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Ibou Explorer - L'anti-Google Discover français

Par : Korben ✨
19 mai 2026 à 08:56

Y'a un nouveau projet français qui débarque face à Google, et celui-là va vous plaire, j'en suis sûr !

Ça s'appelle Ibou Explorer, et c'est porté par Sylvain Peyronnet (oui, un des deux frères du SEO français bien connus dans le milieu) et Guillaume Pitel. Leur site vient d'ouvrir en beta publique et pour vous résumer ça rapidement, disons que c'est un équivalent direct de Google Discover, mais en mieux évidemment !! Et c'est surtout la première brique d'un ensemble plus large qui inclura à terme un vrai moteur de recherche conversationnel d'ici fin 2026.

Au capital, on retrouve Xavier Niel et Bpifrance et derrière le rideau, l'infrastructure indexe déjà 500 milliards de pages, donc y'a de quoi faire...

Sylvain Peyronnet et Guillaume Pitel, les deux cofondateurs derrière Babbar et Ibou ( crédit BDM )

Pour vous situer un peu ce qu'ils proposent, Ibou Explorer c'est un flux d'articles personnalisé, dans l'idée de Google Discover, mais bâti sur une philosophie inverse où la sélection se fait sur la valeur éditoriale plutôt que sur l'engagement. Les sources sont également très diversifiées, et le projet se veut "anti-bulle filtrante".

Une fois inscrit, vous récupérez un feed propre avec que des choses sérieuses et sans fake news, qui vous plairont. Ça nous change de Discover qui pousse du clickbait à longueur de journée... vous verrez, ça saute aux yeux direct !

Petit flashback quand même pour donner un peu de contexte... Sylvain Peyronnet, je l'ai croisé y'a plus de 10 ans maintenant je dirais, lors de l'une de leurs formations. Ex-Chief Science Officer de Qwant, ancien prof de fac, vingt ans d'algos de moteur de recherche dans les pattes et avec son frère Guillaume Peyronnet, ils forment le duo SEO qui tient le blog technique de référence en France et qui édite Yourtext.guru .

Mais attention à ne pas confondre côté Ibou puisque c'est Sylvain qui prend la casquette CEO, avec Guillaume Pitel (homonyme du frangin niveau prénom, mais aucun lien familial ^^) à la technique. Guillaume Pitel est un ingénieur EPITA, docteur en info, et fondateur d'eXenSa, qui a créé le crawler Barkrowler de Babbar il y a quelques années.

Et du coup ça a du sens car Babbar tourne depuis six ans, a crawlé 3 300 milliards de pages, leur graphe pèse 7 000 milliards de liens, et leurs deux crawlers actifs (Barkrowler et IbouBot) avalent 2 à 3 milliards de pages par jour. C'est à l'échelle de ce que font les géants du web.

Et c'est cette infra qui alimente déjà Explorer, et c'est aussi elle qui servira de socle au futur moteur de recherche conversationnel. Leur algo de ranking propriétaire s'appelle Mimesis et il est plutôt fin puisqu'il est capable de faire de la recherche hybride dense-sparse qui agrège une centaine de signaux par document, le tout entraîné et calibré via du LLM-as-a-Judge.

L'interface d'Ibou Explorer, la beta publique disponible

Côté philosophie, le manifeste Ibou tient en 4 engagements : respecter les éditeurs (crawl conforme aux directives, vitesses adaptées pour ne pas charger les serveurs), valoriser les créateurs (journalistes, blogueurs, photographes, devs), servir la curiosité plutôt que l'engagement, et défendre un web ouvert.

Que demande le peuple ?

Et côté concurrence, le contraste avec Google est très brutal je trouve. Avec son AI Overviews, Mountain View fait fondre les clics vers les sources, capture la valeur, garde l'audience, et laisse les créateurs avec les miettes. J'en parlais déjà l'an dernier en disant que le web tel qu'on le connaît allait disparaître et heureusement, Ibou vient prendre exactement le contre-pied de tout ça avec une attribution systématique des sources, un renvoi réel de trafic vers les éditeurs, et une totale transparence sur l'algorithme via leur Substack où ils détaillent les choix techniques.

Côté IA, leur position est nuancée et plutôt saine, je trouve. Les contenus travaillés avec l'aide de l'IA restent acceptables, mais ce qui est pénalisé c'est le « slop », c'est à dire ce contenu massivement généré sans valeur ajoutée qui inonde le web depuis deux ans. Ça rejoint d'ailleurs ce que je racontais sur le SEO à l'ère de l'IA y'a pas longtemps.

Bref, avec Ibou, ils veulent récompenser l'humain qui produit, et pas les fermes à contenu des référenceurs de caniveau.

Donc si ça vous dit de tester Explorer, allez sur explorer.ibou.io , validez votre mail, et choisissez quelques thématiques. Vous obtiendrez un flux personnalisé qui apprendra ensuite de vos clics. Le hic, c'est qu'un système qui apprend de vos clics peut quand même tendre vers un effet de bulle, donc on verra à l'usage si Ibou arrive vraiment à éviter ce phénomène.

Le vrai moteur de recherche conversationnel, lui, est annoncé comme je vous le disais pour fin 2026, avec une verticale images encore en cours de développement.

Et côté investisseurs, c'est du solide : Xavier Niel a rejoint le capital aux côtés de Go Capital, Bpifrance, Normandie Participations et AD Normandie (la boîte est basée en Normandie). Les outils SEO existants (Babbar, Yourtext.guru) financent encore la R&D, et la roadmap de monétisation parle de freemium, API, B2B selon ce qui prendra. On verra bien...

Maintenant le vrai défi reconnu par Sylvain lui-même, c'est la notoriété de son service face au "réflexe Google". Donc comme pour toutes les alternatives à Google , le combat se joue autant côté usage que côté tech.

Mais moi, je suis content de voir des gens s'attaquer enfin à ce mur-là avec une vraie infra derrière et pas juste un wrapper d'API à la con.

La beta Explorer est dispo dès maintenant en cliquant ici ! Ah et y'a aussi des applications pour Android et iOS !

Le guide SEO IA de Google - Les hacks GEO, c'est du flan

Par : Korben ✨
17 mai 2026 à 07:38

Si vous avez payé une agence pour "optimiser votre site pour l'IA" ces derniers mois, asseyez-vous bien confortablement car Google a publié son guide officiel sur le sujet, et le résumé tient en une phrase, le SEO pour l'IA c'est du SEO. Voilà... Tout ce qui est hacks GEO, c'est direction la poubelle en tout cas pour Google !

Le doc est sorti le 15 mai sur Search Central, et il met les pieds dans le plat direct. Google y explique que ses fonctionnalités IA, les AI Overviews (les fameux résumés générés en haut des résultats) et le mode IA, ne tournent pas sur un moteur à part. Elles piochent tout simplement dans l'index normal, avec le classement habituel. En gros, y'a pas de porte dérobée réservée aux plus malins malgré ce que les auto-proclamés experts GEO peuvent dire.

Le guide officiel Google, mis en ligne le 15 mai 2026

Ce qui est marrant, c'est que Google a surtout placé dans ce doc une section "mythbusting" qui va faire mal à pas mal de monde. Car oui les amis, pas besoin de fichier llms.txt, pas besoin de balisage spécial, pas besoin de découper votre contenu en petits morceaux pour aider les robots de Mister Google.

Et voilà comment toute une industrie de consultants qui vendait du llms.txt à prix d'or vient de se prendre un mur. Snif...

D'ailleurs, le truc rigolo avec le llms.txt, c'est son histoire. Ce fichier a été proposé en septembre 2024 par le co-fondateur de Fast.ai, et presque deux ans plus tard, ni Google, ni OpenAI, ni Anthropic ne vont vraiment le récupérer sur votre serveur. L'adoption reste donc hyper marginale, genre 6% des gros sites et ça n'est jamais devenu un vrai standard. Vous pouvez donc carrément supprimer le vôtre, ça ne changera strictement rien !

Alors c'est quoi la vraie recette ?

Hé bien du contenu "non-commodity", dit Google. En clair, des trucs que personne d'autre n'a écrits... Ils veulent du vécu et pas du réchauffé. Leur exemple est d'ailleurs très parlant... Un article du style "7 conseils pour acheter sa première maison", c'est de la soupe que tout le monde recopie. Alors que "Pourquoi on a zappé l'inspection et économisé, retour sur la canalisation d'égout", ça c'est du vécu qui sent bon le terroir et la sueur, et c'est ça que l'IA va citer !! C'est exactement ce que je raconte depuis des années .

En vrai, le boulot c'est surtout de revenir aux bases du SEO, et pas besoin d'outils payants dans cette équation mais juste du temps et du contenu honnête et humain. D'abord, faut vérifier que vos pages sont indexables et crawlables, et ça la Search Console vous le dit en deux clics.

Ensuite, arrêtez de générer 40 pages quasi identiques pour chaque variation de mot-clé, car Google appelle ça de l'abus de contenu à grande échelle et ça vous flinguera votre référencement ! Et n'oubliez pas que vous écrivez pour des humains, avec des titres et des paragraphes, et pas pour un parseur à la con.

Le seul vrai piège après, c'est l'éternel site full JavaScript des startupeurs d'école de commerce (ou des vibe-coders maintenant...). Là encore Google prévient que ça ne passera pas.

Après le hic c'est que les AI Overviews répondent direct dans la page de résultats, du coup le taux de clics vers votre site s'effondre . Et voilà comment le client repart sans jamais entrer... Plusieurs études indépendantes parlent même d'un taux de clic qui peut chuter de moitié quand un résumé IA s'affiche en haut. Ahrefs par exemple a mesuré près de 60% de clics en moins sur la position numéro un, Pew tourne autour de 47% et comme d'hab, avec son guide, Google vous dit "faites du bon contenu", mais ne vous promet jamais le trafic qui va avec. Faut donc bien en avoir conscience avant de se lancer !

Le guide glisse aussi un mot sur les agents IA qui visitent votre site tout seuls, lisent vos captures d'écran, votre DOM et votre arbre d'accessibilité pour comparer des produits ou réserver une table. D'ailleurs si ce sujet vous parle, y'a un scanner pour tester si votre site est prêt pour les agents IA .

Après moi ce que je retiens de tout ce bordel, c'est que Google vient surtout de couper l'herbe sous le pied à tous les vendeurs de poudre de perlimpinpin "AEO" et "GEO". Ces acronymes, comme l'écrit Google noir sur blanc dans son rapport, ce sont juste des mots et du marketing pour les pigeons. Le vrai métier derrière reste le SEO et basta !!

Après si vraiment vous voulez bosser votre visibilité pour les moteurs IA comme Perplexity, j'avais détaillé les vraies techniques , et spoiler, ça ressemble quand même beaucoup à du bon vieux contenu honnête qu'on fait à l'ancienne depuis que le web est web...

Bref, avant de lâcher du fric pour du GEO, allez lire le guide . C'est gratuit, et au moins ça dit la vérité.

Is It Agent Ready - Vérifiez si votre site parle aux agents IA

Par : Korben ✨
25 avril 2026 à 07:53

Si vous avez un site, vous savez déjà qu'il faut l'optimiser et le rendre lisible pour Google. Mais en ce moment, Cloudflare pousse vraiment une toute autre couche par-dessus : le rendre lisible pour les agents IA. Et pour vérifier si vous êtes dans les clous, l'équipe a sorti isitagentready.com , un scanner gratuit qui vérifie ça en quelques secondes.

Vous tapez tout simplement votre URL, et le scanner check une dizaine de standards émergents, puis pour chaque truc qui manque, il vous crache carrément un prompt prêt à coller dans Claude Code, Cursor ou Windsurf pour qu'il vous aide à l'implémenter. Vous pouvez aussi customiser le scan en cochant uniquement ce qui vous intéresse, selon que votre site est plutôt un blog de contenu ou une API.

L'interface annoncée par Cloudflare pour son nouveau scanner agent-ready

Les checks sont organisés en 5 catégories : la découvrabilité (robots.txt, sitemap, Link headers HTTP), l'accessibilité du contenu (markdown negotiation, llms.txt), le contrôle et la signalisation des bots (Content Signals, Web Bot Auth, règles IA dans robots.txt), la découverte de protocoles (MCP Server Card, Agent Skills, API Catalog, OAuth) et le commerce agentique (x402, MPP, UCP, ACP). Chaque catégorie pèse alors dans le score final, sauf le commerce qui est juste checké mais pas scoré.

J'ai testé sur korben.info et le résultat est franchement mitigé. Côté positif : robots.txt présent avec Content Signals (search=yes, ai-train=no, donc je dis oui à l'indexation et non à l'entraînement IA), llms.txt opérationnel avec 111 lignes en français, markdown negotiation qui répond bien sur Accept: text/markdown, sitemap.xml en place, et GPTBot, Google-Extended et Meta bloqués explicitement.

Côté manquant : pas de MCP Server Card, pas d'Agent Skills, pas d'API Catalog, pas de Link headers.

Score estimé : très moyen, et c'est plutôt cohérent avec un site qui n'a pas besoin d'OAuth ni de serveur MCP.

Cloudflare balance surtout des chiffres bien concrets dans son article de lancement . Sur les 200 000 domaines les plus visités du web, 78% ont un robots.txt, 4% déclarent leurs préférences via Content Signals, 3.9% font de la markdown negotiation, et moins de 15 (oui, quinze) ont un MCP Server Card ou un API Catalog combinés. Autant dire qu'on est très tôt dans la partie. Côté boite à outils, dans le panel d'agents testé par Cloudflare, seuls Claude Code, OpenCode et Cursor envoient un Accept: text/markdown par défaut quand ils browsent le web. Les autres récupèrent du HTML par défaut, comme un navigateur classique.

Cloudflare a aussi mesuré l'impact sur sa propre doc en activant tous ces standards : 31% de tokens en moins consommés et 66% de réponses plus rapides. Du coup c'est pas négligeable, surtout quand vous payez les agents au token. Et bonus, isitagentready.com lui-même est agent-ready (forcément), avec son propre serveur MCP exposé à /.well-known/mcp.json et un outil scan_site disponible pour les agents qui veulent l'appeler en autonomie.

Mais attention au piège ! Si on traite tout pour viser le "tout vert" comme objectif, beaucoup de sites finiront par prétendre être des fournisseurs OAuth ou des serveurs MCP juste pour cocher la case. Donc mieux vaut dire honnêtement "non, ça je ne fais pas" que de faire semblant. Pour un blog perso, vous n'avez probablement pas besoin de l'API Catalog ni du serveur MCP. Pour un site e-commerce par contre, x402 et l'Agentic Commerce Protocol vont commencer à compter le jour où les agents paieront vraiment pour leurs utilisateurs.

Petit détail historique amusant, le robots.txt date de 1994 (j'avais 12 ans, j'étais à fond sur le PC mais pas encore sur le net) et le code HTTP 402 Payment Required existe depuis 1997 mais n'a jamais été massivement utilisé. Jusqu'au jour où Cloudflare et Coinbase se sont associés pour le ressusciter avec x402, en l'imaginant comme la couche de paiement entre humains, agents et services. On verra bien si leur mayonnaise va prendre...

Aujourd'hui l'adoption de tout cela est embryonnaire, mais rappelez-vous qu'en 2004 peu de monde aurait parié sur l'industrie SEO qu'on connaît aujourd'hui. Donc ça vaut le coup d'y jeter un œil maintenant.

Merci à Camille Roux pour le lien !

Source

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