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La Xbox One enfin hackée après 12 ans d'invincibilité

Par : Korben
16 mars 2026 à 12:40

La Xbox One n'a jamais été hackée ! Eh oui, depuis 2013, la console de Microsoft narguait la communauté du reverse engineering pendant que les PlayStation, les Switch et autres 3DS tombaient les unes après les autres. Microsoft la décrivait même comme "le produit le plus sécurisé jamais créé" mdrrrr.

Bon bah c'est fini comme vous vous en doutez car à la conférence RE//verse 2026 à Orlando, Markus "doom" Gaasedelen a réussi à exécuter du code arbitraire sur le boot ROM de la console, autrement dit c'est un hack hardware impossible à corriger.

Du coup, comment on casse un truc réputé incassable ?

Eh bien toute la sécurité de la Xbox One repose sur un minuscule processeur ARM Cortex R4, le Platform Security Processor (PSP), planqué dans un coin du SoC AMD.

Ce PSP contient un boot ROM gravé directement dans le silicium... et c'est le seul composant que Microsoft ne peut pas mettre à jour. L'architecte de la sécu Xbox, Tony Chen, l'avait dit lui-même en 2019 : "le seul bug logiciel dont on ne peut pas se remettre, c'est un bug dans le boot ROM".

Le die shot du SoC Xbox One. Le PSP est planqué tout en bas à droite.

Sauf que Markus n'a pas cherché de bug logiciel, parce y'en a pas. Le code du boot ROM est linéaire, hyper audité, sans la moindre faille. Du coup, il est passé par le hardware avec du voltage glitching.

Le principe c'est de faire s'effondrer brièvement le rail d'alimentation du processeur (en gros, on colle un MOSFET sur le rail et on tire la tension vers le bas pendant 100 à 200 nanosecondes) pour corrompre l'exécution d'une instruction. Et Microsoft avait quand même blindé le truc en prenant soin de ne pas mettre de pin reset accessible, pas d'UART, pas de JTAG, pas de post codes de diagnostic (désactivés par des fusibles), et surtout 37 stalls randomisés qui décalent le timing du boot à chaque démarrage. En gros, c'est comme essayer de crocheter une serrure dans le noir, avec des moufles, et la serrure qui change de position toutes les 2 secondes.

D'ailleurs, c'était la première fois que Markus faisait du glitching de sa vie. Au début, il a galéré sur le mauvais rail d'alimentation (la tension 1.8V, finalement un cul-de-sac) avant de trouver le bon (le North Bridge core). Et là, en balançant ses impulsions de voltage au bon moment, il a réussi à activer les post codes que Microsoft avait désactivés par fusibles. Premier signe que la bête était vulnérable !!!!

Le setup de glitching : oscilloscope, carte mère Xbox One et fils partout.

Ensuite, il a ciblé les opérations memcopy du boot ROM, là où les données contrôlées par l'attaquant transitent dans les registres du processeur. Un glitch bien placé pendant un memcopy, et hop, le pointeur d'instruction du processeur part n'importe où. Résultat : 0x41414141 qui sort sur le bus I2C, la preuve qu'on contrôle l'exécution du boot ROM !

Bon par contre, il était enfermé dans un "user jail", une sandbox ARM avec seulement quelques Ko de code accessible. Et c'est pas si simple d'en sortir.

0x41414141 sur le bus I2C. ROP'd OUT MY POST CODE !

Et là, coup de génie du mec : un double glitch sur le même boot.

Le premier casse la boucle d'initialisation du MPU (la protection mémoire ARM, les 12 régions qui créent les jails), le second hijack le pointeur d'instruction pendant le memcopy.

Combiner les deux sur un seul démarrage, c'est du genre 1 chance sur 100 par glitch, soit environ 1 sur 10 000 pour le combo donc autant dire qu'il faut laisser tourner la machine des centaines de milliers de fois. Mais ça marche !! Avec le MPU désactivé et le pointeur d'instruction sous son contrôle, Markus obtient alors l'exécution de code en mode superviseur, avant même que le boot ROM n'ait vérifié les signatures ou déchiffré quoi que ce soit.

Bingo !! Et les conséquences sont radicales puisque grâce à ce hack, il peut maintenant déchiffrer tous les jeux, les firmwares et les mises à jour passés, présents et futurs.

Il peut aussi dé-pairer les NAND et lecteurs optiques pour la réparation. Et comme c'est gravé dans le silicium, c'est impatchable, comme le Reset Glitch Hack de la 360 à l'époque. Pour l'instant, ça concerne uniquement le modèle Xbox One Fat de 2013.

Ah et petit détail croustillant.... Microsoft avait prévu des moniteurs anti-glitch dans le SoC pour détecter les perturbations de voltage, mais sur les premières révisions ils n'arrivaient pas à les stabiliser, du coup ils les ont désactivés par fusibles. Pas de bol. Après sur les modèles suivants (One S, One X) ils sont activés, mais Markus pense que ses techniques pourraient quand même être adaptées.

Le boot flow du PSP. Le hijack se produit à l'étape 4, avant toute vérification crypto.

Le plus dingue c'est que le hack en version finale ne nécessite que 3 fils soudés sur la carte mère ! Tout le reste, les dizaines de sondes à crochet, l'oscilloscope 4 voies, l'analyseur logique branché sur le bus I2C et les GPIO, c'était juste pour comprendre ce qui se passait.

Et le fait qu'il ait construit un émulateur du boot ROM avec l'aide de l'IA pour étudier le comportement du processeur, je trouve ça encore plus incroyable !

Bref, je vous laisse avec la conf en intégralité pour les plus motivés :

Et voilà comment 12 ans de "IMPOSSIBLE À PIRATER" se termine avec 3 fils soudés et 2 glitches bien placés. Pas mal !

Bravo Markus !

Un moddeur fait tourner GTA 5 en ray tracing sur une PS5 sous Linux

Par : Korben
9 mars 2026 à 12:18

Andy Nguyen, chercheur en sécurité informatique, a réussi à installer Linux sur une PlayStation 5 et à faire tourner GTA 5 Enhanced Edition en 1440p à 60 images par seconde, ray tracing activé. La console se transforme alors en une sorte de « Steam Machine ». Mais l'exploit ne fonctionne que sur les toutes premières PS5, celles qui n'ont jamais été mises à jour depuis leur achat.

GTA 5 Enhanced en 1440p à 60 FPS

Le résultat est assez bluffant. Andy Nguyen, connu sous le pseudo theflow0, a partagé une vidéo montrant GTA 5 Enhanced Edition qui tourne à 60 images par seconde en 1440p avec le ray tracing activé, le tout sur une PS5 standard, pas la Pro. Le processeur tourne à 3,2 GHz et le GPU à 2,0 GHz, des fréquences volontairement bridées parce que la console commence à surchauffer au-delà. En théorie, le CPU pourrait monter à 3,5 GHz et le GPU à 2,23 GHz, mais le système de refroidissement ne suit pas. La sortie vidéo 4K en HDMI fonctionne, le son aussi, et tous les ports USB sont opérationnels. Pour les pilotes graphiques, Nguyen a travaillé avec le projet open source Mesa pour ajouter le support du GPU de la PS5.

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Un exploit réservé aux premières PS5

Pour faire tourner Linux sur la console, il faut passer par un exploit appelé Byepervisor, développé par la communauté PS5Dev. Ce hack contourne l'hyperviseur de Sony, la couche de sécurité qui empêche l'exécution de code non autorisé sur la console. Sauf que l'exploit ne marche que sur les firmwares 1.xx à 2.xx, les tout premiers sortis au lancement de la console fin 2020. Si vous avez connecté votre PS5 à Internet ne serait-ce qu'une fois, il y a de grandes chances que le firmware ait été mis à jour automatiquement. On parle donc clairement de consoles qui n'ont pas bougé de leur boîte depuis plus de cinq ans.

La PS5 transformée en Steam Machine

Nguyen a promis de publier les instructions « avant la sortie de GTA 6 ». Le projet transforme la PS5 en ce qu'il appelle une « Steam Machine », un clin d'œil aux consoles de Valve qui avaient tenté de combiner PC et salon en 2015. Et il y a un argument qui tient la route : avec le prix actuel de la RAM, une PS5 d'occasion toujours équipée de l'ancien firmware pourrait coûter moins cher qu'un PC à performances équivalentes pour jouer sous Linux. Mais bon, encore faut-il trouver une PS5 qui n'a jamais vu la couleur d'une mise à jour, et ce n'est pas exactement le genre de chose qu'on déniche facilement. Si vous en avez une qui traîne, il y a peut-être moyen de vous faire un peu de sous avec !

Quoi qu'il en soit, c'est du beau boulot. On est là sur de l'ingénierie de haut vol, même si on est hélas quand même loin de la bidouille grand public.

Source : XDA Developers

vphone - Un iPhone virtuel sur Mac (merci Apple)

Par : Korben
5 mars 2026 à 08:36

Virtualiser macOS sur un Mac, tout le monde ou presque sait le faire. Même chose avec Linux... Mais iOS c'est un peu le Graal... Le truc interdit !

Sauf que des chercheurs en sécu viennent de tomber sur VPHONE600AP, un composant planqué dans le firmware Private Cloud Compute d'Apple qui permet de faire tourner iOS 26 en VM sur un simple Mac tout simplement via le Virtualization.framework. En gros, Apple a laissé traîner la clé sous le paillasson...

Pour ceux qui débarquent, Private Cloud Compute (PCC) c'est l'infrastructure serveur qu'Apple utilise pour faire tourner Apple Intelligence et bizarrement, le firmware de ces serveurs, qu'Apple appelle cloudOS, contient un composant qui n'a rien à faire là : un iPhone virtuel. VPHONE600AP, de son petit nom.

iOS 26 dans une VM sur Mac, avec le wallpaper clownfish en guise de bienvenue

C'est vrai que jusqu'ici, on pouvait faire tourner des VM sur iOS via UTM, mais dans l'autre sens c'était niet. Mais le chercheur du nom de wh1te4ever (bien connu dans le milieu du jailbreak iOS) a documenté comment exploiter ce composant dans un writeup hyper détaillé que je vous invite à lire.

La recette, c'est pas sorcier sur le papier : on prend le firmware d'un iPhone 16 sous iOS 26.1 (~8 Go à télécharger), on y greffe les éléments vphone récupérés dans cloudOS, et on patche le résultat jusqu'à ce que le tout accepte de démarrer dans une VM. En pratique, on se doute que c'est évidemment un poil plus corsé que ça mais c'est le résultat qui compte !

Côté patches, 3 niveaux de casse-tête s'offrent à vous. Le mode Regular, le plus pépère, qui se contente de 38 modifications. Le mode Development qui en empile 47. Et le mode Jailbreak avec ses 84 patches !

Le device tree du firmware vphone, aka "iPhone Research Environment Virtual Machine"

Ces patches touchent à tout ce qui empêche normalement iOS de tourner en dehors d'un vrai iPhone : le bootloader (iBSS, iBEC, LLB), la vérification du volume système (SSV bypass), le système de fichiers APFS (seal verification), et le trustcache TXM.

Et pour simplifier tout ça, un autre dev nommé Lakr233 a créé vphone-cli , un outil en ligne de commande qui automatise tout le processus. Téléchargement des firmwares, application des patches, boot de la VM... quelques commandes dans le Terminal et c'est parti. Sans cet outil, il faudrait se taper chaque patch à la main, parce que le processus complet prend une bonne vingtaine d'étapes.

Ensuite, une fois la bête lancée, trois façons d'y accéder : SSH sur le port 22222 pour bidouiller, VNC sur le 5901 si vous voulez voir l'écran, ou RPC sur le 5910. Le tout en 1179x2556, la résolution d'un iPhone 16. Pas mal pour du virtuel !

Bon, quelques conditions quand même.... il faut macOS 15 (Sequoia) minimum, désactiver SIP et AMFI via csrutil disable en mode Recovery, et surtout un Mac Apple Silicon...

Sur Mac Intel, ça ne marchera pas. Maintenant, si vous avez déjà bidouillé de la virtualisation sur Mac , ça ne devrait pas trop vous dépayser, mais comprenez bien que c'est un outil de recherche en sécurité avant tout... même si perso, tester des apps iOS sans vrai iPhone, c'est pas du luxe quand on fait mon job.

Merci à Lorenper pour le lien de vphone-cli !

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