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Trynix - Testez des classiques Linux sans rien installer

Par : Korben ✨
11 septembre 2026 à 09:19

Vous voulez vérifier un truc dans une vieille version de Python, du genre celle de 2017, histoire de voir si le bug que vous traquez vient de là. Normalement ça veut dire chercher une image Docker ou un vieux binaire de python, pour faire vos tests. Mais avec trynix, vous cliquez un lien et hop, vous avez un shell avec votre outil.

Ce site est signé Farid Zakaria, qui bricole autour de Nix depuis des années et appelle ça son "magnum opus". En gros, une machine Linux x86_64 démarre dans votre onglet, avec le paquet demandé déjà accessible dans le PATH. Rien à installer et pas de compte à se créer, ça marche direct dans le browser.

J'ai essayé ce matin avec python3 en version 3.6.2 . Le navigateur va chercher les chemins du store, vérifie leurs signatures, et au bout d'une trentaine de secondes le prompt s'affiche. Je tape alors python3 --version, il me répond Python 3.6.2, avec la glibc 2.25 et l'OpenSSL 1.0.2l de l'époque livré avec. Et voilà comment je me retrouve avec un Python de 2017 dans un Chrome de 2026, sans rien toucher à ma machine.

Le terminal de la machine virtuelle, dans l'onglet : Python 3.6.2 répond, et les seize chemins du store sont vérifiés juste au-dessus.

Et ce ne sont pas trois démos préparées à l'avance puisque l'index recense les 310 000 et quelques versions que nixpkgs a livrées en treize ans. Toutes ne démarrent pas, attention, il n'y en a que 274 729 avec un binaire x86_64 dans le cache, et le reste est non libre, cassé, ou hors du lot.

Ce qui rend la chose possible, c'est en fait une simple ligne d'en-tête HTTP. Le cache binaire de Nix sert un access-control-allow-origin: *, donc votre navigateur a le droit d'aller y piocher tout seul. Et le plus drôle, c'est que Zakaria avait lui-même réclamé cet en-tête en 2021, pour un tout autre projet. Et 5 ans plus tard, il s'en sert pour démarrer des machines virtuelles... Qui aurait pu prédire comme dirait l'autre !

Pour l'émulation, après il n'a rien réinventé. Il a tout simplement repris prend qemu-wasm , le QEMU compilé en WebAssembly de ktock, et la machine virtuelle ne boote même pas vraiment, mais reprend un instantané figé à l'avance. En tout cas, c'est bien pensé et très pratique.

Du Linux dans un navigateur, je vous avais d'ailleurs déjà montré ça ici avec cette machine virtuelle x86 . Sauf que ces trucs-là chargent une image figée à l'avance, alors qu'ici, on choisit vraiment son contenu en 1 clic.

Niveau vitesse, le projet annonce un lancement en 3 secondes, mais c'est le temps d'obtenir le shell quand tout est déjà dans le cache du navigateur. Chez moi, lors de mes tests, au premier passage, il a fallu 30 secondes, puis 7,5 secondes au suivant. Et une fois dedans ça reste poussif, parce que chaque binaire est traduit du x86 vers le WebAssembly à son premier lancement, ce qui peut faire monter le chargement à deux minutes sur les gros binaires.

Et il y a aussi un plafond puisque tout doit tenir dans la mémoire de l'onglet, soit environ 1,5 Go. Et c'est une console série, donc vous ne pourrez rien lancer de graphique, pas de fenêtre, pas de souris... Bref, que les outils en ligne de commande et rien d'autre ! Mais bon, vous êtes de vrais barbus qui n'ont peur de rien à part du déo, donc je ne suis pas inquiet ^^.

Ce qui est vraiment cool avec Trynix surtout, c'est l'action GitHub que son dev a sortie dans la foulée. Si votre intégration continue pousse déjà ses compilations dans un cache, un bot colle un lien sous la pull request et le relecteur lance le code au lieu de le lire. Comme ça, fini le clone, la compilation et le "*ça marche chez moi pourtant *" invérifiable. Même topo pour faire essayer un truc à quelqu'un qui n'a ni Nix ni Docker... Suffit de lui envoyer le lien.

Un petit point sécu quand même que je tiens à vous signaler : L'URL transporte à la fois les caches supplémentaires et les clés qui les valident, du coup la signature vous prouve bien que le binaire vient du cache annoncé... mais pas qu'il vient de quelqu'un de fiable. En effet, cliquer sur un lien trynix inconnu, ça revient à lancer le programme d'un inconnu, et même si ça se passe dans la sandbox de l'onglet du navigateur (ce qui limite les dégâts), c'est quand même mieux d'en avoir conscience !

Bref, voilà encore un chouette projet sous licence MIT et si ça vous chauffe, ça se passe sur trynix.dev .

Source : Simon Willison

reVCDOS - Vice City en entier dans un onglet

Par : Korben ✨
8 septembre 2026 à 14:13

Vous vous souvenez de GTA Vice City ?

Non ? C'est normal, c'est un petit jeu qui est passé relativement inaperçu ^^. Dans ce jeu, on est plongé dans le Miami des années 80, avec ses chemises à fleurs, Tommy Vercetti et la radio à fond dans une décapotable volée.

Eh bien bonne nouvelle pour les fans, le jeu tourne aujourd'hui en entier dans un onglet de votre navigateur, sans rien avoir à installer, et ça s'appelle reVCDOS.

Derrière, c'est reVC, on retrouve la décompilation du moteur du jeu dont je vous ai déjà parlé, recompilée en WebAssembly par l'équipe de DOS.Zone. Autrement dit, ce n'est pas de l'émulation mais le vrai moteur d'origine qui tourne direct dans un browser.

Et ça se joue comme vous voulez, au clavier et à la souris, à la manette, ou carrément du bout de votre doigt tout gras sur un téléphone en portrait comme en paysage.

Les codes de triche marchent aussi, tapés au clavier comme à l'époque, et vous pouvez charger vos propres mods dans le navigateur avec des fichiers dff et txt qui sont supportés tels quels, sans conversion.

Si vous êtes chaud, pour jouer, ça se passe sur la page du projet . Le jeu a besoin des données de Vice City, et le site vous propose cinq façons de les lui donner : Il y en a 2 qui les téléchargent pour vous, dont un torrent, et 3 qui vous laissent envoyer les vôtres, en dossier, en fichiers ou en zip. Je vous conseille la deuxième méthode, car la première, c'est du piratage, et le piratage, c'est maaaal ! Et ouais, il faut bien financer les petits studios comme Rockstar.

Bref, il vous faut les fichiers du jeu d'origine mais bonne nouvelle : sur Steam, on trouve encore aujourd'hui la Definitive Edition, à 59,99 €. Franchement, pour un jeu sorti y'a 24 ans, c'est vraiment donné, non ? Ah bah oui, je vous l'ai dit, il faut financer les petits studios.

Et si vous préférez héberger le bidule vous-même, sachez que le dépôt Github du projet publie les binaires et une image Docker qui convertit vos fichiers au format attendu ! Comptez une cinquantaine de mégas au démarrage, le reste arrive en cours de partie.

Un truc à savoir avant de vous lancer, parce que ça pique : les sauvegardes locales sont pétées depuis des mois, et l'auteur a fini par lâcher sur son forum que "les sauvegardes ne sont disponibles qu'avec un abonnement". Donc si vous vous lancez dans une partie, il faudra jouer jusqu'au bout. Ou alors, vous vous démerdez pour débuguer votre install.

Et profitez-en tant que c'est là, parce que Take-Two a déjà fait tomber ce portage à coups de DMCA l'an dernier. Bref, un tour à Vice City ce soir, ça ne se refuse pas.

Source : Tom's Hardware

Votre vieux Morrowind se relance dans le navigateur

Par : Korben ✨
28 juillet 2026 à 10:11

Si vous êtes fan de The Elder Scrolls III: Morrowind, j'ai une bonne nouvelle pour vous : vous allez pouvoir y jouer directement dans un onglet de navigateur ! En effet, c'est ce que nous propose openmw-web , signé Virtastic et sorti il y a quelques jours !

openmw-web fait donc tourner Morrowind dans un browser en recompilant OpenMW vers WebAssembly avec Emscripten. OpenMW, c'est le moteur libre qui réimplémente de zéro celui du jeu, et l'avoir en WebAssembly, ça permet de le faire tourner localement sur votre machine dans le navigateur.

Si vous voulez tester, il y a deux façons de vous lancer. Soit via le monde de démo livré avec OpenMW qui est jouable direct avec un petit village, ses PNJ, ses gardes et des créatures qui rôdent autour.

Ou alors vous pointez le navigateur vers le dossier Data Files de votre propre installation. Les fichiers sont alors lus en streaming depuis le disque via la File System Access API, rien n'est uploadé nulle part, et Tribunal, Bloodmoon et vos mods en .esp, .esm ou .bsa sont détectés tout seuls.

Dans ce mode, les sauvegardes atterrissent ensuite sous la forme de vrais fichiers dans un sous-dossier openmw-web-saves, donc vider le cache du navigateur ne les effacera pas. Alors que sur le monde de démo, elles resteront dans le stockage du navigateur, et là si vous videz votre cache en mode bourrin, vous perdrez votre avancement.

J'ai lancé la démo, et je dois dire que ça tourne plutôt bien.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Virtastic est une boîte dont c'est le métier de recompiler des logiciels desktop en applis web. Ils vendent la prestation de conversion, la maintenance et l'hébergement, et licencient leur bibliothèque de dépendances déjà cross-compilées vers WebAssembly, genre Qt, CPython, OpenCASCADE ou FFmpeg.

Donc Morrowind c'est leur vitrine, avec FreeCAD et Jagged Alliance 2 en preview et Blender annoncé. Ça explique la finition du truc, car le gros du travail était surtout dans la chaîne de dépendances, et pas forcément dans le jeu.

Notez que de ce que j'ai lu dans la doc, sous Windows, visiblement le navigateur refuse d'ouvrir un dossier situé dans Program Files, là où Steam installe par défaut. Il faut donc copier Data Files sur le Bureau ou dans Documents avant de le sélectionner.

Le développeur a évoqué également un mode multijoueur parmi les fonctions à venir, ce que le jeu n'a jamais eu d'origine. Et sur le dépôt, il tient sa roadmap sous forme de tickets qu'il s'ouvre à lui-même.

Je vous parlais d'OpenMW en 2012 , quand c'était encore un moteur prometteur en cours d'écriture et nous voilà 14 ans plus tard, et ce même moteur tourne dans un Chrome OKLM. C'est beau non ? Dans le genre vieux logiciel qui déménage dans le navigateur, y'a aussi ce émulateur x86 en WebAssembly qui reste mon autre chouchou.

Amusez-vous bien !

Source

Firefox en WebAssembly - Gecko s'embarque dans vos pages web

Par : Korben ✨
17 juillet 2026 à 13:56

Vous avez une TV connectée qui vous crache de la pub, un navigateur intégré dedans qui n'accepte aucune extension, et surtout aucun moyen d'installer quoi que ce soit dessus ? Bonne nouvelle les amis, l'équipe de Puter vient de compiler Firefox en WebAssembly, ce qui fait que ce mur commence sérieusement à se fissurer...

On avait déjà de vieux OS et des émulateurs x86 qui tournaient dans une page web , et là on passe carrément au navigateur au complet. La démo est en ligne si vous voulez tester tout de suite.

L'idée, la voilà... vous ouvrez un onglet dans votre navigateur, et dans cet onglet, c'est un Firefox complet qui tourne, avec son propre moteur d'affichage. Curieux de savoir ce que ça pesait, j'ai récupéré les fichiers, et une fois tout déballé, on arrive à 233 Mo. C'est exactement le même Firefox que sur votre machine, sauf qu'il vit à 100% sur une page web.

Le plus marrant là-dedans, c'est toutes les possibilités que ça ouvre... Par exemple, il y a un gars sur Hacker News qui vient de récupérer une TV sous VIDAA, ce système où tout s'affiche en pages web et où le navigateur maison refuse le moindre bloqueur de pub. Et maintenant son programme du week-end c'est de démarrer Firefox dans le navigateur de la télé, puis d'y glisser uBlock Origin . Et ça vaut pour tout ce qui est cadenassé, la borne d'accueil, le Chromebook du collège, le poste du boulot où l'informatique vous a tout bloqué sauf le navigateur.

La deuxième, c'est de pouvoir vérifier un site dans Firefox quand vous n'avez pas de Firefox sous la main. Vous êtes sur iPhone, ou coincé sur le Chrome tout naze de votre boîte sans les droits admin ? Bah vous ouvrez un onglet et vous avez un vrai moteur Mozilla sous la main pour vérifier que votre page ne part pas en vrille.

La troisième possibilité s'adresse aux développeurs. Pour fabriquer une miniature de page ou prévisualiser du HTML, il faut d'habitude un navigateur qui tourne sur un serveur, avec la machine à payer derrière. Là, le rendu peut se faire directement chez le visiteur, grâce à un peu de code :

import { Gecko } from 'gecko.js';

const gecko = new Gecko({ canvas: document.querySelector('canvas')! });
await gecko.init();
await gecko.load('data:text/html,# hello from Gecko

');

Maintenant, la limite de la démo actuellement en ligne, c'est que tout le trafic passe par les serveurs de Puter, sans quoi ça ne pourrait pas fonctionner du tout. Le HTTPS reste bien chiffré de bout en bout, mais évitez quand même d'y taper vos mots de passe. Ah et ça rame aussi un peu, et sur mobile c'est mort pour le moment. En tout cas, c'est pas un truc que je vous conseille d'utiliser au quotidien parce que bien employé par un cybercriminel, ça pourrait permettre s'il y a une faille dans le moteur de rendu évidemment de lire par exemple vos cookies.

Donc si vous l'utilisez, pensez bien à faire tourner chaque site que vous visitez avec ça, dans une instance séparée

Ce chantier a été entrepris avec l'aide de Claude d'Anthropic. Il a englouti une trentaine de milliards de tokens, soit dans les 25 000 $ au tarif normal. Mais heureusement, l'équipe de Puter avait un abonnement Max et s'en est tirée "que" pour une centaine de dollars. Voilà, c'est de la bidouille, avec les défauts qui vont avec mais avouez que c'est beau ^^.

Le code est ici sous licence MPL, et y'a aussi WebkitWasm qui fait la même chose avec WebKit.

Source : Simon Willison

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