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ssh-keysign-pwn - La faille kernel Linux cachée depuis 9 ans

Une faille planquée pendant 9 ans dans le noyau Linux, voilà ce que les chercheurs de Qualys viennent de déterrer. Son petit nom, c'est ssh-keysign-pwn ou DirtyDecrypt (CVE-2026-46333 pour les intimes), et elle permet à n'importe quel utilisateur local sans privilèges de passer root, de lire votre /etc/shadow et de piquer les clés SSH privées de votre serveur.

Et ce bug dormait là depuis novembre 2016, c'est-à-dire depuis la version 4.10 du kernel. Personne ne l'avait jamais vu et autant vous dire que 9 ans, en cybersécu, c'est une éternité !!

Le truc se cache dans une fonction au nom barbare, __ptrace_may_access(). En gros, quand un processus privilégié abandonne ses droits, y'a une micro-fenêtre, le temps d'un battement de cils, où il reste "accrochable" via ptrace. Vous combinez ça avec l'appel système pidfd_getfd() et hop, vous récupérez les fichiers ouverts d'un process root.

Et l'exploit disponible vise des binaires SUID que tout le monde a sur sa machine, genre ssh-keysign, chage, pkexec ou accounts-daemon.

Du coup, première chose à faire : vous mettez à jour, genre rapidos ! Linus Torvalds a poussé le correctif et si vous ne pouvez pas patcher tout de suite, faut taper la commande sysctl -w kernel.yama.ptrace_scope=2 qui a pour effet de refermer la porte en attendant.

Niveau distros, ça touche à peu près tout le monde, d'Ubuntu 14.04 jusqu'à la 26.04, en passant par Debian, Fedora et toute la famille Red Hat.

Et le plus gênant, c'est que ssh-keysign-pwn, c'est la 4e faille kernel en moins de trois semaines. On a eu CopyFail , Dirty Frag début mai, puis Fragnesia juste après, et maintenant celle-ci. Aïe aïe aïe ! Je commence à me lasser, sérieux ^^.

Le noyau Linux prend cher en ce moment et comme les exploits fonctionnels sont déjà publics, le compte à rebours est lancé pour tous ceux qui traînent !

Alors après tout le monde va vous parler des cybercriminels et des serveurs compromis, et c'est vrai, faut patcher. Mais pour moi, ce genre de faille, c'est aussi une clé qui sert aux bidouilleurs pour reprendre la main sur leur propre matériel. Votre routeur verrouillé, votre objet connecté que le fabricant a laissé tomber depuis quelques années, ce bon vieux NAS dont plus personne ne livre de firmware... une faille comme ça, c'est parfois le seul moyen de le faire revivre !

Bref, faites vos mises à jour. Et gardez en tête que ces mêmes failles qui font flipper les sysadmins, ce sont aussi celles qui redonnent vie au matos verrouillé qui n'avait pas d'autre avenir que de finir à la déchetterie.

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Chromium - Google publie l'exploit d'une faille vieille de 2 ans et demi

Bon, alors là, Google a fait encore trèèèès fort.

Mercredi matin, la firme de Mountain View a carrément publié sur son propre bug tracker Chromium le code d'exploitation d'une faille... qui n'est toujours pas corrigée ! Et pas une petite vulnérabilité oubliée dans un coin, hein, mais une vraie faille de la mort qui tue que la chercheuse indépendante Lyra Rebane leur avait remontée gentiment et en privé . Ça fait 29 mois (2 ans et demi, les matheux ^^) et elle attend toujours un patch !

Le truc vise la Browser Fetch API, un mécanisme qui permet à un site de télécharger de gros fichiers en arrière-plan, genre une longue vidéo. Sauf qu'en la détournant, le code ouvre un service worker qui reste actif en permanence. Du coup, un site malveillant que vous visitez peut glisser un bout de JavaScript qui transforme votre navigateur en relais, tout cela à votre insu.

Parfait donc pour devenir un proxy anonyme pour des inconnus, un nœud de botnet pour des attaques DDoS, ou se faire surveiller quand on surfe sur le net... Et le plus vicelard, c'est que la connexion se rouvre ou reste ouverte même après avoir redémarré le navigateur, voire la machine entière.

Côté victimes, on parle de Chrome, de Microsoft Edge et de quasiment tous les navigateurs basés sur Chromium. Et que vous soyez sur Windows, macOS ou Linux, le bug s'en moque royalement. Rebane a confirmé que Brave, Opera, Vivaldi et Arc sont vulnérables eux aussi.

Bien sûr, Firefox et Safari, eux, passent clairement au travers, parce qu'ils ne supportent pas ce fameux téléchargement en arrière-plan. Bref, encore une fois, ne pas suivre le troupeau de mouton team-Chromium, ça paye !! Si vous cherchiez une raison de plus de larguer Google , la voilà servie sur un plateau.

Perso, ce qui me sidère, c'est que la faille a été classée S1, le deuxième niveau de gravité le plus élevé chez Google et il ne s'est toujours rien passé 29 mois après. C'est ouf quand même... Le post sur le tracker Chromium a bien été supprimé mais on le trouve toujours sur quelques archives / miroirs...

Après l'impact de cette faille, reste quand même limité car elle ne franchit aucune frontière... par exemple, elle ne donne pas accès à vos mails ni au reste de votre ordinateur, mais juste à ce qu'un navigateur sait déjà faire (ce qui est déjà énorme !!). Mais elle pourrait permettre à des cybercriminels de se constituer une flotte de milliers, voire de millions de navigateurs détournés, et le jour où une autre faille tombe, vous avez déjà l'armée prête à dégainer !! La bombe est là, il manque juste la mèche en fait !

Et pour se protéger ?

Bah franchement, pas grand-chose à faire côté utilisateur tant qu'il n'y a pas de patch. Si vous voulez mon avis bancal, le seul signal visible que vous pouvez guetter, c'est un menu de téléchargement qui s'ouvre tout seul sans raison, donc méfiez-vous donc si ça arrive. Maintenant si le sujet vous angoisse vraiment, basculer sur un navigateur pour les adultes ^^, genre Firefox ou Safari règlera la question d'un coup !

Faut pas oublier que Google passe son temps à pointer du doigt les éditeurs trop lents à patcher, alors j'comprends vraiment pas comment ils ont pu merder à ce point.

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MiniPlasma - La faille Windows que Microsoft croyait corrigée

Si vous tournez sur un Windows 11 à jour, sachez qu'il existe une faille qui permet à un programme local spécialement conçu de grimper tranquillou jusqu'au compte SYSTEM. Pour rappel, c'est le compte tout-puissant de la machine, c'est à dire celui qui passe même au-dessus de l'administrateur ! Et cette faille elle s'appelle MiniPlasma, et elle vient d'être balancée en public sur GitHub par un chercheur planqué derrière le pseudo Nightmare-Eclipse.

Et le plus gênaaaaant dans l'histoire, c'est que Microsoft était censé avoir bouché ce trou depuis 2020, dans cette CVE-2020-17103 , après un signalement de James Forshaw, le chercheur du Project Zero de Google.

Le bug vit sa life dans cldflt.sys, le pilote Cloud Files de Windows. Ce truc c'est un composant système livré d'office avec l'OS, qui est principalement utilisé par OneDrive mais aussi par d'autres stockages cloud. Et bien sûr, il reste présent sur la machine même si vous ne touchez jamais à OneDrive.

Du coup, en passant par une API non documentée baptisée CfAbortHydration, l'exploit crée des clés de registre là où il ne devrait pas, et s'en sert pour détourner un chemin d'exécution privilégié, ce qui finit par lui ouvrir les droits SYSTEM.

Le code de démo est dispo sur le dépôt GitHub du projet , écrit en C#, et il lance directement un cmd.exe en SYSTEM quand ça fonctionne. Parce que oui, ça ne marche pas à tous les coups puisque c'est une race condition. Le taux de réussite varie donc d'une machine à l'autre.

Le PoC en action : à gauche, un compte « user » standard lance l'exploit (« Exploit succeeded ») et à droite, le shell obtenu où whoami renvoie nt authoritysystem.

Maintenant, le truc qui fait vraiment mal au cul, c'est que la fameuse faille patchée par Microsoft est donc toujours vulnérable 6 ans après sa détection. Personne ne vérifie chez krosoft ??? C'est dingue !

Selon le chercheur, c'est exactement la même faiblesse qu'à l'époque. Reste à savoir pourquoi ça leur a échappé. Le patch n'a peut-être jamais corrigé la racine du problème, ou il a sauté quelque part en cours de route, j'en sais rien... Faudra analyser le code de Windows et de ses MAJ au fil du temps pour comprendre où ça a merdé.

Du coup, votre machine peut avoir avalé tous les Patch Tuesday et rester quand même exposée à une élévation de privilèges locale dès qu'un attaquant (ou un malware) arrive à exécuter du code dessus.

J'sais pas vous, mais on a déjà vu ce film avec d'autres dossiers Windows, comme cette histoire de BitLocker contournable , ou encore ces contournements de Secure Boot signés Microsoft . Certains trous de sécu sont tout simplement increvables !

Nightmare-Eclipse n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai puisque le chercheur enchaîne les divulgations publiques de 0-days Windows depuis quelques semaines, du contournement BitLocker au déni de service sur Defender en passant par plusieurs élévations de privilèges, toujours avec le PoC qui va bien et zéro divulgation coordonnée.

Et y'a pas de "on prévient Microsoft et on attend gentiment 90 jours" ici. Il balance tout car il est a ras-le-bol de la lenteur de Microsoft. C'est violent, dangereux et clairement discutable côté éthique, mais ça met une grosse pression pour corriger au plus vite. Maintenant pour nous tous, ça signifie surtout qu'un PoC public et fonctionnel, ce sont des malwares qui vont vite l'intégrer.

Côté protection, il n'y a pas de correctif officiel ni la moindre déclaration de Microsoft et ucune mitigation validée par l'éditeur non plus. Puis pour un particulier, pas de moyen simple de savoir après coup si la machine a été touchée.

La bonne nouvelle (relative c'est vraie), c'est que l'attaque est purement locale, donc il faut déjà pouvoir exécuter du code sur l'ordi pour en profiter. Votre vraie défense, c'est donc votre hygiène tech habituelle, à savoir ne pas lancer le premier binaire douteux venu, se méfier des cracks et autres pièces jointes, et côté admins, une surveillance EDR des élévations de privilèges inattendues vaut mieux qu'une règle maison non testée.

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