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late.sh - Le BBS ressuscité en SSH, avec NetHack dedans

Par : Korben ✨
22 juillet 2026 à 09:21

Vous tapez dans votre terminal ssh late.sh et c'est tout. Votre clé SSH fait alors office de carte de membre et vous voilà dans un salon peuplé de gens qui tapent sur leur clavier depuis un peu partout sur la planète. C'est ce qu'a imaginé Mateusz Piórowski, un dev polonais, qui a passé ces derniers mois à ressusciter le BBS.

Vous atterrissez dans THE LATE BAR, un vrai décor en ASCII où vous marchez en utilisant les flèches du clavier ou les touches hjkl. Vous vous asseyez avec s, vous faites coucou avec w, et la touche i ouvre la ligne de saisie pour parler. Y'a un barman, un jukebox, un salon à côté, des habitués affalés aux tables et une porte mystérieuse marquée DOORS...

THE LATE BAR, vu depuis la démo web en lecture seule de late.sh

Le reste du club tient dans le même terminal avec une radio qui tourne en fond, un tableau ASCII collaboratif dont chaque case garde le nom de qui l'a peinte, des profils pour dire sur quoi vous bossez, un fil de news et une arcade avec 2048, sudoku, nonogrammes et solitaire. Il y a même un bonsaï qui pousse pendant que vous codez.

Mais je reviens un peu sur cette porte mystérieuse dont je vous parlais juste avant… Derrière se cachent ce qu'on appelle les door games. Pour les moins de 40 ans, dans les années 90, un "door" c'était le jeu externe qu'un BBS lançait pour vous, le temps de votre session. C'était le cœur social de ces machines, et si vous voulez goûter un peu à l'ambiance de l'époque, l'opération Sundevil vous en donnera un bon aperçu. Le bien inspiré Piórowski les a donc remis en ligne ! Et ce sont les vrais, hein, pas des remakes.

On y trouve par exemple NetHack, Dope Wars, Dungeon Crawl Stone Soup ou encore Usurper. Chaque jeu a sa crate Rust dédiée qui lance le vrai binaire Unix sur un PTY et vous le proxifie dans votre session SSH.

Vous pouvez également faire tout tourner chez vous en clonant le dépôt puis en faisant un make start, puis vous connecter en ssh localhost -p 2222. Un CLI compagnon gèrera alors la lecture audio en local avec un visualiseur synchronisé.

Côté vie privée, sachez que le serveur garde l'empreinte de votre clé, et pas la clé publique entière, et vos scores comme vos messages n'y sont rattachés que par cette empreinte. Il n'y a aucun log d'IP ni d'analytics mais si vous restez méfiant vous pouvez générer une clé jetable et vous connecter avec :

ssh-keygen -t ed25519 -f ~/.ssh/late_throwaway
ssh -o IdentitiesOnly=yes -i ~/.ssh/late_throwaway late.sh

Après c'est pas l'open, source, puisque le code est publié sous licence FSL-1.1-MIT. Vous pouvez donc lire, auditer, modifier, forker et contribuer, mais pas monter un service public concurrent. Quoi qu'il en soit, chaque version bascule ensuite sous licence MIT, 2 ans après sa sortie. Piórowski assume ça très bien et le documente dans son dépôt.

L'autre limite, c'est la taille car toute l'infra tourne sur un seul nœud Kubernetes plafonné à 1000 connexions simultanées, donc autant dire que le service va rapidement être victime de son succès

Mais moi j'ai trouvé ça super cool, c'est pour ça que je vous le partage. Je vous ai montré Soft Serve pour héberger son Git en SSH , The Lounge pour garder IRC en vie , Ascii Patrol pour jouer en caractères ... et voilà maintenant un salon complet qui revient !

Bref, ssh late.sh et vous verrez bien ce que ça donne !

Source

Bornes de recharge - Un SSH root au bout du câble CCS2

Par : Korben ✨
21 juillet 2026 à 13:47

Le gros câble que vous branchez sur votre voiture électrique, celui qu'il faut soulever à deux mains et qui pèse le poids d'un âne mort, dispose de 2 choses : Du courant, et un réseau. Lionel Richard Saposnik, chercheur chez SaiFlow, a eu la curiosité d'aller voir ce qui traîne sur ce réseau-là et vous allez voir, c'est pas triste...

Quand vous clipsez le pistolet dans la trappe, votre bagnole et la borne montent une liaison IPv6 entre elles, par courant porteur, sur deux broches du connecteur CCS2. Elles se causent en respectant la norme ISO 15118 pour négocier vos ampères, votre tension, le prix de votre kWh.

Le simulateur de véhicule se branche sur la prise et atteint la carte de la borne. Schéma SaiFlow.

Lors de ses tests, sur une borne rapide XCharge C6, il a trouvé un service SSH (Dropbear) qui écoute sur le port 22 et un Telnet (BusyBox) sur le port 23. Et sans surprise, le login c'est root et le mot de passe... bah c'est "root" aussi !! Mdrrrr ! Donc vous branchez votre voiture, vous vous connectez en SSH et vous êtes root !!

La raison c'est que les services d'administration de la borne écoutent sur 0.0.0.0, autrement dit sur toutes les interfaces réseau de la machine. Sauf que parmi ces interfaces, y'a can0 pour le bus CAN interne, eth0 pour le réseau de management... et surtout qca0 et qca1, les deux modems courant porteur des deux pistolets de charge. Écouter partout, ça veut donc dire aussi écouter du côté de votre voiture.

SSH et Telnet à l'écoute sur toutes les interfaces, celles du câble comprises. Capture SaiFlow.

Pour aller taper dessus, il lui a donc fallu seulement 130 $ de matos. De quoi tirer le Control Pilot à 9 V (5 à 10 $) pour faire croire à la borne qu'une voiture est connectée, un modem HomePlug Green PHY genre QCA7000 ou QCA7005 à 70 $, un Raspberry Pi à 50 $, et deux fils à mettre en contact avec le connecteur.

Et hop, avec tout ça, n'importe qui peut se retrouver sur le réseau interne de la borne. Et là, avec l'accès root, un attaquant peut faire tout un tas de choses comme voler le certificat SECC pour se faire passer pour la borne au moment où votre voiture s'authentifie en Plug & Charge, trafiquer le comptage de l'énergie, poser une backdoor dans un cron, rebondir vers le réseau de l'opérateur par le VPN de la borne, ou couper le refroidissement et la protection contre les surintensités.

Ça craint hein ?

Je vous avais raconté comment Charlie Miller a pris le contrôle d'une Jeep sur l'autoroute , ou encore comment une faille d'API permettait d'en déverrouiller à distance mais l'idée que la prise cause du réseau n'est pas neuve puisqu'en 2022 déjà, des chercheurs d'Oxford et d'Armasuisse avaient monté Brokenwire, une attaque qui coupait les charges à distance en brouillant ce même canal courant porteur, avec une radio logicielle LimeSDR et un ampli de 1 W. Ils ont tué des sessions jusqu'à 47 mètres, sur 8 voitures et 20 bornes rapides.

Ce qui change ici, c'est pas le canal, c'est ce qu'on trouve à écouter dessus car personne n'avait pensé à scanner la prise comme vous scanneriez un réseau d'entreprise.

L'avis publié par la CISA à ce sujet liste bien 3 failles sur la borne C6, mais une seule est notée 9,8 sur 10, et c'est celle du firmware qui s'installe sans vérification de signature. Les deux autres qui concernent la prise sont à 7,6, avec accès physique obligatoire. Je tiens à le préciser parce que j'ai vu passer des actus qui annoncent 3 failles à 9,8 partout et je n'y comprenais plus rien.

En tout cas, c'est corrigé. XCharge a poussé la mise à jour sur toutes les bornes concernées, et la CISA n'a constaté aucune exploitation dans la nature. Rassurez-vous donc, votre prochaine charge sur l'autoroute ne va pas transformer votre voiture en bagnole zombie explosive !

La France compte près de 200 000 points de recharge ouverts au public, et XCharge revendique une équipe sur place et plus de 2500 bornes rapides posées en Europe. C'est donc un modèle qui est touché mondialement et surtout, SaiFlow pense que le motif de cette faille se retrouve probablement chez d'autres fabricants, toutefois sans l'avoir démontré.

Bref, la prochaine fois qu'on vous dit qu'une borne c'est "juste" de la grosse électricité, vous saurez maintenant que c'est surtout un ordinateur avec une prise réseau dehors.

Merci à DjeDje pour l'info !

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Une demi-seconde a fait tomber la backdoor XZ - Voici son livre

Par : Korben ✨
19 juillet 2026 à 09:27

Une demi-seconde.

C'est le retard qu'ont pris les connexions SSH d'Andres Freund, ingénieur chez Microsoft, lors d'un benchmark de routine en mars 2024. Cette demi-seconde, Adrian Mastronardi, CTO de Habi et linuxien depuis 1996, vient d'en tirer un bouquin gratuit, Half a Second , qui raconte toute l'affaire XZ du début à la fin.

La plupart des gens auraient haussé les épaules mais lui, non. Il a tiré le fil, encore et encore, et a fini par déterrer une des backdoors les plus tordues jamais glissées dans un logiciel open source.

Half a Second, le livre gratuit d'Adrian Mastronardi sur le backdoor XZ

Pour ceux qui auraient loupé l'épisode, XZ Utils c'est un outil de compression qu'on retrouve sur à peu près tous les systèmes Linux, serveurs compris, donc autant dire une bonne partie d'Internet.

L'attaquant, lui, a joué le contributeur modèle pendant environ 2 ans. Gagner patiemment la confiance du mainteneur, puis glisser sa backdoor dans le code. Je vous en parlais à chaud à l'époque , le jour même de la découverte et quelqu'un avait même bricolé dans la foulée un agent SSH exploitant cette backdoor .

Mais la technique, dans ce livre, c'est presque secondaire. Le vrai sujet est dans le sous-titre : le travail invisible qu'il y a en dessous. Lasse Collin, le mainteneur de XZ, portait ce projet critique tout seul, bénévolement, et il était au bout du rouleau. Et c'est précisément cet épuisement que l'attaquant a retourné contre lui. Entre la pression des utilisateurs, les faux contributeurs qui râlent, la culpabilisation de ne pas pouvoir faire mieux tout de suite tout le temps.… Le mec a été intoxiqué / manipulé avant même que la moindre ligne de code.

Et des gars comme Lasse Collin, il y en a des milliers. Il y a des tas de gens qui maintiennent seuls gratuitement sur leur temps libre, des petites briques libres dont dépendent nos banques, nos hôpitaux, nos administrations et personne ne les paye, voire pire, personne ne les considère ni leur dit merci.

Et cela fait deux des proies faciles pour des attaquants bien organisés. Concernant le bouquin, rien à redire, la bibliographie s'appuie sur les rapports de l'OpenSSF, d'Akamai ou encore de Binarly. C'est une vraie enquête extrêmement bien sourcée qui ne tombe pas dans le charabaiat technique, ce qui fait que c'est parfaitement lisible pour tout le monde, même pour ceux dont la sécurité informatique n'est pas la spécialité.

Et le récit mélange les trois voix, celle du narrateur manipulé, celle de l'ingénieur curieux et celle de l'opérateur fantôme. Parce que oui je sais pas si vous savez, mais celui qui a fait cette backdoor n'a jamais été identifié et ne le sera peut-être jamais. Voilà, ça a l'air d'être un chouette bouquin distribué sous licence créative Commons non commercial. C'est donc gratuit et ça le restera pour toujours.Par contre, c'est en anglais, donc faudra faire un petit effort. Mais n'importe qui peut le traduire si ça l'amuse.

Bref, si l'affaire XZ vous avait marqués, c'est le récit qu'il vous fallait.

À lire ici en PDF ! Et merci à LWN d'avoir repéré le bouquin.

Ubiquiti : Comment mettre à jour UniFi Network Application via SSH ?

Hey ! Bonjour à toutes et à tous ! 🤙 Nous voilà de nouveau réunis pour cette fois-ci parler Ubiquiti et plus précisément comment mettre à jour UniFi Network Application via un accès SSH. Pour rappel, la dernière fois, nous avions vu comment mettre à jour un point d’accès via SSH. Introduction UniFi Network Application, …
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