Des pirates ont mis en vente cette semaine, sur un site baptisé Nexus, les copies numériques de plus de 153 millions de permis de conduire américains et canadiens, plus de 10 millions de cartes d'identité, 3 millions de documents de voyage et de pièces étrangères, et près de 600 000 cartes médicales. Le site vit sur le darkweb, la partie d'internet où ce commerce se fait entre criminels, à l'abri des regards.
Pour chaque personne, le dossier contient jusqu'à six photos du permis, recto et verso, en lumière normale, en infrarouge et en ultraviolet, avec la date et l'heure de la prise de vue. Un acheteur tape un nom, obtient un aperçu en partie masqué, et paie. Le permis du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, était affiché à 100 dollars.
Brian Krebs, un journaliste américain spécialisé dans la cybercriminalité, a tapé son propre nom. Son permis y était, et la date de la photo correspondait au jour et à l'heure où il avait tendu sa carte au comptoir d'une agence Hertz, en juin 2025.
D'autres victimes ont fait le même rapprochement, entre la date de leur photo et une location chez Hertz ou un passage dans une boutique de cannabis légal à Las Vegas. À chaque fois, le permis avait été glissé dans un petit scanner posé sur le comptoir pour vérifier qu'il était authentique.
Ces scanners viendraient tous d'IDScan.net, une société de La Nouvelle-Orléans d'une centaine de salariés que Hertz, Target, FedEx, les casinos Caesars ou des centaines de boutiques de cannabis paient pour contrôler les pièces d'identité de leurs clients. Ses appareils photographient le permis en infrarouge et en ultraviolet pour repérer les faux, et c'est exactement ce jeu de six images qu'on retrouve dans chaque dossier vendu par Nexus.
Vous montrez votre permis pour louer une voiture, le boîtier le photographie sous trois lumières, et les images partent chez un sous-traitant dont vous n'avez jamais entendu parler. C'est infernal.
IDScan.net n'a rien dit sur le fond, se contentant de prévenir ses clients dans la nuit d'un possible incident de sécurité, alors que les pirates affirmaient aspirer ces images depuis plus d'un an et en ajoutaient près de 400 000 en 24 heures. Le FBI de La Nouvelle-Orléans a ouvert une enquête le 1er septembre.
Sauf que voilà, un mot de passe volé se change. Un scan de permis, non, et une photo de pièce d'identité sert couramment à ouvrir un crédit ou à passer les contrôles d'identité en ligne, jusqu'aux prestataires qui vérifient votre âge pour les sites pour adultes par chez nous par exemple.
Le soir même de l'ouverture de l'enquête, la page d'accueil de Nexus ne montrait plus qu'une ligne. Le service n'est plus disponible. Les images, elles, sont toujours quelque part.
Zéro Logement Vacant, ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c'est un service de l'État censé aider les collectivités à remettre sur le marché les logements vides. Il vient de se retrouver au cœur d'une fuite de données colossale.
Un pirate qui se fait appeler ZeroBytes affirme avoir aspiré près de 149 millions de lignes brutes depuis la plateforme. Après nettoyage des doublons, ça correspondrait à environ 48 millions de personnes différentes. En croisant les noms et les dates de naissance, on grimpe même à plus de 71 millions, mais les deux chiffres ne s'additionnent pas.
D'où vient une telle masse de données ? Essentiellement du foncier. La plateforme avait chargé d'énormes fichiers de propriétaires issus du cadastre et de la DGFiP, autrement dit le fisc. Deux tables contiennent presque tout, environ 82 millions de lignes de propriétaires d'un côté, et 66,9 millions provenant d'un fichier foncier national de 2024 de l'autre.
Le site
Cyberattaque.org
, qui a pu examiner des échantillons, confirme le pire. On y trouve des identités, des dates de naissance, des adresses postales et des informations liées aux droits de propriété. Un second extrait ajoute des adresses e-mail et des numéros de téléphone. Sur 500 lignes analysées, 453 contenaient un numéro, 274 un e-mail et 423 une date de naissance.
Et ça ne s'arrête pas aux propriétaires. Les comptes des utilisateurs de la plateforme sont aussi dans la nature, à savoir des agents de collectivités, des services de l'État et des prestataires. On parle de leurs e-mails professionnels, de leurs rôles, du SIREN de leur structure, mais aussi d'adresses IP, de sessions récentes et de mots de passe. Bonne nouvelle relative, ces mots de passe sont hachés, le plus souvent en bcrypt, donc pas lisibles directement, ou réutilisés ailleurs.
Le plus inquiétant, c'est la fraîcheur de certaines données, avec des sessions de connexion très récentes dans les échantillons. Ce n'est donc pas une vieille base oubliée dans un coin, mais bien un environnement encore actif.
Pour les propriétaires concernés, le risque immédiat, c'est l'hameçonnage sur mesure. Avec votre nom, votre adresse et votre bien, un faux courrier des impôts devient tout de suite bien plus crédible. Méfiance sur tout ce qui touchera au foncier dans les prochaines semaines.
Vous avez déjà tapé votre nom sur Google ? Non, pas pour stalker votre ex. Votre PROPRE nom. Faites-le. Je vous attends.
...
Vous avez trouvé quelque chose ? Peut-être votre adresse, votre numéro de téléphone, votre email, vos anciennes adresses, peut-être même votre numéro de sécu ou votre date de naissance. Le tout exposé sur des sites que vous ne connaissez même pas. Des sites avec des noms à la con du genre PeopleSearchPro ou Spokeo ou je sais pas quelle autre saloperie. Et le pire ? C'est légal. Ces mecs vendent vos données comme si c'était des bonbons.
Moi, j'ai découvert ça par hasard. Je cherchais un truc, je tape mon nom, et BIM, première page de résultats : mon adresse perso, affichée en grand, avec en prime mon numéro de téléphone. J'étais pas bien de voir mon adresse perso sur Google alors que je fais attention... La faute à un pays européen qui tient un registre public pour la douane et que des boites privées spécialisées en SEO mettent sur le net en accès libre pour faire du trafic. Bref, accessible à n'importe quel taré, harceleur, ou escroc qui a 5 minutes et une connexion internet.
Les data brokers : les revendeurs de votre vie
Alors, pour ceux qui dorment au fond,
un data broker c'est quoi
? C'est une boîte qui fait du fric en récoltant vos infos personnelles et en les revendant au plus offrant. Tout ce que j'ai déjà mentionné plus haut, mais aussi votre statut marital, votre boulot, vos habitudes d'achat, vos préférences politiques, votre historique médical et même vos antécédents judiciaires. Tout.
Ils récupèrent ça via vos cookies, vos inscriptions en ligne, les registres publics, vos cartes de fidélité, divers hacks de bases de données (ou des sites tenus avec les pieds par le gouvernement). Et surtout via les petites cases que vous cochez sans lire dans les conditions générales. Vous savez, celles où vous acceptez que vos données soient "partagées avec des partenaires tiers". Sauf que ces partenaires, c'est souvent des data brokers. Et eux, ils revendent à qui veut : marketeurs, arnaqueurs, stalkers, ou le mec chelou du métro.
Apple peut vous protéger des trackers dans Safari, mais Apple ne peut pas effacer des années de données déjà disséminées sur des centaines de bases de données. C'est comme essuyer une flaque avec une éponge alors que quelqu'un continue de verser de l'eau.
Incogni : l'avocat de la vie privée qui travaille 24/7
C'est là qu'
Incogni entre en jeu
. C'est un service créé par les mecs derrière Surfshark (et maintenant dans la famille NordVPN) qui fait UNE SEULE chose, mais il la fait bien. Il va contacter les data brokers à votre place et exiger la suppression de vos données.
Pas besoin de passer des week-ends à remplir des formulaires d'opt-out incompréhensibles sur 250 sites différents. Vous créez un compte, vous signez une autorisation légale pour qu'ils agissent en votre nom, et vous laissez le robot faire le boulot.
Dans mes tests, plusieurs demandes de suppression ont été envoyées en moins de 10 minutes après l'inscription. Dix minutes. Et presque une centaine
dans les semaines/mois qui ont suivi
. Après deux mois, environ 90% des demandes étaient finalisées. Moi, à la main, j'en aurais fait trois en une heure, et j'aurais abandonné en pleurant.
Le tableau de bord est clair. Vous voyez combien de brokers ont été contactés, combien ont répondu, combien ont supprimé vos données et combien traînent les pieds. Incogni renvoie des demandes récurrentes tous les 60 à 90 jours pour ceux qui font le mort, et demande à être ajouté sur des listes de suppression pour éviter que vos données ne réapparaissent.
Et ça marche. Deloitte a audité le service et confirmé que Incogni a traité plus de 245 millions de demandes de suppression pour ses clients, couvre bien plus de 420 data brokers et n'a aucune affiliation avec ces derniers. C'est vérifié par un cabinet d'audit indépendant.
Combien ça coûte, la tranquillité ?
Incogni propose plusieurs formules :
Standard (~7.2€/mois en annuel) : suppression automatique sur 420+ data brokers, 3 adresses email, renouvellements automatiques.
Unlimited (~14.4€/mois) : ajoute les demandes de suppression personnalisées sur n'importe quel site (jusqu'à 3 000 sites supplémentaires), support téléphonique.
Family (~15.6€/mois) : même chose que Standard mais pour 5 utilisateurs.
Family Unlimited (~24€/mois) : le top tier pour toute la famille avec suppressions illimitées.
Oui, c'est plus cher qu'avant. Le service est passé au prix plein de 11,7$ à 14,4€ mensuel pour le Standard. Mais en abonnement annuel avec les réductions, on reste à 7,2€/mois. Pour un service qui vous évite des centaines d'heures de travail manuel, c'est plutôt pas mal. DeleteMe, le concurrent, coûte sensiblement plus cher.
Et pour les lecteurs de Korben, il y a le code KORBEN55 qui donne 55% de réduction sur les plans annuels. À saisir au moment de payer.
Depuis que j'utilise Incogni, voici ce qui a changé concrètement :
Mon adresse a disparu de Google. Celle qui me donnait envie de déménager rien que parce qu'elle était publique (bon j'ai déménagé quand même, mais pas pour ça lol). Supprimée.
Mes mails de spam ont chuté. Quand les brokers ne peuvent plus vendre votre email, les marketeurs arrêtent de vous spammer.
Les appels de démarchage se sont raréfiés. Mon téléphone sonne moins. C'est déjà ça.
Je dors mieux. Oui, c'est con, mais savoir qu'un stalker ou un escroc ne peut pas trouver mon adresse en 30 secondes sur Google, ça change la vie.
Ce qu'Incogni ne fait PAS (et c'est important)
Faut pas se leurrer, Incogni est un outil spécialisé, pas une baguette magique. Il ne fait PAS de monitoring de crédit, de scan du dark web, d'assurance vol d'identité, VPN ou antivirus. Si vous partez de zéro en protection d'identité, Incogni seul ne suffit pas. C'est un excellent complément à un VPN, un gestionnaire de mots de passe, et un service de monitoring. Mais c'est pas une solution tout-en-un.
Et contrairement à Optery, Incogni ne fournit pas de captures d'écran prouvant ce qui a été trouvé avant suppression. Vous devez faire confiance au processus automatisé. Pour moi, le rapport de Deloitte et les résultats concrets suffisent. Mais si vous êtes du genre à vouloir des preuves visuelles, Optery sera peut-être plus votre truc.
Le gros avantage pour les Européens c'est que souvent les services de suppression de données sont centrés sur les USA. Incogni, lui, couvre non seulement USA, Canada et UK, mais aussi tous les pays de l'UE (27 pays) ainsi que la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.
En Europe, on a le RGPD. Le service de Surfshark s'en sert comme d'une massue légale pour forcer les brokers à coopérer. Aux USA, c'est le CCPA. Au Canada, PIPEDA. Bref, ils utilisent les lois locales les plus strictes pour vous protéger. Si vous êtes en France, en Allemagne ou en Espagne, c'est probablement votre meilleure option.
Bref
Votre identité est déjà en ligne. Vos données sont déjà vendues. Le seul choix que vous avez, c'est de faire quelque chose ou de laisser faire. Incogni ne vous rendra pas anonyme. Il ne vous protégera pas des hackers qui cassent vos mots de passe. Mais il réduira de beaucoup votre empreinte numérique sur les sites de data brokers. Et quand j'ai vu mon adresse disparaître de Google, je peux vous dire que les 7€ par mois, ça se paie avec le sourire.
Comme toujours, dans le doute, supprimez. Et si vous devez supprimer des centaines de fois, automatisez.
Au début du mois d'août, une Toyota Yaris de 2009 est passée devant une
caméra Flock
à Las Vegas sans être "vue". Car même si la caméra l'a filmée correctement, le logiciel de détection, lui, n'a rien inscrit dans ses logs, comme si la rue était restée vide...
J'ai trouvé ça intéressant parce que ça ne nécessite pas de grande technologie... Non, il faut juste que la voiture soit recouverte d'un certain motif généré à l'aide d'un ordinateur. C'est un motif qui ne cache rien puisque la plaque d'immatriculation reste à sa place réglementaire et est parfaitement visible.
Mais ce qu'il faut savoir avant pour bien comprendre comment ça fonctionne, c'est qu'une caméra de lecture de plaques ne lit pas une plaque en permanence. Elle repère d'abord un véhicule dans l'image, puis va chercher la plaque dessus. Du coup, en cassant la première étape, la seconde n'a jamais lieu. La plaque reste donc visible mais le système n'a pas l'idée d'aller la lire...
Derrière l'expérience, on retrouve Bill Swearingen, un vieux de la vieille de la sécu qui a cofondé SecKC, le meetup sécurité de Kansas City. Son projet s'appelle noRecognition et fonctionne comme un fuzzer. Il génère un motif, le passe devant des modèles de détection, note ce qui échoue, et recommence et ainsi de suite... 31,7 millions de tests plus tard, il produit alors des motifs à la demande pour déjouer ce genre de caméra.
Alors pourquoi quelqu'un irait dépenser un an de calcul machine là-dessus ? Hé bien parce que Flock revendique 93 plaques correctement lues sur 100, pour plus de 20 milliards de lectures par mois et que
l'Institute for Justice a recensé
au moins 27 automobilistes innocents arrêtés, détenus ou emprisonnés depuis 2018 à cause d'une de ces erreurs de lecture...
Et dans près des deux tiers des cas, les policiers s'en sont rendu compte après avoir sorti leur arme. Bref, la polémique enfle aux États-Unis, encore plus depuis février dernier, dans l'Arkansas, quand un couple s'est retrouvé injustement menotté au bord de la route à cause d'une de ces caméras, pendant que leur bébé de six semaines attendait dans le siège auto.
Swearingen a même mis à dispo publiquement
un tableau de bord public
qui affiche en toutes lettres les résultats chiffrés qui sortent de ses modèles réels avec l'impression et la caméra simulées. Son tableau de bord indique également que pour le moment, aucun motif unique ne bat encore les onze modèles de caméra de son banc d'essai, en même temps, et surtout, il a mesuré jusqu'à 64 % d'écart entre les chiffres de son labo et les vrais tests réalisés dans le monde extérieur. J'ai rarement vu une page de vente aussi peu vendeuse ^^ mais au moins c'est honnête.
Et ça n'a pas empêché sa campagne Kickstarter de dépasser de 20 fois son objectif. Ses motifs générés se vendent en t-shirts et en hoodies, mais ce qui vaut pour une carrosserie ne vaut pas forcément pour un vêtement. En effet, une portière est plate, rigide et ce qui y est imprimé est fixe. Alors qu'un tissu se plie et se déforme, et Swearingen prévient qu'un motif imprimé trop grand ou trop petit cessera de fonctionner sans que ça ne se remarque.
Et chez nous en France ?
Hé bien les lecteurs de plaques tournent aussi donc possiblement, ça pourrait aussi fonctionner ici. Mais tout ceci reste géré au niveau de l'État et des communes, et c'est contrôlé par la CNIL. Même si on n'en est pas loin, ce n'est donc pas encore dans ce cauchemar très américain où ce sont des dizaines de réseaux privés comme Flock, revendus clé en main aux villes, qui font la loi, peu importe le taux d'erreur du logiciel.
Un pirate qui se fait appeler ZeroBytes a revendiqué mercredi, sur un forum fréquenté par les cybercriminels, le vol de près de 680 000 lignes de données extraites d'un outil interne de la Direction générale des Finances publiques. Bercy a confirmé l'intrusion dès le lendemain.
L'attaque ne date pourtant pas d'hier. Elle remonte à la fin juin, au 26 très exactement selon le pirate, et l'administration l'avait détectée puis interrompue à l'époque, sans jamais en toucher un mot publiquement.
Dans le lot, on trouve des noms, des dates de naissance, des adresses et des informations foncières et cadastrales, pour environ 390 000 particuliers et 285 000 professionnels. Les mots de passe et les coordonnées bancaires ne figurent pas parmi les données citées.
ZeroBytes raconte s'être promené de serveur en serveur avant de décrocher un accès VPN, la porte d'entrée à distance du réseau, qui lui a ouvert plusieurs outils internes du fisc. La version officielle parle plus sobrement d'une usurpation d'identité ayant permis un accès illégitime.
Une seconde fuite circule aussi sur les mêmes forums et toucherait environ 2 millions de propriétaires, mais celle-là n'a rien d'officiel pour le moment.
L'ANSSI, le pompier informatique de l'État, enquête, et la CNIL a été prévenue comme la loi l'impose.
Le fisc n'en est pourtant pas à son coup d'essai. Entre fin janvier et mi-février, des pirates avaient déjà consulté frauduleusement 1,2 million de comptes bancaires dans le fichier FICOBA, en utilisant les identifiants compromis d'un agent. Deux intrusions en un an, ça commence à faire beaucoup.
Dans l'immédiat, méfiez-vous des mails, des SMS et des coups de fil qui se réclament des impôts, surtout s'ils alignent vos vraies informations personnelles pour vous mettre en confiance. Une adresse exacte et une date de naissance correcte ne prouvent plus rien du tout.
Reste à savoir quand chacun des 680 000 concernés recevra le petit message l'informant que ses données se baladent dans la nature.
Sachez-le, les amigos, je reprendrai
mes lives Twitch
début septembre, parce que là j'ai pas vraiment le temps et qu'il fait trop trop chaud. Mais ça ne m'empêche pas de surveiller ce qui s'y passe... Car pendant que la chaîne dort, faut savoir que Twitch a ajouté un réglage que personne n'a demandé comme d'hab : une case qui autorise Amazon à entraîner ses modèles d'IA générative sur le contenu de votre chaîne. Et bien sûr, comme d'hab, c'est coché par défaut.
L'annonce n'est pas passée par le blog officiel mais discrètement via un message du compte Twitch Support sur X, le 12 août, pour expliquer qu'on peut désormais refuser ça. Donc si vous ne faites rien, vous avez déjà accepté...
Alors c'est pas très très nouveau cette histoire d'entraîner des IA avec le contenu des streams puisque
dès 2024
, lors d'un événement organisé par The Information, les journalistes demandaient à Mike Minton, alors directeur de la monétisation de Twitch, si Amazon se servait de la plateforme pour entraîner ses modèles. Et sa réponse c'était "Ouais, carrément."
Il précisait quand même que ça se faisait "dans les limites de la confiance des utilisateurs et des réglementations sur la vie privée" et depuis Minton est passé directeur produit, et c'est lui qui a "justifié" en direct la case cochée d'office en expliquant que "* Si c'était en opt-in, personne ne cocherait.*" Au moins c'est clair... J'sais pas si l'IA Act Européen a tenu compte de ce genre de chose mais visiblement, ça ne les concerne pas trop.
Voilà, ce réglage est visible sur tous les comptes, que vous streamiez tous les soirs ou que vous n'allumiez jamais votre webcam. Il couvre vos streams, vos VODs, vos clips, le chat de votre chaîne, ses images et ses textes. Twitch donne comme exemple d'usage, votre voix, qui peut affiner des modèles de reconnaissance vocale réutilisés bien au-delà de la plateforme. Bref, encore un endroit où il est nécessaire de
reprendre la main sur ses données
.
Décocher la case
Direction
twitch.tv/settings/security
, la page Sécurité et confidentialité de votre compte. Descendez jusqu'à la section Privacy, tout en bas : le réglage s'appelle "Training for Generative AI". Basculez-le sur off et votre contenu sort du périmètre d'entraînement.
Voilà c'est tout.
Il y a aussi un petit détail que
la FAQ de Twitch
glisse discrètos... Quand vous écrivez dans le chat d'une autre chaîne, c'est le réglage de cette chaîne qui décide du sort de vos messages, et pas le vôtre. Vous pouvez donc avoir tout coupé chez vous et nourrir quand même l'entraînement IA, ailleurs. Et c'est pareil dans l'autre sens. Ce que vos viewers tapent chez vous suit votre réglage à vous, donc si vous respectez vos viewers, vaut mieux décocher cette case.
Après le refus ne coupe ni AutoMod ni les sous-titres automatiques, qui tournent sans nourrir de modèle génératif et surtout il ne remonte pas le temps puisque ce qui a déjà servi à entraîner l'IA par le passé y restera. Snif.
Même les hackers ne veulent plus voir les lunettes connectées de Meta. Les organisateurs de la DEF CON, la plus grande convention de hackers au monde qui se tient chaque été à Las Vegas depuis 1993, ont annoncé sur leurs réseaux sociaux l'interdiction pure et simple des "lunettes de style Meta dotées de capacités d'enregistrement" dans l'enceinte de l'édition qui ouvre le 6 août.
Et la règle ne souffre aucune exception, pas même pour ceux qui ont fait monter des verres correcteurs sur leur monture connectée. "Pensez à emporter des lunettes conformes si vous en avez besoin", préviennent les organisateurs. Le message est clair.
Pour situer, la DEF CON attire chaque année plus de 30 000 participants, chercheurs en sécurité, agents fédéraux et bidouilleurs de tout poil, dans une ambiance où la paranoïa est presque une politesse. Le règlement photo, en place depuis 2023, interdit déjà de photographier qui que ce soit sans son accord, à l'exception des intervenants sur scène.
Sauf que voilà, les lunettes conçues par Meta avec EssilorLuxottica, le géant franco-italien de l'optique, sous les marques Ray-Ban et Oakley, ressemblent à s'y méprendre à des montures classiques. La caméra se niche dans la branche et seule une petite diode signale que ça tourne.
Du coup, impossible pour votre voisin de savoir s'il est filmé, et filmer quelqu'un en douce constitue une violation du code de conduite de la conférence. Dans un événement où une partie du public paie encore son badge de 520 dollars en liquide pour ne pas laisser de trace, on comprend que ça coince.
Eva Galperin, directrice de la cybersécurité à l'EFF, la grande association américaine de défense des libertés numériques, a applaudi des deux mains : "ravie de voir une politique "pas de lunettes de voyeur" à la DEF CON". Le surnom anglais, "pervert glasses", littéralement des lunettes de pervers, colle au produit depuis un bon moment.
Meta a bien senti le vent tourner, puisqu'une mise à jour déployée en juillet désactive désormais la caméra quand la diode témoin est masquée ou cassée. Visiblement, ça n'a pas suffi à rassurer grand monde.
La DEF CON n'est d'ailleurs pas seule, un organisateur britannique de Comic Cons et même une compagnie de ferries écossaise ont pris des mesures comparables. En 2013, les casinos de Las Vegas avaient déjà banni les Google Glass, autrement plus voyantes avec leur écran vissé sur la monture.
Quand les spécialistes de l'espionnage des machines refusent eux-mêmes d'être filmés à leur insu, le grand public aurait tort de ne pas se poser les mêmes questions.
Ma page "Quelle est mon adresse IP" traînait sur korben.info depuis presque 15 ans, à peu près dans son jus d'origine. Hé bien, bonne nouvelle, je viens de la refaire entièrement, et elle est là :
korben.info/ip
.
Vous arrivez dessus, votre IP publique s'affiche en gros, IPv4 et IPv6 séparées avec un bouton copier, et juste en dessous une grille de cartes déballe tout ce que votre connexion raconte sur vous sans que vous ayez rien demandé. La localisation estimée d'abord, sauf que c'est pas du GPS, juste la ville que les bases GeoIP collent à votre IP (sur mobile ça part parfois à 200 km à côté) mais aussi votre opérateur et son numéro d'AS, de datacenter Cloudflare par lequel vous passez, la latence jusqu'à lui, le protocole, le chiffrement.
Y'a une carte que je trouve bien pratique aussi c'est la carte "VPN ou pas ?". Elle compare le fuseau horaire vu depuis votre IP avec celui réglé sur votre appareil, et repère si vous sortez par une IP de datacenter, le signe quasi certain d'un VPN ou d'un proxy.
J'ai ajouté aussi un petit test de débit maison (descendant, montant, latence, gigue), tout comme le fameux leak WebRTC, ce truc qui balançait votre IP locale à n'importe quel site avant que les navigateurs ne finissent par la masquer. Ça peut encore fonctionner sur de vieux browser alors je l'ai laissé.
Le point important, parce que je sais que vous allez me poser la question, c'est que de mon côté, rien n'est stocké, rien n'est tracé, rien n'est revendu. Tout est lu à la volée entre votre navigateur et mon CDN, qui se contente de faire transiter vos requêtes comme n'importe quel hébergeur.
Votre IP en dit déjà bien assez long sur vous
comme ça, pas la peine d'en remettre une couche.
Bref, un bon coup de bouc-marque (bookmark, pour les intimes ^^) sur
korben.info/ip
et vous aurez votre IP et l'état de votre connexion sous la main en un clic.
Un site sans cookie de mesure d'audience et sans bandeau de consentement, c'est reposant je trouve... Sauf qu'à cause de ça, bah je ne savais plus trop combien de gens venaient me lire tous les jours. Relou hein ?
C'était ma situation depuis un moment déjà, vu que tout ce qui servait à mesurer l'audience a dégagé de korben.info il y a un bon bout de temps. Alors faute de mieux, je me suis rabattu sur AWStats, qui lit bêtement les logs Apache du serveur mais bon, c'est pas terrible, parce qu'avec le cache de Cloudflare, il y a une grosse partie de mon trafic qui n'est pas pris en compte.
En effet, quand Cloudflare possède une copie valide de la page dans son cache, il peut la renvoyer directement sans contacter le serveur d'origine. Vous êtes donc bien un visiteur réel, mais Apache ne voit aucune requête et AWStats ne vous comptabilise pas. Du coup, tous les outils fondés exclusivement sur les logs d'origine sous-estiment la part du trafic absorbée par le cache.
Après il y a bien le classique Google Analytics, mais bon même configuré en mode full RGPD, ça reste Google et ça appelle quand même un service tiers aux US... Vous connaissez aussi déjà des alternatives propres, puisque je vous ai parlé de Matomo,
Plausible
et de
Vince Analytics
, mais elles ajoutent toutes une mesure côté navigateur, avec un script, un pixel ou un stockage local (le localstorage) et moi, je ne voulais aucun outil d'audience de plus dans vos pages !
De son côté, Cloudflare lui, voit chaque requête HTTP qui atteint son réseau, y compris celles auxquelles son cache répond. Ses chiffres couvrent donc beaucoup mieux le trafic HTTP que mes logs d'origine. Le souci, c'est que son dashboard, je ne l'aime pas. Je le trouve incomplet, mal foutu, chiant à utiliser, et il ne montre pas ce que j'ai envie de voir.
Donc, histoire d'avoir ce que je voulais, j'ai fini par coder le mien. Enfin, entièrement vibe codé et ça tourne aussi bien sur un serveur qu'en local sur une machine de bureau.
Petite parenthèse pendant que j'y suis, vous ne le savez peut-être pas mais depuis que ChatGPT a débarqué dans nos vies fin 2022, tout ce que je développe moi-même sur ce site et l'ensemble de mes outils internes sont vibes codés avec des LLMs comme ceux d'OpenAI et d'Anthropic. C'était une purge au tout début et maintenant ça s'est tellement amélioré et je me suis tellement spécialisé là-dedans, que le code n'est devenu qu'une formalité. Ne hurlez pas, mon site est statique et j'envoie pas de fusée dans l'espace !
Mon collecteur s'exécute en local, cause à une API, et il n'envoie pas une seule ligne de mesure dans votre navigateur. Bref, que mon backend soit écrit avec un LLM, à la main ou en Brainfuck, vous chargez exactement la même chose de mon outil de stats, c'est-à-dire rien du tout. La garantie est donc architecturale et pas une question de talent.
Et surtout, mon outil de stats n'ajoute aucune mesure dans votre navigateur. Aucun JavaScript ni cookie supplémentaire n'est posé par mon outil. À la place, il lit l'API GraphQL Analytics de Cloudflare, en lecture seule et récupère des compteurs déjà agrégés par jour et par dimension. Cela veut dire par exemple, que quand je récupère le nombre "nombre d'IP distinctes par jour", je ne récupère pas les IPs en tant que telles mais juste un total que Cloudflare me communique et qu'il a déjà traité en amont.
Et vous n'êtes pas obligés de me croire sur parole, parce que c'est vérifiable en 10 secondes... Ouvrez l'inspecteur de votre navigateur, onglet Réseau, et rechargez cette page. Vous ne verrez aucun script de mesure d'audience, aucun appel vers un domaine tiers et aucune iframe. Même les vidéos YouTube ne se chargent qu'au moment où vous cliquez sur la vignette. Le seul truc qui bouge, c'est le compteur du footer qui télécharge un nombre, sans rien renvoyer derrière.
Attention, ce n'est pas à confondre avec Cloudflare Web Analytics et ses mesures RUM (Real User Monitoring) puisque cette fonctionnalité injecte un bout de JavaScript pour mesurer les performances ressenties dans le navigateur. Chez moi, c'est désactivé tout ça.
Maintenant soyons clairs sur un point, parce que c'est l'objection évidente et qu'elle est parfaitement légitime... Cloudflare, lui, voit bien votre adresse IP. Pas à cause de mon outil de stats, mais parce que c'est un reverse proxy et que c'est mécaniquement ce qui se passe dès qu'un site est derrière un CDN. Votre requête arrive chez eux avant d'arriver chez moi, sinon ils ne pourraient ni router, ni mettre en cache, ni bloquer une attaque. Mon outil ne change rien à ça, il se contente de lire des totaux déjà calculés et je ne récupère jamais la moindre IP. Tout est détaillé dans mes CGU, avec les bases légales, les durées et la liste des cookies de sécurité, si vous voulez le détail complet.
Mon outil et le compteur que vous pouvez retrouver dans le footer de mon site reposent sur les requêtes collectées côté serveur chez Cloudflare et sans l'analyse web, je ne peux juste pas suivre par exemple un parcours utilisateur, connaitre un taux de rebond ou évaluer les temps de chargement mesurés chez les lecteurs. Rien de grave donc...
Maintenant, il y a un souci chez Cloudflare, c'est que selon le jeu de données et le forfait que vous payez ou non, le détail ne reste interrogeable que durant une fenêtre limitée de temps. Mon outil doit donc passer chaque jour récupérer les agrégats encore disponibles et les stocker dans une base SQLite sur mon serveur ou en local, selon la façon dont on l'a déployé.
Ça me permet de garder mon propre historique agrégé. J'ai aussi activé le Super Bot Fight Mode de Cloudflare, qui réduit une large partie du trafic automatisé, mais attention, ça ne me donne pas pour autant des stats sans aucun bot. Les crawlers autorisés comme Googlebot et ceux qui passent entre les mailles du filet restent comptabilisés dans mes chiffres, exactement comme avec tous les autres outils de mesure web. Et je préfère le dire clairement plutôt que de vous vendre des chiffres "propres" qui ne le sont jamais totalement, vu qu'un filtre anti-bot ne peut retirer que les bots qu'il a détectés.
À côté de ça, j'ai aussi branché ma Google Search Console, et là non plus sans installer la moindre bibliothèque tierce... Je signe moi-même un JWT en RS256 avec le module crypto natif de Node, je l'échange contre un jeton d'accès chez Google, et le compte de service que j'utilise est restreint au scope lecture seule. Ça m'apporte des statistiques agrégées sur les impressions, les positions, les requêtes de recherche et surtout Discover !!
Si je devais résumer ça, je dirais que Cloudflare estime le volume de trafic et que Search Console montre quelles recherches produisent des impressions et des clics, même si sans aucun tracking en place, ça n'explique évidemment pas la motivation de chaque lecteur. Mais osef ! Et comme Cloudflare embarque aussi son pare-feu, j'en profite pour rapatrier des statistiques sur les événements de sécurité et les routes attaquées, comme ça, je peux tout voir au même endroit.
Maintenant, le vrai plaisir, c'est de pouvoir afficher ce que je veux dans mon propre dashboard. Par exemple, la répartition par langue, les navigateurs, d'où provient le trafic avec un joli petit camembert, les pays, l'état de mon cache, la bande passante, etc. Et quand j'ai un nouveau besoin qui me pête dans le cerveau, je peux ajouter une vue rapidement et je ne m'encombre pas de ce qui ne me sert pas.
Sans traceur placé chez vous, je ne connais donc pas les sessions, le taux de rebond, le parcours de lecture, les entonnoirs de conversion, donc impossible de savoir si vous êtes revenu hier, ni dans quel ordre vous avez lu 3 articles. Mais je m'en tape complètement puisque ces métriques ne m'ont jamais servi à rien.
Ce que je veux connaitre, c'est surtout l'ordre de grandeur de l'audience et le nombre de pages demandées. Le parcours individuel et les entonnoirs de conversion, c'est surtout un besoin de régie publicitaire ou de site e-commerce, et pas d'un site comme le mien. Quand on sait que les bandeaux de cookies nous coûtent
575 millions d'heures perdues
collectivement, et que
l'Europe réfléchit enfin à les alléger
, s'en passer n'est pas vraiment une punition.
Bref, mes stats sont maintenant plus digestes que celles d'AWStats, sans avoir à vous tracker ou vous faire charger quoi que ce soit. Ça me va donc très bien. Et si vous voulez un avant-goût de la technique derrière l'outil,
j'ai montré récemment comment vous faire un compteur de fréquentation gratuit
, donc n'hésitez pas à y jeter un œil...
Vos empreintes digitales, votre photo et jusqu'à votre ADN, voilà ce que les États-Unis aimeraient consulter directement dans les fichiers de police européens. Le deal s'appelle Enhanced Border Security Partnership (EBSP), et la monnaie d'échange, vous la connaissez bien si vous avez déjà voyagé aux États-Unis. C'est ce petit formulaire ESTA que vous remplissez avant de filer à New York ou ailleurs (celui qui vous évite le visa).
Le projet d'accord, vous n'étiez pas censé le lire, mais l'ONG Statewatch l'a publié en avril dernier et son article 3 range dans les données biométriques vos empreintes, vos photos et vos données génétiques (oui, votre ADN). Washington réclame cet accès depuis février 2022 à tous les pays dont les citoyens, comme vous, voyagent sans visa, et le Conseil de l'UE a autorisé la Commission à négocier le 16 décembre 2025.
Bruxelles jure vouloir un système de requête ponctuelle (c'est-à-dire un tuyau d'accès), avec ce que le mandat du Conseil appelle "une limitation claire des finalités des données échangées, avec des déclencheurs très spécifiques". Sauf que la demande américaine d'origine, elle, parle de cribler "de façon routinière" les bases biométriques des pays partenaires.
Entre les deux il y a donc un gouffre !
Et le texte ne s'arrête d'ailleurs pas à la biométrie puisqu'il prévoit de faire circuler des "indications de risque" pour déterminer si votre entrée "poserait un risque réel pour la sécurité publique ou l'ordre public". Traduisez : votre profil, vos fréquentations, vos opinions. Vous vous souvenez de ce touriste
refoulé à cause d'un mème sur JD Vance
? Ou toutes ces histoires de douaniers qui
fouillent votre téléphone à l'arrivée
? Bah je vous laisse imaginer la cata...
Statewatch pointe surtout la contradiction avec le droit européen lui-même. L'article 9 du RGPD interdit en principe de traiter les données génétiques, et le projet se contente de "garanties appropriées". En effet, la Charte protège les Européens contre la discrimination fondée sur les opinions politiques mais ça, le texte qui cadre ce Enhanced Border Security Partnership, n'en dit rien.
La Cour de justice de l'UE avait retoqué en 2022,
dans son arrêt sur le PNR
(Passenger Name Record), les traitements automatisés qui décident sans humain dans la boucle, et voilà que ça revient sur le devant de la scène d'une autre manière.
Franchement, c'est relou. On nous impose des bandeaux cookies sur chaque site de recettes de cuisine, on fait tenir un registre de traitement au moindre club de pétanque et pendant ce temps-là, le Conseil européen négocie tranquillou un accès que j'estime abusif pour une administration étrangère à des fichiers d'empreintes (biométriques) nationaux. Ça fait un peu mal au cul vous ne trouvez pas ???
Alors, certes, on voyage sans visa, même si, quelque part, l'ESTA c'est un peu un visa qui ne dit pas son nom. Enfin, moi, je vois pas trop la différence sur le fond... Et puis dans cette Europe à deux vitesses, on a quand même la Bulgarie, Chypre et la Roumanie qui, eux, ont besoin d'un visa. Donc on n'est pas très solidaire sur le coup.
Puis je vous rappelle que les fichiers d'identité français ne sont pas franchement des coffres-forts quand on pense par exemple à l'ANTS qui s'est fait
siphonner 19 millions de dossiers via une faille basique
. Et sur le sérieux de nos amis américains, je repense à cette grand-mère américaine qui a
passé six mois en prison
à cause d'un faux positif de reconnaissance faciale, et je me dis que si on y ajoute un croisement transatlantique automatisé des données, ça va pas être joli joli en termes de bourdes...
Bref, pour le moment rien n'est signé et les États membres se déchirent encore sur la portée et les durées de conservation de NOS données qu'ils vont offrir aux États-Unis. Et on verra bien si le Parlement va donner son feu vert, mais en tout cas c'est maintenant que tout se joue.
Voilà, surveillez ce dossier de près et je vous invite à aller lire
l'analyse de Statewatch
parce qu'elle est plutôt salée.
Il est 1h12 du mat', vous êtes allongé dans le canap, le téléphone à 20 cm du museau, et votre pouce swipe encore et encore dans un automatisme le plus complet... Un reel de chat, une recette de lasagnes, un type qui répare une tondeuse. Vous aviez ouvert Instagram pour répondre à un message d'un pote il y a 40 minutes, et vous en êtes là. Ah bah bravo ! Mais ne vous blâmez pas trop car en sortir est à peu près aussi facile que de quitter un repas de famille avant le café.
Et c'est d'ailleurs pour ça que Bruxelles vient de mettre un nom là-dessus : "le mode pilote automatique".
L'expression est écrite noir sur blanc dans le
communiqué que la Commission européenne a publié ce matin
et vous l'aurez deviné, on parle bien de ce foutu scroll infini, mais également de l'autoplay, des notifications push et des reels qui je cite, "nourrissent l'envie de continuer à scroller" et "contribuent à des habitudes malsaines et à un usage compulsif". Conclusion, Instagram et Facebook enfreignent le
Digital Services Act
! Ah !
Et attention, pas à cause du contenu qui circule dessus. Non, c'est vraiment à cause du design des app en lui-même.
Ce qu'on reproche à Meta, c'est de n'avoir jamais sérieusement évalué ce que ce design fait à votre bien-être physique et mental, mineurs et adultes vulnérables compris, alors qu'elle avait les données sous les yeux. Notamment sur le temps que vos ados passent sur ses applis la nuit.
Et les garde-fous maison prennent cher au passage car les outils de gestion du temps proposés par Meta, même activés par défaut pour les ados, se contournent trop facilement et ne réduisent en rien l'usage. Sans parler des contrôles parentaux qui ne fonctionnent, écrit la Commission, que si vous avez "une expertise technique adéquate" et du temps à y consacrer. Pffff !
Alors Bruxelles sort sa liste de courses : Couper l'autoplay et le scroll infini par défaut, vous imposer de
vraies pauses d'écran
, et rendre les recommandations moins obsédées par votre engagement. Notre régulateur préféré demande à Meta d'éteindre par défaut le moteur à attention qui fait rentrer le pognon ^^.
Sauf que rien n'est joué. Ce ne sont là que des conclusions préliminaires, et pas une condamnation.
Meta doit encore répondre par écrit, le Comité européen des services numériques donnera ensuite son avis, et seulement après tombera, ou pas, une décision de non-conformité. Au bout du chemin, une amende qui pourrait grimper jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial (environ 201 milliards de dollars en 2025, sortez la calculette).
Meta monte déjà au créneau, et rétorque que ces conclusions du régulateur "*ne prennent pas correctement en compte les mesures significatives que nous avons prises pour protéger les ados *". Évidemment !
Perso, je ne crois pas une seconde que Meta coupe le scroll infini par défaut sans se battre durant des années mais je suis quand même content de voir que ça bouge un peu sur ce qu'on appelle l'économie de l'attention dont on est tous victimes.
Bref, la prochaine fois que vous vous réveillez à 1h du mat' à regarder une critique ciné chiante ou un gars qui vous parle de ses montres de luxe alors que vous n'avez pas un rond, dites-vous que l'Europe viendra bientôt vous sauver !
Windows serait passé sous la barre des 60 % de parts de marché. C'est ce qu'on peut lire un peu partout dans la presse tech cette semaine. C'est
StatCounter
qui le dit avec précisément 56,61 % de Windows comptabilisé en juin 2026. Et juste en dessous, sur la ligne suivante du même tableau, il y a une case bien étrange qui s'appelle "Unknown" et qui est évaluée à 21,45 %. Presque 5 fois Linux ! Et ça, pas grand monde n'en parle...
StatCounter compte ce "Unknown" comme un OS, à côté de macOS, de Chrome OS, de Linux et même de la PlayStation, et si vous cliquez sur le petit bouton "Download" de la page Statcounter, le CSV que vous récupérez ne contient aucune case "Unknown". Le site recalcule tout sans elle et dans ce fichier, Windows remonte à 72 % de part de marché.
Du coup, je me suis demandé quelle était la bonne mesure pour connaître la part de Windows sur le desktop. Est-ce que c'est 56,61 % en comptant les visiteurs non identifiés comme un système d'exploitation, ou 72 % en ne les comptant pas. Si vous faites la division vous-même, 56,61 sur 78,55 (100 − 21,45 = 78,55) donne bien les 72 % du CSV.
Et là, si vous comparez avec l'an dernier, vous verrez qu'en juin 2025, Windows était à 70,13 % dans ce tableau, et "Unknown" à 9,17 %.
Et 12 mois plus tard, v'la ti pas que Windows perd un peu plus de 13 points et la case des non-identifiés en gagne 12. Étrange non ?
Mais la domination de Microsoft s'effrite quand même, car même sur la base ils sont passés de 77,22 % à ces 72 % en un an. Donc y'a bien une tendance, mais ça n'a rien de l'effondrement annoncé partout. Linux, lui, grimpe de 4,50 % à 5,59 % sur cette même base, et le gros gagnant de l'année, c'est Apple, qui passe de 16,90 % à 20,87 % !
Alors qu'est-ce qu'il y a dans cette case Unknown en réalité ? Et bien on ne le sait pas car StatCounter ne dit pas ce qu'il y a dedans. Mais sur
Hacker News
, les hypothèses tournent autour des scrapers d'IA qui n'envoient pas d'user-agent standard, des bots qui se déguisent en Windows, et des
navigateurs qui brouillent votre empreinte
.
Mais pour le moment, aucune n'est réellement prouvée. Ce qui est mesurable par contre, c'est que la case des inconnus gonfle... Nous sommes à peine en juillet 2026 et elle est déjà à 23,67 % de part de marché. Perso, ça m'intrigue plus que le podium Windows / Apple / Linux.
Après, le parseur de StatCounter s'est d'ailleurs déjà planté en beauté par le passé. En octobre 2025, il affichait Windows 7 à 9,61 % pour le mois de septembre, contre 0,88 % en juillet et suite à une résurrection / correction aussi miraculeuse que silencieuse, si vous allez regarder la même case aujourd'hui, vous y lirez 1,62 %.
Leur FAQ précise tout de même que les stats restent révisables durant 45 jours donc ces chiffres qu'on voit actuellement peuvent encore bouger jusqu'à la mi-août... On verra bien.
En tout cas, je suis content de voir que la poussée de Linux n'est pas une illusion.
La plupart des jeux Windows tournent maintenant sous Proton
, Windows 11 continue de
refuser les machines trop vieilles
, sans parler du fait que Windows 10 est mort et enterré depuis octobre 2025 (même si les rustines de sécurité de l'ESU tiennent encore la baraque jusqu'en octobre 2027...) donc vous avez tous de vraies raisons de bouger.
Bref, Windows baisse, Linux monte mais un cinquième du panel est devenu invisible, et ça c'est louche...
Si vous lisez ça depuis Abidjan, Dakar, Douala ou Kinshasa, y'a une chance sur deux que votre téléphone soit un Tecno, un Infinix ou un itel. Trois marques, mais un seul patron : Transsion, qui trône sur près de la moitié des smartphones vendus en Afrique.
Et si je vous parle de ça aujourd'hui, c'est parce qu'un chercheur en sécu, Buchodi, vient de décortiquer ce que ces appareils racontent dans votre dos et c'est pas joli, joli.
Son terrain de jeu, c'est un Tecno Spark 40 tout ce qu'il y a de banal. En rétro-ingénierant le firmware, il tombe sur un framework maison signé Transsion, baptisé Athena pour la collecte et oneID pour le pistage entre applis. On n'est pas sur une appli lambda que vous auriez installée, mais un truc costaud câblé au niveau du système, avec les pleins pouvoirs.
Et ce qu'il remonte, c'est du lourd ! Votre position GPS précise, les antennes-relais autour de vous, la consommation réseau appli par appli sur une soixantaine d'applis, quelle appli est affichée à l'écran en temps réel, et même quelle appli vient d'allumer la caméra (pas ce que filme la caméra, hein, juste le fait qu'une appli l'ait activée).
Ensuite, tout ça part vers des domaines en shalltry.com et transsion-os.com. Shalltry, c'est la branche logicielle de Transsion, et les serveurs tournent sur du cloud loué en Europe.
Donc c'est de la télémétrie++ qui part chez le fabricant, mais le gros souci, c'est qu'on ne peut rien désactiver ni désinstaller facilement. C'est vraiment une brique essentielle du téléphone reposant sur le SDK du constructeur. Ça prend racine dans l'application Réglages (pour les paramètres), l'interface système, et surtout dans un module assez discret nommé com.hoffnung qui est bardé de permissions flippantes comme lire le presse-papier en arrière-plan, connaître toutes les applis installées, forcer l'arrêt des autres.
Alors oui, c'est chiffré avec un bon vieux AES, sauf que ça ne sert pas à grand chose parce que la clé de déchiffrement est planquée dans le code de l'application elle-même. Autrement dit, quiconque met la main sur le fichier récupère la clé avec, et peut tout ouvrir. Le chiffrement n'est là que pour faire un peu de camouflage afin que vous ne puissiez pas voir facilement ce qui sort de votre poche. Mais ce n'est absolument pas de la confidentialité.
Et malheureusement, ça ne s'arrête pas à votre smartphone puisque ce même SDK se balade aussi dans des applications grand public très très populaires en Afrique comme Boomplay (100 millions de téléchargements et des poussières), StarTimes ou Orange Max it. Du coup, même avec un mobile d'un autre fabricant, vous pouvez trimballer ce mouchard sans le savoir.
Alors oui, c'est vrai, tous les smartphones font de la télémétrie. Google, Apple, Samsung, Xiaomi, tout le monde collecte des trucs, et
des centaines d'applis passées au crible violaient déjà le RGPD
début 2026. C'est déjà pas normal, mais ça peut normalement se désactiver assez facilement. Mais dans le cas de Transsion, c'est fait au niveau système, c'est totalement invisible et la destination est très opaque...
Puis surtout, ça concerne la moitié du continent !
Notez que ce n'est pas la première fois que les constructeurs chinois low cost se font choper puisqu'
en 2016 déjà, une backdoor chinoise se planquait dans le firmware de smartphones low-cost
et balançait contacts et SMS toutes les 72 heures. Plus récemment, il y a eu aussi un malware qui s'appelle
Triada
et qui a été préinstallé sur environ 53 000 Tecno W2 vendus en Éthiopie, au Ghana ou encore au Cameroun avec, s'il vous plaît, des abonnements souscrits totalement à l'insu de leur propriétaire.
C'était des composants différents à chaque fois, mais le motif se répète.
Alors que faire les amis ? Eh bien la bonne nouvelle, c'est qu'on peut quand même bloquer 2-3 trucs pour les empêcher de remonter des infos. Vu que tout transite par ces fameux domaines, il suffit de bloquer *.shalltry.com (et *.transsion-os.com tant qu'à faire) au niveau DNS.
Ça se fait facilement avec un NextDNS, un AdGuard ou un Pi-hole à la maison, ou directement sur le téléphone avec cette application qui s'appelle
Personal DNS Filter
, et comme ça, la télémétrie se retrouve isolée sans toucher au reste.
Par contre, ça ne sert à rien d'aller trifouiller les réglages du téléphone parce que ce n'est pas désactivable à partir de là. Désolé.
Cet aprem, je bossais tranquillou quand j'ai reçu un mail de DoctoLib qui m'a bien énervé avec pour titre : "Doctolib s'engage dans la recherche pour améliorer la santé". Bon, si on s'arrête au titre, on se dit "Ah bravo, Doctolib", sauf qu'en le lisant en entier, j'ai vite compris qu'ils venaient de décider à ma place que mes données de santé allaient nourrir des trucs, des bidules et des machins pour de la recherche en intelligence artificielle.
Et bien sûr que si ça ne me plaisait pas, bah fallait que je le dise.
Alors ce qu'ils expliquent dans ce mail, c'est qu'à partir d'août 2026, Doctolib lance un projet de recherche mené par une équipe associée à Inria, l'Inserm et l'Université Paris Cité pour, je cite "améliorer les parcours de soins grâce à l'IA". Jusque-là, difficile de cracher dessus, ce sont des institutions publiques sérieuses et l'objectif est louable. Le truc, c'est ce qu'ils vont manger pour y arriver : nos données démographiques, nos données de santé, et même celles de vos proches rattachés à votre compte. Et cela que ces données aient été renseignées par nous ou par nos soignants.
Et surtout, Doctolib ne nous demande pas notre accord. Ils s'appuient sur ce qu'on appelle l'intérêt légitime,
une base légale du RGPD
qui leur permet de piocher dans nos données sans passer par la case consentement. Hé ouais, en clair, on ne vous prend pas votre consentement, on vous l'enlève. Vous n'avez même pas à dire oui, c'est déjà oui par défaut, et vous êtes obligé de dire non si vous voulez sortir du dispositif.
Ils présentent ça comme de l'intérêt légitime, sauf qu'en même temps on ne sait pas du tout sur quoi ils vont bosser, on ne sait pas avec qui ils vont bosser, on ne sait pas comment nos données seront sécurisées, bref, on ne sait rien du tout. Alors forcément, moi je m'inquiète surtout que leur mail annonce clairement que d'autres travaux suivront, "avec des hôpitaux ou des institutions privées ou publiques". Donc on accepte qu'ils signent à notre place un chèque en blanc avec nos données pour des projets futurs dont personne ne connaît le contenu et basta, tout ça sous couvert d'intérêt légitime. Ce n'est que mon avis mais je trouve ça vraiment léger.
Alors oui, tout ça est parfaitement légal. Doctolib s'appuie sur la
méthodologie MR-004 de la CNIL
, qui encadre la recherche en santé et autorise justement ce fonctionnement par opposition plutôt que par consentement. Rien d'illégal là-dedans. Mais légal ne veut pas dire que je dois être d'accord.
Et c'est bien ça le problème... Ce cadre légal permet à une entreprise privée comme Doctolib de considérer que nos données de santé lui appartiennent assez pour les offrir (ou les revendre, je n'en sais rien ??) à la recherche, tant que vous ne levez pas la main pour refuser.
Doctolib tente de nous rassurer aussi en expliquant que les données sont pseudonymisées et "ne permettent pas de nous identifier directement". Notez bien le "directement", lol, ça ne se mouille pas trop. En réalité, pseudonymisé, ça ne veut pas dire anonyme... Ça veut seulement dire qu'on a remplacé votre nom par un code, mais que le lien existe toujours quelque part et reste réversible. Aux yeux de la loi, ça
reste encore vos données personnelles
. La vraie anonymisation, elle, est irréversible, et ce n'est pas ce dont on parle ici.
Et puis il y a le contexte... Non, Doctolib n'a pas subi de grosse fuite de données, il faut être honnête là-dessus mais on nage actuellement dans un écosystème tech en France qui
prend l'eau de partout
: 33 millions de Français touchés par le piratage des mutuelles Viamedis et Almerys début 2024, une quinzaine de millions de plus avec la fuite Cegedim en 2026. Chaque base de données de santé qui se constitue quelque part, c'est une cible de plus.
Et il y a un mois à peine, le Canard Enchaîné
accusait Doctolib de transmettre des infos
à Google, Microsoft et Anthropic pour de l'IA. Doctolib a répondu que ces boîtes n'étaient que des prestataires techniques qui n'entraînent pas leurs modèles avec vos données. Alors peut-être, hein, mais quand on nous demande de faire confiance sur parole pour des données aussi intimes que notre santé, l'inquiétude a le droit d'exister.
Bref, moi je m'oppose, et si vous êtes sur Doctolib je vous invite au moins à décider en connaissance de cause. Le mail est probablement arrivé dans vos spams, donc pour refuser, sachez que ça se passe dans les paramètres de confidentialité de votre compte, via le
formulaire d'exclusion de la recherche
. Ça bloque toute utilisation future de vos données et de celles de vos proches, sans aucun impact sur vos rendez-vous ni sur vos soins. Faites-le avant août 2026, car c'est le moment où le premier projet démarre.
Enfin bref, moi je pense qu'on devrait avoir à donner son accord, et pas à courir derrière ces boîtes pour retirer un accord qu'on n'a jamais donné en pleine conscience... C'est ça qui me dérange surtout.
Putain, c'est abusé, vous allez voir ! Peter Stokes, 19 ans, accusé d'appartenir au groupe Scattered Spider, enchaînait les VPN et changeait de pays pour brouiller les pistes mais le FBI l'a quand même coincé. Et vous savez grâce à quoi ?
Hé bien grâce à un petit numéro planqué dans son Windows. C'est Microsoft qui l'a mouchardé aux enquêteurs et ça a suffi pour le relier à une intrusion malgré tous ses VPN.
Et alors me direz-vous, vous aussi vous avez un numéro sur votre machine qui peut servir à vous identifier... Ce truc s'appelle le GDID, pour Global Device Identifier et c'est un identifiant unique qui est attribué lors de chaque installation de Windows. Il sert à la télémétrie, au rapport de plantage, à la vérification des licences et surtout il reste constant même après des mises à jour.
Vous ne le voyez jamais, vous ne l'avez jamais choisi, et il ne bouge pas d'un poil quand vous changez d'adresse IP. Normal, un VPN protège la couche réseau, mais pas ce que laisse fuiter votre OS. Et ça on l'apprend dans la plainte de 39 pages qui a été rendue publique début juillet, où elle expliquait comment Microsoft a fourni au FBI l'historique des adresses IP rattachées à ce GDID précis.
Les enquêteurs n'ont eu qu'à croiser ça avec les comptes perso de Stokes, de son compte Apple à ses comptes de gaming, en passant par Snapchat et Facebook, pour finalement découvrir des adresses IP à Tallinn, New York, ou encore la Thaïlande, ce qui correspond exactement à ses déplacements.
Le mec pouvait empiler 10 VPN s'il le voulait, Microsoft le suivait à la trace quand même. Et c'est là que ça me hérisse le poil, parce que le problème, ce n'est pas que la justice ait serré un type accusé d'avoir extorqué des millions. Ça, c'est le boulot du FBI, et tant mieux s'ils l'ont arrêté.
Non, le vrai problème, c'est que Microsoft dispose d'un identifiant permanent sur plus d'un milliard de machines, qu'ils ne communiquent pas dessus, qu'ils le partagent tranquille sur demande, et qu'on ne peut même pas le désactiver.
Alors on fait quoi ? Bah déjà, on arrête de subir. Vous pouvez
installer Windows 11 sans compte Microsoft
pour couper une partie de la laisse, désactiver la télémétrie facultative pour limiter les autres fuites, ou carrément regarder du côté d'une
stack privacy européenne
. Aucune de ces astuces ne touchera au GDID par contre, car il n'y a aucun bouton pour ça, et c'est bien ça le fond du problème.
Mais bon, j'imagine que des petits malins vont sortir des logiciels qui vont permettre soit de
désactiver ce numéro
... Et là, vous pourrez compter sur moi pour que je vous le partage. Quoi qu'il en soit, quand vous utilisez Windows, gardez juste en tête que vous n'êtes jamais vraiment seul. Et que quelqu'un vous épie en permanence... Brrrr.