est pas pour le moment une option afin de contrer la pénurie de RAM. Parce que soyons clairs, 5 850 Hz c'est mignon, mais votre DDR5 tourne dans les gigahertz ! On n'est pas du tout sur le même ordre de grandeur, ce qui fait que ce bon vieux shiitake ne remplacera pas votre barrette. Il vise plutôt tout ce qui est calcul neuromorphique basse conso, et pas du tout le marché du gaming, hein ^^.

La pénurie de RAM de cette année n'a rien de fongique. En fait, les trois géants qui pèsent près de 90 % de la production mondiale ont réorienté leurs usines vers la HBM, une mémoire ultra-rapide que s'arrachent les accélérateurs IA. Résultat, les prix de la DRAM ont bondi d'environ 90 % au premier trimestre, Micron a carrément lâché le marché grand public, et une class action déposée en Californie soupçonne les fabricants de s'être entendus sur les tarifs. On est donc loin des champignons du potager. Maintenant, si le sujet du silicium fait maison vous parle, jetez quand même un œil à ce type qui fabrique de la RAM dans sa cabane .

Mais bon, quoi qu'il en soit, faire de l'informatique avec du vivant, c'est possible depuis un petit moment. On a déjà vu des neurones artificiels en bactéries discuter avec nos cellules, et c'est probablement une piste pour la décroissance forcée qui va bientôt nous arriver dans la gueule.

Bref, ce champignon ne remplacera pas votre DDR5 de sitôt mais un composant biodégradable qui fait des calculs tout en résistant aux radiations, cultivé sur du foin et financé par Honda, perso je trouve que c'est cool ^^.

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On ne vivrait pas dans une simulation, et ça m'embête

Par : Korben ✨
8 juillet 2026 à 10:39

Vous pouvez ranger la pilule rouge tout de suite les amis car une équipe de physiciens menée par Mir Faizal vient d'affirmer, calculs à l'appui, que notre univers ne peut pas être une simulation informatique.

Et il n'annonce pas ça en mode "On n'a pas encore trouvé LA preuve", non... Apparemment, ce serait ferme et définitif. Et du coup ça me rend un petit peu tristoune et je vais vous expliquer pourquoi.

Leur papier est paru dans le Journal of Holography Applications in Physics, et s'appuie fortement sur une vieille "bombe" mathématique, les théorèmes d'incomplétude de Gödel , publiés en 1931.

En gros, Gödel a démontré que dans tout système de règles un peu costaud, il existe des vérités bien réelles mais qu'on ne pourra jamais démontrer depuis l'intérieur du système.

Faizal et son équipe ont donc repris cette idée en l'appliquant à la réalité et selon eux, le niveau le plus profond de l'univers réclame une "compréhension non-algorithmique". Cela veut dire que c'est un truc qui échappe à toute suite d'étapes programmables.

Et là, le raisonnement se referme tout seul puisque toute simulation est par nature algorithmique . Elle doit donc suivre des règles programmées. Et comme le socle de la réalité, lui n'est pas algorithmique, eh bien aucune simulation ni aucun ordinateur ne pourra jamais le recopier en entier. Bref, d'après eux, on peut tous oublier nos délires de "On est dans la matrice, Néo"...

Cette idée qu'on vive dans une simulation à l'origine, c'est Nick Bostrom qui l'a formulée en 2003, donc bien avant qu'Elon Musk en fasse son petit dada pour impressionner les filles en soirée. J'en avais déjà causé quand des chercheurs suggéraient que la gravité ressemblait à un bug dans la matrice , ou quand une IA se mettait à simuler l'univers sur un simple laptop . Bref, le sujet revient tout le temps ces dernières années !

Maintenant je vous l'accorde, ça reste un papier de maths et de logique et c'est pas une vraie expérience qu'on a réalisé dans le monde réel pour voir si ça se confirme. Donc ça se chamaille déjà sur arXiv pour dire que si ça peut pas se prouver, ça peut encore se discuter.

Donc le débat est loin d'être plié

Mais bon, si ces physiciens ont raison, ça m'embête parce que même si j'y croyais pas vraiment à cette histoire de simulation, c'était quand même bien pratique pour expliquer tout ce qui nous arrivait en ce moment à savoir toute cette connerie ambiante, cette ambiance Idiocratie ou Don't Look Up...etc.

Voilà, je me disais que la partie de Sim était en train de partir en couille. Mais il faut que je me rende à l'évidence, c'est juste comme ça... C'est l'univers, c'est la nature, on avance vers l'inconnu toujours plus loin dans la connerie, et ça ça me fait flipper. Beaucoup plus que des agents Smith et une réalité qui ne serait pas la "vraie" réalité. Désolé ^^

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TrojPix - Et votre câble vidéo devient une radio qui balance vos secrets

Par : Korben ✨
7 juillet 2026 à 14:50

En matière de sécurité, quand on parle de air gap, en général, on ne peut pas faire mieux. Si vous ne connaissez pas le concept, l'idée c'est d'empêcher un ordinateur d'avoir accès à tout type de réseau, que ce soit du wi-fi, de l'Ethernet, etc. etc. C'est un peu le Graal en matière de sécurité.

Et pourtant, des chercheurs de l'université de Shandong viennent de trouver un moyen de transmettre quand même des datas, même si la machine n'a pas accès au réseau. Leur technique s'appelle TrojPix et elle consiste à transformer un câble vidéo en antenne radio. Je vous explique la technique !

Comme vous le savez, mes petits ingénieurs, sur un écran, chaque pixel est codé en rouge, vert et bleu. TrojPix vient donc tripoter les bits (Ah Ah) les plus faibles de ces couleurs, des variations tellement infimes que votre œil n'y voit que du feu. Sauf que ces micro-changements modulent le signal qui circule dans le câble HDMI ou DisplayPort, et surprise-surprise, un câble en cuivre qui transporte un signal ça rayonne des ondes électromagnétiques. C'est d'ailleurs pour ça que les anti-ondes s'évanouissent tous dès qu'ils appuient sur un interrupteur, lol.

Bref, en façonnant les pixels, le malware pilote ces ondes, et une simple antenne radio posée à proximité les capte et reconstitue les données.

Et le débit quand je l'ai lu, m'a fait tousser. Jusqu'à 8,1 mégabits par seconde, de quoi faire sortir 100 Mo de plans ou de clés en moins de deux minutes et la portée, elle, grimpe jusqu'à 208 mètres. Mais attention, ces deux records ont été mesurés séparément et pas ensemble, donc plus l'espion s'éloigne, plus ça ralentit. Reste que les précédents canaux du genre pataugeaient à quelques kilobits par seconde, alors là on change carrément d'échelle.

Notez que le malware peut même simuler un écran éteint pendant qu'il émet, ni vu ni connu, j'embrouille.

Mais avant de scotcher de l'alu sur votre tour ou d'aller installer votre bureau dans le micro onde, respirez un grand coup ! En réalité, TrojPix ne pête pas la sécurité air gap à lui tout seul... Faut déjà installer le malware et ça c'est pas si simple sur un système isolé (surtout si les ports USB ont été rebouchés au ciment).

Ensuite, l'espion et son antenne doivent camper dans les deux cents mètres environ puisque les murs et le bruit ambiant rognent la portée, et surtout ça ne marche que sur du câble en cuivre. Et étonnamment, une cage de Faraday n'y fait pas grand-chose, les chercheurs gardaient plus de 90 % de réussite même avec un blindage. La seule vraie parade en réalité, c'est de remplacer le câble en cuivre par de la bonne vieille fibre optique, qui elle ne rayonne aucune onde.

C'est donc de la très belle recherche, mais une menace qui vise surtout une clientèle précise, les systèmes ultra-sensibles des gouvernements, des militaires ou des infrastructures critiques, ceux qui misent justement tout sur l'isolement. Oui, désolé de vous le redire, mais personne ne s'intéresse à vous ^^. Mais en tout cas, on sait que débrancher le réseau ne suffit plus pour être invisible et en sécurité. On avait d'ailleurs déjà vu exfiltrer des données par ondes radio ou même faire du Wi-Fi sans carte Wi-Fi avec AIR-FI , mais pour le coup, TrojPix pousse le curseur du débit beaucoup plus loin.

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Mars Attack à l'envers ?

Par : Korben ✨
3 juillet 2026 à 22:01

Depuis plus d'un siècle, des scientifiques sérieux (en général, ce sont ceux avec du poil sur le nez) se demandent si la vie sur Terre ne serait pas tombée du ciel, portée par un astéroïde.

Ce serait fou, non ? C'est cette fameuse théorie de la panspermie (Arrêtez de rigoler les fans de Rick et Morty, on vous voit), signée Arrhenius en 1903, puis Crick lui-même (oui, le prix Nobel de l'ADN) en 1973 avec son "directed panspermia" (la panspermie dirigée - Gloire à Rick Sanchez !).

Et si une civilisation extraterrestre vous avait semés ? Genre exprès ?

Sauf qu'on fait exactement la même chose, en ce moment même... Popular Mechanics vient en effet de publier une réflexion d'astrobiologistes (David Grinspoon, Dionysis Foustoukos, Andrew Steele) sur les risques d'aller implanter des tardigrades ou des microbes sur des planètes qui n'ont peut-être jamais accueilli de vie. Pour eux, si on faisait ça sur une planète non-stérile, ce serait comme une invasion planétaire. Ah ouais carrément Mars Attack inversé quoi.

Surtout que les tardigrades, ces petits oursons d'eau indestructibles ont déjà fait un petit tour dans l'espace. En 2007, l'ESA en a balancés 10 jours dans le vide spatial, dans le cadre de la mission TARDIS, et ils sont revenus en pleine forme ces fifous ! Ce sont les premiers animaux à survivre au grand vide ! Et en avril 2019, l'atterrisseur israélien Beresheet s'est écrabouillé comme une merde sur la Lune avec des milliers de tardigrades déshydratés à bord. Ils dorment probablement encore là-bas, en cryptobiose, à attendre une goutte d'eau qui ne viendra probablement jamais.

Mais qu'est-ce qui se passerait si on ensemençait volontairement ou non une planète avec ces bestioles ou d'autres ? Imaginez la scène dans quelques millions d'années... Une espèce intelligente émerge de sous la glace de Mars ou sur Europe, la lune de Jupiter. Et leurs savants les plus émérites se posent alors cette question : "D'où vient-on ? La vie est-elle tombée du ciel grâce à un astéroïde ?"

Alors que NON, ce serait grâce à nous, pauvres singes tombés de l'arbre qui aurions décidé, soit de le faire exprès ou tout simplement à cause de Thomas Pesquet qui aurait laissé tomber son Kleenex sale sur Mars. Oui, car contrairement à ce qu'il veut nous faire croire, Thomas n'est pas si parfait (quoi ? jaloux ??).

Vous rigolez avec cette histoire de kleenex mais c'est pas si con. En novembre 2023, des astronautes ont bel et bien perdu un sac à outils à 100 000 dollars en sortie spatiale, et le truc a orbité quelques mois, bien visible aux jumelles depuis chez vous, avant de se consumer dans l'atmosphère ! Et sur Mars, on a déjà laissé pas loin de 7 tonnes de déchets en 50 ans d'exploration. Oui, on est de gros cochons, on dégueulasse tout.

Puis surtout, le corps humain c'est un vrai safari microbien impossible à stériliser. Le COSPAR, le comité qui veille à la protection planétaire depuis 1964, impose de nettoyer les sondes à fond avant Mars, mais si on envoie des gens, c'est pas trop possible de les faire bouillir avant pour enlever tous leurs microbes et autres acariens de peau (Quoi ??? Vous ne connaissez pas encore le Demodex ?? Et nouvelle phobie activée, de rien les copains !).

Voilà, donc si jamais on trouve de la vie martienne un jour, faudra peut-être d'abord vérifier qu'elle n'est pas juste descendue de nos propres sondes. Des bactéries bien de chez nous, qui seraient parties en auto-stop. Ce serait dommage quand même...

Bref, la prochaine fois qu'on s'émerveillera d'avoir trouvé de la vie ailleurs, faudra d'abord fouiller nos poches pour vérifier qu'on n'a pas laissé tomber un truc, hein Thomas ?

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Un cafard cyborg en combinaison de plongée

Par : Korben ✨
3 juillet 2026 à 13:01

Un cafard qui plonge et reste sous l'eau trois heures d'affilée, ça n'existait pas jusqu'à la semaine dernière.

L'équipe d'Hirotaka Sato, à la NTU de Singapour, avec leurs collègues de l'université Waseda au Japon, viennent de parvenir avec leurs petits doigts, à sangler une combinaison de plongée miniature sur le dos d'un cafard siffleur de Madagascar.

À quoi ça sert me direz vous ? Et bien à pouvoir télécommander la bestiole à distance, sous l'eau, sans qu'elle se noie. Oui, tout le monde a le droit d'avoir des passions cheloues, ne jugez pas, ok ?

La combinaison de cafard-grenouille tient donc en trois morceaux. Un réservoir à oxygène imprimé en 3D dans une résine transparente de type PMMA, une coque souple étanche qui enveloppe l'insecte, et quatre petits tubes en silicone qui amènent l'air jusqu'à lui.

Mais le plus astucieux, c'est la chimie à l'intérieur du réservoir. Vous prenez une éponge imbibée de dioxyde de manganèse, vous injectez un peu de peroxyde d'hydrogène dilué (de l'eau oxygénée, quoi), et le manganèse joue les catalyseurs. En cassant le peroxyde, cela génère de l'eau et de l'oxygène. Mac Gyver serait jaloux de voir que ces gars ont inventé une bonbonne de plongée qui fabrique son air toute seule, sans compresseur.

"Notre combinaison fonctionne comme le réservoir d'oxygène d'un plongeur humain", résume Sato, qui bricole des insectes cyborg depuis plus de dix ans. Sauf qu'ici le plongeur mesure six centimètres et a six pattes ! Les quatre tubes se branchent directement sur les spiracles thoraciques du cafard, les orifices par lesquels il respire, et ils se retirent après coup sans le blesser ni lui faire mal. Si si, je vous jure, des cafards qui sont rentrés ensuite auprès de leur famille ont témoigné qu'ils n'avaient rien senti ^^.

Et là vous vous demandez sûrement à quoi ça sert toutes ces conneries. Bah oui, qu'est ce qu'on peut foutre d'un cafard sous-marin télécommandé ??

Hé bien la réponse c'est le sauvetage.

Imaginez... (musique ambiance film catastrophe activée dans ma tête) Un immeuble effondré après un séisme. Vous avez besoin de vous faire une idée de l'ampleur des dégâts et des risques que vous allez prendre en allant secourir les victimes.

Il y a des flaques, des tunnels remplis d'eau, des poches d'air irrespirable saturées de CO2. Essayez un peu de faire passer un robot classique là-dedans, bon courage. Alors qu'un cafard bien motivé avec son barda sur le dos, par contre, ça se faufile à l'aise ! Et c'est pas de la théorie de labo puisque l'équipe de Sato a déjà déployé ses insectes cyborg pendant l'opération Lionheart, après le tremblement de terre de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie le 28 mars 2025. Cette combinaison de plongée, c'était juste la brique qui lui manquait pour barboter en chemin.

Bon, des cafards trafiqués, on en a déjà croisé un paquet par ici. Il y avait eu les cafards cyborg lâchés dans les canalisations , sans oublier cette escouade de cafards espions montée en Allemagne , sauf que ceux-là, maintenant, ils nagent aussi bien que Léon Marchand les bordels. Et pour la suite, l'équipe a prévu de rendre la combinaison plus solide et d'y greffer des capteurs et un système de navigation, pour les vraies missions cette fois.

Bref, pensez-y la prochaine fois que vous écrabouillez un cafard dans votre cuisine ('tain c'est sale chez vous en fait), n'oubliez pas que l'un de ses cousins bosse peut-être pour la sécurité civile à sauver des vies avec ses petites papattes.

Source : NTU Singapore & TomsHardware

SpudCell - La première cellule artificielle complète

Par : Korben ✨
2 juillet 2026 à 07:13

Les humains font vraiment des trucs de dingues. Surtout les scientifiques !!

On a 2 biochimistes de l'Université du Minnesota (Kate Adamala et Aaron Engelhart) qui viennent de créer SpudCell, la première cellule artificielle capable de boucler un cycle de vie complet comme une vraie.

Je vais simplifier mais en gros, ils ont mélangé 150 ingrédients comme des lipides, des ribosomes, des enzymes et quelques brins d'ADN, et ont fini par obtenir une cellule artificielle, qui peut grandir, recopier son génome et se diviser en deux par elle-même.

Il faut savoir qu'une cellule normale utilise ce qu'on appelle un cytosquelette pour réussir à se diviser comme un ballon qu'on écraserait. Mais SpudCell n'a pas de cytosquelette. Du coup, à la place, ce sont des protéines de fusion qui s'accumulent encore et encore à la surface de sa membrane et qui se serrent tellement les coudes que la cellule finit par se couper en 2.

Et le truc encore plus incroyable, c'est que sur 5 générations environ, une variante bidouillée pour produire un peu plus de ces protéines a carrément pris le dessus sur la souche d'origine en mode "C'est la sélection naturelle qui gagne, baby".

Sauf que non, t'as rien de naturel, et t'es même pas vivante. Je vous rassure nos chercheurs n'ont pas recréé la vie et ils le disent eux-mêmes, SpudCell est très rudimentaire, bien loin de ce qu'on peut retrouver dans la nature. Je vois plutôt ça comme un nano robot en fait. Et comme la cellule n'est pas capable de fabriquer ses propres ribosomes (ce sont les chercheurs qui lui apportent en plus de sa nourriture), elle est loin d'être autonome et ne pourrait pas survivre hors de son bocal.

Mais n'empêche, ça prouve qu'on peut faire tourner les fonctions les plus fondamentales du vivant sans avoir besoin d'ingrédient magique. On est dans le même délire, je trouve que ces IA qui dessinent déjà de l'ADN qui n'existe nulle part dans la nature , sauf qu'ici c'est un vrai objet physique qui se réplique.

Suite à cela, Adamala en a profité pour lancer Biotic , une structure censée standardiser tout ce bazar, parce qu'aujourd'hui chaque labo réinvente la roue dans son coin. Mais je tiens quand même à vous rassurer, on est très loin des bactéries miroir qui donnent des sueurs froides aux biologistes. Comme je vous le disais, SpudCell ne survivrait même pas à un courant d'air, donc pas d'inquiétude.

Dernier petit détail qui compte sauf pour les fans de Didier, l'étude est pour l'instant un preprint qui n'a pas encore été relu par les pairs donc en attendant, on regarde ça avec des yeux qui brillent, mais on garde le champagne au frais ^^.

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La fin de l'encoche ? Des chercheurs suisses ont créé un pixel qui voit et qui s'affiche

29 juin 2026 à 18:48

Depuis dix ans, toute l'industrie du smartphone se galère avec le même problème, à savoir caser la caméra frontale sans bouffer de la place sur l'écran, ce qui nous a valu la tristement célèbre encoche, puis le poinçon, puis ces capteurs cachés sous la dalle qui rendent les selfies un peu flous. Une équipe de l'ETH Zurich, la grande école polytechnique suisse, vient de proposer une sortie de route radicale en concevant un pixel unique qui sait à la fois émettre et capter la lumière.

L'écran lui-même deviendrait alors sa propre caméra, sans objectif rapporté, sans trou dans l'image.

Les travaux ont été publiés dans la revue Nature sous le titre "Fourier pixels for bidirectional light control", et ils sortent du laboratoire d'ingénierie des matériaux optiques dirigé par le professeur David Norris.

Le principe met un peu à mal une vieille évidence de l'électronique : jusqu'ici un pixel affichait et un capteur enregistrait, chacun sur son composant, sans jamais se mélanger.

L'astuce ici c'est le "pixel de Fourier", du nom de l'analyse mathématique qui décompose un signal en une somme d'ondes simples. Sur une mince couche de métal, la lumière entrante se mue en onde de surface, un plasmon, c'est-à-dire une vibration d'électrons qui court le long de la puce, avant d'être réémise sous forme lumineuse.

En jouant sur les interférences de ces ondes, un seul pixel parvient du coup à contrôler et à mesurer l'intensité, mais aussi la phase et la polarisation de la lumière, trois propriétés que nos écrans actuels ignorent.

Pour démontrer le truc, l'équipe de Yannik Glauser et Sander Vonk a gravé ses motifs à quelques nanomètres près et reconstitué un "E" d'environ un millimètre de haut, lu directement par le dispositif. Les chercheurs ont même façonné des faisceaux en forme de beignet, percés en leur centre, histoire de prouver leur maîtrise sur la forme de l'onde.

L'idée de fusionner émission et détection n'est pas tout à fait neuve en fait, des équipes américaines avaient déjà mis au point des nanobâtonnets capables d'afficher et de détecter, sauf qu'elles s'en tenaient à l'intensité. Là, c'est un pixel qui pilote le front d'onde entier, ce qui rend possibles des images bien plus fines qu'un simple capteur de luminosité.

Norris évoque déjà des écrans-caméras filmant et affichant en même temps, des hologrammes, de la communication par la lumière et jusqu'au calcul quantique. Vaste programme donc.

Sauf que bon attention quand même, on parle d'un unique pixel posé sur une paillasse, là où une dalle de smartphone en aligne plusieurs millions, et le chercheur reconnaît que l'étape suivante, les assembler en matrice, est loin d'être gagnée. Mais bon, au moins on avance !

Source : Nature , The Register

Beam Universe Splitter - Le hasard quantique fait maison

Par : Korben ✨
28 juin 2026 à 07:36

David Noel Ng, un chercheur installé à Munich, en avait marre du pile ou face et des tirages de dés truqués par les ordinateurs, alors il a construit une machine qui pose directement la question à l'univers. Son engin, le Beam Universe Splitter, fabrique alors du hasard pur en laissant une particule de lumière choisir à votre place. Et la réponse n'est pas 42 ! ^^

Le principe c'est qu'un photon, un simple grain de lumière, fonce vers un miroir semi-réfléchissant. Au moment où il y parvient, il a alors 2 possibilités : Soit il le traverse, soit il rebondit. Et dans l'état actuel de la science, absolument rien au monde ne permet d'anticiper ce qu'il fera. Un détecteur attend bien sûr de chaque côté... Si c'est le premier qui capte le photon, ça donnera un 0 et si c'est le second, ça donnera un 1. C'est la nature qui tranche, sans algorithme.

Pour rendre tout ça palpable, David a surtout branché sa machine sur une sorte de boule magique en ligne (les fameuses 8-ball). Vous tapez votre question existentielle du moment, l'appareil fait défiler ses bits quantiques en direct depuis sa cave bavaroise, et il vous sort LA réponse (non, c'est toujours pas 42).

Et comme l'expliquent certains experts de la physique quantique, chaque possibilité qui s'offre à vous, arrive forcément quelque part dans un univers parallèle, vous ne faites finalement que tomber sur le votre. Oui, je sais c'est barré.

L'Univers m'a dit que Patreon , c'était mal barré...

Pour repérer ses photons, il a fait de la récup et a chopé deux photomultiplicateurs Hamamatsu sur du vieux matériel de labo d'analyse de protéines parti à la benne. Ensuite, c'est piloté via une carte FPGA Red Pitaya qui a pour rôle de trier les signaux des millions de fois à la seconde. En ignorant au passage les affreux rayons cosmiques qui viendraient parasiter la mesure.

J'adore ces histoires de physique quantique. Puis ça bouge dans tous les sens en ce moment, entre l'informatique quantique qui passe en open source et les physiciens du CERN qui fabriquent un qubit avec de l'antimatière . Mais là, avec sa 8-ball directement branchée à l'univers, il n'a pas eu besoin d'un labo à plusieurs millions mais juste d'une LED, d'un miroir et de pas mal de débrouille.

Après pourquoi se donner tout ce mal alors que votre PC sait déjà cracher du hasard ?

Hé bien parce que le hasard de base de nos ordinateurs, celui du ALEA() d'Excel ou du random() de Python, c'est un peu de l'arnaque. C'est basé sur un algo (le fameux Mersenne Twister) qui imite très bien le chaos, mais qui reste prévisible si on connaît son point de départ. Alors je nuance quand même (merci Pierre-Louis pour la précision), parce que nos machines savent aussi produire du hasard bien plus sérieux : les générateurs cryptographiques comme le BCryptGenRandom de Windows ou le /dev/urandom de Linux sont imprévisibles, et ce sont eux qui protègent vos mots de passe et vos clés de chiffrement. La vraie différence avec la machine de David, c'est que même ces générateurs costauds restent au fond des algorithmes, alors que lui, c'est la physique elle-même qui tranche.

Tout le défi, comme le raconte David sur son blog , ça a été de prouver que ces bits sont du vrai hasard quantique et pas juste les ratés de son détecteur qui jouent les imposteurs. Mais bonne nouvelle, sa machine a passé tous les tests statistiques de référence du NIST sur 1 milliard de bits. Donc je pense qu'il est bon, y'a pas de schéma prédictible caché dans sa machine.

Après si vous voulez vous en faire une pour prendre toutes les décisions importantes de votre vie, sachez quand même que c'est lent de fou. On est à 2300 bits par seconde et comme ça tourne dans le labo de David, ça peut parfois se retrouver hors ligne.

Mais peu importe, c'est génial comme idée je trouve ! Bravo à lui !

Source

Une IA a lu un rouleau carbonisé par le Vésuve il y a près de 2 000 ans

26 juin 2026 à 10:38

Pour la première fois, on connaît le titre exact d'un livre antique sans avoir ouvert le livre. Les chercheurs de la Vesuvius Challenge ont lu, écrit en plein milieu d'un papyrus carbonisé, la mention "Sur les vices, livre 1", un traité de philosophie grecque signé Philodème, un penseur épicurien actif au Ier siècle avant notre ère, dont le rouleau était resté soudé sur lui-même depuis l'éruption du Vésuve en l'an 79.

Ce rouleau, baptisé PHerc. 1667, vient d'être déchiffré d'un bout à l'autre. C'est le premier lu en entier.

Pour comprendre l'exploit, il faut imaginer l'état de ces documents : retrouvés en 1752 dans une luxueuse villa d'Herculanum, probablement celle du beau-père de Jules César, les quelque 1 800 rouleaux ont été changés en bâtons de charbon par la chaleur de l'éruption, au point que les dérouler à la main revient encore aujourd'hui à les réduire en miettes.

D'où l'idée, mise au point en vingt ans par Brent Seales, informaticien à l'université du Kentucky, de ne jamais y toucher. On glisse le rouleau dans un accélérateur de particules qui en réalise un scanner à rayons X d'une finesse extrême, on reconstitue en 3D chacune des couches enroulées à l'intérieur, puis on les déplie virtuellement à l'écran comme on aplatirait une viennoiserie feuilletée sans la déchirer.

Restait le pire. L'encre de l'époque est faite de carbone, exactement comme le papyrus brûlé qui la porte, donc elle est quasiment invisible sur les scans, et c'est là qu'intervient une IA entraînée à repérer les infimes différences de texture laissées par les lettres pour redessiner peu à peu un texte que l'œil humain ne voit pas.

Le résultat est franchement fort, avec 70 nouvelles colonnes de texte exhumées et, sur un autre rouleau, la mention "Philodème, Sur les dieux, livre 8" qui révèle aux historiens que cet ouvrage comptait plusieurs tomes, ce que personne ne soupçonnait jusqu'ici.

Et pour les spécialistes de l'Antiquité, ça compte vraiment, parce que la bibliothèque carbonisée d'Herculanum est la seule de tout le monde gréco-romain à nous être parvenue à peu près complète, et non en fragments recopiés au Moyen Âge par des moines.

Honnêtement, lire 2 000 caractères tracés par un Romain juste avant que tout brûle, ça vaut largement tous les chatbots qui écrivent des e-mails à votre place.

Source : The Register , Scrollprize

Le X-59 de la NASA vole plus vite que le son, mais sans le bang qui va avec

17 juin 2026 à 19:10

Le 12 juin, l'avion expérimental X-59 de la NASA a filé à Mach 1,4, soit environ 1 490 km/h, à 17 000 mètres d'altitude. Et au sol, silence.

La quête du silence quand on travaille sur un avion qui dépasse le mur du son, c'est étonnant, et pourtant... Normalement, dès qu'un avion dépasse la vitesse du son, il comprime l'air devant lui en une onde de choc qui claque au sol comme un mega coup de tonnerre. C'est ça, le bang supersonique.

Et c'est précisément pour ce bruit que les vols supersoniques au-dessus des terres sont interdits aux États-Unis depuis 1973. Le X-59 a été conçu pour casser cette règle, en prouvant qu'on peut franchir le mur du son sans terroriser les gens en dessous.

Le secret, c'est évidemment sa forme. L'appareil mesure près de 30 mètres de long, avec un nez interminable de 11,6 mètres, une proue démesurée qui sert à étaler l'onde de choc dans le temps au lieu de la concentrer d'un coup, si bien qu'au sol on n'entend plus un bang mais un bruit sourd, du genre portière de voiture claquée un peu fort.

Derrière cette conception improbable, on retrouve Skunk Works, la division secrète de Lockheed Martin spécialisée dans les avions hors normes, celle qui a déjà sorti le SR-71 et le F-117. Sous le capot, un seul réacteur General Electric F414.

Ce programme très spécial avance vite. Avec un premier décollage le 28 octobre 2025, un premier passage supersonique le 5 juin à Mach 1,1, et une semaine plus tard ce vol à Mach 1,4. À chaque nouvel essai, le pilote pousse le bouchon un peu plus loin.

La vraie étape arrive dès maintenant . La NASA va tenter de faire voler le X-59 au-dessus de villes américaines, puis poser aux habitants une question toute bête : ce bruit sourd, vous le supportez ou pas ?

Les réponses iront ensuite directement aux régulateurs, avec l'idée de fixer un seuil de bruit acceptable et, à terme, de lever cette interdiction vieille de cinquante ans.

En ligne de mire, le fantôme du Concorde. Coincé lui aussi au subsonique dès qu'il passait au-dessus des terres, l'avion franco-britannique n'a jamais pu relier qu'une poignée de villes, ce qui a fini par plomber sa rentabilité. Un X-59 qui réussit, ce serait la porte ouverte à un Paris-New York en moins de quatre heures sans réveiller personne au passage.

Source : NASA

Le vieux Pixel de votre tiroir vaut peut-être mieux qu'un serveur

17 juin 2026 à 08:53

Des chercheurs de l'université de Californie à San Diego, épaulés par Google, viennent de prouver un truc contre-intuitif : un Pixel mis au rebut il y a trois ans tient encore tête à un serveur professionnel sur certains calculs, au point qu'on peut en assembler un vrai data center au lieu de le foutre à la poubelle.

L'idée a été posée sur le blog de recherche de Google . Une fois l'appareil ouvert, les chercheurs retirent tout ce qui ne sert plus, l'écran, la batterie au lithium, les caméras et la coque, jusqu'à ne garder que la carte mère et sa puce, ce qu'on appelle un SoC, le processeur qui faisait tourner Android avant qu'on le bascule sur une distribution Linux des plus classiques.

Ce système, le même qui anime déjà l'immense majorité des serveurs de la planète, libère la puce des limites pensées pour un mobile, à commencer par ce bridage qui met les applications en pause dès qu'elles passent à l'arrière-plan. Ensuite, il suffit de relier ces cartes mères entre elles via Kubernetes, l'outil que les géants du web emploient déjà pour piloter les milliers de machines de leurs centres de données comme un seul gros ordinateur.

Le plus déroutant arrive là. Sur la plupart des tests ne mobilisant qu'un seul cœur, un Pixel Fold de 2023 dépasse un serveur ASUS RS720A-E11 pourtant équipé de deux gros processeurs AMD, le genre de bête qu'on retrouve dans les baies des entreprises.

Le serveur empile bien plus de cœurs en parallèle, si bien qu'il faut réunir entre 25 et 50 téléphones pour rivaliser avec son débit total. Mais bon. Dès lors que vous ramassez ces appareils gratuitement au lieu d'acheter du silicium neuf, l'équation se renverse.

Le vrai argument est écologique, puisque près de la moitié des émissions de carbone d'un smartphone sur toute sa vie part dans sa seule fabrication, surtout dans l'assemblage de la carte mère et du processeur, ce fameux carbone gris déjà cramé avant même que l'appareil ne s'allume.

On change pourtant de mobile tous les trois ou quatre ans, en balançant une puissance de calcul encore largement bonne à servir, pendant que les entreprises font fabriquer des serveurs flambant neufs pour les mêmes tâches. Le gâchis est énorme.

L'équipe a pour l'instant fait tourner une grappe de 20 téléphones, qui a encaissé sans broncher le pic de rendu des devoirs d'une classe de plus de 75 étudiants avec une latence plus basse que les services cloud du commerce. Elle prépare déjà un cluster d'environ 2 000 Pixel pour la rentrée, capable d'absorber une centaine de cours d'informatique en même temps pour une fraction du prix du cloud habituel.

Reste à rester lucide. Ces puces ont peu de mémoire, donc on les cantonne aux tâches légères, la correction automatisée ou les carnets de code, loin de l'entraînement d'un gros modèle d'IA.

Mais voir une montagne d'e-déchets se muer en salle de classe numérique, ça donne sacrément envie d'y croire. Surtout vu le nombre de Pixel qui dorment au fond de nos tiroirs, même moi j'en ai deux qui traînent pour tout vous dire.

Source : Techspot

Une veste qui fabrique de l'eau potable à partir de l'air, comme dans Dune

16 juin 2026 à 11:13

Des ingénieurs de l'université du Texas à Austin ont mis au point un vêtement qui tire de l'eau potable directement de l'air ambiant, sans réservoir à remplir ni source à proximité, simplement grâce au tissu dont il est fait. Le travail, mené par Guihua Yu et son équipe de la Cockrell School of Engineering, avec le chimiste Keith Johnston du département de génie chimique McKetta et l'auteur principal Weixin Guan, vient d'être publié dans la revue scientifique Science Advances.

Le secret tient dans la matière. Il s'agit d'un tissu en hydrogel, c'est-à-dire un gel ultra-absorbant ici fabriqué à partir de matières issues de la biomasse, donc d'origine végétale, qui capte les molécules d'eau présentes dans l'air sous forme de vapeur avant de les faire passer à l'état liquide sur la surface des fibres puis de les stocker en profondeur.

Toute la prouesse réside dans la vitesse à laquelle l'eau franchit ces étapes, l'équipe ayant conçu un chemin qui la fait circuler très rapidement de la vapeur vers le liquide puis vers le textile, ce qui lui vaut une efficacité de trois à dix fois supérieure aux matériaux de récupération atmosphérique habituels.

Une fois l'humidité captée, elle est dirigée vers de petits modules détachables que l'on retire pour les glisser dans un collecteur pliable, où la chaleur du soleil libère l'eau emprisonnée dans le gel, qui se condense alors et devient buvable.

Côté rendement, la veste produit entre 400 et 900 millilitres d'eau potable par jour, soit grosso modo une à deux petites bouteilles, selon le taux d'humidité de l'air. Une version posée au sol plutôt que portée grimpe, elle, jusqu'à 1,3 litre quotidien, et tient ce chiffre aussi bien dans un climat aride que dans une ambiance tropicale moite.

La comparaison avec Dune était écrite d'avance. Dans le roman de Frank Herbert porté à l'écran par Denis Villeneuve, les habitants de la planète désertique Arrakis enfilent des stillsuits, ces combinaisons qui recyclent la transpiration et l'urine de celui qui les porte pour ne gaspiller aucune goutte d'eau dans un monde où elle vaut plus cher que tout. Ici, c'est nettement plus ragoûtant, puisque la veste ne prélève rien sur le corps et se contente d'aspirer l'humidité de l'air.

Et le projet ne s'arrête pas à un simple blouson, l'équipe imaginant déjà glisser le même tissu dans des sacs à dos, des tentes ou des abris d'urgence, histoire de transformer du matériel qu'on transporte déjà partout en petite usine à eau qui ne réclame ni pile ni branchement électrique.

Bon, il reste des inconnues de taille, puisqu'on ignore le poids réel du vêtement, son prix éventuel et surtout sa tenue dans le temps une fois enchaînés les cycles d'absorption et de chauffe. Et 900 millilitres, c'est encore loin de couvrir les besoins d'un adulte qui marche toute la journée en plein cagnard.

N'empêche, pour un randonneur perdu ou une région privée d'eau, tirer un demi-litre du ciel sans la moindre nappe à proximité, ça peut tout changer.

Source : Techspot

Reconstituer l'écran d'une radio médicale avec une électrode de soudure

15 juin 2026 à 17:23

Un bricoleur, MarcellF , s'est mis en tête de produire lui-même l'écran fluorescent qui rend les rayons X visibles. Le genre de composant qu'on imagine sorti d'un labo d'imagerie. Sauf qu'il y est parvenu dans son atelier, en mélangeant des sels dans des creusets.

Le principe d'une radio est en fait assez simple. On éclaire un objet avec un faisceau de rayons X, ces ondes invisibles qui traversent la matière comme à l'hôpital, et puisque les zones denses en bloquent une partie pendant que les zones creuses le laissent filer, on récupère derrière l'objet une ombre qui dessine sa structure interne. Reste à rendre cette ombre visible.

C'est le rôle du scintillateur. Le mot est barbare mais la chose est simple : un matériau qui absorbe le rayonnement invisible et le recrache aussitôt en lumière visible, un peu comme un autocollant phosphorescent qui s'illumine dans le noir après s'être gorgé de lumière. Sans cet écran, pas d'image. Et comme le matériau adéquat coûte une fortune dans le commerce et reste introuvable pour un amateur, MarcellF a choisi de le synthétiser de zéro.

Sa première piste a été de passer en revue un tas de poudres fluorescentes du commerce, du genre qui s'allume sous une lampe UV. Mauvaise surprise. La plupart des matériaux qui réagissent aux ultraviolets sont indifférents aux rayons X, deux phénomènes qu'on confond trop vite. 

Quelques candidats s'en sortent quand même, à commencer par les phosphores à base d'aluminate de strontium, très lumineux mais affligés d'une rémanence un peu gênante puisqu'ils continuent de luire longtemps après l'extinction de la source et brouillent donc l'image. Le sulfure de zinc récupéré dans de vieux panneaux électroluminescents s'est révélé presque aussi brillant que l'écran à oxysulfure de gadolinium d'un vrai scanner médical, et sans la moindre traînée.

Mais le clou du spectacle, c'est la fabrication maison de tungstate de calcium, un phosphore historique des radiographies. Là, on entre dans la vraie chimie. MarcellF fait fondre du nitrate de potassium avec du carbonate de sodium, y dissout du tungstène prélevé sur une banale électrode de soudure pour former des tungstates, fait précipiter le composé en le faisant réagir avec du chlorure de calcium, puis chauffe longuement la poudre obtenue pour réveiller sa fluorescence. Le résultat tient dans la main. Une poudre qui émet une jolie lueur bleue dès qu'on l'expose aux rayons X, et qu'une pincée de plomb ajoutée comme dopant rend encore plus brillante.

Ce genre de bidouille est quand même assez dingue. Prendre un objet qu'on croyait verrouillé dans les hôpitaux et les labos de physique, puis le reconstituer avec une électrode de soudure et trois sels achetés en droguerie, il y a là quelque chose de très réjouissant. Reste un détail qui calme. Il faut déjà posséder une source de rayons X, et manipuler ce rayonnement réclame des précautions autrement sérieuses qu'un tablier de plomb improvisé. Pas un tuto à refaire un dimanche pluvieux, donc. Mais comme preuve que le mur entre l'instrument médical et le bricolage de garage est plus mince qu'on ne le croit, c'est plutôt pas mal.

Source : Hackaday

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