Selon des informations parues dans le Commercial Times, AMD travaillerait déjà sur la prochaine génération de ses processeurs Zen 7, qui seraient fabriqués sur le procédé A14 de TSMC. Une décision qui s'inscrirait directement dans la rivalité avec Intel et son futur nœud 14A.
256 cœurs CPU sur une seule puce. C'est ce que propose le nouvel Epyc Venice d'AMD, sixième génération de son processeur pour serveurs, dont la production de masse vient de démarrer chez le fondeur taïwanais TSMC.
Détail technique remarquable, c'est le tout premier processeur destiné au calcul haute performance (HPC, ces machines géantes qui font tourner les simulations climatiques, les modèles d'IA ou les calculs de chimie quantique) à être gravé sur le nœud de fabrication 2 nanomètres de TSMC, baptisé N2.
Petite mise en perspective pour situer la bête. Le plus gros desktop grand public d'AMD aujourd'hui tape dans les 16 cœurs et 32 threads. Venice, lui, monte à 256 cœurs et probablement plus de 500 threads sur une seule socket, sur une seule carte mère, dans un seul serveur. Vous prenez le processeur le plus musclé de votre PC, et vous le multipliez par seize. Voilà ce qu'AMD glisse dans une seule machine.
Côté chiffres, le constructeur annonce un gain de plus de 70 % en performance globale par rapport à la génération précédente (l'Epyc Turin, qui plafonnait à 192 cœurs), une densité de threads en hausse de 30 %, et surtout une bande passante mémoire qui plus que double, passant de 614 Go/s à 1,6 To/s par socket.
La connexion entre le CPU et le GPU est aussi multipliée par deux. Pour les data centers qui font tourner de gros modèles d'IA, où le goulot d'étranglement vient souvent de la vitesse à laquelle on alimente les puces de calcul, c'est un sacré bond.
Le passage en gravure 2 nanomètres est une étape importante. En pratique, le "2 nm" n'a plus grand chose à voir avec une mesure physique réelle, c'est devenu un nom commercial pour désigner une nouvelle génération de processus de fabrication chez TSMC.
Mais derrière, on parle bien d'une montée en finesse qui permet de caser plus de transistors par millimètre carré et d'améliorer le ratio performance sur consommation électrique.
Apple a sécurisé une bonne partie de la capacité initiale du fondeur sur ce nœud, et AMD est dans les premiers servis derrière. Intel, de son côté, n'a annoncé son équivalent P-core concurrent (les gros cœurs pour serveurs) que pour 2027 au plus tôt.
AMD a également confirmé que la génération suivante, baptisée Verano, est déjà sur les rails et que la production de Venice finira par déménager en partie dans l'usine TSMC d'Arizona, histoire de diversifier la chaîne d'approvisionnement face aux tensions géopolitiques autour de Taïwan (et faire plaisir à Trump).
Du coup, le combat AMD vs Intel sur le marché serveur prend un sacré tournant. Intel a passé deux ans à essayer de combler son retard sur les cœurs Zen, sans vraiment y arriver. Avec Venice, AMD lui laisse encore un an et demi à courir derrière.
Bref, pour qui pensait que la course aux cœurs serveurs commençait à s'essouffler, et bien non.
Nos confrères de chez
Phoronix
ont publié un comparatif des performances du tout nouveau Ryzen 9 9950X3D2 d'AMD sous deux systèmes : Windows 11 et Ubuntu 26.04 LTS. Le verdict est sans appel, Linux prend une avance très nette sur Windows sur la majorité des charges de travail testées.
Petit point pour ceux qui décrochent dès qu'on parle de processeur. Le 9950X3D2, c'est une variante Dual Edition du processeur haut de gamme d'AMD pour le grand public. Elle embarque 16 cœurs, 32 threads, et surtout une particularité plutôt rare : une mémoire cache 3D (le V-Cache, une couche de mémoire ultra-rapide empilée physiquement sur la puce) présente sur les deux blocs de cœurs, là où les versions précédentes n'en avaient que sur un seul.
En pratique, les deux moitiés du processeur peuvent piocher dans une grosse réserve de mémoire rapide, ce qui accélère pas mal de calculs gourmands.
Phoronix a fait tourner ses batteries de benchmarks habituelles : compilation de code, encodage vidéo, calcul scientifique, rendu 3D, base de données. Sur la majorité de ces tests, Ubuntu 26.04 arrive devant Windows 11, parfois de quelques pourcents, parfois beaucoup plus selon la charge. Quand on additionne tout, ça donne une moyenne nettement à l'avantage du pingouin.
C'est un constat qui revient quasi à chaque test du genre depuis plusieurs années. Linux fait souvent mieux tourner les processeurs serveur ou les CPU multi-cœurs musclés que Windows, notamment parce que son ordonnanceur (le bout du système qui décide quel programme tourne sur quel cœur et à quel moment) est plus malin avec les architectures complexes.
AMD, avec son design en deux blocs séparés et son cache 3D asymétrique, est typiquement le genre de processeur où ça compte vraiment.
Côté Windows, c'est un peu toujours la même histoire. Microsoft a fait des efforts ces dernières années pour mieux gérer les Ryzen, mais le système traîne encore quelques inefficacités et un fond plus lourd. Pour un gamer pur, ça n'a probablement pas grand impact. Mais pour un développeur, un créateur de contenu ou quelqu'un qui compile son propre code, l'écart commence vraiment à avoir du sens.
On peut d'ailleurs se demander si AMD finira par sortir une version officiellement labellisée Linux. Pour l'instant, rien d'annoncé. Mais bon, qu'un constructeur grand public reconnaisse explicitement que son matos tourne mieux sous Linux serait déjà une petite révolution culturelle.
Des tests indépendants avec une Radeon RX 9070 XT montrent que l’Advanced Shader Delivery réduit fortement les temps de lancement et les saccades dans les jeux
Vous n'avez pas de Mac Silicon, mais vous avez vu passer
mon article de ce matin sur vLLM-MLX
et son serveur d'IA local ? Hé bien bonne nouvelle, je suis tombé ce midi sur
Lemonade SDK
, un serveur d'IA local communautaire sponsorisé par AMD (et largement codé par leurs ingénieurs), qui joue dans la même cour, mais côté PC + Mac !
C'est la même logique qu'avec vLLM-MLX, vous installez le serveur (un paquet clé en main selon votre OS, pas de bidouille pip), et il expose un endpoint compatible API OpenAI sur http://localhost:13305/api/v1. Vos scripts tapent dessus au lieu d'envoyer vos prompts, et votre pognon, chez OpenAI.
Le démarrage tient en une ligne. Un lemonade run Gemma-4-E2B-it-GGUF lance un modèle, et un lemonade launch claude branche carrément Claude Code sur votre machine.
Sauf que là où vLLM-MLX s'appuie sur MLX pour les puces Apple, Lemonade vise les NPU Ryzen AI et les GPU Radeon. Et c'est tout l'intérêt du truc car depuis la 10.0 sortie en mars, le NPU XDNA2 des machines Ryzen AI récentes sert enfin à faire tourner des LLM sous Linux, et plus juste à décorer la fiche technique !
La 10.5 apporte également 2 nouveautés qui valent le coup. D'abord, le support macOS passe de bêta à officiel. Toutes les grosses fonctions sont validées sur Mac (le texte via llama.cpp et Metal, le reste via les autres moteurs embarqués) et ensuite, ça bascule sur ROCm 7.13 pour llama.cpp et la génération d'images.
J'ai pas de PC Ryzen AI sous la main pour tâter du fameux NPU, donc j'ai fait mes tests sur mon GPU Metal à moi. Notez qu'un lemonade list crache tout le catalogue, Qwen, Gemma, Llama, DeepSeek et compagnie.
Et ça dépote ! Un petit Qwen3-0.6B dans le chat intégré tourne à ~96 tokens par seconde avec mes 32 Go de RAM, c'est donc une réponse quasi instantanée. Après un modèle de 0,6 milliard de paramètres, c'est le poids plume du ring, donc comptez nettement moins sur un gros 8B, mais ça tourne nickel.
Du coup, sur Mac, vLLM-MLX joue la carte du natif Apple via MLX, alors que l'intérêt de Lemonade c'est surtout le cross-plateforme et le NPU Ryzen AI. Et comparé à
Ollama
, vous gagnez ce NPU mais aussi les fonctions audio (synthèse vocale, transcription) + un gestionnaire graphique de modèles pour piocher vos modèles. Et tout ça est sous licence Apache 2.0.
Bref, que vous soyez team Mac ou team Ryzen, c'est zéro ligne de facture API en fin de mois et surtout vos données qui restent chez vous !
AMD étend le support de FSR 4.1 aux cartes graphiques RDNA 3 et RDNA 2
La technologie de mise à l'échelle d'AMD, jusqu'ici réservée aux GPU RDNA 4, sera disponible sur les générations précédentes dès juillet 2026 pour les RX 7000, puis début 2027 pour les RX 6000.
Après plusieurs mois de silence sur le sujet, AMD a finalement annoncé l'arrivée de sa technologie FidelityFX Super Resolution 4.1 sur ses anciennes gammes de cartes graphiques. L'annonce a été faite par Jack Huynh, cadre chez AMD, via un post sur X.
Un calendrier en deux temps
Selon les informations communiquées, les propriétaires de cartes Radeon RX 7000, basées sur l'architecture RDNA 3, pourront accéder à FSR 4.1 dès juillet 2026. Les utilisateurs de cartes Radeon RX 6000, soit l'architecture RDNA 2, devront patienter un peu plus longtemps : AMD évoque « quelque chose d'intéressant » prévu pour début 2027, sans préciser de date exacte. La société annonce par ailleurs que la technologie sera compatible avec plus de 300 jeux dès son lancement sur ces plateformes.
Des critiques qui ont précédé l'annonce
Lancé en mars 2026, FSR 4.1 était jusqu'ici exclusivement disponible sur les cartes RDNA 4, c'est-à-dire la série Radeon RX 9000. Cette situation avait suscité des critiques au sein de la communauté des joueurs, d'autant que NVIDIA proposait déjà sa technologie DLSS à ses utilisateurs disposant de matériel plus ancien. AMD n'avait jusqu'alors pas communiqué sur ses intentions concernant un éventuel portage vers les générations précédentes.
Jack Huynh a indiqué que lui et son équipe travaillaient depuis un moment sur cette extension du support, sans que cela ait été rendu public. Cette annonce met donc fin à plusieurs mois d'incertitude pour les possesseurs de cartes des générations RDNA 2 et RDNA 3.
Des contournements déjà existants
En attendant ce support officiel, une partie des utilisateurs avait trouvé des moyens détournés pour bénéficier de FSR 4.0 et de versions INT8 de FSR 4.1 sur leurs machines. Des outils tiers comme Optiscaler permettaient notamment de remplacer les versions antérieures de FSR par des itérations plus récentes, sur des GPU non officiellement compatibles. Ces méthodes n'étaient pas supportées par AMD et impliquaient une manipulation manuelle des fichiers de jeux. Avec l'arrivée d'un support officiel, les utilisateurs n'auront plus à recourir à ces solutions alternatives.
La question qui reste ouverte est de savoir si AMD adoptera à l'avenir une politique plus systématique de rétrocompatibilité pour ses prochaines versions de FSR, afin d'éviter que ce type de situation ne se reproduise.
AMD élargit sa gamme professionnelle avec l’arrivée de six nouveaux processeurs Ryzen PRO 9000 Series. Au format AM5 et ciblent avant tout les environnements professionnels.
La prochaine génération de puces serveur d'AMD, basée sur l'architecture Zen 6, est attendue pour plus tard en 2026. Sa directrice générale a également évoqué les grandes lignes de la stratégie à venir pour les datacenters.