Windows 11 : Microsoft évoque un retour des applications natives face aux web apps
Après plusieurs années marquées par la montée des applications web dans Windows 11, Microsoft semble amorcer un changement de stratégie.
Selon un ingénieur de l’entreprise, les applications natives pourraient revenir au centre de l’expérience utilisateur, un tournant qui pourrait corriger certaines limites des technologies web utilisées jusqu’ici.
Un modèle basé sur le web… mais pas sans défauts
Depuis Windows 10 et surtout Windows 11, Microsoft a progressivement intégré des applications reposant sur des technologies web via WebView2.
Cette approche permet de :
- développer plus rapidement
- partager le code entre plusieurs plateformes
- déployer des mises à jour côté serveur
Mais dans la pratique, elle montre aussi ses limites.
A lire :
Exemple concret : fonctionnement des applications WebView2 sous Windows 11
Ces captures du gestionnaire de tâches illustrent concrètement le fonctionnement des applications basées sur WebView2.
On observe deux comportements différents selon les applications.
WhatsApp : une application WebView2 “classique”
Dans le cas de WhatsApp, l’application repose directement sur WebView2.
On retrouve :
- plusieurs processus msedgewebview2.exe
- des sous-processus (GPU, réseau, stockage…)
- une architecture similaire à un navigateur web intégré
Concrètement, cela signifie que :
- chaque partie de l’application (affichage, réseau, scripts) fonctionne dans un processus séparé
- l’application utilise le moteur Chromium d’Edge en arrière-plan
- la consommation mémoire augmente avec le nombre de processus

Netflix : une application web via Edge (PWA)
Le fonctionnement est différent pour Netflix.
Dans ce cas :
- l’application repose sur Microsoft Edge (msedge.exe)
- elle utilise des processus WebView2 (msedgewebview2.exe)
- un processus pwahelper.exe agit comme un proxy pour gérer l’application
Cela correspond à une application web progressive (PWA), encapsulée dans Edge.
Concrètement :
- Edge reste actif en arrière-plan
- l’application fonctionne comme un site web isolé
- elle dépend entièrement du navigateur

Un impact direct sur les performances
Dans les deux cas, le fonctionnement repose sur Chromium, ce qui implique :
- plusieurs processus actifs
- une consommation mémoire plus élevée
- une dépendance au moteur Edge
Résultat :
- même une application simple peut consommer plusieurs centaines de Mo de RAM
- l’impression d’une application “lourde” par rapport à une application native
Ces critiques ont été régulièrement remontées par les utilisateurs.
Microsoft commence déjà à revenir vers le natif
Plus intéressant encore : ce retour vers le natif a déjà commencé.
Exemple clé : Le menu Démarrer de Windows 11, qui reposait en partie sur des composants React (technologies web), est progressivement migré vers WinUI.
Objectif :
- réduire la latence
- améliorer la réactivité
- offrir une expérience plus fluide
Cela confirme une tendance : Microsoft cherche à limiter l’usage du web pour les composants critiques du système.
Le rôle de .NET 10 dans cette transition
Cette évolution s’accompagne aussi d’un repositionnement côté développement.
Parallèlement, Microsoft mise aussi sur l’évolution de son écosystème de développement avec .NET, notamment avec l’arrivée de .NET 10. Cette nouvelle version vise à simplifier la création d’applications modernes, performantes et multiplateformes, tout en renforçant les capacités du développement natif sur Windows.
Avec .NET 10, Microsoft cherche à proposer une alternative plus solide aux applications web, en facilitant le développement d’applications rapides, mieux intégrées au système et moins gourmandes en ressources.
Un équilibre encore en construction
Ce changement ne signifie pas l’abandon des web apps.
Windows 11 reste aujourd’hui un système hybride, combinant :
- applications Win32
- composants modernes (WinUI / .NET)
- applications web via WebView2
En réalité, Microsoft semble encore chercher le bon équilibre.
Microsoft à la recherche de la bonne stratégie
Depuis plusieurs années, l’éditeur enchaîne les approches :
- UWP
- WinUI
- WebView2
- Electron
- et maintenant retour vers le natif
Ce qui donne une impression claire : Microsoft teste différentes technologies pour trouver la meilleure approche pour Windows.
Ce manque de direction claire a d’ailleurs été critiqué par de nombreux développeurs.

Un signal fort après les critiques sur Windows 11
Ce repositionnement intervient dans un contexte marqué par de nombreuses critiques autour de Windows 11. Les performances de certaines applications, le manque de cohérence de l’interface et la fragmentation entre différentes technologies ont régulièrement été pointés du doigt. En amorçant un retour vers des composants plus natifs, Microsoft semble vouloir corriger ces défauts et répondre aux attentes des utilisateurs, notamment en matière de réactivité, de stabilité et d’expérience globale.
Conclusion
Après avoir largement misé sur les technologies web avec WebView2, Microsoft semble amorcer un retour vers des applications plus natives.
Une évolution logique pour répondre aux critiques sur :
- les performances
- la consommation de ressources
- l’expérience utilisateur
Mais une question reste ouverte : Microsoft a-t-il enfin trouvé la bonne approche… ou est-ce une nouvelle étape dans une stratégie encore en construction ?
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