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À partir d’avant-hierTech Généraliste

Utiq - Le pistage pub de votre opérateur et comment l'éviter

Par : Korben ✨
29 mai 2026 à 14:29

Si vous avez cliqué un peu vite sur "J'accepte" ces derniers jours, vous avez peut-être activé Utiq sans le savoir. Si ça ne vous dit rien, c'est normal puisque c'est le nouvel identifiant publicitaire monté comme des grands par les opérateurs télécoms européens, dont Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica, et qui vous piste via votre connexion à Internet.

Plutôt qu'un cookie planqué dans votre navigateur, Utiq s'appuie tout simplement sur votre box ou votre forfait mobile avec un identifiant attribué à votre ligne fixe (fibre ou ADSL) ou mobile.

Par exemple, comme on peut le lire sur AuFeminin :

Et c'est là que ça pique fort car comme l'identifiant vient de la connexion et pas du navigateur, il se moque éperdument des protections habituelles. Vous videz le cache ? Il s'en balek ! Navigation privée ? Pareil. Vous changez de navigateur ou d'appareil ? Tant que c'est la même connexion, vous restez la même personne aux yeux des annonceurs.

Et le pire, c'est que cet identifiant ne vous colle pas qu'à vous mais à toute votre box. Utiq le dit noir sur blanc : "toutes les personnes utilisant la même connexion et ayant consenti se verront attribuer le même identifiant". En clair, si votre ado, votre coloc ou votre moitié clique sur "J'accepte" sur un site, leur navigation vient se mélanger à la vôtre sous une seule et même étiquette. Et quand vous filez gérer vos réglages sur le consenthub, vous récupérez aussi les consentements donnés par les autres membres du foyer. Bref, le truc vendu comme plus propre que le cookie finit par pister le foyer entier, alors qu'un bon vieux cookie, lui, restait sagement dans VOTRE navigateur…

Pour finir le travail, Utiq demande même aux sites un petit sous-domaine maison, du genre utiq.lamarque.fr, qui pointe vers ses propres serveurs. Cette technique de CNAME cloaking fait ainsi passer le mouchard pour le site lui-même, et hop, il passe alors sous le radar d'une bonne partie des bloqueurs de traceurs, votre uBlock compris !

Bon, après ce n'est pas non plus Big Brother (et non, votre smartphone ne vous écoute pas ) puisque l'activation passe obligatoirement par votre consentement, et un opérateur qui ferait n'importe quoi avec vos données de connexion risquerait très gros au regard de la directive ePrivacy.

Le vrai souci, que Next a bien pointé d'ailleurs, c'est que l'identifiant de base que livre l'opérateur, le fameux "Network Signal", est une boîte noire totale. À en croire Next, même la CNIL n'en connaît pas le contenu exact. Difficile donc de parler de "consentement éclairé" quand personne ne sait vraiment ce qu'on accepte...

Ce bidule intrusif a déjà une ampleur folle, avec 36 opérateurs partenaires, plus de 330 éditeurs et 75 millions d'identifiants créés, dont 40 millions rien qu'en France ! Renault a même été l'un des premiers annonceurs à dégainer cette techno.

Et le plus fou, c'est que c'est vendu comme l'alternative "éthique et européenne" aux GAFAM. En gros, vous troquez Google contre votre opérateur, ce qui en fonction de l'opérateur n'est pas très rassurant ^^.

Heureusement, sortir du game prend à peine 30 secondes. Foncez sur consenthub.utiq.com , et vous pourrez bloquer Utiq pour un an d'un coup. C'est aussi là que vous verrez si vous êtes déjà enrôlé. Après sur les sites web qui l'ont implémenté, cliquez sur Rejeter, ou refusez Utiq dans les détails des réglages du site.

Et si vous voulez la ceinture et les bretelles, un VPN changera l'adresse IP sur laquelle repose le système et brouillera sérieusement les pistes. D'ailleurs, je le rappelle, ici, vous ne croiserez ni Utiq, ni cookie publicitaire, ni tracker mais juste de gros liens vers mon Patreon pour le soutien ^^.

Voilà, donc rien d'apocalyptique sous le soleil mais quand même 2 ou 3 trucs à savoir pour ne pas se faire berner...

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Apocalypse Early Warning - Quand les riches fuiront

Par : Korben ✨
29 mai 2026 à 09:29

Le pari de Kyle McDonald, le site dont je vais vous parler aujourd'hui c'est que si une catastrophe se prépare, les milliardaires le sauront avant nous et fileront en jet privé. C'est pour ça que cet artiste-programmeur de Los Angeles a construit l' Apocalypse Early Warning System , un site qui surveille en temps réel l'activité des jets privés pour repérer le moment où les riches se barrent.

Son truc écoute un réseau de récepteurs radio répartis sur toute la planète, qui captent les signaux ADS-B des avions, à savoir leur position, leur altitude, leur direction et leur identifiant. McDonald filtre alors tout ça pour ne garder que les jets privés et d'affaires, soit plus de 35 000 appareils sur la carte, puis compare le nombre en vol à un instant donné avec ce qu'on devrait attendre normalement en cas de panique.

Et ce "normalement", ce sont des années de données historiques, avec les habitudes de chacun selon l'heure, le jour et les vacances genre Thanksgiving ou Noël. Et quand l'activité grimpe au-dessus de tout ce qu'on a vu sur un an, hop, le niveau d'alerte passe à 5 sur 5, soit bien plus de décollages que d'habitude.

Par contre, ce n'est pas sur du pistage individuel à la ElonJet, avion par avion, mais sur le compteur global de toute cette flottille privée. Difficile donc de dire si tel ou tel milliardaire précis a décollé, mais ça offre une tendance générale.

L'idée lui est venue après une menace de Trump sur l'Iran, du genre "une civilisation entière" pourrait disparaître. McDonald s'est alors demandé qui serait prévenu en premier, même si en réalité, l'activité des jets de milliardaires ne prédit pas vraiment l'apocalypse, et un pic n'annonce pas forcément une catastrophe.

Et le mec est productif puisque durant les manifestations George Floyd à Los Angeles, il a aidé à pister les hélicos de la police via le trafic aérien, et a découvert que le LAPD masquait l'identité de certains appareils. Puis il a aussi sorti ICESpy et FuckLAPD, deux projets de reconnaissance faciale pour identifier des agents des forces de l'ordre. Ça lui a même valu des menaces de mort.

Tout ça, vous l'aurez deviné, repose sur de l'OSINT, c'est à dire l'art d'exploiter des données déjà publiques que personne ne prend la peine de vraiment croiser, dans la lignée de ShadowBroker que je vous ai présenté y'a pas longtemps.

Son tracker de jets, lui, est gratuit sur le web et avec des alertes Telegram, ou si vous voulez recevoir un SMS, c'est 5 dollars par an. N'allez pas croire que ça n'intéresse personne puisque près de 2 500 personnes ont déjà payé. C'est fou !

Bref, on est un peu entre la blague et le malaise et on peut voir tout ça en direct sur son site .

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ShadowBroker - Une salle de crise OSINT mondiale chez vous

Par : Korben ✨
19 mai 2026 à 10:13

Les avions en vol, les cargos, les satellites espions, les zones de brouillage GPS... Imaginez tout ce bordel, à l'échelle de la planète, visible sur une seule carte sombre directement chez vous. Ce serait fou non ? Hé bien c'est ce que nous propose BigBodyCobain qui a sorti ShadowBroker , un tableau de bord OSINT gratuit et open source qui agrège plus de 60 flux de renseignement public, rafraîchis en continu.

Pour l'installer, un git clone, et on entre dans le dossier. Suffit ensuite de lancer un docker compose up (faut juste Docker, et ça tourne sous Linux, Mac ou Windows), vous ouvrez localhost:3000 et la carte se remplit toute seule ! Ça marche même sur un Raspberry Pi 5. C'est donc largement plus simple que la moitié des trucs que je vous présente ici en général.

Y'a qu'une seule clé API qui est vraiment obligatoire, c'est celle d'aisstream.io pour le trafic des bateaux, et c'est une inscription gratuite. Le reste tourne sans rien, sauf qu'une clé OpenSky (gratuite aussi) est chaudement recommandée pour une couverture aérienne correcte, + quelques couches secondaires qui acceptent leur propre clé pour avoir de la meilleure info.

L'interface principale de ShadowBroker : une carte du globe qui empile en temps réel avions, navires et satellites, chat MESH à gauche et fil Global Threat Intercept à droite

Pour ceux qui débarquent, l'OSINT c'est le renseignement à partir de sources ouvertes, c'est à dire toutes ces données déjà publiques que personne ne prend le temps d'aller croiser. Donc cet agrégateur ne pirate rien... il ramasse juste ce qui traîne déjà en accès libre.

Et là, vous vous demandez ce qu'il y a dedans en détails ?

Hé bien accrochez-vous parce qu'on y retrouve les avions civils via OpenSky, les militaires via adsb.lol, l'ADS-B étant le signal que tout avion crache en vol, avec Air Force One bien visible dès le décollage. Et les bateaux sont suivis en AIS, l'équivalent radio côté maritime.

Y'a aussi les satellites dont la trajectoire est calculée depuis leurs paramètres orbitaux, les séismes de l'USGS, les feux repérés par la NASA, les conflits agrégés depuis GDELT, la ligne de front ukrainienne via DeepState et même un tracker pour suivre les porte-avions américains (c'est une position estimée à partir de l'actu publique, et pas du temps réel).

Du coup ça va loin ! Les zones de brouillage GPS probable sont même déduites quand le signal de navigation des avions se dégrade et on y retrouve aussi plus de 11 000 caméras de circulation aussi, de Londres à Singapour en passant par les États-Unis et l'Espagne.

Le panneau Data Layers (séismes, satellites, brouillage GPS, lignes de front) ouvert sur une zone de conflit, avec le détail des reports terrain

Il y a même un tuner d'ondes courtes intégré, branché sur des centaines de récepteurs radio partagés par des amateurs (les SDR, des radios pilotées par logiciel). Et les scanners de la police américaine sont aussi en écoute directe.

Et en faisant un clic droit n'importe où sur le globe, ce radar mondial vous sortira un dossier du pays, avec le type de gouvernement, le chef d'État tiré de Wikidata, un résumé Wikipédia et la dernière image satellite Sentinel-2 disponible.

Côté bidouille, vous pouvez aussi brancher votre propre dongle RTL-SDR, une clé radio à pas cher, en plus du flux distant pour choper les bateaux à portée de votre antenne. Et avec une clé Shodan, un overlay optionnel ajoute les objets connectés visibles depuis Internet, tels que les caméras, les systèmes industriels, les bases de données et j'en passe.

Ça rejoint ce bon vieux moteur de recherche d'objets connectés dont je vous parlais il y a quelques années. Et si l'OSINT vous gratte vraiment, y'a aussi de quoi vous entraîner sérieusement avec ce site aussi.

La légende de cet outil veut que l'idée soit partie d'une envie de pister les déplacements d'Elon Musk avec une interface cyberpunk. Le nom, lui, vient du Shadow Broker de Mass Effect (rien à voir avec le groupe de hacker Shadow Brokers ). D'après le créateur, GitHub aurait même fait retirer le dépôt d'origine à cause de ce nom, d'où un petit détour par GitLab avant de revenir à Github.

Bref, ce truc agrège une quantité hallucinante de données publiques mondiales...

Après, au niveau du code, tout n'est pas non plus très clair car même si l'OSINT c'est légal, le code du scrapeur d'une carte de guerre contourne volontairement la protection Cloudflare Turnstile, ce qui pose une vraie question légale côté CFAA, la loi américaine contre l'intrusion informatique. C'est une zone grise...

Et y'a aussi des failles puisque plusieurs endpoints ne sont pas authentifiés, dont un qui laisse n'importe qui envoyer des messages APRS (le réseau de positionnement des radioamateurs) sous n'importe quel indicatif, ce qui est une infraction pure et simple aux règles radio.

Quant à la messagerie soi-disant chiffrée ne l'est pas de bout en bout, mais juste obfusquée donc ne faites rien transiter de sensible dessus.

Voilà si je vous dis tout ça, c'est pour que vous gardiez cet outil bien au chaud en local et que vous ne l'exposiez pas sur le net.

Zoom sur la côte de Floride : chaque marqueur est un avion suivi en direct via l'ADS-B, façon radar ( Source : GIGAZINE )

Mais bon, ça fait une belle salle de crise gratuite, open source sous licence AGPL, installable par exemple sur un Raspberry Pi. Grâce à ça, le monde n'a jamais été aussi "lisible" depuis votre canapé !

Un grand merci François pour le lien !

Robots chiens Unitree - La backdoor que personne ne corrige

Par : Korben ✨
11 mai 2026 à 15:40

Si vous croisez un robot-chien Unitree dans un hall d'HLM, sur un parking, un chantier, ou en train de patrouiller dans votre ville, faut que vous sachiez 2 trucs quand même :

Un, n'importe qui peut le rooter en moins d'une minute avec son téléphone. Et de deux, le robot lui-même envoie en continu un flux chiffré vers un tunnel cloud opéré depuis la Chine. C'est en tout cas ce que Benn Jordan, musicien indépendant et chercheur amateur, vient de démontrer hier dans une enquête de 24 minutes qui fait, comme il le dit lui-même, un meilleur boulot que toute l'infrastructure cybersécurité du gouvernement américain.

Pour le hacker, suffit donc de se connecter au robot en Bluetooth, puis d'injecter une commande curl à la fin du mot de passe Wi-Fi, on éteint le toutou, on le rallume, et au reboot le robot exécute votre commande quand il active le Wi-Fi. C'est tout et c'est vraiment magique !! Pas besoin d'accès root physique donc mais juste un bon vieux téléphone et un Bluetooth pourri !

Le boss !

Alors vous pensez peut-être que ce n'est pas très grave parce que ces robots sont des gadgets mais c'est faux puisque les robots-chiens Unitree sont actuellement utilisés par les services de police de Pullman (Washington), Port St. Lucie (Floride) et Topeka (Kansas) et un peu partout ailleurs dans le monde.

Les Marines américains les déploient en test, certains armés de lance-roquettes, les forces chinoises leur sanglent diverses armes sur le dos depuis un moment et l'Ukraine s'en sert pour repérer des munitions non-explosées. Et dans le civil, ces robots circulent même dans des HLM d'Atlanta pour le compte de sociétés de surveillance privée...

En France, le tableau est un peu différent. Pas de déploiement confirmé par les forces de l'ordre ou l'armée pour l'instant. Chez nous, c'est Boston Dynamics Spot et l' E-Doggy d'Evotech (robot 100% français, utilisé au déminage pendant les JO 2024) qui tiennent ces marchés-là. Les Unitree restent encore dans les labos tels que l' INRIA Paris et le labo HUCEBOT de Nancy qui utilisent le Go2 pour leurs recherches en locomotion robotique.

En dehors de la recherche, le cas le plus avancé est celui d'Orano, qui a testé fin 2025 le G1 humanoïde d'Unitree sur son site nucléaire de Marcoule en partenariat avec Capgemini (c'est un humanoïde, pas un quadrupède, mais même fabricant, même firmware, mêmes questions). Côté distribution, INNOV8 Power est également partenaire officiel Unitree depuis VivaTech 2025 et INGEN Geosciences distribue la marque depuis 2020. Le réseau pour vendre ces robots à des boîtes de sécurité privées françaises est donc déjà bien en place.

Du coup quand un mec démontre qu'on peut en prendre le contrôle complet rapidement, ça mérite qu'on regarde ça d'un peu plus près...

Et quand je dis contrôle complet, c'est pas un excès de langage. Avec cet accès root, Benn Jordan a réussi à enregistrer, télécharger et live streamer l'audio et la vidéo captés par le robot. Sans authentification donc ni même sans passer par l'app officielle. C'est assez dingue... On peut même contrôler les mouvements du robot. Une belle merde donc !

Cette faille n'est d'ailleurs pas une nouveauté absolue puisque j'avais déjà couvert le hack BLE des humanoïdes Unitree en décembre dernier. Et ensuite rebelote en mars dernier avec deux nouvelles CVE sur le Go2, partiellement patchées. La répétition des conneries devient un peu lourdingue chez Unitree...

La deuxième partie de l'enquête, elle, atteint un autre niveau puisque Benn Jordan a entendu parler de rapports affirmant que d'autres robots Unitree contenaient une backdoor envoyant des données à des serveurs étrangers. Il a donc voulu vérifier ça lui-même.

Il a donc transformé un Raspberry Pi sous Linux en routeur avec le mode moniteur activé, et lancé BetterCap pour analyser chaque paquet sortant.

Et là, surprise, le robot refuse purement et simplement de s'authentifier. Le hic, c'est que quelque chose côté serveur cloud détecte que le routeur est anormal et bloque la connexion. En analysant un peu plus finement la connexion, il a remarqué que la première IP chopée au sniff pointait vers Odessa, en Ukraine... Vu qu'aucune doc fabricant ne mentionne ce point d'accès, le truc devient alors officiellement louche... Le robot semble savoir quand il est "analysé" et cette détection d'environnement anormal est précisément le truc qui transforme une affaire de faille classique en problème de sécurité nationale.

Benn Jordan a donc ensuite contourné ça avec un routeur de voyage standard avant de sniffer derrière les paquets, et il a fini par confirmer ce qu'on appelle officiellement la CVE-2025-2894 . Il s'agit d'un tunnel P2P préinstallé sur le Go1 qui se connecte automatiquement au démarrage à une plateforme appelée CloudSail, opérée par une boîte chinoise nommée Zhexi Technology.

Le truc est référencé dans MITRE depuis le printemps 2025, soit environ un an. En 2025, les chercheurs Andreas Makris et Kevin Finisterre ont même chopé la clé API de CloudSail et identifié près de 2000 robots vulnérables sur ce réseau, dont des unités installées au MIT, à Princeton, à Carnegie Mellon et à l'université de Waterloo.

Côté américain, la seule action gouvernementale connue suite à ça, a été une mise en garde des Marines US concernant l'usage de produits Unitree en opérations militaires. Rien d'autre.

Et là on arrive à un point de blocage assez brutal. Les failles démontrées par Benn (le hack Bluetooth, la prise de contrôle complète) et la backdoor CloudSail ne peuvent pas être corrigées en même temps, parce que les solutions se neutralisent mutuellement.

Pour boucher les failles de Benn, il faut passer par une mise à jour firmware officielle d'Unitree. Mais cette mise à jour ferme aussi l'accès root au système. Sans accès root, impossible de détecter ou bloquer le tunnel CloudSail de l'intérieur. Du coup, on a un robot sécurisé contre les hackers, mais des données qui filent quand même vers la Chine.

À l'inverse, si vous gardez le firmware actuel pour maintenir l'accès root (et donc la capacité de surveiller et bloquer CloudSail), les failles restent béantes. N'importe quel inconnu avec un téléphone peut alors prendre le contrôle complet de votre flotte de robots clébards. Bien sûr, couper Internet sur le robot évite les deux problèmes à la fois, mais le rend inutilisable dans la plupart des déploiements opérationnels.

Si vous avez un Unitree à la maison ou en entreprise, voilà la recommandation perso de Benn Jordan. Selon lui, plutôt que d'installer la dernière mise à jour, mieux vaut ne plus jamais mettre à jour le firmware (gardez en tête que c'est son avis radical, pas une bonne pratique standard). Parce qu'à la prochaine mise à jour, vous risquez de perdre la capacité de rooter votre propre robot, et avec elle la capacité de détecter, bloquer ou rediriger la backdoor.

Vous perdrez aussi la possibilité d'écrire manuellement des services qui empêchent les hackers d'exploiter les autres failles. En clair, sa meilleure défense contre Unitree, c'est de figer le firmware actuel.

Un Flipper Zero suffisait déjà à neutraliser un robot-chien de la concurrence, mais ici "couper" le robot de son fabricant pour s'en protéger, c'est un autre délire...

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