Le procès très médiatisé entre Elon Musk et Sam Altman débute le 27 avril 2026 aux États-Unis. Elon Musk reproche à OpenAI, qu'il a cofondée, d'avoir trahi sa mission originelle en devenant une entreprise obsédée par les profits et un partenaire de Microsoft. Le milliardaire a abandonné ses accusations de fraude, mais espère toujours faire dérailler l'entreprise derrière ChatGPT.
Dans son document S-1 déposé à la SEC en vue de son entrée en Bourse, SpaceX liste la fabrication de ses propres GPU parmi ses dépenses en capital en cours. Reuters a repéré l'extrait, qui fait partie des postes identifiés comme substantiels par l'entreprise, même si aucun chiffre précis n'est donné dans le document public.
Le projet passe par Terafab, le complexe de fabrication de puces IA que xAI, Tesla et SpaceX développent ensemble à Austin, au Texas. Jusqu'ici, Musk avait surtout évoqué des puces destinées aux voitures, aux robots humanoïdes et aux data centers spatiaux.
Le S-1 ajoute donc une pièce importante : des GPU, probablement pour alimenter l'ambition IA du groupe sans dépendre uniquement de Nvidia.
SpaceX prévient aussi ses futurs investisseurs qu'il pourrait manquer de puces pour soutenir sa croissance. L'entreprise ne dispose pas de contrats long terme avec plusieurs de ses fournisseurs directs, ce qui est la façon polie d'expliquer que la chaîne d'approvisionnement n'est pas vraiment sécurisée au-delà de quelques trimestres. L'IPO visée autour de 1 750 milliards de dollars se construit justement sur ce genre de promesses d'indépendance technologique, vous voyez donc où se situe le problème. Fabriquer en interne devient une sécurité contre la rupture et surtout contre l'explosion des prix du silicium dédié à l'IA.
Musk qui fabrique ses propres GPU, ça boucle aussi plusieurs morceaux de son empire. Tesla avait déjà la puce Dojo pour l'entraînement de ses modèles de conduite, xAI a besoin de capacités énormes pour faire tourner Grok, et SpaceX pousse carrément sur les data centers en orbite. Un fournisseur unique mutualisé entre les trois, ça permettrait l'air de rien d'écraser les coûts et de mettre Nvidia à une distance polie.
De son côté, Intel a mis des années à sortir sa gamme IA, et Google a pris son temps avec les TPU, et même Apple n'attaque pas Nvidia de front. Du coup, l'annonce dans le S-1 ressemble plus à une communication dédiée investisseurs qu'à projet clair et bien cadré.
Quoi qu'il en soit, Musk continue de construire sa verticalité complète, du lanceur à la puce. À ce rythme, il finira par acheter du sable et une centrale électrique dédiée.
xAI vient de déposer plainte devant un tribunal fédéral du Colorado pour faire annuler le SB 24-205, une loi qui doit entrer en vigueur le 30 juin prochain. Ce texte impose aux développeurs de systèmes d'IA "à haut risque" de mettre en place des garde-fous contre les discriminations algorithmiques.
Sont concernés les outils utilisés pour prendre des décisions dans l'emploi, le logement, l'éducation, la santé et les services financiers. En clair, si votre IA aide à trier des CV ou à accorder un prêt, elle doit prouver qu'elle ne discrimine personne.
Le problème pour xAI, c'est que Grok, son modèle phare, tomberait pile dans cette catégorie. L'entreprise d'Elon Musk estime que la loi l'obligerait à modifier le fonctionnement de son IA pour "refléter les opinions de l'État du Colorado sur la diversité et la discrimination" plutôt que de rester objective.
Le premier amendement comme bouclier
L'argument principal de xAI tient en un mot : liberté d'expression. Dans sa plainte, l'entreprise affirme que la loi du Colorado viole le premier amendement de la Constitution américaine.
Elle reproche au texte d'interdire aux développeurs de créer des systèmes d'IA qui produisent "un discours que l'État du Colorado n'aime pas", tout en les forçant à aligner leur travail sur les préférences de l'État.
C'est un angle juridique assez audacieux. Considérer qu'un modèle d'IA produit du "discours" protégé par la Constitution, ça revient à dire que le code et les réponses générées par une machine sont une forme d'expression. xAI demande au tribunal de déclarer la loi inconstitutionnelle et d'empêcher son application.
Washington contre les États
Derrière cette plainte, il y a un bras de fer plus large entre régulation fédérale et régulation locale. xAI cite des décrets de la Maison Blanche qui critiquent la multiplication des lois étatiques sur l'IA.
L'administration Trump pousse pour un cadre national unique, estimant qu'un patchwork de réglementations état par état freinerait la compétitivité américaine et poserait des problèmes de sécurité nationale.
Le Colorado fait figure de pionnier sur le sujet. Le SB 24-205 est l'une des lois les plus complètes du pays en matière de régulation de l'IA. Elle oblige les développeurs à fournir une documentation détaillée sur les risques de leurs systèmes, à publier un site web résumant leurs pratiques, et à signaler toute discrimination algorithmique découverte au procureur général dans les 90 jours.
xAI, qui a récemment fusionné avec SpaceX, attaque moins de trois mois avant l'entrée en vigueur du texte. Si le tribunal donne raison à Musk, ça pourrait décourager d'autres États de légiférer sur le sujet. À l'inverse, un rejet de la plainte renforcerait la légitimité de ce type de régulation locale.
En tout cas, utiliser le premier amendement pour protéger une IA de toute obligation anti-discrimination, c'est un précédent que beaucoup de juristes vont suivre de près.
Quelques semaines après avoir annoncé la fusion de SpaceX et xAI, Elon Musk dévoile TERAFAB, un projet de méga-usine de semi-conducteurs pour rendre ses entreprises indépendantes en puces. La promesse est ahurissante… mais semble difficilement tenable en l'état.
Le ministère américain de la Défense donne 72 heures à Anthropic pour lui accorder un accès sans restriction à son modèle d’intelligence artificielle Claude. En cas de refus, l’entreprise s’expose à de lourdes sanctions.