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À partir d’avant-hierTech Généraliste

TrojPix - Et votre câble vidéo devient une radio qui balance vos secrets

Par : Korben ✨
7 juillet 2026 à 14:50

En matière de sécurité, quand on parle de air gap, en général, on ne peut pas faire mieux. Si vous ne connaissez pas le concept, l'idée c'est d'empêcher un ordinateur d'avoir accès à tout type de réseau, que ce soit du wi-fi, de l'Ethernet, etc. etc. C'est un peu le Graal en matière de sécurité.

Et pourtant, des chercheurs de l'université de Shandong viennent de trouver un moyen de transmettre quand même des datas, même si la machine n'a pas accès au réseau. Leur technique s'appelle TrojPix et elle consiste à transformer un câble vidéo en antenne radio. Je vous explique la technique !

Comme vous le savez, mes petits ingénieurs, sur un écran, chaque pixel est codé en rouge, vert et bleu. TrojPix vient donc tripoter les bits (Ah Ah) les plus faibles de ces couleurs, des variations tellement infimes que votre œil n'y voit que du feu. Sauf que ces micro-changements modulent le signal qui circule dans le câble HDMI ou DisplayPort, et surprise-surprise, un câble en cuivre qui transporte un signal ça rayonne des ondes électromagnétiques. C'est d'ailleurs pour ça que les anti-ondes s'évanouissent tous dès qu'ils appuient sur un interrupteur, lol.

Bref, en façonnant les pixels, le malware pilote ces ondes, et une simple antenne radio posée à proximité les capte et reconstitue les données.

Et le débit quand je l'ai lu, m'a fait tousser. Jusqu'à 8,1 mégabits par seconde, de quoi faire sortir 100 Mo de plans ou de clés en moins de deux minutes et la portée, elle, grimpe jusqu'à 208 mètres. Mais attention, ces deux records ont été mesurés séparément et pas ensemble, donc plus l'espion s'éloigne, plus ça ralentit. Reste que les précédents canaux du genre pataugeaient à quelques kilobits par seconde, alors là on change carrément d'échelle.

Notez que le malware peut même simuler un écran éteint pendant qu'il émet, ni vu ni connu, j'embrouille.

Mais avant de scotcher de l'alu sur votre tour ou d'aller installer votre bureau dans le micro onde, respirez un grand coup ! En réalité, TrojPix ne pête pas la sécurité air gap à lui tout seul... Faut déjà installer le malware et ça c'est pas si simple sur un système isolé (surtout si les ports USB ont été rebouchés au ciment).

Ensuite, l'espion et son antenne doivent camper dans les deux cents mètres environ puisque les murs et le bruit ambiant rognent la portée, et surtout ça ne marche que sur du câble en cuivre. Et étonnamment, une cage de Faraday n'y fait pas grand-chose, les chercheurs gardaient plus de 90 % de réussite même avec un blindage. La seule vraie parade en réalité, c'est de remplacer le câble en cuivre par de la bonne vieille fibre optique, qui elle ne rayonne aucune onde.

C'est donc de la très belle recherche, mais une menace qui vise surtout une clientèle précise, les systèmes ultra-sensibles des gouvernements, des militaires ou des infrastructures critiques, ceux qui misent justement tout sur l'isolement. Oui, désolé de vous le redire, mais personne ne s'intéresse à vous ^^. Mais en tout cas, on sait que débrancher le réseau ne suffit plus pour être invisible et en sécurité. On avait d'ailleurs déjà vu exfiltrer des données par ondes radio ou même faire du Wi-Fi sans carte Wi-Fi avec AIR-FI , mais pour le coup, TrojPix pousse le curseur du débit beaucoup plus loin.

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Pegasus a espionné l'eurodéputé qui enquêtait sur... Pegasus

Par : Korben ✨
3 juillet 2026 à 11:28

Stelios Kouloglou, ancien eurodéputé grec, et journaliste d'investigation, siégeait à la commission PEGA du Parlement européen et à l'époque, son cheval de bataille c'était de traquer Pegasus, le mouchard pour smartphone de la société israélienne NSO Group.

Eh bien devinez quoi ? Son smartphone à lui était aussi infecté par Pegasus !

C'est Citizen Lab, un labo planqué à l'université de Toronto, qui a retourné son iPhone en mai dernier et qui a retrouvé la trace de 2 infections. La première en octobre 2022, et la suivante en mars 2023. Pile au moment où la commission PEGA bossait sur son rapport, donc...

Mais avant de tout vous expliquer, je me permets de faire un petit rappel pour ceux qui ont raté le premier épisode. Pegasus, c'est un outil d'une société privée qui travaille dans la surveillance et qui s'appelle NSO Group. Cet outil est capable de s'installer tout seul sur un iPhone, sans avoir besoin du moindre clic de la victime. Aucune interaction, aucune trace et une fois qu'il est en place, cette saloperie siphonne tout ! Ce que votre micro et vos caméras enregistrent, vos messages, votre géoloc, vos datas...etc. Le Parlement européen avait donc monté la commission PEGA en avril 2022 justement pour comprendre pourquoi des États membres s'amusaient à espionner des journalistes, des avocats et des opposants politiques avec ça.

Alors qui a infecté Kouloglou ?

Eh bien personne n'a trouvé et c'est bien le problème. NSO ne donne jamais le nom de ses clients, et l'entreprise n'a pas répondu aux sollicitations. Kouloglou, lui, accuse le gouvernement grec, son propre pays, qui figure parmi les États épinglés par la commission aux côtés de la Pologne, la Hongrie et l'Espagne.

Sauf que Citizen Lab, le labo qui a fait l'analyse, n'a pu confirmer aucune piste et pense que d'autres parlementaires ont ou seront également infectés. Et le pire dans toute cette histoire, c'est qu'il ne se passe rien de plus...

La commission PEGA a rendu son rapport en mai 2023 avec une liste de recommandations comme encadrer le spyware, créer un labo technique européen, ouvrir des voies de recours et le Parlement a voté pour. Très bien ! Sauf que depuis la Commission européenne a rangé tout ça dans un tiroir.

Ça fait donc maintenant 3 ans que ces recommandations prennent la poussière. Et Kouloglou n'est même pas un cas isolé puisqu'il y a déjà eu Nikos Androulakis, un autre eurodéputé grec, visé lui par Predator, le cousin de Pegasus. À l'époque, tout le monde avait crié au scandale mais nous sommes maintenant quelques années plus tard, et il n'y a aucun aucune répercussion ni aucun changement.

Et pendant que la justice avance à deux à l'heure, et cela même si NSO s'est pris une déculottée par WhatsApp , le marché du mouchard se porte comme un charme ! Candiru, Paragon, Intellexa... Pour chaque NSO qui trébuche, d'autres se partagent le gâteau.

Alors qu'est-ce qu'on fait, nous, simples mortels sans immunité parlementaire ?

Bah déjà, si vous êtes journaliste, militant ou juste un parano bien organisé, activez le Lockdown Mode d'Apple , qui a déjà fait échouer des attaques de ce type. Et si vous flairez quelque chose de louche, sachez qu'on peut faire analyser un smartphone pour y détecter une infection , exactement comme Citizen Lab l'a fait pour Kouloglou.

Bref, un député qui enquête sur les espions se fait espionner, et l'Europe regarde ailleurs... J'ai connu meilleure pub pour la démocratie !

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