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Hier — 29 juin 2026Flux principal

LinuxMD - du Linux sur la Sega Megadrive

Par : Korben ✨
29 juin 2026 à 15:13

Une Megadrive qui fait tourner du bon gros Linux qui tâche, vous en avez rêvé ? Hé bien Daniel Palmer l'a fait !!

Le souci, c'est que le processeur 68000 de la console n'a pas de MMU, ce petit composant que Linux réclame normalement pour gérer la mémoire. Du coup Daniel a compilé le kernel dans un mode spécial qui s'en passe, ce qui est déjà un joli exploit.

Autre problème, une Megadrive toute seule n'a pas assez de mémoire pour un kernel. L'astuce, c'est donc de passer par une cartouche. Un Mega EverDrive de chez Krikzz vient glisser 4 Mo de RAM dans la console, et hop, comme ça elle se transforme en mini-ordinateur le temps d'un boot. Welcome LinuxMD !!

Le menu de la cartouche Mega EverDrive, par lequel on lance le démarrage.

Vous branchez ensuite la cartouche à votre PC en USB, et là, le kernel se met à cracher du log sur votre terminal, comme une vraie machine !

Et il y a même un mode qui affiche le shell directement sur la télé, avec un petit carré vert qui clignote pour dire que le kernel tourne, et un rouge pour l'activité du disque. Plutôt classe !

Le shell Linux affiché sur la télé via la puce graphique de la Megadrive. Le carré vert qui clignote = le kernel tourne.

Après c'est lent. Daniel le dit lui-même, y'a de quoi vous faire un café entre deux commandes. Et si vous n'avez pas de Megadrive sous la main parce que les brocantes de geeks c'est pas votre truc, c'est pas grave, il a prévu un émulateur pour jouer avec sans avoir le matos.

Bref, c'est pas très praticable, vous ne pourrez pas vous en servir comme d'un PC au quotidien mais c'est beau quand même !

Source : Hackaday

À partir d’avant-hierFlux principal

Cache-aware scheduling - Le patch Linux qui vise +360% de perf sur MySQL

Par : Korben ✨
25 juin 2026 à 18:22

L' ordonnanceur du noyau Linux vient de recevoir une proposition de mise à jour qui fait grimper les perfs de façon assez spectaculaire sur certaines charges. Hygon, le fondeur chinois qui fabrique des x86 sous licence de l'architecture Zen d'AMD, a envoyé une série de patches pour étendre le cache-aware scheduling, et les chiffres annoncés montent jusqu'à 360% de mieux en termes de transactions par seconde sur MySQL.

Pour comprendre le délire, faut revenir au cache-aware scheduling de base, le fameux CAS, conçu par les ingénieurs d'Intel (Tim Chen, Chen Yu et Peter Zijlstra) et tout juste mergé dans Linux 7.2. Sur un CPU moderne avec plusieurs caches de dernier niveau, le fameux LLC, l'ordonnanceur essaie de regrouper sur le même domaine de cache les tâches qui partagent des données. Du coup, moins de ratés de cache, moins de données qui font des allers-retours entre les caches, et donc de la perf en plus sans toucher au matos mais juste en plaçant mieux les tâches.

Le hic, c'est que ce CAS de base raisonne au niveau d'un seul LLC. Tant que votre charge tient dans un domaine de cache, nickel. Mais dès que la charge dépasse ce que peut contenir un seul cache partagé, l'ordonnanceur ne sait pas regrouper les tâches au niveau du dessus : elles se dispersent sur des cœurs qui ne partagent plus le même cache, et toute la localité s'évapore. Et ça tombe mal pour Hygon, dont les puces récentes ne sont pas un bloc unique mais un assemblage de chiplets (le C86-7490 en réunit quatre), avec plusieurs caches partagés éparpillés sur la galette.

D'où l'idée de développer ces patches, qui permettent un regroupement hiérarchique et offrent la possibilité de s'étendre ou de se contracter dynamiquement selon la taille de la charge et la topologie de la machine.

Hygon annonce donc jusqu'à +49% sur Hackbench , +20% sur Schbench (non, pas le rappeur), et ce fameux +360% sur MySQL !! C'est le feu !

Maintenant, avant de revendre votre PC pour en prendre un sous Hygon, attention ! Ces chiffres, ce sont des "jusqu'à", mesurés sur des topologies multi-domaines, donc typiquement de gros serveurs à plusieurs chiplets. Sur votre laptop avec un seul LLC, vous ne verrez donc sans doute rien passer.... Ouais, je sais, sniiiif. Le 360% n'est pas un gain universel, mais plutôt le pic sur la config qui souffrait le plus du problème.

Un fondeur chinois qui, parti d'une licence Zen d'AMD, en vient à pousser du code dans Linux pour faire tourner tout le monde plus vite, Intel et AMD compris, c'est chouette quand même. Si ça vous intéresse, les patches viennent d'être postés sur la mailing list du kernel , donc rien n'est encore intégré mais si ça passe la revue, c'est de la perf gratuite pour les machines qui en bavent le plus.

Source

USB4STREAM - Le transfert direct entre 2 machines sous Linux

Par : Korben ✨
24 juin 2026 à 09:15

Admettons que vous ayez besoin de transmettre des fichiers d'une machine A à une machine B, le plus vite possible et sans vous prendre la tête ?

Et bien j'ai ce qu'il vous faut et ça s'appelle USB4STREAM, qui vient d'être fraîchement mergé dans Linux 7.2. C'est Intel qui a pondu ce protocole "super simple" (c'est leur expression) pour balancer des paquets bruts d'une machine à une autre, directement par le câble USB4 ou Thunderbolt sans serveur intermédiaire... Juste deux bécanes et un fil.

Et effectivement, comme ils le disent, c'est super simple ! Une fois le module chargé et le stream configuré (un petit tour par ConfigFS pour faire apparaître le device), votre noyau expose des périphériques /dev/tbstreamX, et n'importe quelle application qui sait faire un read/write peut alors taper dedans.

Vous branchez le câble, et il vous suffit ensuite d'écrire dans le device qui doit expédier les données d'un côté, puis de les recevoir sur l'autre machine. C'est tout... Du Unix pur jus, où tout est un fichier.

Et les usages sont beaucoup plus larges qu'on ne croit... Y'a donc du transfert de fichiers d'un ordinateur à un autre, évidemment (un peu comme Croc , mais sans passer par le réseau du tout) mais aussi, pourquoi pas, du partage de webcam entre deux systèmes, ou permettre un accès à n'importe quel flux de données brutes en basse latence. Ainsi, plus besoin de passer par des serveurs tiers dans le cloud, ou d'installer un outil de transfert en réseau local .

Ça me rappelle quand je jouais avec les copains à des jeux vidéos en utilisant un port série sur le PC... À l'ancienne comme on aime, sauf qu'on est en 2026 et qu'on a maintenant 40 Gb/s dans le tuyau !

Puis contrairement à Thunderbolt qui nous promettait la vitesse de l'éclair il y a plus de dix ans (ouais, je vous sors les archives là...lol), là c'est natif Linux, et dispo pour tout le monde via un simple device !

Le choix raffiné : le câble, pas le cloud

Le patch d'Intel est d'ailleurs passé tranquillou puisqu'ils l'ont glissé dans le pull USB/Thunderbolt de la merge window, et c'est Linus Torvalds lui-même qui l'a mergé sur master sans la moindre objection. Et quand Linus laisse passer sans râler, c'est plutôt bon signe.

Le reste du lot vaut le coup d'œil aussi puisque cette même pull améliore l'allocation des tunnels DisplayPort en multi-écran sur Thunderbolt, et ajoute un pilote de température pour le contrôleur xHCI du chipset AMD Promontory 21. Notez que ce dernier a été écrit en partie par Codex, l'agent de codage d'OpenAI... Mais balek tant que c'est propre et que ça fonctionne.

Bref, si vous avez deux machines en USB4 sous la main, gardez un œil sur le noyau Linux 7.2...

Source

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