Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierFlux principal

Ableton Extensions SDK - Codez vos propres outils pour Live

Par : Korben ✨
2 juin 2026 à 18:37

Je suis trop content parce qu'avec son nouveau SDK pour extensions , Ableton nous permet enfin d'écrire nos propres outils pour son DAW Live en JavaScript. L'intérêt c'est que ces extensions peuvent lire et modifier vos Sets : pistes, clips, notes MIDI, paramètres, automations... et comme ça votre projet se transforme en un truc qu'on peut trafiquer avec du code (et donc avec de l'IA car ça repose sur des technos web standard ^^ niark niark).

En pratique, une extension peut renommer tous vos clips d'un coup, transformer une photo en mélodie MIDI, découper un beat tout seul, ou carrément faire tourner un petit jeu dans Live. Vous faites un clic droit dans le Set, ça s'exécute, et hop, c'est plié !

Par contre, ça ne remplace pas Max for Live puisque Max tourne en temps réel en agissant sur le son des synthés et des effets alors que les Extensions, elles, se lancent d'un clic droit, font leur boulot, puis s'arrêtent. Ce n'est donc pas du temps réel. C'est juste fait pour automatiser et bidouiller la structure d'un projet mais c'est ce qui fait que les deux se complètent bien.

Screenshot

Pour vous lancer, il faut Node.js, être à l'aise avec le terminal, et toute la doc est sur GitHub . Ableton a même sorti une vidéo qui montre comment créer sa première extension de bout en bout.

J'ai testé en le branchant avec Claude Code, et je lui ai demandé de me faire un morceau french electro du thème d'Indiana Jones et voilà ce que ça m'a sorti from scratch (j'ai juste mis un kit rock pour les drums car sinon, y'avait pas de son sur la piste) :

Maintenant, c'est réservé à Live 12 Suite (Beta), soit le haut de gamme du logiciel, donc sur Standard ou Intro, c'est mort. Ensuite c'est de la bêta, donc c'est pas encore 100% complet... Et n'oubliez pas que c'est du JavaScript tiers qui s'exécute dans Live avec un accès à votre projet, donc ça peut toujours faire des dégâts. Évitez donc d'installer un truc random trouvé sur Discord, car ce serait un peu comme quand vous lanciez des VBScript reçus par mail à la grande époque de Windows 98. Surtout que du code pondu par une IA peut aussi cacher quelques saloperies sans que ça se voie, donc vérifiez toujours d'où ça vient et lisez le code.

Quoi qu'il en soit, si vous êtes sur Live 12 Suite, foncez tester et surtout amusez-vous bien !

FROST - Quand un site web peut vous tracker grâce à votre SSD

Par : Korben ✨
29 mai 2026 à 07:23

FROST, c'est le nom d'une nouvelle attaque qui transforme votre SSD en mouchard. Des chercheurs de l'université de Graz, avec Daniel Gruss au générique (un des cerveaux derrière Spectre et Meltdown), ont montré qu'un simple site web peut deviner quels autres sites et applis vous avez ouverts et cela juste en mesurant les micro-ralentissements de votre disque. Oui, je sais c'est geudin !

Le principe ?

Quand vous ouvrez la page piégée, elle crée discrètement un gros fichier sur votre disque via une API du navigateur baptisée OPFS ( Origin Private File System ), présente aujourd'hui dans tous les navigateurs modernes. C'est ce fichier qui sert de sonde.

Le JavaScript passe son temps à lire dedans et chronomètre chaque lecture au poil de cul et dès qu'une autre appli ou un autre onglet sollicite le SSD, ça crée un embouteillage minuscule sur le disque... que le code peut repérer sous forme de ralentissement.

Sauf que des variations de timing, ça reste du bruit illisible pour un humain. Du coup les chercheurs ont balancé toutes ces mesures dans un réseau de neurones (un CNN, le même genre de bidule qui reconnaît des choses sur des photos).

Entraîné sur des tonnes de traces, le modèle apprend alors la signature de chaque appli et de chaque site web et voilà comment à partir de ça, il devine ce que vous avez ouvert !

Sur un Mac, dans les tests présentés cette semaine, le truc retrouve le bon site parmi un top 50 dans près de 9 cas sur 10, et grimpe à plus de 95% pour reconnaître les applications ouvertes. Le tout sans la moindre action de votre part, à part avoir cliqué sur le lien. C'est totalement invisible.

Mais avant de débrancher votre PC, renvoyer votre box internet et vous lancer à temps complet dans la culture de chanvre, faut relativiser, car cette attaque a plusieurs limites... Le hic numéro un, c'est que le fichier-sonde doit être énorme, genre 1 Go ou plus, et un site qui se met à bouffer autant de place sur votre disque, ça se remarque vite. Le hic numéro deux, c'est que ce fichier doit être sur le même SSD que le navigateur sinon l'attaque est aveugle.

Les chercheurs ont fait tourner l'attaque complète sur un Mac M2, et démontré que la brique de base fonctionne aussi sous Linux (sans dérouler la classification complète), mais n'ont pas testé Windows. Et surtout, personne n'a encore vu FROST exploité dans la nature.

Perso, je trouve que cette attaque est trop bancale / incertaine pour faire du tracking de masse, en tout cas aujourd'hui...

Pensez donc à fermer les onglets dont vous ne vous servez plus comme ça, y'a moins d'activité à mesurer et pour les plus paranoïaques, vous pouvez toujours vous mettre à surveiller les fichiers OPFS créés par des sites web inconnus. Après comme tout repose sur du JavaScript, bloquer le JS sur les sites pas nets (avec un NoScript ou équivalent) ça coupe aussi l'attaque à la racine.

Les chercheurs proposent aussi aux éditeurs de navigateurs de plafonner la taille de ces fichiers OPFS. Ce serait dans la lignée de ce que fait par exemple Firefox avec le pistage, qui a récemment musclé son anti-fingerprinting .

Bref, pas de panique, personne ne fouille votre SSD en douce mais la technique reste intéressante. Les détails techniques complets sont dans le papier de recherche , qui sera présenté à la conférence DIMVA en juillet. Bonne lecture !

Source

❌
❌