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Aujourd’hui — 15 mai 2026Flux principal

Rocky - Le pote alien de Projet Dernière Chance débarque sur Raspberry Pi

Par : Korben ✨
15 mai 2026 à 14:52

J'sais pas si vous avez vu le film ou lu le livre mais Rocky, c'est l'araignée de roche extraterrestre de Projet Dernière Chance (Project Hail Mary) qui communique en chantant. Et Lahiru Maramba, un dev Firebase en poste chez Google, vient de le recréer en vrai avec un Raspberry Pi Zero 2W et un LLM local. Et voilà comme avoir un vrai pote Eridien posé sur votre bureau, qui vous répond en accords polyphoniques au lieu de parler.

L'architecture c'est ce que son concepteur appelle du "Voice Box & Brain". Le Pi Zero 2W tout seul est bien trop faiblard pour faire tourner un modèle de langage, du coup le Pi gère juste le hardware (micro, écran LCD, LED RGB, synthèse des accords) et balance l'audio brut à un Mac qui fait le gros du calcul. Le Mac transcrit ce que vous racontez avec mlx-whisper (un modèle Whisper-Tiny optimisé Apple Silicon), passe le texte à LM Studio qui fait tourner un Gemma 4 quantifié en local, et renvoie la réponse au Pi qui la joue en musique. Latence totale annoncée sur le repo, environ 2 secondes, soit, selon son propre benchmark, le même temps que via l'API Gemini dans le cloud, sauf que là, tout en local !

Le langage Eridien, lui, est fidèle au bouquin d'Andy Weir puisque chaque réponse est synthétisée en accords. Certains mots sont mappés sur des accords émotionnels précis, par exemple "amaze" sort en Mi majeur bien lumineux. Et pour les mots inconnus, ils sont hashés mathématiquement vers une signature de 3 fréquences, déterministe et permanente. Autrement dit, le même mot bizarre produira toujours exactement le même accord, comme un vrai vocabulaire qui se construit. C'est ce genre de petit détail qui fait la diff...

Côté matériel, il faut un Raspberry Pi Zero 2W et un PiSugar Whisplay HAT, un module tout-en-un qui apporte l'écran LCD, le bouton, la LED RGB et l'audio. De son côté, le repo propose 2 chemins d'install : la méthode "It Just Works" avec les drivers système précompilés (apt-get et c'est parti), ou la méthode isolée avec uv pour ceux qui veulent un environnement propre. Côté Mac, vous lancez LM Studio avec le modèle 4-bit quantifié sur le port 1234 et Y'a même un mode cloud avec une clé API Gemini si vous n'avez pas de Mac sous la main, ainsi qu'une fonctionnalité expérimentale planquée avec un générateur de sons façon R2-D2.

Pour la petite histoire, le film Projet Dernière Chance réalisé par Phil Lord et Christopher Miller est sorti en mars, avec Ryan Gosling en Ryland Grace et pour donner une voix à Rocky, les sound designers d'Hollywood ont tout simplement bossé avec un ocarina pour les aigus, une jarre pour les graves, et des chants de baleine, après avoir consulté Andy Weir sur l'anatomie du bestiau.

Je l'ai vu, et franchement, j'ai bien aimé. Je suis bien rentré dedans, même si j'aurais préféré que ce soit un peu plus "hard science" et un peu plus bidouille DIY comme l'était "Seul Sur Mars"... mais bon, il en faut pour tous les goûts.

Après si l'idée d'un compagnon IA DIY vous branche mais que vous voulez un truc plus généraliste et pas un Eridien qui chante, jetez un œil à Adeus , l'assistant IA personnel open source que j'avais couvert.

Quoiqu'il en soit, voici la vidéo complète où Lahiru montre tout le process, du câblage à Rocky qui prend vie :

Bref, c'est gratuit, c'est sous licence MIT, et le repo est juste ici .

Amusez-vous bien à construire votre petit pote Eridien !

À partir d’avant-hierFlux principal

L'IA qui conçoit votre prochain produit DIY

Par : Korben ✨
26 avril 2026 à 08:45

Ce matin, j'ai demandé à une IA de me concevoir un baladeur qui lit du FLAC. L'outil m'a alors posé quelques questions puis il m'a sorti le design électronique complet en quelques secondes. Blueprint.am , c'est le service de 3E8 Robotics qui transforme une simple phrase en bidule hardware DIY : schéma de cablage, liste de pièces avec liens Amazon, vues 3D, instructions de montage étape par étape...etc.

Vous tapez votre idée bien délirante dans un champ texte, l'outil balance un plan pour décrire l'archi générale ainsi qu'un "wiring diagram" (je pense qu'on peut traduire ça par plan de câblage) avec les connexions GPIO/SPI/I2S qui vont bien + la liste des pièces / composants et une suite d'instructions de fabrication regroupées par étapes.

Pour mon baladeur FLAC, ça m'a sorti un ESP32-WROOM-32E couplé à un DAC PCM5102A, un ampli casque TPA6120A2, un écran 2.4 pouces SPI TFT, une batterie Li-Po 1000mAh avec chargeur TP4056 et boost converter XL6009. 30 pièces au total soit 13 composants électroniques et 17 pièces à imprimer en 3D pour le boîtier pour un coup total d'environ 282 $.

Le truc qui me plait bien, c'est pas que ça génère de la conception hardware (Ce bon vieux Claude Code fait déjà ça depuis un moment), mais c'est surtout la cohérence des choix. L'outil semble avoir piqué les bonnes pratiques de la communauté maker et me sort pas juste des composants au pif.

Avant ce genre d'outil, fallait sortir KiCad pour le schéma, Octopart pour vérifier les composants disponibles, Fusion 360 ou OnShape pour modéliser le boîtier, et un gros tableur des familles pour calculer le coût total de votre délire.

Là c'est un seul prompt et 30 secondes à patienter. La liste des composants a même des liens Amazon donc vous cliquez et vous commandez.

Comme vous pouvez le voir sur mes captures, la 3D générée, c'est un wireframe d'enclosure et pas un design final, donc faudra repasser dans un soft de modélisation pour arrondir les angles et caler les vis. Y'a pas non plus de firmware auto-généré, donc une fois le hardware monté, faudra flasher l'ESP32 vous-même via Arduino IDE ou PlatformIO avec votre propre code. Et faudra savoir souder, disposer d'une imprimante 3D, d'un multimètre...etc. Bref, l'outil réfléchit, mais c'est quand même encore à vous de bosser.

Si ça vous branche, vous avez un quota gratuit pour tester sans compte mais après faudra vous en créer un pour débloquer plus de générations et éventuellement acheter des crédits. L'outil a aussi un onglet documentation auto-générée, donc même si vous foirez le montage, vous pouvez relire la procédure pas-à-pas pour comprendre où ça n'a pas fonctionné.

Dans son test, le reviewer FabScene (alias Ryuta Kobayashi, qui bosse sur des robots dans l'automobile japonaise, donc pas vraiment un newbie) a conçu un accessoire LED avec boutons et a sorti un prototype fonctionnel en 2 heures de bout en bout (conception, impression, assemblage). Comptez un peu plus si vous débutez à la soudure, mais ça reste utilisable pour de vrai.

Ça remplacera pas un ingénieur senior, mais pour du proto de week-end, franchement, c'est une vraie bouffée d'air pour les makers.

Il fabrique de la RAM dans sa cabane

Par : Korben ✨
24 avril 2026 à 14:17

Imaginez qu'à cause de cette putain de pénurie, vous vous mettiez à fabriquer votre propre RAM à la main dans votre cabane de jardin façon Heisenberg ? Hé bien c'est exactement ce que Dr. Semiconductor vient de réussir, et les 20 premières cellules DRAM de ce fou furieux fonctionnent ! Alors forcément, ça m'intéresse !

Le bonhomme a posté sa vidéo le 20 avril dernier et ça prend clairement une tournure virale dans le monde du hardware car ça donne de l'espoir et des idées à pas mal de makers. Il avait d'ailleurs déjà publié en mars une vidéo entière sur la construction de la cleanroom elle-même, donc ce n'est pas un coup d'éclat one-shot, mais une vraie série documentaire dans laquelle il s'est lancé.

En gros, il a transformé un abri de jardin en salle blanche de classe 100, construit l'essentiel de ses outils de fabrication à partir de rien, et gravé un array de 5 × 4 cellules de RAM avec des transistors de moins d'un micron de long. Du jamais vu à cette échelle chez un particulier !

La cabane de jardin reconvertie en cleanroom class 100

Alors pourquoi c'est dingue, cette histoire ?

Hé bien parce que la RAM, c'est dominé par trois entreprises qui pèsent des dizaines de milliards, à savoir Micron, Samsung et SK Hynix. Construire une usine moderne, ça coûte autour de 20 milliards de dollars et ça prend facile 4 à 5 ans. Du coup, quand l'IA se met à bouffer une grosse partie de la production disponible, les prix explosent ! Nombreux sont ceux qui ont renoncé à en acheter vu les tarifs actuels.

Mais qui sait, peut-être que maintenant qu'on sait que fabriquer sa propre RAM dans son garage, c'est possible, y'a des choses qui vont peut-être changer ?

Côté process, c'est du semi-conducteur comme à l'usine mais version DIY. Il part d'un wafer de silicium classique, le passe au four à 1100°C pour former une couche d'oxyde, applique de la résine photosensible et expose aux UV à travers des masques maison pour dessiner le motif, puis dope le silicium au phosphore (merci à Projects in Flight pour la technique), et finit par une couche d'aluminium pulvérisée au plasma pour les connexions. Un vrai process industriel miniaturisé, sauf que tout se passe à la maison.

Et ça donne quoi à la mesure ?

Hé bien son capaciteur affiche 12,3 picofarads, pile dans la fourchette qu'il avait calculée. Le transistor charge le capa à 3 volts en quelques centaines de nanosecondes, donc autant dire que c'est propre et net. Par contre, la rétention de charge c'est là où ça coince, avec environ 2 millisecondes avant que la cellule ne perde sa donnée, contre plus de 64 ms pour de la DRAM commerciale. Du coup faut rafraîchir plus souvent, mais ça tient bien.

Le CV plotter affiche 12,3 pF, pile dans la fourchette théorique

Comme le précise Dr. Semiconductor dans sa vidéo, pour l'instant on ne peut pas faire tourner Doom dessus. Avec 20 cellules vous stockez 20 bits, soit de quoi sauver deux octets et demi, donc bon, c'est pas foufou. Mais la preuve est faite qu'un particulier depuis chez lui, peut graver du silicium fonctionnel, et le plan maintenant c'est de combiner plusieurs arrays pour augmenter la capacité, et de connecter ça à un PC.

Perso, c'est le genre de démonstration technique qui se respecte ! Intel qui se passe de TSMC pour ses gammes basses, un fan qui ressuscite un Nokia N900 avec des supercondensateurs , et maintenant ce YouTubeur DIY qui fabrique de la RAM dans son abri de jardin alors que pendant ce temps, les géants de la mémoire nous vendent leurs puces au prix de l'or parce qu'ils ont le monopole... Ça bouge vite et à sa manière, Dr. Semiconductor ridiculise les géants , en montrant que le mur technologique est moins haut qu'on le croyait.

Voilà vous voulez voir les manips en vrai, les amis, je vous mets sa vidéo complète ça vaut vraiment le coup ! Faites chauffer le gros pouce bleu, il a un Patreon et ça reste un taf de dingue financé par ses abonnés.

A voir maintenant s'il arrive à relier correctement ses cellules pour faire tourner un truc dessus. A surveiller de près !

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