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SB-mini-II - Il reconstruit un Apple II Plus de zéro

L'Apple II, ce vieux bouzin de 1977, n'a jamais eu le moindre secret pour personne. C'est d'autant plus vrai qu'Apple livrait carrément les schémas électronique de sa machine dans le manuel d'origine et à l'époque, des bouquins entier décortiquant chaque circuit étaient vendus dans le commerce.

C'était fou et ça a bien changé depuis ! Mais surtout c'est grâce à ça que Simon Boak s'est dit qu'il pouvait en refaire un de zéro !

Son projet s'appelle le SB-mini-II , et c'est un clone maison de l'Apple II Plus assemblé avec des puces qu'on trouve encore aujourd'hui. Le 65C02 (la version CMOS du fameux 6502) tourne à 1,024 MHz, à un cheveu de l'original qui carburait à 1,023 MHz et au lieu de la DRAM capricieuse d'époque, il lui a collé de la SRAM statique (48 Ko sur une puce et demie de 32 Ko, le surplus part à la poubelle, tant pis).

Et pour atteindre les 64 Ko complets, il enfiche à l'intérieur une carte Saturn 128K dans le slot 0, comme ça c'est réglé.

Mais le plus gros morceau, ça a été la vidéo. Boak a viré toute la "circuiterie" composite de l'Apple II, un vrai sac de nœuds bien connu des anciens, pour la remplacer par une carte Apple II VGA (un projet open source de markadev).

Celui lui a permis d'obtenir une image VGA bien nette sur un écran moderne. Autrement, sans cette carte, y'aurait rien eu à l'écran, malheureusmeent.

Et le clavier suit le même mouvement grâce à un Raspberry Pi Pico qui lui sert d'interface entre un clavier USB et la machine, en générant les mêmes signaux parallèles que le clavier ASCII d'origine. Bonus, Control + Print Screen redémarre le CPU comme aux temps jadis ! Et comme le Pico crache du 3,3V, il cause directement avec la logique 74HC en CMOS, sans le moindre convertisseur de niveau.

Côté fabrication, c'est son premier PCB en 4 couches, avec des plans internes dédiés à l'alimentation. Une entrée 12V passe par un régulateur Pololu pour sortir du 5V, et le tout rentre dans un boîtier imprimé en 3D, vaguement inspiré du vieux disque dur ProFile d'Apple. Les fichiers (schémas, nomenclature, CAO) sont sur GitHub sous licence MIT, si jamais vous voulez vous lancer.

Et ça tourne pour de vrai !! Boak a même posté une capture d'un vrai logiciel Apple II qui démarre dessus.

Je suis nul en soudure, mais si je savais souder, ça me donnerait envie de m'y coller, je pense. D'ailleurs, si le rétro vous chatouille, allez voir aussi ce malade qui fait tourner MS-DOS sur un Apple IIe , ou ce Pico qui émule un Z80 .

Bref, le SB-mini-II, c'est par ici, et c'est entièrement libre.

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GBCYouTube - YouTube en direct sur une Game Boy Color

Un bidouilleur du nom de Throaty Mumbo a décidé de s'attaquer à la Game Boy Color (sortie en 1998, ça ne nous rajeunit pas) pour y faire tourner YouTube ! Et du vrai YouTube hein, en streaming, sur 160x144 pixels. Ça s'appelle GBCYoutube et je vous explique tout en détail...

Ce qu'il a fait en fait, c'est se bricoler une cartouche maison avec dedans, un microcontrôleur RP2350B (le cerveau du Raspberry Pi Pico 2) qui fait tourner le lecteur, et une puce ESP32-C6 qui sert juste de pont WiFi. Vous tapez le titre d'une vidéo sur un clavier affiché à l'écran, la console balance l'info à votre PC, et là yt-dlp récupère la vidéo pendant que ffmpeg l'encode à la volée. Les images repartent ensuite par WiFi vers la cartouche qui les pousse à l'écran en flux continu, sans avoir besoin de stocker quoi que ce soit. Je vous laisse mater la vidéo, c'est impressionnant :

Côté rendu, vous avez le choix entre deux modes. Le premier c'est pour avoir du full screen (160x144 à 30 fps, c'est Las Vegas babyyy) et le second monte en couleurs mais tombe à 5 fps, donc forcément, ça ressemble plus à un diaporama qu'à une vidéo. Le son ne passe même pas par le haut-parleur d'origine. Throaty a glissé, pour cela, un petit haut-parleur dédié dans la cartouche, piloté par le RP2350B "pour libérer les cycles CPU de la Game Boy".

Puis comme le son est souvent désynchronisé avec l'image, c'est pas ouf non plus. Mais pour la beauté du geste, je salue !

Et c'est pas la première tentative, vous vous en doutez. Chromalock streamait déjà de la vidéo sur la même console, sauf que ça passait par le câble link, un goulot d'étranglement à 512 kHz qui plafonne vite. Alors que là, on passe au WiFi et à une vraie appli YouTube, avec recherche embarquée et tout le tralala.

Throaty Mumbo n'est pas un inconnu sur la scène, puisque c'est aussi le mec qui a porté Windows CE sur une Nintendo 64 et qui a fait lire des DVD à une Dreamcast . Un spécialiste des trucs aussi débiles qu'impressionnants, dans la lignée du LLM le plus lent du monde qui tourne sur une Game Boy Color ou de ces vraies Game Boy qu'on fait jouer en ligne .

Et surtout pas besoin de charcuter votre console pour reproduire le truc, puisque la cartouche passe par le port standard, donc un modèle d'origine suffit.

Le code est par ici si l'envie vous prend de vous lancer.

Source : Hackaday

GB-Link USB - Faites jouer vos vraies Game Boy en ligne

Le bidouilleur Starlarkus vient de sortir son nouveau projet, le GB-Link USB V2 qui n'est ni plus ni moins qu'un petit adaptateur permettant de brancher une VRAIE Game Boy sur le net.

Le truc se fait passer pour un câble link tout ce qu'il y a de plus normal, et la console n'y voit que du feu. D'un côté y'a le port link de la Game Boy, de l'autre un port USB-C que vous branchez sur un ordi ou un smartphone Android. Et là, tout passe ensuite par le navigateur en WebUSB. Vous ouvrez une page web et vous pouvez retrouver un autre joueur et enfin échanger des Pokemon comme en 1999 ou vous mettre sur la gueule avec un Tetris, tout ça à distance.

C'est magique ! Sous la coque en plastique de l'appareil, on retrouve surtout un PCB maison monté sur une puce RP2040 (la même puce que dans le Raspberry Pico) et ça cause avec la Game Boy, la Game Boy Color et la Game Boy Advance, et même avec les clones FPGA modernes .

Côté jeux, ça va de Dr. Mario à Advance Wars en passant par tous les Pokémon de la première à la troisième génération.

Le firmware, le client web et le launcher sont tous open source et le GB-Link USB V2 en lui-même sera bientôt dispo dans un crowdfunding .

Si vous avez encore une Game Boy qui prend la poussière dans un tiroir, c'est peut-être donc le moment de lui offrir une seconde vie connectée !

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Rpilocator ferme - Adieu au traqueur de stock Raspberry Pi

Putain, j'sais pas si vous vous souvenez de cette galère que c'était de mettre la main sur un Raspberry Pi neuf y'a pas si longtemps. Et triste nouvelle, le site qui nous a tous sauvés pendant cette galère, rpilocator.com , fermera ses portes en juillet. Apparemment, faire tourner ce service est devenu trop galère pour André Costa son créateur.

Mais avant de vous expliquer tout ça, petit rappel pour ceux qui ont la mémoire courte. Entre 2021 et 2022, à cause d'une pénurie mondiale de composants électroniques, il était devenu quasiment impossible de trouver un Rpi à un prix "normal". Pourtant il y avait régulièrement des réassorts mais dès que des Rpi revenaient sur les sites e-commerce, les stocks fondaient comme neige sur le soleil (ouais je suis le champion de la métaphore). Alors André ça a commencé à lui courir sur le haricot. Du coup, il a codé pour lui en quelques jours un petit outil pour surveiller les stocks de Rpi, et a réussi à choper un Pi Zero 2 W en deux jours. Le concept étant validé, il a finalement rendu le site public quelques jours plus tard.

Ah et fun fact : Le site est hébergé sur un Raspberry Pi.

Le tweet d'époque qui m'avait incité à creuser et permis de tomber sur rpilocator

Sur Rpilocator, vous filtrez par modèle ou par région, vous activez une alerte sonore ou un flux RSS, et vous savez où acheter avant que tout reparte, puisque le service scanne en temps réel les stocks avec les modèles, les prix et les revendeurs PARTOUT dans le monde. C'est ouf hein ?

Et le succès est au rendez-vous puisque environ 11 000 personnes s'en servent encore chaque mois. Bref, un super outil pour tous les galériens du Rpi, comme je l'écrivais déjà ici en 2022.

Mais bon, la fête est finie comme dirait Orel car le bot de Rpilocator se fait maintenant bloquer de partout par les sites revendeurs. Il s'est donc lancé dans une espèce de lutte sans fin en bricolant des contournements pour son scraping, déjoués à leur tour et ainsi de suite...

Alors aujourd'hui, le bonhomme en a marre car c'est devenu trop pénible à maintenir et honnêtement, je le comprends.

Puis surtout, la pénurie est finie. Raspberry Pi gère très bien ses stocks, donc le problème aujourd'hui n'est plus de dénicher un Pi mais de le payer sans se ruiner. On a tous envie de faire tourner un Home Assistant ou émuler des processeurs mythiques dessus mais c'est devenu un peu trop cher pour ce que c'est... C'est dommage.

Adios Rpilocator, on t'aimait bien... Ta mission est accomplie, repose en paix !

Merci André, et bon vent.

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CrankGPT : l'IA à manivelle qui se mérite à la force des bras

CrankGPT vous connaissez ? Elle fait tourner un assistant vocal complet, reconnaissance de la voix comprise, sans prise murale, sans batterie et sans serveur distant, et pour l'alimenter vous tournez une manivelle dont la résistance grimpe quand le modèle réfléchit.

Derrière, deux anciens de Google. Katrin Tomanek, informaticienne, et Alex Kauffmann, passé par le laboratoire ATAP, la division des projets un peu fous. Ils ont monté Squeez Labs ensemble.

Leur conviction tient en une phrase : des modèles d'IA minuscules, privés et spécialisés suffisent pour une bonne partie de nos usages, sans datacenter ni abonnement, à condition d'accepter du matériel modeste.

Le matériel en question ne paie vraiment pas de mine. Un Raspberry Pi 5 avec 8 Go de mémoire, ce petit ordinateur à 80 euros qu'on colle un peu partout. Un chargeur USB à manivelle de 20 watts, vendu comme matériel de survie. Et une carte de condensateurs maison qui garde 20 secondes de réserve, histoire que rien ne s'éteigne quand vos bras lâchent.

Côté logiciel, tout tourne sur le processeur du Pi, sans puce d'accélération. Moonshine transcrit votre voix. Piper répond avec la sienne. Entre les deux, un modèle de langage Liquid LFM2 de 1,2 milliard de paramètres, la même famille d'outils que ChatGPT en version lilliputienne, fabrique les réponses, et un Gemma 3 de Google s'occupe au passage de la traduction.

Le Linux embarqué, un DietPi taillé au plus court, démarre en 3 secondes. Il faut 30 secondes entre le premier tour de manivelle et la conversation. Ensuite, chaque réponse demande entre 0,8 et 2,9 secondes selon le modèle chargé.

Au repos, la machine tire 4 watts. 8 pendant la reconnaissance vocale. 15 quand le texte sort. Un cycliste entraîné tient 120 watts avec les jambes, et vous n'aurez que les biceps. Bon courage.

Le plus chouette : la résistance de la manivelle varie avec la charge de calcul, et quand l'IA réfléchit c'est physiquement plus dur à tourner. Kauffmann raconte qu'on sent littéralement l'inférence, ce moment où le modèle fabrique sa réponse. Le même résume d'ailleurs sa philosophie d'une formule : demander à Claude d'additionner deux nombres, c'est écraser une mouche avec une boule de démolition.

Squeez vise des usages très concrets. La reconnaissance vocale des personnes avec un accent prononcé. Une IA de jardinage ou de mécanique qui n'a quand même pas besoin d'un centre de données entier.

Le prototype coûte environ 300 dollars de matériel, contre 150 pour la toute première version. Les plans et schémas doivent être publiés prochainement, et l'agent vocal est déjà disponible sur GitHub si vous voulez bricoler le vôtre.

Si vous voulez mon avis, une IA qui fait transpirer à chaque question est le meilleur cours d'éducation énergétique jamais inventé.

Source : The Register

Il s'est construit une station de radio FM sur mesure avec six scripts bash

Une radio FM posée dans la cuisine, qui diffuse 24 heures sur 24 un programme fabriqué sur mesure, sans application, sans écran et sans abonnement : voilà le projet d'un bricoleur connu sous le pseudo Trwmato.

Tout tient sur un Raspberry Pi Zero, ce mini ordinateur de la taille d'une carte de crédit vendu une quinzaine d'euros, piloté par six scripts bash.

L'idée de départ relève presque de l'hygiène de vie numérique. Trwmato passait trop de temps sur son téléphone et voulait retrouver l'écoute passive de la bonne vieille radio, sauf que voilà, la programmation des stations classiques ne l'intéressait pas des masses. Du coup, il s'est fabriqué la sienne.

La recette matérielle tient en trois objets. Le fameux Raspberry Pi Zero, un petit émetteur FM Bluetooth en 12 volts à une dizaine d'euros, le même genre de gadget qu'on branche dans une voiture pour écouter son téléphone sur l'autoradio, et n'importe quel poste de radio FM du commerce pour recevoir le tout.

Côté logiciel, la colonne vertébrale s'appelle podget, un outil en ligne de commande qui télécharge automatiquement les podcasts et les bulletins d'info depuis leurs flux RSS, le format qui permet de s'abonner aux publications d'un site. Les scripts bash, des petits programmes qu'on écrit pour le terminal Linux, orchestrent ensuite la lecture avec VLC avant d'envoyer le son en Bluetooth vers l'émetteur.

C'est dans la fabrication de la playlist que le projet est vraiment bien pensé. Le script make_playlist.sh assemble des blocs configurables qui mélangent podcasts, infos, musique locale, jingles et petites surprises cachées, en privilégiant le contenu frais et en espaçant les rediffusions pour éviter la lassitude.

Les émissions quotidiennes et hebdomadaires ont d'ailleurs chacune leurs règles de conservation, avec des quotas d'épisodes par flux histoire que la carte SD ne déborde jamais.

Trwmato a même prévu un script de secours qui retélécharge avec curl les épisodes que podget n'arrive pas à récupérer, un souci qu'il rencontre apparemment avec certains flux de la BBC. L'ensemble démarre tout seul à l'allumage grâce à systemd, le gestionnaire de services de Linux, et s'organise dans une arborescence de douze sous-dossiers bien rangés.

Tout n'est pas parfait. La configuration du Bluetooth sur le Pi a été la partie la plus pénible du chantier de son propre aveu, et certains podcasts publient leurs fichiers sous des noms génériques du genre media.mp3, ce qui glisse quelques doublons dans la rotation.

Pas d'inquiétude côté légalité : l'émetteur utilisé porte à quelques mètres, comme ceux des voitures, on est donc très loin de la radio pirate qui arrose tout le quartier.

Le projet complet est publié sur GitHub sous le nom pi-fm-kitchen-radio, avec les six scripts, les fichiers de configuration et un guide d'installation qui liste les dépendances : podget, VLC, bluealsa pour l'audio Bluetooth et même Samba, qui permet de déposer sa musique depuis un autre ordinateur de la maison.

Bref, troquer le smartphone contre une radio de cuisine pilotée en bash, c'est complètement à contre-courant, et c'est exactement pour ça que ça donne envie.

Source : Hackaday

Il transforme un microcontrôleur à 8 euros en routeur WiFi-Ethernet, sans la moindre puce réseau

Difficile de faire plus minimaliste comme routeur. Celui que vient de bricoler Matt Deeds tient sur un Raspberry Pi Pico 2W, ce microcontrôleur grand comme une clé USB que l'on trouve pour une poignée d'euros, et il assure pourtant le pont entre un réseau WiFi et une bonne vieille prise Ethernet.

Le WiFi, le Pico 2W le gère nativement grâce à sa puce sans fil intégrée, donc rien d'extraordinaire de ce côté-là. Toute la malice se niche dans la partie filaire.

Car pour parler Ethernet, un appareil a normalement besoin d'un composant spécialisé, du type W5500, un petit circuit qui prend en charge l'intégralité du protocole réseau sans solliciter le processeur. Matt Deeds, lui, s'en passe complètement.

À la place, il génère du 10BASE-T, la toute première norme d'Ethernet sur paire torsadée, celle qui faisait tourner les réseaux d'entreprise à 10 mégabits par seconde au milieu des années 90. Et il la produit entièrement en bit-bang.

Le bit-banging consiste à fabriquer un signal électrique à la main, en faisant commuter les broches du microcontrôleur des centaines de milliers de fois par seconde pour dessiner la forme d'onde attendue, là où un vrai contrôleur Ethernet ferait tout le travail seul dans son coin.

Résultat, il ne reste presque rien autour de la carte. Un petit transformateur de signal pour isoler la ligne, un connecteur réseau, et c'est à peu près tout.

Le code, lui, est écrit en Rust, le langage que l'industrie adore pour la sûreté de sa gestion mémoire, et il reprend en partie le code d'un projet antérieur dont il constitue un portage.

Il ne faut évidemment pas en attendre des miracles de débit. La réception plafonne autour de 100 ko par seconde, l'émission grimpe jusqu'à un mégaoctet par seconde, et cette asymétrie un brin cocasse rappelle qu'on reste sur une démonstration, pas sur un produit fini.

On est donc à des années-lumière de la box du salon. Mais ce n'est pas le but.

Le but, c'est de montrer qu'on peut arracher une fonction réseau complète à une puce qui coûte le prix d'un sandwich, avec quelques lignes de code et deux composants soudés à la va-vite. Le tout est publié sur GitHub , pour qui veut remettre le nez dans le cambouis.

Bref, ça ne détrônera jamais votre routeur, mais voir un microcontrôleur cracher de l'Ethernet à la seule force du logiciel, c'est franchement impressionnant.

Source : Hackaday

Il projette au plafond, en temps réel, tous les avions qui passent au-dessus de sa maison

Un développeur qui se fait appeler cpaczek a eu une idée un peu folle, celle de transformer le plafond de son salon en fenêtre sur le ciel. Son projet, baptisé Skylight, affiche en temps réel chaque avion qui passe réellement au-dessus de chez lui, à l'endroit exact où il se trouve dans le ciel.

Tout part de l'ADS-B (Automatic Dependent Surveillance-Broadcast), la norme par laquelle les avions diffusent en continu leur position, leur altitude et leur identité depuis un transpondeur embarqué, des signaux que n'importe qui peut capter chez soi.

Et le matériel, justement, tient en trois pièces. Une clé radio USB à une trentaine d'euros, la RTL-SDR Blog V4, attrape les signaux. Un Raspberry Pi 5 (un petit ordinateur de la taille d'une carte bancaire, qu'on ne vous présente plus) les décode. Un vidéoprojecteur à ultra-courte focale, braqué vers le plafond, affiche le résultat.

Résultat au plafond, les avions glissent à soixante images par seconde, chacun coiffé d'une icône qui change selon le modèle d'appareil et flanqué de son code de vol, de sa destination et de sa trajectoire complète vers la piste visée. On dirait des rayons X braqués sur le toit. C'est hypnotique.

Mais Skylight va plus loin que les seuls avions. Derrière chaque appareil, le logiciel reconstitue le ciel réel de l'instant, avec le soleil, la lune et sa phase du jour, les étoiles brillantes et les constellations dessinées à leur position véritable pour vos coordonnées et l'heure qu'il est. Les satellites aussi. La Station spatiale internationale traverse le plafond au moment précis où elle vous survole pour de vrai.

Et tout ça reste abordable. Comptez moins de quatre cents dollars pour l'installation complète, sans forcément investir dans un projecteur laser, puisqu'un simple modèle LED 1080p suffit dès lors que la pièce est sombre.

Le projet est libre, sous licence MIT, code ouvert sur GitHub . Sous le capot s'empilent dump1090-fa de FlightAware pour décoder les ondes captées, la base adsbdb pour retrouver la destination de chaque vol et les éphémérides de Celestrak pour les satellites, le tout affiché par une interface en TypeScript et React que vous pilotez depuis un téléphone connecté au même réseau. La portée par défaut tourne autour de cinq kilomètres.

Franchement, voir défiler au-dessus de soi les avions qu'on entend sans jamais les voir, c'est le genre de projet inutile et magnifique que j'adore.

Source : Tom's Hardware , Reddit

Il a transformé sa radio CB en station pilotable depuis un navigateur web

Un bidouilleur connu sous le pseudo ThatCrazyDcGuy a réussi à rendre sa radio CB entièrement pilotable depuis une simple page web, et la prouesse tient surtout à ce qu'il y soit parvenu sans pratiquement ouvrir l'appareil ni modifier le moindre composant d'origine de la machine.

L'engin en question est une Albrecht AE-5900 Mini SSB, une petite radio européenne de la fameuse Citizens Band, cette bande publique située autour de 27 MHz que les routiers et les passionnés utilisent depuis des décennies pour discuter librement, sans licence ni abonnement, et que ce modèle exploite jusqu'à 12 watts en mode SSB tout en affichant la fréquence et le niveau de signal sur un écran couleur.

Le point de départ du projet repose sur une particularité assez sympa du boîtier, puisque l'AE-5900 a la bonne idée de pouvoir être entièrement commandé depuis son micro d'origine, le AMM-500, lequel dialogue avec la radio en lui transmettant des codes en hexadécimal sur une banale liaison série, exactement comme deux puces qui s'échangeraient des instructions.

Plutôt que de toucher au circuit, ThatCrazyDcGuy s'est donc inséré pile au milieu de cette conversation entre le micro et la radio, en concevant un montage qui se fait passer pour le AMM-500 et rejoue les bonnes commandes au bon moment, si bien que l'électronique d'origine ne se rend compte de rien et continue d'obéir comme si tout était normal.

Côté matériel, l'ensemble reste étonnamment sobre, puisqu'un adaptateur FTDI, cette petite puce chargée de traduire l'USB en liaison série, gère toute la partie contrôle pendant qu'une carte son USB équipée de transformateurs d'isolation s'occupe de l'audio, le tout étant regroupé derrière un connecteur RJ45 et soudé sur une plaque à pastilles glissée dans un boîtier minuscule.

Le rôle de cerveau revient quant à lui à un Raspberry Pi, ce mini-ordinateur grand comme une carte bancaire, sur lequel tourne un script écrit en Python et reposant sur le framework Flask, qui se charge à lui seul de générer l'intégralité de l'interface web consultée par l'utilisateur.

Cette interface n'a d'ailleurs rien d'un gadget puisqu'elle expose le bouton PTT (le push-to-talk, c'est-à-dire la pédale qu'on presse pour parler), le déclenchement à la voix, le balayage des canaux à vitesse réglable, ainsi que le squelch, le clarifier et le réglage du volume du micro, alors que la voix elle-même transite par Mumble, un logiciel de voix sur IP capable de transporter le son en temps réel, ce qu'une page web seule serait bien incapable de faire.

Le système prévoit même un garde-fou plutôt rassurant, car en cas de coupure de la connexion un coupe-circuit interrompt automatiquement l'émission au bout de trente secondes, histoire d'éviter qu'une radio reste bloquée à émettre toute seule dans le vide pendant des heures sans que personne ne s'en aperçoive.

Pour piloter le poste depuis l'autre bout du pays et plus seulement sur le réseau local de la maison, le projet s'appuie enfin sur Tailscale, un outil qui tisse un réseau privé chiffré entre les différentes machines sans qu'on ait à reconfigurer sa box (que j'utilise d'ailleurs au quotidien), l'ensemble du code est disponible publiquement sur GitHub sous le nom AE5900_Remote_V2.

Ce qui est sympa dans cette réalisation, c'est justement qu'elle ne charcute rien du tout, sans conversion de bande hasardeuse ni fer à souder plongé dans les entrailles de l'émetteur, l'auteur se contentant de parler le même langage que le micro pour, dit-il, redonner un peu d'attrait à une CB que le smartphone a depuis longtemps reléguée au placard.

Franchement, piloter une radio de l'âge des routiers depuis un onglet de navigateur, c'est quand même bien rigolo.

Source : Hackaday , GitHub

Des mathématiciens ont calculé Pi avec des monstres de Minecraft, sans écrire une seule ligne de code

Molly Lynch, de l'université Hollins, et Michael Weselcouch, du Roanoke College, deux profs de maths américains, ont eu une idée que personne n'avait osé tenter : estimer la valeur de Pi en lâchant des monstres dans Minecraft, sans programmer quoi que ce soit, juste en exploitant les règles du jeu.

Tout part d'une vieille technique de probabilités appelée méthode de Monte-Carlo, qu'on surnomme aussi la méthode des fléchettes. Imaginez un carré avec un cercle dessiné dedans, qui touche les bords. Vous lancez des fléchettes au hasard sur le carré. La proportion de fléchettes qui tombent dans le cercle, comparée au total, vaut environ Pi divisé par quatre. Vous multipliez par quatre, et vous obtenez une approximation de Pi.

Sauf qu'ici, pas de fléchettes. Les fléchettes, ce sont les slimes, ces créatures cubiques et gélatineuses de Minecraft qui se baladent au hasard, même quand aucun joueur ne les regarde.

Le duo a construit un cercle avec des blocs rouges, d'un rayon de 11 blocs, le tout enfermé dans un carré de blocs bleus. Au sol, des entonnoirs (des "hoppers" dans le jeu) récupèrent automatiquement tout ce qui tombe.

Ensuite, il a fallu un bourreau. Ce rôle revient aux zoglins, des bestioles programmées pour attaquer les slimes à vue. Chaque fois qu'un zoglin tue un slime à l'intérieur du cercle rouge, l'objet lâché par la victime atterrit dans les entonnoirs.

Il suffit alors de comparer le nombre d'objets récoltés dans le cercle au nombre total d'objets récoltés partout. Ce rapport, multiplié par quatre, donne Pi. Les monstres font tout le boulot, et le hasard de leurs déplacements remplace le générateur aléatoire d'un ordinateur.

Sur un essai, 619 slimes ont été tués, dont 508 à l'intérieur du cercle. Quatre fois 508 sur 619, ça donne environ 3,283. La vraie valeur de Pi tourne autour de 3,14159, donc on est encore loin du compte.

Mais c'est normal. La méthode de Monte-Carlo devient plus précise quand on multiplie les tirages. Pour s'approcher du vrai Pi, il faudrait agrandir le cercle et envoyer beaucoup plus de slimes au massacre. C'est lent, c'est inefficace, et ça n'a jamais été le but.

Le but, c'est de montrer les maths autrement. Lynch et Weselcouch visent les jeunes, ceux qui décrochent devant une formule au tableau mais qui passent leurs soirées sur Minecraft. Là, d'un coup, une notion abstraite vue en cours devient un truc qu'on peut regarder fonctionner sous ses yeux.

Franchement, calculer Pi en regardant des monstres s'entretuer dans un cube, c'est la plus belle excuse que j'aie vue pour rester devant un jeu vidéo.

Source : Techspot

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