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"Je capitule" - Matt Mullenweg est abattu

Par : Korben ✨
28 mai 2026 à 12:23

Matt Mullenweg vient de publier un billet anniversaire des 23 ans de WordPress, et ce qui devait ressembler à une célébration tient plus de l'appel au secours. Et j'avoue qu'à lecture, ça m'a mis un petit coup au moral... Parce que oui, le créateur de WordPress est épuisé à cause de 19 mois de guerre juridique...

Côté chiffres pourtant, le post commence très bien. WordPress 7 est sorti la semaine dernière, et en sept jours, 46% des installations sont déjà passées en 7.0 sans aucune casse. Du Raspberry Pi au site de la Maison Blanche, en passant par Korben.info, pas un wp-config.php à éditer à la main, pas un cron à relancer, pas un fichier .htaccess à toucher, TOUT A FONCTIONNÉ !!

Et surtout, aucune attaque supply chain ni faille de sécurité, en tout cas pour le moment. Matt insiste là-dessus et il a raison d'en être fier ! Mais c'est pas vraiment ce qu'on retient de son article...

En effet, ce qu'il explique c'est que la sortie de WordPress 7 n'a pas été ce qu'il espérait parce que trop de temps a été perdu à cause des attaques de WP Engine. Il a, je cite, "des collègues EN TRAIN DE MOURIR" (les majuscules sont dans le texte) qu'il ne peut pas aller voir parce qu'il est noyé sous les procédures. Son meilleur ami attend une greffe de cœur sur un lit d'hôpital pendant que les avocats de Quinn Emanuel l'interrogent sur tout un tas de conneries sans intérêt...

Mais avant, petit rappel pour ceux qui n'auraient pas suivi... depuis septembre 2024, Matt est en guerre ouverte avec WP Engine, un gros hébergeur WordPress propriété de Silver Lake. J'en parlais déjà à l'époque dans WP Engine vs WordPress, la guerre est déclarée . Et en 19 mois, ça n'a pas refroidi du tout... ça s'est même carrément "judiciarisé" à mort.

Silver Lake pèse plus de 100 milliards de dollars (et vient au passage de récupérer TikTok aux États-Unis), et ils ont lâché Quinn Emanuel sur l'affaire. Matt emploie le terme de "shoggoth paperclip-maximizer" pour le qualifier... En gros, ça veut dire que c'est un gars sans émotion qui exécute les ordres de manière littérale jusqu'à l'absurde.

Bref, il s'attaque à Automattic, à lui personnellement, et essaie maintenant carrément de dissoudre la Fondation WordPress qui je le rappelle est à but non lucratif sans aucun employé, et qui finance entre autres les WordCamps et l'éducation open source à travers le monde. C'est le truc qui fait tourner la communauté...

Et de ce qu'on comprend dans ce récit de Matt Mullenweg, c'est que WP Engine essaie de faire passer Matt pour quelqu'un qui détruit des preuves, parce que wordpress.org fait de la rotation de logs (chose que fait absolument tout serveur sur Terre depuis l'invention de syslog en 1980) et parce qu'il utilise les messages éphémères sur Signal avec ses partenaires amoureuses.

Bref, je comprends que le gars soit fatigué par tout ce merdier et cette mauvaise foi. Et puis vient le passage qui fait vraiment mal quand Matt s'adresse directement à Silver Lake : "Vous avez déjà tout dépecé. Si vous vouliez me faire souffrir pour mes péchés, j'ai souffert, et probablement plus profondément que vous ne le saurez jamais. WordPress et WordPress.org, et oui, même mon leadership imparfait, sont au cœur de ce qui a fait le succès de WP Engine jusqu'ici. Vous avez tellement d'argent et de pouvoir, vous venez d'avoir TikTok, l'administration Trump vous adore, vous n'avez pas besoin de contrôler WordPress aussi. Si vous gagnez, vous le détruisez, et après ?"

Puis il termine sur ces mots : "I submit. Let's move on".

Le mec capitule sur le blog officiel... Je dois avouer que j'avais jamais vu ça.

C'est un humain qui craque mais c'est également une fondation à but non lucratif qui risque de disparaître...

Bref, c'est triste pour Matt et clairement pour tout l'écosystème open source derrière. Force à lui et à WordPress !

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Le DNS souverain européen DNS4EU forcé par la justice française de bloquer des sites pirates

29 avril 2026 à 13:44

Coup dur pour DNS4EU. Le résolveur DNS public co-financé par la Commission européenne, présenté il y a moins d'un an comme l'alternative souveraine à Google et Cloudflare, doit désormais bloquer une trentaine de domaines de streaming pirate, sur ordre du tribunal judiciaire de Paris.

La décision date du 17 avril, après deux ordonnances réclamées par Canal+ et restées sans réponse côté défense.

Concrètement, l'ordonnance vise 37 domaines au total, répartis entre 16 sites qui diffusaient illégalement le MotoGP et 21 autres qui faisaient pareil avec la Formule 1. On y retrouve des grands classiques de l'IPTV pirate comme daddylive3.comiptvsupra.com ou king365tv.me.

Whalebone, la société tchèque qui opère DNS4EU pour le compte de l'Union européenne, doit donc rentrer ces noms de domaine dans son moteur de blocage et empêcher leur résolution depuis la France.

Sauf que la mesure déborde déjà du territoire français. Le blocage est appliqué même pour des utilisateurs basés hors de France, ce qui pose une vraie question de juridiction et de portée extraterritoriale d'une décision parisienne sur un service censé desservir 450 millions d'Européens. 

Bref, le DNS public européen finit par être plus restrictif que prévu, et pas vraiment dans le sens où Bruxelles l'avait vendu.

L'autre détail gênant : Whalebone n'a même pas comparu à l'audience du 19 février. Le tribunal a donc statué par défaut, en faveur de Canal+, sans le moindre argument contradictoire. Difficile de mieux perdre un procès.

La société tchèque, qui s'est vendue auprès de Bruxelles comme un acteur clé de la souveraineté numérique européenne, va devoir s'expliquer sur cette absence.

En pratique, ce genre de blocage DNS reste contournable en quelques minutes par n'importe quel utilisateur un peu débrouillard, qui n'a qu'à changer son résolveur dans les paramètres système pour pointer ailleurs. Mais la portée symbolique est assez moche, parce qu'elle inscrit DNS4EU dans la même logique de contrôle que les services qu'il prétendait justement remplacer.

Et ce n'est pas la première fois que la justice française élargit le périmètre. Depuis 2024, les ordonnances de blocage anti-piratage ont visé successivement les FAI, puis les résolveurs DNS de Google, Cloudflare et Cisco, puis les VPN comme NordVPN ou ExpressVPN, et désormais le DNS souverain européen lui-même.

Canal+ s'appuie à chaque fois sur l'article L.333-10 du Code du sport, qui permet de viser "toute personne susceptible de contribuer" à remédier au piratage.

Bref, un DNS public financé par l'UE pour protéger les Européens, qui finit forcé de filtrer hors de ses frontières par un tribunal national. C'est un peu n'importe quoi.

Source : TorrentFreak

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