Vue lecture

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.

Vos capteurs d'humidité meurent dans votre salle de bain à cause... de l'humidité

Le BME280 et le DHT22, deux capteurs ultra-populaires en domotique, ont une faiblesse cachée dans leur spécifications : ils ne supportent pas la condensation. Les gens de Mellow Labs ont creusé la question sur Hackaday après avoir flingué plusieurs sondes dans une salle de bain, et le coupable est marqué noir sur blanc dans les caractéristiques du produit, « non-condensing humidity »…

Le souci tient en fait à la physique du truc. Quand l'humidité relative dépasse les 100%, l'air saturé en vapeur d'eau rencontre une surface plus froide, et l'eau se condense en gouttelettes.

Dans une salle de bain c'est un scénario particulièrement fréquent : vous prenez une douche chaude, l'air monte à 95% d'humidité, puis quand le ventilateur souffle ou que vous ouvrez la porte, la température chute brutalement et l'eau se dépose sur tout ce qui est froid. Y compris les composants de votre capteur.

Et là, c'est la mort. La couche sensible (généralement un polymère hygroscopique) est conçue pour absorber la vapeur d'eau, pas pour boire des gouttes. Une fois saturée d'eau liquide, rien ne va plus. Au mieux le capteur renvoie des valeurs aberrantes pendant des heures, au pire il finit par se déglinguer définitivement. Mellow Labs a flingué plusieurs DHT22 et BME280 comme ça avant de comprendre ce qui se passait.

La solution existe heureusement. Sensirion vend le SHT40, un capteur avec un chauffage intégré contrôlable en I2C sur plusieurs niveaux de puissance. Quand il détecte que l'humidité grimpe vers la zone dangereuse (Mellow Labs déclenche le sien à 70%), il chauffe pendant maximum une seconde pour faire évaporer la condensation. Pendant la chauffe il ne mesure rien évidemment, sinon les valeurs seraient fantaisistes, mais ça suffit à protéger le capteur sur le long terme.

Du coup pour ceux qui montent une domotique sérieuse en salle de bain, en cuisine ou dans une cave humide, oubliez les BME280 et DHT22 standards. Ils sont parfaits pour un salon ou une chambre, mais ils ne sont pas conçus pour ces usages. Le surcoût d'un SHT40 ou d'un BME690 reste raisonnable (autour de 10 à 15 € contre 3 à 5 € pour un DHT22), et vous économisez le remplacement annuel.

Au passage, ça vaut le coup de regarder les spécifications avant de coller un capteur dans un endroit compliqué. La mention "non-condensing humidity" se trouve souvent dans les caractéristiques de ce type de produits.

Source : Hackaday

Ce capteur photo est capable de se réparer tout seul pour survivre aux radiations de Jupiter

Des chercheurs ont mis au point une puce CMOS qui détecte ses pixels endommagés par les radiations et les répare en les chauffant. De quoi intéresser les futures missions autour de Jupiter.

Un environnement qui détruit les caméras

L'orbite de Jupiter est l'un des pires endroits du système solaire pour l'électronique. Le champ magnétique de la planète, gigantesque, ionise le dioxyde de soufre craché par Io, sa lune volcanique, et alimente une ceinture de radiation de particules chargées à haute vitesse.

Pour les caméras embarquées sur les sondes spatiales, c'est un cauchemar. Les pixels du capteur accumulent des charges parasites, le courant de fuite explose, et au bout de quelques semaines l'image devient inutilisable.

La NASA en a fait l'expérience avec JunoCam, la caméra de la sonde Juno. À partir de l'orbite 47, les images ont commencé à se dégrader. À l'orbite 56, elles étaient quasiment inexploitables. En décembre 2023, les ingénieurs ont tenté un coup de poker : commander à distance au chauffage embarqué de monter la température à 25 degrés Celsius, bien au-dessus des conditions normales.

L'idée, forcer un recuit thermique du silicium pour libérer les charges piégées et restaurer la structure cristalline. Ça a marché. JunoCam a retrouvé une image nette juste à temps pour survoler Io.

Un capteur qui se soigne lui-même

Une équipe de la Southern University of Science and Technology et de l'université de Kyoto a poussé le concept beaucoup plus loin. Leur puce, présentée en février à l'ISSCC 2026 à San Francisco, intègre directement le mécanisme de réparation dans le capteur. Plus besoin d'intervention humaine à 600 millions de kilomètres.

Le capteur effectue régulièrement une lecture dans le noir complet. Si un pixel affiche encore un courant anormal, il est marqué comme endommagé et un courant fort lui est envoyé pour le chauffer localement. Pendant que ce pixel se répare, le reste de la matrice continue à fonctionner.

La puce embarque aussi un système de compression adaptative qui repère les zones d'intérêt et réduit le volume de données transmises de 75 %. Quand vous envoyez des images depuis Jupiter, chaque octet compte.

Le prototype est une matrice de 128 x 128 pixels. Les chercheurs l'ont exposée à l'équivalent de trente jours de radiation en orbite jovienne. Résultat : le capteur était devenu inutilisable. Après quatre cycles de recuit, l'image était quasiment restaurée.

Un vrai sujet pour les prochaines missions

La technologie arrive à un moment où elle peut servir. JUICE, la mission de l'ESA, est en route vers Jupiter et ses lunes glacées. Europa Clipper de la NASA doit étudier Europe et son océan souterrain.

Ces sondes vont passer de longs mois dans la ceinture de radiation jovienne, et jusqu'à présent la seule parade consistait à blinder les composants avec des semi-conducteurs durcis aux radiations, avec un coût et un poids en plus. Un capteur capable de se réparer en vol, c'est une ligne de défense supplémentaire qui pourrait allonger la durée de vie des instruments.

Ce qui était un bricolage de dernière minute à 600 millions de kilomètres est devenu un système automatisé, intégré directement dans le silicium. 128 x 128 pixels, c'est encore loin d'un capteur opérationnel pour une vraie mission, mais le principe fonctionne.

On imagine bien que la prochaine étape sera de passer à des résolutions plus élevées et de valider tout ça dans des conditions réelles. En tout cas, si ça permet d'éviter de perdre des mois de données scientifiques à cause de pixels grillés, on prend.

Source : Spectrum.IEEE.org

❌