Test UGREEN NASync DXP4800 Pro : un NAS 4 baies ultra performant en 10 GbE
Ugreen continue son offensive sur le marché des NAS avec un nouveau 4 baies ambitieux : UGREEN NASync DXP4800 Pro. Après le DXP4800 Plus de l’an dernier, nous avons pu passer plusieurs jours avec le modèle Pro, une version musclée pensée pour les usages avancés, le multitâches intensif et les environnements exigeants sans compromis sur la simplicité d’utilisation. Sur le papier, la promesse est solide. En pratique, tout n’est cependant pas parfait…
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UGREEN NASync DXP4800 Pro
Là où le DXP4800 Plus s’appuie sur un Intel Pentium Gold 8505, le DXP4800 Pro passe sur un processeur Intel Core i3-1315U, offrant plus de puissance brute et une meilleure capacité de traitement pour des charges lourdes : virtualisation, transcodage multimédia, IA, Docker…
Contenu de la boîte
À l’ouverture, on retrouve :
- Le DXP4800 Pro en lui-même ;
- 2 câble réseau RJ45 Cat. 7 ;
- L’alimentation externe et son câble ;
- Des vis pour les SSD avec un tournevis ;
- 2 blocs de pâte thermique pour les SSD NVMe ;
- Un guide de démarrage rapide en anglais, allemand et chinois ;
- Une feuille sur la garantie de 2 ans.
Comme pour son grand frère, l’emballage reste soigné, avec plusieurs niveaux de protection. On note les efforts du fabricant…
Design et connectivité
Extérieurement, il ressemble comme 2 gouttes d »eau aux DXP4800 Plus. Nous avons un NAS bien lourd avec un boîtier en aluminium bleu-gris. Son poids sur la balance affiche 4,1 kg. À l’arrière, nous avons toujours un ventilateur de 140 mm. Seul le nom en façade (en bas) diffère…
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Du côté de la connectique, ce NAS dispose de :
- 2 ports USB 3.2 Gen 2 (dont 1 Type-C) ;
- 1 port USB 3.0 Type-A ;
- 2 ports USB 2.0 Type-A ;
- 1 lecteur de carte SD ;
- 1 sortie HDMI 2.1 ;
- 1 port RJ45 2,5 Gb/s ;
- 1 port RJ45 10 Gb/s.
Une connectivité bien pensée et complète.
Intérieur du DXP4800 Pro
C’est là que les choses changent ! Le DXP4800 Pro est animé par un processeur Intel Core i3-1315U capable d’atteindre 4,50 GHz (6 cœurs, 8 threads) avec iGPU intégré. Il est épaulé par 8 Go de RAM DDR5 (extensibles à 96 Go). On aurait préféré voir 16 Go pour ce modèle Pro. Le score PassMark est de 11 183 points ! Pour ce tarif, il largue tous les concurrents…
Installation des disques et SSD
Les disques durs 3,5 pouces s’installent assez facilement, sans outils. Les chariots sont différents de ceux de Synology ou QNAP, mais ils sont fonctionnels.
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Pour installer un SSD SATA, il faut retirer une fixation en plastique (en bas à droite sur la photo ci-dessus) via un outil fourni. Attention à ne pas forcer trop fort au risque d’abimer la pièce. Le NAS dispose de 2 emplacements pour SSD NVMe, accessibles via une trappe sous l’appareil. C’est également ici que vous pourrez augmenter la RAM. L’ajout de pâte thermique (fournie) et le rôle de dissipateur thermique du capot en aluminium sont des points positifs.
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De notre point de vue, le NAS n’est pas suffisamment surélevé. Les patins sous l’appareil ne sont peu assez haut, ce qui limite la circulation de l’air et favorise les vibrations. De nombreux utilisateurs recommandent l’ajout de petits amortisseurs en élastomère pour corriger ce léger défaut. Nous validons ce choix.
UGOS
Nous vous avons déjà présenté le système embarqué UGOS précédemment. Nous avons bien conscience que Ugreen est encore jeune sur le marché et il faut savoir être indulgent. Le système évolue régulièrement sans rivaliser pour le moment avec les ténors du marché. Cependant, il n’a pas à rougir, car il sait déjà répondre à de nombreux usages.
Installation d’UGOS
L’utilisateur doit taper dans son navigateur find.ugnas.com pour trouver son NAS sur le réseau. L’installation se fait en 4 étapes (voire ci-dessous) :
Par rapport à notre précédent test, l’interface est désormais bien en français.
Une fois l’installation terminée, le NAS redémarre… il ne reste plus qu’à se connecter avec l’identifiant et le mot de passe saisis précédemment. Un nouveau guide se lance pour accompagner l’utilisateur dans les premières étapes :
- Découverte de l’interface ;
- Création d’un volume de stockage ;
- Premier dossier partagé ;
- Découverte d’UGREENlink pour l’accès à distance.
Note importante : lors du test précédent, nous pensions avoir commis une erreur, mais non… le service SMB (partage réseau) est désactivé par défaut. Cela veut dire que si vous ne faites rien, le NAS n’est pas accessible par le réseau (Windows, macOS ou Linux).
Usage au quotidien
UGOS est un système Linux optimisé pour le stockage en réseau. Il propose un ensemble de paramètres, auquel on peut ajouter des fonctionnalités via le Centre d’applications : Antivirus, Download Center, Text Edit, etc. Ugreen a fait le choix de privilégier Docker pour compléter son environnement applicatif.
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Le fabricant propose une application mobile tout-en-un qui permet de profiter de son NAS à distance ou sur son réseau local. Il faut avouer qu’elle est complète et bien pensée. Ugreen propose également une application de bureau (Windows et macOS), ainsi qu’une adapté à Apple TV et Android TV. Elles permettent d’accéder aux fichiers, au statut du NAS, aux notifications… mais aussi au visionnage de vidéo, etc. Tout y est, un véritable couteau suisse !
Ugreen déploie fréquemment des mises à jour pour corriger des bugs et soucis de traductions, mais aussi pour améliorer les performances et ajouter des fonctionnalités. Un NAS, c’est un investissement sur le long terme. Aujourd’hui, les NAS sont régulièrement mis à jour… et surtout pendant de nombreuses années.
Nouvel entrant et tolérance
Ugreen est nouveau sur le marché des NAS, mais ce n’est pas un novice. L’entreprise possède une solide expérience industrielle et maîtrise déjà la conception matérielle et logicielle. Le fabricant connait également très bien ce secteur exigeant, dominé par des acteurs comme Synology et QNAP. Côté matériel, le produit tient la route…
Sur la partie logicielle, UGOS reste limité pour un usage avancé. S’il répond à 90% des particuliers, certains pourraient être déçus. La majorité des utilisateurs parient sur des mises à jour futures pour corriger le tir dans les prochains mois. Ugreen en a bien conscience… À noter qu’il propose également la possibilité d’installer de systèmes alternatifs comme OMV, TrueNAS, Unraid, etc. Une approche ouverte, que beaucoup apprécient.
L’essentiel est là : une base matérielle fiable et une volonté claire d’évoluer.
Performances du DXP4800 Pro
Dans la première partie des tests, nous allons évaluer les performances des transferts à travers un réseau 10 Gb/s (entre le NAS et des ordinateurs). Ensuite, nous regarderons les capacités du processeur, en analysant ses performances globales…
Vitesses dans les transferts
Depuis plusieurs années, nous avons mis en place un protocole de tests rigoureux fournissant des données fiables et comparables avec les performances des autres NAS. Pour cela, nous utilisons 4 applications de mesure différentes (2 sous macOS et 2 sous Windows) et réalisons en plus des transferts de fichiers de tailles variées dans les deux sens (NAS -> Ordinateur puis Ordinateur -> NAS) :
- Petites tailles : 100 fichiers de 500 Ko à 12 Mo (MP3, photos, documents Office)
- Tailles moyennes : 30 fichiers de 12 à 350 Mo (DivX, images RAW, archives ZIP)
- Fichiers volumineux : 10 fichiers avec une taille comprise entre 4 et 10 Go (MKV, ISO)
À la suite des tests, une moyenne des transferts est calculée et nous la représentons sous forme de graphiques exprimée en mégaoctets par seconde (Mo/s). Plus le nombre est élevé, plus le NAS est rapide. Pour notre évaluation du DXP4800 Plus, nous avons configuré un premier volume avec 2 SSD NVMe en RAID 0, puis un second volume avec 3 SSD SATA en RAID 5.
RAID 0
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Le NAS propose d’excellentes performances en lecture. Le système est réactif et les transferts solides. On voit tout de suite le gain offert par le nouveau processeur. Si les performances en écriture progressent (par rapport au DXP 4800 Plus), nous restons un peu sur notre faim.
RAID 5
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Les débits vous surprennent… nous aussi. En lecture, le RAID 5 SATA assure et nous sommes sur des performances proches du RAID 0 NVMe. En écriture, les SSD SATA font même mieux sur les petits fichiers et ceux de taille moyenne. Par contre, sur les gros fichiers, les choses sont différentes.
Performances générales
Avec son nouveau processeur, Ugreen propose un NAS offrant des capacités bien plus étendues. Comparons rapidement celui-ci
| UGREEN DXP4800 Pro |
UGREEN DXP4800 Plus |
ASUSTOR FS6806X |
Synology DS925+ |
|
|---|---|---|---|---|
| Processeur | Intel Core i3-1315U |
Intel Pentium Gold |
AMD Ryzen Embedded V3C14 | AMD Ryzen Embedded V1500B |
| iGPU intégré | Intel UHD Graphics (13th Gen) |
Intel UHD Graphics (12th Gen) |
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| Score Passmark (CPU) |
11 182 | 9 080 | 11 882 | 4 513 |
| Score Single Thread | 3 315 | 3 226 | 2 800 | 1 136 |
| TDP | 15 W (55 W burst) |
15 W | 15 W | 16 W |
| RAM max supportée | 96 Go DDR5 | 64 Go DDR5 | 64 Go DDR5 | 32 Go DDR4 ECC |
Vous l’aurez compris, le changement opéré par Ugreen n’est pas anodin. On se retrouve avec un processeur taillé pour les tâches complexes ou il n’aura pas de difficulté : chiffrement des données, virtualisation, conteneurisation ou encore le transcodage vidéo. Il sera difficile de le mettre en difficulté. Seul regret, la présence de seulement 8 Go de RAM par défaut. On ne va pas se mentir, c’est un peu juste pour exploiter pleinement le potentiel de ce NAS : 16 Go auraient été préférables.
IA & DXP 4800 Pro
Ugreen a été intégré ici et là quelques touches d’IA dans ses applications maisons (notamment dans son application pour les photos). Mais nous avons voulu aller plus loin et tenté l’expérience des modèles Qwen2.5:3B et Gemma2:2B avec Ollama. Ils fonctionnent très bien avec ce NAS et répondent en quelques secondes. Attention, l’IA consomme beaucoup de ressources : processeur et RAM. Aussi, nous avons constaté une certaine limitation dans la gestion des ressources avec Docker, certainement pour protéger les fonctions de base du NAS.
Consommation électrique et nuisance sonore
Le ventilateur arrière est relativement discret. Côté consommation électrique, le NAS affiche environ 27 W en usage normal (avec 2 SSD NVMe et 3 SSD SATA) et jusqu’à 45 W en charge plus soutenue.
