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Un air hockey miniature en lévitation ultrasonique ? Pourquoi pas !

Sur Hackaday, un maker a publié une variante rigolote de lévitation acoustique : un mini terrain d'air hockey où les palets flottent au-dessus du sol grâce à des ondes ultrasonores.

Le truc fun ça n'est pas la lévitation en elle-même, technique connue depuis longtemps et déjà couverte sur le site, mais la manière dont elle est mise en œuvre pour éviter les zones mortes habituelles qui rendent ce genre de dispositif statique.

Le principe classique de la lévitation ultrasonique utilise un ou plusieurs transducteurs qui créent une onde stationnaire, et les petits objets restent piégés dans les nœuds de cette onde. Le souci, quand on veut faire bouger l'objet horizontalement, c'est que les nœuds sont fixes : les palets se collent aux lignes nodales et restent bloqués là.

La solution adoptée par le maker est rigolote : deux transducteurs placés à chaque extrémité du terrain, pilotés en opposition de phase. La superposition des deux ondes crée un champ stationnaire, mais avec des nœuds mobiles qui se redistribuent quand on module la phase relative. Du coup, les palets glissent à peu près librement sur la surface au lieu de rester scotchés à une ligne.

En vrai, le terrain est minuscule. Tellement minuscule que les joueurs doivent utiliser des cure-dents pour pousser les palets. Mais ça marche. Les palets flottent à quelques millimètres au-dessus de la surface, sans contact, et ne s'accrochent plus aux nœuds. Pour un projet maker faisable en weekend avec quelques transducteurs ultrason commandés sur AliExpress, c'est un beau résultat.

L'intérêt du projet n'est pas dans le jeu en lui-même, qui reste anecdotique. C'est dans la démonstration d'une technique de manipulation acoustique sans rail ni guide mécanique, qui pourrait s'appliquer à d'autres usages : déplacement de petites pièces dans un assemblage sans pinces qui les abîment, manipulation de gouttes de liquide en chimie analytique, ou positionnement précis dans des environnements stériles. L'air hockey est juste le prototype rigolo.

Source : Hackaday

Pedro de Ayala - Sa lettre chiffrée de 1498 enfin décodée

Adrian William Jaime, Valeria Tapia Cruz et Mairi Cowan, 3 chercheurs de l'Université de Toronto, viennent de boucler le déchiffrement complet d'une lettre que personne n'avait jamais réussi à lire en entier depuis sa redécouverte en 1860. C'est Bruce Schneier qui relaye l'info sur son blog , et c'est pil poil une histoire qui prouve que l'infosec ne date pas d'hier.

La lettre fait 11 pages, elle a été écrite à Londres le 25 juillet 1498 par Pedro de Ayala, un noble de Tolède en mission diplomatique en Angleterre pour le compte de Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille.

Pour empêcher les rivaux de la lire si jamais elle se faisait intercepter en chemin, Ayala a alors chiffré une partie du texte avec un système de symboles maison où, vice ultime du gars, plusieurs symboles différents pouvaient représenter la même lettre.

Première page de la lettre

Par conséquent, la table de fréquences classique, celle qui marche sur les chiffres mono-alphabétiques basiques, ne donnait donc rien de propre. Voilà pourquoi la chose a tenu 165 ans face à des historiens qui s'y cassaient les dents les uns après les autres.

Mais notre petite équipe de Toronto a fini par reconstruire la clé entière, symbole par symbole, et a publié la transcription complète dans Renaissance Studies en libre accès.

Et faut dire qu'une fois le texte en clair, le contenu vaut largement le travail !

En effet, Pedro de Ayala fait à ses souverains un brief politique cash sur l'état de la Grande-Bretagne. Sur Jacques IV d'Écosse, il balance que le mec parle latin, français, allemand, flamand, italien, espagnol et probablement gaélique, qu'il décrit comme « une langue que les sauvages parlent dans une certaine partie de son royaume ». Charmant.

Sur les Écossaises, c'est encore mieux : « Les femmes sont très courtoises à l'extrême. Je dis cela parce qu'elles sont très audacieuses. Elles sont les gouvernantes absolues de leurs maisons. »

Et sur Henri VII d'Angleterre, l'envoyé espagnol ne mâche pas ses mots : « Il n'est pas aimé du tout, la reine en revanche est beaucoup aimée parce qu'elle peut faire peu. ». Avec ce qu'il balance, je comprends que ce diplomate ait bien bossé son chiffrement.

Pedro, à fond dans le chiffrement !

Le bonus historique, c'est que la lettre confirme aussi le voyage transatlantique de Jean Cabot l'année précédente, avec une remarque assez piquante adressée à Ferdinand et Isabelle : « ce qu'ils ont trouvé ou cherchent est ce que Vos Altesses possèdent. » Traduction polie : les Anglais sont en train de venir mettre les pieds dans votre pré carré américain.

La lettre originale, numérisée, est consultable directement dans les archives espagnoles si vous voulez voir à quoi ressemble du chiffrement diplomatique fait main au XVe siècle.

Le truc qui me fait marrer dans cette affaire, c'est de réaliser que les principes du chiffrement par homophones, le fait d'utiliser plusieurs symboles pour la même lettre afin d'aplatir la fréquence d'apparition, ce sont exactement les bases sur lesquelles ont été pensées plus tard les machines comme Enigma.

Pedro de Ayala, en 1498, faisait déjà sans le savoir un peu de cryptanalyse-resistant design. Et 5 siècles plus tard, il aura fallu trois universitaires et probablement des outils informatique que lui n'aurait jamais pu imaginer pour casser sa petite combine.

Trop fort Pedro !!

Source : Medievalists.net

Un amateur résout un problème d'Erdős vieux de 60 ans avec un seul prompt GPT-5.4

Liam Price, 23 ans, mathématicien amateur sans formation avancée, a résolu un problème d'Erdős resté ouvert depuis 60 ans en posant la question à GPT-5.4 Pro un lundi après-midi en avril.

Le modèle a tourné 80 minutes pour produire une preuve qui passe la validation du médaillé Fields Terence Tao. C'est ce que rapporte Joseph Howlett dans Scientific American.

Le problème en question, c'est l'Erdős #1196, posé par le mathématicien hongrois en 1965. L'IA n'a pas tout cassé en force brute. Elle a utilisé la fonction de von Mangoldt, un outil bien connu en théorie des nombres, mais que personne n'avait pensé à appliquer à ce type de question depuis 90 ans.

Tao parle d'une connexion jusqu'ici non décrite entre l'anatomie des entiers et la théorie des processus de Markov. En clair, l'IA a fait un pont entre deux branches mathématiques que les humains avaient laissé séparées.

La méthode est assez simple. Price a copié le problème dans une fenêtre ChatGPT, lancé GPT-5.4 Pro en mode raisonnement, et attendu. Pas de papier brouillon, pas d'allers-retours avec un professeur, pas de café à minuit avec des collègues. Un prompt, une réponse, et un objet mathématique sur lequel des experts du monde entier auront ensuite à se pencher pour valider chaque ligne.

Maintenant il faut savoir que la sortie brute de l'IA était plutôt confuse. Tao et Jared Lichtman, mathématicien à Oxford, ont dû relire, simplifier et reformuler la preuve pour qu'elle devienne lisible.

Sans expert humain pour décanter le résultat, le prompt seul n'aurait probablement pas convaincu une revue scientifique. L'IA a vu la bonne idée, mais pas vraiment su l'expliquer proprement.

Tao reste prudent. Il rappelle que le problème n'était pas le plus dur du livre des Erdős, et que l'IA a surtout gagné en vitesse, pas forcément en profondeur.

Lichtman, lui, parle du premier résultat IA au niveau du livre des Erdős, ce qui reste une marche assez impressionnante. Côté Liam Price, le jeune homme va probablement ajouter une ligne assez folle à son CV. Et le débat sur ce que ça veut dire pour la recherche en mathématiques pures, lui, est désormais lancé pour de bon.

Source : Scientific American

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