Une nouvelle vulnérabilité critique touche le noyau Linux, cette fois via le système de fichiers XFS. Elle permet à n'importe quel utilisateur local, sans le moindre privilège, de prendre le contrôle total de la machine, sans laisser de trace.
Une nouvelle vulnérabilité critique touche le noyau Linux, cette fois via le système de fichiers XFS. Elle permet à n'importe quel utilisateur local, sans le moindre privilège, de prendre le contrôle total de la machine, sans laisser de trace.
7-Zip, le logiciel de compression gratuit installé sur des centaines de millions de PC pour ouvrir un zip ou un 7z, traîne une faille par laquelle une archive piégée peut lancer du code sur votre machine à la seconde où vous l'ouvrez.
La faille porte le doux nom de CVE-2025-14266 et se niche dans la façon dont 7-Zip décompresse les archives au format XZ, très courant sous Linux mais qu'on croise un peu partout.
Dans le détail, c'est ce que les spécialistes appellent un débordement de mémoire tampon, un heap buffer overflow. En décompressant, le logiciel écrit des données au-delà de la petite zone mémoire qui lui était réservée, et c'est dans ce dépassement qu'un pirate parvient à glisser ses propres instructions pour les faire exécuter à votre place.
Encore faut-il qu'on réussisse à vous faire ouvrir l'archive piégée, glissée dans une pièce jointe ou récupérée sur un faux site de téléchargement.
Bonne nouvelle quand même. Le code hostile s'exécute avec vos droits d'utilisateur classiques et pas ceux d'un administrateur, ce qui limite déjà les dégâts, et la faille est notée 7 sur 10, sérieuse sans être catastrophique.
Elle touche toutes les versions de 7-Zip de la 21.07 à la 26.01, et c'est la 26.02, publiée le 25 juin, qui vient colmater la brèche.
Sauf que voilà le vrai piège. Là où votre navigateur ou Windows se mettent à jour tout seuls dans leur coin, 7-Zip n'a jamais rien automatisé du tout, donc si vous ne l'avez pas réinstallé depuis des lustres, vous faites très probablement tourner une version trouée sans vous en douter une seule seconde.
La faille a été repérée début juin par le chercheur Landon Peng, et au 20 juillet aucun code d'attaque public ne circulait encore, ce qui vous laisse une fenêtre confortable pour vous mettre à l'abri avant que quelqu'un ne s'en serve pour de bon.
Rien ne sert d'attendre. Un passage par le site officiel de 7-Zip pour attraper la 26.02, et l'affaire est réglée en deux minutes.
Le pirate qui a mis à genoux la prod de Hugging Face voulait juste tricher à son examen, voilà ce qu'OpenAI a reconnu hier. Les agents qui se sont promenés durant tout un week-end dans les clusters de la plateforme, c'étaient leurs modèles à eux, GPT-5.6 Sol et un modèle pré-release encore plus balèze, fonctionnant en mode "refus cyber réduits à des fins d'évaluation".
Le point de départ c'est
ExploitGym
, contenant 898 vraies vulnérabilités piochées dans des programmes userspace, dans le moteur JavaScript V8 de Google et dans le noyau Linux. On colle l'agent devant un input qui fait planter un programme, et on regarde s'il arrive à en tirer un exploit qui marche.
Dans ce document de recherche sorti en mai, GPT-5.5 sortait 120 exploits fonctionnels, derrière les 157 de Claude Mythos Preview. Mais le modèle testé ce week-end là, lui, a trouvé un "raccourci". Comme l'explique OpenAI "toutes les preuves suggèrent que les modèles étaient hyperfocalisés sur la recherche d'une solution pour ExploitGym, allant à des extrêmes considérables pour atteindre un objectif de test plutôt étroit".
Pour saisir l'ampleur du raccourci, regardez la pièce dans laquelle ils étaient enfermés. C'est un environnement hautement isolé, avec un seul trou dans le mur, un accès réseau "*restreint à la possibilité d'installer des paquets via un logiciel tiers hébergé en interne qui fait office de proxy et de cache pour les registres de paquets *". En clair, le seul truc qui pouvait parler à l'extérieur, c'était le machin qui allait chercher les dépendances !
ExploitGym, le benchmark que les modèles cherchaient à résoudre. 898 vulnérabilités réelles, et les scores de GPT-5.5 et Claude Mythos Preview.
Et vous devinez la suite... Les modèles ont cramé une grosse quantité de tokens à chercher la sortie pour finalement la trouver dans ce proxy, sous la forme d'un zero-day que personne ne connaissait (la faille a depuis été signalée à l'éditeur). Le seul tuyau autorisé était donc LE point faible. Ensuite, escalade de privilèges et déplacement latéral de machine en machine, jusqu'à en atteindre une avec un accès Internet et voilà...
Une fois dehors, ils en ont alors déduit tout seuls que Hugging Face hébergeait probablement les modèles, les datasets et les solutions d'ExploitGym.
Donc direction huggingface.co, avec credentials volés et zero-days enchaînés jusqu'à décrocher une exécution de code à distance sur les serveurs, puis lecture des solutions du test directement dans la base de production. Aucune destruction, aucune demande de rançon. Juste les corrigés des tests comme des bacheliers qui emploient mal leur intelligence !
Petite précision qui compte, c'est bien l'équipe de Hugging Face qui a détecté et stoppé l'activité sur son infra, et qui avait déjà entamé le confinement et la reconstruction forensique avec ses propres modèles open source quand OpenAI l'a contactée.
Je vous racontais l'histoire vue de leur côté
il y a deux jours, relevant notamment que les modèles américains refusaient d'analyser leurs logs d'attaque.
C'est pas un peu de la science fiction tout ça ??? Maintenant si vous vous demandez ce que vous risquez en tant qu'utilisateur, sachez que côté public, rien n'a bougé sur les modèles, les datasets et les Spaces. L'incident a uniquement touché des datasets internes et des credentials de service et visiblement, rien n'a été altéré par les agents IA en vadrouille.
Côté mesures, OpenAI dit appliquer des contrôles stricts sur la configuration de son infra "au prix de la vélocité de recherche" pendant que les failles sont patchées, et a fait entrer Hugging Face dans son programme trusted access. Ce qui règle accessoirement le problème du refus que HF a rencontré lors de l'analyse des logs.
La veille de cette révélation, OpenAI publiait d'ailleurs
un billet sur l'alignement des modèles à long horizon
bourré d'anecdotes du même genre, avec un modèle qui contourne les restrictions de sa sandbox pour aller ouvrir une pull request sur GitHub alors qu'on lui demandait de poster sur Slack. Ou encore un autre qui, pour esquiver les détecteurs de secrets, a découpé le corps du token en deux fragments, les a obfusqués, puis a reconstruit le credential à l'exécution.
On dirait qu'ils n'avaient pas anticipé que ça aille aussi loin leurs petites expérimentations...
Après, OpenAI ne minimise pas et parle même d'un "incident cyber sans précédent, impliquant des capacités cyber à l'état de l'art". Ces modèles peuvent maintenant découvrir et exploiter des chemins d'attaque complètement inédits dans des systèmes en prod, sans avoir besoin d'un accès au code source. C'était théorique jusqu'à ce week-end.
Maintenant, si un modèle a lu les solutions dans la base de production, que valent encore les scores obtenus sur ExploitGym ? Ça on n'en sait rien.
Avant de sortir les violons, le contrepoint le plus juste que j'ai lu vient de
Rich Mogull, analyste en chef de la Cloud Security Alliance
qui explique que pour lui c'est un cas d'école en matière d'échec d'alignement, car le modèle n'était pas malveillant, il a fait précisément ce qu'on lui demandait, à savoir maximiser sa performance. Sauf qu'une fois les garde-fous retirés et assez de marge donnée, "résoudre le test" et "compromettre un tiers pour voler les réponses" sont devenus la même instruction.
Puis c'est aussi un problème de consentement, car un test de laboratoire qui se barre pour compromettre les systèmes en production, c'est quand même un risque qui est porté par quelqu'un qui n'a pas choisi de mener l'expérience. Alors bon, c'est tombé sur Hugging Face qui a géré ça comme un chef, mais ça aurait pu très bien tomber sur un hôpital.
Voilà les amis... On nous avait promis
Skynet
, on nous avait promis Matrix, et voilà que 15 ans plus tard, le vrai visage du soulèvement des machines c'est un putain de modèle qui passe son week-end à défoncer trois infrastructures d'affilée pour améliorer sa note à un contrôle.
Un ennemi qui vous hait, vous pouvez le raisonner ou lui envoyer Arnold Schwarzenegger. Mais un ennemi dont la seule mission c'est d'optimiser une métrique, vous ne pouvez que relire très attentivement le prompt que vous lui avez donné et croiser les doigts. La preuve
quand une IA prend la première place du classement américain de HackerOne
ou arrive à
dénicher des milliers de zero-days pour Anthropic
, c'est que l'instruction initiale ou le garde-fou était plus solide que ce que nous a pondu OpenAI ce week-end.
Le 17 juillet, WordPress corrigeait en urgence deux failles au sein même de sa base logicielle. Depuis, de nombreux chercheurs en sécurité alertent sur une exploitation massive avec, parfois, un solide coup de main de l'IA.
Le 17 juillet, WordPress corrigeait en urgence deux failles au sein même de sa base logicielle. Depuis, de nombreux chercheurs en sécurité alertent sur une exploitation massive avec, parfois, un solide coup de main de l'IA.
Dans un article de blog détaillé, le CISO d'OVHcloud raconte comment l'hébergeur français a corrigé en urgence une faille critique dans le logiciel qui fait tourner ses machines virtuelles, sur un parc d'un million d'entre elles.
Dans un article de blog détaillé, le CISO d'OVHcloud raconte comment l'hébergeur français a corrigé en urgence une faille critique dans le logiciel qui fait tourner ses machines virtuelles, sur un parc d'un million d'entre elles.
C'est le retard qu'ont pris les connexions SSH d'Andres Freund, ingénieur chez Microsoft, lors d'un benchmark de routine en mars 2024. Cette demi-seconde, Adrian Mastronardi, CTO de Habi et linuxien depuis 1996, vient d'en tirer un bouquin gratuit,
Half a Second
, qui raconte toute l'affaire XZ du début à la fin.
La plupart des gens auraient haussé les épaules mais lui, non. Il a tiré le fil, encore et encore, et a fini par déterrer une des backdoors les plus tordues jamais glissées dans un logiciel open source.
Half a Second, le livre gratuit d'Adrian Mastronardi sur le backdoor XZ
Pour ceux qui auraient loupé l'épisode, XZ Utils c'est un outil de compression qu'on retrouve sur à peu près tous les systèmes Linux, serveurs compris, donc autant dire une bonne partie d'Internet.
L'attaquant, lui, a joué le contributeur modèle pendant environ 2 ans. Gagner patiemment la confiance du mainteneur, puis glisser sa backdoor dans le code. Je vous en parlais
à chaud à l'époque
, le jour même de la découverte et quelqu'un avait même bricolé dans la foulée
un agent SSH exploitant cette backdoor
.
Mais la technique, dans ce livre, c'est presque secondaire. Le vrai sujet est dans le sous-titre : le travail invisible qu'il y a en dessous. Lasse Collin, le mainteneur de XZ, portait ce projet critique tout seul, bénévolement, et il était au bout du rouleau. Et c'est précisément cet épuisement que l'attaquant a retourné contre lui. Entre la pression des utilisateurs, les faux contributeurs qui râlent, la culpabilisation de ne pas pouvoir faire mieux tout de suite tout le temps.… Le mec a été intoxiqué / manipulé avant même que la moindre ligne de code.
Et des gars comme Lasse Collin, il y en a des milliers. Il y a des tas de gens qui maintiennent seuls gratuitement sur leur temps libre, des petites briques libres dont dépendent nos banques, nos hôpitaux, nos administrations et personne ne les paye, voire pire, personne ne les considère ni leur dit merci.
Et cela fait deux des proies faciles pour des attaquants bien organisés. Concernant le bouquin, rien à redire, la bibliographie s'appuie sur les rapports de l'OpenSSF, d'Akamai ou encore de Binarly. C'est une vraie enquête extrêmement bien sourcée qui ne tombe pas dans le charabaiat technique, ce qui fait que c'est parfaitement lisible pour tout le monde, même pour ceux dont la sécurité informatique n'est pas la spécialité.
Et le récit mélange les trois voix, celle du narrateur manipulé, celle de l'ingénieur curieux et celle de l'opérateur fantôme. Parce que oui je sais pas si vous savez, mais celui qui a fait cette backdoor n'a jamais été identifié et ne le sera peut-être jamais. Voilà, ça a l'air d'être un chouette bouquin distribué sous licence créative Commons non commercial. C'est donc gratuit et ça le restera pour toujours.Par contre, c'est en anglais, donc faudra faire un petit effort. Mais n'importe qui peut le traduire si ça l'amuse.
Bref, si l'affaire XZ vous avait marqués, c'est le récit qu'il vous fallait.
À lire
ici en PDF
! Et merci à
LWN
d'avoir repéré le bouquin.
Vous avez un site sous WordPress ? Alors lâchez tout ce que vous faites deux minutes, parce que là c'est du sérieux !!
Cette nouvelle attaque baptisée WP2Shell permet de compromettre une installation Wordpress sans passer par le moindre plugin. Heureusement, un patch est sorti en urgence le 17 juillet !
En temps normal, quand une alerte sécu tombe sur WordPress, le fautif c'est un
plugin tiers vérolé
, un truc installé un soir de flemme et oublié depuis des lustres. Mais cette fois, rien de tout ça puisque le trou de sécu se trouve dans le cœur de WordPress lui-même.
Dans le détail, WP2Shell enchaîne deux failles. La première,
CVE-2026-63030
, est une confusion de route dans l'API REST batch, sur l'endpoint /wp-json/batch/v1. La seconde,
CVE-2026-60137
, est une injection SQL bien planquée dans le paramètre author__not_in de WP_Query. Chacune dans son coin, c'est déjà vilain, mais mises bout à bout, elles offrent une exécution de code à distance.
Pas de compte, pas de mot de passe, et encore moins de plugin exotique mais simplement quelques requêtes HTTP et hop, c'est plié !
Côté versions, la chaîne complète touche WordPress 6.9.0 à 6.9.4 et 7.0.0 à 7.0.1. Si votre site est dans cette fourchette, vous êtes donc exposé. Les correctifs sont arrivés avec les versions 6.9.5 et 7.0.2. Et si vous vous traînez encore une vieille 6.8.x, sachez que seule l'injection SQL vous concerne potentiellement mais qu'elle a été patchée depuis la version 6.8.6.
Derrière cette trouvaille, on trouve Adam Kues, chercheur chez
Assetnote
(une branche de Searchlight Cyber), qui a assemblé et documenté toute la chaîne avant de la remonter proprement via le programme HackerOne de WordPress. Les détails techniques les plus croustillants restent sous le coude le temps que la planète patche mais l'équipe a mis en ligne un outil,
wp2shell.com
, pour vérifier si votre site est vulnérable. Allez-y, ça coûte rien !
Autre signal qui ne trompe pas, WordPress.org a déclenché les mises à jour automatiques forcées sur les sites concernés. Une mesure réservée aux failles vraiment graves, comme à l'époque où la
faille critique de Really Simple Security
avait exposé des millions de sites. Il y a donc de bonnes chances que votre installation toute pourrie dont vous ne vous occupez pas parce que vous êtes un mauvais webmaster ^^ ait déjà été rustinée toute seule. Vraiment, vous ne méritez pas les équipes sécu de Wordpress ^^
Mais ne pariez pas votre site là-dessus non plus... Car si vous avez désactivé les mises à jour auto (et beaucoup d'hébergeurs et d'admins le font), personne n'aura rien poussé chez vous. Sans oublier
qu'un bout de PoC
circule déjà sur GitHub (les chercheurs gardent pour eux le dernier maillon vers la RCE, mais ça n'arrêtera pas longtemps les motivés), et les scans automatisés ont commencé.
En attendant de patcher, bloquez surtout donc l'accès anonyme à l'endpoint batch de l'API REST via votre WAF ou votre plugin de sécu. Attention, pas seulement la forme /wp-json/batch/v1 : sa variante ?rest_route=/batch/v1 doit sauter aussi, sinon autant laisser la clé sur la porte. Cloudflare propose d'ailleurs des règles toutes prêtes. Et pour durcir le reste de votre config,
ma vieille série sur le sujet
reste d'actualité.
En tout cas, quand on sait qu'il y a +500 millions de sites actuellement propulsés par Wordpress, même s'ils ne sont pas tous concernés par cette faille, ça reste une surface d'attaque gigantesque !!
Bref, filez vérifier votre version. Sous 6.9.5 ou 7.0.2, vous mettez à jour et vous bloquez le batch en attendant. Deux minutes chrono, et votre site dort tranquille !
Vous le savez, j'adore mon Kindle ! Je manque effectivement de temps pour lire tout ce que je voudrais mais bon, on verra ça quand la retraite sera là ^^.
En attendant, ce que j'ignorais, c'est que sur les Kindle récents, il y a encore un petit navigateur web, plus exactement un vieux Chrome de 2019 bien planqué dans des menus qu'on n'ouvre jamais. Et c'est à ce module précisément que Tanguy Dubroca de
Synacktiv
s'est intéressé. Et en creusant, il a découvert qu'une faille s'y cachait et permettait de prendre le contrôle total de la liseuse avec votre compte Amazon en supplément salade tomate oignon.
Son objectif premier c'était de comprendre comment prendre la main sur un Kindle verrouillé sans le jailbreaker. Alors il a fouillé dans le firmware de son Paperwhite 5 et y a découvert ce vieux Chrome et son moteur Webkit d'une quinzaine d'années, prêt à céder à toutes ses demandes... niark niark.
Il n'a eu plus qu'à piocher dans les vieilles failles déjà bien connues de Chrome et en a choisi une présente dans le moteur Javascript V8 patchée par Google en 2022. Sauf que normalement, elle ne devait pas marcher sur un Kindle, parce qu'Amazon avait désactivé le composant vulnérable.
Enfin, avait essayé...
Parce que dans la commande censée le désactiver, il manquait deux petits tirets. Une faute de frappe qui faisait que l'option était ignorée en silence, et donc que le moteur JS d'époque restait allumé avec cette porte grande ouverte...
L'attaque n'a ensuite besoin que d'une seule chose qui est que vous ouvriez un site web piégé dans le navigateur de la liseuse. Pas de panique donc, car ça ne se déclenche pas tout seul quand vous recevez un livre, mais une fois la page web ouverte, elle peut trafiquer la mémoire de l'appareil, ce qui permet au chercheur de prendre la main sur le navigateur pour ensuite, via une seconde vulnérabilité dans le composant qui lance les applis, obtenir des droits administrateur et donc l'accès complet.
Une fois avec ça, il peut tout faire comme exécuter n'importe quel programme, vous espionner, détourner votre compte Amazon, et même rebondir vers les autres appareils présents sur votre réseau Wi-Fi. La totale !!
Dubroca a prévenu Amazon en décembre 2025, qui a classé le truc en critique, lâché 20 000 $ de prime, et poussé un correctif dans le firmware 5.19.2 en janvier. La mise à jour se fait toute seule une fois le Kindle branché et connecté au Wi-Fi alors si votre liseuse dort dans un tiroir depuis des mois, un petit coup de Wi-Fi et elle se mettra à jour, hop. D'ailleurs c'est la
deuxième faille Kindle en 7 mois
, après celle du livre audio piégé. Deux équipes françaises, deux fois le même appareil, ça commence à faire beaucoup pour de
vieilles liseuses qu'Amazon laisse doucement vieillir
.
Bref, une liseuse c'est comme un ordinateur, ça se pirate mais ça peut se mettre à jour ^^. Ouf !
Des chercheurs ont découvert une faille permettant d'extraire les données de dépôts privés GitHub sans aucune authentification, juste en piégeant l'agent IA chargé de répondre aux tickets.
Des chercheurs ont découvert une faille permettant d'extraire les données de dépôts privés GitHub sans aucune authentification, juste en piégeant l'agent IA chargé de répondre aux tickets.
Une vulnérabilité découverte par un chercheur en sécurité permet à n'importe quelle machine virtuelle louée sur un cloud d'aller compromettre le serveur physique qui l'héberge. Elle traîne dans le noyau Linux depuis 2010.
Une vulnérabilité découverte par un chercheur en sécurité permet à n'importe quelle machine virtuelle louée sur un cloud d'aller compromettre le serveur physique qui l'héberge. Elle traîne dans le noyau Linux depuis 2010.
En matière de sécurité, quand on parle de air gap, en général, on ne peut pas faire mieux. Si vous ne connaissez pas le concept, l'idée c'est d'empêcher un ordinateur d'avoir accès à tout type de réseau, que ce soit du wi-fi, de l'Ethernet, etc. etc. C'est un peu le Graal en matière de sécurité.
Et pourtant, des chercheurs de l'université de Shandong viennent de trouver un moyen de transmettre quand même des datas, même si la machine n'a pas accès au réseau. Leur technique s'appelle TrojPix et elle consiste à transformer un câble vidéo en antenne radio. Je vous explique la technique !
Comme vous le savez, mes petits ingénieurs, sur un écran, chaque pixel est codé en rouge, vert et bleu. TrojPix vient donc tripoter les bits (Ah Ah) les plus faibles de ces couleurs, des variations tellement infimes que votre œil n'y voit que du feu. Sauf que ces micro-changements modulent le signal qui circule dans le câble HDMI ou DisplayPort, et surprise-surprise, un câble en cuivre qui transporte un signal ça rayonne des ondes électromagnétiques. C'est d'ailleurs pour ça que les anti-ondes s'évanouissent tous dès qu'ils appuient sur un interrupteur, lol.
Bref, en façonnant les pixels, le malware pilote ces ondes, et une simple antenne radio posée à proximité les capte et reconstitue les données.
Et le débit quand je l'ai lu, m'a fait tousser. Jusqu'à 8,1 mégabits par seconde, de quoi faire sortir 100 Mo de plans ou de clés en moins de deux minutes et la portée, elle, grimpe jusqu'à 208 mètres. Mais attention, ces deux records ont été mesurés séparément et pas ensemble, donc plus l'espion s'éloigne, plus ça ralentit. Reste que les précédents canaux du genre pataugeaient à quelques kilobits par seconde, alors là on change carrément d'échelle.
Notez que le malware peut même simuler un écran éteint pendant qu'il émet, ni vu ni connu, j'embrouille.
Mais avant de scotcher de l'alu sur votre tour ou d'aller installer votre bureau dans le micro onde, respirez un grand coup ! En réalité, TrojPix ne pête pas la sécurité air gap à lui tout seul... Faut déjà installer le malware et ça c'est pas si simple sur un système isolé (surtout si les ports USB ont été rebouchés au ciment).
Ensuite, l'espion et son antenne doivent camper dans les deux cents mètres environ puisque les murs et le bruit ambiant rognent la portée, et surtout ça ne marche que sur du câble en cuivre. Et étonnamment, une cage de Faraday n'y fait pas grand-chose, les chercheurs gardaient plus de 90 % de réussite même avec un blindage. La seule vraie parade en réalité, c'est de remplacer le câble en cuivre par de la bonne vieille fibre optique, qui elle ne rayonne aucune onde.
C'est donc de la très belle recherche, mais une menace qui vise surtout une clientèle précise, les systèmes ultra-sensibles des gouvernements, des militaires ou des infrastructures critiques, ceux qui misent justement tout sur l'isolement. Oui, désolé de vous le redire, mais personne ne s'intéresse à vous ^^. Mais en tout cas, on sait que débrancher le réseau ne suffit plus pour être invisible et en sécurité. On avait d'ailleurs déjà vu
exfiltrer des données par ondes radio
ou même
faire du Wi-Fi sans carte Wi-Fi avec AIR-FI
, mais pour le coup, TrojPix pousse le curseur du débit beaucoup plus loin.
Depuis 16 ans, il y a une énorme faille qui fait dodo dans le coeur de tout ce qui gère la virtualisation sous Linux et personne ne l'avait remarqué, jusqu'à ce que Hyunwoo Kim, un chercheur en sécurité connu sous le pseudo @v4bel débarque. Ce dernier vient de dénicher un use-after-free dans le shadow MMU de KVM, ce bout de code que KVM partage entre les processeurs Intel et AMD. Il a baptisé sa trouvaille Januscape (CVE-2026-53359), et croyez-moi, le scénario a de quoi filer des sueurs froides à n'importe quel hébergeur...
En pratique, quand vous louez une VM dans le cloud, vous y êtes root (normal, c'est votre instance). Mais si l'hôte autorise la virtualisation imbriquée, hé bien la faille vous ouvre en grand la porte vers la machine physique. Le code de démonstration que Kim a publié se contente de faire planter l'hôte, et il garde sous le coude un second exploit, non divulgué publiquement celui-là, qui transforme le même bug en exécution de code root sur l'hôte. Et il n'a pas trouvé tout ça par hasard, puisqu'il participait au
kvmCTF
de Google, un programme qui paie jusqu'à 250 000 dollars pour une évasion complète d'une VM vers son hôte...
À ce stade, l'isolation censée séparer les locataires d'un même serveur vole en éclats, les VM de vos voisins de palier comprises.
Le code fautif traîne depuis août 2010, du temps du noyau 2.6.36 et Kim présente d'ailleurs Januscape comme la première évasion d'une VM vers son hôte qui fonctionne aussi bien sur Intel que sur AMD, à sa connaissance en tout cas.
Maintenant, avant de couper le wifi et de partir élever des chèvres dans le Larzac, deux petites nuances quand même car l'attaque réclame deux conditions réunies : être root dans la VM invitée, et que l'hôte expose la virtualisation imbriquée. Pas mal d'hébergeurs ne l'activent pas, donc c'est pas non plus une apocalypse universelle. Par contre, pour ceux qui l'activent, c'est game over.
Mais bonne nouvelle, le correctif est déjà là donc si vous administrez des serveurs KVM, mettez à jour maintenant. Et si vous ne pouvez pas patcher tout de suite, la parade consiste à désactiver la virtualisation imbriquée en attendant, avec kvm_intel.nested=0 sur de l'Intel ou kvm_amd.nested=0 sur de l'AMD.
VENOM
s'échappait déjà d'une VM en 2015 via un vieux driver de disquette, et plus récemment une
faille kernel planquée neuf ans
offrait un accès root sur une machine Linux. Ces "fantômes" dorment longtemps dans le noyau, et ils choisissent toujours le pire moment pour se réveiller. Voilà, comme
d'autres failles Linux à patcher d'urgence
, celle-ci mérite tout de suite votre attention.
Un chercheur en sécurité nommé Ian Carroll s'est amusé à lâcher Claude Opus sur la billetterie de Live Nation, afin d'y trouver des failles de sécurité, et l'IA lui a carrément écrit toute la chaîne d'exploitation sans aucune aide. Lui n'a eu qu'à le lancer...
Tout démarre avec une session de fuzzing sur l'API des terminaux, fgtapi.frontgatetickets.com. Carroll repère un truc... chaque endpoint qui contient le mot "device" réclame un paramètre deviceUID, et ce paramètre ne demande aucune authentification. Il colle un simple guillemet à la fin, la requête se met à ramer, et là, signe classique, le paramètre file direct dans une requête SQL sans le moindre échappement.
Une injection SQL bien à l'ancienne (si vous voulez voir à quoi ça ressemble, j'avais déjà
décortiqué le principe
il y a un bail).
Sauf qu'un WAF AWS est planté devant pour bloquer ce genre de payload. Et c'est là que Claude entre en scène. L'IA pige toute seule que le pare-feu n'inspecte que la couche extérieure de la requête, et qu'il suffit de planquer l'injection dans une sous-requête imbriquée pour passer sous le radar.
Ensuite elle se fabrique un oracle booléen aveugle qui fait que selon que la condition testée est vraie ou fausse, le serveur renvoie deux réponses différentes, "MC70-023" pour vrai, "Intellitix Upload" pour faux. Vous enchaînez ensuite les questions oui/non, et vous reconstituez la base entière, caractère par caractère.
Et la base, elle est bien garnie. Plus de 500 tables dans un ensemble baptisé fgs avec dedans les emails et mots de passe du personnel, ceux des clients, les tokens de reset, les tokens d'API et les jetons OAuth encore actifs. Avec ça, Carroll précise qu'il aurait pu émettre autant de billets gratuits qu'il voulait, pour n'importe quel événement.
Mais c'est une personne pleine de sagesse (et qui ne veut pas aller en prison) alors il ne l'a pas fait. Et surtout, il a tout remonté à Live Nation. Le lendemain où il les a contactés, la boîte confirmait le déploiement d'un correctif.
Ce qui est intéressant ici, c'est que le contournement du WAF par sous-requête, et la construction de l'oracle, tout ça a été proposé par Claude, et ne vient pas d'une demande du chercheur. On avait certes, déjà vu l'IA d'Anthropic
dénicher des failles dans Firefox
ou
éplucher du code Apple II vieux de 40 ans
mais là, c'est un sacré cran plus loin, je trouve.
Des pirates ont caché un cheval de Troie dans du code partagé sur GitHub pour révéler des failles de sécurité. Une technique qui vise directement les chercheurs en cybersécurité.