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Ghost CMS piraté : comment des hackers ont transformé des centaines de sites en pièges à clics

26 mai 2026 à 11:12

Une vulnérabilité critique dans Ghost CMS, signalée et corrigée en février 2026, est toujours activement exploitée par des cybercriminels pour transformer des sites légitimes en pièges à visiteurs.

Ghost CMS piraté : comment des hackers ont transformé des centaines de sites en pièges à clics

26 mai 2026 à 11:12

Une vulnérabilité critique dans Ghost CMS, signalée et corrigée en février 2026, est toujours activement exploitée par des cybercriminels pour transformer des sites légitimes en pièges à visiteurs.

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Le bac à sable de Claude Code avait deux failles, et c'est plus gênant qu'il n'y paraît

21 mai 2026 à 18:17

Anthropic, l'entreprise derrière l'IA Claude, a corrigé en douce deux failles dans le bac à sable réseau de Claude Code, son assistant de programmation. Un bac à sable, dans le jargon, c'est un enclos de sécurité : il est censé empêcher l'outil de se connecter à des serveurs non autorisés, pour éviter qu'il envoie vos données n'importe où. Sauf que pendant cinq mois et demi, cet enclos avait une porte dérobée.

La plus récente faille est en fait une jolie bidouille. Claude Code vous laisse définir une liste blanche, par exemple "autorise uniquement les connexions vers *.google.com". Un attaquant envoyait alors une adresse du genre "serveur-pirate.com<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="http://0.google.com/">0.google.com", avec un caractère invisible (un octet nul) glissé au milieu.

Le filtre de sécurité, lui, lit la fin de la chaîne, voit ".google.com" et valide. Mais le système d'exploitation s'arrête au caractère invisible et se connecte en réalité à serveur-pirate.com. Le filtre et le système ne lisent pas la même adresse. La faille est là.

Combinée à une injection de prompt (le fait de cacher des instructions piégées dans un texte que l'IA va lire), la faille permettait d'exfiltrer des choses sensibles : identifiants cloud, jetons d'accès GitHub, accès aux services internes.

En clair, un dépôt de code piégé pouvait pousser Claude Code à expédier vos secrets vers le serveur de l'attaquant. Le trou a traversé plus de 130 versions de l'outil avant d'être bouché fin mars. Tout utilisateur de Claude Code qui faisait confiance à son bac à sable réseau était donc exposé sans le savoir, du développeur isolé à l'équipe en entreprise.

C'est le chercheur Aonan Guan, de Wyze Labs, qui a remonté le problème. Et sa phrase résume tout : un bac à sable troué, c'est pire que pas de bac à sable du tout. Celui qui n'a aucune protection le sait et reste prudent. Celui qui se croit protégé baisse la garde.

Anthropic affirme avoir trouvé et corrigé la faille de son côté avant le signalement, mais le souci, c'est qu'il n'y a eu ni CVE (le numéro de référence public qui catalogue une faille), ni note dans le journal des versions. Moche moche.

Source : The Register

ssh-keysign-pwn - La faille kernel Linux cachée depuis 9 ans

Par : Korben ✨
21 mai 2026 à 12:21

Une faille planquée pendant 9 ans dans le noyau Linux, voilà ce que les chercheurs de Qualys viennent de déterrer. Son petit nom, c'est ssh-keysign-pwn ou DirtyDecrypt (CVE-2026-46333 pour les intimes), et elle permet à n'importe quel utilisateur local sans privilèges de passer root, de lire votre /etc/shadow et de piquer les clés SSH privées de votre serveur.

Et ce bug dormait là depuis novembre 2016, c'est-à-dire depuis la version 4.10 du kernel. Personne ne l'avait jamais vu et autant vous dire que 9 ans, en cybersécu, c'est une éternité !!

Le truc se cache dans une fonction au nom barbare, __ptrace_may_access(). En gros, quand un processus privilégié abandonne ses droits, y'a une micro-fenêtre, le temps d'un battement de cils, où il reste "accrochable" via ptrace. Vous combinez ça avec l'appel système pidfd_getfd() et hop, vous récupérez les fichiers ouverts d'un process root.

Et l'exploit disponible vise des binaires SUID que tout le monde a sur sa machine, genre ssh-keysign, chage, pkexec ou accounts-daemon.

Du coup, première chose à faire : vous mettez à jour, genre rapidos ! Linus Torvalds a poussé le correctif et si vous ne pouvez pas patcher tout de suite, faut taper la commande sysctl -w kernel.yama.ptrace_scope=2 qui a pour effet de refermer la porte en attendant.

Niveau distros, ça touche à peu près tout le monde, d'Ubuntu 14.04 jusqu'à la 26.04, en passant par Debian, Fedora et toute la famille Red Hat.

Et le plus gênant, c'est que ssh-keysign-pwn, c'est la 4e faille kernel en moins de trois semaines. On a eu CopyFail , Dirty Frag début mai, puis Fragnesia juste après, et maintenant celle-ci. Aïe aïe aïe ! Je commence à me lasser, sérieux ^^.

Le noyau Linux prend cher en ce moment et comme les exploits fonctionnels sont déjà publics, le compte à rebours est lancé pour tous ceux qui traînent !

Alors après tout le monde va vous parler des cybercriminels et des serveurs compromis, et c'est vrai, faut patcher. Mais pour moi, ce genre de faille, c'est aussi une clé qui sert aux bidouilleurs pour reprendre la main sur leur propre matériel. Votre routeur verrouillé, votre objet connecté que le fabricant a laissé tomber depuis quelques années, ce bon vieux NAS dont plus personne ne livre de firmware... une faille comme ça, c'est parfois le seul moyen de le faire revivre !

Bref, faites vos mises à jour. Et gardez en tête que ces mêmes failles qui font flipper les sysadmins, ce sont aussi celles qui redonnent vie au matos verrouillé qui n'avait pas d'autre avenir que de finir à la déchetterie.

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Chromium - Google publie l'exploit d'une faille vieille de 2 ans et demi

Par : Korben ✨
21 mai 2026 à 07:19

Bon, alors là, Google a fait encore trèèèès fort.

Mercredi matin, la firme de Mountain View a carrément publié sur son propre bug tracker Chromium le code d'exploitation d'une faille... qui n'est toujours pas corrigée ! Et pas une petite vulnérabilité oubliée dans un coin, hein, mais une vraie faille de la mort qui tue que la chercheuse indépendante Lyra Rebane leur avait remontée gentiment et en privé . Ça fait 29 mois (2 ans et demi, les matheux ^^) et elle attend toujours un patch !

Le truc vise la Browser Fetch API, un mécanisme qui permet à un site de télécharger de gros fichiers en arrière-plan, genre une longue vidéo. Sauf qu'en la détournant, le code ouvre un service worker qui reste actif en permanence. Du coup, un site malveillant que vous visitez peut glisser un bout de JavaScript qui transforme votre navigateur en relais, tout cela à votre insu.

Parfait donc pour devenir un proxy anonyme pour des inconnus, un nœud de botnet pour des attaques DDoS, ou se faire surveiller quand on surfe sur le net... Et le plus vicelard, c'est que la connexion se rouvre ou reste ouverte même après avoir redémarré le navigateur, voire la machine entière.

Côté victimes, on parle de Chrome, de Microsoft Edge et de quasiment tous les navigateurs basés sur Chromium. Et que vous soyez sur Windows, macOS ou Linux, le bug s'en moque royalement. Rebane a confirmé que Brave, Opera, Vivaldi et Arc sont vulnérables eux aussi.

Bien sûr, Firefox et Safari, eux, passent clairement au travers, parce qu'ils ne supportent pas ce fameux téléchargement en arrière-plan. Bref, encore une fois, ne pas suivre le troupeau de mouton team-Chromium, ça paye !! Si vous cherchiez une raison de plus de larguer Google , la voilà servie sur un plateau.

Perso, ce qui me sidère, c'est que la faille a été classée S1, le deuxième niveau de gravité le plus élevé chez Google et il ne s'est toujours rien passé 29 mois après. C'est ouf quand même... Le post sur le tracker Chromium a bien été supprimé mais on le trouve toujours sur quelques archives / miroirs...

Après l'impact de cette faille, reste quand même limité car elle ne franchit aucune frontière... par exemple, elle ne donne pas accès à vos mails ni au reste de votre ordinateur, mais juste à ce qu'un navigateur sait déjà faire (ce qui est déjà énorme !!). Mais elle pourrait permettre à des cybercriminels de se constituer une flotte de milliers, voire de millions de navigateurs détournés, et le jour où une autre faille tombe, vous avez déjà l'armée prête à dégainer !! La bombe est là, il manque juste la mèche en fait !

Et pour se protéger ?

Bah franchement, pas grand-chose à faire côté utilisateur tant qu'il n'y a pas de patch. Si vous voulez mon avis bancal, le seul signal visible que vous pouvez guetter, c'est un menu de téléchargement qui s'ouvre tout seul sans raison, donc méfiez-vous donc si ça arrive. Maintenant si le sujet vous angoisse vraiment, basculer sur un navigateur pour les adultes ^^, genre Firefox ou Safari règlera la question d'un coup !

Faut pas oublier que Google passe son temps à pointer du doigt les éditeurs trop lents à patcher, alors j'comprends vraiment pas comment ils ont pu merder à ce point.

Source

Une faille inconnue dans un routeur Huawei a mis tout le Luxembourg hors ligne pendant 3 heures

20 mai 2026 à 14:34

Le 23 juillet 2025, le Luxembourg entier s'est retrouvé sans réseau mobile, sans téléphone fixe et sans communications d'urgence pendant plus de trois heures.

Dix mois plus tard, on connaît enfin la cause grâce au média The Record : une faille jusque-là inconnue dans le logiciel d'un routeur Huawei.

Le mécanisme est presque bête. Du trafic réseau spécialement fabriqué a été envoyé vers des routeurs d'entreprise Huawei, et ce trafic les a fait redémarrer en boucle, sans jamais s'arrêter.

Pas besoin de pirater quoi que ce soit ni de voler un mot de passe, il suffisait d'envoyer les bons paquets au bon endroit. Ces routeurs équipaient l'infrastructure de POST Luxembourg, l'opérateur télécom historique du pays. Quand le cœur du réseau redémarre en continu, tout s'effondre derrière. Aucune charge criminelle n'a été retenue, faute de pouvoir désigner un responsable.

Le plus inquiétant, c'est ce qu'on ne sait toujours pas. La vulnérabilité n'a jamais été publiée. Aucun identifiant CVE, le numéro de référence standard qui permet de cataloguer une faille de sécurité, n'a été déposé dans les dix mois qui ont suivi.

On ignore si le trou a été bouché, combien d'autres opérateurs utilisent les mêmes routeurs, et si des équipements identiques sont encore vulnérables aujourd'hui quelque part. Les enquêteurs pensent même que POST n'était pas une cible : le trafic malveillant ne faisait peut-être que transiter par son réseau.

Et là, impossible de ne pas penser à FX Lindner. Ce chercheur en sécurité allemand avait alerté Huawei dès 2012 sur la fragilité de leurs équipements réseau, code bâclé et failles à la pelle.

Huawei avait minimisé. Treize ans plus tard, la même histoire se rejoue, sauf qu'elle ne touche plus un labo de test mais un pays entier, services d'urgence compris.

Ça repose la question de fond, celle de la souveraineté des infrastructures télécom européennes. L'Europe parle de souveraineté numérique depuis des années, surtout sur le cloud et l'IA. Mais les tuyaux eux-mêmes, les routeurs qui font transiter les appels et les données, restent souvent du matériel dont le code source échappe totalement aux opérateurs.

Faire tourner le réseau national d'un pays sur des routeurs dont on ne maîtrise ni le code ni le calendrier de correctifs, c'est un pari risqué. Et le Luxembourg vient de découvrir ce que ça coûte quand le pari échoue. Bref, treize ans d'avertissements ignorés, et il aura fallu un pays débranché trois heures pour que le sujet revienne sur la table.

Source : The Record

Mythos, l'IA d'Anthropic, aide à percer le kernel d'un Mac M5 en cinq jours

15 mai 2026 à 18:45

Cinq jours. C'est le temps qu'il a fallu à l'équipe de Calif, une boîte de sécurité informatique, pour faire tourner un exploit fonctionnel sur un Mac équipé de la dernière puce M5 d'Apple. Et pas n'importe quel exploit : c'est la toute première démonstration publique de contournement de MIE, la grande nouveauté sécurité d'Apple sur cette puce.

MIE, c'est pour Memory Integrity Enforcement, c'est une protection câblée directement dans le silicium du M5. L'objectif est simple : empêcher qu'un programme malveillant puisse écrire dans des zones mémoire qui ne lui appartiennent pas, ce qui est la base de la quasi-totalité des grosses failles depuis vingt ans.

Apple a vendu au monde entier cette protection comme un mur quasi infranchissable. Et c'est ce mur que Calif vient de fissurer en toute décontraction.

L'histoire commence le 25 avril. Bruce Dang, l'un des chercheurs de Calif, repère deux bugs dans le kernel (le coeur du système d'exploitation) de macOS 26.4.1. Deux jours plus tard, Dion Blazakis rejoint l'équipe. Josh Maine construit l'outillage.

Le 1er mai, l'exploit fonctionne : depuis un simple compte utilisateur, on obtient un shell root sur la machine, c'est-à-dire les pleins pouvoirs sur le Mac. Dans la boucle pendant tout ce sprint, Mythos Preview, une IA d'Anthropic (la boîte derrière Claude, mais vous connaissez forcément). Bref, cinq jours du début à la fin.

L'équipe explique que Mythos a surtout été utile pour repérer rapidement les bugs, parce qu'ils appartenaient à des familles déjà connues, et que l'IA généralise très bien dès qu'elle a appris une classe de problème particulière.

Par contre, contourner MIE de manière autonome est resté hors de portée, parce que la techno est trop neuve. C'est là que les humains ont fait la différence, en combinant les bugs entre eux pour passer la barrière.

Calif a choisi une approche assez marrante pour montrer le problème : aller poser l'exploit en main propre à Apple Park, plutôt que de passer par le formulaire officiel. Apple n'a pas encore communiqué sur le calendrier pour un correctif.

Pour les utilisateurs lambda, pas de panique : l'exploit demande déjà un accès à la machine, donc ce n'est pas le scénario du phishing classique. Mais pour l'image de MIE comme rempart imprenable, c'est très bof.

Source : Calif.io

Une faille permet d'ouvrir un disque BitLocker avec quelques fichiers sur une clé USB

15 mai 2026 à 09:46

BitLocker, c'est le système de chiffrement intégré à Windows qui protège vos disques contre quelqu'un qui mettrait la main sur votre machine. Activé par défaut sur Windows 11 et installé sur des millions d'ordinateurs, il est censé garantir que sans votre mot de passe ou votre code de récupération, personne ne lit ce qu'il y a dessus.

Sauf qu'un chercheur en sécurité, Chaotic Eclipse, vient de publier une démonstration qui réduit cette promesse en miettes.

L'exploit s'appelle YellowKey et c'est une faille zero-day, c'est-à-dire une vulnérabilité connue avant que Microsoft ne sorte de correctif. La méthode est presque insultante de simplicité. Vous copiez un dossier nommé "FsTx", planqué dans le répertoire système "System Volume Information", sur une clé USB.

Vous redémarrez la machine en appuyant sur les bonnes touches. Et là, surprise. Windows vous propose un accès en ligne de commande avec les pleins pouvoirs, et le chiffrement BitLocker est contourné comme s'il n'avait jamais existé.

Pire encore, les fichiers utilisés pour l'attaque disparaissent après usage, ce qui ne laisse quasi aucune trace. Pour Chaotic Eclipse, ce comportement ressemble plus à une porte dérobée laissée par Microsoft qu'à une faille classique. C'est-à-dire un accès secret délibérément intégré au système, plutôt qu'un bug malheureux.

Le chercheur précise au passage que ses précédents rapports de sécurité ont été "apparemment rejetés" par les équipes de Microsoft. Bref, nous ne sommes pas dans de la collaboration sereine.

Côté machines concernées : Windows 11, Windows Server 2022 et 2025. Windows 10 passe entre les gouttes. Microsoft, pour l'instant, n'a fait aucune déclaration publique sur le sujet. Si BitLocker était le seul rempart entre vous et un voleur d'ordinateur, c'est le moment de revoir votre stratégie. 

Les entreprises qui s'appuient sur BitLocker pour leurs flottes de portables vont devoir se poser sérieusement la question d'un complément ou d'une alternative, en attendant un patch officiel qui n'arrive visiblement pas.

La théorie de la porte dérobée volontaire est évidemment difficile à prouver. Il faudrait soit un aveu de Microsoft, soit une analyse approfondie du code source qui n'est pas public.

Mais le profil de la faille (mécanisme trop propre, comportement trop spécifique, fichiers qui s'auto-nettoient) interpelle. D'autant que la fonction utilisée n'a pas de raison technique évidente d'exister dans un système destiné à empêcher l'accès au disque sans authentification.

Vous l'avez compris, une faille à laquelle on accède avec une clé USB et trois touches au démarrage, ça fait beaucoup pour un outil censé protéger des secrets industriels.

Source : Tom's Hardware

Elle aurait provoqué la fuite de l’ANTS : c’est quoi, une faille IDOR ?

3 mai 2026 à 17:35

C'est une faille vieille comme le web qui aurait permis d'exploiter l'une des bases de données les plus sensibles de l'État français. Le piratage de l'ANTS en avril 2026 aurait été permis par une faille IDOR. Mais, c'est quoi, au juste ?

« Copy Fail » : comment une faille dans le noyau Linux a donné accès à tous vos systèmes depuis 2017

30 avril 2026 à 12:10

Une vulnérabilité découverte par des chercheurs en sécurité permet à n'importe quel utilisateur local de prendre le contrôle total d'un système Linux, sur la quasi-totalité des distributions existantes. L'exploit tient en 732 octets de Python.

Copy Fail - Une IA trouve la faille Linux que personne n'a vue

Par : Korben ✨
30 avril 2026 à 11:27

732 octets, c'est tout ce qu'il faut pour passer de simple utilisateur à root sur n'importe quel Linux non patché compilé depuis 2017, soit la quasi-totalité des kernels. Cette faille béante s'appelle Copy Fail (CVE-2026-31431), elle a été dénichée par Taeyang Lee de chez Theori avec leur outil d'audit IA Xint Code. Et comme elle vient d'être divulguée hier sur la liste oss-security et qu'en plus, ils ont fait un joli petit site qui explique tout comme ça fonctionne, je vais essayer de tout vous expliquer !

La faille elle-même est moche mais surtout, c'est un agent IA qui l'a sorti en une heure environ. C'est un bug que la communauté kernel a laissé passer durant près de 9 ans et qui se trouve dans le sous-système crypto.

En gros, le noyau Linux expose une interface réseau spéciale pour accéder aux opérations de chiffrement depuis un programme normal, sans droits particuliers.

Et depuis 2017, une optimisation dans ce mécanisme a créé une situation bizarre : un fichier en lecture seule sur le disque, disons un binaire système, peut se retrouver dans la zone de sortie d'une opération de chiffrement .C'est la zone que votre programme a le droit de modifier.

Il suffit alors d'enchaîner un appel système particulier (splice) pour écrire 4 octets au bon endroit, on répète ça en boucle, et on modifie progressivement un binaire système de votre choix comme par exemple /usr/bin/su.

Et voilà, vous êtes root !

Maintenant, si vous administrez un serveur, le plus propre reste de patcher le kernel via votre distro. En attendant le patch, la mitigation dépend de comment votre distro a compilé le module algif_aead, et là il y a deux situations bien distinctes.

Cas 1 - Distros où le module est chargeable dynamiquement (Ubuntu, Debian, Arch, etc.). Vous le bloquez avec :

echo "install algif_aead /bin/false" > /etc/modprobe.d/disable-algif-aead.conf
rmmod algif_aead

Cas 2 - Distros entreprise où le module est compilé en dur dans le kernel (RHEL, Rocky Linux, AlmaLinux, Oracle Linux, SUSE Enterprise...). Là, attention au piège : lsmod | grep algif_aead ne renvoie rien, mais ça ne signifie PAS que c'est désactivé. Le code est embarqué directement dans le vmlinuz, donc rmmod et la blacklist via /etc/modprobe.d/ sont sans effet (vous aurez "Module algif_aead is builtin"). La vraie mitigation passe par la kernel command line au boot :

sudo grubby --update-kernel=ALL --args="initcall_blacklist=algif_aead_init"
sudo reboot

Ça empêche l'init_call du module de tourner au démarrage. Vous vérifiez ensuite avec cat /proc/cmdline que le paramètre est bien pris en compte. Si vous voulez aller encore plus loin, il est aussi possible de bloquer toute la surface d'attaque AF_ALG via seccomp au niveau de chaque service exposé.

Le PoC est également trouvable. C'est un script Python (Python 3.10+ obligatoire pour os.splice) capable de faire tomber Ubuntu 24.04 LTS, Amazon Linux 2023, RHEL 10.1 et SUSE 16 avec exactement le même code.

Dans une première version j'avais écrit que SELinux en mode enforcing par défaut bloquait l'exploit sur Fedora et RHEL. C'est inexact, et je remercie le lecteur qui m'a fait corriger. La policy SELinux par défaut de Fedora et RHEL autorise les contextes utilisateurs à créer des sockets AF_ALG, et l'exploit écrit directement dans le page cache kernel sans déclencher les hooks LSM file-based.

Donc SELinux enforcing ne bloque pas Copy Fail tel que livré par défaut. Le seul OS immune via SELinux est GrapheneOS , qui durcit la policy AOSP en réservant AF_ALG au seul process dumpstate. Ceux qui veulent tester sans Python peuvent aussi regarder du côté du port C indépendant , un exécutable statique de 1,7 Ko sans dépendance externe.

Les comparaisons avec Dirty COW et Dirty Pipe pleuvent, sauf que là où Dirty COW exigeait du timing précis et où Dirty Pipe demandait une manipulation spécifique du pipe-buffer, Copy Fail tape tout pareil sur 4 distribs majeures sans rien avoir à ajuster.

Et côté sévérité officielle, c'est du 7.8/10 donc c'est assez élevé !

Pour trouver cette faille, Xint Code, l'agent IA de Theori, n'a pas tâtonné à l'aveugle. Taeyang Lee lui a surtout glissé un prompt très précis qui lui demandait d'examiner tous les chemins accessibles depuis un programme utilisateur dans le sous-système crypto, en insistant sur le fait que splice() peut faire atterrir des fichiers en lecture seule dans des zones modifiables.

Une heure plus tard, Copy Fail sortait comme trouvaille critique ! Theori précise que le même scan a aussi remonté d'autres vulnérabilités encore sous embargo. Brrrrrr.... Tremblez simples mortel !

Ouais donc ouais, l'IA n'a pas remplacé l'expertise humaine, mais elle l'a démultipliée. Car Lee savait où regarder, et Xint Code a juste fait ce qu'il aurait fait mais en plus rapide ! C'est pas magique donc... Mais ça fait gagner du temps !

L'exploit est dispo ici sur le GitHub de Theori et côté impact, c'est costaud sur les hôtes multi-users et tout ce qui est environnements partagés. Je pense aux conteneurs Docker, aux clusters Kubernetes, aux pipelines CI/CD...etc.

Après si y'a que vous qui avez accès à votre serveur, c'est un peu moins critique car il faut forcément un accès local pour l'exploiter. C'est la même logique de chaînage que BlueHammer côté Windows , sauf qu'ici la marche jusqu'à root est encore plus petite.

Comment tester le PoC sur une machine de test ?

Si vous avez une VM sous Ubuntu 22.04 non patchée (kernel 5.15.x), voilà exactement ce qui se passe, testé en conditions réelles. Ne faites ça que sur une machine dont vous êtes propriétaire et où vous avez l'autorisation explicite.

Étape 1 - Cloner le PoC et vérifier le hash

manu@ubuntu:~$ git clone https://github.com/theori-io/copy-fail-CVE-2026-31431
Cloning into 'copy-fail-CVE-2026-31431'...
remote: Enumerating objects: 9, done.
Resolving deltas: 100% (1/1), done.

manu@ubuntu:~$ cd copy-fail-CVE-2026-31431 && sha256sum copy_fail_exp.py
a567d09b15f6e4440e70c9f2aa8edec8ed59f53301952df05c719aa3911687f9 copy_fail_exp.py

manu@ubuntu:~/copy-fail-CVE-2026-31431$ id
uid=1000(manu) gid=1000(manu) groups=1000(manu) ← utilisateur normal, pas root

Theori ne publie pas de hash officiel dans leur README, mais le SHA256 ci-dessus est celui du PoC tel qu'il est actuellement sur le repo. Si votre hash diffère, ne lancez pas le script.

Étape 2 - Lancer l'exploit

manu@ubuntu:~/copy-fail-CVE-2026-31431$ python3 copy_fail_exp.py

# L'exploit écrit 4 octets à la fois dans le page cache de /usr/bin/su
# via l'interface AF_ALG du kernel (authencesn + splice)
# Aucune race condition, aucun timing précis requis.

Mot de passe :

Le script utilise AF_ALG (l'interface crypto du kernel) combiné à splice() pour écrire un shellcode de 160 octets directement dans le page cache de /usr/bin/su, sans jamais toucher le disque. Il remplace ensuite le binaire patché pour exécuter un shell root.

Étape 3 - Shell root obtenu

root@ubuntu:~# id
uid=0(root) gid=1000(manu) groups=1000(manu)

root@ubuntu:~# whoami
root

root@ubuntu:~# uname -r
5.15.0-143-generic

# Kernel 5.15 vulnérable confirmé - Ubuntu 22.04 non patché

Notez le uid=0(root) alors qu'on est parti d'un uid=1000 sans aucun mot de passe, aucune race condition, aucun timing à ajuster. Brutal.

Étape 4 - Accès aux fichiers root-only

root@ubuntu:~# cat /etc/shadow | head -3
root:*:20271:0:99999:7:::
daemon:*:20271:0:99999:7:::
bin:*:20271:0:99999:7:::

root@ubuntu:~# cat /etc/passwd | grep root
root:x:0:0:root:/root:/bin/bash

/etc/shadow est normalement illisible pour un utilisateur standard. Là, avec notre PoC en Python et zéro interaction supplémentaire, on y accède comme si de rien n'était. Sur un serveur multi-utilisateurs, c'est game over pour tous les comptes présents.

Sur un système patché, le script échoue proprement à l'étape 2 avec un message d'erreur. C'est aussi simple que ça pour vérifier votre exposition.

Bref, mettez à jour vos kernels ou désactivez le module fautif rapidement !

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