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Comment rendre vos documents impossibles à scanner avec la constellation EURion

Par : Korben
13 août 2025 à 09:51

Hier soir, en faisant un peu de tri dans mon portefeuille, j’ai regardé un billet de 20 euros et là, je me suis souvenu d’un truc. Vous voyez ces petits cercles discrets disposés un peu partout sur vos billets ? Ces cinq points qui ont l’air anodins ? Eh bien figurez-vous que c’est un système de protection ultra sophistiqué qui peut bloquer instantanément n’importe quel photocopieur. Et le plus marrant, c’est qu’on peut l’utiliser pour nos propres documents.

Cette technologie s’appelle la constellation EURion, aussi connue sous le nom de cercles Omron, et elle existe depuis 1996. Ces cinq cercles jaunes, verts ou orange sont répétés à différentes orientations sur les billets de banque du monde entier et leur présence suffit à faire buguer la plupart des photocopieurs couleur qui refusent catégoriquement de traiter le document. Un vrai mur invisible contre la contrefaçon.

Alors attention, je vais maintenant vous révéler un secret. En fait, il y a deux systèmes complètement différents qui protègent votre argent. D’un côté, vous avez la constellation EURion qui fait planter les photocopieurs physiques. Et de l’autre, les logiciels comme Photoshop utilisent depuis 2003, un système totalement différent appelé CDS (Counterfeit Deterrence System). Selon les recherches de Steven J. Murdoch, ce système ne se base pas du tout sur les cercles EURion mais détecte un watermark invisible développé par Digimarc. Donc si Photoshop refuse d’ouvrir un billet scanné, ce n’est pas à cause des petits points, mais d’un filigrane numérique caché dans l’image.

Un développeur nommé Martin Scharm a surtout eu l’idée géniale de tester si on pouvait détourner ce système pour protéger ses propres documents. Il a créé un template LaTeX qui intègre la constellation EURion directement dans un PDF.

Voici le code :

wanna scan my letter?
\includegraphics[width=7mm]{EURion.pdf}

La taille de 7 mm est cruciale, car c’est l’idéal pour que les scanners détectent le motif. Martin a d’ailleurs mis tout son travail sur GitHub, avec l’image EURion et le fichier PDF résultant. Sympa de sa part de partager ça !

Le PDF de Martin

Par contre, voilà le hic… tous les scanners et photocopieurs ne sont pas sensibles à la constellation EURion. Certains modèles récents l’ignorent complètement, et d’autres la détectent parfaitement. D’après les discussions que j’ai pu lire sur Stack Overflow, un utilisateur a quand même réussi à bloquer un photocopieur Ricoh en ajoutant le motif EURion sur ses documents, mais sur d’autres machines, rien ne se passe. C’est un peu la loterie.

Alors maintenant, la question à 10 balles : Est-ce légal d’utiliser la constellation EURion sur ses propres documents ? Et bien, bonne nouvelle, aucune loi n’interdit l’utilisation de ce motif en dehors des billets de banque. Les discussions techniques sur TeX Stack Exchange confirment qu’on peut parfaitement intégrer ce système dans des documents LaTeX pour empêcher leur reproduction car c’est uniquement la reproduction des billets eux-mêmes qui est illégale, et pas l’utilisation du motif de protection. Logique, vous allez me dire.

Les cas d’usage sont quand même assez limités, je vous l’accorde. Pourquoi voudriez-vous empêcher quelqu’un de photocopier l’un de vos courrier ? Mais pour les photographes qui veulent protéger leurs œuvres en mode “le photocopillage tue le livre mais m’en fous je vais arrêter la vague de l’IA avec ma fourchette”, ou pour des documents confidentiels d’entreprise, ça peut avoir du sens.

D’ailleurs, les fabricants de photocopieurs et de scanners intègrent ce DRM physique volontairement dans leurs appareils depuis des années. C’est un accord tacite entre l’industrie et les banques centrales pour lutter contre la contrefaçon. Tout le monde le fait, même si légalement, personne n’est obligé.

Voilà, si vous voulez tester, récupérez le template LaTeX de Martin Scharm, ajoutez la constellation EURion à vos documents, et voyez si votre photocopieur au bureau fait la tête. Au pire, ça ne marchera pas. Au mieux, vous aurez créé un document physiquement incopiable. Ensuite en bon agent du chaos, y’a plus qu’à faire des patchs transparents avec cette discrète constellation de points, et à les coller sur la vitre des photocopieurs du boulot ! Et là vous récupérez tous les jours fériés qu’on vous a piqué.

Bon après, dans un monde où tout le monde partage des fichiers numériques, l’intérêt reste limité mais c’est toujours sympa de savoir qu’on peut transformer n’importe quel document en version “anti-copie” juste en ajoutant cinq petits cercles bien placés…

Source

OpenFoodFacts - Un scanneur d'aliments ultra-transformés qui pourrait vous sauver la vie

Par : Korben
6 août 2025 à 23:07

OpenFoodFacts ? Ça vous parle ? Mais si, je suis sûr que ça vous dit quelque chose… Il s’agit d’une cette application qui permet de mieux comprendre ce qu’on mange. Et surtout, derrière cette interface minimaliste se cache un mouvement collaboratif massif et silencieux qui fait trembler l’industrie alimentaire.

Techniquement, OpenFoodFacts c’est un scanner de code-barres alimentaire gratuit qui vous donne instantanément la liste complète des ingrédients, l’impact carbone du produit, le Nutri-Score que vous connaissez tous ET le NOVA score que personne ne connait. Ce dernier, est crucial car la classification NOVA attribue une note de 1 à 4 selon le degré de transformation des aliments.

Comme vous pouvez le voir, le 4, c’est la zone rouge : les aliments ultra-transformés bourrés d’additifs, colorants, émulsifiants et autres joyeusetés chimiques.

Mais alors pourquoi c’est important ?

Et bien parce que selon une méta-analyse récente de l’École Johns Hopkins, les aliments ultra-transformés augmentent de 50% le risque de mortalité cardiovasculaire et de 48 à 53% les troubles anxieux. Je vous parle pas de petits bobos, hein, je vous parle là de votre espérance de vie. En France, selon France Assos Santé, ces aliments représentent 30 à 35% des calories consommées par les adultes et chez les moins de 18 ans, ça monte à 46%.

Donc si vous achetez des produits bruts et que vous faites la cuisine, vous vivrez plus longtemps (selon les études) que quelqu’un qui mange de la merde industrielle.

Maintenant, ce qui rend OpenFoodFacts unique par rapport aux autres apps du genre c’est d’abord, parce que c’est open source et totalement gratuit. Y’a pas de freemium en mousse, pas d’abonnement premium nuls… non, y’a rien. Et sa base de données dépasse maintenant les 4 millions de produits et est alimentée par plus de 170 000 contributeurs dans le monde. C’est littéralement le Wikipedia de l’alimentation.

D’ailleurs, Yuka qui cartonne avec 25 millions d’utilisateurs en France utilise la même base collaborative qu’OpenFoodFacts. La différence c’est que Yuka ajoute sa propre couche d’analyse et sa stratégie marketing, mais les données de base viennent du projet open source.

Des alternatives comme MyLabel, CodeCheck, ScanUp ou QuelProduit utilisent également cette base OpenFoodFacts. C’est vraiment ce projet français qui alimente tout l’écosystème des apps de nutrition en Europe. Et si le produit n’existe pas dans la base alors vous pouvez l’ajouter en prenant quelques photos. C’est surtout ce côté collaboratif qui fait sa force.

Et on peut même le configurer avec ses préférences alimentaires (vegan, sans gluten, allergies spécifiques…etc) et l’app vous alertera automatiquement si vous scannez un produit incompatible. Comme ça, fini de retourner les emballages dans tous les sens pour chercher la mention “peut contenir des traces de…”.

Au-delà de l’alimentation, le projet s’étend maintenant aux cosmétiques (Open Beauty Facts), à la nourriture pour animaux (Open Pet Food Facts) et même au tracking des prix avec Open Prices. Cette dernière fonctionnalité permet de détecter la shrinkflation, c’est à dire quand les produits rapetissent mais gardent le même prix.

Bref, c’est le genre d’outil que j’aurais aimé avoir il y a 20 ans, non pas pour devenir un parano de la bouffe, mais pour comprendre ce qu’on met dans notre assiette. Parce qu’au final, l**‘information c’est le pouvoir** et ça, les géants de l’agro alimentaire l’ont bien compris !

L’app est dispo sur tous les stores et même en version web si vous voulez tester avant. Votre corps vous remerciera, et vous vivrez plus longtemps pour lire Korben.info tous les jours !

Un grand merci à Guillaume pour m’avoir incité à me replonger dans ce super projet !

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