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Telegram Drive - Vos messages transformés en stockage cloud

Comme beaucoup d'âmes en peine, vous utilisez les messages enregistrés sur Telegram comme un gros dépotoir pour stocker tous vos fichiers en vrac ?

C'est pas con, mais pour retrouver un PDF précis ou streamer une vidéo là-dedans, c'est vite la galère... Mais no stress, aujourd'hui, on va voir comment s'en sortir.

L'idée c'est d'utiliser l'infrastructure de Telegram pour transformer votre compte en un espace de stockage personnel organisé. Et pour cela, il existe une application, développée en Tauri avec du Rust et du React, qui se nomme Telegram Drive et qui se connecte directement à votre compte et affiche une interface d'explorateur de fichiers classique. Vos canaux privés et vos messages enregistrés deviennent alors de simples dossiers et voilà comment Telegram devient enfin une alternative intéressante aux solutions de stockage en ligne traditionnelles.

Gardez cependant en tête qu'il s'agit d'une zone grise. En effet, l'utilisation de l'API de Telegram pour du stockage massif enfreint en théorie leurs conditions d'utilisation, et vous risquez de voir votre compte suspendu en cas d'abus.

Côté fonctionnalités, l'outil propose donc du drag-and-drop pour uploader vos fichiers, une grille capable de gérer des milliers d'éléments sans ramer, et de l'affichage de vignettes pour vos images.

Le truc sympa, c'est surtout la possibilité de streamer vos vidéos et vos fichiers audio directement depuis l'application sans les télécharger, ou encore de lire vos PDF grâce à un lecteur intégré. Notez que le système respecte la limite classique imposée par Telegram, à savoir 2 Go par fichier pour les comptes gratuits et jusqu'à 4 Go si vous êtes abonné Premium.

Maintenant, pour organiser vos dossiers, il vous faudra créer un canal privé pour chacun d'eux afin de structurer au mieux le bazar. Et pour les bidouilleurs qui aiment automatiser leurs flux de travail avec des scripts, l'outil propose même une API REST locale sécurisée.

Niveau réseau, l'application intègre des optimisations pour les connexions instables ou lentes, notamment un module spécifique pour régler la taille des blocs de transfert, sans oublier le support des proxys SOCKS5 et MTProto, donc ça fonctionnera au top, que vous soyez en 4G dans le métro ou sur un Wifi pourri.

Pour faire tourner le client sur votre ordi, le projet propose des exécutables pour Windows, macOS et Linux. Ah et y'a même une version pour Android. Maintenant, si vous préférez compiler les sources à la main, il faudra installer Rust avant de lancer la compilation via npm.

Ensuite, pour connecter l'application au réseau, il faudra récupérer vos propres identifiants API (API ID et API Hash) auprès de Telegram et ensuite, cette configuration restera stockée localement sur votre machine dans un bon vieux fichier config.json.

Perso, je trouve que détourner Telegram en espace de stockage personnel est une idée plutôt cool. L'avantage, c'est que vos données transitent directement de votre machine vers les serveurs de la messagerie, sans passer par un serveur tiers ou un conteneur Docker hébergé ailleurs. Mais après, c'est comme d'hab, ça ne vous appartiendra plus vraiment... Poutine va kiffer vos photos de vacances ^^

Mais le mieux pour se faire un avis reste de l'essayer, comme d'hab !

Merci à Camille Roux pour le lien !

Git 2.55 active Rust par défaut, et la fin du tout-C est déjà programmée

Vingt et un ans après sa création par Linus Torvalds, Git amorce pour de bon son changement de langage. La première version de test de Git 2.55, publiée hier, active par défaut le code Rust dans le gestionnaire de versions le plus utilisé au monde, celui qui héberge l'historique d'à peu près tous les projets logiciels de la planète.

Jusqu'ici, il fallait réclamer explicitement le Rust au moment de compiler le logiciel, c'est-à-dire de le fabriquer à partir de son code source, via une option baptisée WITH_RUST ou via le système de build Meson. Git 2.55 inverse la logique : le Rust est désormais supposé présent, et c'est pour s'en passer qu'il faut lever la main, avec une nouvelle option NO_RUST.

Pour situer, Rust est un langage de programmation conçu pour éliminer toute une famille de bugs mémoire, ceux-là mêmes qui font le bonheur des pirates depuis quarante ans. Git, lui, est écrit en C depuis 2005, un langage qui laisse au développeur l'entière responsabilité de ne pas se tirer une balle dans le pied.

Le chantier ne date pas d'hier. L'an dernier, Patrick Steinhardt, un des mainteneurs du projet, proposait d'introduire Rust dans le cœur de Git et d'en faire à terme une dépendance obligatoire pour fabriquer l'outil.

Git 2.52 avait franchi le premier pas fin 2025 en convertissant un petit module, varint.c, chargé de décoder des entiers à taille variable. Du code volontairement modeste : l'idée était de roder la chaîne de compilation, pas de réécrire Git.

Avec la 2.55, le rythme change. L'équipe prépare d'ailleurs le portage de xdiff, le moteur qui calcule les différences entre deux versions d'un fichier, autrement dit le cœur du métier de Git.

Et le calendrier est déjà là : à partir de Git 3.0, Rust sera obligatoire, sans aucune possibilité de le désactiver. Aucune échappatoire. L'option NO_RUST de la 2.55 n'est donc qu'un sursis.

Pour vous, rien ne change : les binaires fournis par votre distribution Linux, par Apple ou par GitHub arrivent déjà compilés. Ce sont les empaqueteurs et les plateformes un peu spéciales qui vont devoir installer la chaîne d'outils Rust.

Sauf que voilà, tout le monde n'a pas un compilateur Rust sous la main. La proposition de Steinhardt avait déclenché de longs débats autour des plateformes exotiques, comme les serveurs NonStop de HPE ou certains vieux Unix, où Rust ne tourne tout simplement pas aujourd'hui. Le projet compte sur les progrès de gccrs, le support Rust en cours d'intégration dans GCC, le compilateur historique du monde libre, pour boucher ces trous avant l'échéance.

Le reste de la version est plus classique, avec des optimisations, des corrections de bugs et de petites améliorations sur différentes sous-commandes, détaillées dans l'annonce de Junio Hamano, le mainteneur en chef du projet.

Voir Git, monument du C, basculer sur Rust par défaut, c'est le signe le plus clair que le vieux langage perd du terrain.

Source : Phoronix

ntsc-rs - L'effet VHS open source qui simule le vrai signal

Les couleurs qui bavent, le grain qui grouille, et cette barre de "bruit" qui tremblote en bas de l'image... la VHS, c'est clairement toute une époque !! Le souci, c'est que recréer ce look proprement sur des vidéos, soit c'est galère à la main, soit ça passe par des plugins payants. Heureusement, ntsc-rs , signé valadaptive, fait ça gratuitement et en open source, et surtout il simule pour de vrai la chaîne du signal analogique.

Et le plus beau c'est que vous n'avez rien à installer pour tester. Une version tourne directement dans votre navigateur sur web.ntsc.rs , dans le même esprit que VidStudio pour le montage. Vous balancez une image ou une vidéo, vous poussez les curseurs, et hop, votre clip prend 30 ans dans la gueule ! Bref, commencez par là avant de télécharger quoi que ce soit, ça vous évitera d'installer un truc qui finira à la corbeille si le rendu ne vous plaît pas.

Faut savoir que la plupart des filtres vintage posent juste une texture de grain et deux scanlines par-dessus votre image alors que ntsc-rs, lui, reconstruit tout le chemin du signal. C'est à dire encodage composite, séparation luminance/chrominance, sous-échantillonnage de la couleur. En gros, il refait le sale boulot qu'une vraie télé analogique faisait pour amocher l'image.

Du coup vous retrouvez les vrais défauts, et pas une imitation. Par exemple le head switching, cette bande de bruit qui frétille en bas quand les têtes de lecture changent de piste, le tracking qui décroche, le bruit de chrominance, ces points de couleur qui bavent dans les zones sombres. Sans oublier le dot crawl, ces points qui grouillent le long des contours colorés. Bref, chaque artefact a ses propres réglages, et c'est à vous de bien les doser à la mano.

Après vous allez me dire : "Mais mon bon vieux Korben, ça sert à quoi ton truc de merde là ?"

Hé bien à filer ce cachet analogique à un clip musical, à une vidéo que vous voulez faire passer pour une bande des années 90, ou à fabriquer ces ambiances analog horror qui cartonnent en ce moment. Car j'sais pas si vous aviez remarqué, l'esthétique VHS est partout en ce moment, et jusqu'ici, la faire bien coûtait une couille en graphiste ou demandait un vrai magnétoscope et une carte d'acquisition.

Et ntsc-rs se greffe à peu près partout. Y'a l'appli standalone, un plugin OpenFX qui marche dans DaVinci Resolve, Vegas, HitFilm ou Natron , le compositing open source, et un plugin After Effects et Premiere. Ce dernier, par contre, c'est Windows et Mac seulement, donc les amis linuxiens devront se rabattre sur le standalone ou l'OpenFX.

Avec ça, vous aurez le même effet dans tous vos softs de montage, quoi. C'est d'ailleurs le concurrent direct du plugin VHS de Red Giant Universe... sauf que Universe, lui, c'est dans les 200 dollars par an d'abonnement.

Et là, c'est gratuit ! Que du bonheur !

Après ntsc-rs n'est pas sorti de nulle part non plus. C'est le portage en Rust de ntscqt, qui descendait lui-même d'un vieux simulateur de signal composite. Valadaptive a tout réécrit en Rust multithreadé, et c'est ça qui lui permet de tourner quasiment en temps réel alors que d'habitude ce genre de simulation, c'est lent comme le cerveau d'un mec d'extrême droite ^^.

Deux trucs à savoir avant de foncer quand même : Sous Linux, faudra installer tous les paquets GStreamer sinon ça marchera pas correctement. Et l'auteur prévient lui-même que ce n'est pas un clone pixel-perfect de l'original, donc certains traitements rendront différemment et d'autres seront carrément nouveaux. Mais honnêtement, on s'en fiche, le rendu est superbe !

Bref, vous voulez un effet VHS open source qui simule le vrai signal, dispo partout, et gratuit, allez jouer avec dans le navigateur, ça ne coûte rien.

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