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À partir d’avant-hierKorben

GeForce NOW dans Firefox - 2 000 jeux PC dispo sans rien installer

Par : Korben ✨
19 août 2026 à 07:55

Alors ça c'est cool ! NVIDIA vient d'ajouter Firefox à la liste des navigateurs autorisés à faire tourner GeForce NOW. Un ordi, un onglet, et plus de 2 000 jeux PC se lancent maintenant en streaming sans qu'un seul octet du jeu n'arrive sur votre disque.

C'est tout le concept du service de cloud gaming de NVIDIA avec une machine RTX chez eux, et une image qui arrive chez vous. Comme ça, votre ordinateur ne fait plus que décoder une vidéo sans rien installer ni avoir une grosse carte graphique.

Après GeForce NOW c'est un peu différent de Xbox Cloud puisque ça permet de jouer aux jeux que vous avez acheté. Ce n'est pas un catalogue imposé en accès libre. GeForce NOW se connecte à vos comptes Steam, Epic Games Store, GOG, Xbox PC Game Pass et Ubisoft Connect, puis ouvre la bibliothèque que vous avez déjà payée.

Firefox de son côté garde en plus ses habitudes de navigateur. Comme ça vous pouvez laisser un appel Discord dans le Split View, le walkthrough du jeu dans un autre onglet, et vous basculez en plein écran quand la partie démarre. Plus besoin de basculer sur ce navigateur de faible qu'est Chrome quand l'envie vous prend de jouer ^^.

Mozilla annonce jusqu'à 1440p et jusqu'à 120 images par seconde, et précise que ce plafond est réservé aux abonnés Ultimate. En dessous, le palier Performance donne aussi du 1440p mais s'arrête à 60 fps. Ce qu'Ultimate achète vraiment par contre, c'est la fluidité, l'accès aux machines RTX 5080 et les files d'attente les plus courtes.

L'autre compteur est plus embêtant je trouve puisque les abonnements Performance et Ultimate sont plafonnés à 100 heures de jeu par mois, dont jusqu'à 15 heures non consommées qui peuvent basculer sur le mois suivant. Ça laisse un peu plus de trois heures par jour quand même, mais ce n'est plus vraiment illimité.

Reste un problème, je trouve dans cette annonce : ça ne concerne que Windows uniquement. Firefox sur macOS et sur Linux n'est pas concerné, et personne n'a encore dit si ça viendrait... Snif... Après, les joueurs Linux, eux, ont leur client natif GeForce NOW , enfin sorti de bêta donc ça compense un peu mais quand même...

Pour essayer, mettez Firefox à jour, allez sur play.geforcenow.com et connectez-vous. De son côté, NVIDIA promet d'en dire plus à la Gamescom le 25 août prochain.

Source : blog Mozilla

Nvidia CMP 170HX - La VRAM était bien là, bridée par le firmware

Par : Korben ✨
18 août 2026 à 13:59

Je viens d'apprendre qu'une carte Nvidia normalement dédiée au minage de cryptomonnaies, vendue avec 8 Go de mémoire en expose aujourd'hui 64 Go, sans que rien n'ait été remplacé ou soudé dessus... C'est ça la magie de Nvidia, la mémoire était bien là depuis le début, mais était juste maintenue en sommeil par le firmware.

Cette carte, la CMP 170HX est sortie il y a 5 ans pour miner de l'Ethereum. Elle est bâtie sur le GA100, le même silicium 7 nm que l'accélérateur A100 que Nvidia vend aujourd'hui autour de 3 500 dollars en version 40 Go. Et la mémoire HBM2e qu'on y trouve est physiquement présente sur la carte, quoi qu'affiche la fiche technique. Alors certes, débrider une carte Nvidia par logiciel n'a rien de neuf puisqu'on transformait déjà des GeForce en Quadro en 2013.

Mais cette fois, le déverrouillage exploite un bug de chargement de signature dans le BootROM du Falcon, le microcontrôleur de sécurité qui garde le démarrage de la puce. Et ce dernier se fait grâce à un outil nommé cmpunlocker , publié sous licence GPL.

Si vous voulez vous lancer, il vous faudra du Linux x86-64, un accès root et le pilote libre nvidia-open en version 610.43.0x. Votre carte 8 Go passera ainsi à 64 Go, une carte 10 Go à 40 Go, et les unités de calcul bridées reviendront naturellement avec. Et surtout, ce patch survit au redémarrage !

Le PCIe, lui, ne se déverrouille qu'à moitié. Passer de Gen1 à Gen2 est logiciel, mais la largeur reste coincée à quatre lignes parce que Nvidia a laissé 24 condensateurs de couplage vides sur le circuit imprimé. Aller au-delà du x4 veut donc dire les souder à la main et ça c'est pas donné à tout le monde.

Reste que ça donne environ 1 Go/s vers la carte. À titre d'exemple, un utilisateur du forum développeurs de Nvidia a réussi à charger un modèle 70B quantifié en une quarantaine de secondes, contre une dizaine avec la modification matérielle et le Gen2 x16. Pour de l'inférence sur une seule carte, ce goulot ne se paie donc qu'au chargement.

Le même utilisateur mesure un taux de 27,3 tokens par seconde en décodage sur un modèle Qwen2.5-72B, pour 150 à 180 watts, et explique que lors de ses tests, le GPU a réclamé un reset autour de 95% d'occupation mémoire, sur de très grandes fenêtres de contexte. Rien de gênant donc. Deux réserves par contre, et elles ne sont pas décoratives.... La première c'est que l' ECC figure toujours dans la liste des problèmes non résolus du projet, avec le NVLink et le PCIe Gen4, alors que c'est précisément le mécanisme qui pourrait nous dire si la mémoire déverrouillée tient dans la durée. Et la seconde, c'est que le palier des 80 Go a été testé, mais rejeté car instable.

Sur la question qui fâche maintenant, à savoir celle du silicium mis au rebut qui serait bridé car défectueux, ValdikSS, dans un fil sur Hacker News , écrit n'avoir trouvé jusqu'ici aucune carte dont la RAM soit réellement défectueuse. Le bridage ressemble donc à de la segmentation commerciale plus qu'à du recyclage de puces ratées, mais pour le moment, personne n'a fait tourner ces 64 Go assez longtemps pour le prouver.

Reste le prix... La 170HX se trouvait peu de temps avant ça, autour de 250 dollars sur eBay mais depuis que l'exploit circule, elle dépasse les 1 000 $... Bref, le verrou a sauté, et le prix est en train d'exploser !

Source : Tom's Hardware

Pascal Editor - Le plan 3D se dessine pendant que Claude bosse

Par : Korben ✨
27 juillet 2026 à 18:58

J'ai jamais fait construire de maison mais je crois savoir que dessiner le plan de sa maison en 3D, ça passe encore par un logiciel assez lourd à installer + une licence, sans oublier l'interface façon Micro Applications de 2003 (qui s'en souvient ??). C'est pourquoi Aymeric Rabot et Wassim Samad ont pris le problème autrement avec Pascal Editor, un éditeur de bâtiments 3D qui tourne simplement dans un onglet de navigateur. Et en plus, c'est gratuit, open source (licence MIT) et surtout sans inscription.

Vous tracez les murs à la souris, puis viennent les zones, les dalles, les plafonds et les toits. Les portes et les fenêtres sont paramétriques, posez-les sur une cloison, la découpe se fait toute seule en géométrie booléenne via three-bvh-csg. Le mobilier s'accroche au sol, au mur ou au plafond selon l'objet ( allez regarder cet exemple ! )

Tout ça s'organise en Site, Bâtiment, Niveau, puis pièces. Le rendu passe par Three.js en WebGPU, la scène est sauvegardée en local dans IndexedDB, et l'historique remonte 50 étapes en arrière. Sauvegardez ou partagez un projet en ligne par contre, et il part sur leurs serveurs.

Le projet propose aussi @pascal-app/mcp sur npm, un serveur Model Context Protocol qui expose la scène 3D à un agent. Vous installez le package, et la commande pascal-mcp branche Claude Desktop, Claude Code, Cursor ou Codex directement sur votre plan (votre scène part alors chez le fournisseur du modèle, forcément).

Ça donne une trentaine d'outils utilisables en langage naturel : create_room pour sortir une pièce complète depuis un polygone, add_door et add_window sur un mur donné, furnish_room qui meuble selon le type de pièce, measure, check_collisions pour repérer les objets qui se chevauchent, et undo si l'agent part en vrille. Trois prompts sont livrés avec, dont from_brief qui transforme une phrase du genre "un 2 pièces dans 80 m²" en suite de modifications.

Deux outils lisent aussi des images, un pour les plans scannés, un pour les photos de pièce. Attention, ils n'embarquent aucun modèle de vision mais utilisent la capacité sampling du protocole, autrement dit c'est le modèle de votre client MCP qui regarde l'image.

Et puis il y a la synchro. Le serveur écrit dans une base SQLite locale, et la page de l'éditeur s'abonne au flux d'événements. Résultat, vous gardez l'onglet ouvert à côté de votre fenêtre de chat et vous voyez les murs apparaître au fur et à mesure que l'agent travaille. J'avais montré le même genre de bascule avec n8n qui laisse une IA piloter ses workflows , sauf qu'ici le retour est visuel et immédiat.

Côté interopérabilité, un convertisseur avale les fichiers IFC, le format d'échange du BIM, et l'export sort en GLB, STL ou OBJ. Cet export est d'ailleurs arrivé par des contributeurs extérieurs, pas par l'équipe, c'est pour vous montrer à quel point le projet est bien soutenu ! De quoi ensuite passer votre plan dans Blender, ou le texturer avant impression 3D . Un système de plugins permet aussi d'ajouter ses propres types d'objets, avec un exemple officiel qui plante des arbres et des fleurs.

Si vous voulez tester, l' éditeur s'ouvre direct dans le navigateur , et le code est sur GitHub. À vous de voir si vous dessinez tout vous-même ou si vous déléguez à l'IA.

Merci Letsar pour le lien !

Source

Universe Atlas - L'univers à l'échelle réelle dans votre navigateur

Par : Korben ✨
23 juillet 2026 à 08:11

Si vous prévoyez de vous rendre en Islande le 12 août prochain pour admirer l'éclipse totale, vous pouvez déjà vous projeter dans l'expérience grâce à Universe Atlas, un nouvel atlas mis en ligne par Chris Zaharia, qui permet de localiser chaque éclipse de 2026.

D'un simple clic, vous êtes transporté à Reykjavik à 17h45 UTC pour voir virtuellement le soleil, en forme de croissant, se lever à l'horizon sous un ciel aux teintes étranges, évoquant cette atmosphère de fin du monde très caractéristique des éclipses ! (Moi je suis team fin du monde 1999 à l'aéroport de Beauvais, tu connais !! loool)

Reykjavík, le 12 août 2026 vers 18h.

Cette application tourne dans le navigateur et pèse environ 85 ko compressés, ne possède ni moteur de jeu ni dépendance externe, mais repose exclusivement sur du WebGPU brut.

Vous y trouverez 8,4 millions d'étoiles réelles issues des catalogues Gaia DR3 et ATHYG, chacune avec sa distance mesurée et sa vitesse réelle. Si vous remontez le temps de 100 000 ans, vous verrez ainsi la Grande Ourse se désagréger sous vos yeux !

La carte intègre également jusqu'à 2,6 millions de galaxies issues du relevé SDSS, ainsi que les planètes sur leurs orbites képlériennes, l'ISS et 170 satellites positionnés selon leurs éléments orbitaux du jour. L'ensemble est présenté dans un zoom continu couvrant 43 ordres de grandeur, allant du cosmos au quark dans l'infiniment petit, sans aucune coupure de scène.

Impressionnant non ? Alors si je vous dis maintenant que tout a été codé avec Claude code et le modèle Fable 5 ??

Bah non, ne faites pas cette tête, c'est pas grave parce que c'est vraiment top ! Jusqu'à présent, seuls ceux qui savaient coder pouvaient matérialiser leurs idées... Mais avec l'arrivée de l'IA, n'importe qui avec une jolie idée et un peu de débrouillardise peut lui donner vie sans trop de souffrance avec la technique ! Et c'est ça que je trouve magique dans le vibe coding.

Après c'est sûr, faut vérifier et pas faire confiance aveuglément. C'est pourquoi les positions des planètes passent en intégration continue avec des tests qui comparent les datas de l'app avec celles de JPL Horizons, l'éphéméride de la NASA, et comme ça, dès qu'un corps céleste dérive de plus de 0,2 degré, hé bien le build pète. Les générateurs refusent ainsi d'écrire quoi que ce soit qui ne passe pas leurs contrôles physiques.

Ça permet d'avoir un truc sérieux qui marche bien grâce au vibe coding sans pour autant sacrifier la qualité.

Sagittarius A, la lumière courbée autour de son ombre. Le bandeau affiche ses sources : GRAVITY 2022, orbites des étoiles S d'après Gillessen et al. 2017.*

Tout est extrêmement précis et l'échelle réelle est conservée, puisque c'est vraiment le cœur du produit. Le développeur met donc un point d'honneur à ne jamais truquer une taille, une distance ou une vitesse pour faire joli.

Et vous pouvez vérifier qu'il s'y tient ! Appuyez sur X et tout se recolore selon la provenance avec couleurs naturelles pour ce qui est mesuré, ambre pour ce qui a la bonne taille mais un rendu stylisé, cyan pour ce qui est purement illustratif.

Par contre, je trouve dommage qu'on ne puisse pas régler la date et l'heure précisément, ou alors je n'ai pas trouvé comment. Et c'est assez difficile de se caler sur une date et une heure précises, sachant qu'on peut aller de 10 ans en 10 ans, et qu'ensuite le saut n'est pas de 100 ans en 100 ans, mais de 1000 ans en 1000 ans, donc c'est un peu dur de doser. J'y ai passé un petit peu de temps.

Pour que ça fonctionne, il vous faudra WebGPU c'est-à-dire Chrome / Edge ou Safari depuis la version 26. Après Firefox, c'est plus tordu car c'est activé sur Windows depuis la 141, sur les Mac Apple Silicon depuis la 145 mais y'a toujours rien côté Firefox pour les Mac Intel ni pour Linux. Sous Linux, prenez donc plutôt Chrome 144 ou plus récent.

Dans le même genre, je vous avais montré AstroClick pour le système solaire en voxels, et le vénérable Space Engine . Bref, c'est par ici , c'est gratuit, et le code est sur GitHub sous licence MIT.

Ah et pensez à appuyer sur T pour la visite guidée !

Source

Neural Drive - Le jeu de kart qui tourne sans moteur de jeu, dans votre navigateur

Par : Korben ✨
20 juillet 2026 à 15:41

Aujourd'hui je vais vous parler d'un jeu de karting façon Mario Kart qui fonctionne sans moteur 3D et sans même une seule ligne de code.

En réalité, il s'agit d'un modèle de 130 millions de paramètres qui est capable de deviner à quoi doit ressembler l'image suivante. Cela a été mis en ligne hier soir par Asankhaya Sharma, c'est le gars derrière OptiLLM . Ça s'appelle Neural Drive et ça imite Super Tux Kart , le Mario Kart libre dont je vous ai déjà parlé.

Neural Drive est donc un modèle qui regarde les sept dernières images ainsi que les touches que vous enfoncez sur votre clavier. Son job c'est simplement de peindre l'image suivante. Ainsi, si vous appuyez sur la flèche du haut, il dessinera une carte qui avance, si vous tournez à gauche, il dessinera un virage...etc.

Donc, il n'y a aucun code derrière, c'est juste une hallucination que vous pilotez en 384 x 192.

Les 262 Mo du fichier ONNX se téléchargent dans votre onglet et c'est votre carte graphique qui transpire ensuite, avec le WebGPU. Il y a donc zéro serveur derrière, exactement comme l'agent Gemma que je vous montrais en avril .

Je l'ai testé chez moi sur mon Mac Studio dans Firefox et je suis à 2,5 frames par seconde, ce qui représente 405 millisecondes de génération par image sur mon GPU Apple. Donc autant vous prévenir qu'à ce rythme-là c'est injouable. Vous appuyez sur une touche, le monde se redessine mollement, et vous conduisez comme dans un rêve où vos jambes ne répondent plus... Mais ça reste dingue quand même !

Sharma annonce que sur les MacBook M récents on peut obtenir environ 10 images par seconde, et sur des GPU ça devrait approcher le temps réel, 15 à 20 images par seconde. L'écart avec ma mesure vient sûrement du fait que je suis en train de compiler tout un tas de conneries au moment où j'écris cet article... donc testez plutôt que de me croire sur parole. Et si vous êtes sur mobile, les petits boutons sous l'écran servent de contrôles tactiles, si vous avez de la patience.

Aucune de ces images n'existe dans un fichier de jeu. Le chrono en haut à droite est illisible parce que le modèle le repeint à chaque frame.

Le plus marrant, c'est tout ce qu'il vous dessine en plus de la route. Il régénère aussi l'interface : le compteur de tours, la minimap en bas à gauche, les petites têtes de Tux empilées sur le côté, le chrono en haut à droite. Sauf qu'il ne sait pas ce qu'est un chrono. Du coup les chiffres bavent, se réécrivent tout seuls, vous annoncent un tour 1 sur 300 ! Ce modèle ne compte pas le temps écoulé, il peint simplement des pixels qui ressemblent à du temps. Et pendant ce temps-là le décor fond carrément en haut de l'image, avec des bouts de falaise qui coulent dans le ciel.

Côté cuisine, c'est un LatentDiT de 130,8 millions de paramètres (768 de dimension, 12 couches) posé sur un petit ConvVAE qui compresse l'image d'un facteur 8. Le gros du boulot d'optimisation c'est que le modèle d'origine avait besoin de 8 étapes de débruitage par image, et la version distillée n'en fait plus que 2. C'est ce qui vous fait passer de "démo qui rame" à "démo qui rame un peu moins". Vous démarrez à l'une des 18 positions pré-enregistrées dans un fichier de seeds, et si votre navigateur n'a pas WebGPU, ça bascule sur le CPU avec un message d'avertissement sans ambiguïté : "prêt (CPU, ce sera lent)".

Vous avez aussi les poids PyTorch, dont le checkpoint non distillé de 523 Mo, si l'envie vous prend de bidouiller l'entraînement. C'est la même famille d'idées que DIAMOND, l'IA qui rêve pour mieux jouer , ou que Mirage 2 , sauf qu'ici tout a été ramené à la taille d'une page web. Le kart ne pèse plus que 262 Mo et tient dans un onglet de navigateur !

Bref, c'est une démo, pas un jeu. Mais c'est la première fois que je fais tourner un monde entier chez moi sans envoyer un seul octet à un serveur.

Ça se teste ici , et les poids sont là .

Moonshine - Et votre serveur Linux sans écran devient une console

Par : Korben ✨
20 juillet 2026 à 13:51

NVIDIA a débranché GameStream, son système maison pour envoyer les jeux de votre PC vers une Shield ou un laptop. Sauf que le protocole, lui, n'est pas mort : Moonlight , le client open source qui le réimplémente, tourne toujours sur Windows, macOS, Linux, Steam Link, Raspberry Pi 4, Apple TV et Xbox, et même sur des Switch et des Vita en homebrew.

Et surtout, Hans Gaiser bricole depuis début 2024 une pièce qui manquait côté serveur, Moonshine , qui commence à être sérieusement utilisable.

Moonlight n'étant qu'un client, il affiche l'image et renvoie votre clavier, votre souris et votre manette. Derrière, il faut donc forcément une machine qui capture le jeu et qui encode la vidéo en temps réel.

Bref, comme je vous le disais, depuis que NVIDIA a rangé GameStream au placard début 2023, ce rôle revient à des serveurs communautaires. Le seul que la FAQ Moonlight recommande, c'est Sunshine , du collectif LizardByte. C'est codé en C++ sous licence GPL-3 et ça tourne sous Windows, Linux, macOS et FreeBSD. Sauf que Sunshine capture une session de bureau existante ce qui veut dire que sur une machine sans écran, il faut composer avec ça, et c'est de là que vient toute la littérature sur les dongles HDMI factices et autres écrans virtuels...

Alors que Moonshine, lui, est codé en Rust et prend un autre chemin. En fait, chaque session de streaming tourne dans son propre environnement isolé, qui est totalement séparé de votre bureau. Du coup, vous n'avez plus besoin de session active du tout... Une simple tour sans écran fera parfaitement le boulot.

Voilà, si vous avez une machine Linux qui dort dans votre placard avec un GPU dedans, ça peut vous permettre de lancer Moonlight depuis votre canapé à distance, et c'est le serveur qui gérera la session rien que pour vous.

Après, c'est du Linux uniquement, testé sur Arch même si ça remonte que ça tourne aussi sur d'autres distribs, avec systemd obligatoire pour lancer et gérer tout ce qui est processus. Et du côté du GPU, il vous faudra de l'encodage vidéo Vulkan, donc, vous l'aurez compris, une Nvidia RTX ou une AMD RDNA2 ou plus récente, voire une Intel Arc pour les plus motivés.

Voilà, toutes vos vieilles GTX resteront sur le banc de touches... Sans oublier que vous aurez besoin du client Moonlight en version 6.0.0 minimum et que la compatibilité avec les portages non officiels n'est pas garantie.

Les codecs supportés, c'est du H.264, H.265 et AV1, avec du HDR en 10 bits. L'AV1 est marqué expérimental et Hans Gaiser prévient lui-même qu'il fait gonfler la taille des images au fil du temps sur les cartes NVIDIA. Sauf que c'est réglé depuis : NVIDIA a sorti le correctif dans son pilote Vulkan beta 595.44.3.0 et Hans Gaiser a confirmé début avril, mesures à l'appui, que la qualité était revenue à la normale. Son README, lui, n'a pas suivi et vous conseille encore de rester en H.264 ou H.265. Donc si l'AV1 vous tente, prévoyez le pilote Vulkan beta, pas celui de votre distrib.

Notez aussi que Moonshine n'est pas conçu pour être utilisé sur des réseaux publics puisque le protocole GameStream sous-jacent a des limites qui font que le trafic n'est pas entièrement chiffré au niveau applicatif. Donc, si vous vous y mettez, n'exposez jamais les ports de Moonshine directement sur internet. Préférez passer par Tailscale ou un WireGuard par exemple.

Bref, Moonlight, Sunshine, Moonshine... si comme moi, vous vous emmêlez dans les noms, c'est parfaitement normal. N'empêche que c'est un super truc, encore en dev, certes, mais ça promet pour le futur...

Source

Moebius - Effacer un objet d'une photo depuis votre navigateur

Par : Korben ✨
12 juillet 2026 à 05:55

Simon Willison, le créateur de Datasette et co-créateur de Django, vient de porter un modèle d'inpainting d'image directement dans le navigateur. Sa démo vous permet de choisir une photo, de peindre sur la zone à faire disparaître et ensuite le modèle IA reconstitue ce qu'il manque. Et ce qui est merveilleux avec cette appli c'est que tout tourne sur votre carte graphique en local, comme ça vos données restent chez vous.

Le modèle s'appelle Moebius, dispose de 0,22 milliard de paramètres, et a été développé par une équipe de l'université Huazhong en Chine. À l'origine c'est un modèle PyTorch, que Willison a converti au format ONNX pour le faire tourner via ONNX Runtime Web sur le backend WebGPU, une nouvelle API qui donne aux pages web un accès direct au GPU. Et ce qu'on obtient, c'est un modèle de diffusion qui s'exécute à 100% côté client dans Chrome ou Safari.

Lors de la première utilisation, l'outil télécharge 1,27 Go de poids depuis Hugging Face, ce qui est énorme pour une page web. Mais c'est un one-shot car ensuite, le navigateur range tout ça dans son Cache Storage, et les fois d'après il ne re-télécharge rien.

Je l'ai installé et testé et ça fonctionne vraiment très très bien. J'ai sélectionné quelques tuiles comme un bourrin et ça me les a enlevées très proprement en quelques dizaines de secondes (une fois le modèle initial téléchargé évidemment).

C'est du vrai inpainting génératif en tout cas et pas un truc qui recopie les pixels d'à côté.

Willison raconte dans le README que la conversion PyTorch vers ONNX et l'appli web complète ont été réalisées par Claude Code avec le modèle Claude Opus 4.8, et qu'il n'a "*pas regardé une seule ligne de code *". Il s'est juste contenté de tester dans le navigateur et de signaler ce qui clochait. Hé ouais c'est comme ça maintenant, les temps changent ;)

C'est open source sous licence Apache 2.0, la démo est en ligne, et le code est sur GitHub si vous voulez le lancer chez vous. Testez, et effacez ce gars avec son coup de soleil sur le crâne qui gâche votre plus belle photo de vacances, je ne vous juge pas ^^.

Source : Hackaday

Fiber Memory - Stocker la mémoire d'une IA dans 1 000 km de fibre optique

Par : Korben ✨
10 juillet 2026 à 16:28

Accrochez-vous parce que celle-là, elle est bien barrée ! Des chercheurs de l'université d'Uppsala veulent stocker la mémoire d'une IA... dans de la lumière. Leur projet Fiber Memory fait tourner les données d'un LLM en boucle dans 1 000 km de fibre optique, et les puces se servent au passage !

Pour comprendre le délire, il faut voir comment ça marche aujourd'hui. Dans un gros data center IA, chacune des 10 000 puces de calcul (des accélérateurs, en gros des GPU) garde sa propre copie complète du modèle dans sa mémoire embarquée, la HBM . Un Llama 3 70B compressé pèse 70 Go, ce qui donne 700 To de mémoire hors de prix pour stocker 10 000 fois exactement la même chose.

Vous qui râlez déjà quand un modèle ne tient pas sur votre matériel , imaginez le même casse-tête multiplié par 10 000.

La solution d'Hannah Atmer et de son équipe, c'est le tapis roulant à sushis. Un serveur unique injecte 128 Go de données dans la boucle (les poids du modèle, plus un peu de marge), et tout ça défile en continu à 25,6 To/s. Chaque puce attrape alors les plats qui l'intéressent quand ils passent devant elle, et le tour complet prend 5 ms !

La topologie retenue : un seul serveur de poids alimente la boucle, les pods se servent au passage. Schéma tiré du papier d'Atmer, Voigt, Yao et Kaxiras.

Concrètement, chaque châssis prélève 1 % de la lumière qui circule et laisse filer le reste vers les copains d'après. Pas de requête, pas d'adresse mémoire, juste un péage optique qui pique sa part au passage.

Le prélèvement en détail : un splitter 99:1 détourne 1 % de la puissance optique vers le pod, le reste poursuit sa route et se fait ré-amplifier.

Et le plus dingue, c'est que cette idée de génie a 80 ans ! Les premiers ordinateurs des années 40 stockaient déjà leurs données sous forme d'ondes qui tournaient en rond dans des tubes de mercure, la fameuse mémoire à ligne de délai . On avait déjà croisé des mémoires franchement bizarres , mais celle-ci place la barre très haut.

Évidemment, y'a des conditions à respecter... Ça ne marche que pour des données qui ne changent jamais et que tout le monde se partage, comme les poids d'un modèle déjà entraîné (les calculs en cours restent dans une petite mémoire locale classique). Et si une puce rate son sushi, elle attend 5 ms que le tapis fasse un tour complet... une éternité pour un GPU.

Côté conso, leurs calculs annoncent 284,8 kW pour la livraison des poids, contre 1 024 kW avec la HBM classique. Presque 4 fois moins ! Bon, la comparaison avantage un peu leur bébé (le scénario fibre répartit les poids entre les 8 puces d'un châssis, quand la référence garde une copie entière par puce), mais l'ordre de grandeur reste violent.

Par contre, tout ça n'existe encore que sur le papier. Les briques sont là, entre les commutateurs Spectrum-X Photonics de NVIDIA qui causent déjà en lumière et la HBM3e de Micron qui dépasse 1,2 To/s par pile, mais personne n'a encore assemblé le puzzle. Et il faudrait quand même réussir à caser 280 amplificateurs sur la boucle, plus quelque 3 500 amplis et 1 750 régénérateurs autour des pods...

Reste à voir si le bilan énergétique survit à un vrai prototype !

Source

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