Six chercheurs d'UC San Diego et d'Oberlin College ont présenté le 13 août dernier à l'USENIX Security Symposium de Baltimore un implant assez petit qui se branche sur un port de maintenance de la baie électronique d'un Boeing 737 et s'intercale ainsi entre le calculateur de vol et l'écran par lequel les pilotes le programment.
La trappe présente sur l'avion, qui y mène n'a ni serrure ni contrôle d'accès et est accessible depuis le sol, sans échelle. Les chercheurs estiment que ça peut se mettre en place en moins de 60 secondes, ouverture et refermeture comprises. Le boîtier, lui, disparaît sous le capuchon anti-poussière du connecteur.
Hé oui c'est un simple capuchon en plastique qui "protège" l'accès aux commandes de navigation d'un avion de ligne. C'est beau non ?
Ce connecteur donne un accès aux bus ARINC 429 qui transmette les échanges entre le calculateur, le FMC, et le clavier-écran du cockpit, le MCDU. La norme date de 1977 et ne prévoit aucune authentification et comme vous vous en doutez, c'est connu depuis longtemps, même si le plus souvent, les
attaques envisagées sur les systèmes d'un avion
visaient plutôt ses liaisons radio.
Toutefois, se brancher sur le bus ne suffit pourtant pas à le contrôler, puisque les autres équipements continuent d'émettre par-dessus. Sauf que les émetteurs légitimes passent par des résistances de 37,5 ohms qui brident leur courant, alors que le connecteur de maintenance, lui, attaque le bus en direct.
L'implant en profite alors pour pousser plus de courant que l'émetteur d'origine et écraser physiquement son signal. Les chercheurs appellent ça une attaque Bus Driver, et elle donne une interception complète du dialogue sans couper ni
épisser
le moindre fil.
Une fois ce dialogue sous contrôle, le boîtier ajoute un point de passage à la route programmée. Normalement, sur un 737, cette modification doit être confirmée par le pilote, qui appuie sur le bouton EXEC. Mais l'implant, lui, appuie tout seul, l'autopilote change de cap, et comme le voyant du bouton passe par le même bus, il reste éteint. Et comme les pages affichées sont réécrites en live pour montrer encore l'ancienne route, rien à l'écran ne trahit le changement.
Le même mécanisme peut servir aussi à fausser la masse de l'appareil saisie avant le départ, ou la température retenue pour calculer la poussée. Une masse sous-évaluée ou une température trop basse, et le calculateur commande alors une poussée insuffisante au décollage.
Bref, c'est la cata assurée... Et cela vaut pour tous les 737 NG et MAX.
Maintenant, reste à savoir dans quelles conditions cette attaque peut être réalisée. Car jusqu'à présent, tout a été validé mais uniquement sur un banc de vraies pièces de 737 câblées selon les schémas Boeing, et jamais sur un avion en service. Le Wi-Fi est bien intégré au boîtier, mais
le papier
précise que les auteurs n'ont pas pu tester si le signal de la cabine traverse le plancher de la baie.
Boeing a bien sûr été prévenu en avril 2020, et les chercheurs ont rejoué l'attaque avec succès sur le banc d'essai du constructeur en décembre 2023. Ils proposent de boucher ce type de connecteur, ou d'y déplacer les résistances de limitation. Boeing, lui, estime que "les couches de protection en place sur l'avion" limitent déjà "significativement la faisabilité et le risque d'attaques en conditions réelles".
Ouais les gars ont la flemme de sécuriser leur truc on dirait...
Un pirate qui se fait appeler ZeroBytes a revendiqué mercredi, sur un forum fréquenté par les cybercriminels, le vol de près de 680 000 lignes de données extraites d'un outil interne de la Direction générale des Finances publiques. Bercy a confirmé l'intrusion dès le lendemain.
L'attaque ne date pourtant pas d'hier. Elle remonte à la fin juin, au 26 très exactement selon le pirate, et l'administration l'avait détectée puis interrompue à l'époque, sans jamais en toucher un mot publiquement.
Dans le lot, on trouve des noms, des dates de naissance, des adresses et des informations foncières et cadastrales, pour environ 390 000 particuliers et 285 000 professionnels. Les mots de passe et les coordonnées bancaires ne figurent pas parmi les données citées.
ZeroBytes raconte s'être promené de serveur en serveur avant de décrocher un accès VPN, la porte d'entrée à distance du réseau, qui lui a ouvert plusieurs outils internes du fisc. La version officielle parle plus sobrement d'une usurpation d'identité ayant permis un accès illégitime.
Une seconde fuite circule aussi sur les mêmes forums et toucherait environ 2 millions de propriétaires, mais celle-là n'a rien d'officiel pour le moment.
L'ANSSI, le pompier informatique de l'État, enquête, et la CNIL a été prévenue comme la loi l'impose.
Le fisc n'en est pourtant pas à son coup d'essai. Entre fin janvier et mi-février, des pirates avaient déjà consulté frauduleusement 1,2 million de comptes bancaires dans le fichier FICOBA, en utilisant les identifiants compromis d'un agent. Deux intrusions en un an, ça commence à faire beaucoup.
Dans l'immédiat, méfiez-vous des mails, des SMS et des coups de fil qui se réclament des impôts, surtout s'ils alignent vos vraies informations personnelles pour vous mettre en confiance. Une adresse exacte et une date de naissance correcte ne prouvent plus rien du tout.
Reste à savoir quand chacun des 680 000 concernés recevra le petit message l'informant que ses données se baladent dans la nature.
SpaceXAI, la maison d'Elon Musk née de la fusion entre SpaceX et xAI, a mis en ligne mardi la bêta de Grok Bot. L'outil installe des agents IA sur une machine distante qui leur appartient, et ces agents continuent d'avancer sur leurs missions une fois votre ordinateur, même refermé. Vous dormez, eux non.
Un bot garde le contexte de sa tâche pendant des heures et ne vous sollicite que pour valider un envoi ou trancher une décision qui l'a bloqué.
Quand un projet se découpe en plusieurs morceaux, les bots se le répartissent en discutant entre eux dans une messagerie commune, un peu comme le ferait une petite équipe dans un canal Slack.
Ces agents ouvrent vos applications et vos sites web avec vos propres identifiants, exactement comme vous le feriez au clavier, sans passer par les interfaces officielles que les logiciels s'offrent entre eux. Les agents d'OpenAI, d'Anthropic ou de Google savent déjà faire du travail de bureau, sauf que chez eux vous ouvrez la session vous-même avant de laisser la main. Ici, le bot se débrouille.
La bêta tourne sur Mac, iOS, Windows et Linux. Android suivra.
Il faut par contre y mettre le prix. SuperGrok Heavy coûte 300 dollars par mois, et les abonnés de Cursor, l'éditeur de code boosté à l'IA, y accèdent avec les formules à 120 ou 200 dollars. Aucun tarif en euros n'a été communiqué pour le moment, et les entreprises font la queue sur une liste d'attente.
SpaceXAI a annoncé en juin le rachat d'Anysphere, la maison mère de Cursor, pour 60 milliards de dollars, un record pour une startup. Les régulateurs n'ont pas encore donné leur feu vert, ce qui n'empêche visiblement pas les deux équipes d'avancer main dans la main. Grok 4.6, un modèle conçu pour tenir des tâches longues sans perdre le fil, est d'ailleurs sorti le lendemain de la bêta.
En juillet, Grok Build, l'outil de codage de la même maison, expédiait des dépôts Git entiers vers ses serveurs, avec les clés d'API dedans. Confier l'ensemble de ses comptes à un agent autonome demande du coup beaucoup de confiance.
C'est un usage de l'IA vraiment fascinant qui va clairement se généraliser dans les années à venir, j'ai hâte de voir ce que ça donnera.
Anthropic a annoncé que ses modèles Claude allaient intégrer un filigrane invisible directement dans les textes qu'ils produisent. Vous ne le verrez pas, il ne change ni le sens ni la qualité de la réponse, mais il est là, et il suit le texte au copier-coller.
Anthropic, l'éditeur de Claude et concurrent direct d'OpenAI, a signé le code de bonnes pratiques adossé à l'AI Act, le règlement européen sur l'intelligence artificielle, dont les obligations de transparence s'appliquent depuis le 2 août. Le texte impose que les contenus générés par IA soient identifiables par une machine.
Google, Meta, Microsoft, OpenAI ou encore Synthesia ont signé le même document. Anthropic va plus loin que le minimum demandé, puisque son marquage sera déployé partout dans le monde, et pas seulement en Europe.
Dans la pratique, les modèles lancés dans l'Union européenne à partir du 2 août embarquent le marquage dès leur sortie, et les plus anciens y passeront ensuite, sans calendrier précis. Le filigrane s'appliquera sur le site de Claude, dans l'API, dans Claude Code et jusque dans les versions hébergées chez Amazon, Google et Microsoft.
Anthropic ne détaille pas sa recette. Les filigranes de texte qu'on connaît déjà, le SynthID de Google par exemple, biaisent discrètement le choix des mots pendant la génération, et le motif statistique qui en ressort ne se voit pas à l'œil nu mais se retrouve avec le bon détecteur. La marque survit au copier-coller. Pour la faire sauter, il faudrait réécrire le texte en profondeur, et encore, Anthropic admet ne pas savoir où placer le curseur.
Les images et les fichiers y auront droit aussi, via des métadonnées signées au standard C2PA que les fabricants d'appareils photo utilisent déjà pour tracer l'origine d'un cliché.
La marque signale en fait qu'un texte est passé entre les mains de Claude, sans rien dire de qui tenait le stylo au départ. Votre propre prose, confiée au robot pour une simple relecture ou une traduction, ressortira du coup tatouée pareil qu'un texte généré de bout en bout. Anthropic le reconnaît direct.
Sur les réseaux, l'accueil est un peu agacé, pas mal d'utilisateurs digérant mal l'idée d'une signature cachée glissée dans leurs documents de travail.
OpenAI a signé le même code de bonnes pratiques et marque déjà ses images, ses vidéos et son audio depuis fin juillet. Pour les textes de ChatGPT, rien pour le moment, mais ça viendra peut-être.
Je suis trop content, le numéro d'août du
magazine officiel Raspberry Pi
est sorti avec un dossier spécial cyberdeck en couverture, et ses 132 pages sont téléchargeables gratuitement en PDF.
Un cyberdeck, si ça ne vous dit rien, c'est un ordinateur portable bricolé à la main. Petit écran, clavier physique, look cyberpunk assumé. On fabrique la machine que le commerce ne vend pas, pour un usage qui n'appartient qu'à soi.
J'en ai déjà montré un
y'a pas longtemps, même si faut encore voir ce que ça donne une fois posé sur un bureau.
Le dossier de Raspberry Pi Magazine en aligne une dizaine. Un Amstrad PPC 640 de 1987 vidé de ses entrailles pour loger un Raspberry Pi 3 et une appli de narration qui se déclenche à l'insertion d'une disquette. Une machine à écrire Smith Corona de 1989 refaite à neuf autour d'un Raspberry Pi 4. Un sac à dos qui trimballe un labo mobile, radio logicielle et outils Kali Linux...etc. Y'a de quoi faire !
On y croise aussi un
Hackberry Pi
monté en outil de pentest, une pochette rose façon clutch avec un Pi Model A+, et le PiDex Doomsday Companion, caisse étanche à panneau solaire qui embarque Wikipedia sur clé USB.
Vient ensuite le montage pas à pas. Brian Corteil y déroule la construction d'une machine logée dans une
valise étanche de type Pelican
(lien affilié), avec un Raspberry Pi 5, un écran tactile 7 pouces, un clavier Bluetooth, une carte son USB et une batterie LiPo protégée par un fusible.
Et rassurez-vous, le tuto ne se contente pas d'aligner des références à commander sur Amazon... Non, il détaille même le calcul d'alimentation à faire à la main, I = P/V, soit 28 W et environ 5,6 A pour un Pi 5 et son écran à pleine luminosité. Il conseille également de prototyper en carton votre cyberdeck avant de vous lancer dans la CAO, et préfère un power bank au LiPo pour ceux qui ne veulent pas jouer avec les batteries (BOUM !).
Pour récupérer le fichier PDF du magazine, le lien passe d'abord par une page de don. Si vous êtes un gros radin, le bouton
No thanks, take me to the free PDF
déclenchera quand même le téléchargement sans compte ni adresse mail. C'est en anglais bien sûr et pour ceux qui aiment le toucher du papier, l'édition physique coûte 7,99 livres.
Ah et le contenu est sous licence Creative Commons BY-NC-SA 3.0, sauf mention contraire. Amusez-vous bien !!
Jonathan Blow, le développeur de Braid et de The Witness, a annoncé hier (le 12 août) sur X qu'il laissait tomber VLC... La raison c'est 33 putain de secondes d'attente entre un clic sur un fichier MP3 et le début de la lecture, sous Windows (évidement). C'est vrai qu'une demi-minute pour lancer un son sur une machine récente, c'est abusé ! Du coup, il est repassé au bon vieux lecteur multimédia de Microsoft.
Son point de vue c'est que "tout un secteur du logiciel open source est dans un état franchement embarrassant" dès qu'il s'agit de tourner Windows. Je peux pas lui donner tord, c'est vrai que le ralentissement est réel sous Windows 11, sans qu'on sache vraiment pourquoi...
Mais heureusement,
la réponse de VideoLAN
ne s'est pas faite attendre et a replacer correctement le débat. Pour l'équipe de VLC, la lenteur vient d'un bug de Microsoft Defender arrivé avec une mise à jour de Windows 11, qui a mis le cache de plugins de VLC en quarantaine. L'antivirus maison de Windows a donc classé comme suspect, puis mis de côté, un fichier que VLC génère lui-même. VideoLAN écrit qu'il s'est retrouvé là "comme par magie".
Pour remettre VLC d'aplomb, VideoLAN propose donc de réinstaller le logiciel ou de régénérer ce cache. Mais pas besoin d'aller jusqu'à la réinstallation, puisque l'installeur Windows officiel dispose déjà d'un raccourci qu'il faut dans le dossier VideoLAN du menu Démarrer, "VLC media player - reset preferences and cache files".
Ce raccourci lance vlc.exe avec les deux options de remise à zéro, la configuration et le cache de plugins, puis referme aussitôt le lecteur. Ça devrait faire le taf même si attention, vos préférences partent aux chiottes avec le reste, donc si vous avez bricolé vos réglages de sortie audio, vos raccourcis clavier ou vos sous-titres, vous les perdrez. Mais ensuite, le cache, lui, se reconstruira au lancement suivant.
Après régénérer le cache n'empêche pas Defender de le rechoper par la suite. L'autre option, c'est donc d'exclure une bonne fois pour toutes vlc.exe de la liste d'analyse de l'antivirus.
Bref, ce genre de faux positif n'est pas nouveau chez Windows Defender, qui y'a pas longtemps a même pris des certificats DigiCert pour un cheval de Troie, sans parler des
ISO Linux qui se font flagger régulièrement
.
Voilà, hormis la comm de VLC pour le moment, personne n'a encore publié de détails techniques, et Microsoft n'a rien dit.
ShieldBreak est un nouvel exploit qui vise l'antivirus livré avec Windows. Cela permet à un compte utilisateur limité de passer SYSTEM sur un Windows entièrement à jour, grâce notamment à Windows Defender qui lui sert de marchepied.
Le chercheur Nightmare Eclipse a sorti le code de son exploit en public y'a 2 jours, quelques heures après un Patch Tuesday qui corrigeait plus de 400 failles. Mais pas celle-ci évidemment... Une machine parfaitement à jour reste donc exposée.
Kevin Beaumont, ancien de chez Microsoft, a testé l'exploit et confirme qu'il fonctionne sur un Windows 11 à jour. Sa lecture technique, en revanche, diffère de celle du chercheur. Nightmare Eclipse présente ShieldBreak comme un contournement complet du correctif de RoguePlanet, sa faille précédente, alors que Beaumont souligne que les deux reposent sur des mécanismes très différents.
L'attaque réclame un accès local et l'exécution du programme, elle ne s'attrape pas en visitant une page web. Elle a été testée sur Windows 11 25H2 et Windows Server 2025, Windows 10 étant déclaré vulnérable sans être pris en charge par le code publié. Et il faut que Defender soit activé pour que ça marche.
Cette publication sans préavis n'arrive pas de nulle part. En mai, Microsoft a publié
un billet
qualifiant d'injustifiables les divulgations non coordonnées qui mettent du code d'exploitation entre les mains d'acteurs malveillants, en rappelant que sa Digital Crimes Unit continuerait à poursuivre ces acteurs. Le texte ne visait pas nommément les chercheurs. Le milieu de la sécurité l'a quand même reçu comme une menace.
Microsoft a fait ensuite machine arrière sur les réseaux sociaux, en assurant ne pas vouloir s'en prendre à ceux qui publient de la recherche. Le billet d'origine, lui, est toujours en ligne et les publications n'ont pas ralenti pour autant : une dizaine de zero-days Windows depuis avril, dont
BlueHammer
et
GreatXML
dont je vous ai déjà parlé.
Microsoft dit avoir connaissance de la vulnérabilité signalée et enquêter sur la validité des affirmations mais pour le moment, la faille n'a même pas d'identifiant CVE à elle, et reste rattachée au correctif qu'elle est censée contourner. Bref, si ça vous fait flipper comme faille, désolé, il n'y a rien à installer pour l'instant pour fixer le problème.
En attendant, Beaumont a mis en ligne
des requêtes de "chasse"
pour Defender for Endpoint qui repèrent quand un processus étranger à Defender charge ses bibliothèques, ou qu'un processus non validé charge celles de l'API Cloud Filter. Tout ça via le même processus.
Mais c'est de la détection, et pas un correctif...
Sachez-le, les amigos, je reprendrai
mes lives Twitch
début septembre, parce que là j'ai pas vraiment le temps et qu'il fait trop trop chaud. Mais ça ne m'empêche pas de surveiller ce qui s'y passe... Car pendant que la chaîne dort, faut savoir que Twitch a ajouté un réglage que personne n'a demandé comme d'hab : une case qui autorise Amazon à entraîner ses modèles d'IA générative sur le contenu de votre chaîne. Et bien sûr, comme d'hab, c'est coché par défaut.
L'annonce n'est pas passée par le blog officiel mais discrètement via un message du compte Twitch Support sur X, le 12 août, pour expliquer qu'on peut désormais refuser ça. Donc si vous ne faites rien, vous avez déjà accepté...
Alors c'est pas très très nouveau cette histoire d'entraîner des IA avec le contenu des streams puisque
dès 2024
, lors d'un événement organisé par The Information, les journalistes demandaient à Mike Minton, alors directeur de la monétisation de Twitch, si Amazon se servait de la plateforme pour entraîner ses modèles. Et sa réponse c'était "Ouais, carrément."
Il précisait quand même que ça se faisait "dans les limites de la confiance des utilisateurs et des réglementations sur la vie privée" et depuis Minton est passé directeur produit, et c'est lui qui a "justifié" en direct la case cochée d'office en expliquant que "* Si c'était en opt-in, personne ne cocherait.*" Au moins c'est clair... J'sais pas si l'IA Act Européen a tenu compte de ce genre de chose mais visiblement, ça ne les concerne pas trop.
Voilà, ce réglage est visible sur tous les comptes, que vous streamiez tous les soirs ou que vous n'allumiez jamais votre webcam. Il couvre vos streams, vos VODs, vos clips, le chat de votre chaîne, ses images et ses textes. Twitch donne comme exemple d'usage, votre voix, qui peut affiner des modèles de reconnaissance vocale réutilisés bien au-delà de la plateforme. Bref, encore un endroit où il est nécessaire de
reprendre la main sur ses données
.
Décocher la case
Direction
twitch.tv/settings/security
, la page Sécurité et confidentialité de votre compte. Descendez jusqu'à la section Privacy, tout en bas : le réglage s'appelle "Training for Generative AI". Basculez-le sur off et votre contenu sort du périmètre d'entraînement.
Voilà c'est tout.
Il y a aussi un petit détail que
la FAQ de Twitch
glisse discrètos... Quand vous écrivez dans le chat d'une autre chaîne, c'est le réglage de cette chaîne qui décide du sort de vos messages, et pas le vôtre. Vous pouvez donc avoir tout coupé chez vous et nourrir quand même l'entraînement IA, ailleurs. Et c'est pareil dans l'autre sens. Ce que vos viewers tapent chez vous suit votre réglage à vous, donc si vous respectez vos viewers, vaut mieux décocher cette case.
Après le refus ne coupe ni AutoMod ni les sous-titres automatiques, qui tournent sans nourrir de modèle génératif et surtout il ne remonte pas le temps puisque ce qui a déjà servi à entraîner l'IA par le passé y restera. Snif.
Vous croyez que votre identité vous appartient ? Pffff, noob. Qu'elle est en sécurité parce que vous avez un mot de passe compliqué et que vous ne cliquez pas sur les liens suspects ? Re pffff. Détrompez-vous. En 2024, les cybercriminels ont réussi à extorquer 12,5 milliards de dollars aux consommateurs américains, une hausse de 25% en seulement un an (bon c'est des Américains, mais quand même). Et l'IA est le principal coupable.
Oui, l'intelligence artificielle. Cette merveille qui vous aide à rédiger vos mails et à générer des images de chats cosmonautes, c'est aussi l'outil préféré des escrocs pour vous voler votre identité. Et ils sont devenus sacrément bons.
Deepfakes : votre patron vous demande de virer 25 millions
Petite mise en situation réelle (les noms ont été changés pour protéger les victimes comme ils disent à la télé). Vous êtes employé dans une boîte à Hong Kong. Vous recevez un mail du CFO basé à Londres qui vous demande de faire un virement urgent de 25 millions de dollars. Vous vous connectez à une visioconférence. Le CFO est là, vos collègues aussi. Ils discutent, ils répondent à vos questions, tout semble normal. Vous validez le virement.
Sauf que personne n'était réel (sauf vous, peut-être ... on vit dans une simulation il parait). Tous les participants étaient des deepfakes générés par IA. Des visages, des voix, des gestes ... le tout est créé à partir de vidéos publiques trouvées sur le net. La boîte a perdu 25 millions. Vous avez perdu votre job. L'IA s'en fout, elle n'a pas de sentiments.
Ce n'est pas un scénario de film. C'est arrivé en 2024. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Des deepfakes d'Elon Musk qui promeuvent des arnaques crypto, des faux appels vocaux de "membres de votre famille" en détresse qui vous demandent de l'argent, des vidéos de Taylor Swift qui offrent des batteries de cuisine en échange de vos coordonnées bancaires. & co. L'IA a rendu l'imposture parfaite.
L'IA, la boite à outils de l'arnaque
Les cybercriminels utilisent l'IA à toutes les étapes du vol d'identité :
Le clonage vocal. Avec seulement quelques secondes d'audio (merci vos stories Instagram), l'IA peut reproduire votre voix à la perfection. Plus d'un quart des gens ont été ciblés par des arnaques au clonage vocal. Votre mère reçoit un appel de "vous" en larmes, vous avez besoin de 5 000€ tout de suite. Elle envoie. C'était pas vous. Bye bye votre héritage lol.
Le phishing généré par IA. Fini les mails avec des fautes d'orthographe et des traductions Google Translate. Les LLM comme ChatGPT écrivent des messages parfaitement structurés, personnalisés avec vos données scrapées sur LinkedIn, Facebook, et je ne sais quoi. 40% des emails de phishing ciblant les entreprises sont désormais générés par IA. Ils sont indétectables (pas tous, mais ça viendra assez vite).
Les documents synthétiques. Besoin d'un faux relevé bancaire, d'une fausse carte d'identité, d'un contrat bidon ? L'IA le génère en quelques secondes. Les fraudeurs créent des identités entièrement fictives (le fameux synthetic identity fraud) en mélangeant des données réelles (souvent le numéro de sécu d'un enfant ou d'un défunt) avec des infos inventées. Le crime à l'identité synthétique coûte déjà 6 milliards de dollars par an aux prêteurs américains.
Le cracking de mots de passe : PassGAN, un outil IA, a cracké 51% des mots de passe en moins d'une minute, 81% en moins d'un mois. Votre "MotDePasse123!" ne résiste même pas le temps de faire un café.
Le spyware boosté à l'IA. Les malwares espions sont devenus plus intelligents. Ils évitent la détection, ciblent les infos sensibles avec précision, et les menaces de spyware mobile ont doublé ces derniers mois. Vous cliquez sur une pub, vous installez une app, et paf, tout ce que vous tapez est enregistré et envoyé à un mec dans un bunker.
Et vous, vous faites quoi face à ça ?
Vous ne pouvez pas empêcher les deepfakes d'exister. Vous ne pouvez pas empêcher les data brokers de vendre vos infos. Mais vous pouvez limiter ce que les escrocs connaissent de vous. Et c'est là
qu'un VPN comme Surfshark
entre en jeu.
Pas n'importe lequel. Un VPN qui comprend que la vie privée, c'est pas juste cacher votre IP. C'est surtout réduire votre empreinte numérique globale. Pas juste un VPN, un bouclier contre le vol d'identité.
Surfshark, c'est pas qu'un tunnel chiffré. C'est une boîte à outils de privacy qui attaque le problème du vol d'identité sous plusieurs angles :
Vous devez créer un compte sur un site douteux ? Vous réservez un hôtel sur une plateforme que vous ne connaissez pas ? Alternative ID génère une identité complète (nom, prénom, adresse, email, numéro de téléphone virtuel) que vous utilisez à la place de la vôtre. Les emails arrivent dans votre vraie boîte, mais l'expéditeur ne sait pas qui vous êtes réellement. Fini les fuites de données qui mènent directement à vous.
Vos données traînent partout. Des centaines de sites revendent votre nom, votre adresse, votre numéro, votre historique d'achats. Incogni, inclus dans le pack Surfshark One+, contacte automatiquement ces agrégateurs de données et demande la suppression de vos infos. Vous n'avez rien à faire. C'est comme avoir un avocat de la privacy qui travaille 24/7 pour vous.
CleanWeb
: bloquer les trackers avant qu'ils ne vous profilent
Chaque site que vous visitez vous traque. Chaque pub vous profile. CleanWeb bloque les trackers, les pubs et les malwares au niveau DNS. Moins de données collectées = moins de matière première pour les IA des escrocs. C'est simple.
Chiffrement post-quantique : parce que demain, c'est maintenant
Surfshark a intégré le chiffrement post-quantique dans son protocole Dausos. Pourquoi ? Parce que dans quelques années, les ordinateurs quantiques pourront casser les chiffrements actuels comme du verre. Surfshark s'y prépare déjà. Vos données d'aujourd'hui ne seront pas déchiffrables demain. C'est de la vision. Ou de la paranoïa. Les deux se valent en cybersécurité.
Le VPN de base : cacher votre IP, cacher votre localisation
Le cœur du métier. Votre vraie IP est masquée, votre trafic est chiffré en AES-256-GCM, votre FAI ne sait pas ce que vous faites. Sur un WiFi public, dans un hôtel, à l'aéroport, là où les attaques sont les plus fréquentes, vous êtes protégé. Même si un mec sniff le réseau, il ne verra que du chiffré.
Surfshark Nexus : changer d'IP toutes les 5 minutes
Avec Rotating IP, votre adresse change automatiquement toutes les 5 minutes sans coupure. Les sites ne peuvent pas vous tracker à long terme. Les data brokers ne peuvent pas corréler vos sessions. C'est comme changer de costume toutes les 5 minutes dans une foule.
Antiscam Hub : tous les outils anti-arnaque dans le même écran
C'est la nouveauté maison, sortie en mai dernier. Au lieu d'aller pêcher chaque fonction dans un recoin différent de l'application, tout est réuni au même endroit : email masqué, numéro de téléphone alternatif, surveillance du dark web qui vous prévient quand vos données fuitent, blocage des sites malveillants et couverture en cas de vol d'identité. Sur le seul mois écoulé, Surfshark dit avoir bloqué près de 1,2 million de nouveaux sites de phishing et de malwares. Le Hub est encore en test sur iOS, les autres plateformes suivront.
Les chiffres qui font peur
Plus de 40% de la fraude dans le secteur financier est désormais pilotée par l'IA.
60% des consommateurs ont vu un deepfake entre 2023 et 2024.
48% des Américains estiment que l'IA les a rendus moins capables de repérer les arnaques.
1 deepfake sur 15 tentatives de fraude dans le secteur financier, une augmentation de 2 100% depuis l'adoption généralisée de l'IA générative.
76% d'augmentation des attaques de prise de contrôle de compte, 105% pour les fraudes de prise de contrôle de ligne téléphonique.
L'IA a transformé le vol d'identité en industrie. Ce n'est plus le petit escroc dans son garage. Ce sont des organisations structurées, avec des outils IA à la pointe, qui opèrent à l'échelle mondiale.
Je répète pour ceux du fond : vous ne pouvez pas arrêter l'IA. Vous ne pouvez pas arrêter les deepfakes. Vous ne pouvez pas empêcher les data brokers de vendre vos infos. Mais vous pouvez réduire votre surface d'attaque. Méfiez-vous de l'appel de votre "mère" qui vous demande de l'argent. Comme ça même si c'est vrai, vous avez une bonne raison de refuser et de garder votre argent (rooooh faites pas ça, faut toujours aider sa maman hein).
Un VPN, avec ses fonctionnalités de privacy avancées ne vous rend pas invincible. Mais il rend la vie des escrocs bien plus compliquée. Et, en 2026 et au-delà, chaque couche de protection compte. Votre identité est votre bien le plus précieux. Ne la laissez pas finir sur un dark web market, vendue au prix d'un sandwich. Surtout que vous pouvez vous protéger pour moins cher que ce sandwich, moins de 3€/mois TTC (80.63€ au total pour 2 ans + 3 mois offerts + 1 semaine d'essai gratuit).
Depuis ce printemps, sachez qu'un git clone ordinaire peut maintenant récupérer un dépôt qui n'existe sur aucun serveur spécifique. En fait, le code est stocké dans Freenet, le réseau pair-à-pair qu'Ian Clarke a relancé en mars. Et comme y'a plus d'hébergeur, bah y'a plus personne pour fermer un compte ou shooter le dépôt.
Car Git est décentralisé depuis toujours et fonctionne très bien comme ça, puisque chaque clone contient l'historique complet, ce qui permet à 2 clones de se synchroniser directement. Ce qui lui manquait par contre, c'était l'hébergement, et c'est là-dessus que les forges que nous connaissons, Github en tête, sont venues capitaliser. Y'a bien des initiatives comme
Grasp qui essaie d'en sortir grâce au protocole Nostr
mais
freenet-git
lui range carrément le dépôt dans un contrat que les nœuds recopient, et se publie lui-même à l'adresse freenet::99TmCayXn6Tm/freenet-git.
Cloner ou publier du code exige donc le paquet freenet-git et un nœud qui tourne sur votre machine, ce qui fait qu'on ne supprime pas vraiment le serveur, mais on le ramène juste chez soi.
Le socle compte plus que l'application dans cette présentation. Les contrats et les delegates forment la couche où une app tourne sans backend, et quatre tournent déjà dessus : River pour le chat de groupe, Delta pour les sites, Atlas pour la recherche, et freenet-git pour le code. Mail, Raven et Harvest existent aussi, à un stade plus jeune.
L'adresse du dépôt sort des 12 premiers caractères de la clé publique de son propriétaire, et à ce stade expérimental, lui seul peut pousser dedans. Y'a pas non plus de pull requests, ni d'issues puisque c'est le modèle du noyau Linux d'avant les forges, où chacun publie son clone et le mainteneur vient y piocher ce qui l'intéresse.
Reste le plus dur maintenant, retrouver un dépôt.
Car sans annuaire, un nœud doit deviner lequel de ses voisins mettra le moins de temps à trouver ce qu'on lui demande. Le réseau traite ça comme un problème d'apprentissage et parie sur le bon voisin à partir des requêtes passées grâce à Renegade, une bibliothèque open source sortie en 2021, capable de faire ce calcul.
Installer freenet-git
Il faut une chaîne Rust, et ~/.cargo/bin doit être dans votre PATH. Les installeurs du nœud sont sur freenet.org/quickstart.
curl --proto '=https' --tlsv1.2 -sSf https://sh.rustup.rs | sh
Rust n'entre dans le PATH qu'au shell suivant, donc ouvrez un nouveau terminal avant la commande d'après. Elle dépose deux binaires, freenet-git et le remote helper que Git appellera tout seul.
cargo install freenet-git
Cloner un dépôt qui existe déjà
Aucune identité n'est nécessaire pour lire. La bibliothèque standard de Freenet fait un bon test, elle porte son historique complet et ses tags.
git clone freenet::96rknpy1GYhZ/freenet-stdlib
Publier le vôtre
C'est create qui publie réellement le contrat. Il affiche PUT confirmed by host et l'adresse du dépôt, dont le préfixe se recopie dans le remote. La phrase de passe voyage par une variable d'environnement parce que Git garde la main sur l'entrée standard durant le push.
Et voilà ! Avec ça vous pouvez faire du vrai git décentralisé même si la vraie limite est ailleurs...
En effet, les nœuds gardent en cache ce qu'on leur réclame et évacuent le reste, donc un dépôt que personne ne clone finit au bout d'un moment par ne plus être clonable. Et ça c'est dommage... C'est pourquoi une commande (rescue), le remet en circulation depuis une machine qui a encore les données. Le projet ne présente toutefois pas ça comme un bug, mais comme son modèle de durabilité actuel.
Mais autant le savoir avant d'y déposer votre code.
Vous rentrez de soirée à moitié bourré, vous ouvrez Paramètres, Applications, Applications installées, et vous cherchez OneDrive Photos pour le virer... Mais il n'y est pas ! Rassurez-vous, ce n'est pas à cause des effets de l'alcool car l'application est pourtant bien sur la machine, avec son icône moche dans le menu Démarrer et son interface photo qui s'ouvre très bien quand on clique dessus... ALORS POURQUOI NE PEUT ON PAS VIRER CETTE COCHONNERIE ???
Hé bien Microsoft a reconnu avoir distribué cette nouvelle interface "photo" plus largement que prévu sur Windows 11 sans anticiper que des gens auraient envie de le virer. Le déploiement était involontaire, mais le résultat est quand même arrivé sur votre disque et vu la
réputation de OneDrive côté dark patterns
, l'envie de nettoyer tout de suite se comprend...
Mais rassurez-vous, je vais vous aider !
Étape 1 - Trouver ce qui est réellement installé
OneDrive Photos n'est pas une application séparée, c'est le binaire OneDrive.App.exe livré à l'intérieur du client de synchronisation OneDrive.
Voilà pourquoi Windows ne lui donne aucune entrée de désinstallation.
Son emplacement dépend en réalité du mode d'installation du client. En installation par utilisateur, il atterrit dans votre profil. En installation pour toute la machine, il va dans Program Files. Cette commande ci-dessous teste donc les deux et affiche la version trouvée.
Ce que Windows vous laisse supprimer facilement par contre, ce sont les raccourcis. Ils se posent au niveau de la machine et dans votre profil, donc menu Démarrer et bureau. Par contre, ouvrez PowerShell en administrateur sinon, vous ne pourrez pas les virer.
Le script affiche alors chaque raccourci retiré. Tapez ensuite "OneDrive Photos" dans le menu Démarrer, et vous verrez plus rien ne remonte.
Pourquoi ça ne suffit pas ?
Mais vous l'avez compris, le binaire, lui, n'a pas bougé. Vous avez nettoyé le point d'entrée, mais pas désinstallé l'application. Un double-clic sur OneDrive.App.exe rouvrira l'interface photo comme avant, et une mise à jour du client peut très bien rétablir le raccourci...
Et non, il n'existe aucune clé de registre ni stratégie de groupe pour bloquer proprement cette application, même sur un parc géré. Pas d'interrupteur à débrancher comme avec
RemoveWindowsAI face à Copilot
. Les scripts qui circulent suppriment des .lnk, rien d'autre.
Alors comment on fait ? Hé bien on passe à l'étape 3 !
Étape 3 - Retirer OneDrive en entier
Car la seule suppression réelle aujourd'hui, c'est de désinstaller le client OneDrive en entier, ce qui n'a de sens que si vous ne vous en servez pas. Le dossier d'installation part avec, donc le binaire photo aussi. Avant de lancer quoi que ce soit, si vous utilisez les fichiers à la demande, faites donc un clic droit sur les dossiers qui comptent et cochez "Toujours conserver sur cet appareil".
winget uninstall --id Microsoft.OneDrive
Le même résultat s'obtient depuis Paramètres > Applications installées > Microsoft OneDrive > Désinstaller. La synchronisation locale s'arrête là, mais vos données restent en ligne et rien n'est supprimé côté Microsoft.
Pour vérifier le résultat, relancez alors la commande de l'étape 1. Plus aucun chemin affiché, le binaire a quitté les emplacements contrôlés. Si un chemin encore là, c'est qu'un client OneDrive traîne toujours, souvent dans un autre profil utilisateur.
Ensuite, pour revenir en arrière, il faudra réinstaller OneDrive depuis le site officiel de Microsoft. Mais si la synchro de vos fichiers revient, sachez que l'interface photo aussi. Les deux voyagent ensemble comme des bro incels soudés à la vie à la mort.
Alors que faire ?
Hé bien faudra attendre septembre..
Car oui, youpi, Microsoft annonce pour septembre 2026 un contrôle qui retirera OneDrive Photos seul, sans couper la synchronisation. Donc si vous tenez à OneDrive, attendre quelques semaines vous coûtera moins cher qu'une désinstallation complète.
Je m'intéresse à la sécurité mobile depuis un paquet d'années, et cette attaque-là, je ne l'avais jamais vue. Le point de départ n'est ni le réseau, ni un SMS piégé, ni une appli vérolée. C'est la carte SIM elle-même ! En effet, des
chercheurs
de l'université de Birmingham et de Fuzzware lui ont fait donner des ordres au modem qui l'héberge.
Le mécanisme s'appelle RUN AT et c'est une commande proactive puisque la carte ne se contente pas de répondre à l'appareil, mais elle lui demande aussi d'exécuter une commande AT. C'est
ce même langage
qui pilote les modems depuis le Hayes Smartmodem de 1981 donc autant dire qu'on a là, une vraie console générique dispo sur un bout de plastique.
Et sur une borne de recharge Autel, ça donne tout simplement une exécution de code. Le module Quectel qui l'équipe, fait passer le texte reçu dans un appel shell, avec une liste noire de caractères censée bloquer les échappements. Mais un simple retour à la ligne passe au travers... Et voilà comment 2 étapes plus loin, les chercheurs sont parvenus à faire tourner leur propre code, piloté depuis la SIM. Décidément, les
bornes de recharge collectionnent les mauvaises surprises
.
Autre exemple sur un smartphone OPPO Reno 14 F 5G, où une seule commande coince le téléphone en 2G... Son propriétaire ne peut alors plus revenir en arrière : ni le mode avion, ni la sélection manuelle du réseau, ni la désactivation de la SIM dans les réglages ne permet de restaurer de la 5G ou de la 4G. Or la 2G n'a pas d'authentification mutuelle, donc une
fausse antenne
redevient un facteur de risque sur ce genre de matos récent. Deux autres commandes éteignent même le téléphone ou tuent son modem.
Reste la condition d'entrée, et elle est lourde : la carte doit déjà être hostile. Cela passe au choix par un échange physique, un interposeur glissé sous la puce, un opérateur compromis, ou du sabotage en usine... Mais surtout, rien là-dedans n'exploite de bug exotique. En fait, cette capacité est écrite dans les spécifications cellulaires, ce qui fait dire au chercheur Marius Muench que ces attaques sont conformes au standard.
Maintenant sur votre téléphone perso, le scénario d'une telle attaque reste assez serré. Mais sur un boîtier 4G oublié dans un local technique, beaucoup moins. Sur 26 appareils testés, 9 exposent l'interface, dont 6 modems IoT sur 8, contre 3 téléphones sur 18. Par contre, ni iPhone ni Pixel ne sont faillibles et Qualcomm a préparé une configuration durcie qui la coupe par défaut. De son côté, Quectel travaille encore dessus...
Bref, si vous exploitez des équipements cellulaires sur le terrain, une seule question au fournisseur du module suffit : RUN AT est-il activé, et peut-on le couper ? Notez qu'aucune attaque de ce type n'a été signalée pour le moment.
Dans la série "les gens qui assurent notre sécurité n'ont pas fait leur job jusqu'au bout", voici une chouette histoire de caméras montées sur les drones navals de la Royal Navy qui, ÉVIDEMMENT, envoyaient des signaux vers une adresse IP située en Chine. Et cette découverte ne vient pas d'une opération de contre-espionnage mais d'une simple évaluation de vulnérabilité de routine, menée par le ministère de la Défense britannique sur son propre matériel.
Ces caméras sont celles qui équipent les K3 Scout, des bateaux sans équipage que la Royal Navy et les Royal Marines utilisent pour la surveillance et la protection de force.
Et le signal en question porte un nom que tout le monde connaît en domotique : un heartbeat. C'est le ping le plus banal qui existe, celui qui dit "je suis en ligne, je fonctionne" et rien d'autre. C'est le même que crache votre caméra IP du salon, dont
je vous parlais déjà avec OpenIPC
.
Le ministère britannique affirme qu'aucune donnée sensible, aucun système militaire et aucune donnée gouvernementale n'ont été consultés, compromis ou transmis hors des canaux autorisés et ajoute que ses procédures de test ont repéré le problème "tôt".
La connectivité internet des caméras a quand même été coupée puisque même si ça n'a l'air de rien, un mouchard qui se contente de dire bonjour reste un mouchard qui connaît le chemin.
Reste maintenant la question de comment ce composant est arrivé sur un engin de reconnaissance militaire. En fait, les caméras ne viennent pas de Kraken Technology Group, le constructeur britannique du K3 Scout, mais d'un sous-traitant tiers qui pourtant avait fourni des assurances sur le fait que ses caméras répondaient aux exigences de sécurité, y compris celles rattachées au National Defense Authorization Act américain.
Bref, de la paperasse, des assurances, mais pas un démontage ni une capture de trafic... Kraken dit avoir mené un audit complet avec la Royal Navy une fois les communications découvertes. J'espère bien ^^ !
Côté portée, ça concerne les 20 K3 Scout achetés dans le cadre du Project Beehive, un programme de 12,3 millions de livres, en service chez les Royal Marines depuis mars.
Le Telegraph
, qui a sorti l'affaire, écrit que du matériel lié à la préparation d'une éventuelle mission britannique dans le détroit d'Ormuz avait été enregistré sur ces appareils.
Par contre, ce qu'on ne sait toujours pas, c'est la marque de la caméra et la nature exacte du composant chinois car aucun rapport ne les nomme pour le moment... Mais j'espère que ça n'a pas été aussi intégré sur du matos français...
Vous jouez sous Linux et votre bibliothèque Steam, GOG ou Epic tourne à peu près entièrement grâce à
Proton
? Cela signifie que, malheureusement, vos jeux Xbox PC et ceux du Game Pass, eux, restent à la porte... C'est con d'avoir un catalogue entier, payé tous les mois rubis sur l'ongle et de ne pas pouvoir y toucher ailleurs que sous Windows, via le streaming cloud.
Mais cette époque est révolue puisque Xodus est un projet open source qui rétro-ingénierie la chaîne Xbox PC pour faire tourner ces jeux directement sur Linux. Son dépôt coche déjà la connexion de l'appareil, celle du compte, l'autorisation Xbox, la récupération des licences, le téléchargement des paquets de jeu et le déchiffrement des exécutables à la demande. Bref, la douane est passée (non pas Hamza, celle de Microsoft).
Ce qui bloquait n'a jamais été Proton puisqu'en fait un jeu Xbox PC moderne repose sur le GDK de Microsoft et arrive emballé dans un conteneur MSIXVC chiffré, dont les clés dépendent de la licence attachée au compte.
Rien à voir donc avec un .exe posé dans un dossier.
L'équipe, emmenée par Paweł Lidwin qui contribue aussi à
Heroic
, a donc dû fabriquer ses propres briques, une bibliothèque d'authentification Xbox, un lecteur capable de parcourir ces conteneurs, et surtout une réimplémentation libre de xgameruntime.dll, le composant par lequel les jeux réclament les services Xbox (Celle-là est toujours en chantier). Le projet entretient même ses propres versions modifiées de Wine et de Proton.
Sauf qu'on ne joue toujours pas... Aucun binaire n'est distribué, il faut tout compiler soi-même, et les fameux services Xbox doivent encore être servis aux jeux à travers Wine. Le lancement, c'est donc le gros morceau restant même si un jeu auquel vous avez droit se récupère et se déchiffre.
Côté catalogue, il faut du GDK et du MSIXVC. Le MSIXVC2 n'est pas géré, Gears of War 4 reste sur le carreau, et les titres rétrocompatibles se récupèrent mais réclameront peut-être des correctifs dans wine ou dxvk. Quant au déchiffrement, il s'appuie sur les instructions AES du processeur. Cela signifie que sur une machine trop vieille pour les avoir, ça ne ramera même pas... ça s'arrête juste net sur une instruction "illegal".
Et puis, vous vous en doutez, il y a Microsoft... Le projet n'est ni affilié ni approuvé par Redmond, donc c'est à utiliser à vos risques et périls, car rien n'empêche l'éditeur de changer une clé ou de modifier un bout du protocole et de refermer la porte du jour au lendemain. Avec Xodus, personne n'a rien promis, et c'est un pari sur un avenir incertain... Toutefois le
dépôt
avance bien quand même, sans binaire à la clé pour le moment.
Cloudflare Computer
est un projet qui donne à votre agent IA un endroit rien qu'à lui. C'est-à-dire un vrai système de fichiers, avec des dossiers, des fichiers qui restent, et de quoi lancer des commandes dedans. Bref, un vrai poste de travail que l'agent garde entre deux sessions, au lieu de repartir de zéro à chaque fois, puisque tous les fichiers sont rangés dans une base SQLite.
Le système de fichiers s'utilise ensuite comme n'importe quel autre. Lire, écrire, créer un dossier, lister, supprimer, et un grep intégré pour fouiller dans le tas. Pour tout le reste, il n'y a qu'une fonction à retenir, exec(). Vous lui passez une commande, et elle vous rend la sortie et le code de retour.
Ce qui change par contre, c'est l'endroit où la commande tourne. 3 environnements sont disponibles et interchangeables sur les mêmes fichiers. Il y a d'abord un conteneur Linux complet, avec npm, node et de vrais binaires. Ou un shell léger pour les commandes simples. Et enfin, un dernier qui exécute directement votre code, sur une base neuve à chaque appel.
Comme ça, vous passez de l'un à l'autre sans réécrire une ligne de votre agent.
Les 9 exemples fournis montrent bien ce qu'on peut en tirer quand on aime bidouiller. Le plus parlant fait par exemple tourner un agent de discussion qui prendra l'espace de travail comme répertoire courant, donc qui travaillera dans de vrais fichiers au lieu de tout garder en mémoire.
Un autre colle
pandoc
dans le conteneur et laisse l'agent transformer une fiche markdown en PDF. Il y en a aussi un qui fabrique des images avec Workers AI, un quatrième joue sur les politiques de sortie réseau pour décider ce que l'agent a le droit de joindre, et enfin, un dernier génère un projet Worker complet, puis le publie.
Il y a même une interface web qui balance la même tâche dans le conteneur et dans un environnement léger, côte à côte.
Reste à savoir ce qui est gratuit là-dedans... Le code est sous licence MIT, et le système de fichiers seul, sans aucune exécution, tourne sans souci dans le plan Workers gratuit puisque les Durable Objects qui portent ce stockage y sont inclus, avec 100 000 requêtes par jour et 5 Go d'espace.
Il faut un compte Cloudflare, évidemment...
Puis si vous voulez faire tourner des vraies commandes ou avoir un shell, faudra payer puisque le conteneur comme les environnements légers réclament le plan Workers payant, facturé 5 dollars par mois au minimum.
Après j'ai quelques réserves quand même parce que le projet est très récent, encore en preview et clairement inadapté à de la production. Ensuite, la limite technique d'un espace de travail tourne autour de 10 Go, et les accès disque lourds restent plus lents que sur un vrai disque. Puis surtout, tout vit chez Cloudflare, et pas chez vous (si vous préférez l'inverse,
je vous avais montré workerd
, le moteur des Workers en local).
Mais bon, c'est à garder à l'œil si vous êtes client Cloudflare.
Voici une bonne nouvelle du côté de Chrome puisque ce dernier a commencé à enfermer la clé qui signe votre session dans la puce de sécurité de votre machine, c'est-à-dire le TPM sous Windows, ou la Secure Enclave sous macOS. Le serveur envoie un défi, le navigateur le signe, et la clé privée ne sort jamais du silicium. Ainsi, un cookie de session recopié ailleurs ne suffit donc plus à entrer dans votre compte.
Ça s'appelle DBSC, pour device-bound session credentials et comme le résume Scott Helme, qui vient de déployer le protocole chez Report URI : "*L'attaquant peut voler le cookie, mais il ne peut pas répondre à un défi DBSC en le signant avec la clé privée, qui reste en sécurité sur votre appareil *".
Depuis que la double authentification et les passkeys se généralisent, voler un mot de passe ne rapporte plus grand-chose et c'est pour cela que les attaquants sont passés au cookie de session, un bout de texte qui prouve au site que vous êtes déjà bien connecté.
Ils le récupèrent avec un infostealer, ou avec une page de phishing qui relaie votre vraie connexion, comme le faisait la plateforme
Tycoon 2FA démantelée par Europol
. Ensuite ils collent le cookie dans leur navigateur et héritent de votre session. Et votre bonne vieille 2FA n'y change rien, puisqu'elle est déjà passée.
Donc ce DBSC c'est une bénédiction, surtout que côté utilisateur, il n'y a rien à activer.
Google a basculé ses propres comptes dessus fin mai, sur Chrome pour Windows, et il n'existe ni réglage administrateur ni réglage utilisateur pour le couper. Pour le reste du web, il faut évidemment que le site ait implémenté le protocole de son côté, et Chrome ne l'ouvre encore qu'à une partie des utilisateurs (dispo à partir de la version 147 sous Windows et 150 sous macOS).
Pour vérifier si c'est en place chez vous, ouvrez les outils de développement (F12) sur un site où vous êtes connecté, votre compte Google par exemple, onglet Application, et cherchez "device bound sessions". Si la ligne apparaît, c'est que c'est actif. Sinon, c'est que le site, votre version de Chrome ou votre machine ne suivent pas encore, et Chrome retombe alors sur la session classique sans rien casser.
Sur Firefox, en revanche, il ne faudra pas l'attendre car Mozilla a acté début août une
position officielle négative
sur le sujet. Les deux reproches que fait Mozilla c'est que DBSC laisse une fenêtre ouverte pendant laquelle un cookie volé reste utilisable, et que son flux de réauthentification est un protocole ad hoc qui ne colle pas à la gestion normale des cookies.
Mozilla craint aussi qu'on finisse par exiger des sites une attestation matérielle, ce qui limiterait le choix du matos... Google répond que rien de tel n'est prévu, et que faire signer chaque requête s'est révélé infaisable à grande échelle. Mais bon, cette position négative n'interdit pas une implémentation future... On verra bien. Apple, elle, n'a jamais tranché, mais a prévenu que DBSC risquait de compliquer la restauration d'un appareil depuis une sauvegarde.
Bref, aujourd'hui, ça se joue donc sur Chrome, et seulement là où le site a implémenté DBSC, mais je pense que ça s'étendra de plus en plus à l'avenir.
Diagram-design
, c'est un skill pour Claude Code, Codex et Pi qui vous fabrique un schéma technique sous forme de fichier HTML autonome. Vous double-cliquez, ça s'ouvre dans le navigateur, et le diagramme est là, super clean et sans avoir à faire de build ou importer des images.
27 types de diagrammes sont couverts, du schéma d'architecture au diagramme de séquence en passant par la machine à états, le Gantt et le quadrant, chacun en 3 variantes : claire, sombre et éditoriale. Bref, de quoi illustrer une doc ou un article de blog sans dessiner les boîboîtes vous-même, une par une comme dans un
Excalidraw
.
Le type Loop, avec son moyeu de mémoire partagée. Les pointillés sont les écritures en retour.
Il sait aussi partir de ce que vous avez déjà. Vous lui pointez un fichier draw.io ou un bloc Mermaid planqué dans un README, et il le reprend. Attention, ce n'est pas une conversion hein, mais un re-dessin (ça se dit ?? j'sais pas mais je m'en fous) complet. Il va même récupérer le diagramme embarqué dans un .drawio.png, vous savez, celui qui ressemble à du charabia quand vous ouvrez le fichier dans un éditeur.
Ce qu'il jette au passage ce sont les coordonnées de la source, sa palette, ses polices, les connecteurs en diagonale de draw.io et la mise en page automatique de Mermaid. Ce qu'il garde par contre, ce sont les composants, les relations, les regroupements et le sens de lecture.
À la fin de l'import, il rend même un genre de relevé de fidélité en vous indiquant les noeuds en entrée, les noeuds qu'il a dessinés et les noeuds orphelins qu'il a supprimé.
Un fichier draw.io de 12 nœuds redessiné en niveau de détail équilibré, pour un billet de blog.
La sortie se règle ensuite sur 4 critères. Le format d'abord, HTML, SVG ou PNG. Puis la taille, qui ne touche pas que le cadre. Une planche 16:9 destinée au vidéoprojecteur reçoit des libellés en 16px, une image de doc en reçoit des 12px.
Le troisième critère élague votre dessin, avec 24 nœuds au maximum en mode fidèle, 12 en équilibré, 7 en simplifié, et la coupe suit toujours le même ordre : les décorations, puis les doublons, puis les grappes de feuilles, puis l'infrastructure.
Le quatrième change le vocabulaire, mais pas le nombre de boîtes pour s'adapter au public à qui est destiné le diagramme. Pratique pour passer d'un diagramme hyper technique à quelque chose qui pourra être compris de la direction ou des commerciaux.
Reste l'allure du diagramme... Vous lui donnez par exemple l'URL de votre site, il lit la page d'accueil, en tire la couleur de fond, celle du texte, celle des boutons et la pile de polices, puis range tout ça dans des rôles, et voilà vous avez le design de vos rêves.
Mais surtout, avant d'écrire quoi que ce soit, il contrôle le contraste en AA. Si une de vos couleurs ne tient pas la route à la taille où vivent les libellés, entre 9 et 12px, il propose une valeur corrigée et explique pourquoi. Vous validez le diff, et le guide de style du skill est mis à jour pour tous les schémas suivants.
Et au premier schéma dans un nouveau projet, il refusera même de partir sur le thème par défaut sans vous demander. Il vous proposera naturellement d'aller consulter votre site, de coller vos couleurs à la main, ou encore d'assumer le défaut en connaissance de cause.
Côté installation, ça passe par les plugins pour Claude Code et Codex, par npx pour Codex, par une ligne pour Pi. C'est sous licence MIT et c'est gratuit. Tout est ensuite produit en local, et l'import Mermaid se contente de lire le texte, sans rendu ni appel réseau. Il n'y a que l'export PNG qui réclame un extra, à savoir Playwright, à installer à côté.
Maintenant, c'est pas le même usage qu'un bloc Mermaid qui lui est destiné à évoluer en permanence. Là c'est vraiment pour faire des rendus sous la forme d'une image finie et jolie. Donc à vous de voir !
Il y a quelques années je vous ai parlé d'un gros coup de cœur dans le style puzzle / énigme :
A Monster's Expedition
, créé par l'équipe de chez
Draknek & Friends
. Ils ne se sont pas arrêtés en si bon chemin, et proposent un nouveau concept aussi farfelu qu'ingénieux : bienvenue à bord du
Spooky Express
! 👻
Le principe est plutôt simple : amener à bon port (ou plutôt, à bonne gare) les différents personnages disposés sur la map. Sauf qu'il faut remplir à chaque fois certaines conditions : amener les vampires dans leurs cercueils, les zombies dans leurs tombes, les humains à la sortie, sans qu'ils se fassent manger... Sauf quand c'est nécessaire. xD
À nous de créer le chemin avec des rails. Si le nombre de rails que l'on peut poser est infini, on ne peut pas faire le moindre croisement ! C'est là que ça commence à devenir compliqué, ou en tout cas, que ça nous demande une once de jugeote.
Ça commence facilement, très facilement, puis chaque niveau apporte une nouvelle astuce, voire une nouvelle mécanique : la progression est vraiment très bien faite et le jeu se renouvelle régulièrement. On est poussés à avancer pour découvrir la suite. Ce n'est jamais trop frustrant car on a toujours le choix entre plusieurs niveaux, on avance à notre rythme.
Bon ok, parfois c'est frustrant, on retourne un problème dans tous les sens en se disant que c'est impossible... Puis on y revient le lendemain et on trouve du premier coup... Un classique. Ou pire, on montre à un pote qui nous donne immédiatement la solution. :D Bref, un jeu de puzzle / énigme !
Aucun bug à déplorer, une réalisation au poil, un univers cruel mais mignon, je recommande chaudement !
Lucas, lecteur de Korben.info, m'a écrit pour me montrer
Wayland-Wheeltani
, son outil qui ramène l'autoscroll au clic molette sous Wayland, et qu'il met à jour depuis ce printemps. C'est un peu dans l'air du temps de ce genre d'outils puisque fin juillet, je vous parlais déjà de
midscroll
, qui règle le même manque sous Linux. Wayland-Wheeltani vise le même geste, mais avec une idée nouvelle que l'autre n'a pas.
Le geste, donc... Vous le connaissez, on maintient le bouton du milieu, on éloigne la souris du point d'appui, et la page défile dans cette direction. Plus on s'éloigne, plus ça accélère et si on relâche, ça s'arrête net. Et si on repasse de l'autre côté du point de départ, hé bien le défilement s'inverse sur cet axe.
Toutefois, un mouvement minuscule ne déclenche rien, ce qui fait que sous le seuil, le clic molette reste un clic molette, collage de la sélection compris. Et comme le programme déchiffre les mouvements de la souris au niveau du noyau pour réémettre un genre de molette virtuelle, les applications au-dessus n'en savent rien. Pour elles, c'est juste une molette de souris ordinaire.
L'écart sur la méthode de fonctionnement avec Midscroll, c'est que Wayland-Wheeltani ne se lie pas à votre souris par son fichier dans /dev/input, dont le numéro bouge à chaque branchement, mais bien par son identifiant USB constructeur et produit. Le réglage survit ainsi aux redémarrages et aux changements de port, et le service la retrouve seul quand vous la rebranchez. C'est super si par exemple vous utilisez à certains moments un dock externe.
Le filtre par application, lui, existe des deux côtés, mais ne fonctionne pas dans le même sens. Midscroll démarre avec FreeCAD, OrcaSlicer et Minecraft déjà blacklistés alors qu'avec Wayland-Wheeltani, rien n'est filtré au départ, et vous pouvez exclure des applications ou n'en autoriser que quelques-unes grâce à une commande donnant l'identifiant précis de la fenêtre active. Hyprland, Sway et i3 sont ainsi supportés en direct, GNOME avec une extension fournie, KDE avec kdotool. Et l'autoscroll, lui, marche sur toute session Wayland.
Pour le reste, il faut une session Wayland, systemd en mode utilisateur et l'accès à /dev/uinput. L'installation dépose une règle udev visant votre souris, ce qui évite de faire tourner le service en root au quotidien.
Après la limite, vous la connaissez puisqu'elle est dans le nom : Wayland-Wheeltani ne couvre que Wayland, là où midscroll gère aussi X11. Donc si votre session est encore en X11, vous n'aurez pas le choix. Par contre, si elle est en Wayland et que vous passez votre temps à débrancher / rebrancher votre souris et qu'elle change de port sans cesse, c'est celui-ci qu'il vous faut.