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Kim Dotcom - Son extradition aux USA se rapproche

Le 20 janvier 2012, 76 policiers et deux hélicoptères débarquent sur le manoir de Coatesville, en Nouvelle-Zélande, pour coffrer un gros bonhomme allemand la veille de ses 38 ans. Ce bonhomme, c'est Kim Dotcom , le patron de Megaupload.

Et quatorze ans plus tard, la justice néo-zélandaise vient encore de lui claquer la porte au nez !

En effet, la Cour d'Appel de Nouvelle-Zélande a rejeté ce 1er juillet la totalité de ses recours contre son extradition vers les États-Unis. Tous ses arguments, balayés un par un et là, il ne lui reste plus qu'une seule cartouche à savoir la Cour suprême néo-zélandaise.

Vous vous demandez peut-être ce qu'on lui reproche exactement ?

Hé bien, aux États-Unis, Kim Dotcom traîne 12 chefs d'accusation sur les 13 du dossier initial, la charge de blanchiment ayant sauté en cours de route... Il est accusé de violation massive du copyright, de racket, de fraude électronique et j'en passe...

Le gouvernement américain parle de 175 millions de dollars de revenus criminels et de plus de 500 millions de préjudice pour les ayants droit. Et au bout du tunnel, une peine de 30 à 150 ans de prison fédérale pour lui. Donc autant dire la perpétuité.

Et c'est là que le dossier devient franchement bancal puisque ses 2 bras droits, Mathias Ortmann et Bram van der Kolk, ont plaidé coupable, eux, en Nouvelle-Zélande et ont obtenu chacun deux ans et demi de taule environ, purgés sur place. Mêmes accusations, même boîte, même raid pour Kim, sauf que lui a choisi de se battre bec et ongles. Du coup, pour punir une telle défiance, on lui promet un aller simple pour la Virginie et un demi-siècle derrière les barreaux.

Son avocat, Ron Mansfield, l'a pourtant martelé... soit on jugeait les trois en Nouvelle-Zélande, soit aucun et perso, je trouve que c'est difficile de lui donner tort sur ce point précis. Sauf que la Nouvelle-Zélande n'a pas de " forum bar ", une règle qu'on retrouve au Royaume-Uni, qui laisse un juge bloquer une extradition quand le pays aurait très bien pu organiser le procès lui-même.

Mais ça n'a pas d'importance. La réalité, c'est que la justice américaine a accepté de lâcher Ortmann et van der Kolk, mais pas Dotcom. Ils veulent sa tête car il est le visage de Megaupload et quelqu'un doit payer. Mais après tout ce temps, le bonhomme a vieilli, il a encaissé un AVC en cours de route, et vu défiler l'arrêt complet de ses sociétés, le gel de ses comptes aux quatre coins de la planète, avant finalement de relancer Mega le successeur de Megaupload en version "clean".

Alors est-ce que Dotcom est un enfant de chœur ?

Bien sûr que non.

Megaupload, c'était une belle pompe à fric qui carburait en partie au contenu piraté, tout le monde le sait. Mais j'avoue que le voir risquer 150 ans de prison alors que ses associés n'en ont pris que 30 mois, je trouve que ça manque un peu de dosage. Cette affaire sans fin ressemble plus à une vendetta que les studios d'Hollywood veulent obtenir qu'à de la justice.

Mais il lui reste la Cour suprême donc on verra bien. Encore quelques mois de sursis, peut-être un an ou deux... Force à lui.

Source : TorrentFreak

DNS4EU refuse de bloquer les sites pirates de la BREIN

DNS4EU dont je vous ai causé y'a pas longtemps, c'est le service de DNS co-financé par l'UE et opéré par une société tchèque nommée Whalebone. Et bizarrement, depuis des mois, cette société récupère auprès de l'organisation anti-piratage néerlandaise (la BREIN) des listes de sites pirates.

Du coup, les utilisateurs commencent à se poser des questions... Pourquoi faire ?

Et bien d'après les dernières nouvelles, ils ne s'en servent pas.

La BREIN envoie automatiquement sa liste contenant +300 sites bloqués vers DNS4EU comme ils le font déjà avec les FAI, et je pense qu'ils voyaient ça comme une bonne astuce pour bloquer un maximum de sites illégaux.

Mais pas de bol, Whalebone a fini par expliquer que comme la BREIN n'était pas une vraie autorité de régulation, bah y'avait aucune raison qu'ils utilisent leur liste pour faire du DNS filtrant. Hé ouiiii.

Vous allez voir la nuance... En fait dans le cadre de l'appel d'offre de la Commission européenne en 2022, il était demandé à ce que le prestataire filtre le contenu illégal "sur base légale", donc sur ordonnance d'un tribunal. Par exemple, ça a déjà été le cas avec la France, qui a ordonné par décision de justice de bloquer certains sites sur DNS4EU .

Mais cette liste de la BREIN s'appuie uniquement sur des décisions de justice obtenues CONTRE les FAI néerlandais et pas contre DNS4EU. Ah ils sont trop malins !

Après côté usage, ça reste un DNS classique avec cinq profils au choix, un qui bloque juste le malware et le phishing, un qui ajoute le blocage des pubs, un avec protection des enfants, la combinaison des deux, et un "unfiltered" sans le moindre filtre (86.54.11.100 si ça vous tente). Le filtrage, c'est vous qui choisissez, les blocages imposés par la justice mis à part.

Et sur les 63 millions de blocages décidés par DNS4EU lui-même, l'écrasante majorité c'est du phishing et des arnaques, pas du téléchargement. On est donc trèèèès loin de ces cinglés de flics du copyright. Pour l'instant en tout cas...

Je dis "pour l'instant" parce qu'actuellement, on est dans un contexte où la justice européenne serre la vis partout, avec par exemple la France qui ordonne aux VPN de filtrer ou encore l' Italie avec son Piracy Shield qui veut faire plier Cloudflare. Mais bon, pour le moment, ce DNS souverain a su dire qui dit "nee" (c'est comme ça qu'on dit "non" en néerlandais) à ces fifous d'ayants droit et pour ça, je les remercie.

Après, un DNS qui propose en option de bloquer ou non les pubs, ça ne me gêne pas une seconde. Mais si un jour c'est pour faire du DNS menteur histoire de faire plaisir aux ayants droit, là ce sera boycott direct pour moi. Bref, je surveille ça de près et je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

Source

eMule - Le grand retour de l'âne du P2P

eMule ? Sérieusement ?

Hé bien oui les amis, le célèbre mulet du P2P n'est pas encore mort de sa belle mort et en ce moment y'a un petit revival de cette bestiole du début des années 2000. C'est logique car les abonnements de streaming se fragmentent de plus en plus et coûtent un bras, les forums de torrents ferment les uns derrière les autres, alors c'est tout naturellement que certains dinosaures du partage de fichiers s'offrent un petit lifting.

Prenez aMule , le célèbre clone multiplateforme d'eMule. Hé bien le projet vient de sortir en version 3.0.0 après 5 ans de silence radio. Et c'est pas une petite mise à jour esthétique puisque les développeurs ont réécrit entre autres toute la gestion des entrées/sorties sur le disque pour sortir ça du thread principal. Résultat, sur un Mac Studio Apple Silicon, le débit de téléchargement P2P explose !

Côté Windows, le client d'origine bouge encore lui aussi, puisque la communauté maintient le navire avec des versions comme eMule 0.70b Community et prépare la suite avec la bêta 0.72a. Ces moutures corrigent la compatibilité avec Windows 11, intègrent TLS 1.3 pour l'interface d'administration et supportent l'architecture ARM64. J'ai testé, ça trace mais la vraie nouveauté qui va vous plaire les fans d'eMule, c'est Mularr .

Ce projet open-source qui s'installe via Docker permet de "supercharger" le mulet. Ça permet d'avoir une interface web responsive au look nostalgique très Windows XP (ou Windows 11 pour les p'tits jeunes), tout en proposant des APIs compatibles qBittorrent et des indexeurs Torznab. Du coup, vous pouvez connecter l'âne directement à vos outils d'automatisation comme Sonarr ou Radarr. Il gère même les notifications de fin de téléchargement via Telegram et s'intègre avec le VPN Gluetun. C'est la classe à Arras comme disent les ch'ti.

Je sens que j'ai touché votre corde sensible avec tout ça. Je vous rassure, à moi aussi parce j'ai commencé ce blog justement parce que j'étais à fond dans le milieu du P2P à l'époque.

Alors si vous voulez relancer la machine (les nostalgiques apprécieront également macMule ), quelques règles de sécurité s'imposent.

Tout d'abord, les listes de serveurs par défaut sont souvent blindées de mouchards et de faux serveurs malveillants qui vous balancent des contenus bourrés de virus. Pensez donc à nettoyer tout ça et à récupérer un fichier de serveurs server.met propre chez emule-security.org ou peerates.net . Activez aussi Kademlia, le fameux réseau décentralisé Kad, pour vous passer de serveurs centralisés. Ah et puis gaffe à Hadopi hein... lol, ça va, j'rigole !

Et même après tout ce temps, la règle d'or reste la même : ne lancez jamais un fichier suspect de 700 Mo qui prétend être un film mais se termine par une extension d'exécutable genre un bon vieux .exe ou .scr, hein ^^. Pensez aussi à configurer un IP filter (comme celui d'emule-security ) pour bloquer les serveurs hostiles et tout ira bien.

Voilà, si vous cherchiez des fichiers rares introuvables sur Torrent, c'est le moment de relancer l'âne car au pire, vous choperez de vieux fichiers nostalgiques et au mieux, vous monterez une Seedbox de l'espace.

Amusez-vous bien et bon courage avec votre Low-ID ^^.

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