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Valve refuse de vendre ce faceplate e-ink mais file les plans

Ils sont trop sympas chez Valve ! Ils viennent de balancer sur GitLab tous les fichiers nécessaires à la fabrication d'un FacePlate pour leur Steam Machine avec un écran e-ink intégré. Les plans 3D, la liste des composants, le firmware et même les vidéos de montage, tout est sous licence MIT et je pense que quand vous aurez vu ce que ça permet de faire, vous vous lancerez peut-être.

Ce truc, ça s'appelle Inkterface et c'est donc un faceplate (une façade de remplacement pour la Steam Machine dispose d'un écran à encre électronique monochrome permettant d'afficher la température, la vitesse des ventilos et la charge CPU/GPU de la machine. Ce qui est rigolo, j'sais pas si vous vous souvenez, mais Valve avait montré ce panneau lors de l'annonce de la Steam Machine en précisant bien que ce ne serait jamais commercialisé.

Tout le monde était triste de ça, et je pense que personne n'avait imaginé qu'il mettraient carrément les plans sous licence libre. La vie est folle !

Après, oui c'est pour ceux qui aiment mettre les mains de la cambouis, mais si ça vous chauffe comme projet pour les vacances, voici ce que vous allez devoir mettre sur votre liste de courses : un Adafruit ESP32 Feather (2 Mo de PSRAM), un eInk Breakout Friend, le panneau e-ink 5,83 pouces d'Adafruit, 13 vis M2.5 et 4 aimants.

Vous imprimez les pièces en 3D (fichiers STEP et STL fournis), vous soudez une poignée de fils entre les deux cartes, une batterie se cale dedans, et hop, ça se clipse magnétiquement sur le cube. Parce que oui, ce bidule est autonome et dispose de sa propre batterie. En fait il se coknnecte à la Steam Machine en BLietooth et basta.

Côté soft, Valve promet une vraie app sur Steam un jour, mais pour l'instant vous devrez builder un AppImage à la main. Le firmware est en C++, entièrement ouvert, et si les stats de base vous suffisent pas, vous pouvez ajouter les vôtres en écrivant votre propre fonction dans le code.

Valve avait déjà lâché les fichiers CAD de la Steam Deck pour qu'on la répare et qu'on la bidouille donc même si ici c'est pas du plug and play, c'est quand même un beau cadeau fait à la communauté. Je pense que cette Steam Machine va être un vrai petit succès ! En tout cas, c'est bien parti pour !

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Cet écran e-ink fait tourner la Game Boy à 60 FPS

Je vous parlais de ces écrans e-ink hier qui sont capables de se rafraichir beaucoup plus rapidement que les écrans tout pâle de nos liseuses. Et v'la ti pas que je tombe sur ce projet de Wenting Channel où le gars a décidé de faire tourner un Pokemon Bleu en 60 fps sur un écran e-ink.

Avant j'aurais pensé que c'était impossible mais avec un M5Stack PapierS3 qui est un petit kit de dev à base d'ESP32-S3 et d'un écran e-ink tactile de 4,7 pouces en 960×540, il est parvenu !

Maintenant, si vous voulez tester chez vous, le firmware est dispo directement via M5 Burner, l'outil de flashage de M5Stack. Vous flashez, vous chargez une ROM, et hop, vous avez une Game Boy dans la poche qui se lit même en plein cagnard.

Pour bien comprendre l'exploit, il faut comprendre comment fonctionne ce type d'écran à encre électronique. Les écrans e-ink sont lents par nature et chaque "pixel" qui le compose prend plusieurs centaines de millisecondes à se rafraichir grâce à des séquences de tensions (les waveforms) qui viennent modifier son état. Sauf que l'écran du PaperS3 dispose d'une interface parallèle ligne/colonne qui permet de piloter la dalle en contournant la méthode waveform classique

Wenting attaque donc les pixels directement, en pipeline, ce qui rend possible un rafraîchissement allant jusqu'à 60-70 FPS. Et surtout sur la GameBoy, il n'a pas besoin de traiter tout l'écran car c'est du 160×144 pixels, et il ne faut que trois pixels pour représenter les quatre nuances de gris d'origine. En triplant l'image tramée, il obtient alors un agrandissement pixel-perfect ×3 tout en ne calculant qu'une fraction de la dalle.

Pour l'émulation elle-même, il n'a pas réinventé la roue. Faire émuler une Game Boy par un microcontrôleur, ça a été fait mille fois. Il s'st contenté de tester les émulateurs PeanutGB, WanaCGB et Crankboy et a gardé ce dernier qui est le plus rapide. La Game Boy Color, par contre, on oublie puisque son CPU tourne deux fois plus vite et le PaperS3 n'a pas les reins pour ça.

Concernant le son, une Game Boy crache quatre canaux audio, deux ondes carrées, un canal d'échantillons et un canal de bruit. Le PaperS3, lui, n'a qu'un buzzer, capable de pondre une seule note à la fois. Game over ? Pas du tout. Wenting a simplement repris la même technique qu'on utilisait sur les vieux PC sans carte son grâce aux canaux de la carte pour simuler une polyphonie.

Ensuite, les contrôles c'est du joypad tactile à l'écran et il a même ajouté le support des manettes bluetooth (encore bien bien expérimental). Sans oublier la sauvegarde rapide qui fige l'état de la console à l'extinction, pour reprendre le jeu là où vous en étiez par la suite.

Notez aussi que le PaperS3 est déjà en fin de vie, remplacé par le PaperColor sorti en mai mais j'imagine que Wenting fera une upgrade à un moment... on verra bien.

Si le hacking de microcontrôleurs rétro vous parle, jetez un œil à cette mini-borne d'arcade qui tourne aussi sur ESP32 , ou à GB Recompiled qui traduit vos ROMs Game Boy en C natif .

Source : PC Gamer

Modos Flow - L'écran e-ink open source qui pousse le refresh à fond

Wenting Zhang, le développeur derrière Modos Labs, s'est attaqué depuis des années à un truc qui faisait rire tout le monde, jusqu'à ce qu'il y parvienne. Son but dans la vie c'était de faire tourner un écran e-ink assez vite pour s'en servir comme écran de PC. Un vrai moniteur, branché en USB-C, sur lequel vous codez, écrivez et naviguez.

Son projet est open source, s'appelle Glider , et le produit grand public qui en découle, le Modos Flow, est actuellement en pleine campagne de crowdfunding avec la promesse folle de pousser le refresh rate de l'encre électronique bien au-delà du standard.

Le Glider, c'est un design matériel ouvert : PCB dessiné sous KiCad, un FPGA Xilinx Spartan-6 qui fait tourner Caster (le contrôleur e-ink maison, lui aussi open source), de la DDR3 pour le framebuffer, et des entrées USB-C DisplayPort Alt-Mode + DVI. Vous le branchez sur Mac, Windows ou Linux, et il affiche vos trucs comme un écran tout à fait normal.

Une latence de traitement annoncée sous les 20 microsecondes, du dithering matériel pour gratter des niveaux de gris, et un rail d'alim à ±15 V pour faire bouger les particules assez vite sur les grandes dalles.

Parce que le gros du travail, c'est bien de forcer l'e-ink à aller plus vite que ce pour quoi il est fait. Les écrans à encre électronique, c'est en général de l'ordre de 150 ms de temps de réponse contre 10 ms pour un LCD, et un contraste de 17:1 contre 1000:1. Mais côté Modos Flow, on est dans du 60 Hz, ce qui est déjà incroyable en soi.

Et le vrai intérêt de tout ça, c'est que pour la lecture, l'écriture, le code, vous n'avez pas besoin de 10 ms de réponse. Vous avez besoin d'un écran qui ne vous crève pas les yeux au bout de huit heures. Et sur ce terrain-là, l'e-ink reste imbattable : pas de rétroéclairage, ça ne scintille pas, c'est lisible en plein soleil... Bref, c'est que du bonheur. Le Modos Flow dispose même du tactile, d'un stylet, ainsi que d'un éclairage frontal, un support VESA, et différents modes d'affichage suivant ce que vous faites. Bref, c'est l'écran idéal pour celles et ceux qui, comme moi, passent leur vie dans du texte, à écrire, coder, dévorer des docs.

Côté tarif, le Modos Flow démarre à 619 $ sur Crowd Supply , et la campagne est déjà largement financée, plus de 540 000 $ récoltés pour 175 000 espérés, soit 308 %, avec une clôture prévue le 9 juillet 2026. Reste que c'est du crowdfunding, avec tout ce que ça implique de délais glissants et d'objectifs qui partent parfois en vrille. Mais si l'idée d'un écran reposant vous tente, c'est le moment de regarder ça de près.

En plus, le hardware, lui, reste ouvert alors c'est tout à fait possible de vous lancer de votre côté avec un FPGA et un fer à souder, et les plans du Glider dispos sur GitHub. C'est aussi ouvert que cette app de lecture libre dont je parlais il y a quelques jours.

On parlait déjà d' ebooks capables de lire de la vidéo il y a plus de dix ans, et l' e-ink couleur peine encore à percer mais là, j'avoue que Modos pousse le bouchon plus loin que personne. À voir maintenant si le Flow tient ses promesses à la livraison.

Merci à Maitretofu pour le lien.

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