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GreatXML - BitLocker contourné en quelques clics via WinRE

Par : Korben ✨
11 juin 2026 à 17:20

BitLocker, je le rappelle c'est quand même le truc censé protéger vos données en cas de vol de votre bécane. Sauf que voilà, la théorie et Redmond, ça fait parfois deux... Le chercheur en sécurité Chaotic Eclipse (déjà à l'origine de BlueHammer ) vient de balancer une nouvelle vulnérabilité zero-day baptisée GreatXML , qui réduit cette promesse en miettes.

Le truc tourne autour de la façon dont Windows Recovery Environment (WinRE) traite les fichiers de configuration lors du démarrage. Plus précisément, la faille exploite des résidus laissés par l'outil d'analyse hors ligne de Microsoft Defender.

Cela signifie que si vous avez déjà lancé un scan Defender Offline, votre machine conserve des artefacts sur la partition de récupération. C'est là que le piège se referme car en manipulant des fichiers XML de configuration (notamment unattend.xml) sur la partition de récupération, un attaquant peut forcer le système à ouvrir un terminal avec les privilèges SYSTEM lors du passage en mode WinRE. Le tout sans avoir besoin de se connecter à la session, bien sûr...

Le résultat ?

Un accès complet et sans restriction au volume protégé par BitLocker. Pas besoin de fer à souder ou de bidouiller la carte mère avec un Raspberry Pi comme pour d'autres exploits TPM, là c'est une simple faiblesse logique logicielle qui permet de tout déverrouiller.

Alors oui, l'attaque nécessite un accès physique à la machine (ou un autre accès permettant de modifier la partition de récupération). Mais comme le rôle même de BitLocker est de protéger un appareil volé physiquement, c'est une sacrée épine dans le pied des administrateurs système ! D'autant plus qu'aucun correctif officiel n'a encore été publié par Microsoft.

Cette divulgation publique intervient dans un contexte tendu puisque Chaotic Eclipse multiplie les dumps de zero-days Windows suite à un différend avec le programme de bug bounty MSRC de Microsoft. On a déjà eu le droit à YellowKey et RoguePlanet ces dernières semaines et y'a peu de chances que ça s'arrête.

Bref, c'est la guerre ouverte !

Maintenant, même s'il n'y a pas encore de recommandations officielles de Microsoft pour cette faille spécifique, quelques mesures de bon sens permettent de limiter la casse. D'abord, configurer un mot de passe UEFI pour bloquer le boot externe. Ensuite, activer le mode TPM + PIN pour BitLocker car sans ce code pré-boot, la clé de déchiffrement n'est pas libérée, même si l'attaquant arrive à faire pop son shell.

Et si vous voulez couper court à toute exploitation de ce type, il reste l'option de désactiver complètement WinRE via la commande reagentc /disable.

Bref, en attendant que Microsoft sorte un patch, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Source

« Vous m’avez humilié » : furieux contre Microsoft, il dévoile des failles de sécurité aux yeux de tous, avec un timing cruel

11 juin 2026 à 17:16

Quelques heures après que Microsoft a diffusé sa plus grande mise à jour Patch Tuesday, un chercheur en conflit ouvert avec Redmond a publié un nouvel exploit ciblant Microsoft Defender. La faille, baptisée RoguePlanet, permet à un attaquant de prendre le contrôle total d'une machine Windows entièrement à jour.

« Vous m’avez humilié » : furieux contre Microsoft, il dévoile des failles de sécurité aux yeux de tous, avec un timing cruel

11 juin 2026 à 17:16

Quelques heures après que Microsoft a diffusé sa plus grande mise à jour Patch Tuesday, un chercheur en conflit ouvert avec Redmond a publié un nouvel exploit ciblant Microsoft Defender. La faille, baptisée RoguePlanet, permet à un attaquant de prendre le contrôle total d'une machine Windows entièrement à jour.

« La boîte de Pandore est ouverte » : dopée par l’IA, la chasse aux failles de Microsoft bat un record

10 juin 2026 à 21:45

Le Patch Tuesday de juin 2026 établit un nouveau record : jamais Microsoft n'avait corrigé autant de vulnérabilités en un seul mois. Et derrière les chiffres, c'est certainement une tendance de fond qui s'impose.

« La boîte de Pandore est ouverte » : dopée par l’IA, la chasse aux failles de Microsoft bat un record

10 juin 2026 à 21:45

Le Patch Tuesday de juin 2026 établit un nouveau record : jamais Microsoft n'avait corrigé autant de vulnérabilités en un seul mois. Et derrière les chiffres, c'est certainement une tendance de fond qui s'impose.

Encore un zero-day chez Cisco, exploité en ce moment même et toujours sans correctif

8 juin 2026 à 11:35

Le Catalyst SD-WAN Manager de Cisco, anciennement appelé vManage, c'est la salle de contrôle depuis laquelle une grande entreprise règle, surveille et met à jour à distance le réseau entier qui relie ses dizaines d'agences, usines ou boutiques entre elles, et c'est ce logiciel très sensible qui se retrouve aujourd'hui troué par une faille déjà exploitée dans la nature.

Le pire ? Aucun correctif.

Référencée CVE-2026-20245 et notée 7,8 sur 10 sur l'échelle CVSS, le barème qui classe la dangerosité des failles de zéro à dix, la vulnérabilité permet à un attaquant déjà titulaire d'un compte d'administrateur réseau, le profil baptisé netadmin chez Cisco, de téléverser un fichier piégé que le logiciel contrôle mal, puis d'exécuter ses propres commandes en root, c'est-à-dire avec les pleins pouvoirs sur la machine.

Et toutes les versions sont concernées.

Peu importe que la console tourne sur les serveurs de l'entreprise, dans les offres Cloud et Cloud-Pro hébergées par Cisco, ou dans la déclinaison FedRAMP réservée aux administrations américaines, le trou est exactement le même partout.

Il y a plus inquiétant, car dans plusieurs cas bien réels observés par Cisco, l'attaque ne s'est pas arrêtée à la console : elle a poussé une modification de configuration jusqu'aux routeurs et boîtiers installés dans chaque site distant, ce qui revient, quand on tient la salle de contrôle, à tenir d'un coup l'ensemble du réseau de la boîte.

Une nuance, quand même.

Il faut déjà être authentifié pour déclencher la faille, sauf que Cisco conseille du coup d'installer en priorité les correctifs sortis le 14 mai pour deux autres vulnérabilités, CVE-2026-20182 et CVE-2026-20127, dont l'enchaînement offre justement à un assaillant les fameux droits netadmin qui ouvrent ensuite la porte au reste.

En attendant un vrai patch, dont la date n'est pas connue, l'éditeur se contente de publier des indicateurs de compromission, en clair des traces à repérer dans les journaux du serveur pour savoir si on s'est déjà fait avoir.

Et ce n'est pas la première. C'est même la sixième faille SD-WAN exploitée chez Cisco depuis janvier, et le deuxième zero-day, une faille attaquée avant l'arrivée du moindre correctif, en à peine deux mois.

Bref, un accès root activement exploité sur un équipement aussi central, et toujours pas de rustine, ça commence à faire vraiment beaucoup.

Source : The Register

Votre enceinte USB peut être piratée par un voisin

6 juin 2026 à 20:26

Un chercheur en sécurité a réussi à prendre le contrôle d'un ordinateur en passant par une simple enceinte branchée en USB, à distance, et sans jamais s'approcher de la machine.

L'appareil en question est la Sound Blaster Katana V2X, une barre de son vendue autour de 280 euros par Creative Technologies, le fabricant singapourien d'accessoires audio bien connu des joueurs. Elle se branche aussi bien sur un PC, un Mac ou un Linux, en USB comme en Bluetooth. Je la connais d'ailleurs plutôt bien, puisque je l'ai testée sur Mac4ever .

Rasmus Moorats, un chercheur, est tombé sur la faille un peu par hasard. Il voulait juste écrire un petit logiciel Linux pour piloter son enceinte, et il a découvert un protocole maison de Creative qui permet d'envoyer des commandes à l'appareil, comme changer la couleur des LED ou régler l'égaliseur.

Sauf que voilà : son téléphone en Bluetooth a pu se connecter à l'enceinte, elle-même reliée à un PC en USB, sans aucune authentification et sans même avoir été appairé au préalable. Et parmi les commandes disponibles, il y en avait une intitulée "envoyer un nouveau micrologiciel à l'appareil".

Le micrologiciel, c'est le programme interne qui fait tourner l'enceinte. Normalement, un appareil refuse d'installer un programme qui n'est pas signé par son fabricant, un peu comme un coffre qui n'accepterait que la clé d'origine. Là, rien de tout ça : Moorats a pu remplacer le firmware officiel par le sien, sans la moindre vérification.

Sa première démonstration est assez simple, avec le mot "patched" affiché sur l'écran LED de l'enceinte. Puis il s'est demandé jusqu'où on pouvait pousser le bouchon.

Et la réponse fait un peu froid dans le dos. L'enceinte sait se présenter à l'ordinateur comme un périphérique d'interface humaine, la catégorie qui regroupe les claviers, les souris et les webcams. Moorats a modifié cette carte d'identité USB pour que l'enceinte se déclare aussi comme un clavier, puis lui a fait taper des touches toute seule.

En enchaînant le tout, il a pu, totalement à distance et par les airs, envoyer son firmware piégé à une enceinte qu'il n'avait jamais appairée, la faire redémarrer, puis lui faire taper une commande et l'exécuter sur le PC. Dans un vrai scénario d'attaque, ce serait l'ouverture du terminal de commandes de Windows et le collage d'une ligne malveillante.

Pire encore : un attaquant pourrait au passage désactiver la mise à jour du micrologiciel, ce qui rendrait son code impossible à effacer. Et le Bluetooth de l'enceinte reste allumé en permanence, même en veille, sans aucun moyen de le couper.

Il y a quand même une limite de taille. L'attaquant doit se trouver à portée Bluetooth de l'enceinte. On parle donc d'un voisin, d'un colocataire ou d'un bureau mitoyen, pas d'un pirate à l'autre bout du monde.

Moorats a prévenu Creative, sans réponse, puis a fait intervenir le CERT de Singapour, l'agence publique qui gère les alertes de sécurité. Le fabricant a fini par répondre que ses ingénieurs ne considèrent pas ce comportement comme une faille. Aucun correctif n'est donc prévu.

Le seul vrai garde-fou aujourd'hui, c'est un correctif publié par des bidouilleurs de la communauté. Quand un fabricant vous explique qu'un clavier fantôme piloté par le voisin n'est pas un problème, c'est quand même un peu gênant.

Source : ARS Technica

Libinput corrige une faille qui transformait une fausse manette en accès root

4 juin 2026 à 14:59

La bibliothèque libinput est passée en version 1.31.2, et pas pour ajouter des fonctions, mais pour boucher un trou de sécurité plutôt vilain. C'est elle qui gère vos périphériques d'entrée (clavier, souris, pavé tactile, manette) sur la quasi-totalité des Linux modernes, aussi bien sous Wayland que sous l'ancien serveur graphique X.Org.

Autant dire qu'elle tourne sur presque toutes les machines de bureau sous Linux, des plus grand public aux plus pointues.

Le problème permettait d'exécuter du code arbitraire avec les droits root, c'est-à-dire les pleins pouvoirs sur le système. Et tout ça en passant par un détail qu'on n'imagine pas dangereux, le nom physique d'un faux périphérique.

Sur Linux, n'importe quel logiciel peut fabriquer un périphérique virtuel via deux interfaces du noyau, uinput et uhid. Pour les regrouper, libinput s'appuie sur udev, le composant qui détecte et configure tout ce qu'on branche sur la machine.

Et c'est là que ça coince. Un attaquant pouvait créer un appareil bidon dont l'attribut PHYS, le chemin physique du matériel, contenait un simple retour à la ligne. Du coup, udev lisait cette unique valeur comme deux lignes séparées, donc deux paires clé-valeur, dont une totalement injectée par l'attaquant.

Cette ligne injectée suffisait à détourner le comportement de udev et, au bout de la chaîne, à faire tourner la commande de son choix en root. Une injection par saut de ligne. Bête, mais redoutable.

Reste une nuance importante. Fabriquer un tel périphérique demande normalement les droits root, ce qui limite déjà beaucoup le danger. Sauf que certaines règles udev personnalisées ouvrent la porte aux utilisateurs normaux.

L'exemple cité est parlant. Installer le paquet "steam-devices" sur Fedora, ce que fait n'importe quel joueur pour que ses manettes soient correctement reconnues, suffit à exposer la faille à toute personne connectée à la session. Un geste parfaitement banal, donc.

La faille a été repérée par un chercheur surnommé Csome, et Peter Hutterer, le mainteneur historique de libinput, a publié le correctif dans la 1.31.2. La marche à suivre tient en une ligne, mettre à jour dès que votre distribution pousse le paquet.

Une faille root planquée dans le nom d'une fausse manette, déclenchée par un paquet aussi anodin que celui de Steam, ça a quand même quelque chose de franchement pénible.

Source : Phoronix

Des pirates ont réussi à voler des comptes Instagram en demandant simplement à un chatbot

3 juin 2026 à 09:16

Tout se joue dans une conversation polie avec l'assistant IA du support de Meta, le robot conversationnel censé dépanner les utilisateurs quand ils ont un souci avec leur compte.

Le principe tient en quelques étapes. Le pirate se connecte d'abord via un VPN, un outil qui maquille sa localisation, pour faire croire qu'il se trouve dans la ville de sa victime et ne pas déclencher les protections automatiques d'Instagram.

Ensuite, il ouvre une discussion avec le Meta AI Support Assistant et lui demande tout bonnement d'ajouter une nouvelle adresse e-mail au compte ciblé.

Le robot envoie alors un code de vérification vers l'adresse fournie par le pirate. Celui-ci renvoie le code au chatbot, qui affiche aussitôt un bouton pour réinitialiser le mot de passe. Nouveau mot de passe, et le compte change de mains.

Le plus dingue, c'est qu'à aucun moment l'attaquant n'a eu besoin de toucher à la vraie boîte mail de la victime. Pas de phishing élaboré, pas de faux site à monter, pas de malware à glisser. Le support officiel faisait tout le travail à sa place.

Côté victimes, ça pique. Le compte de la Maison-Blanche de l'ère Obama, inactif depuis 2017, celui du sergent-chef de l'US Space Force John Bentivegna, ou encore celui de la chercheuse en sécurité Jane Wong, qui a raconté s'être fait voler le sien. S'ajoutent plusieurs comptes aux pseudos très courts, ceux qui se revendent cher au marché noir, dont la valeur cumulée dépasserait le demi-million de dollars.

L'attaque a été mise en scène dans une vidéo de démonstration, publiée fin mai sur Telegram par un groupe de pirates pro-iraniens, avec un mode d'emploi qui a tranquillement circulé sur plusieurs canaux.

Heureusement, il y a un garde-fou. L'exploit ne marche pas contre les comptes protégés par une authentification à deux facteurs, ce deuxième code demandé en plus du mot de passe, souvent reçu par SMS. Même la version la plus basique de cette protection suffisait à bloquer les pirates net.

Chez Meta, le porte-parole Andy Stone affirme que le problème est réglé et que les comptes touchés sont en train d'être sécurisés. Un correctif d'urgence a été déployé , et l'entreprise précise qu'aucune base de données interne n'a été piratée. Le trou était dans le chatbot, pas dans les serveurs.

Reste le fond du problème. Pour Ian Goldin, chercheur en cybersécurité chez Black Lotus Labs, ces assistants IA ouvrent une toute nouvelle surface d'attaque, et on va sûrement en voir beaucoup d'autres du même genre dans les mois qui viennent.

Bref, un chatbot conçu pour rendre service qui finit par surtout servir les pirates, c'est le genre de bug qu'on n'avait pas avec un bon vieux formulaire.

Source : ARS Technica

Instagram - Le chatbot de Meta donnait les clés des comptes

Par : Korben ✨
2 juin 2026 à 08:44

Le support de Meta, quand vous contactez Instagram pour un souci de compte, c'est 100% IA maintenant. Je l'ai fait y'a pas longtemps et c'est assez surprenant, même s'il faut le reconnaître, ça fonctionne bien. Et si je vous parle de ça ce matin, c'est que pendant des semaines, ce chatbot a refilé l'accès à des comptes à qui savait lui raconter la bonne histoire.

Et c'est pas un exploit de génie ni une faille bien planquée mais juste un bot de support trop serviable à qui on explique qu'on s'est fait pirater, et qui envoie le code de réinitialisation... sur l'adresse mail de l'attaquant. Oui, il est aussi précautionneux de vos accès que votre gardien d'immeuble ^^.

En gros l'attaquant écrit au support IA, prétend être le proprio d'un compte "piraté", demande à recevoir les codes sur son email et l'IA accepte l'adresse sans sourciller. Hop, un petit lien de reset, un nouveau mot de passe, et le vrai propriétaire ne voit rien venir !

Bon, ce n'était pas magique non plus, mais une fois le bot embobiné, il lâchait l'accès.

Le truc à retenir surtout, c'est que la double authentification , elle, a bien fait barrage. Les comptes qui l'avaient activée n'ont pas été pris, donc si vous traînez sur Insta sans, allez l'activer tout de suite !

Parce que les dégâts ont été bien réels. Des comptes à grosse visibilité y sont passés, dont le compte dormant @obamawhitehouse et ses millions d'abonnés, qui s'est remis à publier n'importe quoi avant d'être nettoyé.

Des groupes Telegram s'étaient montés autour de ces prises de contrôle, des chercheurs comme ZachXBT ont suivi le mouvement, et les pseudos courts comme @hey valant une petite fortune se sont retrouvés sur le marché noir. En gros, un vrai business du vol de compte a été monté sur le dos du chatbot !

Y'a 10 ans, c'était déjà la récupération de compte qui faisait tomber des comptes Facebook encore aujourd'hui le maillon faible n'a pas changé...

Meta a corrigé le problème en urgence et dit avoir sécurisé les comptes touchés.

Si vous pensez être victime, direction "Mot de passe oublié" puis "Mon compte a été piraté", et une fois récupéré, vérifiez bien que l'email et le numéro liés au compte sont les vôtres (l'attaquant a pu les remplacer) avant de dégager les sessions inconnues. Pour le reste, un petit tour par les bons réflexes de sécurité ne fait jamais de mal.

Bref, activez la double authentification et j'espère qu'un jour, les grosses boites arrêteront d'utiliser l'IA pour garder leurs clés.

Source

CIFSwitch, la nouvelle faille Linux qui donne silencieusement les clés de votre système depuis 2007

1 juin 2026 à 10:47

Un bug vieux de 19 ans vient d'être découvert dans le noyau Linux. Baptisé CIFSwitch, il permet à n'importe quel utilisateur sans privilèges d'obtenir un accès root complet — et l'exploit est déjà public.

« Bad Host » : comment un outil méconnu a exposé des millions d’agents IA à des accès non autorisés

28 mai 2026 à 12:45

Une faille dans Starlette, un framework Python que la plupart des développeurs n'ont jamais installé consciemment, a exposé des millions de serveurs d'agents IA à des accès non autorisés. Des boîtes mail, des bases de données médicales et des équipements industriels étaient accessibles sans mot de passe.

Ghost CMS piraté : comment des hackers ont transformé des centaines de sites en pièges à clics

26 mai 2026 à 11:12

Une vulnérabilité critique dans Ghost CMS, signalée et corrigée en février 2026, est toujours activement exploitée par des cybercriminels pour transformer des sites légitimes en pièges à visiteurs.

Le bac à sable de Claude Code avait deux failles, et c'est plus gênant qu'il n'y paraît

21 mai 2026 à 18:17

Anthropic, l'entreprise derrière l'IA Claude, a corrigé en douce deux failles dans le bac à sable réseau de Claude Code, son assistant de programmation. Un bac à sable, dans le jargon, c'est un enclos de sécurité : il est censé empêcher l'outil de se connecter à des serveurs non autorisés, pour éviter qu'il envoie vos données n'importe où. Sauf que pendant cinq mois et demi, cet enclos avait une porte dérobée.

La plus récente faille est en fait une jolie bidouille. Claude Code vous laisse définir une liste blanche, par exemple "autorise uniquement les connexions vers *.google.com". Un attaquant envoyait alors une adresse du genre "serveur-pirate.com<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="http://0.google.com/">0.google.com", avec un caractère invisible (un octet nul) glissé au milieu.

Le filtre de sécurité, lui, lit la fin de la chaîne, voit ".google.com" et valide. Mais le système d'exploitation s'arrête au caractère invisible et se connecte en réalité à serveur-pirate.com. Le filtre et le système ne lisent pas la même adresse. La faille est là.

Combinée à une injection de prompt (le fait de cacher des instructions piégées dans un texte que l'IA va lire), la faille permettait d'exfiltrer des choses sensibles : identifiants cloud, jetons d'accès GitHub, accès aux services internes.

En clair, un dépôt de code piégé pouvait pousser Claude Code à expédier vos secrets vers le serveur de l'attaquant. Le trou a traversé plus de 130 versions de l'outil avant d'être bouché fin mars. Tout utilisateur de Claude Code qui faisait confiance à son bac à sable réseau était donc exposé sans le savoir, du développeur isolé à l'équipe en entreprise.

C'est le chercheur Aonan Guan, de Wyze Labs, qui a remonté le problème. Et sa phrase résume tout : un bac à sable troué, c'est pire que pas de bac à sable du tout. Celui qui n'a aucune protection le sait et reste prudent. Celui qui se croit protégé baisse la garde.

Anthropic affirme avoir trouvé et corrigé la faille de son côté avant le signalement, mais le souci, c'est qu'il n'y a eu ni CVE (le numéro de référence public qui catalogue une faille), ni note dans le journal des versions. Moche moche.

Source : The Register

ssh-keysign-pwn - La faille kernel Linux cachée depuis 9 ans

Par : Korben ✨
21 mai 2026 à 12:21

Une faille planquée pendant 9 ans dans le noyau Linux, voilà ce que les chercheurs de Qualys viennent de déterrer. Son petit nom, c'est ssh-keysign-pwn ou DirtyDecrypt (CVE-2026-46333 pour les intimes), et elle permet à n'importe quel utilisateur local sans privilèges de passer root, de lire votre /etc/shadow et de piquer les clés SSH privées de votre serveur.

Et ce bug dormait là depuis novembre 2016, c'est-à-dire depuis la version 4.10 du kernel. Personne ne l'avait jamais vu et autant vous dire que 9 ans, en cybersécu, c'est une éternité !!

Le truc se cache dans une fonction au nom barbare, __ptrace_may_access(). En gros, quand un processus privilégié abandonne ses droits, y'a une micro-fenêtre, le temps d'un battement de cils, où il reste "accrochable" via ptrace. Vous combinez ça avec l'appel système pidfd_getfd() et hop, vous récupérez les fichiers ouverts d'un process root.

Et l'exploit disponible vise des binaires SUID que tout le monde a sur sa machine, genre ssh-keysign, chage, pkexec ou accounts-daemon.

Du coup, première chose à faire : vous mettez à jour, genre rapidos ! Linus Torvalds a poussé le correctif et si vous ne pouvez pas patcher tout de suite, faut taper la commande sysctl -w kernel.yama.ptrace_scope=2 qui a pour effet de refermer la porte en attendant.

Niveau distros, ça touche à peu près tout le monde, d'Ubuntu 14.04 jusqu'à la 26.04, en passant par Debian, Fedora et toute la famille Red Hat.

Et le plus gênant, c'est que ssh-keysign-pwn, c'est la 4e faille kernel en moins de trois semaines. On a eu CopyFail , Dirty Frag début mai, puis Fragnesia juste après, et maintenant celle-ci. Aïe aïe aïe ! Je commence à me lasser, sérieux ^^.

Le noyau Linux prend cher en ce moment et comme les exploits fonctionnels sont déjà publics, le compte à rebours est lancé pour tous ceux qui traînent !

Alors après tout le monde va vous parler des cybercriminels et des serveurs compromis, et c'est vrai, faut patcher. Mais pour moi, ce genre de faille, c'est aussi une clé qui sert aux bidouilleurs pour reprendre la main sur leur propre matériel. Votre routeur verrouillé, votre objet connecté que le fabricant a laissé tomber depuis quelques années, ce bon vieux NAS dont plus personne ne livre de firmware... une faille comme ça, c'est parfois le seul moyen de le faire revivre !

Bref, faites vos mises à jour. Et gardez en tête que ces mêmes failles qui font flipper les sysadmins, ce sont aussi celles qui redonnent vie au matos verrouillé qui n'avait pas d'autre avenir que de finir à la déchetterie.

Source

Chromium - Google publie l'exploit d'une faille vieille de 2 ans et demi

Par : Korben ✨
21 mai 2026 à 07:19

Bon, alors là, Google a fait encore trèèèès fort.

Mercredi matin, la firme de Mountain View a carrément publié sur son propre bug tracker Chromium le code d'exploitation d'une faille... qui n'est toujours pas corrigée ! Et pas une petite vulnérabilité oubliée dans un coin, hein, mais une vraie faille de la mort qui tue que la chercheuse indépendante Lyra Rebane leur avait remontée gentiment et en privé . Ça fait 29 mois (2 ans et demi, les matheux ^^) et elle attend toujours un patch !

Le truc vise la Browser Fetch API, un mécanisme qui permet à un site de télécharger de gros fichiers en arrière-plan, genre une longue vidéo. Sauf qu'en la détournant, le code ouvre un service worker qui reste actif en permanence. Du coup, un site malveillant que vous visitez peut glisser un bout de JavaScript qui transforme votre navigateur en relais, tout cela à votre insu.

Parfait donc pour devenir un proxy anonyme pour des inconnus, un nœud de botnet pour des attaques DDoS, ou se faire surveiller quand on surfe sur le net... Et le plus vicelard, c'est que la connexion se rouvre ou reste ouverte même après avoir redémarré le navigateur, voire la machine entière.

Côté victimes, on parle de Chrome, de Microsoft Edge et de quasiment tous les navigateurs basés sur Chromium. Et que vous soyez sur Windows, macOS ou Linux, le bug s'en moque royalement. Rebane a confirmé que Brave, Opera, Vivaldi et Arc sont vulnérables eux aussi.

Bien sûr, Firefox et Safari, eux, passent clairement au travers, parce qu'ils ne supportent pas ce fameux téléchargement en arrière-plan. Bref, encore une fois, ne pas suivre le troupeau de mouton team-Chromium, ça paye !! Si vous cherchiez une raison de plus de larguer Google , la voilà servie sur un plateau.

Perso, ce qui me sidère, c'est que la faille a été classée S1, le deuxième niveau de gravité le plus élevé chez Google et il ne s'est toujours rien passé 29 mois après. C'est ouf quand même... Le post sur le tracker Chromium a bien été supprimé mais on le trouve toujours sur quelques archives / miroirs...

Après l'impact de cette faille, reste quand même limité car elle ne franchit aucune frontière... par exemple, elle ne donne pas accès à vos mails ni au reste de votre ordinateur, mais juste à ce qu'un navigateur sait déjà faire (ce qui est déjà énorme !!). Mais elle pourrait permettre à des cybercriminels de se constituer une flotte de milliers, voire de millions de navigateurs détournés, et le jour où une autre faille tombe, vous avez déjà l'armée prête à dégainer !! La bombe est là, il manque juste la mèche en fait !

Et pour se protéger ?

Bah franchement, pas grand-chose à faire côté utilisateur tant qu'il n'y a pas de patch. Si vous voulez mon avis bancal, le seul signal visible que vous pouvez guetter, c'est un menu de téléchargement qui s'ouvre tout seul sans raison, donc méfiez-vous donc si ça arrive. Maintenant si le sujet vous angoisse vraiment, basculer sur un navigateur pour les adultes ^^, genre Firefox ou Safari règlera la question d'un coup !

Faut pas oublier que Google passe son temps à pointer du doigt les éditeurs trop lents à patcher, alors j'comprends vraiment pas comment ils ont pu merder à ce point.

Source

Une faille inconnue dans un routeur Huawei a mis tout le Luxembourg hors ligne pendant 3 heures

20 mai 2026 à 14:34

Le 23 juillet 2025, le Luxembourg entier s'est retrouvé sans réseau mobile, sans téléphone fixe et sans communications d'urgence pendant plus de trois heures.

Dix mois plus tard, on connaît enfin la cause grâce au média The Record : une faille jusque-là inconnue dans le logiciel d'un routeur Huawei.

Le mécanisme est presque bête. Du trafic réseau spécialement fabriqué a été envoyé vers des routeurs d'entreprise Huawei, et ce trafic les a fait redémarrer en boucle, sans jamais s'arrêter.

Pas besoin de pirater quoi que ce soit ni de voler un mot de passe, il suffisait d'envoyer les bons paquets au bon endroit. Ces routeurs équipaient l'infrastructure de POST Luxembourg, l'opérateur télécom historique du pays. Quand le cœur du réseau redémarre en continu, tout s'effondre derrière. Aucune charge criminelle n'a été retenue, faute de pouvoir désigner un responsable.

Le plus inquiétant, c'est ce qu'on ne sait toujours pas. La vulnérabilité n'a jamais été publiée. Aucun identifiant CVE, le numéro de référence standard qui permet de cataloguer une faille de sécurité, n'a été déposé dans les dix mois qui ont suivi.

On ignore si le trou a été bouché, combien d'autres opérateurs utilisent les mêmes routeurs, et si des équipements identiques sont encore vulnérables aujourd'hui quelque part. Les enquêteurs pensent même que POST n'était pas une cible : le trafic malveillant ne faisait peut-être que transiter par son réseau.

Et là, impossible de ne pas penser à FX Lindner. Ce chercheur en sécurité allemand avait alerté Huawei dès 2012 sur la fragilité de leurs équipements réseau, code bâclé et failles à la pelle.

Huawei avait minimisé. Treize ans plus tard, la même histoire se rejoue, sauf qu'elle ne touche plus un labo de test mais un pays entier, services d'urgence compris.

Ça repose la question de fond, celle de la souveraineté des infrastructures télécom européennes. L'Europe parle de souveraineté numérique depuis des années, surtout sur le cloud et l'IA. Mais les tuyaux eux-mêmes, les routeurs qui font transiter les appels et les données, restent souvent du matériel dont le code source échappe totalement aux opérateurs.

Faire tourner le réseau national d'un pays sur des routeurs dont on ne maîtrise ni le code ni le calendrier de correctifs, c'est un pari risqué. Et le Luxembourg vient de découvrir ce que ça coûte quand le pari échoue. Bref, treize ans d'avertissements ignorés, et il aura fallu un pays débranché trois heures pour que le sujet revienne sur la table.

Source : The Record

Elle aurait provoqué la fuite de l’ANTS : c’est quoi, une faille IDOR ?

3 mai 2026 à 17:35

C'est une faille vieille comme le web qui aurait permis d'exploiter l'une des bases de données les plus sensibles de l'État français. Le piratage de l'ANTS en avril 2026 aurait été permis par une faille IDOR. Mais, c'est quoi, au juste ?

« Copy Fail » : comment une faille dans le noyau Linux a donné accès à tous vos systèmes depuis 2017

30 avril 2026 à 12:10

Une vulnérabilité découverte par des chercheurs en sécurité permet à n'importe quel utilisateur local de prendre le contrôle total d'un système Linux, sur la quasi-totalité des distributions existantes. L'exploit tient en 732 octets de Python.

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